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Humain
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 Crève charogne!!![PV Trevor]

Crève charogne!!!
Je devais aller faire les courses pour le repas de ce soir. Maman comptait sur moi, et plus vite, je les terminais, plus vite, je serais rentrée pour prendre soin de ma puce. Je grimpe dans ma voiture vieillotte et c’est parti Simone ! Je vais au centre commercial, au moins je trouverais ce que je veux, même si un marché aurait été plus approprié.

Je file dans les rayons après avoir pris un caddie, et on dirait presque que je file à la vitesse éclair et que je m’apprête à faire une course de Mario Kart. Stressée comme je suis, je devais même me payer la tête de Wario.

Je déambule dans les allers et repère mes premiers achats. Au début, je ne fais pas attention, mais j’ai comme l’impression d’être suivie. Je hausse les épaules ne voulant pas verser dans la paranoïa. On est dans un supermarché, normal que les gens passent d’un rayon à l’autre. Sauf qu’au bout d’un moment, je repère un type du coin de l’œil.

Je ne prends pas trop attention à son apparence, en me retournant, trop concentrée dans le suivi de ma liste de courses quand mon cerveau percute… Je pousse un petit couinement et file dans le prochain rayon. Il n’a pas l’air de m’avoir repéré pour l’instant…C’est le type que j’ai fait coffrer pour atteinte à la pudeur, alors qu’un jour on se promenait au parc avec Emma. On était tombé sur lui, à poil, dans la nature. La chose la plus naturelle du monde quoi… J’ai pensé tout de suite à un détraqué sexuel, et j’avoue que l’état dans lequel il était et sa trogne ne m’avait pas permis de passer outre mon premier jugement. Le mec avait été enfermé, je ne sais pas combien de temps, il était resté en prison, mais savoir qu’il avait été relâché dans Bray…

J’avais aussi culpabilisé, et si je m’étais trompée ? En même temps, retrouver un type nu au milieu de la nature dans un coin où on peut trouver des enfants… Pas étonnant que mon cerveau ait pris un raccourci.

Je m’arrêtais quelques secondes pour faire arrêter les battements désordonnés de mon cœur, de peur que le mec viennent m’en décoller une ou décide de me suivre jusque chez moi pour se venger… Ou pire…

Quand je regarde de nouveau derrière moi, mes soupçons sont « confirmés ». Je le retrouve dans le même rayon que moi. Les apparences sont souvent trompeuses, mais ni une, ni deux, je prends le taureau par les cornes et fais demi-tour, bien décidée à le courser pour lui fiche la frousse. Une maman en colère et effrayé, ça peut faire des ravages avec un caddie. En attendant, au moins je ferais en sorte qu’il soit repéré. Il faut protéger la ville de Bray ! Je fonçais alors vers lui avec rapidité dans l’espoir de lui enfoncer mon chariot dans le bide et lui foutre la frousse, en gueulant dans le magasin comme Mel Gibson dans Braveheart !

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Métamorphestaff
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 Crève charogne!!![PV Trevor]


Crève, charogne!
Ça, c’est toi. Et oui, on ne peut pas dire que tu sois au summum de ta dignité. Fuyant un rayon de supermarché, vidant sur ton chemin en slow motion un paquet de coquillettes écrasé contre ta poitrine, empêtrant tes pieds dans tes propres jambes. T'as l’air sous le choc, ou terrorisé peut-être, en tout cas t'as l'air bête. Tu te demandes sûrement quelle terrible épreuve la vie a décidé de t’imposer cette fois, pour te mettre dans une situation pareille. T'as peut-être les flics au cul, ou à défaut un énorme molosse, en tout cas t'as l'air d'avoir des problèmes. Mais pour avoir la vraie version, il va falloir qu'on remonte légèrement en arrière, disons deux minutes, à une vache près.

Bruit de rembobinage de cassette et te voilà chez TESCO, tes petites habitudes en terme de grande surface, comme la plupart des teubés de Bray. C’est bondé de monde, comme souvent à l’heure de la débauche ; il était déjà un peu tard, 18h30 peut-être. Tu prends le paquet de pâtes, voiiiilà – tu en lis l’étiquette presque par réflexe, en y cherchant le temps de cuisson. Ce sont ces pâtes prêtes en instantané qui te laissent dubitatif, tu ne comprends pas pourquoi entre deux paquets parfaitement identiques, l’un d’eux exige quelques minutes de plus. Tu te décides et le fourres dans tes bras, t'es probablement le seul crétin ici à t’être passé de caddie, et c’est jamais que le premier produit d’un futur gros tas de bouffe. C’est souvent comme ça, avec toi : tu entres en ne voulant acheter qu’une bêtise ou deux, tu finis avec une douzaine d’articles à ne plus savoir quoi en foutre, et une chance sur deux de casser la poignée de ton sac plastique sur le chemin du retour.

