(Alexis&Castiel) ▴ been waiting on that sunshine

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Castiel & Alexis
een waiting on that sunshine
La nuit au bar avait été longue, très longue pour Alexis qui s’était écroulée de fatigue une fois rentrée chez elle, aux alentours de quatre heures du matin. C’était rare qu’ils ferment aussi tard mais, quand il y avait beaucoup de clients, le patron tenait à ce que l’Ambush reste ouvert le plus longtemps possible. Les affaires, c’étaient les affaires. En contrepartie, elle avait le droit à son jour de congé le lendemain. Dont elle n’avait guère profité puisqu’elle s’était réveillée en début d’après-midi, sans aucune envie de faire quoi que ce soit. Mais il n’était pas dans son caractère de rester allongée dans son lit à attendre que le temps passe, alors elle avait passé ses baskets et était partie courir, plutôt longtemps, assez pour qu’en rentrant, l’après-midi ait quasiment terminé le temps qui lui était dévolu. La brune se glissa sous la douche, appréciant l’eau brûlante qui la lavait de sa sueur et de sa fatigue en même temps. Quand elle sortit de sa douche, son téléphone jeté négligemment sur son lit, clignotait, annonçant qu’un message l’attendait.

NOT IN A GOOD SHAPE. SPOT & VODKA ?

Alexis poussa un petit soupir. Elle était contente de voir Castiel, surtout que ça faisait un petit moment qu’ils ne s’étaient pas vus et elle aimait trop passer des moments avec lui pour que ça ne lui manque pas. Mais elle savait de quoi il allait vouloir lui parler - aillant eu Niamh au téléphone pendant plus d’une heure quand la dispute s’était produite - et elle se doutait qu’il n’allait pas bien, qu’il n’était pas “in a good shape” comme il le disait lui-même. La brune avait faillit lui envoyer un message, pour savoir si ça allait, s’il avait besoin de parler… mais connaissait Castiel et savait qu’il ferait le premier pas quand il en aurait envie, quand il en aurait besoin. Alors elle se sécha en vitesse et s’habilla. Ils allaient avoir besoin de vodka, c’était une certitude, même s’il ne l’avait pas précisé dans son message. Descendant les escaliers qui menaient au rez-de-chaussé rapidement, elle passa par le bar où elle trouva une miraculeuse bouteille pleine - et une bonne en plus, c’était une bouteille de vodka à la vanille, achetée il y a une éternité et restée au placard suite à une soirée avortée - qu’elle fourra dans son sac avant de quitter sa maison.

Le coin où ils se retrouvaient toujours depuis qu’ils se connaissaient était situé non loin de leur quartier. Ils l’avaient trouvé lors de l’une de leurs vadrouilles, quand ils étaient encore au lycée. Le coin était parfait pour s’échapper en douce, le soir, sans avoir besoin d’aller trop loin, et il était suffisamment à l’écart pour qu’ils aient l’impression d’être ailleurs que dans leur petit quartier si paisible.

Alexis dépassa rapidement les habitations et les bâtiments et s’engagea sur un petit sentier qui conduisait au coin secret que partageaient Alex et Castiel. À l’écart de tout et de tous, protégé des regards indiscrets par les détours du chemin qu’il fallait emprunter et par les arbres qui les protégeaient de leurs branches feuillues, ils avaient une vue imprenable sur la plage et sur la mer qui s’étendait au-delà. Autant dire que c’était comme un petit coin de paradis qui leur appartenait à eux deux, et à eux deux seulement. Lui tournant le dos, Castiel était déjà là, assis sur la souche qu’ils avaient trouvée adolescent et qui leur servait de banc. « Nous voilà, moi et la vodka. » La jeune femme enjamba la souche et s’installa à côté de Castiel, étudiant le visage de son ami.
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Castiel & Alexis
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Castiel avait déménagé la veille pour chez Alix. Tout s'était passé relativement vite, peut-être parce qu'il vivait dans un brouillard insaisissable depuis plusieurs jours. Il avait sombré, parti de la maison familiale pendant quelques heures, il n'y était retourné que bien plus tard dans la nuit, complètement défoncé, n'avait d'ailleurs croisé personne, bien heureusement, d'ailleurs. Puis il avait franchi le pas, et tout en s'évanouissant dans le noir complet, sombrant dans la tristesse, il avait juste décidé de partir, sans plus de prévention que ça. Alix lui avait offert une porte de sortie qu'il s'était empressée de prendre, il fallait bien l'admettre, mais ile npouvait de toute manière pas faire autrement, pas après ce qu'il s'était passé entre lui et Niamh. Dans ces moments-là, il avait pensé rester seul, il ne voulait de toute manière plus voir peronne mis à part son nouveau colocataire. Mais sa nature même sociable et insouciante l'avait rattrapée, on échappe pas à qui l'on est, et une pensée s'était envolée vers Alexis. Ils avaient beau ne plus être un couple depuis assez d'années pour ne plus vraiment se souvenir de ce que c'était qu'en être un, ils restaient tout de même assez proches. C'est pour cette raison que lorsqu'il attrapa son téléphone portable, son nom en resortit presque immédiatement. Il n'eut pas vraiment à réfléchir longtemps à la teneur de son message, en vérité, c'était globalement la première chose qui lui venait. " Not in a good shape. Spot & Vodka?" Une fois qu'il fut envoyé, le triton se leva de la chaise sur laquelle il était affalé, et sortit de chez Alix.

L'endroit où ils se retrouvaient étaient une petite clairière à l'abri des regards que Castiel et Alexis avaient trouvé lorsqu'ils cherchaient désespérément à fuir leur vie un peu trop rangée d'Eagle Street. C'était leur endroit à eux, qu'ils n'avaient jamais vraiment quitté depuis. Le jeune homme s'assit sur la souche d'arbre et se perdit dans la contemplation des tapis de fleurs qui sonnaient l'arrivée du printemps. Castiel aimait la nature, il la trouvait tellement bien ordonnée, sans que rien ne soit pas à sa place, sans que quelque chose ne fasse défaut. Les fleurs de toutes les couleurs, un rayon de soleil faisant scintiller une feuille, les oiseaux et les écureuils ayant élu domicile au creux des branches ... Il aurait pu rester là pendant des heures, juste à observer ce que Mère Nature leur avait gracieusement offert et que les hommes détruisait petit à petit. Il aurait voulu la préserver, faire en sorte qu'aucune fleur ne soit cueillie pour ne pas qu'elle en perde sa beauté, vouloir conserver ce calme et cette douceur que seules les prairies pouvaient offrir. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il serait parti vivre en pleine forêt pour pouvoir profiter de ce spectacle tous les jours, ce spectacle qui mettait bien loin derrière lui tous les problèmes qu'il avait eu ces dernières semaines. Mais il était conscient que tout homme même celui avec les meilleures intentions était un risque pour la magnificence de ce qu'il n'a pas encore touché.

Castiel ne pleurait pas. Il ne versait jamais de larmes, n'était pas fait de ce bois là. Mais il s'enfermait tellement loin dans ses pensées, ne souriait plus, n'arrivait plus à enchaîner correctement un pas après l'autre. Pourtant il le devait, il devait avancer comme si ce n'était pas grave, comme si ce n'était rien. Comme si la perdre était aussi peu important que la perte d'un ennemi. Sauf qu'elle n'avait jamais été son ennemie. Elle était sa moitié, son tout, son éternelle. Celle qui resterait toute sa vie à ses côtés car sans elle, il se tuait sans même s'en rendre compte. On parle souvent des liens entre jumeaux, pour certains ils n'existent que pour les vrais jumeaux. Castiel était d'accord pour être contre cette idée. Mais maintenant ... Il avait simplement envie de se perdre dans cette image de nature calme et apaisante. Lorsqu'il entendit la jeune femme arriver derrière lui, il se força à lui sortir un sourire. " J'avais oublié à quel point c'était beau ici au printemps. ça fait un moment qu'on est pas venus hein?" Il ne la blâmait pas, il ne se blâmait pas non plus  à vrai dire, ils avaient tous les deux une vie très remplie.

