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Humain
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RACE : Humain pur souche, je suis purement sceptique quant à l'existence du surnaturel - renforcé par ma foi catholique qui me mène à l'église tous les dimanches
MÉTIER/ÉTUDE : Propriétaire d'un hôtel, agent d'accueil, je gère le Kihashi Hostel, l'endroit parfait pour les magouilles, rempli de violence, mais au moins, personne ne vous pose de questions sur votre présence, pas même moi...

 new me new date (kabukichô&almath)

new me new datejuste se revoirCe voyage au Japon avait eu des effets positifs sur moi. A mon retour, j’avais recommencé à écrire, surtout avec ce rappel en la personne d’Aoife qui, certes, avait tout l’air à mes yeux d’être des paroles de raconteuse de bonne aventure que de véritable médium – si encore cela existait. En somme, Almath était pour moi une sorte de bon souvenir, agréable, une bonne impression. Et j’avais eu la chance que nous échangions nos numéros.

Je ne m’en étais pas servi tout de suite, de ce numéro. Pas le temps de rentrer, puis de vivre deux trois petites choses qui avaient passablement égratigné le bénéfice de mon voyage. Dans un premier temps, tout simplement… Cette nuit commune avec Sayanel qui aurait dû n’être qu’un cauchemar mais qui s’avérait être la nuit où j’avais franchi l’impensable : éventrer quelqu’un. A partir de là, après une période de paranoïa intense où je m’étais fait tellement petit que je n’avais pratiquement pas fichu un pied hors de l’hôtel, j’avais fini par me rendre à l’évidence qu’on ne me recherchait pas. Il ne me restait plus qu’à travailler avec ma conscience, et à prier pour que Dieu ne me tienne pas rigueur, me pardonne de ce moment d’égarement que je regrettais du plus profond de mon âme.

J’en avais été à un tel point que je voulus rendre sa liberté à ma désormais ex-femme, en signant définitivement les papiers du divorce. Après pratiquement trois ans, il était temps d’arrêter les frais, même si ça me heurtait bien plus que ce que je ne voudrais l’avouer à Sayanel ou Mortimer – avec qui j’avais dignement (non, c’est faux) fêté cette décision.

A présent que tout était retombé… J’avais eu une période de tristesse intense. Vraiment. J’errais comme une âme en peine dans mes locaux, tout en cherchant un moyen de changer mes idées. Les potes, c’étaient une chose mais entre Say’ qui n’était pas tellement le type le plus rassurant du monde, surtout depuis notre expérience commune, et Morti’ qui… Est-ce que je devais réellement décrire ça ? bref.

J’avais besoin d’une Almath. Ca tombait bien, j’en avais une.

Je l’avais donc appelée, d’abord en toute amitié, pour lui proposer une sortie au restaurant, et après cet appel, je m’étais… senti étrange. Sans savoir pourquoi au début, pour ensuite me rendre compte que ça sonnait vraiment comme une invitation à manger dans le but de la draguer. Sur le coup, je m’étais senti très… Comment dire ? Nerveux.

J’avais d’ailleurs passé pas mal de temps à trouver comment m’habiller, parce qu’Il ristorante de Luca n’était pas la sandwicherie au coin de la rue, non.

Et en plus, sur le coup, je m’étais senti bête en lui proposant rendez-vous sur place directement, plutôt que d’aller la chercher. D’un côté, j’avais l’excuse d’être rouillé, puisque je n’avais personne dans ma vie depuis trois ans, et avant ça, avec ma femme, ça avait duré encore plus longtemps. Ce n’était pas pareil que d’inviter une femme pour la première fois.

J’avais donc été jusqu’au restaurant avec ma camionnette, habillé aux quatre épingles, nerveux comme un débutant, me demandant si je l’attendais dehors même si j’avais réservé, ou si j’entrais directement. Je pris le parti de la première solution, faisant le planton à côté de la porte d’entrée du restaurant italien, à attendre qu’Almath apparaisse.

