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 I'm taking my time on my ride ► (Briséis&Ksenia)

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I'm taking my time on my ride
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Juliet&Castiel
 
  Tu sais pas trop pourquoi t'es rentrée dans ce bar. Enfin si tu le sais. T'es obligée, parce que Stanislas a décrété que c'était une bonne idée pour appâter du client, d'aller directement dans les endroits qui sont susceptibles d'être un nid à hommes en chien qui n'attendent qu'une chose, te sauter dessus. Et toi tu peux la jouer subtile, faire comprendre que tu fais pas ça gratuitement, et si tu te démerdes bien tu peux même revenir plusieurs fois. Une journée productive, il appelle ça. Toi ça te fait un peu chier, y a pas à dire. Bon okay, t'aimes boire et t'aimes les bars, et si t'as l'habitude de lier plaisir et boulot, pas le choix, tu vas pas te mentir, tu peux pas accoster qui tu veux, tu peux pas parler à qui tu veux, et tu dois garder en tête ce que tu dois faire. Parce que sinon y en a un qui gueule, et s'il a jamais levé la main sur toi, t'aimes pas vraiment entendre des cris, t'es plutôt du genre à avoir une ouïe fragile. Puis t'es sa préférée, ce serait bien que ça continue comme ça. Il en a souvent des idées brillantes comme celle-ci, en plus, ce mec-là. Des fois tu rêves de pouvoir le secouer en lui disant que ça te dirait bien de pouvoir picoler tranquille sans avoir à te soucier de qui tu vas vider le porte feuilles. Mais bon, tu râles un peu mais tu le fais, ça t'occupe. Etre inactive, t'aimes pas ça. Stanislas il loue des chambres d'hôtel, le moins côté de Bray, celui qui attire personne, même après l'incendie, et qui se trouve juste à côté du bar. Toi ça te va, t'as pas toute la ville à traverser, ça te plaît bien. Tu reviens dans le bar pour la deuxième fois, là. T'es un peu plus tranquille, tu te commandes à boire sans vraiment regarder autour de toi. Il est pas trop tard non plus, tu te dis que t'as le temps, et si t'arrêtes là c'est pas grave non plus, il te pardonne plus de choses qu'aux autres, c'est un fait. Tu sais que les autres filles prévoiraient bien de t'assassiner dans ton sommeil pour ça mais toi ça te fait rire, tu comprends même pas pourquoi elles en sont jalouses, ça t'apporte plus d'emmerdes qu'autre chose. Enfin tu te plains pas tant que ça au final, y en a qui sont vraiment plus mal que toi, puis comme boulot t'as connu pire. Chez tes clients, t'as cette faculté d'inspirer la gentillesse, ils te voient comme celle qui leur inspire du désir mais aussi l'envie de te choyer, c'est assez étrange, mais t'en profites. Y a parfois des clients qui ne te respectent pas, parce qu'apparemment t'es qu'une « pute » mais ceux-là, tu les oublies immédiatement.

Tu t'assois au bar, tranquillement, et t'attends que la serveuse revienne. Elle est toute seule dans le bar, apparemment son patron a décidé qu'il n'y avait pas assez de monde pour lui donner du renfort. Et là, elle est en salle, à servir les clients. T'aurais pas aimé être serveuse. C'est pas ton truc. Mais toi t'as pas eu vraiment le choix, ou un choix pourri jusqu'à la moelle alors … Rester avec le mec qui te battait jusqu'à ce que tu te relèves pas et que les seules fleurs que tu recevrais ensuite seraient celles sur ta tombe, ou alors partir avec Stanislas, et bosser pour lui. Parce qu'il t'a trouvé belle, envoûtante, et que t'étais pile celle qu'il recherchait. Une fée, comme toutes les autres. Alors t'as pas réfléchi longtemps, grâce à Milena t'as pu récupérer ton chat et la prendre avec toi. Et puis Bray, c'est pas si mal, faut pas se mentir. T'as jamais rien connu d'autre que l'Ukraine, alors tous les jours tu découvres un peu plus. T'aurais aimé voyager plus que ça, c'est un fait. Mais tu t'y feras, t'auras peut-être le temps plus tard, t'as que vingt six ans, t'as toute la vie devant toi. La serveuse revient, et t'en profites pour prendre la parole. «  Bonjour ! Je pourrais avoir … Trois shots de vodka, s'il vous plaît ? » T'es toujours très polie, parce que les gens le sont pas souvent avec toi et que ça te fait jamais plaisir. Ta mère te disait toujours de jamais faire aux autres ce que tu voudrais pas qu'on te fasse. Alors tu suis ses conseils.

Celle qui est maintenant derrière le bar semble très réservée. Tu sais pas pourquoi, mais elle a un peu l'air de jurer dans le décor, et vu le style de bar, c'est bien plus un compliment qu'autre chose. Toi, avec tes cheveux roses et tes habits un peu osés pour attirer, tu vas bien avec toute la bande d'alcooliques qui dort sur la table derrière mais elle … Tu l'aurais mieux vu à l'Ambrosia, ou même dans une bibliothèque. Mais t'en sais rien, en fait, tu connais pas vraiment sa vie. Mais t'as envie de parler, t'as tout le temps envie de parler. Et quand tu te poses des questions, en général, ceux qui sont autour de toi finissent par les entendre, tu gardes pas longtemps tes pensées pour toi. «  Tout va bien ? T'as pas l'air dans ton assiette. Je peux t'offrir un shot si tu veux, je peux m'en payer d'autres, et la vodka ça détend. Enfin … J'y connais rien, c'est pas comme les flics, t'as le droit de boire en service non ? » Tu sais pas trop comment elle va réagir à cette familiarité, mais c'est ta façon de procéder, d'enlever la distance du vouvoiement qui empêche tout contact. « Oh et je te drague pas, promis. Je suis plus branchée hommes. » Tu ris doucement. T'adores rire, ça te plaît. Sans ça, t'as l'air d'une dure à cuire.  
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Une autre journée de pluie. Rien de très étonnant pour une ville située à une heure au sud de la capitale, Dublin. Les villes proches de l’océan sont souvent sujettes à ces changements météorologiques mais à New-York le climat était différent. L’été, il y faisait très chaud, l’hiver, très froid. Ici, tout était plus doux et en même temps, la jeune femme avait cette sensation d’avoir toujours plus froid que là-bas. Etait-ce dû à sa relation avec Bràn qui prenait une tournure qui lui échappait ? Essuyant un verre qu’elle venait de laver, elle observa une cliente rentrer. Ses cheveux roses attiraient l’attention, surtout la sienne. Wow. Comme elle aimerait pouvoir oser faire la même chose ! Peut-être pas du rose. Quoique... C’était une couleur qui donnait à cette jeune femme une aura si positive et fascinante. Elle attirait les regards. Trop pour Briseis qui préférait rester dans l’ombre, la lumière l’effrayait toujours. Pas vraiment le temps de l’observer, elle venait d’être appelée par une table. Se dirigeant vers celle-ci, elle ne vit pas où cette nouvelle cliente avait décidé de s’installer.

Ecoutant la commande, elle griffonna rapidement sur un carnet ce qu’on lui demandait : des bières, des cacahuètes, des parts de tarte, du café, la version irlandaise du café, du Whisky, bref beaucoup de choses étonnantes pour un matin mais qui ne troublaient plus vraiment la jeune femme. Hochant la tête à chacun, offrant un sourire et un mot gentil, elle revint vers le bar. Elle était seule pour gérer la salle et ce n’était pas vraiment quelque chose qui l’inquiétait : elle avait fait la même chose à New-York où l’ambiance était parfois un peu plus dure qu’à Bray. Les seuls dont elle se méfiait étaient les fans sportifs. Ceux-ci s’alcoolisait beaucoup et un rien pouvait les faire partir en vrille. Heureusement, ils n’étaient pas là, pas encore. En plus, aucun match n’était prévu ce jour là donc elle serait tranquille jusqu’à l’heure de partir en cours du soir. Elle allait préparer la commande quand la jeune femme aux cheveux roses s’adressa à elle. Wow. Trois shots de Vodka dès le matin ? Enfin, avant midi. Pour une femme, c’était assez rare. Cachant sa surprise, Briseis hocha la tête. « Bonjour ! Oui bien sûr ! ». Elle sortit la bouteille, attrapa les trois verres correspondants en les alignant sur le bar et la servit. « Et voilà. ». Offrant un nouveau sourire, elle mit la machine à café en route et commença à traiter les commandes. Elle n’était pas forcément le genre de fille que l’on avait l’habitude de croiser dans ce genre de bar, mais elle était au moins efficace. Ajoutant quelques douceurs pour accompagner les produits, elle quitta un instant sa place pour passer entre les tables et servir.