Le jeune homme soupira, baissant les yeux sur ses mains entrelacées, comme s'il était nerveux. Mais il ne l'était pas, il était juste triste, perdu dans son esprit. Pensant à Elena, tout ce qu'il devait faire, pensant à l'entreprise, et surtout pensant à ce qu'il devrait affronter seul. " J'y arriverais pas sans elle Alex. J'ai essayé, et je suis en train de virer fou."  Parce que par fierté, il avait refusé de la contacter, il ne savait même pas quoi lui dire tellement la situation était nouvelle pour eux. Jamais ça n'avait été aussi loin.
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Castiel & Alexis
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Cette clairière avait toujours été leur refuge quand ils étaient adolescents et qu’ils cherchaient à quitter pendant un temps leur petite vie, surtout Castiel qui subissait une pression qu’elle ne connaissait pas de la part de son père. C’était leur coin secret, à eux deux et seulement à deux. Alexis cala la bouteille entre eux deux, l’enfonçant légèrement dans la terre pour qu’elle ne tombe pas, et rendit son sourire à Castiel. Sourire qui était crispée, remarqua-t-elle, bien loin de la bonne humeur qu’elle avait l’habitude de le voir afficher. Ceci dit, la situation n’était pas habituelle non plus. Alexis connaissait Niamh depuis une éternité, elles partageaient tout depuis qu’elles se connaissaient, et même si Alexis n’avait pas été proche de Castiel avant le lycée, elle le connaissait déjà à travers les yeux de sa jumelle. Et depuis tout ce temps qu’elle connaissait les jumeaux Ò Murchu, jamais elle ne les avait vu lancés dans une dispute de cette ampleur. Ils s’étaient déjà chamaillés, comme le font tous les frères et soeurs, comme elle l’avait déjà fait avec son frère - d’autant plus souvent qu’elle était super susceptible et qu’il savait comment la faire bouder - mais jamais ils n’en étaient arrivés au point de dire des choses blessantes à l’autre et de claquer la porte sans se retourner. Parce que Niamh l’avait appelée la vieille, la jeune femme savait déjà ce qu’ils s’étaient dit, ce qu’ils s’étaient balancé à la figure et ça dépassait de loin le cadre d’une petite dispute fraternelle. « Une éternité, tu veux dire ! » Quand ils étaient au lycée et qu’ils avaient entamé leur relation - relation, relation… ils étaient sortis ensemble, apparaissant comme un couple aux yeux des autres, mais s’étaient vite rendu compte qu’ils n’étaient pas faits pour ça, tous les deux, qu’ils s’étaient engagés dans une amitié qui avait légèrement dérivée (et ça n’avait pas été désagréable, loin de là) mais que ça n’était pas fait pour eux, ça non. Ils étaient faits pour être de très bons amis, pas pour avoir des sentiments l’un envers l’autre - puis qu’ils avaient découvert cet endroit, les deux adolescents s’y rendaient très régulièrement, sûrement parce que dans cette période le besoin de fuir le quotidien se fait plus pressant. Puis il y avait eu l’université, le travail, les responsabilités… Il n’y avait personne à blâmer dans cette histoire, hormis le temps, d’autant plus qu’ils n’étaient pas de ses amis qui ont besoin de se voir tout le temps pour maintenir les liens qui les unissent. Elle l’aimait toujours autant, même si ça faisait longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus, et ça ne changerait pas. « C’est vrai que c’est un bel endroit, on l’a bien choisi. »

Castiel semblait ailleurs, les yeux baissés sur le sol ou sur ses mains, elle ne savait pas trop, et il se triturait nerveusement les doigts, perdu dans des pensées qu’elle ne connaissait pas mais qu’elle pouvait parfaitement imaginer. Il n’avait pas une vie facile et elle ne l’enviait pas : né dans une grande et riche famille, toutes ces responsabilités qui pesaient sur ses épaules… elle aurait sûrement fait un burn-out, depuis le temps, et il avait du mérite pour ça, pour supporter et avancer malgré tout le poids qu’on lui faisait porter, tout ce qu’on attendait de lui comme ce mariage arrangé qui ne le contentait pas - qui se contenterait d’un mariage arrangé en même temps ? Alors elle ne s’étonna pas trop de ce qu’il lui dit, sachant que Niamh était un pilier dans sa vie tout comme il était un pilier dans la sienne et que les jumeaux ne tiendraient pas longtemps l’un sans l’autre. « Je sais bien, Cas… je sais bien. » Alexis avait toujours été très proche et fusionnelle avec son frère, sa perte avait été une plaie béante dans son coeur, et elle était pourtant loin d’être aussi proche de lui que les jumeaux ne l’étaient entre eux. Il devait y avoir un lien, à la naissance, qui liait les jumeaux pour la vie, beaucoup plus fort que ne l’étaient jamais les autres frères et soeurs. En tout cas, c’était le cas pour Niamh et Castiel. « Mais elle ne tiendra pas sans toi non plus, vous avec tous les deux besoin de l’autre. » Sauf qu’ils avaient le même caractère, ses deux amis, ils étaient aussi fiers l’un que l’autre et le premier pas était toujours le plus dur à faire. « Si vous étiez un peu moins fiers tous les deux, aussi. » Si l’un des deux osait le faire, ce premier pas, les choses s’arrangeraient d’elles-mêmes, elle en était convaincue, ils s’aimaient trop pour ne plus se parler indéfiniment. Il fallait juste - et juste représentait un pas immense - qu’ils osent retourner vers l’autre. Parce que Niamh lui en voulait mais elle ne pouvait pas se passer de son jumeau et elle saurait lui pardonner, elle arriverait à relativiser.
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Humainstaff
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Castiel & Alexis
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Cette clairière avait toujours été le havre de paix de Castiel. Il s'y sentait à l'abri, loin de toute la pression qu'il pouvait ressentir venant de sa famille, de ses obligations. Il y venait souvent, auparavant, pour voir Alexis, quand ils se voyaient encore comme plus que des amis et que sa famille le désapprouvait, ou même lorsqu'ils commencèrent cette étrange amitié. Rien de mal n'était jamais arrivé ici, alors c'était comme si ... Comme si tout pouvait s'effondrer à l'extérieur, et que pourtant, ce qu'il voyait, cette souche d'arbre, ces fleurs ... C'était son environnement stable, sécurisé.



