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(marine) miss, there's a rabbit in your hat

Jeu 3 Jan - 22:04


miss, there's a rabbit in your hat
@Marine Charos & @Lisbeth B. Pritchard


 C’est improbable. Et un peu désagréable, aussi, maintenant que Lisbeth y pense. Elle ne saurait dire combien d’appartements miteux elle a bien pu visiter, dans la matinée. Deux semblaient faire moins de trente mètre carrés ; le troisième affichait une magnifique tache d’humidité sur le mur - et le salon sentait le champignon frais en pleine forêt. Le troisième, contrairement à ce qui était indiqué dans l’annonce, était occupé par un quinquagénaire belliqueux au regard torve : Lisbeth avait fait demi-tour dans l’instant, si bien que l’agent immobilier - selon son titre - n’avait pas eu le temps de la suivre. Peut-être était-elle trop exigeante ? Certainement. Elle se mit à penser à son appartement New-Yorkais avec une certaine mélancolie. L’espace n’était pas très personnel : organisé autour d’un vaste espace ouvert, flanqué ici et là de piliers métalliques retenant un plafond brut, sans grand attrait, le loft était peu meublé, peu décoré. Le lit, immense, y était posé dans un coin ; une armoire dans l’autre, pleine à craquer de vêtements qu’elle n’avait l’occasion de mettre que sous couverture, durant ses missions ; là, une sorte de salon, composé d’un canapé confortable en vieux cuir marron, une table basse, un fauteuil. Pas de table pour manger, pas de réelle cuisine - un micro-ondes et un chauffe-plat. Une baignoire, là, au milieu de nulle part, près d’un grand miroir dans lequel elle avait appris à compter ses cicatrices. Le plus intéressant se trouvait cacher dans l’ombre, ou dans le grand coffre à l’autre bout de la pièce, loin du lit mais bien visible. Des oeuvres d’art, des robes de grands couturiers, des bijoux de créateur. Des pièces de design qu’elle avait dû mettre sous clé et qui ne reverrait pas le jour avant qu’elle ne retourne au pays.

Lisbeth laissa échapper un soupir. Répondre à l’appel d’Antigone était certainement une erreur - parce qu’elle avait laissé son confort derrière elle, parce qu’il y avait sa famille, Gadreel et Sayanel, ainsi que tout un noeud d’histoires et de non-dits à démêler. Tout un tas de choses qu’elle n’avait pas envie d’affronter et qu’elle préférait fuir. Ce qui était, en réalité, indigne d’elle et très éloigné de son caractère habituelle. La jeune femme soupira, manqua de grogner quand un vélo lui coupa la route et bifurqua sans vraiment faire attention à son chemin. C’est la devanture de la boutique qui l’interpelle en premier. Impossible de définir ce à quoi elle a affaire : une brocante, peut-être ? Une friperie, non ? Ou un mélange des deux, un magasin de charité, un magasin hybride dans lequel on semble pouvoir tout trouver. C’est qu’il y a en vitrine de drôles d’objets, dont une canne à plumeau doré - en forme de canard, évidemment - ainsi qu’une tête de phrénologie et ce que Lizzy prend pour un dentier. Il lui faut s’y reprendre à deux fois pour s’assurer qu’il s’agit bien d’une dentition humaine. Intriguée, bien qu’étonnée, ses pas la guide à l’intérieur avant même qu’elle ait pu s’en dissuader. Elle a certainement d’autres choses à faire, et puis elle n’a même pas d’appartement. Ce n’est pas à l’hôtel Kikashi qu’elle pourrait ramener l’énorme paon empaillé qui trône dans un coin de la pièce, quoi qu’il lui fasse de l’oeil.

« Bonjour. », fait-elle en entrant. Elle n’aperçoit de la vendeuse qu’une masse de cheveux flamboyant, plus roux que roux. Elle est persuadée qu’à la lumière, ils pourraient s’enflammer, mais elle n’en dit rien, fascine par cette chevelure que l’on disait celle des sorcières, fut un temps. Prenant soin de ne rien bousculer, de ne rien faire tomber, Lisbeth avance, les mains bien enfoncées dans les poches de son blouson. Elle doit avouer avoir envie de toucher à tout ce qui lui passe sous le nez : le dentier a éveiller sa curiosité et son âme de chasseuse - d’objets, cette fois, et de belles choses - s’est animée à la vue de ce bric-à-brac surprenant. « Excusez-moi, est-ce que vous auriez… » Lisbeth s’interrompt et fronce les sourcils - ainsi que le nez, pour la peine. Se penchant en avant, elle prend soin de ne pas respirer trop fort devant l’énorme récipient en porcelaine. « C’est un pot de chambre ? » Elle n’est pas sûre de ce qui transparaît le mieux dans sa voix : l’étonnement ou la répulsion, légère et teintée de curiosité. L’étonnement, certainement, parce que sa grimace doit traduire tout ce qui lui passe à l’esprit présentement. « Je me demande bien qui utilise encore un pot de chambre. Ou vous en a déjà acheté ? » Lizzy jette un oeil à la vendeuse, ayant retrouvé son sourire qui se fait, cette fois, amusé. « J’en ai même oublié ce que je voulais vous demander… Mais est-ce que c’est un vrai dentier, dans la vitrine ? Enfin, un dentier qui a été utilisé ? Je crois que c’est pire que le pot de chambre… » Une envie de rire la saisit au ventre et cela fait un moment que ce n’est pas arrivé. Du bout des doigts, Lizzy soulève un loup, noir et délicat, couvert de plumes sur le côté et qui dissimule parfaitement la partie supérieure de son visage. « Je crois que je n’ai jamais vu une boutique comme la vôtre. »
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Marine Charos
Sirène
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RACE : Sirène

