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 eternal silence of the sea (pv Utah)

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Race : Tempestaire d'eau douce
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Utah & Alexis
eternal silence of the sea
Les jambes tendues, pliée en deux, Alexis touchait ses orteils du bout des doigts tout en soufflant longuement. Elle compta mentalement les secondes qui passaient puis se redressa en inspirant longuement. Les cheveux attachés, vêtue d’une tenue de sport, elle était prête pour aller courir. Pourtant, ça allait faire bientôt trente minutes qu’elle attendait devant chez elle en pratiquant des étirements pour faire passer le temps. Son regard se porta vers sa droite, là où se trouvait la mer, plus loin, de là où devrait apparaître celui qu’elle attendait s’il se décidait jamais à venir. Avec un petit soupir, elle regarda une nouvelle fois sa montre. Depuis plusieurs jours, Utah lui avait posé des lapins à chaque rendez-vous qu’ils s’étaient fixés. À chaque fois, elle avait attendu bien trois quart d’heure avant de rentrer chez elle en envoyant un message à Utah pour lui demander si tout allait bien. Il ne lui avait pas répondu. Et elle commençait un peu à s’inquiéter pour lui.

Ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, quelques mois, mais elle l’appréciait déjà beaucoup et aimait énormément passer du temps avec lui, à apprendre le surf, à courir, à partager leur passion commune pour le sport. Et puis, le temps ne voulait rien dire. Scylla était une de ses amies les plus proches alors qu’elle ne la connaissait pas non plus depuis très longtemps. Et donc, même s’ils ne se connaissaient pas depuis toujours, elle s’inquiétait. Il y avait eut cet incendie qui avait ravagé une bonne partie de Bray et qui avait fait de nombreux morts et de nombreux blessés. Parmi eux, Alexis avait cru comprendre qu’il y avait un des colocataires de Utah. Ils étaient quatre à vivre dans cette charmante maison au bord de la mer : Utah, Alaska, Dakota et le dernier, qu’Alexis n’avait croisé qu’une ou deux fois, au contraire des trois autres qu’elle connaissait plus personnellement, qui s’appelait Dallas. C’était ce nom là, qu’elle avait entendu à l’hôpital. La brune n’avait pas osé envoyer de message à Utah pour lui demander si tout allait bien chez eux, elle préférait le voir et lui parler de vive voix. Mais il n’était pas venu à leurs rendez-vous et la Samson n’en avait donc pas eu l’occasion.

Se mordant fortement la lèvre, la jeune femme hésitait quant à la décision à prendre. Devait-elle laisser Utah seul et attendre qu’il la contacte ou aller le voir ? Alexis n’était pas du genre à attendre les bras croisés que quelque chose se passe et elle n’aimait pas laisser un ami quand il pouvait avoir besoin d’aide. Alors, au lieu de rentrer chez elle, elle prit la direction de la maison d’Utah.

Elle y arriva en quelques minutes et passa le portail pour pénétrer sur le terrain. La façade délavée par le sel était porteuse d’un grand charme, auxquels s’ajoutaient le potager et le jardin qui entouraient la maison. La brune contourna l’habitation pour se rendre derrière, là où elle donnait directement sur la plage - sur laquelle on pouvait voir un reste de feu de camp, quelques cadavres de bouteilles mais surtout des planches de surf colorées - et s’approcha des portes vitrées qui donnaient sur l’intérieur. Elles étaient ouvertes, assez grandement pour que la Samson puisse y passer la tête. “Ohé, il y a quelqu’un ?” La jeune femme n’entendit pas de réponse mais entra malgré tout. Elle savait que les colocataires ne lui en tiendraient pas rigueur. L’intérieur était envahi de plantes vertes mais Alexis ne s’attarda pas dans le salon/cuisine où il n’y avait personne et se dirigea vers la chambre de Utah.

La brune toqua timidement, un coup puis deux, avant de pousser doucement la porte pour pouvoir passer un oeil et voir s’il y avait quelqu’un dans cette maison ouverte aux quatre vents. Allongé sur le lit, Utah semblait dormir, si ce n’est qu’il avait les yeux ouverts, fixés sur le plafond. Ses doigts effleuraient une bouteille complètement vide et l’odeur indiquait que ça n’était pas le reste d’une cigarette qui restait dans le cendrier. “Utah ?”

La jeune femme entra pleinement dans la chambre et referma la porte derrière elle avant de s’y appuyer, n’osant pas trop s’approcher, violer encore plus l’espace privé du jeune homme. Dire qu’il n’allait pas bien était un doux euphémisme. Il semblait complètement ravagé, pâle comme la mort et Alexis comprit qu’elle avait bien entendu le nom de Dallas dans les noms des victimes de l’incendie. “Oh Utah, je…” Ces mots, soupirés, exprimaient à quel point la jeune femme était désolée pour lui. Elle savait ce que cela faisait de perdre un être cher. Délaissant la porte, elle s’avança vers le jeune homme et s’assit à même le sol, près du lit. “Je m’inquiétais…”
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Alexis ∞ Utah

Vide, voilà comment je me sentais. Totalement vide. Vide de tout. Grâce à mes amis : Whisky et joins, je ne ressens plus rien. Ils sont devenus mes meilleurs amis ces derniers jours ... ou semaines, ou mois ou je ne sais quoi encore. Je n'ai plus vraiment la notion de temps, sans Dakota qui frappe à ma porte de temps en temps pour me dire qu'il y a à manger dans le frigo si j'ai faim, je ne saurais même pas si on est le jour ou la nuit. Tout se mélange dans ma tête, le noir a remplacé les couleurs, je n'aspire à plus rien d'autre que rester au fond de mon lit jusqu'à la fin des temps. Bien entendu je mens, parfois je me lève pour plonger au fond de la mer et je me contente de me poser et d'attendre, que le temps passe, que la douleur cesse et que ma tête arrête de vibrer. Je revois des images fugaces de l'accident. Le feu qui nous environne, le toit qui cède face à la chaleur des flammes et Dallas qui disparait. Parfois mon imagination me joue des tours et j'entends ses cris dans la nuit. Il souffre, il nous appelle à l'aide mais on ne fait rien. J'aimerais l'aider mais à chaque fois je reste coincé sur place, paralysé. Je cris que je suis là, que je vais l'aider mais je ne bouge pas. Au fond la vérité n'est pas si loin de ce rêve. Je n'ai pas bougé, la surprise m'a assailli et je suis resté là, à fixer le brasier ou quelques instants plus tôt, mon ami se trouvait. Peut-être qu'inconsciemment je savais que c'était trop tard, que nous ne pouvions plus rien faire mais il n'empêche que je n'ai même pas cherché à faire quoi que ce soit. Je l'ai laissé là bas, seul. Alaska m'en veut, je le sais. Ses silences en disent long sur se qu'elle pense de nous. Dakota tente de l'approcher mais elle se faire méchamment renvoyer. Moi je ne fais rien, je me contente de rester dans mon coin, enfermé dans ma douleur. Je ne serais capable de supporter sa colère et sa haine à mon égare, je crois que ce serait la goutte d'eau qui ferait déborder le vase, déjà trop plein. Alors je me contente de rester loin d'elle. Je ne suis pas très présent pour Dakota, c'est cruel de ma part de la tenir éloigné de moi alors qu'elle a besoin de nous, mais j'en suis tout bonnement incapable. La regarder elle me ferait penser à lui et c'est trop dur pour le moment.