Il faut dire que, quoi que tu l’assumais mal, il te venait toujours des tas d’envies de recettes quand tu te baladais au milieu de stocks de nourriture. C’est sûr qu’en taule, ta cantine te laissait pas autant de choix, et tu n’avais probablement pas mesuré à quel point ça t’avait manqué de faire toi-même cuire ton steak dans une poêle. Là, t’avais envie de pâtes dans le genre Mac & Cheese, mais en remplaçant le cheddar par du vrai fromage, et les macaroni par des pâtes qui s’y prêtaient mieux. Tu voulais le genre vraiment fondant et un peu trop gras mais tout à la fois subtil, avec une béchamel aux petits oignons – enfin, sans les oignons, mais vous avez l’idée. Alors après le rayon pâtes, y’avait eu le rayon fromage, et après celui-là, le rayon lait et le rayon farine. Des produits basiques, dont tout le monde pouvait avoir besoin, après tout c’était tout l’intérêt d’une grande surface. T’avais même pas remarqué au début le comportement des gens autour de toi – déjà parce que tu t’en battais allègrement les parties de ce qu’ils achetaient, et ensuite parce que si c’était pour te faire regarder de travers, tu aimais mieux faire comme si t’existais pas. Alors, oui, peut-être que tu avais remarqué une tignasse rousse du coin de l’œil, mais bon t’habitais en Irlande, alors c’était probablement la chose la moins surprenante que t’aies pu voir de ta vie.

Et là, c’est le drame. Pendant que tu regardais les pots de crème, plongé dans une profonde réflexion à savoir : est-ce que tu allais en utiliser, est-ce qu’il en restait dans le frigo, et si c’était le cas est-ce qu’il était pas périmé – pendant que tu regardais la crème donc, tu t’es vu chargé par un taureau sans bonjour ni politesse. Juste de l’agressivité pure et simple, et t’as juste eu le temps d’un regard pour la reconnaître. Bigre. D’accord, t’étais pas aimé de grand monde, faut dire que t’avais buté des gens dans cette ville et t’étais aussi le genre à tout casser quand il avait des sautes d’humeur, le genre qui arrive souvent. Sauf que cette fois, rien à voir, c’était plus une histoire d’exhibitionnisme. En gros, le seul truc, parmi toutes les accusations que l’on pouvait te faire, dont tu te sentais pas coupable.

T’as eu qu’une seule pensée : tes couilles. Le souvenir de la douleur, une grimace, la sensation d’être menacée (qui n’était pas qu’une sensation puisqu’on te fonçait toujours dessus) – t’as pas cherché plus loin et t’as pris la fuite, au moins le temps de quitter le rayon et te jeter sur le côté pour ne plus te trouver sur la trajectoire du chariot. Le temps de manœuvrer ce truc, considérant le fait qu’ils étaient pas remplacés depuis vingt ans et patinaient jamais dans le sens désiré, ça te laisserait l’occasion de sauver ta peau, par la fuite ou le cri du cœur. D’ailleurs t’as pas attendu : « MAIS T’ES MALADE, ARRÊTE » tu lui as gueulé en fuyant dans le rayon d’à côté. Et t’avais foutu des coquillettes partout à l’arrivée. « Putain, on traite pas les gens comme ça, dégage ! » Et t’as foutu le pied sur tes propres pâtes, en te vautrant sur le carrelage dégueu. Alors t’as fait quoi - t’as attrapé le premier paquet qui venait dans ce rayon-là, et tu l’as posé devant tes couilles pour te les protéger. Pas cette fois-ci, oh non, pas cette fois-ci. Elle avait pas intérêt à menacer ta descendance, ou t’allais devoir appeler maman.
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Humain
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Crève charogne!!!
Je vois littéralement rouge, comme un taureau, et sur le moment, je suis rentrée dans une telle rage que je ne me rends pas compte à quel point cette soudaine frénésie est totalement ridicule. Si j'avais assisté à une telle scène, entre deux personnes, il y aurait fort à parier que j'aurais trouvé la gonzesse ridicule et sa réaction totalement disproportionnée. Mais voilà, quand on a un enfant, on veut tout faire pour son bien et qu'il ne lui arrive rien et on se rend pas compte des montagnes qu'on peut soulever. Tout comme on peut faire une montagne d'un truc pour un rien.