(marine) miss, there's a rabbit in your hat

Sam 5 Jan - 14:50


► un pot de chambre, vraiment ?
miss, there's a rabbit in your hat
Lisbeth & Marine
Marine se rangea sagement derrière le comptoir sous le regard sévère de sa patronne. Gentille patronne qui n’avait pas apprécié qu’elle fasse tomber un bibelot d’une étagère surchargée et un peu branlante. La sirène souffla par le nez, détournant le visage dans une moue outrée. Ce n’était pas sa faute, elle tentait d’éviter une cliente. Grosse cliente. Dans les deux sens du terme. Non que Marine l’ait dit à voix haute, elle savait tenir sa langue et être polie. Quand il le fallait. Son regard clair retourna se fixer sur la cliente qui parlait avec la patronne, compatissant pour le bibelot cassé. Racontant ses propres déboires avec des employés trop maladroits. Son regard ne déviait pas, insistant. La cliente finit par lui jeter un coup d’œil, dérangée, et Marine haussa un sourcil. Simple parfois comme un geste insignifiant pouvait faire des miracles. La cliente s’empressa de changer de sujet et Marine entreprit calmement de ranger le petit et encombré comptoir. Stupide humaine. Lâche et froussarde.

La sirène enregistra l’achat de la paire de gant en dentelle datant du siècle dernier que prenait la cliente et lui rendit la monnaie. Son regard clair toujours insistant. Toujours calme. La cliente s’empressa de quitter la boutique et Marine renifla, méprisante. Sa patronne lui envoya un regard ennuyé auquel Marine opposa un sourire innocent qui brisa le masque de mécontentement. La femme gagna l’arrière-boutique en secouant la tête, visiblement fatiguée – bien qu’amusée – par son employée. Marine laissa échapper un petit rire à l’attitude de celle qu’elle appelait ‘amie’ en dehors de la boutique. Trois mois n’étaient pas beaucoup mais c’était suffisant pour qu’elles se soient cernées et qu’elles sachent ne pas se brouiller pour ce genre d’incident. Surtout face à une telle clientèle. Imbuvable.

Marine saisit un chiffon pour nettoyer le fragile couteau qu’elle venait de prendre de l’élégante boîte à couverts devant elle. La porte s’ouvrit dans un tintement agréable et Marine releva les yeux pour sourire une salutation à la nouvelle cliente. Un visage plus sympathique que la précédente, des mèches blondes et un regard perplexe. Cliente agréable, devina Marine. Curieuse également.

« — Bonjour, je peux vous aider ? »

Oui apparemment, avant qu’un article ne détourne le train de ses pensées. Marine ne put retenir un léger rire à sa réaction face au pot de chambre puis au dentier exposé dans la vitrine. Une de ses idées, elle aimait mettre des aperçus de la folie de ce magasin dans la vitrine. Ils avaient eu quelques curieux ainsi la première fois. Depuis sa patronne la laissait faire ce qu’elle voulait de la vitrine, à son plus grand plaisir. La cliente saisit un loup et Marine lui jeta un coup d’œil en reposant le couteau pour saisir une cuillère, une réponse amusée sur les lèvres.

« — Oh, le dentier a été porté. Par un homme visiblement célèbre qui m’est absolument inconnu. Il a tenu à faire faire graver son nom sur son dentier. Il y a des gens étranges partout. Franchement j’ai dû le nettoyer assez souvent pour ne pas vouloir en savoir plus. »

Un bref rire s’échappa de ses lèvres fines alors qu’elle secouait la tête en repensant à ces séances de nettoyage que lui avait imposé sa patronne, beaucoup trop dégoûté pour le faire elle-même. Elle avait appris à ne plus poser de questions parce que c’était l’attitude attendue et que sa collègue elle-même était parfois réticente avec certains articles ; ceux atypiques qui se retrouvaient souvent en vitrine depuis que Marine en était chargée. La sirène n’en était pourtant pas plus dérangée que ça. Elle avait chassé, dépecé et recyclé plus que sa part d’animaux marins lorsqu’elle était en mer ; un dentier n’était pas si terrifiant à côté de ça.

« — Les gens achètent tout, vous savez, poursuivit Marine d’une voix amusée. Le pot de chambre est ancien. Potentiellement un ravissant vase s'il est bien présenté. Si les fleurs sont fausses et viennent de chez nous c’est encore mieux parce qu’on fait une promo en ce moment et que ça tient plus longtemps que les vraies. Cela dit, les acheteurs ne se bousculent pas, admit-elle avec un sourire. A part les collectionneurs trop étranges pour moi et les conservateurs qui se lèvent la nuit peut-être. »

Elle haussa les épaules comme point final à sa démonstration et posa la cuillère. La sirène reposa son chiffon et referma délicatement la boîte qui contenait les délicats et ouvragés couverts. Elle se tourna vers la cliente, souffla sur une de ses mèches trop envahissantes, finit par la décaler à la main et sourit finalement.

« — Vous cherchiez quelque chose ? »

Potentialité plus qu’improbable dans ce magasin mais pourquoi pas. C’était déjà arrivée, même si la plupart des humains qui ouvraient cette porte ne savaient pas ce qu’ils faisaient là. Merci à la vitrine. Elle repassa du côté magasin du comptoir et entreposa l’article sur un tabouret décoré d’inscriptions plus ou moins ésotériques – elles en avaient l’allure en tout cas – avec un petit papier ‘ouvrez-moi’ sur le couvercle. Marine fronça les sourcils, arrangea l’assemblement, écarta un aspirateur de quelques centimètres, repositionna le tabouret et la boîte et se recula de quelques pas. Elle pencha la tête sur le côté en se mordant un ongle puis haussa les épaules. Cela ferait l’affaire.
CODE BY ÐVÆLING // groover par une licorne


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