Le temps passe mais j'ai la sensation de ne plus faire parti de ce monde moi non plus. Peut-être que finalement j'ai été piégé par les flammes, comme Dallas et que je suis mort durant cet incendie. Peut-être que finalement nous sommes tous morts ce jour là ... Mais où est Dallas si c'est le cas ? Peut-être qu'au fond, il est le seul à avoir survécu et fou de douleur et reparti en Australie. Mon pays ne m'a jamais autant manqué qu'en cet instant. Peut-être que nous sommes tous morts, sauf lui et que nous sommes coincés à Bray jusqu'à la fin des temps ... C'est dans cet état d'esprit dans lequel j'étais quand j'entends qu'on frappe à ma porte. Au départ je me dis que c'est Dakota, j'ignore l'heure qu'il est, ni même le jour mais ça pourrait très bien être elle. Finalement je me rends compte que quelqu'un est entré dans ma chambre et que si je tourne mon visage vers l'intrus, je ne découvrirais pas les traits de Dak'. J'entendis une nouvelle fois mon prénom et ce n'est que quand la personne s'approcha de mon lit que je découvris que c'était Alexis. Je la dévisagea quelques instants sans comprendre, mon cerveau était totalement déconnecté. « Alex ?! » Que faisait-elle ici ? Elle avait l'air si réel ... Cela dit Dallas aussi avait parfois l'air réel quand je me surprenais à divaguer sur lui. Dakota pense qu'il est au ciel, transformé en ange et qu'il nous protège. Moi je n'y crois pas à cette connerie, mais je ne lui dis rien, elle a le droit de croire en ce qu'elle veut. Moi j'ai la sensation qu'il est toujours parmi nous, coincé sur terre pour une raison que j'ignore. Parfois je me dis qu'il vit encore quelque part et qu'il nous appelle à l'aide. Parfois je me dis qu'il veut juste franchir le voile mais qu'il a besoin de nous. « Qu'est-ce que tu fais là ? » Je suis totalement déconnecté de la réalité. Je ne comprends plus rien. Si mes parents débarquaient dans ma chambre en cet instant, ils ne seraient pas fière de l'état dans lequel est leur fils, même si j'ignore totalement l'aspect que je renvoie en cet instant. Je m'en fous, de tout, pour être totalement honnête.  « Est-ce que je suis mort ? » Lui demandais-je sérieusement, en me mettant sur le côté, afin de mieux la voir. J'espérais qu'elle me dirait oui, pour être honnête ça serait un total soulagement et ça expliquerait tellement de choses. Peut-être suis-je le seul à être mort ce jour là, Dallas vit toujours, comme Alaska et Dakota.
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Utah & Alexis
eternal silence of the sea
Utah renvoyait la jeune femme quelques années en arrière, à l’époque où elle avait perdu ses parents et son frère d’un coup. Après l’enterrement de ses deux parents, Alexis était restée des jours entiers prostrée sur son lit, à se repasser des moments de sa vie familiale dans sa tête : des bons moments qui lui faisaient monter ses larmes aux yeux et qui lui serraient le coeur quand elle se rendait compte de ce qu’elle avait perdu à jamais ; mais aussi des mauvais, les quelques disputes récentes qui tournoyaient dans son esprit et qui ajoutaient le poids de la culpabilité à tout le reste. Tous les “Et si” qui s’incrustaient dans son esprit et qui refusaient de la laisser tranquille, s’accrochant à elle de leurs longues griffes et qui faisaient mal, si mal. Elle n’avait pas voulu s’alimenter pendant tout se temps, le ventre tellement noué qu’elle n’aurait rien pu avaler de toute façon, se levant simplement pour aller se perdre sous sa douche pendant des heures, ressortant de la salle de bain la peau toute fripée. Ça lui avait pris du temps pour dépasser la douleur et réussir, malgré elle, à se lever, s’habiller, et sortir continuer la vie qui était désormais la sienne. Alors quand elle voyait son ami ainsi, elle ne pouvait que comprendre ce qu’il ressentait et ça lui serrait d’autant plus le coeur parce qu’elle n’imaginait que très bien la douleur qui lui étreignait la poitrine. Et ça lui faisait d’autant plus mal pour lui, ça lui faisait monter les larmes aux yeux de se dire qu’il ressentait ça en cet instant, qu’il souffrait autant. Parce qu’elle ne souhaitait à personne, ça non.

La brune éloigna ses souvenirs douloureux de son esprit. Elle s’était perdue dans ses pensées pendant de longues secondes, mais Utah venait tout juste de se tourner vers elle, s’apercevant seulement maintenant de sa présence. Ça aussi, elle connaissait : cette sensation d’être dans une bulle de souffrance et de tristesse au point que tout ce qui nous entourait devenait flou, lointain, voire inexistant. Il la dévisagea mais elle ne voyait que de l’incompréhension et du vide dans ses yeux. Alexis se mordit les lèvres, désolée de voir la douleur du deuil de Utah. Il semblait surpris de la voir ici, comme s’il n’y croyait pas, comme s’il ne pensait pas qu’elle pouvait être vraiment là. « Oui, c’est moi. » répondit-elle avec un pâle sourire, bien piètre imitation d’un vrai. La jeune femme ne dit rien de plus, lui laissant le temps de reprendre ses esprits, de reprendre pied dans la réalité, sans le brusquer. Il n’avait pas non plus besoin qu’on l’assaille de questions et qu’on le presse de toute part. Elle n’était pas venue ça pour là, du reste. Elle voulait prendre de ses nouvelles, s’assurer qu’il allait bien… ce qui n’était évidemment pas le cas. L’air hagard, il regardait tantôt la brune, tantôt la chambre autour d’eux, comme s’il essayait de se resituer dans l’espace.

« Je… Tu ne répondais pas aux messages et tu n’es pas venu à nos rendez-vous alors je voulais savoir… voir… comment tu allais après… » Finir sa phrase, dire l'inéluctable, c’était bien trop dur. Et ça le serait sûrement aussi pour Utah, mettre des mots sur cette douleur et sur cette immense perte, on n’y arrivait pas tout de suite. Il y avait d’abord le déni… Mais sa question suivante lui déchira le coeur. Il souffrait donc au point de croire - de préférer même, peut-être - qu’il était mort et que tous ce qu’il voyait autour de lui n’était pas la réalité mais le fruit de son imagination ? Ou bien une sorte d’au-delà où les morts viendraient lui rendre visite ? La brune était désolée de devoir le détromper, d’être celle qui allait le ramener à la réalité. « Non Utah, tu es bien vivant. Et moi aussi… »
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Alexis ∞ Utah

