BRISEIS&BRÀN ζ Let us be what we were

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« LET US BE WHAT WE WERE. »


Cela faisait déjà plusieurs semaines maintenant qu’elle avait commencé ses cours. Briséis avait repris ses études et il l’avait soutenu en ce sens, aussi surprenant que cela puisse être pour lui, mais surtout aussi surprenant que ça avait pu l’être pour elle.  Seulement voilà, si au début tout semblait bien se passer, malgré le fait que Bràn soit constamment à l’appartement, l’absence de la jeune femme commençait sincèrement à se faire sentir.

Ce jour-là, il s’était rendu à l’extérieur pour un entretien avec une agence. L’idée de la brune concernant un potentiel job dans le bâtiment ne s’était pas révélée infructueuse. Loin d’être un loup-garou inactif, Bràn prenait à cœur de s’occuper, trainant dans les rues de Bray quand il disposait de temps libre, cherchant un job quand il en avait l’occasion. Aujourd’hui était cette occasion, celle de faire ses preuves directement sur le terrain. Le matin-même, il n’avait eu le loisir de croiser celle qui partageait sa vie, à dire vrai, ils ne se voyaient plus beaucoup et Briséis s’endormait parfois sur ses notes. Dans ce genre de moment, le métamorphe, voyant qu’elle n’arrivait pas sous les draps, se relevait et venait poser une couverture sur ses épaules pour ne pas qu’elle ait froid, peu désireux de lui faire peur ou de la réveiller quand elle dormait profondément. Malgré ses habitudes un peu bourrues et ses airs de loup sauvage, il n’en demeurait pas moins que Bràn faisait de véritables efforts depuis des semaines, et les choses semblaient lentement s’améliorer. Lentement. Car Briséis avait un mode de fonctionnement assez compliqué mais qu’il espérait commencer à cerné. Ils s’étaient mis d’accord, les choses iraient doucement, il lui montrerait progressivement ce qu’était qu’être aimé. De tout son cœur, et de toute son âme. Elle était romantique, avait des idéaux qu’il n’avait pas toujours bien compris, mais aujourd’hui c’était différent, il voulait vraiment essayer, et qui sait, peut-être découvrir avec elle ces messages cachés que l’on ne pouvait discerner que lorsqu’on se prêtait au jeu. Lui, jamais il ne s’était prêté au jeu de l’amour, uniquement de la bestialité. Il était un loup, après tout. C’était totalement nouveau.

Quittant le domicile avant elle, Bràn se rendit à son rendez-vous et fit donc la journée d’essai comme convenue. Cette dernière fut longue et pas forcément aussi enjouée que ça ne pouvait l’être lorsqu’il coupait du bois à longueur de temps aux USA, mais c’était un travail comme un autre. Le genre de ceux qui pourrait lui apporter le financement nécessaire pour conserver ce bijou d’appartement auquel il était attaché. Jamais encore il n’avait connu pareil effet, sans doute était-ce à cause du peu qu’ils avaient lorsqu’ils étaient encore sur leurs terres d’origines, même si pour être honnête… A la base, le jeune homme aurait dû être tout sauf américain. Maintenant il était en Irlande, comme quoi, une vie pouvait changer du tout au tout.

***

Il était tout juste cinq heure de l’après-midi quand il poussa la porte de cet appartement qu’il adorait. Les baies vitrées leur offrait une vue imprenable sur la ville et les lumières qui s’en échappaient. Bràn ne pouvait s’empêcher de regarder, émerveillé, chaque fois qu’il rentrait chez eux. C’était plus fort que lui, cette vue imprenable était source de liberté, et d’apaisement. Pourtant cette ville était aussi compliquée que les précédentes. Personne ne savait ce qui se cachait dans le noir, ou très peu. Au fond, ce n’était pas pour lui déplaire mais cela rendait parfois les choses difficiles pour lui. Lui qui subissait le joug de ses émotions, lui qui voudrait être en mesure de se transformer et courir en paix en pleine forêt sans craindre de se prendre une balle dans l’arrière de la nuque ou entre les deux yeux. Ou pire encore ? Se faire couper la tête ? A bien y réfléchir il ne savait plus très bien qu’est ce qui était mortel pour son cas, mais il ne souhaitait nullement se retrouver en contact avec des armes.

Briséis, elle, n’était pas encore rentrée, alors il fila sous la douche, prenant son temps, puis s’occupa un peu du rangement. Chose qu’il n’aurait jamais fait d’ordinaire. Chose qu’il faisait beaucoup trop souvent dernièrement. Un soupir face à ce constat s’échappa du seuil de ses lèvres, tandis qu’il venait s’asseoir sur le canapé, scrutant la télévision d’un air absent pour finalement se rendre à nouveau devant cette vue qu’on lui offrait. En silence il attendait qu’elle franchisse le seuil de cette porte, pour enfin la voir, lui, qui commençait à se sentir extrêmement seul. Lui, qui aurait voulu pouvoir la tenir dans ses bras, après une journée comme celle-ci. Une journée, éreintante. Fatigante. Oui, il voulait vraiment qu’elle rentre, maintenant…
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❝I DUNNO IF I'LL PULL THROUGH IT❞

( c) texas-flood


Bonjour à tous. Vous avez choisi de vous engager dans des études passionnantes où nous allons étudier la religion chrétienne d’un point de vue historique, social et le livre le plus vendu du monde trônera sur votre table de chevet, non pas pour faire comme tout le monde mais parce que vous allez la lire encore et encore. Vous connaitrez chaque mot, chaque point, chaque virgule, et vous serez capable de comprendre sans interpréter.

Briseis était assise dans l’amphi avec d’autres étudiants. La plupart étaient bien plus jeunes, un peu bavards aussi mais elle n’en avait cure. Tout ce qu’elle souhaitait, c’était de voir comment ce cours pourrait lui permettre de trouver les réponses. Quoique. Un doute l’envahit. Voulait-elle vraiment étudier la Bible de cette façon là ? Le professeur avait l’air de leur dire qu’ils seraient experts sur le sujet. Sa Foi ne risquait-elle pas d’être ébranlée ? Elle hésitait. Et surtout elle se sentit tout d’abord perdue. Ils semblaient tous être à l’aise, prenaient des notes de ci de là alors que pour sa part elle écrivait chaque mot et s’inquiétait si jamais elle n’avait pas toute la phrase. Consciente des enjeux, elle essayait de se montrer à la hauteur. Après quatre heures qui la laissèrent en plein doute, la jeune femme sortit de son cours avec quelques doutes. Et surtout, elle se sentit un peu seule : certains se connaissaient déjà et d’autres traçaient leur route sans un regard. Etonnant pour des personnes qui souhaitaient étudier. Un peu déçue, elle qui avait eu une image très idéalisée des universités via les films américains diffusés à la télévision, elle rentra et passa son temps à rattraper un retard qu’elle imaginait un handicap.