Alexis s'installa à ses côtés, et il tenta de lui offrir un sourire. Il n'avait pas l'habitude d'être dans cet état. Castiel, c'était le genre de mecs qui donnait la joie de vivre aux autres, qui les faisait bouger, exprimer les côtés positifs de leur vie. C'était celui qui arrivait à trouver la phrase, l'expression, la blague qui réussirait à illuminer une journée. Celui que l'on aurait jamais cru en proie à des questions aussi importantes que la femme qu'il devrait bientôt épouser, ou même les raisons qui le poussaient à tuer, alors même que ce n'était pas inscrit dans son code génétique de base. D'ordinaire, on ne pouvait rien deviner de ce qui le traversait, parce qu'il ne laissait rien paraître. Pour tout le monde, le triton, c'était une constante envie de bouger, de montrer qu'il pouvait, en dehors de son nom de famille, briller. Qu'il pouvait vivre, comme tout le monde. Ce jeune adulte qui sortait peut-être un peu trop, riait pour n'importe quoi, essayait de ne pas vivre à moitié. Comme si cette partie de lui s'était évanouie en même temps qu'il avait arrêté de parler  à Niamh. Peut-être était-ce seulement elle, sa jumelle, qui pouvait le rendre ainsi. Peut-être que sans elle, il ne pouvait que s'enfermer dans une obscurité dont il ne ressortirait pas indemne. Le jeune homme fixait sans la voir la bouteille de vodka posée au sol, essayant de trouver les mots. Mais c'était dur. Il voulait tout dire sans rien prononcer. Comme si tout se bloquait au fond de sa gorge. " ça me manquait un peu. " Comme retrouver un peu de celui qu'il était au lycée. Dans cette période de sa vie ou rien d'autre n'importait que les cours, le basket, la chasse mais beaucoup moins. La tristesse face à la mort de sa soeur avait été la seule chose devant laquelle il avait du mal à se tenir debout, mais il avait l'impression que ça n'avait été que le début. Avec le recul, sans doute cette période-ci était tellement la moins difficile de toute sa vie, c'était dire à quel point sa famille n'était pas réellement la plus chanceuse de Bray. Une des plus riches, sans aucun doute. Mais loin d'être celle à envier. Tu te souviens quand on voulait à tout prix partir du lycée? Grandir, parce que la liberté nous tendait les bras? On était cons. Doucement, il se mit à rire. Ce n'était pas vraiment drôle, il était stupide d'avoir cru un jour à cette utopie. C'était tout. Mais valait mieux en rire maintenant que tout était déjà fait. Mais c'est pour cette raison qu'ils étaient partis de ce lieu. Grandir. Il ne méritait plus leur attention? Peut-être était-ce l'inverse. Peut-être ne méritaient-ils plus la paix qu'il pouvait leur apporter.



Il ne pouvait chasser Niamh de son esprit. Elle était sa moitié, son tout. Celle pour qui il donnerait sa vie. Ce n'était pas une façon de parler, c'était un peu con, un peu syndrome du prince charmant. Mais s'il y avait bien une personne pour qui il ferait tout, c'était elle. Et pourtant, ils s'étaient déchirés comme jamais. Ils s'étaient fait souffrir comme personne auparavant. Parce que justement, la personne que l'on aimait le plus, au-dessus de toutes les autres, était souvent celle possédant le pouvoir de vous faire vivre le pire des enfers. Et personne n'y aurait mieux réussi. Avec le recul, et le fait qu'il ne réussissait pas oublier les cris, les explosions de voix qui avaient fait trembler les murs, les larmes dans la voix, celles au coin de ses paupières qui n'avaient jamais coulées lorsqu'il était sorti de cette pièce sans un seul regard en arrière, il savait qu'ils avaient tous les deux été trop loin. Que beaucoup trop de paroles prononcées ne voulaient rien dire, qu'elles n'avaient plus de sens. Mais les derniers mots de sa jumelle résonnaient encore au creux de son oreille, comme un poison. " T'es mort pour moi, Castiel." Voilà les derniers mots qu'il avait entendu de sa jumelle avant de partir. Ceux qui le hantaient. " En vingt-trois ans je peux pas te citer une seule fois où j'ai eu autant peur de la perdre. Et la peur, il la ressentait. La peur qu'elle ne revienne jamais, qu'elle ne puisse pas lui pardonner. Il ne savait pas vraiment s'il le méritait ou pas, la question était piège. Sans doute à moitié. Sans doute avait-il commis une erreur, et sans doute avaient-ils tous les deux été trop loin. " Je pensais juste ... Tu t'enfermes dans une situation et après ... Je savais juste pas comment faire. ça me semblait tellement plus simple de rien dire, comme si je pouvais éviter le chaos." Ce n'était pas vraiment simple quand le chaos semblait avoir un crush indéfectible sur sa personne. Il soupira, se mit à rire doucement de la réponse d'Alexis. La fierté, c'était un problème majeur de la famille Ò Murchù, ça c'était plutôt clair. Ils possédaient la même, presque incapable à faire flancher ne serait-ce qu'assez pour les faire parler. " C'est pas pour rien qu'on est jumeaux, on a le même père après tout." Parce que c'était de lui que leur venait leurs plus grosses tares, mais aussi, et il ne fallait pas se mentir, leurs plus grandes forces, qui leur permettait de survivre à tout ce qui leur tombait dessus, en rapport avec leur famille ou pas, d'ailleurs. Avec un soupir, il attrapa la bouteille de vodka, pour en boire un peu. La liqueur au fond de sa gorge le piqua. La vodka pure, ça n'avait rien de spécialement miraculeux, du moins au goût, mais ses nerfs n'en étaient que mieux. "Raconte-moi un peu comment ça se passe à l'Ambush. " Parce que Castiel avait besoin de parler, mais surtout de se changer les idées.



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Castiel & Alexis
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Elle en avait vu des choses, cette clairière : des belles choses, d’autres plus tristes, de la colère, de l’envie, des rêves… oui, elle avait vécu au rythme de la vie de Castiel et Alexis, partageant leur peine et leur bonheur. Elle était un peu comme la gardienne de leur mémoire, de leur passé, même si ça faisait un moment qu’ils n’étaient pas venus ici, tous les deux. En fait, Alexis ne venait ici que lorsqu’elle était avec Castiel, parce que cet endroit, c’était eux deux, eux deux ensembles et pas elle toute seule. Elle n’était tentée de s’y rendre que quand il lui donnait rendez-vous, sinon ça n’était qu’une clairière dont elle se souvenait comme un lieu agréable mais qui attendrait que Castiel et elle se retrouvent. Et il était temps, ça faisait bien trop longtemps qu’ils ne s’étaient pas vus. « Moi aussi, ça me manquait. » Ils avaient été adolescents dans cette clairière, se réfugiant ici dès que le monde devenait trop étroit pour eux et que leurs familles devenaient trop étouffantes. Où qu’ils voulaient simplement partir, comme le disait si bien Castiel. « Tu es trop dur avec nous-mêmes là. On était peut-être trop idéalistes, des adolescents quoi ! » Idéalistes, c’était bien le mot, surtout quand on connaissait un peu plus intimement la vie des Murchu et qu’on connaissait leur père, au moins de réputation : il n’aurait jamais laissé Castiel s’enfuir et vivre sa liberté dont il rêvait tant adolescent. Tous leurs rêves et leurs espoirs s’étaient évanouis avec la fin de leur adolescence : pour Castiel, c’était la responsabilité qu’incombait son nom de famille, c’était le mariage arrangé par son père, et tout le reste ; pour Alexis c’était la mort de ses parents qui avait marqué la fin de son enfance d’une manière assez brutale, la perte de toute famille. Ils étaient devenus adultes rapidement, perdant l’innocence qui était la leur durant leur période du lycée et c’était peut-être pour ça qu’ils ne venaient plus autant dans cette clairière, parce qu’elle représentait quelque chose qu’ils n’avaient plus, ni l’un, ni l’autre. Pourtant, elle procurait toujours le même apaisement chez la Samson.