Au fond, tout ça n’était qu’un jeu de rôle pour certain. Pour elle, c’était naturel : dire bonjour, servir une personne, s’assurer qu’elle passe un moment agréable, c’était vraiment dans sa nature profonde. Une personne observatrice en revanche devinerait ses faiblesses : ses joues légèrement rougies, ses gestes parfois un peu hésitant quand il s’agissait de débarrasser des personnes toujours là, son regard fuyant, en particulier avec les hommes. Une fois servis, elle revint au bar et continua d’essuyer la vaisselle.

Jurer dans le décor... C’était bien une expression qui résumait la vie de la jeune femme. Servir de l’alcool en ayant de tels grands principes, c’était sûrement quelque chose d’éthiquement discutable mais Briseis s’arrangeait pour que les hommes étant là n’en consomment pas outre mesure. Elle les laissait donc décuver tranquillement puisque certains collègues eux servaient tant que l’argent rentrait, en particulier parce que les pourboires devenaient parfois mirobolants. La femme aux cheveux roses s’adressa soudainement à elle de manière familière. Briseis ne fut pas désarçonnée pour autant : cela arrivait souvent aussi. Et apparemment, la fatigue qu’elle se traînait depuis plusieurs jours était visible : elle lui faisait clairement comprendre qu’elle avait une sale tête. « Oh oui, je suis juste un peu fatiguée, j’ai repris mes études et je ne me suis pas encore faite au rythme ». Esquissant un sourire gêné elle finit par sourire encore. « Oui... Oui, nous pouvons boire pendant le service, à condition que ce soit raisonnable bien sûr. Mais pour ma part, je ne bois pas d’alcool. C’est très gentil à vous de proposer. » Passant une éponge sur l’évier, elle baissa les yeux. Branchée homme ? Oh... « Oh... A... A vrai dire, je ne l’avais même pas envisagé je... J’ai un petit-ami ». Le ton hésitant, son rire gêné, tout trahissait qu’elle n’était pas sûre de ce qu’elle avançait. Et pour cause, la situation était vraiment compliquée et elle savait que tout était principalement de sa faute. « J’aime beaucoup votre couleur de cheveux, elle vous met tellement en valeur ! » Un compliment. Elle espérait ne pas faire de faux pas mais c’était un élément qu’elle avait remarqué depuis le début.
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T'es comme ça, t'y peux rien, pas que t'aimes t'immiscer dans la vie des gens, non, t'es pas si indiscrète, mais toi, t'es le genre à pas laisser gagner le fait que t'es une étrangère, t'enfermer dans ton coin parce que se faire des amis quand on est plus à l'école primaire, c'est pas si facile. Non, toi tu te dis que si tu veux te faire des relations, bonnes ou mauvaises, il faut que tu prennes les devants. Et ça te dérange pas de le faire, finalement, parce que t'es sociable. Trop souvent, t'es restée enfermée dans ton appartement sans parler à personne, quand t'habitais encore avec Lui. Maintenant, malgré le métier que tu fais, tu te sens plus libre. Tu l'es, plus libre. T'as plus cet homme derrière ton épaule qui ne veut pas que tu vois d'autres personnes, surtout pas des hommes, mais les femmes, ça l'emmerdait aussi, faut être honnête. Alors maintenant, tu aimes bien parler aux inconnus. Comme cette fille que tu as croisé dans le parc, Lana, tu crois qu'elle s'appelle. Elle est un peu comme toi Lana, extravagante, le rire facile, et toujours cet éclat de bonheur au fond des yeux. Elle te plaît bien, cette fille.

Les trois shots de vodka finirent aligner devant toi, et tu souris à la serveuse. Elle t'intrigue, elle aussi, comme tout le monde. T'es le genre à t'intéresser même à ceux auxquels on ne s'intéresse pas, alors elle, qui amène plus de questions que de réponses, tu ne peux pas t'en empêcher. Des fois, tu te dis que ce serait bien que tu te taises, parce que les autres, ils n'apprécient pas forcément que tu essaies de forcer le passage jusqu'à l'intérieur de leur tête, même si tu ne le fais jamais consciemment. Stanislas te le dit beaucoup, t'es pas mal habituée aux clients qui veulent à tout prix parler de leurs problèmes, te prenant pour leur psychologue personnelle, que t'en oublies que certains te voient pas du tout pour ça, alors il t'a prévenue, une fois ou deux, qu'il fallait que tu arrêtes ce côté invasif en toi qui n'avait pas sa place là. Mais là, d'un côté, t'es pas vraiment en train de bosser, même si tu devrais. «  Merci ! » Tu prends une pause, et tu te dis que tu devrais peut-être clarifier les choses, après tout, il était assez tôt dans la journée, même si tes journées étaient inversées, tu travaillais d'ordinaire plutôt la nuit. «  Je ne suis pas une alcoolique hein, pas la peine de prévenir les AA, je suis juste ukrainienne … Ce qui veut souvent dire la même chose. » Tu prends presque tout à la rigolade, considérant la vie bien trop courte pour garder toujours ton sérieux en toute occasion. Tu patientes à ta place, alors que la serveuse repart s'assurer que tout le monde a bien tout ce qu'il désire. Ce ne doit pas être vraiment facile de travailler seul dans un tel endroit, toi tu vois déjà mal être serveuse, avec ta maladresse. Elle disparaît seulement quand tu dois peindre, mais le reste du temps, t'es une vraie catastrophe ambulante, tu préfères pas tester le plateau sur une main, du coup.

Lorsque la jeune femme revint, tu lui sourit, et décide d'entamer directement la conversation. La subtilité, de toute manière, tu ne connais pas vraiment. C'est pas vraiment ton truc de tourner autour du pot, et parfois, certaines personnes peuvent te trouver légèrement offensante, parce que tu dis toujours la vérité, du moins ce que toi tu penses vrai. Tu réfléchis rarement à la façon d'envelopper tes remarques, et souvent, tu manques de tact. Comme ici. T'aurais pu le dire autrement, mais t'as pas vraiment pris le temps d'y réfléchir. Pourtant, elle ne semble pas vraiment mal le prendre, et ça te soulage, parce que mine de rien, elle a l'air gentille, cette brune. «  Oh ! C'est quoi comme études ? T'as bien du courage, de jongler entre une formation et le boulot, y en a beaucoup que ça rebuterait. » Toi t'en sais rien, l'école ça n'a jamais été ton truc. Certains diraient certainement que ça fait de toi quelqu'un de stupide, mais tu penses juste que t'as un esprit un peu plus pratique que scolaire. On peut pas dire que t'aies vraiment cherché à continuer non plus. Puis avec la vie que tu as eu, t'en as pas vraiment eu l'occasion. «  Tu peux me tutoyer, tu sais, je le prendrais pas mal ! Je peux t'offrir un café du coup ? Peut-être que ça t'aidera à tenir le coup jusqu'à la fin de ton service. » Tu lui souris gentiment. Tu n'as jamais vraiment rencontré de personnes qui ne buvaient pas d'alcool, mais à ta décharge, en Ukraine, c'était pas loin d'être le seul truc buvable, et tourner à l'eau sans jamais varier, ça devenait vite lassant. La vodka, c'était une tradition plus que de l'alcool de toute manière dans les pays de l'Est. Lorsque la serveuse cita un potentiel petit ami, ton sourire s'élargit. Cependant, une nouvelle question te taraudait. « Et ça c'est une … Bonne chose ? » Elle n'avait pas l'air très sûre d'elle, et tu te demandais si elle vivait quelque chose de similaire à ce que t'avais vécu, parce que la parano et toi depuis, ça y allait de bon train. Et tu souhaitais à personne un tel enfer … Sans doute pour ça que tu dépassais sans doute un peu les limites du privé. « Il a un nom, cet homme chanceux ? » Tu sais pas pourquoi tu posais la question, ça changerait pas ta vie, peu de chances que tu le connaisses, d'ailleurs. Mais tu aimais bien les détails dont personne ne se souciait. Son compliment te fait chaud au cœur, réellement. Parfois, les gens te regardaient comme un OVNI, et même si tu t'y es habituée, ça n'était pas des plus agréables. « Merci, c'est très gentil ! Je n'ai jamais su me satisfaire de ma couleur naturelle. »  
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❝IT'S... COMPLICATED❞

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Briseis était intriguée par sa cliente. Ses cheveux roses y étaient pour beaucoup car c’était une couleur que l’on voyait très rarement dans les cheveux de quelqu’un. Cela donnait un air exotique et affirmait une personnalité bien plus qu’elle ne l’oserait jamais. Au fond, elle admirait le courage de cette jeune femme car bien sûr, elle attirait l’attention. Les regards curieux ne la troublaient pas, pas plus que ceux qui la jugeaient hors norme. Comment faisait-elle ? Comment faisait-elle pour faire fi de tout cela sans aucune difficulté ? Un vent de liberté se dégageait dans son aura et c’était quelque chose que Briseis lui enviait. Comme elle aimerait elle aussi pouvoir agir sans vraiment se préoccuper de ce que les autres pouvaient penser et comme elle lui enviait cette faculté à vivre sa vie sans se soucier de quoi que ce soit.