Le lendemain, elle passa à la bibliothèque et emprunta tout ce qu’elle pouvait prendre en une fois. La Bible dans les arts, la Bible dans la philosophie, la Bible par ci, par là... Elle s’inquiétait de ne pas être à la hauteur, même si le loup qui partageait sa vie la soutenait. Les jours passaient et elle ne se rendait même pas compte qu’ils ne faisaient plus que se croiser. Absorbée dans ses études, elle lisait encore et encore, comparait ses notes et comprenait qu’on lui demandait d’avoir un esprit critique. Et d’oser donner ses opinions. Une chose à laquelle elle n’était pas habituée. Elle allait échouer. Elle ne pouvait pas faire ce genre de travail. Rédigeant des lignes et des lignes de fiches de lecture, soulignant des questions, surlignant des mots clés, notant en marge ses interrogations, elle tâtonnait et se sentait très maladroite. Vint le moment tant redouté de la dissertation. Elle y passa des nuits, cherchant à répondre à une question qui lui semblait impossible. Elle ne savait même pas faire ce genre de rédaction. Angoissée, elle essaya là encore de trouver ce que l’on attendait d’elle. Bràn ne pourrait jamais l’aider sur ce genre de choses.

N’y tenant plus, elle alla voir le professeur à la fin du cours. Elle avait en effet remarqué que certains allaient le voir pour obtenir des éclaircissements, y compris par rapport à ce fameux devoir. Pivoine, yeux baissés, clairement intimidée, ce fut d’une toute petite voix qu’elle lui demanda des explications sur ses attentes car elle craignait que son plan n’était pas vraiment bon. Celui-ci lui demanda sa copie, ce qu’elle s’empressa un peu gauchement de lui donner. Sa main tremblait et son coeur battait vite alors que les yeux sages et avertis parcouraient un début d’introduction et les quelques idées. « Miss Iseley, vous ne devriez pas vous inquiéter même si effectivement, vous me semblez avoir des difficultés. Regardez... » Là, il prit une heure pour lui expliquer qu’elle devait se montrer plus sûre d’elle dans l’exposition de sa démonstration et argumenter chaque paragraphe avec des exemples et des références précises. « Je ne suis pas là pour être d’accord avec vous. Je veux simplement juger votre raisonnement. » Il barrait des choses, commentait d’autres et finalement lui rendit son brouillon. « C’est le premier devoir de l’année, je ne m’attends pas à des miracles mais je suis persuadé que vous ne serez pas dans les notes les plus basses ».

Ce fut un peu soulagée qu’elle reprit le chemin vers l’appartement. Il était plus tard que d’habitude alors elle accéléra le pas. Elle devait encore manger, prendre sa douche et étudier. Les craintes de Bràn se confirmait : elle en venait à l’oublier alors qu’ils avaient enfin eu cette discussion. Elle ne se sentait plus menacée par lui même s’il subsistait un certain malaise. Chaque marque d’attention qu’il avait envers elle, elle les remarquait. Le matin quand elle trouvait une couverture sur ses épaules, elle souriait. Et elle partait au travail.

Les yeux cernés, elle ouvrit la porte en s’engouffra dans leur appartement. Elle posa les clés, accrocha son manteau et reprit son sac qu’elle posa directement sur la table. C’était sa nouvelle habitude, indiquant qu’elle allait encore étudier. D’ailleurs, elle avait déjà ressorti ses feuilles. « Bonsoir ! » Peut-être l’avait-il déjà salué, elle l’avait dit par réflexe en entendant la télévision et ne se doutait pas que son loup préféré était en manque de câlins. « Est-ce que tu as mangé ? » Il fallait qu’elle s’y mette très vite avant d’oublier tout ce que son professeur lui avait expliqué. Avec un crayon, elle griffonnait déjà autant qu’elle le pouvait, tenant la Bible de l'autre main.
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« I WAS WAITING FOR YOU. »


Assis sans le canapé, observant d’un air distrait les images défiler devant ses yeux, le loup constatait avec un ventre criant famine que la jeune femme ne daignait pas rentrer. Plusieurs fois, il hésita à se lever pour aller préparer à dîner, comme ça, ce serait chaud et elle n’aurait plus qu’à s’installer. Mais voilà, cela risquait aussi de refroidir si la brune ne rentrait pas au bon moment, si elle rentrait… Encore plus tard. Alors il était resté sagement assis dans son canapé, commençant lentement à s’endormir, joue bien ancrée dans la paume de sa main, elle-même soutenue par son coude reposant négligemment contre l’un des accoudoirs. Bràn était très clairement en train de s’endormir après avoir ruminé, quand la tornade Briséis fit enfin son entrée, posant son sac sur la table comme à l’accoutumé. Ce fut ce bruit qui le réveilla d’entre les morts, le faisant légèrement sursauter et tourner la tête en sa direction. Comme chaque soir, elle se précipitait à droite et à gauche, sortait déjà ses affaires quand même la table était mise. Sans perdre un instant, le jeune homme se leva de son siège et éteignit la télévision. « Hey ! ». Aucun sourire n’apparut sur ses traits cependant, et à en juger par la réactivité de la brune, cette dernière ne prenait même pas cinq minutes pour le regarder droit dans les yeux.