Et quand je la vis, je fus presque aussi raide que le lampadaire allumé qui était à côté de moi, à la saluer d’un sourire figé : « Hey Almath ! » Sur le coup, je me demandai quoi dire. J’avais perdu la main, et ce n’était pas à pratiquement quarante pelles – puisque j’avais eu 39 ans en août dernier – que j’allais sortir les mêmes accroches qu’un jeune homme de vingt. Je me contentai alors d’un compliment, tout de même sincère : « Tu es jolie ce soir. » Enfin ça restait quand même maladroit. Peu importait. Je lui proposai mon bras pour rentrer dans le restaurant, quand même. Mon ex aimait bien ça, peut-être que ça en serait de même avec Almath ?
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Magicien
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 new me new date (kabukichô&almath)


   

   

   
Kabukichô & Almath

   
“Love looks not with the eyes, but with the mind,
And therefore is winged Cupid painted blind.”    

   Mon voyage au Japon m'a laissé un excellent souvenir. D'abord aprce que ce grimoire était merveilleux mais aussi à cause de cet interprète tombé du ciel (enfin pas littéralement, heureusement, vu que nous étions dans le même avion) au moment où j'en avais le plus besoin. Outre ses compétences et ses connaissances il faut bien avouer qu'il était sympathique, intéressant, curieux, cultivé....Bref nos conversations ont été enrichissantes et passionnantes, chose que je ne peux pas vraiment dire de toutes mes conversations, surtout au pied levé avec des inconnus.


C'est donc avec un large sourire que j'ai reconnu son nom affiché sur mon téléphone et avec un sourire plus large encore que j'ai accepté de diner avec lui. Je n'avais pensé à rien d'autre qu'une invitation amicale et innocente, je suis un peu handicapée du coté des relations humaines et des codes sociaux. C'est donc en discutant avec Karen que j'avais, finalement, compris mon erreur. Enfin... Karen m'avait mis le nez dedans avec toute la délicatesse dont elle était capable, soit...Pas tant que ça.

Nous avions décidé de boire un café ensemble, comme souvent, enfin, trop souvent pour mon emploi du temps surchargé, pas assez souvent pour nos relations, selon elle - et elle n'a peut être pas entièrement tort sur ce point, mais n'allez pas le lui répéter, sinon je n'en entendrais jamais la fin.

Et comme elle me dit souvent que je n'ai pas assez de vie sociale (comme tous mes amis, donc pas grand monde), j'avais sorti cette invitation comme une carte "sortez de prison" pour me débarrasser de ses préoccupations adorables mais parfois pesantes (encore que ça me manquerait si elle arrêtait)

   

▬ " Tu te souviens de mon voyage au Japon ?".

Question rhétorique, j'en ai parlé pendant des mois avant et une semaine entière, au moins, après coup. Même si j'avais tenté de moins parlé de l'aspect magie que de l'aspect culturel et touristique. J'ai du mal à ne pas parler magie avec elle, cela reste un sujet qui me passionne tellement et nous en avons tant parlé autrefois.

Je continue donc sans la laisser répondre.

   

▬ " L’interprète qui m'a sauvé la mise habite ici, il vient de m'inviter à diner. ".

Le visage de ma cousine s'illuminant elle demanda immédiatement

   

▬ "Génial ! Tu vas porter quoi ?  ".

Je la regarde, incrédule, la question me semblant hautement étrange. Elle me regarde, incrédule à l'idée que je n'y ai même pas pensé un quart de seconde. Nous nous regardons, incrédules, perdues devant nos différences, pendant un instant avant qu'elle n'ajoute :

 

▬ " Tu es consciente qu'un rendez-vous au restaurant c'est un rendez-vous galant ? A moins qu'il n'ait parlé d'une femme toutes les 3 secondes auquel cas, admettons, c'est peut être innocent. ".

Je réfléchis, il n'a pas mentionné de femme, non. Résultat cette soirée qui s'annonçait détente devient soudain stressante, voire terrifiante. Il faut bien réaliser que mon dernier rendez-vous galant date de.... De si longtemps que j'ai oublié comment on faisait.... Enfin pour être tout à fait honnête je n'ai jamais bien su, de toute façon.  Je regarde donc Karen avec désespoir et elle accourt à ma rescousse,évidemment, en me parlant de cette robe vert émeraude qui met en valeur mon teint et mes cheveux. Une robe habillée mais pas trop qui sans être passe partout n'est pas non plus trop difficile à porter.