Lui servant ses shots de vodka alors que midi n’était pas encore passé, Briseis répondit à son sourire. Toujours aimable, elle espérait bien que sa cliente ne se sentirait pas jugée. Au contraire, Briseis ne faisait que lui envier une vie qu’elle n’aurait jamais la force d’affronter. Hochant la tête alors qu’elle la remerciait, elle essuyait un verre. « Oh, non je ne vous jugeais pas. J’étais simplement surprise parce que ce sont plutôt les hommes qui osent avant midi et j’espérais que vous ne souffriez pas pour... Peu importe ». Elle avait interrompu son flot en se rendant compte qu’elle risquait vraiment de commettre un impair. « Ukrainienne ? Wow. Cela fait plaisir de rencontrer une autre personne étrangère. Je suis américaine. Mais je suppose que mon accent me trahissait déjà. » Souriant humblement, elle rit légèrement avec la jeune femme. La quittant pour faire le tour de ses tables, elle revint bien vite au bar.

Si la prostituée se trouvait bavarde et peu  apte au métier de serveuse, nul doute que Briseis se pensait trop réservée et peu apte au métier de prostituée. Et pour cause, elle n’avait à ce jour fait l’amour qu’une seule fois... Inutile de dire qu’elle avait perdu sa virginité à ce moment là, soit quelques semaines plus tôt. Et comme si cela ne suffisait pas, elle avait bien évidemment trouvé le moyen de tout rater et depuis elle vivait en colocation avec un petit ami qui n’osait plus vraiment faire de premier pas. Et si vous vous demandiez pourquoi elle, elle ne le faisait pas, c’était tout simplement parce qu’elle ne savait absolument pas comment s’y prendre. Au fond, Briseis était souvent coincée dans le rôle d’une enfant, au grand damn du loup qui ne voulait pas vraiment jouer les pères de substitution mais elle enchaînait bêtises sur bêtises, comme pour l’y forcer et se soustraire à sa féminité. Elle ne savait pas gérer sa nature de femme.

Loin de se vexer ou de considérer la curiosité de sa cliente comme mal placée, Briseis lui ouvrit tout naturellement son coeur et répondait sans détour à ses questions. « Théologie. Je sais c’est... » Ringard ? Des bondieuseries ? Un truc qui ne sert à rien ? Voilà ce que la majorité pouvait penser. « Pas vraiment le genre de cours qui intéresse les gens. Mon père était révérend, je suis ici pour le retrouver d’ailleurs... Je suppose que c’est un moyen que j’ai trouvé pour me rapprocher de lui. Je veux juste comprendre mieux tous ces sermons  et avoir les mots pour aider les gens. J’espère après mes études pouvoir devenir assistante sociale. Je veux vraiment aider. » Elle sourit. Oui, elle s’était sentie obligée de se justifier et le fantôme d’Emily flotta quelques secondes devant ses yeux. Son rire moqueur, ses paroles blessantes, elle les entendait comme un écho et attendait le jugement de Ksenia avec une certaine fatalité. « Mon... Petit ami me soutient même si ce n’est pas facile, c’est certain. Mais j’ai envie d’essayer, si jamais j’échouais au moins j’aurais essayé. » Humble. C’était l’une de ses premières qualités. « Oh, c’est très gentil. Je vais prendre un thé ». Elle fit bouillir de l’eau et attrapa une tasse avec un sachet de menthe. « J’espère que ce sera suffisant. »

La conversation prit une tournure bien plus intime encore et Briseis commençait à se refermer comme une huître. « Je... Suppose. Je crois oui. » En fait, elle ne savait vraiment pas si elle pouvait dire qu’il était son petit ami. Pour la plupart des gens, être en couple impliquait surtout avoir des relations sexuelles, un pan totalement inexistant dans sa relation avec lui. « Bràn. Il s’appelle Bràn. » Versant l’eau chaude dans un mug, elle ajouta un morceau de sucre une fois le thé infusé. « Je comprends. Et celle-ci vous va vraiment, on sent qu’elle reflète votre personnalité. Enfin je pense... Le rose est une couleur si optimiste et chaleureuse. » C’était ainsi qu’elle la percevait. Avec une pointe de douceur et de compassion. Peut-être se trompait-elle, ce ne serait pas la première fois à vrai dire mais au moins elle ne la jugeait pas négativement. « J’ignore s’il est chanceux, c’est un peu compliqué en ce moment... ». Pourquoi venait-elle de revenir sur ce sujet alors que la question sur les cheveux lui avaient donné l’opportunité de détourner la conversation ? Fronçant les sourcils, elle but une gorgée de son thé. « Pardon, je ne veux pas vous ennuyer avec mes histoires personnelles. Je vous écoute... ». Oui, il arrivait souvent que les gens qui venaient dans un bar ait besoin d’une oreille attentive pour parler. Briseis supposa donc que c’était le cas de cette très gentille jeune femme qui après tout avait lancé la conversation. Elle avait sûrement besoin de parler. Il fallait donc qu’elle l’écoute et l’aide éventuellement, si elle le pouvait, avec un mot encourageant et gentil.
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T'espères quand même faire bonne impression, tu sais que tu peux parfois intimider, on te l'a déjà dit. Parce que t'es pas le genre de personnes qu'on a l'occasion de croiser dans la rue, t'es moins habituelle que les autres, tu oses sans doute plus de choses, c'est ça qui te rend spéciale. T'es pas très intelligente, jolie mais pas sans défaut, alors t'as toujours cherché à exprimer ce que t'étais visuellement, ne pas garder ce qui te rend spéciale au fond de toi. Mais ça, oui, ça impressionne. Tout comme le fait que lorsque tu ne souris pas, tu pourrais faire peur. T'as un caractère fort et tu te laisses rarement marcher sur les pieds, depuis que tu l'as quitté. Tu t'es convaincue que personne n'avait le droit de guider ta vie comme il l'avait fait, et si tu restes près de Stanislas, c'est qu'il t'a cerné, et qu'il sait comment te manipuler. Mais même avec cette conscience, tu te dis que de toute façon t'aurais pas pu trouver mieux alors t'acceptes.

Puis tu la comprends, cette serveuse, ça doit pas être habituel de voir une femme aussi frêle que toi qui pourtant ne semble pas avoir de problèmes d'alcoolisme au demeurant commander des shots de vodka à cette heure ci. Toi même tu te serais posé des questions, mais ta journée à toi, elle a commencé y a un petit moment, c'est comme ça que tu te justifies. « Je comprends, ça doit être plutôt rare de voir ce genre de choses. Mais pas besoin de s'inquiéter, j'ai juste eu une longue journée ... Je bosse depuis deux heures du matin alors c'est comme si c'était l'heure de l'apéro !  »  Tu essaies de la rassurer implicitement, parce que tu sais que toi aussi, parfois, tu parles sans penser à celui qui se reçoit tess réflexions même si tu penses pas à mal ... Et puis, pour te vexer ou te braquer, il faudrait y aller beaucoup plus fort, t'as pas la mauvaise humeur facile. « Un peu, mais pour moi les irlandais ont un accent beaucoup plus dur à comprendre, ça fait du bien ! Toi aussi tu viens d'arriver ou tu es là depuis longtemps? » Tu lui rends son sourire. T'aimerais bien savoir ce qui pousse une américaine à changer de pays, mais là, tu te dis que ce n'est peut-être pas tes affaires, alors tu ne demandes rien.

On t'a pourtant toujours fait rêver avec ce pays. Tu te doutes que tout ne doit pas être vrai, mais les Etats-Unis, pour toute autre culture, c'est la possibilité de pouvoir accomplir tout ce dont tu rêves. Les autres pays, à côté, semblent si petits, si limités. Peut-être était-ce le fait qu'avant Bray, tu n'as connu que l'Ukraine, et ta ville natale a toujours été trop petite, tout le monde se connaissait, et c'est la raison pour laquelle tu en voulais  à ce pays qui t'as vu naître, et qui n'a rien fait lorsque tu t'es retrouvée dans le besoin. Mais l'Amérique, c'est les films Hollywoodiens, les grands auteurs de littérature, New-York ... Si tu avais pu choisir la destination que tu voulais, sans doute serais-tu partie là-bas.