Etudier la Bible, c’était bien. Etudier tout court, c’était bien, et il la soutenait là-dessus, indéniablement. Mais l’oublier, lui, c’était mal. Déjà qu’il se faisait violence pour prendre son temps avec elle, si en plus elle en venait carrément à l’oublier, les choses en seraient d’autant plus compliquées. D’ordinaire, il arrivait sagement à s’y faire, mais pas ce soir. C’était juste trop, sur le moment, il voulait qu’elle décroche de son livre. Il voulait qu’elle le regarde, il voulait se rendre aussi indispensable et désiré que l’étude de ces textes ancestraux. Etait-ce trop demandé ? Silencieux, le loup se dirigea dans la cuisine et commença à ouvrir les placards. « Non, pas encore. ». Au fond, il se demandait même si elle noterait ce ton las qu’il employait soudainement avec elle. Attrapant de quoi faire des pâtes et de la viande, il se mit aux fourneaux comme il put, lessivé de sa journée et de son attente interminable. Sur le moment, si son estomac ne criait pas autant famine, il serait très probablement allé se coucher sans même lui adresser un mot. Oui, il était contrarié et un peu vexé. Un peu. Briséis semblait préférer ce livre vieux d’un nombre incroyable d’années, à lui. C’était quelque chose qu’il avait du mal à concevoir, car il était bel et bien vivant, lui, ce livre ne l’était pas ! Mais pourtant, la jeune femme griffonnait et griffonnait encore, sans relâche, reprenant les notes en fonction de ce que son professeur avait dit. Silencieuse, perdue dans ce monde où il n’y trouvait pas sa place. Un soupir s’échappa des lèvres de Bràn qui s’appliquait à cuisiner, affamé, contrarié, et en plus de ça la pleine lune serait là dans quelques jours à peine. Non vraiment, s’il n’avait pas changé et fait des efforts pour elle, il se serait déjà jeté dans les bras d’une femme avec qui partager la nuit et qui ne serait pas obnubilée par… La parole de Dieu. Dans la pièce se mit à retentir un grondement sourd de contrariété évidente. Il restait un loup dans son âme et conscience, quoi qu’il fasse et quoi qu’il veuille, et aujourd’hui, il n’arrivait plus à sourire et se contenter du minimum. Se contenter de la solitude. Ce n’était pas un bon jour.

Bràn termina de cuisiner les pâtes et la viande. Il amena les plats sur la table avant d’attraper la Bible de ses mains, veillant à lui garder la bonne page ouverte.

« Bri, on mange, tu continueras après. ». Sur le moment, il avait vraiment l’impression de se comporter comme un père réprimant sa fille. En toute logique il était juste… Son petit ami ? Il n’aimait pas non plus faire le rabat-joie, mais ce soir, il voulait vraiment pouvoir profiter d’elle, et que son esprit soit ici, avec lui, non pas plongé dans le partage du pain et du vin. « S’il te plait. ». Il éloigna la Bible d’elle pour qu’elle n’essaye pas de le lui reprendre des mains. C’était un peu bourru, fait de cette manière, mais au moins il attirait enfin l’attention sur lui. Du moins il l’espérait.

« J’ai faim, et tu me manques, je voudrais qu’on puisse parler un peu aujourd’hui… Pour une fois. ». Le ton n’était pas celui du reproche, juste d’une lassitude certaine et d’une sorte de mélancolie soudaine. « Je voudrais vraiment pouvoir te… Voir un peu avant que mes émotions ne prennent le dessus et que je n'en vienne à... Tu sais... Devenir un loup ? ». Si jamais Briséis osait dire qu’ils se voyaient, et qu’elle était là devant lui, il allait sacrément grogner, le métamorphe.

Son attitude n’était pas là pour faire mal ou la blesser, non, c’était même tout le contraire. Il ne pouvait simplement se résoudre à ne la voir qu’en coups de vents, et dernièrement ça arrivait beaucoup trop souvent à son goût…
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❝BUT I AM LATE I REALLY NEED TO CATCH UP❞

( c) texas-flood


Briseis se sentait tellement étrangère à l’université. C’étaient des cours du soir, il y avait d’autres adultes mais toutes ces personnes semblaient bien meilleures qu’elle. Quand ils parlaient, ils abordaient des sujets qui la dépassaient encore et elle ne se sentait donc plus à la hauteur. Comment pourrait-elle réussir ? Alors, elle avait essayé de s’accrocher, surtout pour ne pas décevoir Bràn. Elle savait que le loup n’était pas toujours content même si elle se promettait que ce n’était que temporaire. Une fois qu’elle serait au même niveau que les autres, elle pourrait certainement prendre son temps ? C’était avec toutes ces réflexions qu’elle s’était convaincue qu’elle ne faisait rien de mal même si Bràn lui manquait aussi. Un peu. Beaucoup. Elle ne savait plus très bien.
Depuis leur conversation, elle avait peut-être inconsciemment fuit toute proximité. C’était en totale contradiction avec ce qu’elle lui avait dit mais sa bravoure du moment s’était tout simplement évaporée. Et puis, très vite, le rythme soutenu entre le travail et les études avait pris le pas sur le reste. Elle suivait le courant, sans plus vraiment se poser la question, du moins jusqu’à ce soir là.
Elle était rentrée sans traîner et ne vit pas Bràn se réveiller à cause du bruit qu’elle faisait. Posant ses cahiers et notant tout ce que son professeur lui avait dit, elle l’entendit vaguement répondre. Il avait raison, elle ne prenait pas le temps de le regarder non plus. Ni même de vraiment s’intéresser à lui, chose totalement inhabituelle de sa part. Briseis avait été toujours du genre à faire passer les autres avant elle mais tant de choses se bousculaient dans sa tête à présent... Elle peinait à faire le tri et à sortir de cette spirale où elle s’enfonçait chaque jour un peu plus. Ne réagissant pas alors qu’il annonça ne pas avoir dîner, elle griffonnait tout au plus vite en parcourant les lignes du livre saint des yeux. Pouvait-elle vraiment y trouver toutes les réponses ? Avait-elle choisi le bon domaine ? Elle voyait bien où l’on voulait l’amener mais remettre en cause les saintes écritures, apporter une vision critique, du moins juger les mots lui semblait insurmontable. Pourtant, il fallait bien se plier à l’exercice. L’odeur de la viande fit grogner son ventre. Même la faim était facile à oublier et pourtant elle n’avait rien avalé de la journée.
Continuant de recopier des phrases et des idées, elle était toujours concentrée quand soudain quelqu’un lui arracha le livre des mains. « Hey ! » Un cri de protestation alors que la consternation se lisait sur son visage. C’était un livre SAINT ! On ne pouvait pas voler un livre Saint ! Ou même l’arracher des mains ! Dans un réflexe, elle voulut le rattraper mais le loup le tenait hors de sa portée. Et la réprimandait. Elle remarqua seulement que la table était mise et les plats prêts. « Mais je... » commença-t-elle pour se justifier. Après, elle craignait de ne plus se souvenir... C’était comme si une inspiration Divine venait de la prendre et si jamais elle rejetait ce moment d’inspiration, celui-ci pourrait ne plus revenir et alors... Comment ferait-elle ? Au ton qu’il employa, elle baissa instinctivement les yeux. Son ton pouvait certes être perçu comme paternaliste mais elle oubliait la plupart du temps leur différence d’âge. Et là, maintenant, elle voulait juste pouvoir finir son devoir mais elle sentait que si jamais elle s’entêter Bràn allait se fâcher.
Elle ne voulait surtout pas lui faire de la peine. Elle ravala donc ses arguments et s’assit sagement. Toujours yeux baissés. Pour une fois. Fronçant légèrement les sourcils, elle pensa qu’il exagérait un peu parce qu’ils se voyaient et parlaient. Un peu. Peut-être pas. Aouch. Perdue entre le stress et la culpabilité, elle avait aussi totalement oublié sa nature. Elle déglutit. Ce n’était pas le moment de le contrarier alors elle attrapa sa fourchette, jetant un coup d’oeil anxieux sur ses feuilles volantes. « Ok ».
Sauf qu’elle ne le regardait toujours pas. Au début. Puis, elle les leva enfin et remarqua tout de suite sa fatigue. Elle s’en voulut encore plus. Ce n’était très probablement pas de sa faute mais elle n’avait pas vraiment été là dernièrement. « Je suis désolée... ».
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« LATE OR NOT. I DON’T CARE I MISS YOU. »


