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 LE CALENDRIER DE L'AVENT - Jour 9

9 Décembre

« Défi N°9  »

Ecriture - Ecrire un court récit (minimum 500 mots, pas de maximum) reprenant les codes du "Noël de Scrooge" (Noël passé/présent/futur)  



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Métamorphestaff
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 LE CALENDRIER DE L'AVENT - Jour 9





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

+ Le vent souffle sur les vitres, projetant les flocons de neige sur cette dernière. Sur le pourtour de chaque fenêtre de la maison, un cadre glacé, dessiné par le froid. Cela ne le dérangeait pas, il était à l’intérieur, au chaud. Pas comme les mendiants, les sans-abris. En faites, leur existence ne lui traversait même pas l’esprit. Il galope, il court à travers les couloirs. Maman n’est pas là, Papa non plus. Alors, c’est l’ainé, Stanislav, qui était chargé de le garder. Il ne disait rien une première fois, le nez plongé dans ses livres, ronchonnant légèrement en entendant son petit-frère rire. Il a cinq ans, qu’on lui pardonne, il trouvait cela amusant de le voir s’énerver. C’est difficile, mais il fallait bien égayer cette maison. C’est bientôt son anniversaire, si bien qu’ils fêtaient Noël en même temps. Cela permettait d’étouffer la niaiserie de ces festivités. «Allez làààààà, emmènes-moi en ville, j’veux voir les illuminations.» La tête brûlée sautait sur le plus âgé, et ce dernier grognait, pestait, prêt à exploser. «Ok-ok sale teigne, t’as gagné, on y va.» Un geste sec, ferme, agacé, et il refermait le livre qu’il lisait. Ronchon, il fermait néanmoins son manteau. Vlasi se fichait de ses airs grognons, il a gagné de toute façon. Comme si c’était un temps à sortir. Difficile de rester en place, il n’y avait rien à faire dans cette maison hormis attendre et regarder. Voronej n’était pas aussi somptueuse que Moscou, mais il s’en fichait. Il y avait des décors en faible quantité, et le marché de noël. Les gens ne se bousculaient pas ; tant mieux.

Il profite de l’inattention de Stanislav, et il s’égare entre deux maisons en bois.
Il entend les pleurs d’une petite. Enfin, petite ... C’est un bien grand mot.
Elle l’entend venir, alors elle se lève et il constate qu’elle est grande, plus grande que lui. Le teint pâle, tout comme le sien, mais blonde platine. «Pourquoi tu pleurs ?» - «Pourquoi tu t’y intéresses ?» - «Je m’intéresse à tout.» - «Personne ne s’intéresse à moi» - «Moi si.»
Elle sourit, et elle lui tend la main pour le ramener à son frère. Seulement, il tire sur celle-ci, il n’a pas envie d’y aller. Pas tout de suite. Puis, l’ainé est sans doute rentré en voyant qu’il l’avait perdu de vu, sans craindre une soufflante. Un instant de déclic, le temps qu’elle demande deux chocolats chauds, et Vlasi trouve l’instant pour constater que la neige semblait dévier d’eux. Le vent n’était plus tranchant, et les flocons avaient grossi. Une bulle protectrice, mais il doit rêver.





+ Le vent souffle sur les vitres, projetant les flocons de neige sur cette dernière. Sur le pourtour de chaque fenêtre de la maison, un cadre glacé, dessiné par ses doigts. Cela ne le dérangeait pas, il était à l’intérieur, au chaud. Pas comme les mendiants, les sans-abris, les déchets. En faites, leur existence ne lui importait guère. Il galopait, il courrait pour sa survie. Mère n’est pas là, Stanislav n’est plus. Alors, c’est Père, qui était chargé de le roder. Il ne dit rien, le nez plongé dans ses livres de compte, ronchonnant légèrement en entendant son fils réclamer cinq minutes de son attention. Il avait quinze ans, qu’on lui pardonne, il s’ennuyait. C’est difficile, mais il fallait bien défendre cette maison. C’est bientôt son anniversaire, mais le goût étaient amer. Cela gâchait les festivités. Y en a-t-il déjà eu ? «P’pa, je peux aller en ville ?» Le junkie interrogeait le plus âgé, et ce dernier grognait, réfléchissait, jaugeait. «Vas-y, mais rentre avant minuit.» Un geste tranquille, léchant son doigt pour tourner la page, et il replongeait dans ses occupations. Vlasi se fichait d’avoir froid, il avait gagné de toute façon. Comme si c’était nouveau de se les geler dans ce pays. Difficile de déborder de joie, il n’en avait plus en stock. Il n’y avait rien à faire dans cette maison hormis interroger et exécuter. Voronej n’était toujours pas aussi somptueuse que Moscou, mais il s’en foutait. Il y avait des décors en faible quantité, des sans-abris morts de froid dans quelques coins et le marché de noël. Les gens ne se bousculaient pas ; il avait l’impression que c’est de pire en pire.

