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 I won't give up. (Alaska et Utah)

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Le soleil brillait sur cette nature verdoyante, laissant apparaître l'illusion que tout allait pour le mieux. Pourtant, ce n'était pas le cas. Derrière les arbres, derrière l'enchantement que procurait mère nature se trouvait une ville incendiée, brûlée par la peur, la haine, la rage, la perte et surtout la douleur. Cette ville dans laquelle Juliet avait grandit et qu'elle n'avait même pas pu aider ce fameux jour, elle avait simplement été repoussée loin des évènements par ses propres choix. Beaucoup lui laissaient entendre qu'elle avait été terriblement chanceuse mais, elle ne pouvait pas s'empêcher de culpabiliser parce qu'elle savait qu'elle aurait pu aider, elle en était persuadée. Elle remplit ses poumons d'oxygène avant de laisser ses ailes apparaître et de s'envoler, pas très haut, seulement prendre un peu de hauteur, changer de point de vue.

Elle n'avait pas pu aider ce jour-là mais, elle voulait croire qu'elle pouvait le faire maintenant, pour ses amis. Ce n'était pas pour rien qu'elle avait quitter la forêt pour retrouver la ville et prendre le chemin d'une maison qu'elle connaissait bien, ou du moins, qu'elle avait bien connue. Cette demeure avait été épargnée par l'incendie et pourtant les rires semblaient avoir volés en éclats et les souvenirs étaient partis en fumée. Elle avait l'habitude de jouer de la guitare et de planifier la prochaine mission sensation forte dans cette maison mais aujourd'hui, elle n'y allait pas pour cela. Elle y allait parce qu'elle ne voulait pas abandonner deux êtres à qui elle tenait autant, elle refusait de les laisser se noyer dans leur souffrance. Elle ne voulait plus voir le visage d'Alaska miner par l'alcool pour tenter de faire fuir la tristesse, elle ne voulait plus qu'Utah s'enferme dans un monde d'artifices. Elle savait le mal que cela faisait de perdre quelqu'un de sa famille -ou que l'on considère comme tel-, elle-même avait perdu sa mère et refusait la possibilité qu'il en soit peut-être autant pour son frère. Elle comprenait leur douleur sans doute mieux qu'ils l'imaginaient mais, elle refusait catégoriquement l'idée de les laisser livrer à eux-mêmes quand bien même ils en viendraient à la supplier de partir. Enfin c'est ce qu'elle voulait croire parce qu'elle savait bien que ça ne serait pas simple d'être à leur côté et s'incruster dans leurs douleurs, de se plonger dans leurs mots. En avait-elle seulement le droit ? Elle n'en savait rien mais, elle ne savait pas qui avait le droit à cet instant puisque leur deuil respectif les éloignait l'un de l'autre alors qu'ils avaient toujours été si soudés. Quoiqu'il en soit, elle ne pouvait pas rester passive, observer la situation de loin.

Elle passa une main dans ses cheveux, tira nerveusement sur son t-shirt avant de prendre une grande bouffée d'air frai et d'oser frapper contre cette porte. A vrai dire, elle ne savait pas s'ils étaient là, elle n'avait pas pris la peine de prévenir. Alors, elle attendait devant ce palier, espérant au plus profond d'elle-même ne pas croiser les fantômes de ses amis. Elle savait que le chagrin pouvait détruire et mener quelqu'un à se perdre lui-même, d'une certaine façon elle le faisait aussi mais ce n'était pas ce qu'elle souhaitait pour eux.


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Assise sur le côté de la maison, un joint à la main, une bouteille d’alcool au sol, le regard fixer dans le vide, alors que la fumée magique enveloppe mes poumons, soulage une douleur temporairement, me faisant voler plus haut que je ne devrais l’être. Je le savais qu’un jour j’allais tomber, qu’à vouloir planer si haut, j’allais me briser comme une poupée de porcelaine, mais j’aimais trop ça là haut, j’étais trop bien sur mon nuage. Et j’entends la mer au loin, j’entends les vagues qui viennent et qui partent, mouvement constant dans le chaos de mon âme, je réalise bien que j’ai pris Dallas pour acquis, tout comme Utah et Dakota. Mais tout ce que je vois, c’est son regard dans celui d’inconnu, son reflet dans le miroir, son ombre dans la noirceur. Une partie de moi voudrais croire au folies de Dakota, qu’il est avec des anges, qu’il est bien, mais j’y crois pas, j’y croirais jamais, parce que tout ce à quoi je suis capable de croire c’est que nous l’avons abandonné, alors que les flammes l’enveloppait, alors que la mort l’amenais, alors que le plafond s’écroulait sur lui. Je pris une gorgé d’alcool, sillon de feu dans mon corps, dans mon âme.