La situation était tendue, pour autant, Bràn essayait de ne pas rendre les choses difficiles. Il avait accepté de la soutenir, et il le voulait sincèrement. Ce soir-là n’était que l’un de ceux où il ne souhaitait pas subir une nouvelle fois cette absence. N’être qu’un fantôme errant entre ces murs sans même qu’elle ne le voit ou ne réagisse. Or, depuis qu’elle avait franchi le seuil de la porte, c’était bien ce qu’il se passait, et il le sentait, il n’était pas dupe. Légèrement contrarié, il finit tout de même par se rendre dans la cuisine, son estomac gargouillant à n’en plus finir. Il cuit la viande à point pour Briséis, la garda, comme d’habitude, un peu saignante pour lui. Pendant tout ce temps, il l’observa à moitié gratter sur ses feuilles, lire sa Bible et griffonner à nouveau. Elle ne s’arrêtait plus, jamais. Et cette fois ça le rendait dingue. Ce ne fut toutefois que lorsqu’il installa les plats sur la table et qu’il s’assit, lui arrachant le livre des mains qu’elle daigna enfin réagir. Protestation. Oui, évidemment, c’était logique. Mais non. Bràn gardait la Bible à distance sans lui perdre la page, et la déposa sur un meuble non loin. Il la surveillait, lui avouait qu’elle lui manquait et qu’il avait l’intention de la voir, de parler, car il sentait qu'il était proche de l'implosion. Briséis tenta tant bien que mal de se justifier, mais elle dût sentir son regard car elle n’alla pas au bout et capitula. Elle s’excusa même. Les excuses, il s’en fichait, il ne voulait pas qu’elle se sente coupable de quoi que ce soit, il voulait juste être présent à ses yeux. Il voulait juste qu’elle le voit. Il était là, sagement installé devant elle, certes il n’avait pas le même visage que Jésus ou la lumière du Seigneur, mais il était là, un être bien vivant, devant elle.

« Tu n’as pas à t’excuser Bri, je sais que tu veux bien faire et je suis là pour te soutenir. Vraiment. Mais ce soir j’aimerais juste qu’on partage un dîner à deux, ta feuille ne s’envolera pas entre temps… Tes notes non plus. ». Il hocha la tête et lui servit une assiette avant de se servir à son tour. Il voyait bien qu’elle était perturbée par ses feuilles, jetant des coups d’œil par-ci par-là, en douce. Lui mangeait sa viande tranquillement et finit par lui offrir un sourire. « Comment s’est déroulée ta journée ? ». Oui, tout de même, il voulait savoir, car il la soutenait comme il venait de le lui dire. S’il savait que ces études allaient être compliquées à gérer en plus d’un emploi, il ne s’était toutefois pas imaginé qu’ils en seraient à ce point autant séparés.

Il constata avec surprise qu’il avait une faim de loup, sa viande fut dévorée en un rien de temps et il s’attaqua ensuite aux pâtes. C’était un repas sommaire mais suffisant pour caler leurs ventres, surtout le sien, même s’il eut été capable de s’avaler deux fois la même assiette remplie à craquer. Malgré tout, le silence continuait d’envahir la pièce, et il sentait l’angoisse croissante de la jeune femme en face de lui. Elle était nerveuse, une véritable pile électrique sans pour autant bouger dans tous les sens. Passant une main sur son front, Bràn se leva de sa chaise juste le temps de revenir avec une bière qu’il commença à verser dans son verre. Ca lui ferait probablement un peu de bien. Finalement, comme pour briser la glace, il vint s’asseoir à côté d’elle et l’embrassa sans même demander la permission.

« Je suis sincère quand je te dis que tu me manques… Je sais que ce n’est pas évident avec les cours du soir et que tu fais de ton mieux, peut-être pourrait-on s’accorder au moins un soir commun dans la semaine ? Soir où tu ne… Toucherais… Pas… A… Tes notes ? ». Un fin sourire se dessina alors sur ses traits, tandis qu’il se faisait plus malicieux et amoureux. Il ne voulait pas que la tension s’éparpille dans leur univers. Il ne voulait pas que cela finisse en une quelconque dispute, lui voulait juste passer du temps avec elle, mais le comprendrait-elle ? Ou est-ce que son esprit serait encore bien trop embrumé dans ses cahiers et ses textes bibliques pour ne vouloir partager ne serait-ce qu’un baiser avec lui ? Ils pourraient même… Prendre une douche ensemble ? En pensant à cette idée, il se dit que ça pourrait ne pas en être une si mauvaise chose, alors il décida de la jouer autrement.

« Ok… Je te laisse travailler, mais dans une heure, tu vas à la douche, et je t’accompagne. Si tu m’y autorises. ». Voilà, il était prêt à la laisser travailler une heure comme une acharnée, à condition qu’elle l’accepte sous la douche où il pourrait la câliner. Juste, la câliner. N’allez pas vous imaginer autre chose…
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❝I...I’M SORRY❞

( c) texas-flood


Bràn pouvait prendre toutes les pincettes qu’il voulait, Briseis ne pouvait que culpabiliser. Il avait toutes ses raisons d’être fâché et le comprenait parfaitement. Dernièrement, elle n’avait pas du tout été là pour lui alors que depuis leur rencontre elle n’avait vécu que pour lui faciliter la vie. Elle allait même jusqu’à s’affamer à New-York pour que lui puisse manger. Au départ, le loup avait été égoïste et avait dévoré les plats sans se poser de questions mais bien vite il s’aperçut de la manoeuvre de son hôte et refusa d’être complice. Lui qui était si méfiant avait vite compris que la jeune femme obéissait rapidement à ses ordres. Peut-être était-ce pour cela qu’il s’était attaché à elle et était resté dans un premier temps, il pouvait avoir l’impression d’avoir une meute. Enfin, un début de meute. Ils avaient traversé tant d’épreuves ensemble. Et surtout il avait changé : le loup qui ne pensait qu’à lui et se faisait servir était bien loin. Preuve en était, il se mettait aux fourneaux naturellement et servait leurs assiettes. Elle avait vraiment eu une bonne influence sur lui même si elle ne s’en rendait pas toujours compte. A vrai dire, elle avait toujours su voir que Bràn n’était pas ce qu’il voulait paraître : il n’était pas l’homme violent, sans coeur et sauvage qu’il prétendait être. Et quand il lui avait demandé de venir avec elle, il lui avait totalement ouvert son coeur. Oh, elle savait ce que ça lui avait coûté : Bràn avait sa fierté et il l’avait abandonnée pour lui dire des choses qu’elle n’imaginait pas. Et maintenant... Maintenant les choses n’allaient pas être aussi simple.