Tu t'intéresses aux études que la jeune femme poursuit. Tu n'as jamais été très croyante, il faut dire la vérité. Peut-être parce que tu as une vision étriquée de la chose, tu ne méritais peut-être simplement pas d'être sauvée de ta détresse, toi comme tous ceux qui ont été dans e besoin et en sont morts. Tu ne sais pas, tu ne t'es jamais vraiment posé la question, tout est aussi peut-être question d'éducation. Ta mère n'a jamais été vraiment portée croyances. « Intéressant. Je ne suis pas croyante, mais vouloir comprendre autrement qu'en survolant ... C'est assez admirable.» T'as jamais été très scolaire, faire des études longues, ça n'a jamais été ton truc, t'admires beaucoup, en ce sens, ceux qui en ont la patience et la capacité. « Je vois ... Je te souhaite d'y réussir en tout cas. C'est un beau projet. Et j'espère que tu retrouveras ton père. Vivre sans sa famille, c'est terrible.  » Tu penses à ta mère, toujours dans ton pays natal, que tu ne pourras jamais te permettre de revoir pour ne pas la mettre en danger. Tu ne souhaites l'expérience à personne. Sortant de tes pensées, tu souris de nouveau. « Mieux vaut ça qu'avoir des regrets plus tard, c'est certain. »  Ton sourire s'élargit lorsque la serveuse accepta ton offre. T'es comme ça, Ksenia, t'aimes bien faire plaisir aux autres.

Tu sens que quelque chose ne va pas lorsqu'elle parle de son petit-ami, mais tu n'insistes pas vraiment, pas clairement en tout cas. Tu ne veux pas non plus la braquer, la connaissant seulement depuis quelques minutes. « Une relation ce n'est jamais facile. Tout à base de compromis, de mésententes et de tentatives de se faire pardonner. Mais à partir du moment où tu sens que ça vaut le coup ... Je pense que c'est l'essentiel.  » Tu te dis que ça doit être bizarre de recevoir des mots rassurants d'une prostituée vis à vis de relation. Les gens ont tendance à oublier qu'avant ça, t'as eu une vie. Toi t'as pas connu ce que tu décris. Toi t'as connu les mauvais côtés, quelques bons aussi, tu te leurres pas, mais pas quelque chose qui vaille le coup. « C'est un joli prénom !  » Tu as rarement entendu autant de variété au niveau des appellations autre part qu'à Bray. ça te fait toujours sourire comme une enfant. « Tant mieux alors, c'est le genre de choses qu'il est bon de communiquer autour de soi. Mieux vaut voir le verre à moitié plein qu'à moitié vide !   » Tu ris un petit peu, avant de retrouver ton sérieux. Tu n'as jamais été très douée en psychologie, pourtant tu sentais que ça n'allait pas parfaitement bien chez elle. Certes, il ne fallait pas être sorti d'Harvard pour s'en rendre compte, mais tout de même. Tu penches la tête sur le côté. « Tu ne m'ennuies pas du tout. Crois-le ou non, la majorité de mon boulot consiste à écouter les problèmes personnels des hommes qui me paient, il paraît que je suis une plutôt bonne oreille, entre autres choses!  » Tu ne la forceras pas, tu veux juste qu'elle sache que ses problèmes ne sont pas moins dignes d'être extériorisés que les tiens seulement parce qu'elle est placée derrière le comptoir. Tu parles en connaissance de cause. « Pour ma part ... Je n'ai pas encore réussi à me faire vraiment ma place ici, pas assez pour avoir de bonnes histoires à raconter. Je crois que les gens ont du mal à faire confiance aux inconnus et ... Je ne peux pas vraiment les blâmer avec e qu'il se passe en ville. Je me sens peut-être parfois un peu seule. »  Tu évitais souvent de faire sortir ces mots de ta bouche, sans doute pour ne pas leur donner de réalité. Mais s'il fallait que tu t'ouvres avec sincérité pour pouvoir l'aider, ce n'était pas un problème pour toi.  
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Loin de savoir encore quel était le métier exact de la jeune femme aux cheveux roses qui lui faisait face, Briseis se montrait avenante. Elle était toujours agréable : elle avait le sourire facile et les mots réconfortants sortaient naturellement de sa bouche. Pour autant, la jeune femme avait du mal à exprimer le fond de ses pensées, craignant toujours d’être rejetée par les autres. Les autres, ces autres qui parfois l’effrayaient et parfois lui semblaient proches. C’était un paradoxe. Elle avait appris à ne pas parler d’elle, s’étant aperçue qu’au fond ces autres ne voulait pas savoir. Le monde était assez égoïste. Bràn l’était tout autant et s’il avait plié les genoux face à elle, ce n’était que parce qu’elle avait commencé à changer l’homme. Mais pas la bête qui sommeillait en lui. Ce loup. Cette métamorphose incontrôlable qui pouvait surgir soudainement. C’était tellement compliqué, les relations humaines étaient trop compliquées, elle ne parvenait pas à les gérer. Sa nature trop gentille, trop généreuse, trop confiante lui avait tant de fois joué des tours qu’elle avait dû apprendre à se protéger. C’était pourquoi depuis son arrivée en Irlande, comprenant qu’il s’agissait pour elle d’un nouveau départ, qu’elle essayait vainement de se tenir hors du monde. Peut-être que finalement, la mentalité irlandaise lui convenait mieux. C’était moins superficiel qu’à New York. Tous les gens qu’elle rencontraient ici semblaient vrais.

Sa cliente osait boire des shots avant midi et personne ne lui disait rien ni ne la jugeait. Aucun regard réprobateur sur elle. Briseis avait discrètement vérifié en balayant la salle. Non, les regards masculins posés sur elle était d’une autre nature, une nature que Briseis ne comprenait même pas. Elle avait des réactions encore un peu trop enfantine parfois, pour ne pas dire innocente. Le désir, elle ne le comprenait pas. Elle ne comprenait pas que Bràn puisse la désirer. Pour elle, tout devait être magique. Amour. Transcendant. C’était très compliqué pour leur couple et elle craignait vraiment qu’il ne finisse par partir. Elle savait qu’elle ne le retiendrait pas. Peut-être était-elle faite au fond pour rester seule. A être trop amoureuse de l’Amour, la réalité lui semblait trop fade, trop bestiale, trop... Superficielle. Offrant un sourire, elle l’écouta lui parler de sa journée. « Wow oui effectivement, vous êtes levée depuis un moment, j’espère que c’est même la fin de votre journée ! » Elle hocha la tête. « Je ne vous juge pas. C’est surprenant oui parce que je vois surtout des hommes le faire mais nous sommes en Irlande et ici c’est tellement différent des US... Je ne suis pas encore habituée à certaines différences ! » Elle rit doucement. En vrai, ces différences pouvaient être assez dangereuses ! La conduite à gauche lui avait encore valu quelques déboires il n’y avait pas si longtemps. Découvrant une autre personne d’origine étrangère, Briseis pensait qu’elle comprendrait parfaitement son sentiment. « Je suis arrivée il y a quelques semaines pour retrouver mon père. Je ne sais pas du tout où il est mais on m’a dit qu’il était là alors... Je découvre vraiment beaucoup de chose. J’ai encore manqué de me faire renverser il n’y a pas si longtemps et toutes ces traditions... Parfois ça paraît si extraordinaire ! ». Comme cette fameuse journée où les femmes pouvaient demander leur compagnon en mariage. Si Ksenia n’avait pas osé lui demander pourquoi elle était venue en Irlande, Briseis lui avait donné la réponse. « Et toi ? ».

Un langage familier n’était pas si compliqué à employer. En effet, la prostituée avait la discussion facile et son comportement amical encourageait lentement l’humaine à se confier. Les guerres entre les différentes créatures lui passaient bien au dessus de la tête et Briseis ne pouvait trahir ses croyances en les encourageant. Entendre qu’une personne ne croyait en rien lui faisait de la peine. C’était triste car vers qui se tournait-elle dans ses heures les plus sombres ? Et puis d’ailleurs, Briseis connaissait la réponse : c’était toujours Dieu. Même si Ksenia ne voulait y croire. « Je sais que tous ceux qui se disent croyant ne comprennent pas forcément le sens et la portée de la Bible. Je... J’avais tendance à tout croire aveuglément enfant. Grâce à ces études je dois apprendre à avoir un regard un peu plus critique et ça aussi c’est... Compliqué. Mais je sens que grâce à ça, je pourrai grandir. » Se confiant un peu plus sur sa famille et surtout son père, elle sourit, vraiment touchée par les mots de Ksenia lui souhaitant de réussir et de retrouver son géniteur.