Il profite qu’aucun regard ne soit posé sur lui, et il se glisse entre dans l’ombre d’une ruelle.
Il attend sa blonde platine, sa Elsa, sa sorcière des neiges, allumant une cigarette.
Elle finit par apparaître, ses lèvres se tordent pour afficher une grimace et elle constate qu’il a grandi, devenu aussi grand qu’elle. Le teint pâle, tout comme le sien, le blanc et le noir dans le même endroit. «Pourquoi tu grimaces ?» - «Pourquoi tu t’es tatoué ?» - «Pour me souvenir de tout.» - «Personne ne se souvient de moi.» - «Moi si.»
Elle sourit, et elle lui tend la main pour le ramener chez lui. Seulement, il ne l’a prend pas, il n’a pas envie. Par tout de suite. Puis, Vlasi a jusqu’à minuit, ils ont des heures devant eux. Un instant de déclic, le temps qu’elle demande deux cafés, et Vlasi trouve l’instant de constater que la neige semblait dévier d’eux. Le froid ne se faisait plus sentir, et les flocons avaient grossi. Un cocon, mais il doit délirer.





+ Le vent souffle sur les vitres, mais c’est la pluie irlandaise qui s’abat sur cette dernière. Sur le pourtour de chaque fenêtre de cet appartement, de l’eau en quantité. Sans crèche sur l’une d’entre elle. Cela ne le dérange pas, ils sont à l’intérieur, au chaud. Pas comme ces mecs de la D.D.E qui ramassent la merde des autres. En faites, ils vont surement ramasser la sienne aussi, en espérant qu’ils n’ouvrent pas les sacs. Il fume, il se pose, fatigué de courir. Il préfère attendre maintenant. Mère n’est plus là, Père non plus. Il n’a que son chat, son serpent, et The Ramones qui passe en boucle depuis la veille. Il ne dit rien, le nez plongé dans ses comptes, ronchonnant légèrement en voyant que le chiffre espéré n’était pas atteint malgré une longue nuit à roder dans les bars. Il a quarante ans, qu’on lui pardonne, il se laisse aller. C’est difficile, mais il ne sait plus vraiment pour quoi il se bat. C’est bientôt son anniversaire, mais il s’en fout. Ça lui rappelle un peu plus chaque année qu’il est loin de chez lui. «Sans, bouges pas d’là, je vais en ville ?» L’étranger donne des ordre à son chat, et ce dernier repose sa tête sur son coussin, éperdument désintéressé par ce que son maître peut faire de son temps libre. Un petit miaulement, et sa main plonge dans le pelage du persan gris. Shura se fiche d’être trempé, il choisit dorénavant. Comme si c’était nouveau, ce temps de merde dans ce pays. Les yeux explosés cachés derrière des lunettes noires, il est trop éclaté pour avoir de l’énergie à revendre aujourd’hui. Il n’y a rien à faire dans cet appartement hormis regarder et attendre. Bray ne sera jamais aussi somptueuse que Voronej, mais elle a le mérite d’essayer. Il y a des décors en plus grande quantités, des gens heureux et le marché de noël bombé. Ça le dégoutte ; il a l’impression que l’hypocrisie est à son comble.