S’excusant de l’avoir délaissé ces derniers temps, il annonça qu’elle n’avait pas à le faire. Ses sourcils se froncèrent légèrement. Cela allait à l’encontre de son éducation : quand on faisait de la peine ou du mal à quelqu’un, il fallait demander pardon. C’était pour cela que Briseis passait son temps à s’excuser, non pas parce qu’elle faisait souvent du mal mais parce qu’elle craignait toujours d’en faire. Il continua de lui expliquer ses attentes et si elle le regardait mettre toutes ses affaires plus loin, elle restait contrariée. Elle pourrait ne plus réussir à travailler après... Hochant distraitement la tête, elle commença donc à manger sa viande sans un mot. Elle n savait pas trop quoi dire après tout ça parce qu’elle se sentait triste, stressée et coupable. Il fallut un sourire pour qu’elle se décrispe légèrement. « Ma journée ? ... Uh... » Elle posa sa fourchette et essaya de se rappeler de sa journée. « Je... Je suis allée travailler, c’était.. .Comme les autres jours. Beaucoup de monde à servir... » Traduction : « Je n’ai pas eu le temps de manger depuis ». « ... Du coup j’ai dû courir pour arriver à l’heure au cours et les autres ont l’air tellement avancé, j’ai l’impression de... Débarquer et j’ai ce devoir à rendre mais je ne suis pas sûre de pouvoir y arriver. Même si le Professeur dit le contraire je... Ne suis pas sûre de pouvoir faire ce qu’il attend de moi. De nous. De la classe.» Elle s’était reprise deux fois, ne voulant surtout pas que le loup pense qu’il y ait quelque chose entre elle et ce professeur. Baissant le nez, elle rougit légèrement et se concentra sur ses pâtes.

Une fois sa bouchée avalée, elle releva la tête et découvrit que Bràn avait fini. Ecarquillant légèrement les yeux, Briseis se rendit compte que le pauvre avait dû l’attendre un moment. Sa culpabilité s’accrut donc et elle restait nerveuse. Suivant Bràn du regard alors qu’il s’était levé pour aller chercher une bière, elle baissa les yeux sur son plat et reprit une bouchée. Elle ne le vit donc pas arriver bien qu’elle entendit ses pas se rapprocher. Avalant sa bouchée, elle leva la tête vers lui alors qu’il s’était assis à côté d’elle. Elle allait lui demandait ce qu’il se passait mais il l’embrassa.

Surprise, elle se sentit rougir. Encore. Et il fit une demande. Un soir par semaine en commun sans travailler ? Elle hésita un moment et baissa les yeux. C’était raisonnable. Elle ne pouvait pas dire qu’il lui demandait la lune, elle devrait bien pouvoir s’organiser pour répondre à sa demande. Elle hocha la tête pour signifier son accord tout en répondant à son sourire.

Cet éclat malicieux dans ses yeux elle le perçut et l’interrogea du regard. Il ne lui fallut pas longtemps pour obtenir une réponse. Bràn lui annonça la laisser travailler. Ce fut tout d’abord un soulagement. Une heure. Une heure ? Juste une heure ? Elle se mordit nerveusement la lèvre. Bon, finalement, ce n’était peut-être pas suffisant pour qu’elle puisse oublier ses notes et puis... Elle avait été coupée dans son élan, elle sentait que l’inspiration était partie. C’était trop tard. Déçue de le découvrir, elle l’entendit lui parler de douche. Euh... Elle puait ? Elle commença à rougir mais son coeur manqua un battement quand il annonça vouloir venir avec elle. Une alarme se déclencha dans son esprit. Il avait annoncé ne pas être forcément capable de se contrôler et il demandait une douche ensemble. Pivoine, elle déglutit difficilement. La dernière fois, les choses ne s’étaient pas bien passées. Et elle doutait encore. De lui. « Je... Je préfère... » Comment lui faire comprendre gentiment ses craintes ? « Je préfèrerai parler... » Elle baissa le nez. « Je suis désolée, mais... Ce soir ce n'est pas une bonne idée, je crois... Pardon. » En clair, elle n’était pas contre l’idée mais pas ce soir là. La dernière fois, il avait perdu le contrôle. Elle ne voulait plus prendre le risque. Et si pour lui ses intentions étaient claires, ce n’était pas le cas pour elle.
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« YOU DON’T NEED TO BE. »


Vivre à deux ce n’était pas chose aisée, ça ne l’avait jamais vraiment été. Pourtant, le loup avait su se faire violence, il avait su apprivoiser ce monde qui lui était alors totalement inconnu. Surtout, il lui avait fallu accepter des sentiments qu’il ne pensait pas avoir un jour pour quelqu’un. N’importe qui. Être amoureux, pour lui, cela n’avait été qu’une seule chose abstraite, jusqu’à maintenant. Aujourd’hui, il faisait des efforts, se montrait présent et cuisinait même. Enfin s’il se mettait aux fourneaux c’était surtout car il avait compris que la jeune femme ne le ferait sans doute pas, obnubilée par ses cours. Tellement obnubilée qu’elle en oubliait de manger. Elle venait d’ailleurs de le confirmer en parlant de son travail qui avait demandé beaucoup de son attention. Elle n’avait pas mangé depuis ce matin, voire la veille. Face à ce constat, Bràn ne dit rien mais aurait très clairement pu passer une main sur son front en signe de lassitude, ou… De désespérance. Briséis savait se montrer tellement distraite qu’elle en venait à oublier de penser à elle. En soi, c’était une sorte de qualité, mais le métamorphe ne pouvait jamais s’empêcher de veiller sur elle en retour car elle risquerait bien de tomber dans les vapes un jour ou l’autre, à force de ne pas se nourrir ou penser au bien-être de son organisme. Malgré tout, il était soulagé de la voir manger et parler, même s’il l’entendit se rattraper et tenter de se justifier. Sa démarche le fit sourire, pensait-elle vraiment qu’il puisse avoir des sentiments de jalousie pour un professeur d’université ? Selon la situation, oui, il aurait peut-être pu, mais tout de même… Il ne lui fit pas part de sa remarque et la conserva bien sagement pour lui. Mieux encore, il passa de l’autre côté de la table et vint s’asseoir à côté d’elle après l’avoir embrassé avec amour. Il ne mentait pas quand il disait combien elle lui manquait.