Si elle lui posé la question frontalement, jamais Briseis ne se serait confiée. Alors qu’elle buvait une gorgée de son breuvage, la serveuse l’écouta lui parler des relations. Compromis. Mésentente. Se faire pardonner. Valoir le coup. Tous ces mots flottaient dans son esprit. Alors c’était vraiment si normal ? Son coeur se serra. Dernièrement, elle n’avait pas fait tant d’efforts que ça. Il fallait dire que la discussion fatale qu’ils avaient eu et ce moment où elle avait d’abord décidé de partir vivre en forêt recluse du monde... Elle avait fait beaucoup d’efforts pour lui. Lui aussi en avait fait beaucoup pour elle et elle lui en demandait encore mais... « Il est d’origine islandaise. ». Elle fronça légèrement les sourcils alors qu’elle pensa qu’elle ne connaissait pas le prénom de son interlocutrice. Seulement la conversation se dirigea à nouveau sur le rose capillaire. « J’avais cette habitude avant. » Et la révélation se fit. Beaucoup pensaient que Briseis étant naïve et gentille était stupide. Mais c’était loin d’être le cas, elle savait aussi lire entre les lignes. Quand Ksenia lui expliqua son travail, elle réalisa qu’elle faisait face à une prostituée. Les horaires décalés, la mention de n’être payée que par des hommes, les autres choses... Mais et si elle se trompait ? Pourtant... Tout ses problèmes venaient de cette part humaine qu’elle n’arrivait pas à appréhender. Rien n’arrivait par hasard, Briseis en était convaincu. Elle releva les yeux sur Ksenia mais ce ne serait pas le jugement ou la réprobation, ni même le dégoût dans son regard mais l’espoir. « Est-ce que tu... Tu... es payée pour... Coucher avec ces hommes ? » Elle avait choisi ces mots pour ne pas se montrer vulgaire ni même dans le jugement. Elle baissa à nouveau les yeux, hésitant à se confier. N’avait-elle pas pensé que ce serait son nouveau départ ? Et son interlocutrice se sentait seule. Elle n’avait pas su rencontrer les bonnes amies à NY mais ici... Les gens étaient différents. Elle avait réussi à bien s’entendre avec sa collègue et de toute façon, sa nature était de faire confiance... Elle avait besoin d’aide. « Je sais ce que c’est... ». En parler. Ou pas. C’était tellement gênant. Même Bràn s’était moqué d’elle au début. Elle inspira. « Je suis fautive, je le sais mais... ». Wow c’était compliqué. « Bràn et moi, ça n’a pas été évident. Lui, il était du genre à profiter de la vie sans se poser de questions, il était libre. Je l’ai hébergé parce qu’il avait besoin d’un refuge pendant quelques temps et finalement il est resté. Je... Ce n’était pas dans mes habitudes d’accueillir un homme chez moi. C’était même la première fois qu’un homme restait chez moi. Je suis tombée amoureuse de lui très vite même si je n’en ai rien dit, ce n’est pas mon genre. Je n’ose jamais dire les choses. J’ai juste... Attendu et beaucoup prier. Mais lui, il allait voir ailleurs. Seulement un jour j’ai réalisé que je ne devais plus l’attendre et j’ai rencontré un autre homme qui était vraiment le bon pour moi. Enfin je le croyais parce que je l’ai vu avec une autre femme alors que je nous pensais vraiment ensemble. Je me suis perdue. J’ai... fait des bêtises et Bràn m’en a sorti et m’a avoué ses sentiments. Cela aurait pu être un happy end mais... Je n’avais jamais... Jamais... Couché avec un homme avant... » Elle ne mentionnait même pas les femmes parce que cette possibilité ne lui traversait pas l’esprit. « Et... Disons que quand c’est arrivé je n’étais pas... Il a perdu le contrôle. Je n’avais pas vraiment le choix. Il ne s’est pas rendu compte sur le moment et puis je suppose que je n’ai rien fait pour le repousser parce que c’était toujours compliqué d’être... Vierge. Finalement, j’ai pris mes distances et il l’a vu. Je lui ai reproché et annoncé que je partais vivre ailleurs parce que je n’arrive jamais à avoir des relations simples. Ma meilleure amie n’en était pas une. L’homme que j’aimais était parfois incontrôlable... Mais il m’a rattrapé en s’excusant, il s’est littéralement mis à genoux en me promettant qu’il ne le ferait plus et qu’il avait changé depuis notre rencontre et qu’il avait appris la Foi... Je n’ai pas eu le coeur de partir sans lui. Mais je n’arrive pas à... Je fais un blocage. J’ai peur qu’il ne perde le contrôle à nouveau. Je ne sais jamais quoi faire, je me sens nulle, je ne comprends même pas qu’il ait ce besoin parce que je ne l’ai pas je veux dire je pensais que ce serait quelque chose de différent et... ». Bon elle était clairement déçue. Il fallait dire aussi que même si Bràn avait voulu lui donner du plaisir, il n’avait pas suffisamment pris le temps. Il était passé directement à l’étape supérieure. Donc elle ne connaissait rien au plaisir et pensait à tord qu’elle souffrirait à chaque fois. God. Elle venait de tout déballer à une inconnue. Ses joues étaient devenues pivoine et elle avait gardé la tête baissée tout le long de son explication.

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Malgré les apparences, tu n'engageais pas la conversation avec n'importe qui, n'importe quand. Certes, ça t'arrivait, sans doute plus souvent que la normale, et parfois, sans que tu ne t'en rendes compte, ça t'attirait certains problèmes. Parce que l'être humain n'était pas comme toi, il n'était pas avenant, il n'était pas naïf, ne cherchait pas à connaitre ceux qui l'entouraient tant qu'ils ne lui étaient d'aucune utilité. Tu les vois défiler les hommes, tu es plutôt bien placée pour les cerner. Mais t'es consciente que les femmes, en règle générale, sont de la même trempe, c'est pour cela qu'ils s'entendent si bien, qu'ils se haïssent tout autant. Il arrive cependant que tu aies affaire à des exceptions. Comme Lana, qui voyait la vie comme toi, avec le même optimisme, la même envie altruiste d'aider son prochain, de le rendre plus heureux quand bien même ça empiète sur ta propre vie. Et il y avait cette serveuse, que tu ne connaissais pas, mais qui semblait bien plus pure et beaucoup moins portée sur le jugement que ceux que tu as pu voir. Mais tu ne te plains pas, loin de là, l'Irlande, pour toi, c'est une porte de sortie, c'est ta liberté retrouvée, ton jardin d'Eden. Si tu remarques certaines choses qui ne te plaisent pas dans ce pays, elles sont rapidement noyées par celles que tu aimes Tu es comme ça, à chercher le bon même dans ta situation. Tu vois ta liberté où les autres voient une autre cage, et tu t'en moques. Après tout, c'est ta vie, tu la mènes bien comme tu l'entends, ça ne regarde personne. Excepté toi.

T'es pas le genre à dormir énormément, toi tu veux vivre le maximum de choses avant de te coucher, tu veux pas avoir à regretter de ne pas avoir vu. Alors tu carbures à autre chose, les cigarettes, l'alcool, tout est bon pour te booster un maximum. Tu souris à la jeune femme. Tu ne sais pas si elle a compris ce que tu étais, ce que tu faisais pour vivre. En tout cas, elle ne le montre pas. C'est quelque chose que tu apprécies, ne pas être jugée pour un choix qui ne regarde que toi. Pourtant, ce n'est pas habituel. Combien de fois as-tu rencontré des personnes qui voulaient dédier corps et âme à ton secours ? Combien de fois as-tu dû expliquer qu'il n'y avait absolument rien à secourir et que tu étais mieux dans ta peau que beaucoup de femmes de ton âge, et surtout, de ton parcours? Ce n'était pas vraiment le sexe avec des inconnus, pas toujours attirants, qui te gênait. Mais plutôt les horaires de nuit, et c'est ce dont tu parlais. « Oui, heureusement ! Au moins ça me laisse la journée de libre pour m'habituer à la ville ! » Tu ne vois pas les différences dont elle parle, parce que tu n'as jamais eu la chance de mettre les pieds hors de l'Ukraine, mais par rapport à ton pays natal, tu pouvais bien admettre que le mode de vie ici différait de ce que tu avais toujours connu, alors tu acquiesces. « Je ne sais pas si c'est parce que je commençais à ne plus vouloir vivre en Ukraine, mais personnellement, j'arrive bien à me faire au mode de vie irlandais. Mais on m'a dit que si on aimait la bière c'était plutôt facile !  » Tu plaisantais, comme toujours. Bien sûr, l'Irlande, Bray, était loin de se résumer à l'alcool que l'on pouvait y boire. Mais toi, tu découvrais tout avec des yeux d'enfant, émerveillée de n'importe quoi. En Ukraine, il n'y avait pas cette culture des festivals, ce trop plein de couleurs, de joie. Ta ville natale est industrielle, alors ne erait ce que la nature, tu ne l'avais pas vue beaucoup avant d'arriver. « J'espère que tu le trouveras ... La ville n'et pas si grande. Mais il y a tellement de choses à voir ! Tu sais qu'en été, la ville devient majoritairement piétonne et un énorme festival est organisé? J'ai hâte de voir ça ! Enfin .. S'il n'est pas annulé. » Tu as eu vent de ce qui était arrivé à la jeune adolescente lors du dernier festival. Tu étais loin de la région à ce moment là mais rien qu'en entendre le récit t'avait donné des frissons. Mais tu changeais de sujet rapidement. « Je suis arrivée quelques jours avant l'incendie. Disons que j'avais besoin de prendre un nouveau départ, ma dernière relation m'y a un peu forcée. On a pas toujours de chance du premier coup hein ! Mais finalement c'est un mal pour un bien, j'ai toujours eu envie de voyager. »

Tu parles beaucoup, c'est un trait de caractère que tu ne peux t'empêcher d'avoir. Tu n'as pas honte de ton passé, tu ne gardes pas de secret. Même ton métier n'est pas une honte pour toi, alors tu en parles relativement facilement. Beaucoup de gens ont un certain recul à aborder certains sujets. Le sexe, la politique, la religion ... Toi non. Tu sais ce que tu crois, où plutôt ce que tu ne crois pas, et tu n'es pourtant pas du genre à pointer du doigt ceux qui le font. Parce qu'ils en ont besoin. Toi tu t'appuies sur ce que tu connais, n'ayant jamais trouvé de réconfort face à l'inconnu, la foi. Mais t'es bien au courant que tout le monde n'est pas comme toi. « ça doit être compliqué, de devoir revoir une partie de ce qui t'étais acquis depuis que tu es enfant, apporter un nouveau regard sur ce que tu pensais défini. Peu de gens prennent la peine de le faire. » C'était ainsi que naissait les préjugés, les fausses croyances. Quand on a eu une certaine éducation, rayer certaines pensées qu'on nous a inculquées était pour le moins ardu, et tu ne connais pas grand monde ayant réussi à le faire.