Oh. J’avais honte, honte de celle que j’étais devenue depuis sa mort. Drogue, sexe, alcool, je cherchais le trouble là où il n’y en avais pas, mon front encore fendu de la dernière bataille dans laquelle je m’étais retrouvé, le lit de l’inconnu, dans lequel je m’étais retrouvé ce matin, encore chaud. J’évitais de rentrer chez moi, j’évitais de croiser le regard rempli de douleur de Dakota, j’évitais celui d’Utah. Et je comprenais pas, je comprenais pas comment Dakota pouvais être si forte, tel un roc, je ne comprenais pas comment elle faisait pour ne pas s’écrouler sous la douleur, pour toujours être égale à elle-même. Je ne comprenais pas, je ne voulais pas comprendre. J’aimais mieux m’empêtrer dans les vapeurs d’alcool, dans la fumée de la drogue, dans la douleur physique, mentale. J’étais morte de l’intérieur, une coquille vide. J’étais égoïste dans ma douleur. J’étais une putain d’égoïste. Mes parents n’avaient toujours pas eu de nouvelles de moi, mon cellulaire mort depuis des jours maintenant, et je savais que Dakota leurs parlaient, qu’elle leurs donnait des nouvelles, mais ils auraient honte s’ils savaient ce que j’étais devenue. Cette loque pas vraiment humaine. Cette fille qui cherchais l’amour dans le lit d’inconnu, qui recherchais la douleur physique pour éviter de voir celle plus subtile qui entourais son âme. Ils auraient honte comme moi j’avais honte. Mais dans les vapeurs qui embrumais mon cerveau, je n’avais pas cette douleur qui m’envahissait, j’avais seulement le moment présent, la musique des vagues, l’odeur de la mer, une haine profonde envers la terre entière. À force de vouloir voler si haut, on as tendance à s’écraser. Et je leurs en voulait, aux deux autres parties de moi, je leurs en voulais de leurs inactions, de leurs torpeurs alors que les flammes tombait sur Dallas. Je leurs en voulais de s’être laisser emporter, de ne pas avoir combattu. De l’avoir abandonné. Je n’avais pas recroisé Utah depuis cette soirée sur la plage, j’évitais son regard, j’évitais sa douleur. Elle ressemblait trop à la mienne, sa colère faisant échos à celle qui battais en mon être, on était trop pareil. Je lançais le reste de mon joint, prenant ma bouteille avec moi alors que je me levais. Je voulais aller me coucher dans le lit de Dallas, sentir son odeur m’envelopper, je voulais fermer mes yeux et l’imaginer, le sentir si près, tout près. Mais alors que je m’avançais pour rentrer chez moi, je tombais nez à nez avec Juliet. Un instant, je le fixais, sans réaction. Je n’avais pas envie de voir personne, surtout pas ceux que je connaissait avant, ils me rappelaient trop lui, ils me jugeaient trop.

‘’Qu’est tu fou?’’

Je n’étais pas particulièrement sympathique depuis quelques temps, glaciale serait le mot juste. Je n’avais pas envie de voir personne, personne qui me jugerais, me regarderais avec cette lueur de pitié dans l’oeil. Je voulais m’enfoncer dans ma douleur. Je voulais m’enfoncer dans ma haine, ma rage, pas dans la pitié des autres. Je n’en avais rien à faire de la pitié des autres.
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Allongé de tout mon long sur le canapé, je n'avais même pas eu la force cette nuit de rejoindre mon lit pour pioncer. Après ma petite baignade nocturne, j'avais profité du silence de la maison pour squatter le salon. Pas de justificatif à donner, pas de sourire feint à offrir, pas de mots marmonner à la va-vite pour qu'on me lâche. Rien que le silence et l'absence de vie autour de moi. Cela me confortait dans mon malheur, personne pour me rappeler que la vie continuée. Personne pour me prouver que le monde continue à tourner malgré la mort de Dallas. Personne pour se soucier de mon alimentation ou de ma santé. Hier soir j'étais bien, au calme, presque serein. Le trou dans ma poitrine était toujours présent et extrêmement douloureux mais je commençais lentement à m'y faire. Je vais devoir vivre avec jusqu'à la fin de mes jours, il faudra bien que je m'y fasse non ? Après je dis certainement ça parce que je suis toujours perché. Allongé sur le canapé, je tente d'émerger mais c'est difficile. Mes yeux s'ouvrent et se ferment quasiment simultanément. Je lutte pour les garder ouverts mais c'est difficile, voir limite impossible pour le moment. Alors j'abandonne la bataille, je laisse mes yeux clos et je tente de me souvenir de ce que j'ai fais après m'être installé sur le canapé. Je me suis allumé un join et je l'ai fumé tranquillement dans le noir. J'ai fini une bouteille de sky et j'ai tenté de trouver sa petite soeur, mais j'ai dû rapidement me rendre à l'évidence que j'étais à sec. J'ai retourné la cuisine, le salon et même ma chambre, mais rien, rien que des cadavres de bouteilles. La tristesse m'envahie, tout comme la douleur. Comment vais-je tenir jusqu'à demain ? Et puis je suis tombé sur une petite pilule. Je ne me souviens absolument pas de la personne qui me l'avait refilé ... Hunter ? La rouquine de l'autre fois ? Ce type dans la ruelle l'autre soir ? Franchement je ne m'en souviens plus, peut-être que c'était un cadeau d'un de nos invités lors d'une de nos soirées ... avant la mort de Dallas... Qu'importe au fond ? La façon dont je me la suis procuré n'a que peu d'importance, le tout c'est que maintenant je viens de la retrouver dans mes affaires.