Vint alors la proposition de l’idée qui venait de germer dans son esprit. Un soir par semaine sans notes. Il réclamait juste un soir par semaine où ils pourraient se retrouver tous les deux. Une fois rentrée elle ne penserait plus à sa Bible. Au fond, Bràn ne craignait vraiment qu’elle finisse par en devenir bonne sœur. Il la regardait avec amour et tendresse malgré cette contrariété qui l’animait. La nervosité de Briséis, il aurait pu la sentir aux quatre vents. Elle était toujours obnubilée par ses cours, quand bien même elle rougissait face au baiser. Pour autant, le jeune homme ne comptait pas la laisser faire et il tenait à un moment à deux. Alors il lui fit une sorte de marché… Qui ne trouva pas réellement preneur. Sans le vouloir il venait de réveiller une peur qu’il pensait quasiment oubliée. La brune déclina son idée de la douche, et Bràn ne put que s’avouer à demi-vaincu. Une potentielle transformation… Pourquoi avait-il osé mentionner une potentielle transformation ? Intérieurement, le loup se gifla. La déception se lut sur son visage le temps de quelques secondes avant qu’il ne se contente de simplement hocher la tête.

« Parler ? ». Il se releva de sa chaise et commença à débarrasser pour s’occuper les mains et l’esprit. « Si l’idée de la douche te fait peur, je peux le comprendre… Mais parler… Je préférerais encore t’avoir dans mes bras que parler de la pluie ou du beau temps. Tu me manques, Bri. ». Il avait insisté sur les derniers mots, un à un. Elle lui manquait, c’était si difficile à comprendre ? Parler il le voulait bien, mais ce soir il voulait surtout des gestes. La sentir contre lui, savoir qu’elle était là et non pas un simple fantôme. « Je veux juste qu’on passe du temps ensemble, c’est tout. ». Sur ces mots, il termina de débarrasser la table et s’attela à la vaisselle pendant qu’elle entamait la rédaction de son devoir. « Ne t’en fais pas, je ne suis pas contrarié. ». Mensonge, mais il ne voulait pas qu’elle soit perturbée pour faire ce qu’elle avait à faire. « Tu vas réussir à rédiger ce devoir, j’en suis pleinement convaincu, je crois en toi. ». Il lui offrit même un sourire pour la conforter dans cette idée. La vaisselle fut terminée en un rien de temps pour le dire et il s’éclipsa lui-même sous la douche. Seul. Il laissait l’eau couler sur sa peau, sentant déjà plus ou moins les effets de la contrariété approchant. Il était en colère, quand bien même il en dise le contraire. Perturbé et contrarié. C’est à peine s’il avait mentionné sa journée, de toute manière, à quoi bon ? La parole de Dieu était tellement plus importante que lui à cet instant. Non. Il ne devait pas penser comme ça… C’était sa façon de penser… Avant. Maintenant il était différent. Du moins le pensait-il, sincèrement. Parfois, il lui arrivait encore d’avoir des doutes : était-il cet homme si gentil et attentionné qu’il prétendait être, ou n’était-ce là qu’un masque de plus ? N’était-il pas l’animal sauvage avant l’homme, ou l’homme avant l’animal sauvage ? Par moment, Bràn n’arrivait tout simplement plus à savoir.

Ce ne fut pas une, mais plusieurs heures qui s’écoulèrent. Le loup était parti se coucher après sa douche, la laissant tranquille et en silence pour mener à bien sa rédaction. Allongé sous les draps, il lui tournait le dos sans le vouloir, n’ayant pas pris la peine d’enfiler un haut. Et parce que la colère s'était insinuée dans ses veines, il avait le sang encore plus chaud que d’habitude, raison pour laquelle le froid de l’hiver qui mordait encore Bray ne parvenait à l’atteindre.
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❝I DISAPPOINTED YOU. I AM SORRY. ❞

( c) texas-flood


Briseis avait longtemps attendu cette expérience de couple. Bràn était venu comme un colocataire qui lui avait ouvert les yeux sur le monde. Un monde qui jusque là paraissait si simple et si vide. Lui, il avait tout compliqué et rempli. Si ce n’était pas simple pour lui d’accepter ses sentiments, ce n’était pas simple pour la jeune femme d’affronter ses peurs. Il pensait qu’elle n’irait plus faire la cuisine comme avant. Il avait raison, ce soir là, elle avait voulu terminer d’écrire sous la divine inspiration mais il l’avait coupé dans son élan. S’oublier, cela lui arrivait souvent. Briseis faisait toujours tout passer avant elle, quitte à ne plus manger durant plusieurs jours. Une habitude prise à News-York quand elle n’avait pas toujours de quoi vivre. Il s’inquiétait donc pour elle mais au fond elle ne risquait plus grand chose. Enfin elle le pensait.

Il lui expliqua ses attentes. Briseis dut bien déclaré forfait, comme une enfant prise en faute. Il y avait parfois cette autorité qui la faisait plier instantanément. Le conflit ne menait qu’au chagrin et surtout elle comprenait bien pourquoi le loup se sentait mal : elle n’était plus assez présente pour lui. Répondre n’était pas une option. Mais ne comprenait-il pas qu’elle essayait de tout rattraper pour justement être là après ? Il ne servait à rien de le lui dire, il ne voulait pas vraiment l’entendre. Et puis, il avait une requête : passer une soirée ensemble. Le compromis lui semblait facile et elle n’eut aucun mal à lui promettre, le coeur encore battant après ce baiser échangé. Il poussa alors le marché plus loin qui déclencha une vive inquiétude dans l’esprit de la jeune femme. Une douche ensemble ? La dernière fois, il avait perdu le contrôle et elle ne pouvait pas l’oublier alors prendrait-elle de nouveau ce risque ? La déception qui se refléta dans ses yeux lui fit mal. « Pardon je... ».