Ce qui n’était pas vraiment le cas de Castiel dont la nervosité était presque palpable. Cette clairière elle avait tout connu d’eux mais c’était sûrement la première fois qu’elle recevait l’un des deux dans un aussi triste état. Castiel et Niamh s’étaient vraiment faits du mal avec cette dispute, parce qu’ils s’aimaient plus qu’ils n’aimaient n’importe qui d’autre, parce qu’ils étaient liés par bien plus que le sang et des sentiments, quelque chose que seuls les jumeaux possédaient - et encore, tous n’étaient pas aussi proches que l’étaient la meilleure amie d’Alexis et Castiel. Et c’était la force de ce lien qui faisait qu’ils pouvaient se détruire et se blesser pire que ne le ferait une balle de revolver, et ce, avec quelques simples mots. Mais même si elle connaissait l’immensité de la fierté chez les Murchu, elle restait persuadée, au fond d’elle, qu’ils ne pourraient pas rester en froid très longtemps. Ils s’aimaient trop, il leur fallait simplement le petit coup de pouce pour qu’ils fassent le premier pas. « C’est normal de préférer ne rien dire pour ne pas blesser… mais c’est normal que, quand l’aveu sorte, ça blesse. D’autant plus que vous vous êtes toujours tout raconté, alors forcément, ce secret lui apparaît d’autant plus gros et blessant… » Elle ne jetait absolument pas la pierre à Castiel, elle comprenait parfaitement qu’il ait voulu garder le secret pour ne pas blesser sa jumelle en lui avouant avoir eut une relation avec son futur mari - parce que comment regarder son promis en face quand on sait qu’il a eu une liaison avec son frère ? ça ne devait pas être évident à gérer - mais elle comprenait aussi la réaction de Niamh. En fait, elle les comprenait tous les deux, était entièrement d’accord avec leur position et ne prenait aucun parti. Le tout était d’ouvrir les yeux des jumeaux sur la légitimité de la réaction de l’autre. Autant essayer de faire changer de chemin à la mule la plus têtue du monde. Et encore, même cette mule serait moins bornée que les Murchu. « Et votre père ne vous a pas transmis un tant soit peu de… capacité à mettre sa fierté de côté ? Non, non je n’imagine pas Gideon s’excuser. »

Alexis eut un petit rire en imaginant le père de son ami s’excuser platement après une dispute. Elle ne le voyait pas vraiment dans ce rôle mais espérait que les jumeaux y arriveraient un peu plus. Castiel attrapa la bouteille et la porte directement à sa bouche. Avec un nouveau petit rire, la jeune femme fouilla dans son sac pour en tirer les deux récipients qu’elle avait attrapés avant de quitter sa maison. Elle avait pris les deux premiers trucs propres qui passaient à sa portée, en l’occurrence deux mugs, l’un immonde avec un coeur et un message niais, l’autre tout bleu. « Tiens, je te laisse les coeurs et l’amour, tu pourrais l’offrir à Niamh pour qu’elle te pardonne ? » Avec une petite grimace, elle tendit la tasse à Castiel. « Si tu fais ça, laisse de la vodka dedans parce que sans ça, elle n’a vraiment aucun intérêt, cette tasse. » Elle tendit aussi la sienne pour que Castiel la remplisse de l’alcool transparent. « Attends, il me reste peut-être un peu de jus d’orange… » Son sac était un vrai bordel et, effectivement, il y avait une bouteille de jus d’orange qui devait traîner là dedans depuis un petit moment. Mais la vodka détruirait les quelques microbes de toute façon. « L’Ambush… » soupira-t-elle en portant sa tasse vodka/jus d’orange - quel super petit déjeuner - à ses lèvres. « Ça se passe. Rien de spécial, à part quelques disputes quasiment tous les soirs mais bon ! Et toi l’entreprise familiale ? »
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Castiel & Alexis
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Castiel pourrait rester prostré ici pendant des heures, sans avoir la moindre envie de bouger. Il était bien, dans cette clairière, à l'abri de toute sa vie. Et si c'était le bordel, loin dehors, si les souvenirs de tout ce qui l'attendait une fois qu'il en serait sorti étaient bien là, il se sentait comme dans une bulle, sa bulle, qui ne pouvait pas éclater. Cet endroit n'aurait jamais de fin tant qu'ils seraient là tous les deux pour en profiter. Le triton ne se souvenait plus vraiment comment ils avaient trouvé l'endroit, comment leur était venue cette idée. Mais finalement, tous les enfants, tous les adolescents avaient cette période où le besoin de s'évader se faisait ressentir, et tous cherchaient cet endroit spécial qui leur permettrait de partir et de ne plus prendre en compte le monde autour d'eux. C'était ainsi qu'était faite la vie, le premier pas vers l'indépendance. Dans la plupart des familles cependant ... Pour lui, c'était différent. Son indépendance, il l'avait peut-être eu à ce moment là, avant qu'elle ne lui soit enlevée définitivement. Mais à l'époque ... Disons qu'ils courraient après plus, tous les adolescents aspiraient à grandir, à découvrir le monde, à ce que leur vie ne soit pas aussi vide de sens que celle de leurs parents, et lui rêvait de rébellion, après la mort d'Ailee, il avait décidé de la venger, de se trouver une paix dans cette idée. Qu'il réussirait malgré cela, malgré sa soeur, à vivre sa vie comme il l'entendait. " Mais ça aurait dû être ça, tu sais. On aurait dû juste ... Apprendre mieux à vivre. Je suis sûr que si le mec de quinze ans que j'étais me voyait, il se foutrait de ma gueule." Et il aurait raison. Il laissait passer bien trop de choses de sa vie. Il était parti pour être le parfait Gidéon Junior, et la seule chose qui l'alertait est qu'il était de moins en moins réfractaire à cette idée, trouvait à son père de plus en plus d'excuses, de plus en plus de raison. Il y a quelques années, il aurait donné cher pour échapper à sa famille, et maintenant qu'il repensait à Gidéon, la seule chose qu'il voyait était ce qu'il avait fait de bien et comment il gérait sa vie, et son travail.



Mais surtout, jamais celui qu'il était auparavant n'aurait laissé la situation s'empirer avec sa jumelle à ce point là, et c'était sans doute ce qui lui faisait le plus mal, de tout ce qu'il avait pu dire et faire. En vérité, aucune de leurs disputes précédentes n'avait eu un sujet si grave, ils avaient tous les deux un caractère extrêmement fort et forcément, lorsqu'ils étaient en désaccord, le ton montait assez vite. Niamh était d'ailleurs une des seules qui arrivait réellement à le mettre hors de lui, alors qu'il réussissait très bien à garder un calme olympien avec n'importe qui d'autre. Mais entre eux, y avait pas vraiment de faux semblants, pas d'attitude à conserver pour rendre fier sa famille, pas d'armure à se créer pour échapper aux émotions. Ils étaient réels l'un envers l'autre ,et c'était exactement pour ça qu'ils avaient pu en arriver là. Parce qu'ils se connaissaient assez pour savoir quoi se dire, pour savoir ce qui ferait mal, ce qui donnerait à l'autre l'envie de juste s'enfermer à double tour pour ne plus en sortir. Ils se connaissaient profondément, assez pour pouvoir se faire souffrir, mais c'est quelque chose qu'ils n'avaient auparavant jamais voulu faire.  " T'as jamais eu des relations que t'as regretté ? Si tu dis la nôtre je te jure je te tape. Mais de celles où t'as juste compris que c'était mal, après coup. Je pouvais pas le savoir sur le moment. Les mariages, dans la famille, c'est une loterie. Et on est pas un à être tombés sur le gros lot encore. " Castiel savait que tout aurait été différent si sa vie sentimentale, celle authentique, n'avait pas déjà été un sacré bordel. S'il avait été célibataire sans attache, sans doute ne serait-il pas aussi réfractaire à l'idée de se marier. Et Niamh ... Niamh ne connaissait pas Mae avant l'annonce de leurs fiançailles contrairement à Castiel. Il n'aurait jamais pu se douter qu'ils allaient finir liés, pas huit ans plus tôt. Certes lorsqu'ils avaient tous les deux compris la situation, le triton n'avait tout de même rien voulu dire à sa soeur. Là était sa plus grosse erreur, mais qui allait droit dans le mur avec le sourire et sans essayer de l'éviter ? Parce que oui il avait cru pouvoir garder ça sur la conscience sans en dire un mot. " S'excuser? Tu te rappelles du même Gidéon que moi rassure moi? Je crois que je l'ai jamais entendu s'excuser auprès de n'importe qui."



