elle se hisse vers le ciel (lana).

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Lana & Isis
“Une femme en soutien-gorge elle se hisse vers le ciel. Quand elle enlève son soutien-gorge elle retombe sur le sol comme un oiseau blessé.”
A
llongée sur son lit, Isis a les yeux clos, les jambes croisées et, sur ses oreilles, le casque de Gaïa. En général, elle évite d'utiliser cet outil ; il la coupe du monde, l'enferme dans sa bulle, là où rien ni personne ne peut plus l'atteindre. Parfois, quand elle écoute ainsi de la musique, si fort, si seule, elle a l'impression de ne plus exister, l'espace d'une courte seconde. Elle se perd dans les vibrations des basses, dans les harmoniques des voix, dans la chaleur suave que ça crée dans le bas de son ventre. Elle a l'impression de n'être plus qu'énergie, une énergie qui vibre au rythme de la mélodie. Elle ne réalise même pas que son corps se tord, s'emmêle dans les draps alors que son bassin remue, bat la mesure. Elle ne réalise même pas que ses bras se suspendent dans les airs et dessinent des arabesques aussi tendres que la voie de la chanteuse.
BIP. BIP. BIP.
   
L
e gémissement mécanique de son réveil lui parvient malgré l'étanchéité du casque de sa sœur, et Isis se redresse légèrement sur ses coudes. Elle cherche le téléphone d'une main et appuie sèchement sur le bouton central. Avec des gestes lents, elle soulève le casque et éteint le MP3, déposant le tout avec précaution sur la table de chevet. Puis elle récupère sa canne blanche et se redresse, un soupir lui échappant. Retour dans le monde réel, retour dans l'instant, retour dans la chair. Elle prend le temps de se souvenir pourquoi elle a mis l'alarme, ce qui l'attend pour le reste de la journée, où en est-on dans cette journée. Ses doigts agiles parcourent le lit et s'arrêtent quand ses pensées parviennent enfin à s'actualiser. Elle attend quelqu'un. Elle se sent rougir – ses joues chauffent – et se racle la gorge pour évacuer le léger malaise qui vient de l'envahir. D'une voix peu assurée, elle appelle : « Gaïa ? Freyja ? » Une certaine hésitation marque le deuxième prénom, car c'est la première fois qu'Isis entreprend de faire du shopping sans sa sœur. Et elle ne lui a rien dit. Un certain soulagement coupable l'étreint.
   
M
ais elle en a assez de montrer ses sous-vêtements à sa sœur. Assez de lui mentir par omission quand elle ne dit pas pour qui elle veut se faire jolie. Assez de ne pas avoir d'intimité. Assez de se sentir honteuse de qui elle est. Alors, quand elle a lu sur un quelconque site d'annonces sur Internet qu'une vendeuse de prêt-à-porter se déplaçait à domicile, elle s'est dit que c'était l'occasion. Elle aurait quelqu'un pour lui dire ce qui lui va et ce qui ne lui va pas, un regard qui ne soit pas celui de sa sœur. Et une inconnue à qui elle pourrait évoquer ses... penchants, sans avoir peur de sa réaction. Isis sauta donc sous la douche pour être parfaitement présentable à l'arrivée d'Armyanskova, ses doigts sensibles parcourant sa peau pour vérifier son épilation parfaite. Une fois séchée et sortie de la salle de bain, Isis se dirigea avec la vitesse de l'habitude dans sa chambre. Le passage de l'atmosphère chaude et moite de la salle d'eau à l'air froid et sec du reste de l'appartement lui donna le tournis et elle se mit à avoir le hoquet. « Mince, je... Hips, je peux pas l'accueillir comme, hips, comme ça, » grommella-t-elle en trébuchant sur un objet non identifié qui trainait par terre. Malgré sa trajectoire déviée par son corps amolli et cet obstacle inattendu, Isis trouva la porte de son armoire et fouilla dans les tenues et leurs marqueurs. Elle opta pour un ensemble de sous-vêtements très simples, noirs, en coton, sans motif, et enfila seulement un peignoir en se disant qu'il était inutile qu'elle se vêtisse pour se dévêtir ensuite. Ouh, elle avait vraiment la tête qui tournait.