Essayant vainement de rattraper la situation, elle lui proposa de revenir à la toute première proposition où il avait mentionné le besoin d’échanger avec elle. Malheureusement, elle sut quand il se releva et commença à débarrasser qu’elle avait fait une erreur. Et elle culpabilisa en sentant les larmes lui monter aux yeux. Elle venait en quelques secondes de le décevoir, de lui faire de la peine et de le mettre en colère. Et elle ne comprenait plus du tout ce qu’il voulait. Passer du temps ensemble mais ne pas parler ? Echanger mais dans le silence ? Pourquoi avait-elle dit non ? Elle aurait dû dire oui comme elle l’avait toujours fait. Ils seraient sous la douche et il serait heureux. Elle ne se sentirait pas coupable. Peut-être inquiète mais pas coupable. Et si jamais tout avait encore dérapé ? Qui parlait ? L’homme ou le loup ? Elle l’avait vexé. Et il lui parla alors de son devoir avant de la planter là. « Mais je... »

Malheureusement, son devoir ne l’inspirait plus. Comme mise devant le fait accompli, elle se retrouva avec toutes ses affaires devant le nez. Bràn s’éclipsa dans la salle de bain. Seul. Quand la porte claqua, Briseis renifla. « Je veux bien être avec toi ». Un murmure. Les larmes roulèrent sur ses joues. Elle commença à griffonner à moitié aveugle sur une feuille les mots « peine », « nulle », « compliqué ». Et d’autres phrases sur son ressenti. Elle ne pouvait le lui dire puisqu’il l’avait laissé tomber. Elle cacha les feuilles quand il sortit, et fit semblant de travailler. Il partit se coucher sans dire un mot. Quand elle fut à près sûre qu’il dormait, elle sortit un carnet de son sac et commença à griffonner dedans. Tout ce qu’elle ne pouvait dire à haute voix s’y trouvait. Toutes ses pensées, toutes ses émotions... Bràn n’était jamais tombé dessus jusque là parce qu’elle l’avait pris à l’aéroport, profitant d’un moment où le loup était parti aux petits coins pour se l’offrir. Oh ce n’était qu’un carnet tout simple. Mais il l’aidait à exorciser certaines expériences...

Bràn est fâché contre moi. Il prétend qu’il ne l’est pas et m’encourage mais je sens que je l’ai déçu. J’aurai dû dire oui. Je devrais ne plus craindre ce genre de dérapage, il a promis qu’il ne le ferait plus mais... J’ai toujours peur. Peur de ne plus pouvoir l’aimer s’il recommençait. Je veux juste nous protéger d’un mal plus grand. Je veux juste ne voir que celui que j’aime et pas ce que j’ai pu percevoir de plus sombre en lui. J’ai peur de le perdre. Je l’aime. Je vais me montrer plus présente pour lui. Je me lèverai plus tôt pour travailler le matin et pouvoir être avec lui le soir. Je ne chercherai plus à déjeuner le midi, je profiterai de ma pause pour travailler encore. J’espère qu’il me pardonnera et sera heureux des efforts que je ferai pour lui.

Rangeant le carnet dans son sac, elle laissa les feuilles en plan. Après avoir pris une douche et s’être changée, elle voulut le rejoindre au lit mais il lui tournait clairement le dos. Cette vision lui fit mal alors elle partit sur le sofa. Elle se réveilla à cinq heures et se mit à préparer des pancakes et du café, odeurs qui sortiraient le loup joyeusement du lit pour l’attirer vers la cuisine. Elle était déjà prête pour sa part. S’il venait, il retrouverait la Briseis qu’il avait toujours connu : souriante, prévenante et présente. Elle lui avait même préparer des sandwiches au cas où il aurait faim pendant la journée.
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« I WAS WAITING FOR YOU. AGAIN. »


Compliqué. Voilà ce que c’était. Compliqué. Lui qui avait toujours vécu sans se soucier de personne hormis de sa propre sécurité avait du mal à se sentir aujourd’hui délaissé. Au fond c’était ironique, ou juste un syndrome contre lequel il ne pouvait pas lutter, comme sorti du plus profond de son âme à cause d’un choc émotionnel. L’on aurait pu croire que c’était l’abandon de sa famille qui lui causait pareilles contradictions mais Bràn n’en souffrait nullement, de cet abandon. Jamais il n’avait cherché à savoir d’où il venait, pour lui, dans sa tête, il était Américain. Encore aujourd’hui il le pensait, quand bien même il soit plus proche de l’Islande qu’il ne l’avait été jusqu’ici. Aux Etats-Unis, il bénéficiait de toute l’attention de la jeune femme, et cette distance qu’il semblait y avoir de par la reprise de ses études, il ne parvenait sincèrement à s’y faire, mais pour elle il acceptait. Il y aurait des hauts et des bas, il en avait pleinement conscience et ce, depuis le jour où elle était venue lui parler de cette idée. Il savait d’avance que cela imposerait certaines journées où il ne le supporterait tout simplement pas, et aujourd’hui était l’une de ces journées où il aurait tout donné pour simplement l’avoir dans ses bras. Mais Briséis pensait études, et Bible, encore et toujours, même à l’heure du dîner. Ses envies, il les lui avait exposées, mais malgré cela tous ses plans ne cessaient de tomber à l’eau. Alors la brune essayait de s’excuser, en vain, Bràn n’était pas vraiment d’humeur à chercher, ni même à écouter d’autres explications. L’idée de la douche volant en éclats, fatigué de cette journée, le loup se releva de sa chaise et fila faire la vaisselle avant de s’éclipser seul dans la salle de bain dont il en ressortit quelques minutes plus tard. Tournant la tête vers la jeune femme, il la vit sur ses notes et se rendit dans leur chambre, elle arriverait plus tard. Il ignorait seulement qu’elle n’oserait venir le rejoindre.

Sans s’en rendre compte, le jeune homme s’était endormi, ce ne fut que bien plus tard dans la nuit qu’il se réveilla et constata avec une pointe d’amertume que la place à côté de lui était froide. Briséis avait dû s’endormir sur ses notes. Encore. Laissant un soupir s’échapper de ses lèvres il avait fini par s’emmitoufler à nouveau dans la couette et s’était rendormi le cœur lourd jusqu’aux petites lueurs du jour.

Contrairement à ce qu’il avait pu penser de prime abord, ce ne fut pas la colère qui le sortit de sa rêverie et de son sommeil lourd, mais belle et bien une odeur de café et de pancakes qu’il pensa d’ailleurs tout droit sorties de l’un de ses fameux rêves. Se redressant dans le lit, le métamorphe plissa les yeux, l’air suspicieux, puis il daigna poser les pieds sur le sol et se rendit dans la cuisine les cheveux en bataille et la mine pleine de surprise et d’incompréhension. Elle était là, rayonnante et pimpante comme elle l’avait toujours été en dehors de ces derniers jours. Aux petits soins. Sur le coup, Bràn n’en revint pas et l’observa d’abord avec des yeux ronds.