J'avais la sensation de rêver. Elle ne pouvait pas être là. J'ignore pourquoi, mais j'étais persuadé qu'elle ne pouvait pas être réel. Est-ce que Dakota avait raison ? Est-ce que les anges existaient ? Et si oui, ressemblaient-ils à Alexis ? Ou aux gens que l'on connaissait ? Etait-elle morte elle aussi dans cet incendie ? Je ne me rends compte que maintenant que j'ai tellement été subjuguer par la mort de mon meilleur ami que je n'ai absolument pas cherché à savoir si les gens que je connaissais étaient toujours en vie. Shame on me. Mais c'est tout moi ça, Utah l'égoïste. Je ne pense qu'à ma gueule, j'oublie les autres et après je m'en veux, jusqu'à oublier. Je reste là à la fixer sans savoir quoi dire ou quoi faire. Bon d'abord parce que mon cerveau n'arrive pas à enregistrer l'information qu'Alexis se trouvait bien dans ma chambre. Et ensuite parce que je n'avais pas la force de faire quoi que ce soit. Même porter une bouteille à ma bouche, je crois que je n'y arriverais pas. Depuis combien de temps n'avais-je pas manger ? Je l'ignore, je sais que ça fait un moment que je ne me suis pas levé, du coup je pense que ça remonte à quelques heures ... Alors silencieusement je la fixe, sans savoir quoi dire ou quoi faire. Mon cerveau va bien finir par enregistrer l'information. C'est assez amusant de l'imaginer en ange en fait. Une belle brune aux yeux bleus, elle donnerait envie de la suivre jusqu'au bout du monde. Je suivrais n'importe quelle femme attirante jusqu'au bout du monde de toute façon, c'est un fait, mais il n'empêche que par certains aspects et surtout en cet instant, elle incarnerait bien le rôle. Peut-être parce que d'eux nous deux, elle est ce qui se rattache le plus à un être vivant. Moi je ne suis qu'une épave, perdu au milieu d'un océan de douleur.

Après un silence, elle reprit la parole, expliquant ce qu'elle faisait ici. Nous avions rendez-vous ? Aucun souvenir. De toute façon tout ce qui attrait à ma vie d'avant n'a plus d'importance, tout c'est envolé avec l'espoir de revoir mon meilleur ami. Elle arrête sa phrase, elle ne va pas plus loin et d'une certaine façon je lui en suis reconnaissant de ne pas parler de lui ou de sa mort. Mais pourtant ça plane au dessus de notre tête et ça me martèle le coeur. Dallas est mort. Il ne reviendra plus. Le vide qui s'est créé en moi s'agrandit en cet instant. Elle ne l'a pas dis mais c'était tout comme. Je grimace, je ferme les yeux, j'ai mal. Elle n'a pas voulu me blesser, bien au contraire si elle est ici c'est qu'elle s'inquiète. Mais sa présence me ramène à la réalité et je n'ai pas envie d'y replonger, pas maintenant, c'est trop tôt, je ne la supporte pas. « Mon téléphone n'a plus de batterie ... et moi non plus ! »C'est débile mais c'est vrai. Je suis à plat, je n'ai plus une once d'énergie. Peut-être que si je m'alimentais ça irait mieux, mais je n'ai pas envie de me lever, je n'ai pas envie d'affronter la lumière, le visage de Dak' ou Ska. Non, je veux rester ici, jusqu'à ce que la nuit succède au jour et que je me terre dans l'océan. Là bas je peux hurler, frapper, pleurer, personne ne m'entendra ... ou peut-être que si mais au fond je m'en fous. On me laissera dans ma solitude et c'est tout ce que je souhaite. Je la fixe, triste, détruit et surtout déçu. J'aurais voulu qu'elle me dise que j'étais mort. Que tout était fini, que je pouvais m'en aller maintenant. J'étais prêt à la suivre, n'importe où. J'étais prêt à monter au paradis ou descendre en enfer si Dak' avait raison sur ses croyances. J'étais prêt à m'incarner en écume ou en pierre s'il le fallait. J'étais prêt à faire n'importe quoi, tant qu'on me disait que c'était fini, que je pouvais abandonner la douleur, la laisser s'en aller, la laisser à quelqu'un d'autre. Mais non, elle me privait de cette possibilité. Elle n'y pouvait rien, mais ça faisait mal malgré tout. Je finis par me redresser dans mon lit. J'attrape mon paquet de tabac, mes feuilles et tout ce qu'il fallait pour me faire un join. Il fallait que je fasse taire cette douleur. « Dommage ... j'aurais préféré. »Je me racle la gorge, je m'attelle à la tâche, j'observe du coin de l'oeil la bouteille vide qui jonche mon lit. Il faudra que je récupère sa petite soeur. Je ne me sens pas bien mais j'ignore si c'est mon équilibre alimentaire qui en est la cause ou la peine que je ressens. Dans tous les cas c'est désagréable. « Tu fumes ? » Partager un join, j'ai l'impression que ça fait longtemps que ça ne m'étais pas arriver, pourtant cela ne fait qu'une semaine que Dallas est mort ...
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Utah & Alexis
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Utah la fixa, longtemps, sans rien dire, se demandant sûrement si elle était bien là ou prenant le temps d’enregistrer les informations qu’elle lui envoyait. Alexis ne bougea pas et ne dit rien, se contentant de le regarder aussi, se demandant s’il voyait qu’elle le regardait ou s’il ne voyait rien du tout, perdu dans un espace-temps qui leur était propre à lui et à sa douleur. Le choc de la mort l’avait sonnée, elle aussi, quand elle avait perdu ses parents. Elle se voyait sans se voir dans le miroir, les rares fois où elle se levait et quand elle y repensait, elle avait l’air d’un fantôme à ce moment là. Pas vraiment dans ce monde, pas totalement dans un autre, perdu entre deux réalités : celle du passé, qu’on ne voulait pas quitter, et celle du présent, dans laquelle on ne souhaitait pas rentrer parce que ouais, ça faisait beaucoup trop mal, c’était accepter la perte qu’on venait de subir, c’était accepter que plus rien ne serait comme avant, c’était accepter que ce vide béant, dans la poitrine, serait désormais une partie intégrante de nous. Accepter la douleur comme une compagne de tous les jours. Mais ça faisait tellement mal, les morsures incessantes de la souffrance, qu’on était rarement prêt à accepter comme ça qu’on nous avait enlevé un être cher.

Pourtant cette perte était bien là et ça planait dans ces lieux, elle le sentait, elle aurait presque pu la toucher du doigt. La jeune femme ne connaissait pas Dallas mais elle connaissait les liens qui pouvaient attacher deux personnes entre elles, les lier plus fortement que le sang. Et puis elle connaissait ce que la disparition d’une personne qui comptait plus que tout avait de dévastateur. Alors même si elle ne pouvait pas dire à Utah qu’elle était aussi dévastée par la mort de Dallas, parce que ça n’était pas vrai, mais elle pouvait lui dire qu’elle comprenait sa douleur, qu’elle la partageait et qu’elle était là. Enfin, elle pourrait le dire plus tard parce qu’on ne voulait pas entendre ça au début : les condoléances rappelaient bien trop à quel point l’absence de la personne disparue était douloureuse pour nous alors que les autres continueraient leur vie comme si rien n’avait changé. Ça aussi ça faisait mal, de se rendre compte que ce qui faisait tourner notre monde n’était au final qu’un grain de poussière dans l’océan de la vie, il fallait beaucoup de force pour l’accepter, pour accepter que toutes ces personnes continuent leur vie alors que lui, lui il était mort. Alors pour le moment elle ne dit rien, lui laissant le temps de sortir de cet état parce que c’était tout ce qu’elle pouvait faire, être là, sans le brusquer, sans le forcer.