Je retourne dans le salon. Je me cogne à deux murs et une table, je ne suis absolument pas frais. Mon corps souffre le martyr, il aimerait que j'arrête les excès. Mais je ne le ferais pas, qu'il souffre, cela prouve au moins qu'il est en vie, ce qui n'est pas le cas de Dallas. Lui ne souffre plus, il n'aura plus à souffrir, jamais. Je m'affale de nouveau sur notre canapé, j'attrape un verre à moitié plein et j'avale ma pilule. C'est dangereux de ne pas savoir ce qu'on prend, mais au point où j'en suis et dans l'état qu'est mon cerveau, je m'en contre balance. Après, j'avoue ne plus me souvenir de grand chose. Je me souviens d'une silhouette dans l'ombre. Je me souviens de ses chuchotements, sans pourtant me rappeler ce qu'ils disaient. Je me souviens de l'angoisse, d'une peur incontrôlable. Je me souviens de mes cris et de mes pleurs et puis ... plus rien. Le néant, le vide, le noir total. Jusqu'à maintenant en tout cas. Qu'est-ce qui m'a fait sortir de mon coma ? J'ai cru entendre des coups. Au début j'ai cru qu'on était en train d'utiliser mon crâne comme bélier pour ouvrir une porte. Vous imaginez pas la migraine que je me tape en ce moment. Et puis quand j'ai commencé à sortir du brouillard, je me suis rendu compte que ma tête était toujours attaché au reste de mon corps et que les bruits provenaient bien de la porte, mais pas de celle dans mon rêve. Du ventre, je réussis à me tourner sur le dos. Je serrais les dents, j'avais mal de partout, je crois qu'il n'y a pas un seul endroit sur mon corps qui n'est pas endoloris. Maintenant j'entends une voix, familière et pourtant en cet instant, je ne saurais dire qui c'était. Trop de bruit, trop d'agitation, on voulait donc ma mort ? Je réussis à ouvrir les yeux, la lumière m'aveugla et une nouvelle douleur me perça les tempes. Je grogne et je sens que ça ne va pas être la seule fois où je vais le faire aujourd'hui. Qu'est-ce qui m'est arrivé ? J'ai l'impression d'être passé sous un rouleau compresseur. Je finis par m'extirper difficilement du canapé pour rejoindre la porte. Quand je l'ouvre, je tombe nez à nez avec deux personnes : Juliet & Ska. Je les fixe sans vraiment les voir et je me contente de dire seulement "Chut ... trop de bruit" Avant de faire volte face, laissant la porte ouverte et me réfugiant dans la salle de bain. J'ai zigzagué jusqu'à la salle de bain et quand je vois ma gueule dans le miroir, j'arrive à peine à me reconnaitre. J'ai la gueule défaite, on dirait que c'est en plein chantier. Je suis pâle, presque translucide, les yeux rouges et des balises à la place de cernes. Bref, c'est certainement pas avec cette gueule que je vais pécho même si au fond, tout ça ne m'intéresse pas vraiment en cet instant. Je me passe un coup d'eau sur le visage, étrangement ça fait du bien mais ça n'arrange pas des masses mon état. Je réitère mon geste plusieurs fois avant de m'essuyer les visages et retourner dans le salon.

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I won't give up × ft. Alaska x Utah
Juliet attendait patiemment devant la porte, les bras croisés contre sa poitrine quand la silhouette d'Alaska – ou du moins de la version trash d'Alaska- se dessina. Juliette ne tarda pas à distinguer ses pupilles dilatées, cette mine défaite et ce corps qu'elle semblait traîner comme un boulet. Le coeur de la brunette se serra, elle n'aimait pas ce qu'elle voyait, elle n'aimait pas l'état dans lequel se trouvait son amie. Ce n'était pas de la pitié qu'elle ressentait, c'était de la peine et de la peur, pour Alaska, pour ce qu'elle était, pour ce qu'elle allait devenir, pour les regrets à venir. « Qu’est tu fou? ». Il n'y avait là, absolument aucune sympathie dans sa voix. A vrai dire, Juliet y entendait même de la colère. Elle n'en attendait pas moins, elle savait que la blondinette n'allait pas lui sauter dans les bras et fondre en larmes, racontant ses malheurs. Cela dit, c'était toujours rude d'entendre ce ton. Juliet aurait pu lui répondre sur le même ton, faire un commentaire sur son état mais ce n'était pas ce qu'elle voulait. Enfoncer le clou encore plus profond ne semblait pas être la meilleure solution. « Je suis venue vous voir, tu m'ouvres ? ». Jul' s'attendait d'ores et déjà à se faire envoyer sur les roses mais elle n'allait pas renoncer si facilement.

Cependant, la porte s'ouvrit et l'attention de Jules se détourna vers quelqu'un ressemblait à Utah. A vrai dire, à côté de lui, Alaska semblait presque resplendissante. « Chut ... trop de bruit ». Et il les laissa là, toutes les deux, la porte grande ouverte alors que la brunette l'observait s'éloigner, non sans inquiétude. Elle avait déjà vu Utah abuser de la drogue et de l'alcool mais ça ne ressemblait pas à cela, là, c'était du suicide lent et douloureux. Jules se tourna de nouveau vers Alaska avec une seule question. « Qu'est-ce qui s'est passé ? ». Elle ne voulait pas qu'elle lui parle du fait qu'ils étaient dans cet état à cause de la mort de Dallas, elle savait. Elle voulait savoir ce que Utah avait fait hier soir, ou ce matin, ce que Ska avait fait elle aussi. Elle voulait savoir quelle était l'étendue des dégâts, à quel point ils se détruisaient.

Sans plus attendre, elle pénétra dans la maison, elle n'y était peut-être pas vraiment invitée mais vu les circonstances, peu lui importait. Elle chercha Utah du regard, voulant vérifier comment il allait -physiquement-. Entendant l'eau couler dans la salle de bain, elle tapa doucement contre la porte. « Utah, ça va ? ». Elle avait peur parce que son métier l'avait déjà confronté à des scènes dans des salles de bains qu'elle préférait oublier. Et surtout, elle ne tenait pas à imaginer le blondinet dans cette situation. Elle passa sa main dans ses cheveux, elle avait beau s'y attendre, elle était malgré tout prise au dépourvu. Son regard se posa de nouveau sur l'ancienne surfeuse. Elle avait peut-être l'air plus fraîche qu'Utah physiquement mais son regard dilaté était éteint, son âme semblait être partie si loin de son corps pour ne laisser que la colère dans sa bouche et le néant en elle. « Pourquoi Ska ? ». Peut-être que la question était de trop mais rien de tout cela n'allait ramener Dallas ou permettre de remonter le temps, alors pourquoi agir comme ça ?