Il n’a plus la tête à s’égarer, il veut surtout retrouver son chemin.
Sa blonde platine, il la fuit dorénavant, comme il a fuit son pays.
Pourtant, elle est là, sans parapluie, exposée à la flotte. Ses lèvres se tordent pour afficher une grimace, et il constate qu’elle n’a pas changé. Qu’il est même devenu plus âgé qu’elle. Les cernes sous les yeux, tout comme les siens, le temps l’a rattrapé. «Pourquoi tu grimaces ?» - «Pourquoi tu poses la question ?» - «Pour t’entendre le dire de vive-voix.» - «Va-t-en, laisses-moi.» - «Je n’en ai pas envie.»
Elle sourit, et elle lui tend la main pour l’accompagner. Cette fois, il la prend, elle lui a manqué. Personne ne l’attends, il peut prendre tout son temps. Shura n’a pas de parapluie, alors ils partagent un abri-bus au bout du chemin. Un instant de déclic, le temps qu’elle s’essaye à lui rouler sa cigarette, et Shura trouve le temps de constater que la pluie se change en flocon. L’humidité ne se faisait plus sentir, et un léger sourire apparaît sur son visage. Une nostalgie, mais cela ne l’étonne plus.
 




+ Le vent souffle sur les vitres, et la neige s’accroche aux barreaux. Sur le pourtour de chaque fenêtre de cette cellule, une couverture glacée. Il gravera sous chacune d’entre elle pour garder le cours du temps, et ne pas sombrer dans la folie de l’obscurité. Cela le dérangera, souhaitant l’extérieur, et le froid. Pas comme ces types autour de lui qui brailleront jour et nuit. En faites, il n’aura plus la force d’hurler, il laissera faire les autres. Il fumera, n’aura que ça à faire, embrassera la mort à chaque nouvelle bouffées. Mère et Père ne sont plus là, Vlasi les rejoindra. Il n’aura que sa fierté, ses idéaux poussiéreux, et des bouquins lus pour une énième fois. Il ne dira rien, le nez rivé vers le plafond gris, ronchonnant légèrement en pensant à cette perpétuité d’isolement. Lui qui jurait de ne jamais se faire attraper. Il a soixante ans, qu’on lui pardonne, il s’est laissé attrapé, fatigué de courir. Ce sera difficile, mais il a eu ce qu’il voulait. Ce sera bientôt son anniversaire, mais il n’attendra pas de visite. Ça lui rappellera un peu plus les choses à côté duquel il sera passé. Pas de dialogue cette fois, il se terrera dans le mutisme. La serrure sera enclenché, et le gardien le regardera de haut. Un petit ricanement de sa part tordra ses lèvres, et il lui rappellera que s’il ne tentera pas de s’échapper cette fois, que s’il a obtenu des mérites, c’est uniquement parce qu’il ne souhaitera pas s’échapper. Il sortira, et ce sera son dernier jour. Vlasi se fichera de mourir dès ce couloir traversé, ce sera ce qu’il aura choisi. Comme s’il aurait réussi à choisir quelle jour pour sortir. Les yeux cachés derrière des lunettes noires, il n’aura plus d’énergie à revendre demain. Il n’y aura rien à faire dans cet prison hormis regarder et tuer le temps comme il pourra. Voronej ne sera jamais aussi sombre qu’en ces jours, mais il l’aura mérité. Il n’y aura aucun décor, des gens malheureux et de la bouffe soit-disant exceptionnelle. Ça le fera sourire ; il aura la sensation de ne s’être jamais autant amusé.

Il ne peut plus s’égarer, il veut surtout envoyer chier celui ou celle qu’il lui rend visite.
Sa blonde platine, elle est revenue.
L’air grave, désolé, mais il parvient à desceller une once de malignité dans son regard. Ses lèvres se tordent pour afficher un sourire et elle est restée fidèle à elle-même. Les cheveux blancs grisonnants, tout comme les siens, le temps est un farceur. «Pourquoi tu souries ?» - «Pourquoi pas ?» - «Pour cacher tes larmes ?.» - «Je n’ai aucuns regrets.» - «Moi j’en ai.»
Elle ne sourit pas, mais elle lui tend la main espérant pouvoir l’attraper à travers la vitre. Il la regarde faire, puis il soupire. Elle l’a attendu encore cette année, et le temps est écoulé. Shura n’a plus sa liberté chéri, alors ils partagent quelques mots. Un instant de déclic, le temps qu’elle passe ses cigarettes sous l’oeil attentif du gardien, et Vlasi lève la tête en attendant les flocons de neige. Absent, comme les réponses, qu’est-ce qu’il avait loupé ? Son sourire disparaît sur son visage. Une pointe d’humanité, dans les derniers instants. Dommage.