C'était une scène cocasse à imaginer, Gidéon tout penaud, sans savoir vraiment où se mettre à admettre qu'il avait eu tort sur un quelconque sujet. Ce n'était pas vraiment le genre de la maison, ni du père, ni de la famille en règle générale. Alors qu'il but une lampée de la bouteille, Alexis sortit deux tasses de son sac. Effectivement, on pouvait dire que certains étaient prévoyants, lui, ça ne le gênait pas de jouer aux alcoolos, une bouteille  à la main. Il y était plus ou moins habitué. Observant la tasse qu'elle lui tendait, il tira une grimace, mais ne put s'empêcher de rire à la phrase de la Samson. C'était effectivement une idée à développer, qui sait, sur un malentendu ... " Je crois que je vais passer mon tour. Même si c'était le moment de lui offrir des cadeaux, je suis pas certain que celui-là n'aurait pas l'effet inverse." Songeur, il mit une dose de vodka dans la tasse. " Elle finirait probablement en morceaux au pied d'un mur. Je le lui souhaite pas !" Attrapant le jus d'orange qu'Alexis venait de retrouver, il secoua la tête. " Petite joueuse ... Mais c'est moins dégeu, c'est sûr.' Le sujet partit ensuite sur leurs diverses occupations ... Rien de bien fabuleux mais c'était une façon de s'échapper du quotidien ... En en abordant un autre aspect. " Et toi avec ton corps tout frêle tu les gères ? Waow ! Pour ma part ... Je suis en train de suivre une formation dispensée par le seul et unique ... Gidéon, en parallèle du mémoire qui me donnera accès à mon diplôme, celui qui me servira pas. "



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Castiel & Alexis
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C’était pas très évident, mine de rien, de se retrouver dans cette clairière là. Parce que certes c’était leur coin à eux, retiré du monde, à l’écart de tout, dans laquelle ils n’étaient plus que Castiel et Alexis. Pas de nom de famille, pas de famille tout court, pas de charge qui leur pesait sur les épaules… sauf quand la clairière les renvoyait justement à leur adolescence et aux rêves qu’ils avaient pu avoir et qui étaient bien loin maintenant. Oh ça, c’était sûr qu’il avait raison Castiel. Les adolescents qu’ils avaient été seraient tout sauf satisfaits de voir de quoi leur futur était fait. Ils n’avaient jamais rêvés de ça. Comment Alexis aurait-elle pu rêver de se retrouver seule, avec Seeley dans le coma et ses parents décédés. Comment aurait-elle pu rêver de se retrouver seule dans cette grande maison, perdue dans un espace temps qui n’était que le sien : un espace temps où elle ne se voyait pas vieillir, fonder une famille, trouver quelqu’un avec qui partager sa vie… Non, elle n’avait jamais rêvé de ça. Et pourtant c’était bien sa vie, qu’elle le veuille ou non. Elle ne s'apitoyait pas sur son sort, les moments dédiés à ça étaient réservés à Eldarion parce que lui aussi se trouvait dans une situation similaire, mais elle ne l’encensait pas non plus. « C’est clair qu’ils se foutraient de nous… On est bien loin d’être ce qu’on rêvait. » La jeune femme eut un petit rire jaune. « T’entends comme on parle ? On dirait des vieux de quarante ans alors qu’on en a même pas vingt-cinq. » Au fond il était peut-être pas trop tard pour se rattraper, pour rendre un peu plus fiers les ados qu’ils avaient été. Ou peut-être pas, peut-être que c’était comme ça que tout ça devait se dérouler. C’était peut-être la fatalité.

La jeune femme écarta ses pensées de son esprit. Elle n’avait aucune envie de réfléchir à son présent, à quel point il était loin de ce qu’elle avait imaginé. Elle n’avait que vingt-deux ans et encore le temps de se rattraper. Pour le moment elle préférait laisser faire les choses mais quand elle trouverait la force de se bouger, de choisir quoi faire, elle saurait y arriver. Après tout elle avait mené ses études à bien malgré la baie béante qu’était la perte de ses parents. Et si elle bossait aujourd’hui dans un bar au lieu de mener une carrière plus prestigieuse c’est uniquement parce que son frère demandait beaucoup de soins. S’il se réveillait, elle pourrait avancer. Ou s’il mourrait, mais ça elle ne voulait pas l’envisager. Alors en attendant, elle était bloquée, dans l’expectative. La question de Castiel, ou plutôt la menace qui suivit, la fit rire. Comment pourrait-elle regretter sa relation avec Castiel ? Bon, certes, il la connaissait très bien parce que c’est la première chose qui lui serait venue à l’esprit et qu’elle aurait répondu, juste pour le taquiner. « Si, c’est déjà arrivé… » Principalement juste après la mort de ses parents, où elle avait cédé à plusieurs avances pour oublier, et dire que ce comportement la dégoûtait aujourd’hui était un léger euphémisme. Elle regrettait d’avoir cru que des étrangers pourraient combler le vide qu’elle ressentait, mais elle avait compris la leçon. Comme le disait si bien Castiel, c’était mal, mais elle ne l’avait compris qu’après. « Une roulette russe, plutôt. » soupira la jeune femme. Elle n’arrivait pas vraiment à envisager comment on pouvait se laisser marier à quelqu’un qu’on ne connaissait pas, qu’on aimait pas, juste pour l’argent et la renommée. Ça lui passait au-dessus et elle avait longtemps pensé que ses amis se révolteraient contre cela avant de comprendre que non, c’était quelque chose qui faisait partie de l’histoire des Murchu. Une balle qu’ils se tiraient tous dans le pied et qui faisaient plus ou moins de dégâts. Et elle, elle pouvait juste les soutenir dans cette épreuve - parce qu’elle n’envisageait pas autrement un mariage avec un inconnu que comme une épreuve. « Des sacrés emmerdes, ces mariages, si tu veux mon avis. Enfin, tu le connais déjà, de toute façon. Mais faut faire avec et je peux comprendre que ce soit pas évident de se marier avec un inconnu et qui plus est une ancienne relation de son jumeau… mais Niamh passera au-dessus de ça parce qu’elle t’aime. » Il ne fallait pas qu’ils laissent ces mariages forcés les séparer, mais ils tenaient trop l’un à l’autre pour rester séparer trop longtemps. Comme deux aimants qui s’attirent, on a beau les tenir éloignés, ils finissent par se retrouver. Bah ils étaient des aimants, Niamh et Castiel. Même s’ils étaient des aimants putain de têtus. « Gideon, c’est pas le père qui fait des cookies le dimanche, qui vient raconter une histoire à ses enfants le soir et qui est super à l’écoute ? » Elle le regarda avec des yeux faussement innocents et interrogatifs. « N’empêche que, c’est pas parce qu’il s’est jamais excusé et qu’il n’a pas ce mot dans son vocabulaire que vous devez en faire de même. » soupira-t-elle.