   
E
t elle avait oublié sa canne dans la salle de bain. La sonnette de l'appartement résonna et Isis lacha un chapelet d'injures, ponctués de « Hips ». « J'ARRIVE ! » cria-t-elle en se dirigeant à tâtons vers la porte. Elle y parvint avec difficulté, ne marchant pas très droit. Même si elle connaissait l'endroit, elle avait l'habitude de le parcourir avec l'aide de sa canne blanche. Elle ouvrit à la vendeuse et lui sourit : « Entrez. Je suis désolée, il faut que je récupère, hips, que je récupère ma canne. Installez vous, j'arrive. » Elle montra approximativement du doigt l'espace où se trouvait le canapée et disparut à nouveau de la vue de son invitée. Fébrile, peu habituée à se retrouver dans une telle posture, à montrer tant de faiblesses, Isis mit quelques minutes à récupérer sa canne blanche parmi les serviettes de bain de sa fratrie. Tout de suite plus assurée, elle réapparut dans la pièce principale, ne marchant malgré tout pas très droit à cause du mal de crâne qui continuait à lui tambouriner les tempes. Il n'y avait qu'à espérer qu'une vision ne se manifeste pas, en plus de tout cela. Elle était fort embarassée. « Je suis désolée, hips, » répéta-t-elle avant de s'installer à son tour sur le canapé. « Vous... Je... » Elle ne savait s'il était de bon goût de proposer quelque chose à boire, de se présenter alors qu'elle l'avait déjà fait au téléphone, de se justifier... Elle était perdue. Elle détestait être perdue. Elle détestait perdre le contrôle. « Hips. »
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Lana & Isis
“Une femme en soutien-gorge elle se hisse vers le ciel. Quand elle enlève son soutien-gorge elle retombe sur le sol comme un oiseau blessé.”
L
es affaires marchaient plutôt bien, mon boss était plutôt content. Oh je ne me faisais pas des cents et des milles, mais suffisamment pour avoir une paie décente à la fin du mois, ce qui n'est pas toujours le cas dans ce genre de travail. Je commence à envisager la reconversion, me créer ma propre entreprise, peut-être de cupcackes ou un truc dans le genre. Je ne sais pas trop, j'ai envie d'avancer un peu, de changer. Je n'ai rien contre ce que je fais, je veux dire j'apporter du bonheur à d'autres femmes, je les rassure quant à leur beauté et leur féminité et je tente de pimenter un peu leur vie en leur offrant des sous-vêtements esthétiques et surtout qui lui vont. Je ne vends pas un article qui ne va pas à une de mes clientes, sauf si vraiment elle insiste. Je ne suis pas une arnaqueuse, si je vends un produit, c'est que je trouve qu'il correspond à la personne que j'ai en face de moi. Alors parfois je loupe des ventes, c'est vrai et mon patron me déteste pour ça, mais pour être honnête, s'il n'est pas content, qu'il prenne ma place. J'ai toujours été honnête avec lui, je suis prête à vendre n'importe quoi, tant qu'on me laisse la possibilité de refuser des ventes si j'estime que c'est légitime. De toute façon ces ventes c'est mon gagne pain, si je n'en fais pas, c'est pour ma poire autant que pour la sienne. Je pense qu'il ne m'a pas engagé parce que j'étais compétente – je ne le suis pas – mais parce que j'avais une bonne gueule, un bon feeling avec les gens et qu'ils achèteraient plus facilement avec moi qu'avec une autre personne, peut-être moins scrupuleuse. Je ne suis pas timide, toujours souriante, ouverte d'esprit, très sympathique, toujours rassurante, pleine de vie, je suis parfaite pour la vente, en tout cas à destination d'une clientèle qui recherche ce genre de profil.