La Samson le vit fermer les yeux et grimacer quand elle expliqua qu’elle s’inquiétait pour lui et comprit que ça éveillait des signaux chez lui, des choses sous-entendues, qu’elle n’avait pas dites à voix haute mais qui se tenaient quand même là, debout, devant lui. Alexis se mordit la lèvre. Ça lui faisait mal de voir un ami souffrir à ce point, ça lui faisait mal de ne pouvoir rien faire parce qu’elle savait à quel point on était impuissant dans ces moments là. « T’en fais pas, c’est pas important. » lui répondit-elle doucement. Elle n’était pas du tout là pour le blâmer de son absence à leurs rendez-vous sportifs, elle s’en fichait pas mal en fait. Quel monstre humain pourrait rapprocher à un ami son absence quand il souffrait autant ? Pas elle, en tout cas.  « Il faudrait penser à recharger alors ! » Un petit sourire, bien incapable de beaucoup plus tant l’état de son ami l’inquiétait. C’est vrai qu’il avait l’air complètement à plat, et même plus encore. Dire que l’énergie lui manquait était presque un euphémisme tant il semblait anéanti, incapable du moindre geste, de la moindre action. La brune jeta un nouveau regard dans la chambre. À part les clopes et les restes de joins, les cadavres de bouteilles et le linge sale, il n’y avait rien. Depuis combien de temps n’avait-il pas mangé ? Sûrement une éternité. Alexis se redressa, lâcha un petit “je reviens”, et s’avança vers la porte quand la voix d’Utah la fit se retourner. Oui, ça aussi elle pouvait comprendre, qu’on préfère être mort plutôt que vivant, enterré sous terre plutôt que là, sur terre, à souffrir milles morts alors qu’on pourrait reposer en paix et retrouver celui qu’on a perdu.  « J’imagine… Mais, Utah, si ta mort te soulagerait, elle créerait une douleur sans nom chez d’autres, chez Al, Dakota… » Sur ces paroles, elle quitta quelques minutes la chambre pour fouiller la cuisine à la recherche de quelque chose qui pourrait nourrir son ami. Elle ne cherchait pas à le faire culpabiliser, loin de là, mais ça l’avait aider à tenir, elle, de se dire que son frère était toujours en vie et que, s’il se réveillait, il aurait besoin d’elle, alors elle ne pouvait pas encore mourir.

Parvenue face au frigo, elle l’ouvrit et plongea le nez dedans. Il n’y avait pas grand chose mais elle dégota quand même un tupperware dans lequel se trouvait une belle portion de spaghetti avec une sauce ressemblant fort à de la bolognaise. Un reniflement lui appris que c’était encore bon alors elle le fourra au micro-onde et patienta deux minutes. Si elle avait pu, elle aurait pris le temps de lui cuisiner un truc mais elle n’avait pas envie de le laisser seul plus longtemps. Lorsque le “ding” retentit, une bonne odeur de tomate se répandait déjà dans la maison. Alexis trouva une assiette, des couverts, versa les pâtes dans l’assiette et retourna dans la chambre d’Utah, refermant bien la porte avec son pied.  « Tiens, je me suis dit que tu aurais peut-être faim. » Elle posa l’assiette au sol, devant lui, pour qu’il la prenne s’il en avait envie mais sans lui donner l’impression qu’elle le forçait.

Les deux minutes où elle n’avait pas été là avait fait se redresser Utah qui se tenait maintenant en tailleur, une feuille entre les mains. Le petit sachet qui contenait des boules vertes lui indiquait qu’il ne comptait pas se rouler qu’une cigarette. Alexis n’allait pas le blâmer, il lui arrivait parfois de fumer un join, enfin c’était arrivé, même si ça faisait un moment qu’elle n’y avait pas touché. Elle ne considérait pas vraiment cette drogue comme dangereuse, bien moins que d’autres en tout cas, et puis, n’était-ce pas en passe d’être libéralisé ? Enfin, les clopes lui coûtaient assez chères comme ça, elle n’avait pas une consommation régulière, mais quand on lui proposait en soirée, elle tirait dessus.  « Pourquoi pas ! »
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Alexis ∞ Utah

Cela fait combien de temps que je n'ai pas parlé à un autre être humain ? J'ai l'impression que cela remonte à une éternité, que tout cela appartient à une autre vie que celle dans laquelle je suis. Etait-ce ma vie d'avant l'accident qui n'est qu'un rêve ou celle dans laquelle je suis ? Pourtant Alexis a l'air bien réel, c'est étrange. Rien ne se connecte dans ma tête. Elle est là, installée à mes côtés, à m'observer en silence, n'osant trop bouger ou trop parler de peur de me voir ... quoi d'ailleurs ? Fondre en larmes ? Me mettre en colère ? Partir en courant ? Disparaitre ? Si seulement je pouvais disparaitre, je le ferais sur le champ, sans la moindre hésitation. Mais je ne peux pas, j'ai essayé un nombre incalculable de fois, mais à chaque fois que j'ouvre les yeux, je suis toujours au même endroit. Rien ne bouge, ni moi, ni ce qui m'entoure. C'est étrange d'entendre le son de sa voix et c'est encore plus étrange d'entendre le son de ma propre voix. Un peu caverneuse, on sent que je n'ai pas prononcé un mot depuis des jours. Mes dernières paroles furent pour les parents à Dallas, mon tout dernier appel avant de laisser mon portable se décharger et s'éteindre, m'éteignant avec lui. Il a sonné à de nombreuses reprises : sms, mails, notifications en tout genre, appels ... il a sonné dans le vide. Au début je prenais la peine de le fixer, le regard vide, presque étonné et surpris d'entendre du bruit provenir de mon téléphone. Puis avec le temps je n'ai plus réagis, comme si lui et moi n'étions plus sur le même plan astral. Et puis il a arrêté de sonner. Dakota frappe régulièrement à ma porte pour me notifier qu'il y a à manger dans le frigo si j'ai faim, mais je ne lui réponds pas. C'est amusant mais maintenant que j'y pense, j'ai toujours cru que dans ce genre de situation, la première personne à qui je daignerais parler ce serait Alaska, ma twin ... mais maintenant que je vis cette situation, je me rends compte que c'est bien la seule personne à qui je suis incapable de parler, ne pouvant même pas la regarder droit dans les yeux. Je l'aime à en crever et je tiens toujours à elle, le problème n'est pas là mais ... sa colère fait écho à ma propre colère. Sa peine est l'image de ma propre peine. Quand je la regarde, j'ai l'impression de regarder un miroir et je n'ai pas la force de regarder dans ce miroir et faire face à la réalité. Alors je la fuis et elle me fuie ... Finalement on est vraiment pareil tous les deux, deux putains d'égoïstes. Et Dakota est au milieu de nous, attendant un geste de notre part, portant le même fardeau que nous, mais devant tenir pour nous porter à bout de bras. Ceux qui ont toujours cru qu'elle était la plus faible de nous quatre se sont lourdement trompés. Dakota est un roc, c'est grâce à elle que nous ne coulons pas. J'ignore ce que je deviendrais sans elle. Mais je me sens coupable, parce qu'elle ne peut pas vivre sa peine comme elle l'entend. Si elle s'effondre, qui nous portera à bout de bras ? Dallas n'est plus, elle doit le remplacer. Je la plains tellement. « Je ne me sens pas prêt pour ça ... » La gorge me sert, je sens un vent de panique m'assaillir. Non, je ne suis définitivement pas prêt pour recharger mes batterie, ni les miennes, ni celles de mon téléphone. Recharger mes batteries signifierait regarder la réalité en face et remonter la pente et ça je ne le peux définitivement pas et j'ignore si je serais capable de le faire un jour. Vivre sans Dallas ... c'est comme vivre avec la moitié d'un coeur, c'est impossible. Et recharger mon portable signifierait laisser la réalité revenir dans ma vie et ce serait pire qu'un tsunami. Combien d'appels manqués ? Combien de sms inquiets, voir paniqués ? Combien de notifications en attentes ? Mes parents doivent avoir de mes nouvelles grâce aux parents de Dakota. Elle est très proche d'eux et doit les appeler tous les jours, elle doit glisser un mot sur Alaska et moi durant sa conversation avec ses parents et ils rassurent nos parents en leur disant qu'on respire encore, même s'ils ne peuvent offrir plus de réconfort que ça.