+ Le vent souffle sur les vitres, projetant les flocons de neige sur cette dernière. Sur le pourtour de chaque fenêtre de la maison, un cadre glacé, dessiné par ses doigts. Cela ne le dérangeait pas, il était à l’intérieur, au chaud. Pas comme les mendiants, les sans-abris, les déchets. En faites, leur existence ne lui importait guère. Il galopait, il courrait pour sa survie. Mère n’est pas là, Stanislav n’est plus. Alors, c’est Père, qui était chargé de le roder. Il ne dit rien, le nez plongé dans ses livres de compte, ronchonnant légèrement en entendant son fils réclamer cinq minutes de son attention. Il avait quinze ans, qu’on lui pardonne, il s’ennuyait. C’est difficile, mais il fallait bien défendre cette maison. C’est bientôt son anniversaire, mais le goût étaient amer. Cela gâchait les festivités. Y en a-t-il déjà eu ? «P’pa, je peux aller en ville ?» Le junkie interrogeait le plus âgé, et ce dernier grognait, réfléchissait, jaugeait. «Vas-y, mais rentre avant minuit.» Un geste tranquille, léchant son doigt pour tourner la page, et il replongeait dans ses occupations. Vlasi se fichait d’avoir froid, il avait gagné de toute façon. Comme si c’était nouveau de se les geler dans ce pays. Difficile de déborder de joie, il n’en avait plus en stock. Il n’y avait rien à faire dans cette maison hormis interroger et exécuter. Voronej n’était toujours pas aussi somptueuse que Moscou, mais il s’en foutait. Il y avait des décors en faible quantité, des sans-abris morts de froid dans quelques coins et le marché de noël. Les gens ne se bousculaient pas ; il avait l’impression que c’est de pire en pire.

Il profite qu’aucun regard ne soit posé sur lui, et il se glisse entre dans l’ombre d’une ruelle.
Il attend sa blonde platine, sa Elsa, sa sorcière des neiges, allumant une cigarette.
Elle finit par apparaître, ses lèvres se tordent pour afficher une grimace et elle constate qu’il a grandi, devenu aussi grand qu’elle. Le teint pâle, tout comme le sien, le blanc et le noir dans le même endroit. «Pourquoi tu grimaces ?» - «Pourquoi tu t’es tatoué ?» - «Pour me souvenir de tout.» - «Personne ne se souvient de moi.» - «Moi si, t’en fais pas là-dessus.»
Elle sourit, et elle lui tend la main pour le ramener chez lui. Seulement, il l’a prend, mais il la tire vers lui. Ce sera peut-être la dernière fois qu’il la verra, alors il dépose un baiser sur ses lèvres. Elles sont glacés, mais en quoi cela devait être dérangeant. Elle n’avait pas de nom, la poupée de neige. Un instant de satisfaction, et elle disparaît dans un millier de flocon. Génie des glaces, il n’aura jamais autant apprécié le froid. Sa tête se penche légèrement sur le côté pour cacher un sourire saupoudré de regrets.
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Féestaff
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 LE CALENDRIER DE L'AVENT - Jour 9