   
J
'ai été contacté récemment par une jeune femme, Isis Fitzwilliam, qui souhaite acquérir de nouveaux sous-vêtements. Je ne la connais pas mais je suis plutôt heureuse qu'elle est entendue parler de moi, ça sera une occasion pour moi de changer de ma clientèle habituelle qui achète finalement mes services pour passer un bon moment, entendre des compliments et trouver la perle rare pour pimenter leur vie sexuelle. Il ne faut pas se leurrer, c'est certes pour se faire plaisir qu'elles font ce genre de dépense, mais pas seulement, c'est aussi pour leur mari, conjoint ou conjointe ou amant. Moi je ne juge pas, chacun ses choix. Cette Isis avait l'air tout à fait charmante, j'espère que ma première impression est la bonne. Je n'ai rencontré que très rarement des problèmes à mon travail. Souvent c'était des jeunes femmes qui avaient une idée en tête et qui ne souhaitaient pas entendre mon avis sur la question, même si ça ne leur allaient pas, il fallait mentir pour prétendre le contraire et il en est hors de question pour moi. Une fois je suis tombée sur une psychopathe qui n'avait pas dû prendre ses médicaments depuis un moment, genre obsessionnelle compulsive qui avait choisi de lancer son dévolu sur moi. J'ai pas mal flipper, je dois bien l'avouer mais je pense avoir pas trop mal géré la situation. Cette pauvre femme est à l'hôpital, j'en suis désolée pour elle mais c'était le seul moyen. J'espère que cette Isis est une jeune personne normale et agréable, histoire qu'on puisse passer un moment agréable ensemble.
   
J
e trouve assez facilement où elle habite. En même temps elle habite au dessus d'un bar, si j'arrive à louper le bar c'est que vraiment je le fais exprès. Je sonne à la porte et j'entends une voix au loin qui me cri quelque chose, certainement un j'arrive précipité. Quand la porte s'ouvre, je tombe sur une jeune superbe asiatique et j'avoue que je ne m'y attendais absolument pas. Le comble de l'histoire c'est que je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit qu'elle m'invita à entrer et m'indiqua le salon. Elle devait aller chercher sa canne. Surprise, je rejoignis le salon, me demandant pourquoi une canne. Pour être honnête je n'avais pas fais attention à ses yeux et ce n'est qu'une fois de retour dans le salon que je compris cette histoire de canne. Elle n'avait pas l'air d'aller bien, elle avait le hoquet, ce qui pouvait arriver, mais j'avais l'impression qu'il y avait autre chose. « Vous allez bien ? Vous avez l'air un peu … pâle ... » En cet instant je me sentais un peu stupide. Qu'est-ce que je fais si elle s'effondre ? Je n'ai encore jamais eu à faire à une personne aveugle, ce sera une première pour moi. Et pour être honnête, je n'ai jamais eu l'occasion de faire affaire avec une asiatique non plus. Ce que j'aime dans mon travail c'est quand j'ai affaire à de belles femmes dans son genre. Il ne faut pas se mentir, ça rentrait en ligne de compte quand j'ai choisi ce travail et il ne faut pas se leurrer, il n'y a pas que les hommes qui matent les femmes. Même si pour être honnête, je n'appelerais pas ça mater mais plutôt admirer. Parce que oui, je suis admirative du corps féminin. Je ne suis pas lesbienne, j'aime les hommes, mais je ne suis pas non plus insensible à la beauté d'une femme. Bref, je joue sur les deux tableaux. « Vous voulez que je vous apporte quelque chose à boire ? »
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Ton vava est à tomber
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Lana & Isis
“Une femme en soutien-gorge elle se hisse vers le ciel. Quand elle enlève son soutien-gorge elle retombe sur le sol comme un oiseau blessé.”