Alexis tente de me réconforter ou de m'ouvrir les yeux. Pour être honnête j'ignore ce qu'elle cherche à faire et peut-être qu'elle non plus ne le sait pas. Il est vrai que ma mort me réconforterait moi mais créerait de la peine autour de moi, mais je suis persuadé à 110% qu'il aurait mieux fallu que ce soit moi sous cette poutre, que Dallas. Lui aurait su quoi faire. Il aurait porté à bout de bras les filles, il aurait trouvé les mots juste, il aurait soulagé leur peine. Alors que moi, je ne sers à rien, je suis un poids mort à leur cheville, je les entraine au fond. Moi je ne suis qu'un putain d'égoïste qui ne pense qu'à sa gueule, qui croit que sa peine est mieux que celle des autres, qui ne supporte pas de voir quelqu'un de plus malheureux que lui et qui n'est pas foutu d'avoir un mot réconfortant pour ceux qu'il aime. Non moi je ne sers à rien, je fuis ma douleur, je fuis la réalité, je fuis mes amis, ma famille, ma vie même parce que le poids du chagrin et de la culpabilité est trop fort. Non définitivement, elles s'en seraient mieux sorti si j'avais pris la place de Dallas. Alexis ne me laisse pas le temps de répliquer quoi que ce soit, elle se lève et quitte la pièce. Pourtant ça ne m'empêche pas de lui répondre. J'ignore si elle m'attendu ou pas, peut-être qu'au fond, je le dis surtout pour moi, pour m'en persuader. « Sauf si j'étais mort dans cet incendie et Dallas en vie ... Lui aurait mieux géré la situation, il aurait su quoi faire ... Il aurait été là pour elles ... » Cette dure réalité m'arrache la gorge, agrandi le trou que j'ai au fond de la poitrine et me brûle les yeux. Bordel prononcer ce nom à voix haute, c'est comme boire de l'acide, en mille fois pire. C'est insupportable. Serais-je capable un jour de pouvoir prononcer son nom, l'entendre ou y penser sans avoir l'impression qu'on me plante un couteau dans le coeur ? Pour le moment j'en doute. J'ignore ce que fais Alexis, mais elle finit par revenir avec une assiette dans les mains. Des pâtes. Est-ce elle qui les a préparé et alors j'ai vraiment un problème de temporalité parce qu'à mon sens elle n'est partie que quelques minutes, longues à mon sens, mais pas assez pour préparer un plat. Ou alors est-ce Dakota qui les a préparées ? Au fond je m'en fous un peu, je n'ai pas faim. Elle pose l'assiette devant moi et se réinstalle. Je sais que je devrais lui dire merci pour ce qu'elle fait. Je le vois bien qu'elle s'inquiète pour moi et qu'elle veut m'aider. Mais je n'y arrive pas, rien ne sort. Alors je me contente d'attraper mon paquet de tabac, mes feuille et de quoi rouler un join, lui demandant si elle fumait. Qu'elle dise oui ou non ne changera rien au final, je compte bien m'en rouler un, le seul truc à savoir c'est si je dois partager ou non. Je fais ma popote, en silence, oubliant presque qu'elle est là. L'odeur de la nourriture arrive lentement jusqu'à mes narines. Ca sent bon. Peut-être que ce join va m'ouvrir l'appétit. Une fois terminé, je le tasse et je l'allume, sans plus de cérémonie. Première bouffée, la fumée emplie mes poumons, je garde tout cela quelques instants avant de la recracher. Je tire deux ou trois lates avant de tendre le join à Alexis. « On est quel jour ? » Cette question me trotte dans la tête depuis un moment mais je n'ose poser la question. Comme tout le reste, c'est me ramener un pied dans la réalité. Mais je me sens plus fort, plus courageux avec cette merde qui commence à faire son chemin jusqu'à mon cerveau. C'est fictif, bien entendu, mais ce n'est pas grave, je n'ai rien trouvé de mieux pour oublier.
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Utah & Alexis
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Cet incendie, il en avait fait des ravages, et peu importe la personne qui en était à l’origine, il avait brisé des dizaines de vies, rendu malheureux de nombreux foyers et détruit une bonne partie de la ville. Elle avait fait une nuit un cauchemar qui la suivait depuis, un peu comme une piqûre de moustique qui gratte puis qu’on oublie jusqu’à ce qu’elle se mette à nous lancer à nouveau. La jeune femme se trouvait dans Bray qui était la proie des flammes, comme ce jour-là, et elle entendait les gens crier, hurler de douleur, des gens pris dans les flammes qui appelaient à l’aide mais il n’y avait personne, personne pour les aider, sauf elle, au milieu de la rue. Alexis s’était réveillée en sueur et complètement perdue, se demandant où elle était, avant de reprendre ses esprits. Pas besoin d’être un fin psychologue pour comprendre qu’elle culpabilisait de n’avoir rien fait pour arrêter les flammes. Parce qu’elle aurait pu, avec son pouvoir, arrêter les flammes, les réduire peut-être. Mais dans l’horreur qui grandissait à Bray, elle n’y avait même pas pensé, sur le coup, se préoccupant surtout de ne pas rien aggraver car la panique qui la saisissait agissait directement sur le feu. Alors parfois elle se sentait mal même si sa conscience lui disait que ça n’était rien d’autre que le complexe du super-héros, qu’elle n’aurait de toute façon rien pu faire sans risquer de mourir puisqu’une trop grande utilisation de sa magie aurait été dangereuse. Elle ne l’écoutait que quand elle voyait des gens qui avaient tout perdu, eux, comme Utah, et elle se disait alors qu’elle n’avait pas le droit de se sentir mal pour quelque chose qu’elle n’aurait pas pu faire, de toute façon, parce qu’il y avait d’autres personnes qui ressentaient une douleur bien plus forte que la sienne, ça aurait été égoïste de s’enfoncer dans une culpabilité qui n’avait pas lieu d’être quand des amis souffraient réellement.