Basil Egerton n’aimait pas tant Noël. C’était moins une véritable haine qu’une propre indifférence : lorsqu’on y pensait bien, c’était une autre invention de la société, qui reprenait des idées de Dieu et de charité chrétienne, en renflouant les caisses pleines du capitalisme. Pragmatiquement, c’était un jour comme tous les autres, alors si ce n’est peut-être une atmosphère plus festive, il n’aurait pas interrompu ses activités pour rien au monde. Ce qu’il y avait de très intrigant avec Noël, à propos, c’était que les urgences médicales s’y trouvaient toujours pleines. Alors le fossoyeur s’attendait à une arrivée un peu massive dans les prochaines semaines.
Il rentrait du cimetière, finalement un jour comme tous les autres. Il y avait juste beaucoup de brouillard, mais quand on avait habité Londres, on ne voyait pas l’intérêt d’en faire des caisses. Ce n’est qu’une fois chez lui que quelque chose de surnaturel se passa en fin de compte. Quand je dis surnaturel, c’était moins des histoires de fées et de tritons, qui n’avaient rien de surnaturel après tout puisque leur existence était avérée - mais plutôt quelque chose se rapprochant des histoires de fantôme. Un esprit, dirons-nous. D’accord, c’était Hamlet. Mais un Hamlet un peu transparent tout de même, que l’éternité semblait avoir malmené pas mal. Et qu’est-ce qu’il lui dit, ce bon Hamlet ? Qu’il finirait aussi dans le même état, si il ne faisait pas un petit semblant d’effort. Ce que Basil n’écouta pas, parce qu’enfin ça ne ressemblait pas beaucoup à Hamlet de l’enjoindre à être plus humain, et parce qu’il n’était pas supposé être transparent à la fin, alors : qu’est-ce que c’est que ces foutaises ?

Un peu en aval, mettons qu’il soit une heure du matin. Et que nous avons Basil qui ne dort pas, parce qu’il ne dort plus c’est de notoriété publique ; et qui dissèque quelque chose qui fut quelqu’un dans ce qui lui sert de sous-sol. L’heure sonne, et voilà qu’un gamin rouquin et transparent surgit de nulle part pour le regarder faire. Là dessus, Basil remua un peu, parce qu’un fantôme était une chose, mais deux fantômes c’était un peu pire. « Qu’est-ce que tu es toi ? » qu’il demande, ahuri parce que ça n’avait vraiment pas de sens. « L’esprit de Noël passé » et à lui encore de se trouver bien bête.
Et le voilà qui n’est plus dans son sous-sol, mais avec tout de même le scalpel dans la main. Où est-il désormais ? Il reconnait l’endroit. C’est le salon où Margaret passait ses journées à broder car trop fragile pour se lever du fauteuil. Le manoir où il avait passé son enfance, avec ses quatre soeurs, sa mère acariâtre et le père sous sa coupe. Ils étaient tous là, lui aussi - petit machin qui fait la gueule, et peut-être haut comme trois pommes. Un crépitement de feu de cheminée, un sapin qui devait valoir beaucoup d’argent à hauteur de tout ce qui y était accroché. L’odeur de dinde, farcie de truffes et de marrons.
Il n’y avait pas beaucoup d’amour dans cette maison, mais l’atmosphère de Noël était quand même quelque chose. C’était toujours pour Agatha l’occasion de porter six ou huit jolies robes, pour Susan de glisser un peu de neige dans les souliers de sa mère, pour Margaret d’offrir un peu tout ce qu’elle faisait de ses mains pour s’occuper au lieu de mourir. Et Charlotte, qui était encore en vie, le visage ravissant mais toujours en demi-teinte, toujours détestable pour tout le monde.
Basil adressa à l’esprit un regard perplexe, moins pour le choix de la vision que pour ce véritable saut dans le temps. Comme un flashback en plus réel, puisque sa présence n’avait pas d’incidence sur le déroulé de la scène. « Mais quel est le but ? » demanda-t-il avec toujours son petit scalpel en main, mais on se garda bien de lui donner une consigne. Alors il regarda simplement un peu autour. Les sourires sur les visages de tout le monde, même Margaret, même sa mère d’ailleurs, une fois n’est pas coutume. Il était terrifiant ce sourire, tellement il n’en avait pas l’habitude. Mais pas lui, non toujours pas le môme, mais un môme toutefois obnubilé très largement par les replis de robes qui lui passaient sous les doigts.
Un premier miracle alors : il trouva qu’il avait été très stupide, et ridicule, et pensa qu’après tout ce n’était peut-être pas si mal, qu’il en avait gardé un tout autre souvenir. D’autant qu’à présent, si ce n’était pas malheureux, il y en avait une au moins, et peut-être davantage d’ailleurs qui étaient susceptibles de ne plus connaître un Noël semblable, parce qu’il y en avait une qui était morte, une autre guettée par l’asile, et bref que tout le monde après ce point avait fini par mal tourner. A part lui, visiblement, puisqu’il était le seul dans le tas à être devenu moins pire. En tout cas, c’est ce qu’il pensait.