L
a tête qui tourne, l'air qui se coince dans la gorge, les tempes qui cognent, le cœur qui martèle, le souffle court. Isis cligne des yeux, appuie sur ses paupières comme si cela pouvait faire partir la douleur. « Vous allez bien ? » La jeune femme rouvre ses yeux dépourvus de vision, ses yeux d'un noir profond dans lesquels on peut aisément se perdre, ses yeux expressifs malgré tout, ses yeux qu'elle refuse de cacher. Elle tente un sourire mal-aisé à l'attention de son interlocutrice invisible. Sa voix est douce, chantante, agréable. Elle a envie de l'approcher, de la toucher, d'apprendre à la connaître. « Vous avez l'air un peu... pâle... » Son sourire se déforme en une grimace. Son invité ne réalise probablement pas ce que ces quelques mots anodins provoquent chez elle. Elle tente d'être gentille mais ce faisant, elle met le doigt dessus : FAIBLESSE. Isis est faible et dépendante des autres, un fardeau pour son entourage. Il n'existe pas d'endroit où elle ne gêne personne. Elle est incapable de faire quoi que ce soit de façon autonome, d'exister seule. « Vous voulez que je vous apporte quelque chose à boire ? » Encore une fois, comme d'habitude, elle recquiert les soins, l'attention, le temps d'autrui. Isis se redresse sur son siège pour chasser la tension, resserrant son peignoir autour de son corps fin, comme si elle cherchait à cacher son désarroi. Elle inspire, déglutit, joue absentément avec sa canne, avant de lever le menton dans la direction approximative son interlocutrice. « Merci, ça va aller, c'est gentil de... » Elle serre les lèvres sous le nouvel assaut de douleur. « D'avoir proposer. » Elle respire doucement. Un frisson la secoue de part en part et elle s'accroche au tissus fin qui recouvre sa peau. Enfin, son corps reprend la température de l'air ambiant et le tournis, le mal de crâne, la confusion s'étiolent jusqu'à disparaître.
   
U
n sourire plus serein s'installe sur les lèvres d'Isis après quelques secondes de silence – non interrompu par un hoquet quelconque. L'angoisse redescent à mesure qu'elle reprend le contrôle de son corps. « Je suis désolée, » répète-t-elle. « J'ai pris une douche trop chaude, changement de température brusque, » elle fait un geste vague de la main gauche, désigne l'air ambiant, « un violent mal de crâne m'a attaquée. » Elle ponctue cette brève explication par un rire teinté de gêne, avant de se lever de son siège pour s'approcher de son mieux de la jeune femme. Elle s'arrête quand sa canne tapote doucement ce qu'elle suppose être la cheville de son invitée, une excuse murmurée lui échappant à cette occasion. Elle tend la main à Lana Armyanskova pour la saluer plus officiellement. « J'en oublie mes bonnes manières. Isis, Isis Fitzwilliam. Je suis enchantée de faire votre connaissance et... je dois l'avouer, assez excitée à l'idée de faire affaire avec vous. » Un sourire plus naturel prend place sur ses lippes et l'asiatique se sent reprendre ses aises, petit à petit. L'environnement familier l'aide, bien sur, mais c'est aussi et surtout sa volonté de fer, celle qui la pousse à chaque échec à se relever à et réessayer. « Je... Je peux vous proposer quelque chose à boire ou à grignoter ? » Un petit rire lui échappe à nouveau, lié à l'ironie d'une telle proposition juste après que Lana en ait fait une similaire pour l'aider à reprendre ses esprits. Mais bon, elle tient à faire une bonne impression pour effacer ce mauvais départ. Après tout, si elle est contente de cette première rencontre, elle aimerait continuer dans le futur à acheter des produits à la vendeuse de prêt-à-porter, puisqu'elle a besoin, de toute façon, d'un œil honnête sur ses achats et que les vendeurs en boutique n'ont pas que ça à faire. Il faudrait donc idéalement que le feeling passent entre elles, que leurs échanges soient naturels et baignés de simplicité complice.
   
I
sis s'éloigne pour aller chercher des boissons. Elle aussi a soif, au final, et peut-être que la présence d'un verre entre ses doigts l'aidera à garder contenance si jamais elle perd à nouveau le contrôle de la situation. De la cuisine, sa voix s'échappe et parcourt les airs jusqu'à parvenir au salon : « Euh, du coup, comment ça se passe ? » Elle revient avec un petit plateau, deux verres, une caraffe d'eau et la boisson qu'a choisit la jeune femme. « J'avoue que c'est la première fois que je fais... quelque chose comme cela. D'habitude c'est ma sœur qui m'aide. » Après avoir déposé le plateau sur la petite table qui les sépare, elle désigne d'un doigt ses yeux comme pour expliquer de quel type d'aide elle parle. Elle espère que la vendeuse n'aura pas de mauvaise réaction par rapport à sa cécité. Très fière, Isis peut réagir assez violemment à quiconque se permet des remarques qu'elle juge déplacée. Qu'on la prenne en pitié ou qu'on la moque, en général, la jeune femme trouve quelque chose à redire si on fait quoi que ce soit d'autre que la traiter normalement.