Je continue à courser le type, avec l'envie de l'embrocher, d'être sûre que ses bijoux de famille ne pourraient pas toucher au moindre enfant de Bray. *Espèce de satyre dégueulasse va! Comment pouvait-on laisser sortir de prison une raclure pareille? Et s'il se remettait à poil devant les gens, s'il s'en prenait à un enfant sans défenses?*

En attendant, j'ai un peu de mal à faire bifurquer mon véhicule de fortune, et l'adrénaline n'y est sans doute pas pour rien. Je contrôle mal mon virage et je crois jusqu'à la dernière minute que je vais m'empaffer devant un rayon de conserves, quand je redresse la barre. Demain, j'aurais les muscles tous endoloris...

-De nous deux c'est pas moi la plus malade, beuglais-je en plein magasin, même si pour le coup les apparences affichaient le contraire et lui donnaient raison.

Je suis encore étonnée, après tout ce raffut qu'aucun agent de la sécurité ne nous soit tombé dessus.

-Et tu peux courir pour que je lâche l'affaire. Fallait y penser avant de te jouer aux pervers!

De loin, cela ressemblait presque à une scène de ménage de couple qui ne se supporte plus et qui se fout sur la gueule comme on peut en voir dans les émissions américaines. Mais ici, on est à Bray, et forcément, ça ne va pas passer pareil aux yeux des gens.

Sauf que là, je ne pensais pas à ma réputation. Je glissais également sur le paquet de pattes et force est pour moi de lâcher le caddie qui s'éclate comme une boule de bowling dans une tour de paquets de céréales. Moi, je tombe, et m'affale de tout mon long, sur le fameux type en question, ce qui a le don de me calmer instantanément. Un air profond de dégoût me monte à la gorge, alors que je me rends compte qu'un simple sachet de pattes et la main posée dessus nous sépare tous les deux. Heureusement d'ailleurs parce que j'avais pile les lèvres au niveau de son entrejambe. J'en rougis également et me dépêche de me relever pour qu'on ne s'imagine pas un truc à ce sujet.

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Crève, charogne!
La furie n’a franchement pas l’air de vouloir lâcher prise. Elle t’en veut férocement, et même si quelque part tu en connais et comprends vaguement la raison, tu peux juste pas t’empêcher de te sentir la pauvre victime d’un complot mondial pour te foutre dans la merde. T’essaies de prendre la fuite, tu te vautres, tu t’éclates les coudes ; elle, elle gueule, personne comprend, c’est le bordel. Elle te traite de malade, en attendant c’est elle qui beugle comme une hystérique, alors que toi tu t’achetais juste des coquillettes. Et force est d’admettre que c’est difficile de passer pour un meurtrier pyromane et exhibitionniste quand on a dans les bras un paquet de coquillettes. Et tu peux courir pour que je lâche l’affaire te lance-t-elle avant de te traiter de pervers. Toi, pervers. L’énorme nounours qui regarde ailleurs tout gêné quand une meuf se dessape, et qui dort sur le canapé quand elle te propose de passer la nuit avec. T’es pas un pervers, t’es qu’un couillon, mais tu sais que quoi que tu lui dises, cette nana te croira pas. Qu’est-ce qu’il faut que tu fasses, que tu chiales et que tu la supplies de te laisser tranquille ? Si t’avais pas ta fierté masculine en jeu, tu te serais presque laissé tenter…

Mais bon, visiblement, le ciel avait pas encore fini de te casser les couilles – sauf qu’il en a profité pour lui casser les siennes du même coup, admettant qu’elle en ait. Elle s’est vautrée à son tour, juste après toi, te laissant juste le temps de protéger tes parties. Et elle te tombe dessus, toi tu te demandes si tu dois faire ta crise cardiaque avant ou après avoir appelé les urgences. Parce qu’elle avait sa tête entre tes cuisses et vraisemblablement l’envie de vomir par-dessus. T’es putain de crispé, et tout ce que tu trouves à dire en faisant glisser ton cul en arrière, c’est marmonner un petit « pitié me mords pas » tout juste ridicule. Elle s’est relevée en quatrième vitesse, toi t’es resté par terre en cherchant dans son comportement un signe, savoir si tu devais te tirer vite fait parce qu’elle comptait te massacrer ou si t’avais plus de chance de survivre si tu restais assis là sans geste brusque.