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Je la regarde un instant, ma bouteille toujours à la main, buvant directement au goulot. Je n’avais pas envie de voir personne, je n’avais jamais envie de voir personne. Je m’apprêtais à lui répondre, un non, méchant, retentissant, mais la porte s’ouvrit, Utah qui apparaissait sur le seuil. Je le fixais un instant, dans un état pire que le mien. C’était à se demander comment il avais fait pour survivre à sa nuit. Et je me doutais qu’il était partit dans ses propres évasions, dans sa propre décadence, comme moi je m’étais enfoui dans la mienne. Je m’étais roulé dedans, trouvant la bagarre, trouvant le lit de mon assaillant. Et c’était con, c’était vraiment con. J’avais toujours un oeil au beurre noir, le reste de ma nuit était toujours dans le néant, mais je m’étais réveillée près de lui. Et j’avais pu le reconnaître à cause de son tattoo sur ses jointures, tattoo que j’avais vu de très proche quelques heures auparavant. Et même si j’avais honte de moi, je savais que le soir venu, je ferais le même manège, que le matin venu, j’allais de nouveau me retrouver dans le lit d’un autre homme, une autre blessure visible quelques part sur mon corps, ma nuit perdu dans le néant.

Je hausse les épaules. J’en ai aucune idée. Je n’était pas là, je n’étais jamais là. Je n’avais aucune idée de ce que devenais Utah, Dakota, ma vie. Ils devenaient tous des étrangers, tous des inconnus. Depuis cette nuit sur la plage, alors que les trois avais été réunient l’espace d’une soirée, arrêtez dans le temps, je m’étais éloignée, de nouveau, toujours plus profondément dans ma décadence, toujours plus profondément dans l’alcool, la drogue, le sexe, peu importe, tant et aussi longtemps que je pouvais sentir ma vie s’échapper, tant et aussi longtemps que je pouvais ressentir, oublier ma douleur. Des nuits sans souvenirs, des lits inconnus, des hommes sans nom, sans visage. Je regardais Utah, je pouvais presque me voir dans son état, dans sa propre déchéance. Miroir de l’un. Et j’avais mal, mal de le voir comme ça, mal de le sentir s’éloigner si loin, de le voir devenir un inconnu, mais j’étais incapable d’aller le voir, incapable de voir mon reflet dans ses yeux. Alors je me tenais loin, le laissant à sa déchéance pour mieux profiter de la mienne.

‘’Je n’ai pas dormit ici depuis des lustres.’’

Je ne reviens que le matin, lorsque je sais que personne ne viendras me poser des questions, alors que l’aube n’es pas encore lever. Je me réfugie dans la chambre de Dallas, dans sa chaleur, dans son souvenir, et je lui demande de me pardonner de ne pas être assez forte, d’être qu’une putain d’égoïste. Je devrais être capable d’être là pour lui, pour elle, mais tout ce que je sais faire, c’est de m’enfoncer plus profondément dans le gouffre de mon âme, plus profondément dans ma mort, dans ma haine, ma rage, ma détresse.

‘’Parce que ça me fait ressentir.’’

Et c’est tout ce que je dit, tout ce que je suis capable de dire. Et c’est vraiment ça, ça me fait ressentir. Parce que j’ai l’impression d’être vide depuis sa mort, j’ai l’impression d’être une coquille sans vie, un corps sans âme. Et au fond de moi, j’ai cette envie de ressentir, de goûter, de sentir, de vivre, mais je suis incapable, incapable de le faire alors que lui repose six pieds sous terre. Incapable de vivre alors que lui n’es plus là, alors qu’il est seul. Mais je ne le réalise peut-être pas, mais nous sommes tout aussi seuls, dans notre douleur, nous sommes tous un peu mort. Aucun de nous n’est capable d’avancer, nous faisons du surplace, absorbé par la mort plus que par la vie.
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Non ça ne va pas. J'ai l'impression de sortir d'un cauchemar ou plutôt j'ai l'impression de toujours y être. C'est horrible de ne pas savoir si je suis réveillé ou encore en train de dormir. Tout est si réel et irréel en même temps. Et puis je ne me sens pas bien, définitivement pas bien. J'ai l'estomac au bord des lèvres et pourtant je n'ai rien avalé depuis longtemps. En fait j'ignore depuis combien de temps je n'ai pas mangé donc j'ignore ce qui pourrait sortir si je me mettais à vomir. Rien, très certainement, en dehors de la bile, bien entendu. Je ne suis pas en pleine faculté de mon corps et j'avoue que je déteste ça. Cela dit vu tout ce que je m'enfile depuis la mort de Dallas, c'est assez contradictoire, voire c'est même du foutage de gueule de prétendre ne pas aimer ça alors que je ne contrôle plus rien depuis un moment. Mon moi intérieur déteste ça, mais ma conscience se rend compte que c'est la seule façon de continuer à vivre. Je n'ai que 22 ans mais j'ai l'impression d'être au bout de ma vie, que si je mourais demain ce ne serait pas grave. C'est fou ça non ?

Penché sous le robinet de l'évier, je tente de me passer de l'eau sur le visage pour améliorer mon état. Ca ne fait pas grand chose en dehors de me réveiller un peu. Je grogne plus que je réponds à la question de Juliet. Je ne vais pas m'évanouir dans la salle de bain, enfin en tout cas j'ai pas la sensation que ça va m'arriver, mais sait-on jamais. Je finis par fermer le robinet, m'essuyer un peu le visage et je m'observe quelques instants. J'ai toujours la même gueule, peut-être un peu moins la gueule enfarinée mais c'est toujours pareil. J'abandonne, de toute façon ce ne sera pas avec de l'eau qui ça va changer quelque chose. Je finis donc par sortir de la salle de bain, passant à côté de Juliet et je me dirige vers la cuisine pour trouver un truc à bouffer. Ce n'est pas tant que j'ai réellement faim, mais je me dis que quitte à vomir, autant le faire avec quelque chose dans l'estomac. Et puis pour être honnête, ça ne pourra que me faire du bien. "Quelqu'un veut quelque chose ?" Dis-je la tête dans le frigo. J'avais beau être encore à moitié perché, avec un beau mal de crâne, j'avais encore mes manières, ma mère serait presque fière de moi … presque. Heureusement qu'ils sont loin, sinon je serais déjà en centre de désintox depuis fort longtemps.