Désolée, je trouve ça nul, j'ai eu du mal
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Lana & Isis
“Une femme en soutien-gorge elle se hisse vers le ciel. Quand elle enlève son soutien-gorge elle retombe sur le sol comme un oiseau blessé.”
J
e me sens hyper mal et j'ai vraiment cette sensation de ne servir à rien. Elle est là, mal en point, à lutter contre une douleur et moi je me sens totalement désarmée. Je ne suis pas chez moi alors j'ignore ce qui pourrais l'aider à atténuer la douleur qui l'envahie. A-t-elle un traitement particulier pour ce genre de cas ? Et qu'a-t-elle au juste ? Je suis là, les bras ballants, à ne pas savoir quoi faire ou quoi dire. Je lui demande si ça va alors qu’évidemment, ça se voit comme le nez au milieu de la figure que ça ne va pas et vu que je ne sais pas trop comment réagi face à cette situation, je tente de me rendre utile mais ça ne sert à rien. Elle ne dit rien, trop concentrée sur ce qui lui arrive pour avoir envie de me parler. Je ne peux que le comprendre, moi aussi je n’aurais pas envie de me répondre. Ce genre d’expérience vous refroidie, c’est moi qui vous le dis, pourtant je reste là, je ne veux pas m’en aller et la laisser dans la panade, sauf que je ne sais pas quoi faire. N’y-a-t-il personne ici pour m’aider ? Un membre de la famille qui serait quoi faire ou quoi dire ? Je n’ose ni la toucher, ni trop m’approcher, de peur de faire une connerie. Et puis elle finit par se détendre un peu, elle me dit qu’elle va mieux et je me sens un peu soulagée. Mais entre le moment où elle prétend aller mieux et le moment où définitivement ça se voit, il se passe encore quelques minute. Et moi je suis là, à la fixer, prête à sauter sur le téléphone pour appeler les urgences, prête à la réceptionner si elle tombe ou autre. Elle ressert son peignoir et moi je reste là, en suspens, presque sans respirer, de peur de faire ou dire quelque chose qui pourrait aggraver les choses. « Vous êtes sûre ? Je peux appeler quelqu’un si vous voulez ? Vous pouvez aller vous étendre si vous le souhaitez, je pourrais repasser un autre jour. » ou jamais si elle le souhaite. Je trouverais ça dommage d’être venue pour rien mais après tout si elle se sent mal, je ne vais pas la forcer à essayer des sous-vêtements. Mais les choses ont l’air d’être revenues à la normal alors je me détends un peu.