Alexis se demandait depuis combien de temps Utah n’avait pas quitté son lit, depuis combien de temps il n’avait pas parlé à quelqu’un. Elle devait être la première depuis une éternité, à en juger par sa voix rauque et son ton hésitant, comme s’il ne savait plus vraiment comment on faisait. Enfermé dans cette chambre depuis tout ce temps, à fixer le plafond, défoncé et saoul, il devait avoir du mal à retrouver comme interagir avec la jeune femme. Elle aurait tant aimé le réconforter quand elle entendit sa phrase se terminer au moment où sa voix se brisait, elle aurait tant aimé lui dire que tout allait bien se passer mais ça n’était pas vrai. On ne guérissait jamais complètement de ce genre de blessure. On vivait avec, voilà tout, on apprenait à vivre avec cette compagnie, à l’apprivoiser et à la garder dans un coin, la laissant ressurgir de temps en temps pour qu’elle nous foute la paix le reste du temps. Mais on oublie pas, jamais, qu’il avait été là, celui dont l’absence se faisait cruellement ressentir. Une douleur pareil, ça ne disparaissait jamais vraiment. Malgré tout, elle aurait voulu, d’un geste, d’une parole, tenter de lui apporter son aide. Mais elle ne savait pas comment faire. Alors elle n’insista pas, sachant bien qu’il rechargerait ses batteries, au sens propre comme au sens figuré, quand il serait prêt et que le forcer à le faire plus tôt serait une bêtise. Quand elle se leva pour se rendre dans la cuisine, elle entendit néanmoins les mots qu’Utah prononça à voix basse et elle se mordit les lèvres devant la douleur qu’elle percevait derrière ses mots. Elle avait vécu tout ça, aurait pu s’habituer à ce mal si profond et pourtant, pourtant voir Utah comme ça lui déchirait le coeur et lui faisait monter les larmes aux yeux. Quelle était l’étendue de sa peine pour qu’il soit convaincu qu’il aurait mieux valut que ce soit lui plutôt que son ami. On se disait tous ça, Alexis aussi s’était dit qu’elle aurait préféré être dans le coma plutôt que de laisser son frère sur ce lit d’hôpital mais… mais au fond qui y croyait vraiment ? Qui ne gardait pas l’espoir, au fond de lui, que si ça n’avait pas été lui c’est qu’il méritait encore un peu de vivre et qu’il devait le faire. Visiblement, Utah en était convaincu.

Revenue dans la chambre, elle n’avait rien dit mais sa phrase à lui, elle la tournait et la retournait dans sa tête tout en le regardant rouler son join. Il n’avait fait que jeter un regard sur l’assiette qu’elle lui avait apportée mais la brune se dit que la faim qui arrivait inéluctablement après avoir fumé le ferait peut-être manger. Est-ce qu’il avait maigri ? Ses traits étaient tirés, il avait de grandes cernes qui soulignaient ses yeux vides de toute joie… il avait sûrement maigri, l’alcool et la beuh, ça ne nourrit pas, surtout quand on est bouffé par les remords et le désespoir. Elle quitta ses réflexions quand Utah lui tendit le join accompagné d’une question qui montrait bien à quel point il était déconnecté de la réalité. « Mercredi. » répondit-elle avant de tirer à son tour, replongeant dans ses pensées, retournant à cette phrase qu’elle n’arrivait pas à laisser passer. « Je le connaissais pas, Dallas… je le connaissais pas donc si tu dis qu’il aurait mieux géré la situation je te crois, mais… ça veut pas dire pour autant que tu mérites moins que lui de vivre. » Elle ne savait pas quoi dire, elle ne savait pas si ses mots aidaient Utah ou l’enfonçaient encore plus. Au fond elle aurait peut-être mieux fait de ne pas venir ou alors de se taire ? Plongée dans le silence, elle redonna son join à Utah et se décala pour s’appuyer contre un mur.
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Alexis ∞ Utah

Alexis revient dans la chambre et j'ignore ce qu'elle a pu entendre de ce que je lui avais dis. Au fond j'avais parler pour parler, sans vraiment me soucier de ce qu'elle avait pu entendre ou pas. Nous n'étions pas dans une conversation normale où j'étais content de la voir et de lui parler, content d'échanger avec elle, voulant son avis sur certains sujets ou délirer sur d'autres. Là elle apparaissait comme une intruse dans ma solitude. Je ne lui en voulais pas à proprement parler, parce que je me rendais bien compte qu'elle était là pour moi, pour m'aider, inquiète, mais en parfait connard d'égoïste, je n'avais pas envie de la voir, je voulais rester seul jusqu'à la fin de ma vie, parce que j'étais persuadé en cet instant que ma vie ressemblerait à un successivement de jour comme celui-ci. Mais évidemment ce n'était pas réaliste pour un sous, personne ne me laisserait dépérir de cette manière et puis pour être honnête si je continue sur cette lancée, ma vie risque d'être très courte. Mon prof voulait me sortir de la merde dans laquelle je venais de me foutre, il est déjà passé deux fois, mais je n'ai pas eu envie de lui parler, il a parlé tout seul. Je me dis pour le moment qu'il fait tout ça pour lui, pour lui donner bonne conscience. Je finirais par comprendre que c'est pour moi qu'il fait tout ça, parce que d'une certaine façon il est passé par là où je suis passé et qu'il veut m'aider à m'en sortir. Mais pour le moment je joue au con capricieux, me disant qu'il finirait par se lasser à force et qu'il me laisserait tranquille. Mes parents finiront par débarquer si je m'obstine à me terrer dans le silence. Les appels de Dakota ne suffiront pas à calmer leurs angoisses, ils vont finir par venir pour m'aider à m'en sortir, parce qu'il est hors de question que je suive Dallas dans la tombe. Et puis il y a mes potes aussi, ici Alexis, parfois d'autres qui passent aussi de temps en temps pour avoir de mes nouvelles, tentés de me réveiller. Je les ignore en général, mais je ne sais pas, Alexis je n'y arrive pas. C'est assez étrange, mais c'est comme ça. Peut-être que je suis dans la phase deux, celle où je commence à accepter l'aide extérieure, va savoir. Elle revient avec un plat de pâtes, c'est plutôt gentil mais je n'ai pas faim, alors je me contente de le regarder quelques instants avant de me remettre à rouler mon join. Je l'allume, tire quelques lattes avant de le donner à Alexis. Elle m'annonce le jour que l'on est et ça ne me fais rien. En fait ça ne veut rien dire pour moi, pour être honnête. Mercredi de quand ? Combien de temps depuis l'incendie ? Et d'ailleurs c'était quand ? J'ai un gros trou noir de ce jour, il n'y a que dans mes cauchemars que je revois la mort de mon meilleur pote, sinon je n'arrive plus à me souvenir de rien. Qu'est-ce qu'on a fait ? Ou on est allé ? Qu'est-ce qu'on s'est dit ? Quand est-on rentré ? Je ne me souviens plus. « C'était quand ? …. l'incendie ... » Oh putain, dire le mot incendie m'arrache la gorge. Je n'aime pas du tout, ça offre une forme de réalité à mon malheur, je déteste ça. Pourtant il va falloir que je commence à en prendre conscience que tout est fini, qu'il n'est plus là. C'est dur à admettre et à réaliser mais c'est comme ça. Il est mort et nous non. Je préfère attraper le join pour fumer quelques longues lattes. Le trou au fond de ma poitrine grandit d'instant en instant, j'en peux plus. Ca me coupe presque la respiration et j'ai la tête qui tourne. Non je ne suis pas prêt pour prendre conscience de la réalité.