Alexis attendit que Castiel se serve pour en faire autant. Non pas qu’elle n’aimait pas boire à la bouteille mais quand ils étaient deux, ça devenait un peu compliqué, surtout qu’elle était sûre que, dans son état, Castiel n’allait pas beaucoup la lâcher, la bouteille. Elle fut contente de le faire rire, préférant largement ça à un Castiel tout triste. « Je trouvais que c’était une bonne idée pourtant » rigola-t-elle. Non, c’était un mensonge, la tasse était trop immonde et Niamh serait capable de la lancer, comme le disait si justement Castiel, mais pas sur un mur. « Ou alors sur toi, carrément. » La jeune femme termina de faire couler la vodka dans son verre et donna le jus d’orange à Castiel. « Si t’en veux pas t’en met pas. Arrête de râler. » Elle lui tira la langue dans un geste très mature et entreprit de remplir le reste de sa tasse de jus d’orange. Tatônnant dans son sac, elle finit par y trouver son paquet de clopes et son briquet, qu’elle alluma et approcha de la cigarette coincée entre ses lèvres, tenant la tasse de ses deux genoux. « Je te signale que mon corps tout frêle il fait de la boxe avec Niamh. Mais oui je gère, puis y a presque toujours une armoire à glace pour faire le tri si besoin est. » Elle inspira une longue bouffée de nicotine puis rangea tout le bordel. Le jour commençait à décliner et la clairière n’en paraissait que plus paisible. « Tu vas finir par faire une overdose de papa à force… Une formation de quoi ? »
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Humainstaff
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Castiel & Alexis
been waiting on that sunshine
Penser à celui qu'il avait été faisait un drôle d'effet à Castiel. Quelque part, il regrettait de s'être échappé de cette partie de sa vie, de son adolescence. Il ne pouvait pas effacer la mort de sa sœur de son esprit, de la réalité, mais il aurait tout donné pour retourner à une époque où la seule chose qui importait pour lui était de pouvoir faire son deuil en paix, sans d'autres contraintes que celles que lui imposaient ses obligations scolaires et sportives. Si on y pensait, il avait peut-être passé ses meilleures années, à croire que le futur serait plus profitable. Il avait toujours su qu'il finirait fiancé, ce n'était pas un secret et Isleen avait donné le premier pas à une tradition qui perdurait à travers les générations.



Mais c'était encore loin, à l'époque, ce n'était pas quelque chose qui semblait si proche, on ne lui avait encore déclaré personne alors c'était une situation avec possibilité d'échappatoire. Sans doute à l'époque croyait-il sincèrement pouvoir y échapper, pouvoir vivre avec une certaine liberté. Certes sa famille n'était pas des plus enviables, pas de celles dont on aimerait faire partie, autre que pour la fortune qu'elle possédait, mais elle restait son sang. «  Je sais même plus de quoi on rêvait, pour te dire ! » D'une vie meilleure. On rêve d'utopie, quand on a quinze ans. Bien sûr, dans de meilleurs jours, le triton trouvait toujours le moyen de relativiser, trouver de bons côtés à sa vie. Mais pas là, pas maintenant qu'il sentait tout son univers se divisait, partir en lambeaux, comme un miroir qui aurait éclaté en des dizaines de morceaux. «  Y en a qui grandissent plus vite que d'autres hein ! » Castiel se mit à sourire. Après tout, elle n'avait pas tort, Alexis, ils avaient sans doute le temps de revoir les choses, de les changer. Même si c'était bien plus dur pour lui, ses principaux problèmes venant du futur, et non du passé. La situation pour la Samson n'en était pas moins terrible, c'était un fait. Elle était juste légèrement plus soluble.

Le sujet s'évapora, en même temps que leurs pensées furent occupées par d'autres choses. Sa relation avec Maellyan, par exemple. Castiel regrettait ce qu'il s'était passé, principalement parce qu'il n'avait jamais rien vraiment ressenti pour l'asiatique, et que si cette histoire lui coûtait sa jumelle, il pourrait s'en vouloir éternellement. Il aurait certes pu ne rien dire, garder le secret jusque dans la tombe, parce qu'après tout, il avait réussi à cacher à Juliet ce qu'il savait, pourquoi pas Niamh ? Parce que c'était Niamh. La voilà la réponse, la solution en or. Parce que c'était Niamh et qu'il n'avait aucune envie de s'éloigner d'elle parce qu'il gardait ce secret ci. Il n'avait pas pu lui cacher plus longtemps parce que rien que le savoir lui-même lui pesait. Et s'il le lui avait avoué, sans doute était-ce probable qu'il comprenne la position de sa jumelle, bien qu'il ait défendu corps et âme la sienne. Mais qui a jamais osé dire que les relations fraternelles étaient simples ? A l'instar des relations amoureuses ou ne serait-ce que physique, il en fallait bien peu pour tomber dans un cercle dont on ne pouvait sortir sans briser quelques cœurs. Castiel savait qu'Alexis comprenait. Il n'avait certes pas tous les récits de toutes les histoires de la jeune femme, ils en parlaient mais leur passé commun empêchait sans doute l'étalement. En rajoutant que ce n'était pas non plus dans le style de Castiel de parler à cœur ouvert. Et pas vraiment non plus dans celui de la Samson. Le jeune homme sourit à la comparaison. « Je préfère voir le verre à moitié plein. Même si même à la loterie, je suis pas le plus fort, alors à la roulette russe … J'ai encore tiré juste. » Enfin, tout dépendait si on prenait le fait de ne pas avoir de chance, tirer juste. Les mariages arrangés avaient toujours été une plaie dans sa famille, y avait qu'à voir Isleen avec Asher. Si lui commençait à se faire à Siobhan, Niamh avait beaucoup de mal avec Maellyan, déjà avant, alors cette révélation n'avait pas arrangé les choses, et de loin. Il espérait seulement qu'elle ne laisserait pas sa colère l'aveugler, qu'elle ne se mettrait pas en danger inutilement, c'était tout ce qu'il demandait. «  Je crois que c'est encore plus angoissant d'être dans l'attente du mariage que ça ne le sera ensuite. » Du moins il voyait les choses ainsi. Ce n'était peut-être pas le cas pour les autres membres de sa famille. «  J'ai juste envie de la retrouver, mais c'est plus compliqué qu'il n'y paraît, surtout chez les Ò Murchù. » Castiel laissa échapper un rire face à la blague d'Alexis. «  Celui qui ne veut que le bonheur de tout le monde et qui ne se sert jamais de personne tu veux dire ? Arf, je savais que le père d'Alix avait un air de Seth ... » Il acquiesça cependant. «  Je sais bien … C'est juste beaucoup plus dur qu'il n'y paraît. Je crois que j'aurais cette faculté de juste envenimer les choses. »




L'alcool avait cet effet apaisant autant qu'il déchirait la gorge sans qu'on ne s'en rende vraiment compte. Le triton était heureux que son amie y ait pensé, de la vodka, c'était pile ce qu'il lui fallait actuellement. Boire pour oublier, boire pour relativiser, du moins, il n'avait jamais été très doué pour l'oubli. « Rappelle-moi de ne jamais te confier l'achat des cadeaux de Noël si je suis en galère ! » Le jeune homme sourit. Connaissant sa sœur, il était fort possible qu'il se prenne la tasse au milieu du front, c'était un fait. «  Sur moi, clairement. » Comme une bonne suite au déploiement d'alcool, l'Ambush fut évoqué. Castiel se mit à rire, moqueur, face à la phrase de la jeune femme. Ce n'était pas comme si il ne se moquait pas non plus de sa sœur, mais ça, Alexis ne pouvait pas le savoir, ignorant totalement sa nature et son statut de chasseur. «  Même moi j'arrive à la maîtriser Niamh. C'est pas tes petits poings qui me feraient peur … Alors des mecs bourrés … Mais bon admettons que t'aies des clients fragiles ! » Tout ça, c'était surtout pour la taquiner, il savait que pour des non entraînés, un coup bien placé pouvait faire plus de mal qu'une force brute. «  Putain tu l'as dit … Direction d'entreprise. Tu vois où ça va mener hein. »