Tu n'es certes pas la plus perspicace, dans ton genre, mais tu l'es assez pour comprendre que la jeune femme en face de toi a beaucoup de choses en tête. Sans doute pas des plus sympathiques. Tu te demandes s'il s'agit de problèmes avec son conjoint, tu attends qu'elle en parle. Tu ne peux décemment pas la forcer, si elle ne le veut pas. Mais tu sais ce que c'est. Certes, c'était sans doute - tu espères - différents problèmes, mais quand tu étais avec Lui, tu avais besoin d'exprimer tes tourments. Souvent, la personne qui recevait ces tourments était ta meilleure amie ukrainienne, et maintenant qu'elle n'est plus dans les environs, tu ne peux qu'espérer ne plus en avoir besoin. « Ce doit être un beau pays, l'Islande. Tu y es déjà allée? » Tu tentes de la distraire, tout simplement parce que tu n'aimes pas voir les gens tristes autour de toi. C'est enfantin, le syndrome de l'enfant qui ne supporte pas de voir ses parents pleurer, et pourtant, encore maintenant, si quelqu'un ne te semble pas en bon état, tu te donnes le devoir de lui redonner ne serait-ce qu'un peu d'espoir. C'est ton état d'esprit, après tout. La question de la brune provoqua chez toi un petit rire. Tu sais à quel point l'évocation de ton métier, du moins avec des mot qui ne laissaient pas de doute, pouvaient gêner. Avoir peur que tu le prennes mal, que l'évocation " prostituée" soit vue comme une insulte, que tu te braques. Le fait est que tu n'es pas comme ça et assez mise au parfum de la façon dont tu gagnes ton argent. Pourtant tu voyais autre chose dans ses yeux, sans pouvoir réellement mettre le doigt sur ce que c'était, aussi, tu décidais de l'ignorer, et de simplement répondre à sa question en attendant d'avoir les réponses à celles que tu te posais. « C'est un bon résumé, oui !  » Au moins, tu avais la réponse que tu cherchais tout à l'heure. Finalement, la serveuse, d'abord hésitante, finit par se confier. Au départ, cela t'étonna, pourtant, tu l'écoutais avec attention, restant silencieuse jusqu'à la fin de son explication. Tu ne pus t'empêcher de te faire la réflexion que leur rencontre et le début de leur histoire devait avoir été vraiment belle, mais malgré ton métier, tu la comprenais. Parce que gérer une relation, c'était cent fois plus compliqué, plus intéressant aussi, mais affreusement complexe, que gérer un acte physique. Et la première chose qui te traversa l'esprit fut que ce Bran devait vraiment l'aimer énormément pour rester alors même qu'elle semblait refuser tout contact physique. Mais c'était là toute la complexité des relations. Ce devait être dur pour lui, mais jamais elle ne devrait se forcer à quoique ce soit. « Tu sais ... Je pourrais te dire que c'est totalement normal, ce que tu ressens. La première fois, pour la plupart de femmes, sauf sans doute pour les extrêmement chanceuses, c'est un désastre. Tu ne sais pas vraiment quoi faire, ce qui te donne du plaisir, ce que tu aimes, ce que tu n'aimes pas, l'homme en face n'a généralement pas conscience du pas que c'est de perdre sa virginité, et en plus, t'as l'impression de te faire transpercer, et ça fait mal. » Si tu n'as plus beaucoup de souvenirs de ce que tu as ressenti lors de ta première fois, tu te souviens que ce n'était pas non plus une partie de plaisir. « Je n'ai pas toujours été une prostituée. Avant d'avoir été recrutée, je n'avais eu de relation sexuelle qu'avec un seul homme, un homme avec qui je suis restée huit ans. J'ai couché avec lui parce qu'il devenait impatient, je réfléchissais trop, j'avais peur et globalement j'ai détesté. Ton petit ami devrait le comprendre, le fait que tu n'as pas ce besoin, parce que tu n'as jamais connu le plaisir de l'acte. C'est son boulot de faire en sorte que tu comprennes, et pour ça, il faut qu'il se contienne un peu, au moins au début..  » Tu prends une pause, songeuse. « Mais crois-moi, c'est différent. Il faut simplement que tu sois bien préparée. Dans ton cas, il faut que tu vois le sexe comme le symbole de ce que vous représentez l'un pour l'autre. Plus vous arriverez à vous accorder, plus votre relation s'arrangera. »
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Briseis découvrait une Irlande bien plus attractive. Les gens ici étaient beaucoup moins superficiels qu’aux Etat-Unis où les apparences comptaient plus que la réalité. Mais ici, tout était plus sincère et même si, bien sûr, on ne pouvait dire que tout le monde était parfait, c’était tout de même un pays où elle se surprenait à trouver des personnes qui lui ressemblaient. Comme la jeune femme aux cheveux roses qui lui faisait face, si optimiste même si son métier n’était pas le plus simple. Et pourtant... Briseis l’enviait tellement de pouvoir faire ce qu’elle était toujours incapable de faire à ce jour. Bien loin de la considérer forcément comme une victime ou bien comme une personne mauvaise, l’humaine essayait plutôt de comprendre comment elle s’était libérée du carcan moral. Oui, parce qu’au fond, Briseis avait longtemps été bercé par la religion, une religion qui bien sûr parlait des femmes vendant leurs corps. Le regard de la société avait fait le reste. Même si elle n’était pas du genre à réprouver, elle ne voulait pas être considérée comme telle. Peut-être qu’au fond, elle ne parvenait pas à grandir et à accepter sa féminité. « Tu as déjà visité quelques endroits sympas ici ? Je cherche quelques idées pour dimanche prochain mais j’avoue que je n’ai pas eu le temps de visiter grand chose... ». Oui, le dimanche, c’était le jour qu’elle dédiait à Bràn. Il avait réclamé une journée pour qu’ils puissent se parler et se voir, sans que ce soit bref. Il fallait dire qu’elle étudiait la plupart de son temps ou venait travailler ici, ce qui ne laissait que peu de place pour sa vie de couple. Briseis rit quand Ksenia lui parla de la bière. « Je ne suis pas une grande amatrice de bière mais je trouve les gens ici bien moins superficiels qu’aux Etats-Unis et d’une grande gentillesse. C’est plaisant. Personne ne juge... ».

La conversation dériva lentement vers des aspects plus intimes de leur vie. Et surtout, l’humaine apprit qu’un grand festival se tenait ici l’été. « Un festival ? Quel genre ? ». Les yeux pétillants, elle s’imaginait bien y passer avec Bràn. « Pourquoi serait-il annulé ? » Contrairement à la prostituée, Briseis n’avait pas entendu l’histoire de cette pauvre adolescente. « Et tu as choisi l’Irlande pour une raison spécifique ou bien tu es arrivée là un peu par hasard ? Pardon. C’est peut-être un pays habituel pour les ukrainiens, je ne me rends pas compte. Nous passons souvent par l’Angleterre aux Etats-Unis plutôt que par l’Irlande... Mais tu as eu raison de réaliser l’une de tes envies, c’est important de trouver son propre bonheur ! » Souriante, elle passa un chiffon sur le comptoir. Etrangement, Ksenia parvient à la faire parler. La conversation était très cordiale au début, elle n’avait pas eu besoin de trop se dévoiler et quand bien même elle n’aurait jamais menti. Les raisons qui l’amenaient ici étaient purement familiales.