Je ferme les yeux, parce qu'ils me piquent. Je suis dans un piteux état et si je ne l'étais pas tant, j'aurais eu honte qu'Alexis me voit ainsi, mais je suis trop mal en point et centré sur ma petite personne pour prendre conscience de tout ça.Je sens déjà l'effet de la drogue sur mon corps et j'en suis content. La tête qui tourne légèrement, le cerveau qui s'enlise pour avoir du mal à réfléchir, une vision moins morne s'offre à moi. Je n'ai pas envie d'éclater de rire, pas encore, mais ça commence déjà lentement à s'éclaircir. Un rien prochainement me fera rire, ça ne me rendra pas plus heureux ou je ne serais pas plus apaisé, mais sur l'instant, ça me fera du bien. C'est con mais c'est aussi ce que je recherche. Oublier qui je suis, oublier mes peines et mes problèmes et rire de tout et surtout de rien. Je tends la fin du join et j'attrape l'assiette. Je n'ai pas faim à proprement parler mais bon sinon ça va refroidir et j'en ai envie. C'est étrange de manger sans faim, mais je ne sais pas, un quelque chose me dit que j'en aurais besoin. Est-ce mon instinct de survie ? En ai-je un finalement ? Il apparaît vraiment quand c'est alarmant, désespéré même. « Tout le monde va bien de ton côté ? » Non ce n'est pas une lueur d'amitié qui vient de renaitre de ses cendres, c'est juste que je n'ai pas envie de répondre à sa phrase. Je sais qu'elle ne partage pas mon avis sur la question, qu'elle ne pense pas qu'une vie peut-être meilleure qu'une autre, que Dallas mériterait mieux que moi de vivre. Mais c'est parce qu'elle ne sait pas, moi je sais. Je ne sers à rien, je suis égoïste et narcissique. Je ne vis que pour moi, la preuve, je ne me suis jamais demandé si de son côté tout le monde allait bien et je pense à ça juste pour changer de sujet. Si je ne suis pas un enfoiré de premier alors je suis quoi ? Alors que Dallas il aurait posé la question sur le champ, il aurait voulu s'assurer qu'elle allait bien, qu'elle n'avait pas été blessé, faisant passer sa propre douleur au second plan. Il aurait pu soutenir Alaska & Dakota et grâce à lui, ils auraient continué à vivre normalement. Alors qu'avec moi, c'est l'anarchie parce que Ska et moi on est trop pareil pour penser aux autres et que Dakota a beau faire de son mieux, elle ne peut pas faire des miracles avec nous. Nous sommes deux boulets accrochés à ses chevilles, on l'entraine avec nous dans notre chute. On est de vraies sangsues, on est des parasites, rien de bon ne sortira de tout ça.
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Utah & Alexis
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En venant aujourd’hui pour voir comment allait Utah, elle ne s’attendait pas le moins du monde à le trouver dans un état pareil. Elle ne lui en voulait nullement de lui répondre à peine et d’avoir l’air ailleurs, comme s’il s’en foutait de sa présence. Quiconque était déjà passé par là savait bien qu’on n’avait envie de voir personne, que chaque individu qui passait le pas de la pièce où on était réfugié était pire qu’un intrus qui violait notre intimité, qui violait notre peine. Parce qu’il n’était pas nous, il ne pouvait pas ressentir ce qu’on avait au fond de nous, et il était là, comme une tache qu’on ne parvenait pas à effacer, une tache dérangeante qu’on voudrait bien voir partir. Mais elle ne comptait pas partir, pas tout de suite, sauf si Utah le lui demandait expressément, et encore, elle aurait du mal à le laisser seul. Alexis réussissait juste à ne pas se braquer - chose qu’elle réussissait de mieux en mieux avec ses amis, elle qui était si susceptible : avant le décès de ses parents, avant de comprendre cette douleur et cette envie d’être seul au monde, si on l’avait reçue de cette manière alors qu’elle venait prendre des nouvelles, elle aurait sûrement boudé pendant des jours. Sauf que ça n’était pas la faute d’Utah s’il était comme ça, là maintenant tout de suite, et ça elle le comprenait. Posée contre le mur, elle laissait la drogue faire son effet. Elle ne fumai pas souvent mais tout de même assez pour apprécier cette sensation et la reconnaître, cette sensation de flotter quelque part, d’avoir le corps entièrement détendu. Et elle comprenait qu’Utah fume autant alors qu’il allait si mal, ça permettait de tenir la douleur éloignée, de se retrouver dans un cocon où rien ne pouvait nous atteindre - ou presque. Mais ça ne réglait pas la situation à long terme, c’était bien ça le problème. À s’enfoncer chaque jour un peu plus dans ce cocon dont on ne voulait jamais sortir, on risquait de ne jamais pouvoir en sortir. Alexis en avait conscience mais ça n’était pas de son ressort. Utah acceptait déjà de la voir et de lui parler, ça n’était pas le moment et pas la bonne personne pour entamer un long discours sur la drogue. Elle pouvait être là pour lui, le soutenir comme elle pouvait, sûrement pas jouer ce rôle là. Ce qui ne voulait pas dire que ça ne l’inquiétait pas et elle espérait de tout son coeur que quelqu’un était là pour lui, pour tenter de le sortir de ces addictions. Sinon, ce serait pour plus tard. Une chose à la fois, n’est-ce pas ? Vouloir d’une personne qu’elle accepte la mort de la personne qui lui était le plus chère et qu’elle cesse l’alcool et la drogue en même temps, c’était inconcevable.