« Qu… Hey. ». Papillonnant des yeux, les prunelles émeraude du loup continuèrent de scruter la jeune femme avant de s’attarder sur la table où se trouvait l’assiette de pancakes fumant et sa tasse remplie du liquide noir qu’il connaissait tant. « Quand as-tu… ? ». Oui, il était très exactement 6h30, et d’ordinaire elle n’avait jamais le temps… Ils ne se croisaient plus depuis belle lurette. « Tu n’as pas cours aujourd’hui ? ». Oui, le loup était véritablement perdu pour le coup.

Lentement il se rapprocha un peu plus et vint déposer un baiser sur sa tempe avant de s’asseoir, toujours aussi perdu. Si elle avait cuisiné, pourquoi elle n’était pas venue le rejoindre la veille ? Attrapant sa tasse fumante entre ses mains, il hocha la tête. « Ca sent très bon, merci. ». Levant la tête pour lui offrir un sourire, il la rabaissa aussitôt, nez soudainement plissé. « Pourquoi… Tu ne m’as pas rejoint cette nuit ? ». Oui, pour le coup c’était véritablement ce qui le tracassait de bon matin. Qu’on ne s’y méprenne, Bràn était sincèrement touché par le geste et à l’idée de pouvoir partager un petit déjeuner avec elle. Enfin du moins, c’est ce qu’il pensait qu’il se passerait, mais pour l’heure, rien n’était encore sûr… « Je t’ai attendu. ». Pas de ton sec ou froid, juste… De l’incompréhension. Le loup voulait crever l’abcès qu’il avait senti se former dans sa gorge lorsqu’il s’était réveillé seul dans l’obscurité la plus totale.
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❝I... DIDN’T KNOW. SORRY. ❞

( c) texas-flood


A chaque jour suffisait sa peine. Briseis n’avait pas osé le rejoindre, persuadée que le loup boudait et son humeur instable la poussait instinctivement à ne surtout pas rester trop près de lui. La distance entre eux ne cessait d’augmenter et il devenait compliqué de savoir comment résoudre cette affaire. Jamais Briseis n’avait été confrontée à une situation pareille et ce n’était pas étonnant puisque Bràn était son premier petit ami. Alors, pleine de nouvelles et bonne résolution, elle s’était levée très tôt pour passer un moment avec lui. Aux fourneaux, elle cuisina quelques pancakes, des oeux, du bacon, tout ce qu’il fallait pour contenter l’estomac du loup. Surtout le bacon. Grillé.

Elle venait de finir de dresser son assiette quand il émergea. Les cheveux en bataille et son visage surpris ne la désarçonnèrent pas. Au contraire, la jeune femme était contente d’avoir réussi son effet et ce fut un vrai sourire qui vint illuminer son visage. « Morning ! » Devant sa mine déconfite, elle décida donc de lui donner une explication. « J’ai réalisé que dernièrement on ne se voyait plus vraiment le matin alors... J’ai avancé mon réveil pour pouvoir faire le petit-déjeuner et... Avoir du temps... Ensemble...» . Un nouveau sourire aux lèvres, elle espérait vraiment ne pas avoir fait une bêtise. « Si... Si j’ai cours aujourd’hui... ». Sa voix était un peu tremblante. « Mais... Je n’en ai pas le week-end ». Oui du coup, elle travaillait, que ce soit au bar ou dans son fameux devoir. Sentant que le loup pouvait se fâcher, elle essaya de désamorcer chaque mot qui pourrait le frustrer. « Je pensais que nous pouvions... Nous réserver le Dimanche ? ». Un peu maladroitement, elle venait de lui dire que ce moment à eux, elle le voyait le Dimanche. Après la messe bien sûr. Et parce qu’elle voulait respecter le principe religieux qu’elle avait un peu perdu de vu ces derniers temps.

Se crispant légèrement quand il approcha, elle se détendit sous le baiser. Rassurée, elle baissa sa garde. Il achetait. Il était heureux, elle avait réussi et son rythme cardiaque commençait à revenir à la normale. « Je voulais juste me rattraper, je n’ai pas été très présente dernièrement ». Son sourire l’avait poussé à se confier mais en le voyant soudainement baisser la tête et froncé le nez, elle comprit qu’il était toujours contrarié. Baissant instinctivement les yeux, il ne lui fallut pas attendre longtemps pour que le couperet ne tombe. Toute sa joie venait de tomber. Bon. Son idée de petit déjeuner joyeux et insouciant venait clairement de s’envoler en fumée. Déçue, Briseis pinça les lèvres. Si lui pensait ne pas lui faire de reproche, c’était pourtant ainsi qu’elle le prenait. Elle avait encore échoué. La vérité lui fit mal. Il allait partir. Pourquoi resterait-il avec elle, une si énorme source d’insatisfaction et de frustration ? « Je... ». Un noeud se forma dans sa gorge. Elle allait pleurer, comme une enfant prise en faute. Encore. « Pardon, je... » Sa voix tremblait, elle ne le regardait plus, le bout de ses pieds semblant soudain plus intéressants. « Je pensais que... Tu ne voulais pas...Quand je suis venue tu... Me tournais le dos alors... Alors j’ai pensé que tu m’en voulais et je suis allée sur le sofa... ». Quelle idiote ! Mais quelle idiote ! Briseis se mordit fortement la lèvre inférieure. Elle était vraiment stupide ! En annonçant ses raisons, elle se trouva vraiment bête d’avoir pu penser une telle chose et le loup n’allait pas la rater. Figée, elle se referma sur elle-même. Les larmes tombèrent sur le sol, s’écrasant avec violence. « Je suis désolée si je t’ai encore déçu. » Et comme toujours, plutôt que de l’affronter, cette angoisse sourde montait. Elle préférait fuir plutôt que de l’entendre lui dire qu’il allait la quitter ou de le regarder partir. Tous les deux avaient peur d’être abandonné par l’autre mais aucun d’eux ne parvenait à exprimer ses émotions sans créer un chaos cataclysmique. Il n’était pas facile pour Briseis d’exprimer ses pensées ou ses émotions. Elle fila vers ses cours qu’elle rassemblait à la hâte, montrant là son envie de sortir et partir au travail. Ou bien étudier.
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BRISEIS&BRÀN ζ Let us be what we were
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