Il fut renvoyé finalement dans son sous-sol, et l’esprit de Noël passé se volatilisa si bien qu’il douta presque d’avoir vraiment vu quelque chose. Alors il fuma une cigarette, et prit une gorgée de thé, et un souffle d’air, et reprit ses activités. Deux heures sonna, à nouveau surgit de tout à fait nulle part un rouquin qui devait avoir son âge, et à peu de chose près peut-être, sa propre tête. « Alors ça, si ce n’est pas bizarre! » s’exclama Basil, et comme s’il avait posé la question qui était dans le script mais qu’il avait oublié de poser, l’autre répondit : « Je suis l’esprit de Noël présent ». Basil répondit avec un bon rire en regardant tout autour : « Malheureusement, ici Noël n’est pas présent, et si vous le voulez bien, je suis un peu occupé. » Mais bien sûr, l’esprit ne l’écouta pas.
Il se trouva le nez devant une autre vision, qui était le plein milieu de Bray, où tout à l’évidence Noël se faisait célébrer dans tous les coins. Basil reconnut quelques têtes, certaines qu’il avait en horreur, certaines qu’il appréciait beaucoup, et d’autres qu’il connaissait sans plus parce qu’on ne pouvait pas aimer ou détester tout le monde, surtout quand on faisait peu cas de son prochain. Il se chercha des yeux mais ne se vit nulle part. L’air sentait bon, toujours, il y avait cette ambiance festive qui réchauffe le coeur - mais ne sachant pas lire une atmosphère, Basil n’en tira rien. « Vraiment, quel est le but ? » demanda-t-il encore. L’esprit de Noël présent le regarda bien en face, et lui demanda s’il ne voyait pas comme ses amis étaient heureux. Basil se retint de lui dire qu’ils étaient loin d’être tous ses amis et qu’il se fichait parfaitement de savoir s’ils étaient heureux. L’esprit lui rappela alors à quel point il était seul, et décida de lui montrer son propre Noël - c’est à dire lui-même qui, à l’instant, découpait un mort. Mais il dut se rendre à l’évidence que Basil n’en pensait pas grand chose, si ce n’est qu’il avait assez faim à cause de la précédente odeur de churros. Et quand l’esprit lui demanda s’il ne voulait vraiment faire aucun effort, pour ne pas le contrarier Basil proposa de bien vouloir mettre une guirlande sur son sujet pour lui donner l’air plus festif.
Apparemment, ça ne l’amusa pas beaucoup. Fâché de son échec, l’esprit changea de stratégie, et l’expédia de tableau en tableau voir tout ce qu’il y avait de pire. Il vit encore ses soeurs qui ne fêtaient plus Noël que toutes seules, et Castiel dans sa cellule, Kochtcheï qui ne célébrait pas non plus, Dagda l’an dernier en deuil dans son cimetière, et un peu tout et n’importe quoi d’autre anarchiquement - des gens seuls, et l’esprit lui demanda alors si il n’avait pas l’envie de contribuer à ce qu’ils le soient un peu moins. Lorsque Basil se contenta d’un profond soupir de lassitude, il fallut bien déclarer forfait : l’esprit le laissa en paix, au moins pour une autre petite heure.