J'entendais vaguement la conversation qu'il y avait entre Juliet et Ska. Je n'avais pas entendu le début de leur conversation, j'ignorais donc si Ska avait été toujours aussi froide ou si elle s'énervait rapidement. Mais ce qui est sûr c'est qu'elle n'avait pas l'air heureuse de voir Juliet débarquer. Juliet quant à elle avait l'air inquiète. Quand on voit nos gueules, on ne peut que comprendre mais au fond, on ne lui avait rien demandé. En cet instant, tout cela me fait marrer. Ska joue la connasse de service et Juliet tente de nous venir en aide. Wouhai je confirme, ça me fais marrer, j'ai envie de leur dire d'aller se faire foutre et que je n'ai besoin de personne. De toute façon si je me barrais, personne ne le remarquerais, sauf peut-être Dakota. Je crois que si je décidais de reprendre la route, elle serait la seule avec Alexis à qui j'enverrais un mot, pour ne pas qu'elles s'inquiètes, les autres pouvaient crever. Je suis méchant, cruel, mais je m'en fous. Je crois que dans ma tête, plus je blesserais de gens et mieux cela vaudra, non pas tant pour les blesser que parce qu'après ils m'ignoreront. Ce qui signifie qu'il pourrait m'arriver n'importe quoi, ça leur ferait ni chaud, ni froid. Ainsi, si je venais à disparaître, je ne blesserais personne, pas comme Dallas. Au fond je lui en voulais je crois, à cause de lui on souffre, tout ça parce qu'il a su devenir indispensable à nos vies, et voilà le résultat !!

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L'envie de lui arracher cette bouteille des mains et de la fracasser contre un mur était grande mais ça ne changerait rien, cela n'aiderait pas. Si Alaska voulait boire, elle le ferait sans se soucier de la bouteille qu'elle ingurgitait. Juliet aurait voulu avoir une lueur d'espoir en voyant la porte s'ouvrir, elle aurait voulu voir le Utah qu'elle connaissait mais elle n'était pas si naïve. Elle savait par avance qu'il serait au fond du trou seulement, la vérité faisait toujours plus mal en face. Le jeune homme s'éclipsa dans la salle de bain, laissant de nouveaux les filles entre elles et ce n'était pas vraiment pour le meilleur. « Je n'ai pas dormit ici depuis des lustres. ». La fée poussa un long soupir, elle avait beau s'attendre à une réponse de la sorte, elle détestait ces mots là. Aux yeux de Juliet, ils auraient du se serrer les coudes comme ils l'avaient toujours fait avant la mort de Dallas parce que c'était ainsi que les choses fonctionnait. Ils ne devaient pas s'éloigner les uns des autres et se regarder souffrir sans réagir. Malgré le vide immense qu'aucun des deux ne pourraient combler, ils n'étaient pas seuls. Juliet aurait voulu les secouer, leur rappeler seul mais pour l'heure elle s'inquiétait davantage de savoir comment allait Utah, ou du moins s'il était toujours bien vivant dans la salle de bain. Un grognement incompréhensible soulagea le coeur de la brunette un instant. Elle reposa son regard sur Alaska, sans aucune pitié mais avec beaucoup d'inquiétude. « Tu devrais... c'est quoi ce coquard ? ». Elle aurait voulu lui demander si elle se battait avec un clochard pour un bout de carton ou si elle ressentait un besoin masochiste de se faire frapper pour ressentir de l'adrénaline mais Juliet gardait ses paroles pour elle-même. Le but n'était pas du tout de se disputer avec Alaska, elle était son amie et peu importe son ton froid, ses regards hostiles, la demoiselle Azarov refusait de lâcher prise.

Tout comme elle refusait catégoriquement de laisser Utah, de le laisser s'enfoncer davantage dans ce merdier. Le jeune homme se dirigea vers le frigo, un air absent sur le visage, comme si sa conscience était loin de son âme. A vrai dire, Jules sentait sa poitrine se contracter jusqu'à en être douloureuse devant ce macabre spectacle. Elle aurait voulu que ses pouvoirs de fées puissent soigner ce genre de maux, elle aurait voulu voler toute leur douleur et les forcer à affronter la vie, de nouveau, à se relever mais, elle était impuissante. Elle n'avait que la détermination et l'amitié qu'elle leur portait à tous les deux pour les aider. « Quelqu'un veut quelque chose ? ». Honnêtement, Jul' fut assez surprise par cette question, elle ne s'attendait pas à ce que le jeune homme garde un tant soit peu ses manières. Enfin, elle se retourna vers l'ancienne surfeuse, lui demandait simplement pourquoi. Et à cette question si simple, la réponse fut tout aussi simple et glaciale. « Parce que ça me fait ressentir ». Jules fronça les sourcils, elle ne voulait pas être méchante mais il fallait vraiment qu'elle les secoue. « Ressentir quoi ? Tu cherches quoi, l'adrénaline de se prendre un coup dans la gueule ? ». Elle se tourna alors vers Utah, parce que ça le concernait tout autant. « Et toi, tu cherches à être perché tellement haut que tu ne pourras plus jamais redescendre ? ». Bien sûr que Juliet se savait moralisatrice mais s'apitoyer sur leur sort n'allait nullement les aider. Elle n'allait pas leur proposer des cookies, des paquets de kleenex et venir les border parce que ce n'était pas ce dont ils avaient besoin. Ils avaient besoin de réaliser qu'ils existaient toujours, indépendamment mais aussi, ensemble. « En tout cas,ce dont je suis certaine c'est que rien de tout ça n'est une manière de se sentir vivant... il suffit de vous regarder. ». Deux zombies, deux corps qui voguent sans âme, sans but. « Vous pouvez pas rester comme ça, à vous détruire séparément et mutuellement... putain Alaska, tu fais quoi si tu perds Utah aussi ? Et toi Utah si tu perds Alaska ? Votre amitié est pas morte avec Dallas ! ». Bon voilà, c'était dit. Zu fond, Juliet voulait voir ses amis réunis dans un premier temps, veiller l'un sur l'autre, intervenir, se protéger, comme ils l'avaient toujours fait. Aux yeux de la demoiselle, ce grand pas redonnerait déjà un sens à leur vie.