Je souris, la remercie pour ses conseils et rentre chez moi terrifiée et en même temps étrangement pressée de retrouver mon interprète. Un sentiment d'attente, de crainte et d'anticipation que je n'ai plus connu depuis longtemps. Une fois habillée, maquillée, parfumée, après avoir fait les cent pas une centaine de fois parce que j'étais très en avance je finis par me diriger vers le restaurant où nous devions nous retrouver.

Il était déjà là, sous un lampadaire, bien en vue, je lui souriais donc tandis qu'il m'accueillait, ne semblant guère plus à l'aise que moi, finalement, contrairement à l'impression qu'il m'avait donnée au téléphone. Je souris à son compliment en le remerciant, non sans rougir un peu. Heureusement que Karen m'a aidée, sans ça le compliment aurait été bien moins sincère. Je prends le bras qu'il me tend, quelque peu surprise de tant de galanterie et le suit à l'intérieur.

 

▬ " Merci pour l'invitation, je ne m'y attendais pas. Tu connais bien le restaurant ? ".

Je crois bien n'y être jamais venue, il faut dire que mes sorties au restaurant sont limitées aux réunions officielles, et encore, quand je peux y échapper je le fais sans vergogne. Je cherche quoi dire d'autre. C'est étonnant comme la conversation semblait aisée au Japon, quand cette histoire de séduction ne m'avais pas effleuré l'esprit et comme maintenant je questionne chacune de mes impulsions, chacune de mes pensées. Je me sens ridicule. Finalement je reprends la conversation presque là où nous l'avions laissée au pays du soleil levant :

 

▬ " Tu as trouvé du temps pour reprendre l'écriture ? ".

Il disait que ça lui manquait et malgré mon manque, flagrant, de capacités d'empathie, j'avais bien vu à son regard que c'était un euphémisme, alors..... Autant plonger dans une conversation qui, je le sans, devrait nous emporter et nous éviter le silence gênant qui avait tenté de s'installer.

   
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 new me new date (kabukichô&almath)

new me new datejuste se revoirLorsqu’elle me remercia de l’avoir invitéé ajoutant qu’elle de s’y était pas attendue, sur le coup j’hésitai entre me rengorger et m’inquiéter que cette invitation ne lui fasse pas plaisir... Mais si elle n’avait pas voulu venir, j’avais confiance en cette femme de caractère pour refuser. J’avais donc simplement continué à avancer dans le restaurant en répondant à sa question : « Ça doit faire quelques années que je ne suis pas revenu mais j’étais un client assez régulier avant. » Ce qui était vrai, simplement je me gardait bien de préciser que c’était à l’époque où j’étais marié à une femme qui adorait la nourriture italienne. Et accessoirement il s’agissait du meilleur restaurant de la ville... Pas tellement d’autres choix qui valent le coup. Et je voulais faire les choses bien. Je n’étais pas le meilleur homme qu’il soit mais il n’en restait pas moins que j’étais capable de faire un effort.

Enfin j’étais bizarrement vraiment nerveux. Quand j’avais été avec Almath au Japon, ça avait été nettement plus fluide. Et même de manière générale je pouvais être sacrément bavard, surtout avec Sayanel. Installé à table, j’en remerciais même le serveur d’être venu déposer les menus. Je le lisais donc, réfléchissant à toute allure, quand Almath me demanda si j’avais pu recommencer à écrire. La réponse fusa assez vite : « Aah oui ! Je recommence à faire environ une heure par jour. C’est assez diffficile de se concentrer dessus quand on ne l’a pas fait depuis un bail mais... Je crois que je tiens le coup. »

Je me sentais un peu détendu pour le coup. Parler de ce projet c’était agréable. Surtout que pour le moment, je n’avais pas grand monde à qui en parler. Say, je n’étais pas certain que ça l’intéresse, je ne comptais pas donner de faux espoir à mon éditeur et... c’était tout. Mortimer n’était pas ce genre d’ami et mon ex femme devait bien se moquer de tout ça. Clairement, j’avais l’impression que Almath était la personne de la situation.

« En tout cas je bosse dessus. Et toi avec ton grimoire ? Je ne sais même pas ce que tu voulais en faire. » J'avais trouvé un peu étrange cette passion qui l’avait menée jusqu’à un pays si éloigné mais enfin, certains avaient des passions plus étranges et j’étais de ces personnes qui n’aimaient pas tellement poser des questions.
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