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Castiel & Alexis
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Existait-il des enfants dont les rêves d’adolescent avaient été pleinement réalisés ? Ou est-ce que la fatalité de la vie faisait qu’on finissait toujours par être déçu de ce que nous étions devenus ? Alexis penchait plutôt pour la seconde possibilité. Elle ne connaissait personne dont les envies de jeunesse correspondaient avec ce qu’il était devenu, pas totalement, en tout cas. Ceux qui avaient voulus devenir avocats finissaient notaires, les futures stars de la chanson se retrouvaient à tourner des disques qui ne perçaient jamais dans le milieu musical, les acteurs jouaient dans des séries B décriées par tout le monde, ceux qui rêvaient de voyager n’allaient pas plus loin que la grande ville du coin et Alexis qui rêvait de quitter Bray, de faire le tour du monde tout en donnant des nouvelles à sa famille, de faire des études puis de trouver un bon métier, Alexis était restée toute sa vie à Bray, n’avait plus de parents, un frère dans le coma, et si elle avait bien fait des études, elle était barmaid. Bien loin de ce dont elle rêvait, c’était peu de le dire. « On rêvait de pleins de choses. Mais surtout de partir d’ici, il me semble. » Ils voulaient quitter leur vie, les adolescents qu’ils avaient été, quitter leur petite ville bien trop tranquille, leur famille trop rangée, trop stricte en ce qui concernait Castiel. Se débarrasser de tout ce qu’on leur imposait. Au final, Alexis donnerait tout pour revenir en arrière et rester un peu plus longtemps au sein de cette famille qu’elle avait voulu laisser derrière elle - pas pour toujours, certes, mais elle avait voulu en partir quand même - et qui maintenant n’existait plus. Ouais, c’était triste de voir comme nos rêves d’adolescents ne se réalisaient pas et, même pire, comme on pouvait venir à les regretter. « Ça, c’est sur. Je crois bien que j’aurais aimé rester un enfant encore un peu, et grandir plus tard. » Rester dans un petit cocon d’innocence un peu plus longtemps et ne pas se prendre le mur de la vie en pleine poire à dix-sept ans. « Mais bon, les choses sont comme elles sont, à quoi ça sert de se morfondre ? » À pas grand chose - même si parfois ça faisait du bien, surtout quand elle était avec Eldarion et que ni l’un ni l’autre n’avait de gêne à embarrasser son interlocuteur de ses problèmes - mais ils pouvaient encore faire en sorte que les nombreuses années qu’il leurs restent ne soient pas gâchées. C’est ce qu’Alexis ne cessait de se dire mais qu’elle n’arrivait jamais à mettre en pratique. Pour Castiel, ça devait être plus compliqué. Il n’avait pas le choix, pas plus que ne l’avait Niamh, de se marier et d’obéir à leur père. Son futur à lui était tout tracé, dans les grandes lignes du moins, il devait bien y avoir un moyen de le rendre plus agréable quand même.

Pour le moment, ça n’était pas des plus facile, entre son mariage qui approchait et sa dispute avec Niamh. Combien de probabilités y avait-il pour que sa jumelle doive se marier avec un homme qui avait déjà trouvé son lit ? Assez peu, vraisemblablement, mais elles étaient pourtant assez hautes pour que ce soit la réalité. Alexis plaignait sa meilleure amie qui ne se faisait pas du tout à son futur mari. Elle n’imaginait pas se marier un jour avec quelqu’un qu’elle ne connaissait pas, avec lequel elle n’avait pas d’affinités et avec lequel elle ne voulait tout simplement pas se marier. Quand elles étaient bourrées, elles parlaient de quitter Bray, toutes les deux, s’enfuir, loin. Niamh échapperait à son mariage et Alexis pourrait se reconstruire, ailleurs. Ça n’était que des délires de deux amies bourrées. Jamais Niamh n’abandonnerait Castiel et jamais Alexis ne laisserait Seeley tout seul, même s’il était dans le coma. « J’envie ton optimisme… Dans une situation pareille, j’aurais tendance à tout voir en noir. » Mais c’était aussi parce qu’elle n’avait jamais eu cette épée de Damoclès qui planait au-dessus de sa tête, elle. Ses parents étaient aisés mais pas du tout dans le délire mariage arrangé, préservation du sang et tout le tintouin. Ils voulaient le bonheur de leurs enfants et tant qu’ils étaient heureux, peu importe avec qui ils étaient. Peut-être qu’à force de vivre en sachant comment sera le futur, on apprenait à tirer le meilleur des choses qui nous arrivaient. « J’imagine ouais. Le jour où vous allez vous marier, ce sera vraiment là que vous serez lié à quelqu’un que vous n’avez pas choisi… Ça doit être horrible d’être dans l’expectative de ce jour. Normalement on est plutôt heureux et le stress qu’on ressent est positif… » Pour ce qu’elle en savait, après tout. Jamais elle n’avait été proche de se marier, elle n’avait que vingt-deux ans. Et Niamh et Castiel également. Pourtant, dans quelques mois, ils passeraient la bague au doigt à un étranger. « Compliqué, sûrement. Mais t’as besoin de Niamh et elle a besoin de toi, surtout avec le mariage qui approche… Je vous connais assez pour être sûre que vous ne pourrez pas passer cette étape si vous êtes pas là à vous soutenir mutuellement. Mais s’y tu crains d’envenimer les choses… Alors attend, attend un peu que ça s’apaise, vous reviendrez l’un vers l’autre de toute façon. »

Sa tasse où la vodka était mélangée au jus d’orange était déjà à moitié vide. Il fallait vraiment qu’elle arrête de boire autant, elle avait une descente phénoménale, surtout en soirée où elle battait tout le monde aux jeux d’alcool. L’état de son foi devait pas être beau à voir. Mais ce serait toujours plus beau que cette tasse qui reposait entre les mains de Castiel. Elle ne savait même pas d’où elle sortait. « Hé, je fais de très beaux cadeaux de Noël ! » La jeune femme afficha une moue boudeuse, plus pour la forme que par réelle envie de bouder. D’ailleurs, elle fut vite remplacée par un rire. Oui, Niamh pouvait tout à fait lui envoyer la tasse en pleine figure. « Je veux être là pour voir ça, si jamais ça arrive. » Même si ça ne serait pas le cas puisqu’il ne voulait pas offrir cette tasse à sa jumelle. Dans une situation plus calme, où ils ne se seraient pas engueulés, ça aurait pu être drôle, Alexis en était convaincue. Ça risquerait de dégénérer en bagarre mais c’était ça le plus drôle, non ? Le rire moqueur de Castiel fit réagir Alexis qui lui envoya son coude dans les côtes, pas assez fort pour lui faire mal mais suffisamment pour qu’il le sente. « Non mais ça va oui, viens te battre si tu l’oses ! » Elle ne doutait pas de réussir à se défendre mais gagner… hum, non, peut-être pas. Mais Castiel n’était pas encore bourré alors que les clients du bar où elle bossait si, et ça jouait pas mal. Quand t’as un type en face de toi qui n’arrive pas à tenir sur ses deux jambes, le maîtriser s’avère assez facile. Cependant, elle ne dit rien, Castiel sauterait encore sur l’occasion pour se foutre de sa gueule. C’est sur que là où il bossait, il ne devait pas voir beaucoup de mecs bourrés. Plutôt des gens tirés à quatre épingles, toujours en costard cravate. « ‘tin, Castiel directeur de l’entreprise familiale… Ça a l’air bien chiant. Tu t’amuses bien ? »