Briseis hocha la tête. « Je me suis rendue compte qu’il est facile de détourner des paroles pour défendre une idée ou même que certaines lois étaient vraiment peu justes. Je... Je crois toujours mais j’ai réalisé que c’était écrit par des hommes alors... Peut-on dire que ce sont vraiment les paroles de Dieu ? Avant j’y croyais aveuglément, maintenant, je n’en retiens que les grands messages et j’apprends à comprendre que ce qui importe c’est de croire non pas en ces mythes mais en quelque chose de plus grand que moi. Mais j’ai toujours l’impression de blasphémer quand j’émets une critique sur un devoir, c’est compliqué. ». Riant légèrement, elle pencha la tête sur le côté. Il fallait peut-être qu’elle se calme un peu, à présent. Sa cliente n’étant pas croyante, elle ne serait pas intéressée par le sujet.

Ce qui expliqua comment Briseis en vint à parler de Bràn. Au fond, elle pensait que Ksenia aurait peut-être les réponses à ces questions. Rien n’arrivait par hasard : l’humaine avait des problèmes avec la sexualité et la Providence lui amenait une gentille prostituée pour répondre à ses questions ou ses angoisses. Secouant la tête à sa question, la jeune femme expliqua : « Non, jamais et je ne suis pas sûre qu’il souhaite s’y rendre. Son histoire personnelle est un peu compliquée et je pense qu’il en veut trop aux siens pour tenter de les retrouver. » Et ça l’attristait, même si elle ne le lui disait pas. Comment faisait-il pour ne pas avoir besoin de retrouver ses racines et comprendre d’où il venait ? Le sujet était un peu tabou, il se fermait souvent quand le sujet venait sur la table alors elle n’insistait jamais. Tout comme elle choisit prudemment ses mots pour ne pas heurter sa cliente. Cliente a qui elle risqua enfin de parler. Si Ksenia pensait que leur histoire était belle, pas vraiment. Bràn s’était introduit par effraction chez elle pendant qu’elle travaillait. Blessé, elle l’avait retrouvé inconscient dans le salon. D’abord effrayée, elle le soigna même s’il ne se montrait pas vraiment gentil. Il avalait toute sa nourriture, au point qu’elle n’avait pu manger pendant plusieurs jours. Bien sûr, il n’avait pas réalisé alors et ce fut le premier bon changement chez lui : il partagea. Cet homme au premier abord égoïste avait appris à se soucier des autres. Mais il avait totalement perdu le contrôle et depuis ils en payaient le prix. Briseis faisait de gros efforts pour essayer d’outrepasser ses peurs.

Les mots de Ksenia la laissèrent pensive. Quand Bràn essayait de lui dire que c’était normal et que ce serait mieux après, elle ne le croyait pas vraiment. Qu’en savait-il lui ? Ce n’était pas lui après tout qui se faisait « transpercer » comme le disait sa cliente. Mais là, une autre femme, et professionnelle de surcroît, lui expliquait que c’était toujours des désastres. Bon. Du coup... Il n’était peut-être pas entièrement fautif... Le doute commençait à s’installer dans l’esprit de la brune. Et finalement, elle entendit le même discours qu’il lui avait tenu. « Il veut m’apprendre mais... ». Elle baissa les yeux, pivoine. « C’est... J’ai peur qu’il perde le contrôle ou bien... ». Elle doutait. « Je ne sais même pas ce que je suis censée ressentir quand il me touche. J’ai toujours l’impression de faire une bêtise et je me sens maladroite, je ne sais pas quoi faire. » Briseis n’avait jamais appris à se connaître elle-même non plus. Le pauvre loup partait de zéro avec elle. « Comment as-tu appris à aimer ? »
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Il était toujours intéressant de connaître l'avis d'autres personne comme toi, qui ont voulu changer d'air, changer de pays, venir en Irlande pour y vivre. Avoir un autre point de vue que le tien, bien trop positif, sur tout ce qui t'entourait. Mais toi, tu as tellement tout donné pour partir que même si on te mettait les défauts de cette ville sous le nez, tu refuserais de les voir. Elle est pour toi une libération, un sauvetage dont tu avais besoin. Tu n'aurais pas pu vivre encore longtemps à Vinnytsia avec Lui, tu le sais. Tu aurais fini par tenter de t'enfuir par tes propres moyens, et il t'aurait rattrapé. Il aurait été capable de te couper les ailes, littéralement. Pour ne plus que tu essaies de t'envoler. Rien que cette idée te faisait frissonner. Tu n'avais jamais vu de fées sans ailes, mais ce n'était pas de ces images heureuses que tu aimerais avoir à l'esprit. Tu ne sais même pas si ce fait là ne te tuerait pas. Alors quelque part, tu es heureuse d'avoir fui de cette manière, en te protégeant derrière un homme encore plus mauvais que celui que tu venais de quitter. Mais c'était ainsi, tu étais comme ça, pas assez courageuse pour prendre en main ton destin, ou pas assez suicidaire, qui sait. « Je ne sais pas trop ... Avec l'incendie, beaucoup d'endroits ont été ravagés mais les extérieurs de la ville sont toujours en parfait état. Si tu es du genre randonneuse, il y a toujours les montagnes ou la forêt, il paraît qu'il y a une vieille église abandonnée là-bas. Ou alors il y a toujours la rivière et le lac, en plein été c'est intéressant. » La vérité, c'est que tu n'as pas non plus vraiment pris le temps de visiter. Parfois, quelques heures dans une journée, tu vas marcher aux alentours, essayer de trouver des coins où tu pourrais te réfugier. Mais toute seule, la forêt te fait peur. Elle est bien trop grande, bien trop imposante. Tu y vas quand tu as besoin de déployer tes ailes mais c'est tout. Après tout, tu n'as jamais vraiment été habituée à la nature avant ton arrivée ici. « C'est vrai ! Je n'aurais jamais pu porter cette couleur sans être dévisagée dans mon pays natal. Je m'y étais faite mais ce n'est jamais vraiment agréable. »

La conversation dériva sur le festival. Tu en as entendu parler il y a quelques temps par Stanislas, mais de toute manière, cette année, tu ne pourras pas le voir. Peut-être l'année prochaine qui sait? « Oh apparemment il y a pas mal de choses, la mise en place d'un parc d'attractions temporaire, des défilés de l'armée irlandaise et de la base aérienne, des groupes de musique, des spectacles ... ça a lieu tous les étés pendant une dizaine de jours. C'est la première chose qui m'a attirée ici ! » Tu marques une pause lorsque tu te rends compte que l'américaine ne connait pas vraiment le passé de la ville. Tu aurais pu l'ignorer toi aussi, mais t'es plutôt du genre curieuse, surtout lorsque tu entends une conversation qui ne te concerne pas. « Apparemment lors de la soirée de clôture de l'an dernier, une adolescente a été assassinée... C'était plutôt macabre et ... Spectaculaire, c'est passé à la télé, on peut encore voir des rediffusions sur le net. J'ai regardé par curiosité et très sincèrement, j'en fais encore des cauchemars. La pauvre a été pendue sur une croix au milieu de la place.» Tu tais le reste des détails de l'affaire. Si elle se renseigne, elle finira par les trouver de toute manière, toi tu ne veux même plus penser à la vision de cette enfant, sanglante, morte et pourtant humiliée sur la place publique. « Disons que j'ai suivi quelqu'un et que nous sommes arrivés là ! En vérité je me moquais un peu de la destination tant qu'on partait d'Ukraine alors ... Mais je suis plutôt contente que ce soit le pays où nous sommes arrivés, c'est super agréable ! » Tu t'en moquais que Stanislas soit à l'origine de ton déménagement. En vérité, ce n'était pas une mauvaise chose, tu avais découvert une autre culture peu importe qui t'y avait envoyé.

Tu n'as jamais fait de grandes études, tu y as toujours été un peu allergique. Pourtant tu aimes lire, de temps en temps, mais tu n'as jamais été du type studieuse. « C'est difficile d'assimiler croyance et connaissance. Essayer de démêler le vrai du faux, ce n'est pas vraiment un travail facile. Mais même dans ta foi, je suis sûre que ça a dû t'aider à progresser, voir les choses différemment. Si tu t'épanouis dans cette filière, c'est le plus important. » Et c'était le cas pour toutes les autres filières. Tu as du mal à te mettre à la place des croyants, essayer d'évaluer à quel degré cette croyance était importante pour eux, ça n'a jamais été ton fort.

Parler du petit ami de la serveuse était bien plus dans ton élément, quelque chose ue tu pouvais gérer. Alors tu le faisais avec plaisir, qui sait si tu pouvais aider la jeune femme à voir clair dans sa vie, ça ne te coûtait rien. Tu appréciais pouvoir aider les gens. « On a toujours des raisons de ne pas rentrer chez soi. Si un jour il le veut, il y aura toujours moyen d'y remédier. Mais je peux comprendre. » Toi c'était pour les protéger, que t'avais renoncé à les avoir dans ta vie. Parce que la minute où tu reprendrais contact avec eux, Il viendrait se venger de toi. Il fallait que tu disparaisses, et c'est ce que tu as fait. C'était différent, mais comme tu le pensais, on avait toujours une bonne raison.