Et puis t’as vu sa mine décomposée et honteuse, et t’as eu un rire forcé bien fort avant de lui lancer, moqueur, et tout aussi fort. « Ha, ha, ha ! Alors ça fait quoi de passer pour un pervers, hein ? » Et puis t’as fermé les jambes, pour te protéger surtout d’un éventuel coup de talon dans les valseuses, et tu lui as jeté le paquet de pâtes dessus. « Allez ouste, ou tu vas avoir affaire à mon côté gros malade ! » Un moment de courage, rare mais remarquable, jusqu’à ce que tu te fasses gentiment relever de force par l’agent de sécurité qui avait forcément fini par remarquer le raffut. Et vous balance de nettoyer. Ouais, vous. Tous les deux, là. En coopération. A ramasser toutes les putains de coquillettes que vous aviez foutu par terre dans tout ce bordel. J’crois que c’est le moment où t’as regretté de pas plutôt te faire réexpédier au commissariat, voire même, vu ton stade de détresse, directement en prison.
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Je comptais pas le mordre, je ne voulais pas risquer de me chopper une maladie infectieuse, avec un pervers pareil, on sait jamais. De toute façon, maintenant, le souci est réglé. Je me suis redressée comme marquée au fer rouge, honteuse, afin de ne pas prolonger ce contact compromettant.

Je rougis de colère, quand il me provoque, alors que je venais tout juste d’être calmée par la situation. Il cherchait quoi en faisant ça, ma parole ? Je vais pour lui asséner un gros coup dans les parties quand il semble anticiper mon geste, par habitude, ou parce qu’il avait cerné la bête ? Peu importe, je vais pour lui cracher une volée de mots pour lui dire le fond de ma pensée mais recevoir le paquet de pâte a momentanément détourné mon attention des paroles que je comptais prononcer. Là, trop, c’était trop. J’étais prête à me jeter sur le sol pour lui marteler le visage de coup de poing, perdant tout sens des réalités et mon total self-control quand je sens un bras ceinturer ma taille et me ramener en arrière. Un client bien attentionné qui ne sait pas qu’il venait de se saisir d’une chatte enragée. Je me débats mais l’injection formelle de l’agent de sécurité me fait arrêter de beugler des noms d’oiseaux dans tout le magasin.

Si je veux ne pas rentrer trop tard, j’ai plutôt intérêt à m’y mettre, et c’est en voyant notre carnage, que je comprends à quel point j’ai déconné et la situation avait dégénérée. Je ne sais pas comment on allait ranger tout ce bordel sans s’étriper, mais c’était ça ou la prison, alors mon choix était vite fait. Autant dire que je ne l’avais pas. L’agent nous demande de le suivre et jusqu’au local où se trouvait les balais, je fais la tronche en lançant des regards noirs, entre deux pas, à Trevor. Bras croisés sur la poitrine, en une attitude renfermée, j’avance à pas décidés, trop obnubilée par mon acolyte de ménage pour remarquer que l’agent venait de s’arrêter.

Je le percute sans le vouloir dans le dos et en est le souffle coupé. J’ai à peine le temps de balbutier des excuses qu’il me fourre le balai à même les bras. Il en tend un autre à Trevor et nous file une seule pelle pour ramasser, en nous faisant un large sourire, presque sadique. Il paraît qu’il n’en reste plus qu’une mais je ne proteste pas sinon on allait y passer quatre heures. Ni une, ni deux, je prends la pelle et passe ma langue sous mes dents du haut comme pour le narguer, puis chuchote :

-Cela doit faire mal, quand on la prend dans la tête…

Le vigile me prend en flagrant délit :

-Et pas de coup à quiconque, où j’appelle la police… Que ce soit l’un ou l’autre.

Je grommelle et me tire rapidement vers le lieu de carnage, alors que l’agent me rappelle une nouvelle fois à l’ordre :

-J’ai dit en coopérant…

J’attends alors Trevor et lui souris de toutes mes dents :

-Tu veux bien demander un sac poubelle à monsieur l’agent, s’il te plait… Chéri !

Je lui fais les yeux doux, et me balance d’un côté et de l’autre, comme gênée. Je ne me reconnaissais pas moi-même, une vraie peste. Ne pas pouvoir dire ce que je pensais me rend parfois un peu comme ça :

-Je vais commencer à balayer de ce côté-là, tu prends l’autre ? Chéri… ?

Je lui fais des petits battements de cils en accentuant grossièrement le mot chéri, presque avec sarcasme, ou possiblement pour le provoquer.

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