La troisième heure sonna, avec une nouvelle apparition, cette fois d’un âge très mûr. « Futur ? » demanda Basil sans réagir, et sans lui laisser le temps d’en placer une. Alors sans un mot, on l’expédia dans une autre vision, une fois encore le scalpel dans les mains ce qui l’irrita beaucoup, car enfin tout de même, cela ne coûtait rien de lui laisser le temps de le poser. Et il vit sous son nez un sapin décoré. Tout ce qui faisait Noël, mais dans son propre salon, ici, à Bray. Il resta perplexe, parce que rien de tout ceci n’avait de raison d’être - d’autant qu’il se voyait lui-même assis sur le tapis à un âge qui ne devait pas dépasser dix ans. « Un instant - ça n’a pas de sens... » commença-t-il avec un soupçon d’appréhension, sans doute parce qu’il devinait déjà ce qu’il était en train de voir, et qu’il le refoulait profondément.
C’est à cet instant qu’il se vit, véritablement lui-même, pénétrer la pièce, avec un peu plus de traits sur le visage et des mèches grisonnantes par dessus la tête - dans un costume vert sapin encadrant une cravate couverte de rennes au nez rouge vif. Il se vit tendre les bras, et soulever l’enfant avec un amour indéfectible, et l’enfant répondre : « Papa ». Là dessus, le véritable Basil fut très largement horrifié, et se tourna vivement vers l’esprit de Noël futur. « Jamais de la vie ! Pour l’amour du ciel, sortez-moi vite de là, je ne veux pas voir ça ! » Mais à l’esprit bienveillant d’en rire, avec un rire qui n’avait vraiment rien de bienveillant. « C’est ce qui arrivera si tu ne fêtes pas Noël » menaça-t-il. Et Basil s’exclama : « Mais ça n’a pas de sens !... »
Et en effet, ça n’avait pas de sens. La scène se brouilla sur une voix extérieure qu’il n’eut pas le temps de reconnaître, et se trouva de nouveau devant son bien-aimé cadavre, relativement remué par ce qu’il venait de voir. Il n’y avait plus d’esprit nulle part, et c’était tant mieux. Basil reposa ce scalpel, de lassitude d’avoir dû le tenir en main chaque fois que l’on était venu l’interrompre, et décida que c’en était peut-être assez pour cette nuit. Il alla prendre l’air. S’il fêta Noël ? Pas plus qu’il n’en avait eu intention à la base. Si quelque chose changea, ce fut simplement qu’il prit la décision de se faire des churros, tant l’odeur lui était restée dans le nez. Et si vous voulez tout savoir, ils furent particulièrement ratés. Joyeux Noël, Basil Egerton.

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Djinn
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 LE CALENDRIER DE L'AVENT - Jour 9

Les premiers flocons étaient tombés sur Bray. Les habitants ne seraient pas étonnés de voir un jeune homme blond courir dans la neige, faire des boules et les lancer sur les murs. Ni de dessiner sur les vitres des voitures. Malheureusement, il était cloué au lit. Plongé dans un demi-sommeil, Moon faisait des grimaces de douleurs lorsque son estomac lui rappelait qu’il n’aurait pas dû manger deux paquets de bonbons à lui tout seul. Dagda n’avait pas manqué de lui faire aussi une réflexion là-dessus du genre «  je t’avais prévenu ».
Il n’y avait cependant pas que cette douleur qui gênait le sommeil de Moon mais aussi une autre personne dans sa chambre. D’une apparence tout à fait humaine, vêtu d’une grande cape rose, c’était un homme dont les yeux qui scintillait de bleu, ainsi que la bague qu’il avait au doigt, fixait la forme recroquevillé dans le lit. Le Djinn n’avait peut être que cinq ans d’existence, mais il avait pu fêter Noël, à sa façon par le passé.
Un souvenir qui était loin d’être un rêve pour Moon.