Puis vint le sujet qui semblait préoccuper le plus la jeune femme, le sexe. Tu aurais pu le parier, elle ne semblait pas vraiment à l'aise avec le sujet. Ce n'était pas une mauvaise chose, c'était original, très peu vu, d'une femme de cet âge là qui semblait ne rien connaître au sexe et ne pas vraiment l'apprécier. Un peu comme une licorne. Pas vraiment péjoratif, mais exceptionnel. Tu tentais de lui apporter des informations sur ce que tu avais vécu, mais comment savoir si tu l'avais vécu de la bonne façon? T'es passée d'un extrême à l'autre en prenant à peine le temps de souffler, ce n'est pas vraiment digne de faire un exemple de toi. « Si ça peut te rassurer, il est très peu probable que tu fasses une bêtise. Sauf si tu le frappes avec une lampe sous le coup du stress, mais sinon il n'y a pas vraiment de mauvaises réactions. » Et tu parles en connaissance de cause, pas vrai? « Avant d'essayer d'éprouver du plaisir avec un homme, tu devrais essayer de t'en procurer seule. Pas de risque que ça aille trop loin, ou pas assez, et tu apprendrais à te connaître. C'est ce que j'ai fait.»
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❝ALONE?!?❞

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La jeune femme se sentait parfois tellement à part des autres. C’était comme si elle gravitait dans un autre monde et ce fossé l’avait mainte fois engloutie. Pourtant, elle n’avait jamais renoncé à aller vers la société, quand bien même les valeurs ne lui correspondaient pas du tout. Elle se demandait encore parfois si Bràn ne se jouait pas d’elle. Bien sûr, elle chassait ses doutes immédiatement. Il n’était pas du genre à jouer la comédie, pas sur le long terme. Il avait quelque chose de trop spontané et imprévisible pour y parvenir. Il n’était pas comme... Oui, ça aussi elle devait le chasser de son esprit. Tout était si compliqué. Elle ne comprenait pas pourquoi elle était si... Coincée. Oui, elle ne se faisait pas d’illusions, elle savait très bien qu’il le pensait, lui comme n’importe qui d’autre qui la connaîtrait suffisamment. Et même s’il n’en parlait pas, Briseis sentait bien qu’il allait un jour où l’autre mettre le sujet sur la table. L’ombre de ses reproches planait encore sur le loup et son emploi du temps aidait également, du moins jusqu’à ce qu’il ne lui reproche de ne plus être disponible. Elle avait espéré pouvoir mettre suffisamment de distance jusqu’à la fin de ses études mais cet espoir était totalement irrationnel, et ce n’était même pas ce qu’elle souhaitait. Non. Bien au contraire. Elle voulait surpasser ses craintes et ne savait pas comment s’y prendre. Tout lui semblait bizarre ou bien « mal ». C’était idiot. Ses propres parents s’étaient bien aimés alors pourquoi ce serait mal ? Elle aimait Bràn. Et manifestement, il l’aimait aussi. Peut-être qu’elle le testait un peu, comme pour s’assurer qu’il ne partirait pas une fois qu’il aurait eu ce qu’il voulait. Son raisonnement était faux : il avait eu ce qu’il voulait et il était toujours là. Oui. Même s’il l’avait pris et n’avait pas vraiment respecté son choix, à savoir son vœu de chasteté jusqu’au mariage. C’était d’une autre époque, elle en avait bien conscience bien que l’Irlande soit un pays où la religion était encore importante. Ce fut une joie de découvrir tant d’églises aussi belles. Elles avaient toutes une histoire, certaines avaient mille ans. Et cela l’impressionnait encore.

Et voilà qu’elle rencontrait Ksenia. Ksenia qui n’avait aucun problème pour avoir des relations sexuelles, même sans amour. Comment faisait-elle ? C’était un mystère pour Briseis et elle voulait tellement surpasser ses craintes qu’elle avait accepté de s’ouvrir un peu. Ce n’était pas vraiment dans ses habitudes mais avait-elle le choix ? Une amie ne pourrait pas vraiment lui dire les choses franchement. Bràn... Encore moins. Elle estimait que le loup n’était pas vraiment le bon interlocuteur, ou plutôt, elle se méfiait un peu de ses dires. Il avait tendance à promettre une chose pour en faire une autre... Si elle pardonnait, elle n’était pas idiote. Une femme serait sûrement plus à même de lui expliquer et qui mieux qu’une femme comme Ksenia ? Ce n’était pas péjoratif, loin de là. Pour Briseis, c’était une sauveuse. Un peu sa dernière chance. Et elle semblait gentille. Si elle se moquait d’elle, il lui suffirait de battre en retraite et d’espérer que sa cliente ne le raconte pas à la ville entière. D’ailleurs, la prostituée lui donnait quelques idées de visite. L’église abandonnée... Le lieu serait un peu trop isolé et connaissant le loup, elle préférait ne pas profaner un endroit sacré. « Randonnée ? Eh bien... J’aime bien marcher mais je n’ai jamais fait ça avant. Je suppose que ce serait parfait pour lui, il préfère être en extérieur... » Elle faisait toujours attention à ses mots. Il ne fallait pas trahir la véritable nature de Bràn, après tout, elle ignorait encore tout de celle qui lui faisait face. Hochant la tête avec un sourire, Briseis ne comprenait que trop bien cette sensation d’être dévisagée, alors elle était compatissante sans non plus être trop dans le pathos.

Un festival était également à l’approche. A l’énumération de toutes les choses qui allaient se produire, Briseis se trouva transportée. Tout ceci ferait certainement de bonnes sorties pour les dimanche... Non ? Elle vit un groupe de quelques irlandais entrer dans le bar. La jeune femme les salua et s’excusa auprès de Ksenia pour aller les servir. Guinness. Elle n’avait même pas besoin de poser la question, c’était la bière nationale après tout. Elle les encaissa et revint vers sa cliente. « Je n’avais pas entendu parler de ce festival, mais tout ça m’a l’air vraiment intéressant ! Merci pour le tuyau ! ». Son visage devint moins souriant quand elle apprit le meurtre d’une jeune fille. « Assassinée ? Oh quelle horreur ! Mais qui ferait ça ? » Oui. C’était vraiment abominable. Elle imaginait la peine des parents d’apprendre la mort de leur fille et les circonstances... Peinée, Briseis pensa qu’elle n’irait sûrement pas se renseigner. Si Ksenia n’en dormait toujours pas, elle préférait s’éviter ça. La discussion avançait et elle apprit que la jeune femme aux cheveux roses avait suivi quelq’'un. « Je ne connais pas beaucoup l’Ukraine mais si tu es plus heureuse ici, tu as bien fait de partir. » Pour elle, c’était l’envie de retrouver un père, de reprendre un nouveau départ, notamment en démarrant des études. « En fait, je commence à comprendre qu’il  y a certaines vérités historiques et des histoires qui visent à transmettre une morale. C’est un peu nouveau pour moi mais je trouve ça très intéressant. J’avais tendance à être un peu trop aveugle, je suppose. A prendre tout au littéral. Maintenant... Je commence à voir les choses autrement alors oui, je suppose que c’est enrichissant. » Elle sourit encore. Et le sujet si épineux qui lui occupait l’esprit fut abordé.

Le petit ami. Déjà, celui-ci ne cherchait pas sa famille, c’était une chose que Briseis respectait même si elle ne le comprenait pas toujours. Elle comprenait bien qu’il puisse penser qu’il n’était pas désiré alors à quoi bon retrouver ceux qui l’on rejeté ? Mais d’un autre côté, il pourrait peut-être en apprendre plus sur lui... Comprendre d’où il venait et de qui il pouvait tenir. Mais ce n’était pas sa priorité. « Oui, mais parfois connaître ses racines peut aider à mieux tracer sa route... » C’était bien la première fois que Briseis soutenait une idée. Habituellement, elle se serait tout simplement contentée de sourire et d’hocher la tête, de se ranger au côté de son interlocuteur...

Interlocutrice même, qui allait peut-être pouvoir lui donner les clés dont elle avait tant besoin. Le frapper avec une lampe ? Briseis fronça les sourcils. Pourquoi ferait-elle une chose pareille ? Oh ! C’était une blague ! Elle rit, gênée. Oui, le sujet était quasiment tabou pour elle et le soulever n’avait donc rien de naturel. « Seule ? » Euuuuuuuuuuh. Le doute se lisait sur son visage comme le nez au milieu de la figure. Briseis ne pouvait certainement pas faire quelque chose comme ça c’était... Eh bien... « Oh mais... » Non, ça lui semblait juste compliqué. Seule ? Mais on s’y prenait comment ? « Je ne sais pas... Je veux dire... » Elle rougissait à vu d’oeil. « Oui, j’essaierai. » Sauf qu’un milliard de questions se bousculaient à présent dans sa tête : comment fallait-il faire ? Est-ce que c’était simple ? Que devait-elle apprendre exactement ? » Ce n’était pas vraiment clair.
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