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I won't give up × ft. Alaska x Utah

Je savais même plus ce qui me faisait avancer, ce qui me faisait me tenir debout, au fond, je savais même si j’étais simplement de faire un pas vers le futur, de faire un pas vers autre chose que l’auto-destruction.

J’haussais les épaules à sa question, ne prennant même pas la peine de lui répondre, pour moi c’était simple, une autre bataille, un autre défonçage de gueule. Étrangement, j’avais l’impression de me sentir proche d’Utah quand je me battais, parce qu’avant, c’était ensemble qu’on le faisait, avant c’était ensemble qu’on allais trouver le trouble, avant on était jamais l’un sans l’autre. Et pour une raison ou une autre, me faire défoncer la tronche alors qu’il n’était pas, ça me semblait une punition juste pour mon égoïsme, pour les avoir abandonner dans leurs douleurs. Parce qu’au fond, j’aurais juste voulu qu’il me retienne, qu’il me prenne par la main et qu’il me dise qu’il était là. Je l’aurais repousser, il le savais, je le savais, mais j’aurais aimer qu’il le fasse tout de même, j’aurais aimer qu’il soit là alors que je m’enfonçais dans ma propre noirceur, dans le néant de l’alcool et l’oubli. J’aurais aimer qu’il soit là alors qu’en même temps, je le voulais aussi loin de moi que possible. Je ne voulais pas voir cette douleur dans ses yeux, je ne voulais pas le voir dans le même état que moi, dans cette confusion, envahit par la drogue. Non. Je ne voulais pas le voir. Je ne voulais pas voir mon reflet. Au fond, je me disais que c’était pour ça que je me retrouvais dans le lit d’inconnus toute les nuits, que je l’évitais lui. C’était con, c’était contradictoire, mais j’étais conne et contradictoire. Mais d’un sens, j’aurais voulu que ce soit lui qui me relève. Même s je savais que ce ne serais pas le cas, que ce ne serais probablement jamais le cas. Tout comme je ne l’aiderais pas, tout comme je ne serais pas plus présente. Rien ne changerais, rien ne serait plus jamais pareil. Et au fond, j’aurais bien aimer qu’il parte, qu’il parte à l’aventure, faire du surf, qu’il retourne dans les compétitions. Même si ça me briserais complètement, même si loin de lui, je serais encore plus incapable de me relever, que je ne ferais que sombrer encore plus profondément, au moins, je ne l’empêcherais plus de faire ce qu’il aime, ce qu’il était né pour faire. J’étais au boulet. Un énorme boulet qui ne faisait que les enfoncer plus profondément. Au moins s’il partait, il serait libéré de moi. Ça me briserais, mais lui il serait libre. C’était con de vouloir ça propre déchéance n’est ce pas? Mais au fond, je me disais que j’étais une cause perdue, qu’éventuellement je trouverais la mort dans le bas fond d’un quartier mal famé, mais lui, lui il avait encore le surf, et pour moi, c’était un signe d’espoir, un signe qu’au moins, il était pas totalement dénudé, qu’il n’était pas vide.

Mon regard se posa sur lui alors qu’il nous demandais si l’on voulais quelque chose, et au fond de moi, j’avais l’impression que quelque chose se brisait quand je le voyais. Alors je détournais les yeux, me concentrant sur elle, me concentrant sur ma bouteille. Sur la question qu’elle me posait. Non ce n’était pas l’adrénaline, c’était la douleur physique, celle qui surpassait la douleur constante qui empoignais mon être, qui s’aggripais avec force à mon coeur. Celle qui me donnais envie de mourir, celle qui me donnais envie de tout casser, de partir et de ne jamais regarder derrière, celle de boire jusqu’à oublier, celle qui m’empêchais de regarder Utah, celle qui m’empêchais d’être autre chose qu’une conne égocentrique et qui ne cherchais que sa propre destruction.

‘’La douleur physique. Elle me fait oublier l’autre douleur.’’

Et au fond, je ne sais pas trop pourquoi je lui répondais, pourquoi je prenais la peine de lui répondre. Je n’en avais rien à faire d’elle, je n’en avais rien à faire de ce que les autres pensaient de moi. Je m’en foutais comme de l’an quarante, mais au fond, j’avais besoin de me justifier, pas devant elle, mais devant Utah, devant Dallas. J’étais morte de l’intérieur, souffrir physiquement, un coup de poings au visage, une main autour de ma gorge, mon crâne qui explosait sur un mur de brique, étrangement, me faisait sentir plus proche d’eux, plus proche de lui. Et c’était stupide, complètement stupide, il était mort, il ne reviendrais pas, mais j’avais toujours espoir qu’il arrive, qu’il me sorte du pétrin comme il l’avais toujours fait, que Utah arrive, qu’il vienne me rejoigne, qu’il vienne se battre avec moi comme il l’avais toujours fait. C’était con parce que je savais qu’aucun des deux ne viendrais, parce que je savais que je me retrouverais simplement plus près du bord, plus près du gouffre, que quand je réalisais qu’aucun des deux n’interviendrais, qu’aucun des deux n’était plus là, je finissais sur la corde raide, le gouffre sous moi, deux destructions de chaque côté. J’étais foutu, peu importait quelle direction je prenais. Seule, je n’étais pas grand chose, seule, je n’avais pas grand chance de m’en sortir. Mais je persistait dans ce chemin, je persistait à m’auto-détruire, à m’éloigner, à les tenir loin de moi. Je la fixais, de mes yeux vides alors qu’elle se fâchais contre nous, alors qu’elle essayais de nous rapprocher, mais je savais bien que c’était peine perdue, que ni l’un ni l’autre ne voulais se rapprocher, que ni l’un ni l’autre ne voulais voir l’autre, on se détruirais mutuellement.