I
sis reprend le contrôle de son corps. Elle s’excuse pour cet incident et explique qu’elle avait pris une douche trop chaude. Changement de température radicale ? Oui peut-être, j’avoue que je n’y connais pas grand chose mais si elle le dit, je serais prête à la croire sur parole. Je suis soulagée qu’elle aille mieux, j’avoue que j’ai vraiment eu peur. « Ce n’est pas grave, j’ai surtout eu peur pour vous … mais si ça va mieux, je suis rassurée. » Ce qui était vrai. Je m’en fous qu’on s’en arrête là, qu’elle est envie de se reposer ou autre, tout ce qui m’importe c’est qu’elle aille mieux et qu’elle n’a pas besoin d’aide. Bien évidemment je suis à 10.000 lieues de me rendre compte qu’en étant aveugle, elle se sent plus vulnérable et que l’idée d’apparaitre comme faible ou plus faible qu’une personne normale puisse la contrarier. Mais pour moi ce n’est pas le cas, un mal de crâne comme elle a pu en avoir un peu arriver à tout le monde et j’aurais proposé mon aide à n’importe qui. Je la trouve au contraire très forte, elle vit dans le noir constamment mais ça ne l’empêche pas de vivre et de tenter d’avoir une vie normale. Elle finit par se lever et par s’approcher de moi. Sa canne heurte légèrement ma cheville, elle s’excuse tout de suite mais mon rire met fin à tout ça. Il faut bien qu’elle arrive à me localiser, ce n’est donc absolument pas grave et puis elle ne m’a pas fais mal. Elle tend sa main et je la lui sers. Elle se présente et à l’air heureuse de pouvoir faire affaire avec moi, ce qui me rend plutôt heureuse et confiante. Je souris, je ne me rends pas compte qu’elle ne peut pas le voir, j’oublie un peu trop rapidement qu’elle est aveugle. « Lana Armyanskova … mais vous pouvez m’appeler Lana … et d’ailleurs si ça ne vous dérange pas, on pourrait se tutoyer. Vous n’êtes pas obligée d’accepter, bien entendu, mais c’est tout de même plus sympathique et chaleureux de se tutoyer.» Je n’aime pas le vouvoiement, ce n’est pas dans mes habitudes. Certaines de mes clientes n’aiment pas que je les tutoies mais c’est vraiment dur pour moi de les vouvoyer. Elles finissent par se faire une raison. Je n’aime pas la barrière que ça met entre les gens, j’aime dire ce que je pense, j’aime parler à une amie et non pas à une vulgaire cliente sans importance. A ma façon je tente de créer un climat de confiance. Ce n’est pas toujours facile mais je fais de mon mieux.
E
lle me propose de prendre une collation et j’avoue qu’un jus d’orange ou un jus quelconque, frais, me ferais vraiment plaisir. « Si tu as un jus d’orange, je veux bien … ou n’importe quoi de frais en fait. » dis-je en riant. Je ne lui propose pas mon aide, non pas que je suis impoli mais parce qu’encore une fois, j’ai totalement oublié qu’elle était aveugle. C’est tout moi ça, je la vois comme n’importe qu’elle jeune femme que j’ai rencontré jusqu’à présent. Quand elle revient dans le salon, elle est armée d’un plateau, deux verres, une carafe d’eau et du jus d’orange. C’est en voyant la canne que je me souviens que je suis un boulet, mais en même temps elle s’en sort tellement bien que je me vois mal l’interrompre pour l’aider. Je me dis qu’elle doit avoir l’habitude de faire ça et qu’elle doit s’estimer assez grande pour pouvoir le faire seule. Je sais que moi j’aimerais pouvoir le faire toute seule, du coup je la laisse faire et me contente de répondre à sa question. « Merci. » tout d’abord pour le jus d’orange « Alors c’est assez simple. On va d’abord discuter un peu de ce que tu recherches, parler de tes goûts, de tes envies, afin que je cerne tes recherches et que je puisse te proposer ce qui pourrait correspondre à ce que tu souhaites. Ensuite je vais te proposer une sélection de sous-vêtements que tu auras choisis et peut-être si je trouve d’autres styles qui pourraient te convenir, je t’en proposerais d’autres. Tu les essaies et on voit ensemble si tu te sens bien dedans, si tu aimes. Je te donnerais mon avis, mais bien évidemment ce n’est que mon avis, ton choix t’appartient. » Il est vrai que je peux comprendre qu’en général elle fait ça avec sa soeur et je suis d’ailleurs étonnée de ne pas la voir avec nous. « Elle ne pouvait pas venir ou tu préférais qu’elle ne soit pas là ? » J’avoue que je suis assez cash dans ma question mais c’est pour mieux comprendre sa personnalité. Après tout si elle le fait toujours avec sa soeur, il est normal que je m’interroge sur son absence. Si elle a du boulot, je peux comprendre qu’elle n’est pas pu être avec nous aujourd’hui et je pourrais toujours la prendre en photo pour qu’Isis puisse lui montrer les modèles qui lui plaisent, c’est toujours possible que je revienne plus tard avec ceux qu’elle aura finalement choisi avec sa soeur. Et si elle n’est pas là volontairement, savoir pourquoi. Est-ce parce qu’elle ne voulait pas venir ou est-ce parce qu’Isis avait envie de faire ça toute seule ?
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