Mercredi, on était mercredi et l’incendie avait eu lieu… C’était il y a un siècle dans l’esprit de la Samson qui cherchait à maintenir l’horreur de cette journée aussi loin d’elle que possible. Elle n’avait perdu ni biens matériels ni personnes chères, mais elle avait été au coeur de la foule quand celle-ci hurlait, criait, pleurait, et elle avait bien cru que Seeley périrait par les flammes. Ironique, non, alors même qu’elle maîtrisait le feu ? « C’était il y a quinze jours… » Quinze jours, c’était long et en même temps si court. Les gens avaient tout le temps de se rendre compte de ce qu’ils avaient perdu mais absolument pas celui de reconstruire. Quinze jours, c’était à la fois tout et rien, dans une vie. Alexis sent bien que parler de l’incendie est douloureux pour Utah qui se réfugie derrière le join et dans les effets qu’il procure pour ne pas y penser plus. Puis il lui tend la fin, qu’elle accepte, et elle réprime un sourire en le voyant attraper l’assiette. L’effet de la drogue ça encore, la faim qui vous tenaille dès que vous avez fumé. Même si c’était une faim artificielle, le résultat était le même, il mangeait, et ça lui faisait assez plaisir à Alexis, ça n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan mais ça lui faisait plaisir. La jeune femme termina rapidement ce qu’il restait du join et l’écrasa dans un cendrier qui traînait pas là, recrachant la fumée et laissant la drogue lui monter à la tête, appuyée contre ce mur. Il ne lui répond pas, ne réagit pas quand elle parle de Dallas, et elle sent bien que ça n’est pas parce qu’il est d’accord avec elle. Tout l’inverse, en fait. Mais elle n’insiste pas, à quoi bon, elle n’était pas non plus là pour lui enfoncer ce qu’elle pensait à coup de marteau dans le crane. Elle était là pour lui, juste pour lui, pour essayer de lui apporter un peu de réconfort. Et là - sûrement grâce à la drogue qui la désinhibe complètement - elle quitte le sol sur lequel elle s’était installée et se pose sur le lit du jeune homme, à côté de lui. Elle aurait envie de le prendre dans ses bras mais il est entrain de manger et elle n’a aucune envie qu’il arrête de se nourir. Alors Alexis pose juste sa tête sur son épaule, juste pour lui dire qu’elle est là, juste pour lui, en espérant qu’il ne lui en voudra pas de violer son espace vital, une distance entre lui et les autres qu’il avait peut-être instaurée. Dans le pire des cas, s’il lui en veut, elle se reposera sur le sol. Et elle lui répond, sans bouger la tête de là où elle l’a posée. « Aussi bien que possible, oui. » Il n’y avait pas grand monde de son côté, à vrai dire. Son frère était dans le coma, ça changeait pas, et ensuite ses amis. Ils allaient bien, plus ou moins, et Utah était celui qui avait subit la plus grande perte.
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Alexis ∞ Utah

15 jours. 15 putain de jours que je vis sans mon meilleur pote. 15 jours qu’il n’est plus et nous non plus. Je suis décédé il y a 15 jours mais mon corps ne le sait pas encore, pourtant c’est évident, pourquoi ne s’en rend-il pas compte ? J’ai l’impression que c’était dans une autre vie que j’étais heureux, avec Dallas, Ska & Dakota. On était bien, insouciants, pensant que la vie nous était offerte sur un plateau d’argent. Nous n’avons jamais manqué de rien ou plutôt si, un jour nous avons manqué d’amour, d’attention et d’une famille, nous étions des rejetés, mais des Grindylows nous ont trouvé, recueilli et aimé. Depuis le jour de notre adoption, nous avons été élevé comme des rois. Rien ne nous était interdit, d’une certaine façon. Tout ce que nous voulions, nous pouvions l’obtenir, mais ça ne signifie pas qu’on a été capricieux ou autre … bon peut-être un peu dans mon cas, mais j’ai toujours été un sale con, ça ne changera pas avec l’âge. On a été les rois des océans avec Ska, on a pris la route tous ensemble pour profiter de la vie, pour nous amuser, inconscients du danger qui rôdait autour de nous …. Nous étions jeunes et naïfs. Nous étions 4, aujourd’hui nous ne sommes plus que 3. 15 jours que le cauchemar a commencé et j’ai l’impression qu’il ne prendra plus jamais fin. Pourtant 15 jours c’est rien, le temps d’un battement de cils. 15 jours c’est hier ou presque. Pourtant il me manque, affreusement et j’ai l’impression que le temps n’avance pas. On dit que le temps soigne les blessures, mais j’en doute. Je suis persuadé que même dans quelques années, il me manquera toujours autant, le vide ne sera pas comblé par autre chose. « J’ai l’impression que je vis un rêve éveillé, que rien n’est vrai. Que si je sors dehors, la ville ne portera pas les stigmates de l’incendie ... » J’aimerais que ce soit le cas, qu’il me suffirait de sortir pour me rendre compte de ma bêtise. Qu’il est là, à m’attendre, patiemment. Mais j’ai peur, peur de sortir, peur d’aller en ville et de découvrir que tout est vrai, que l’incendie a bien eu lieu, que Dallas n’est plus, que son corps a bien été rapatrié en Australie et que plus jamais nous ne le reverrons.

Je mange, je n’ai pas faim à proprement parler mais il faut bien que je mange quelque chose pour tenir non ? En plus Alex me l’a réchauffé, c’est quand même le minimum. Alors j'engloutis mes pâtes, sans plus d’intérêt que ça pour ce que je mange, mais au moins je vide l’assiette, je remplie mon estomac et je fais plaisir à mon corps et à ma pote. En attendant, je vois Alexis du coin de l’oeil s’asseoir sur le lit, à mes côtés et poser sa tête sur mon épaule. C’est étrange de sentir une présence humaine. Pourtant elle se trouve dans ma chambre depuis le début, mais c’est étrange. Je sais que Dakota déambule dans la maison, je l’entends. Parfois elle passe la tête dans l'entrebâillement de la porte pour me dire que j’ai à manger dans le frigo si je veux. Mais c’est tout. Mais là aujourd’hui, Alexis a carrément pénétré dans mon antre, ce qui est déjà beaucoup à mon goût et maintenant elle se trouve à mes côtés, collé à moi. Je sais qu’elle n’a aucune envie de m’envahir dans mon espace vital, que son but n’est pas d’être invasive mais plutôt réconfortante, mais ça reste étrange. C’est comme si c’était la première fois que je me retrouvais aussi proche d’une fille, pourtant c’est stupide, j’en ai eu des copines dans ma vie. C’est aussi agréable que désagréable. Je n’arrive pas à savoir si j’ai envie qu’elle reste là ou qu’elle s’en aille. Trop de sentiments divers et variés m’envahissent, c’est vraiment étrange et déstabilisant. « Tant mieux... » Merci Utah pour cette marque d’attention. On pourrait croire que j’en ai rien à foutre de la vie d’Alex et du fait que ses proches aillent bien, mais c’est faux. Je suis juste maladroit et pas programmé pour montrer une réelle forme de soulagement pour elle. Parce qu’en vrai, je suis content qu’ils aillent bien, je n’ai aucune envie que quelqu’un d’autre vive ce que nous vivons ici. Je ne souhaite pas le malheur des autres et certainement pas celui d’Alexis. Je repousse mon assiette sur le côté et je pose ma main sur le bas de la cuisse d’Alexis, vers son genoux. N’y voyez pas là une forme d’avance, c’est juste une marque d’attention, rien de plus. Je pose ma tête sur la sienne et nous restons là quelques instants. Après le “choc du contact” si je puis dire ça ainsi, je trouve cela plutôt agréable. J’ai l’impression que ça fait une éternité que je n’ai pas eu de contact physique avec quelqu’un et ça me manque, mine de rien.
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