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Castiel & Alexis
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Les rêves qui s'évaporaient avec le temps, on pourrait dire, à quoi bon les évoquer? Ne serait-ce que se souvenir de qui on était alors même qu'on avait plus rien en commun avec les adolescents du passé. Castiel ne savait pas s'il devait s'en vouloir ou pas, d'avoir tourné le dos à leurs rêves. A ses rêves. Il aurait pu faire tellement de choses, il aurait pu être tellement de personnes. Différentes. D'autres versions de lui qui s'évanouissaient dans les airs. Peut-être que l'une de ces versions de lui aurait voyagé, serait parti de Bray pour suivre son propre chemin à travers les mers. Peut-être que ce Lui alternatif aurait été libre, en ayant tourné le dos à son père, à sa famille, peut-être que lui, la menace d'Ailee au-dessus de sa tête n'était pas suffisante pour rester. Quel égoïste il aurait été, en vérité ... Tous les choix qu'il n'avait jamais fait, il les avait faits pour une bonne raison. Et sans doute qu'il continuerait, qu'il vivrait exactement la même vie, malgré une seconde opportunité, de changer, d'améliorer les choses. " Mais c'est cette ville ... Elle nous soumet, au final. Est-ce que tu te vois vraiment en partir ? Je pourrais pas. Je finirais toujours par revenir" Le triton ne savait pas si c'était un effet de son esprit, de la connaissance qu'il avait du monde magique qui évoluait, mais il avait l'impression que ce n'était pas que ça, ce n'était pas que les gens, c'était le lieu en lui-même, avec ces endroits connus, ces refuges pour adolescents dont personne ne soupçonnait l'existence, ces rues, cette forêt, ces montagnes. Tout. Redevenir un adolescent ... oublier un peu tout ce qu'ils vivaient, revenir à l'époque où il n'y avait rien d'autre dans son esprit que le basket, le lycée, les filles. Cette période où il faisait n'importe quoi, tout simplement parce qu'il le pouvait, qu'il avait rien d'autre à foutre, cette période où il n'avait pas à se montrer mature.  " Si seulement on avait su, on aurait sans doute essayé de prendre plus de temps pour en profiter. " Il aurait bien lancé un avertissement au Castiel du passé s'il avait pu. Mais même pas certain qu'il se serai cru lui-même, la tête trop pleine d'idéaux et de la pensée qu'il pouvait faire face à absolument tout et en ressortir vainqueur. " Right...  " Il ne le faisait pas toujours, toutefois. Meme plutôt rarement. Seulement, parfois, la situation était telle qu'il ne pouvait plus la gérer en silence. Il exprimait rarement ses émotions, avait appris à tout garder profondément au fond de lui, chaque marque de faiblesse pouvant être très mal vue. Mais parfois il explosait, et c'était jamais vraiment beau à voir, c'était un massacre du mec qui arrivait plus à se gérer lui même . Il convenait cependant que c'était de sa faute, pour la plupart du temps.

Pas pour tout ce qui lui arrivait en ce moment, non, mais tout ce qu'il n'avait pas prévu, ce qu'il n'avait pas pu voir, car trop loin dans son passé, pas envie de l'assumer dans son présent. La situation avec Niamh aurait très bien pu être évitée si elle avait été au courant, c'était un fait. Mais à l'époque où l'annonce avait été faite, il assumait à peine le fait d'avoir réellement couché avec un homme, alors l'avouer à sa soeur? Même s'il l'avait voulu il ne l'aurait pas pu. Sans doute que la suite ... Ce n'était qu'un découlement normal de cette situation. Il ne lui en voulait pas pour ses pensées, seulement pour certains mots prononcés. Il s'en voulait aussi, en réalité. Ce n'était pas seulement elle, c'était toute la scène qu'il aurait aimé réécrire. Mais ça n'aurait pas pu tourner mieux, à moins de changer totalement et de ne rien lui dire. Ce qui aurait sans doute été pire. Rajoutez à ça l'annonce de son mariage qui avançait à grands pas ... Deux mois. Ce n'était rien, deux mois, et pourtant ... ça avait 'air tellement loin, l'idée même de posséder l'étiquette d'homme marié l'aurait presque fait marrer si ça lui foutait pas une trouille bleue. " T'imagines pas comme je flippe, j'ai l'impression que je suis ancré dans un mauvais rêve. Mais elle est pas si mal que ça, Alys ... Je sais pas, j'ai juste cru à un moment donné qu'on allait me foutre la paix, abandonner ces histoires d'arrangement. Mais je commence à m'y faire, j'aurais pu tomber sur pire. " Il ne parla pas de Cally, il ne pensait d'ailleurs pas lui en avoir jamais parlé. C'était un peu le Roméo&Juliette des temps modernes, fille du chasseur que son père avait assassiné, qui ne savait rien de sa nature mais qui devait composer avec la dynamique familiale. Maintenant qu'elle était loin, Castiel se mettait à douter, chose qui pourtant, ne devrait pas lui arriver. Etait-il en train de seulement bousiller sa vie, ou aussi celle de la femme qu'il aimait? Alors il avait finalement accepté. Tous les accords, toutes les finalités. A quoi bon lutter contre quelque chose d'invincible? " Tu sais, t'es bien placée pour savoir que j'ai lutté longtemps mais ... C'est plus la peine. Je crois pas que ça en vaille le coup. Je ne fais que blesser les gens autour de moi quand la réalité me rattrape. Si je fais un effort, peut-être que ça pourra fonctionner.  " Son regard se perdit dans les feuillages qui se trouvaient autour d'eux, alors que son visage marquait l'anxiété qui le taraudait. Il ne croyait pas vraiment à ça, et pourtant il se forçait, pour ne pas succomber, pour être un pilier, pour sa famille. Pour sa jumelle, qu'il sentait encore plus incertaine que lui. " C'est sûr que je pourrais pas le faire sans elle ... C'est complètement con en fait, même si c'est du chiqué, je veux quand même voir ma soeur me soutenir, tu sais, être mon témoin. Avoir un semblant de vrai mariage. Mais sinon tu seras ma témoin hein?  "

Jetant un nouveau coup d'oeil à la tasse déjà pratiquement vide, le jeune homme fit une autre grimace, bien trop appuyée pour qu'elle soit totalement sincère. Bon, il n'irait pas jusqu'à dire qu'elle le répugnait, mais elle n'était pas super attrayante, il fallait le dire. Oui, il jugeait les tasses avec les mêmes adjectifs que les nanas qu'il s'envoyait par le passé. Economie de vocabulaire. " Mouais, je demande à voir du coup. Je veux un cadeau de Noël parfait l'an prochain. " Cstiel se mit à rire. Alexis avait ce don de le sortir de sa morosité, de son envie de broyer du noir. Il semblait un peu plus joyeux, quand elle était là. " Je te recommande pas, tu pourrais te prendre des bouts de verre par inadvertance, ce serait malheureux. En plus si tu te moques je me sentirais obligé de te lancer des assiettes, débandade de vaisselle, c'est pas permis.  " Le triton se resservit un verre, sans vraiment prendre attention à ce qu'il faisait, alors qu'il se reçut le coude d'Alexis dans les côtes. "Mais elle va se calmer la brindille oui ! Je pourrais facilement te battre. Mais je le ferais pas, parce que j'aimerais bien te voir te battre un jour et tu me laisseras jamais venir si je te frappe.  " Il n'avait, autrement dit, aucune envie de la frapper, en plus de cela. Il aimait juste beaucoup la taquiner. Le sujet dériva sur son futur métier, et il fut pris de l'envie irrépressible de vider de nouveau son verre d'une traite. Il risquait de mal finir à un moment donné. " C'est l'éclate. De l'administration, des réunions à n'en plus finir, devoir se coltiner tous les riches puissants du continent ... Mais d'un autre côté, je peux voir Seth faire peur à ses employés, c'est assez divertissant. "

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