Les images défilaient dans sa tête, jusqu’à arriver en pleins mois de Décembre dans la capitale de l’Angleterre. Ce n’était pas encore Almath qu’il l’avait invoqué, c’était quelqu’un d’autre. Moon était sortie dehors pour voir les décorations de Noël. Son Maître n’était pas vraiment d’accord pour inviter le Djinn à son repas avec sa famille. Il l’avait donc gentiment congédié. Moon était triste et sentait très seul. En voyant ses familles heureuses avec leurs enfants, se promener en riant dans la grande rue, le sentiment ne faisait que s’accroître. Lui aussi il aurait aimé avoir quelqu’un avec qui fêter Noël. Il ne pouvait même pas s’acheter des bonbons.
C’était là qu’il avait aperçu le Père Noël, assis sur une grande chaise rouge et jaune, parler à des enfants, leur offrir des chocolats. L’idée avait germé dans son esprit aussi vite qu’une étoile filante. Moon était partie se cacher à l’abri des regards, pour revêtir son apparence d’enfant. La nouvelle petite tête blonde avait ensuite courre jusqu’au Père Noël, attendant impatiemment son tour. Lorsque ce fut le sien, les yeux brillants il alla s’asseoir comme les autres enfants sur les genoux de l’homme à la barbe blanche.

- Bonsoir Père Nowel !
- As tu été sage mon petit ? Qu’est ce que tu voudrais pour Noël ?
- Hum…un papa et une maman !

Le pauvre homme ne s’était pas du tout attendu à cette réponse. D’habitude les enfants demandaient des jouets, des bonbons…mais là. Il était scotché. Du coup, le Djinn avait eu le droit à deux boîtes de chocolats et c’était tout content qu’il était parti les manger dans un parc. Au milieu du froid et de la neige, sous le regard interloqué de quelques passants.


Finalement, ça n’avait pas été un Noël si mauvais. Et celui de cette année alors ? L’invitée surprise avait bien envie de pousser le vice. C’était pour le bien de Moon après tout.

Cette fois ci, le Djinn n’était pas dehors dans le froid, mais dans le salon de la maison actuelle. Il était actuellement en train de décorer l’intérieur. Posant des guirlandes, des stickers de Noël sur les murs. Et il avait même acheté des petits bonnets pour mettre sur la tête de la statue de Jésus. Un immense sapin avait aussi élu domicile, décoré de boules de toutes les couleurs. Il ne manquait plus que l’étoile à mettre tout là haut. Mais Moon était trop petit alors il avait prit une chaise, grimpé dessus, l’étoile dans les mains. L’objet posé, les bras en l’air en guide de victoire, les pies au bord de la chaise, Moon tomba dans le sapin, le renversant et le faisant tomber sur Dagda qui passait par là. Oups.

Un gémissement plaintif s’échappait du lit, Moon se retournant sous sa couverture. Les sourcils froncés. L’homme en rose soupira – espérant que le Djinn ferait attention à sa maladresse. Que lui réservez donc un Noël futur ?

Le décor avait changé, la chaleur de la chambre prêtée par le métamorphe avait laissé place à une petite pièce sombre. Il n’y avait aucune fenêtre pour l’éclairer ou pour s’échapper. Seul, Moon était assis sur un lit. Il n’y avait pas que l’endroit qui avait changé mais son apparence aussi. Ses cheveux autrefois blond était de nouveau d’un noir sombre. Tout comme son regard qui s’était redressé vers la porte en entendant des bruits de pas. Le bruit d’une clé qu’on tournait dans une serrure. La porte qui s’ouvrait dans un grincement pour laisser entrer un individu qui n’avait pas l’air commode. Moins jeune qu’à l’époque, quelques rides marquaient son visage à présent mais son aura n’avait pas changé. Le Djinn s’était redressé, faisant face à l’homme.

- Prêt à punir ?
- Oui Maître

Un sourire sadique avait orné les lèvres de ce dernier, quittant la chambre peu accueillante, suivit docilement par Moon. En ce jour de fête, ce n'était pas que la dinde qui allait être cuite. Sous les décorations et les chants de Noël, des cris de douleurs et de fumée s'élevaient dans le ciel. Joyeux Noël.


Dans le présent, l’homme en rose avait cessé d’user de sa magie. Ses yeux étaient redevenus normaux. Et il disparu en même temps que Moon se réveillait en sursaut. Sautant de son lit, il se mettait à courir dans la chambre juste à côté pour se faufiler dans le lit de Dagda. Même si il ne le rassurait pas, rien que de savoir le métamorphe juste à côté de lui, le rassurant. Ses tremblements de peur cessaient peu à peu tandis qu’il murmurait à son voisin :

- A Noël, pas de sapin s’teu plaît
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