‘’Il serait mieux sans moi.’’


Et au fond, je le croyais, même si l’inverse n’était pas vrai, même si moi sans lui, c’était aussi bien que de préparer l’annonce de ma mort dans la rubrique nécrologique du journal local, même s’il était aussi loin que l’étoile la plus proche, il était là, je pouvais le voir, sentir son odeur quand je finissais par rentrer à la maison, je pouvais voir sa présence, je pouvais presque le toucher, il était là même s’il ne l’était pas vraiment. Lui loin, je finirais par me détruire complètement. Mais lui, lui il survivrais, lui il était capable d’être sans moi, lui serait mieux sans moi. Au moins il pourrait vivre. Il pourrait partir surfer sans être mal à l’aise vis-à-vis de moi. Il serait libre. Et j’avais beau être égoïste dans ma douleur, au fond, tout ce que je voulais c’était qu’il soit heureux, et si cela voulais dire être loin, soit, si cela voulais dire ma mort, alors soit. Au fond, je n’en avais rien à faire de vivre ou mourir.

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J’aime bien Jules, c’est évident. C’est une fille sympa, avec qui on a passé de bonnes soirées mais sérieux, je m’en fous de ses leçons moralisatrices, j’ai pas besoin de ça et Ska non plus. Bon au fond si, on a carrément besoin de ça, on a besoin qu’on nous botte le train, qu’on nous ouvre les yeux, qu’on nous force à voir la réalité en face, qu’on nous réveille. Mais voilà, même si au fond de nous, on en est conscient, ben on n’a pas envie de l’avouer et on a certainement pas envie que Miss Perfection vienne nous rappeler qu’on joue aux cons, qu’on n’est que des merdes, même pas foutu de réagir correctement au décès de notre meilleur ami. Mais wouhai, on est naze, on est en dessous de tout, mais qu’est-ce que ça peut lui foutre ? Qu’elle regarde ailleurs si la vue la dégoûte, après tout on ne la force pas à regarder. Après elle joue les amies et un jour je lui en serais reconnaissant, mais pas aujourd’hui, aujourd’hui j’ai envie de l’envoyer chier, de lui dire de fermer sa gueule et de nous foutre la paix. Voilà où j’en suis actuellement. La tête dans le frigo, je n’obtiens aucune réponse à ma question. Qu’elles aillent se faire foutre, je prends une assiette qui se trouve au frigo, avec des pâtes à l’intérieur. Depuis quand sont-elles là ? aucune idée, je fais confiance à Dakota pour ne pas chercher à nous empoisonner, je me dis donc qu’elles sont encore bonnes. Je Je ferme le frigo et mets l’assiette dans le micro onde. Le temps que ça chauffe, j’écoute distraitement la conversation des filles. Ska ne dort quasiment jamais ici, elle est toujours fourrée ailleurs. Si j’avais été un vrai pote, j’aurais vu les marques qui recouvrent son corps, mais je suis trop égoïste et auto-centré sur moi pour remarquer quoi que ce soit. Je crains comme meilleur ami, j’en suis parfaitement concscient mais je n’ai jamais dis que je concourrais pour le prix du meilleur ami de l’année, fort heureusement. Quand l’assiette est prête, je sors une bière du frigo, une des rares qui restent, et je m’installe de nouveau sur le canapé, près des filles.

Grave erreur, bien entendu. Juliet n’est pas venue juste pour découvrir nos états pitoyables et repartir la bouche en coeur. Non, elle a décidé de venir nous faire chier jusqu’au bout. L’avantage de sa visite c’est que je reste dans la même pièce que Ska, ça ressemblerait presque à un miracle. Il faut croire qu’il n’y a que les autres qui arrivent à nous garder au même endroit un moment, si ça ne tenait que de nous, nous nous éviterions avec grand plaisir, nous frôlant de temps à autre sans nous accorder un regard, préférant jouer les autruches plutôt que de voir la peine et la douleur chez l’autre. Mais ici, difficile de faire autrement que de devoir voir l’état pitoyable dans lequel se trouve Ska. Pourtant malgré moi, je me dis qu’en dehors de son coquard, je crois que je gagne haut la main celui qui a une sale gueule. Mon état est lamentable et je ne ressemble définitivement à rien. Si je retournais en cours ou si je postais des photos ou vidéos de moi, les gens ne me reconnaitraient pas et auraient peur. Heureusement que je suis en silence radio pour le moment, je leur épargne de le spectacle. "Qui a dis que j’avais envie de redescendre ?!" lui dis-je sans une once d’hésitation. Je m’en fous qu’elle accepte mes réponses sans broncher ou si ça va la rendre dingue. Pour être honnête je me fous un peu de tout. Même si au fond de moi, je refuse l’idée d’être perché à jamais. Non, j’ai déjà l’impression que j’ai pris un peu trop de drogue et que quelque chose ne va pas chez moi. Quelque chose c’est brisé, c’est rompu et j’ignore si ce sera possible de le réparer. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’entends des voix, parce que ce serait totalement exagéré et je n’irais pas non plus jusqu’à dire que j’ai des hallucinations … J’ai l’impression que c’est plus compliqué que ça. Je crois que la vérité c’est que je n’arrive pas à déterminer si je suis endormi ou réveillé. Parfois j’ai des hallucinations auditives, je crois entendre des choses alors que les gens n’ont juste pas parlé ou dis totalement autre chose. C’est assez flippant. Ca ne m’arrive pas souvent et c’est assez récent, mais ça me fais un peu froid dans le dos. Je crois que tant que je m’en rends compte, c’est une bonne chose ou j’aime à le croire. Tant que je sais que c’est une production de mon esprit, je peux faire la part des choses entre la réalité et l’illusion. Mais qu’adviendra-t-il de moi quand je n’en serais plus capable ? Que vais-je devenir ? Quand Juliet reprend la parole, j’ai cru au début comprendre qu’elle me disait de me suicider, ce serait une bonne chose et je ferais moins chier les gens et j’avais eu la sensation que Ska approuvait. Mais après une seconde de surprise, je réalise qu’elle n’a pas dis ça. Je ferme les yeux quelques instants, j’ai la nausée. "C’est peut-être parce qu’on n’a pas envie de se sentir vivant ? T’y as pensé à ça ? Que peut-être on est mort de l’intérieur ? " Ska répond à son tour et j’avoue que ça réponse m’agace profondément et j’ai juste envie de lui dire "Mais putain ta gueule Ska, arrêtes de raconter de la merde !! " Pas de délicatesse, pas de tentative d’être délicat ou autre, je m’en fous, elle me saoule quand elle sort de la merde comme ça ...


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C'était un véritable carnage, une scène désolante que Juliet aurait pu quitter mais devant laquelle elle restait. Pas malgré elle, mais, malgré tout, c'était douloureux de les voir ainsi mais elle ne pouvait simplement tourner les talons. Bien évidemment ce serait plus simple, fermer les yeux et ne pas affronter ce vide dans le regard et ce sentiment que peu importe ce qu'elle faisait, elle ne provoquerait que leur colère. Oui, ça serait tellement plus simple mais ce n'était pas l'option que Juliet avait choisi. « ’La douleur physique. Elle me fait oublier l’autre douleur ». Jul ferma les yeux un bref instant, cette réponse n'avait aucun sens, c'était de l'autodestruction pure et dure. « C'est totalement insensé... et ça ne durera qu'un temps. ». Après elle aurait besoin de plus pour oublier cette douleur, de se faire toujours plus de mal sauf si enfin elle acceptait d'affronter ce trou béant dans sa poitrine.

Alaska n'étant pas la seule à n'être plus que l'ombre d'elle-même, Juliet ne put s'empêcher de s'en prendre à Utah aussi. Elle faisait tout ça parce qu'elle tenait eux mais, elle ne doutait qu'à ce moment précis ça ne comptait pas. Il n'y avait qu'eux et leur douleur , il n'y avait de la place pour rien d'autre. « Qui a dis que j’avais envie de redescendre ?! ». Personne, absolument personne et pourtant, un jour il le faudrait bien. Juliet savait que Utah avait des limites, que pour celui qu'il était, il était déjà allé trop loin, trop haut mais qu'il se sentait simplement incapable de s'arrêter là. Elle aimait croire qu'une petite partie de lui raisonnait encore malgré tout, qu'une partie de lui ne voulait pas rester perché dans les méandres de l'euphorie perdue. « C'est pas une question d'envie à ce niveau, t'as besoin de redescendre. ». Et de réaliser que malgré tout, la Terre n'a pas cessé de tourner et que leur vie continue.Perdre un proche change une personne à jamais, mais ce n'est pas pour autant qu'on doit se perdre soi-même. Jules luttait chaque jour pour ne pas sombrer, pour ne pas croire que Théo n'était plus là, elle se battait pour continué à donner du sens à sa vie. Alaska et Utah devaient en faire autant, ils en avaient besoin.

Ils avaient besoin de se rattacher à la vie, ensemble. Ils avaient une amitié que Jul' n'aurait cru voire brisée ou même éméchées, ils étaient comme frère et soeur. « C'est peut-être parce qu’on n’a pas envie de se sentir vivant ? T’y as pensé à ça ? Que peut-être on est mort de l’intérieur ? ». Oui, elle y avait pensé, oui elle savait qu'ils avaient la sensation d'être mort à l'intérieur mais cela ne changeait absolument rien. « Alors à quoi ça rime ? Pourquoi chercher à ressentir quoique ce soit d'autre que la douleur de la perte de Dallas si c'est pour avoir vaguement la sensation d'être vivant ? ». C'était la douleur qui pouvait les ramener à la vie, ranimer qui ils étaient.  « Il serait mieux sans moi. ». Juliet avait envie de s'étrangler en entendant ça parce que ce n'était qu'un tissu de connerie, ils n'étaient pas bien l'un sans l'autre. En perdant Alaska après avoir perdu Dallas, il n'y aurait plus aucun espoir pour que Utah sorte la tête de l'eau, c'était certain et ce même s'il restait Dakota. Et était-ce vraiment utile de dire que la réciproque était tout aussi vraie ? « Mais putain ta gueule Ska, arrêtes de raconter de la merde !! ». Juliet était soulagée d'entendre ça, de constater que les paroles d'Alaska touchaient encore Utah, c'était au moins ça. « Comment tu peux en arriver à penser ça, Alaska ? ». C'était peut-être dur de se voir souffrir mutuellement mais là, ils se faisaient souffrir mutuellement en étant loin l'un de l'autre et c'était bien pire.
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désolée, j'étais longue à répondre
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