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Féestaff
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 (basil) Die, die, we all pass away





I took a walk on a Saturday night,fog in the air, just to make my mind seem clear where do I go from here? I see my breath pushing steam through the air, shaking hands run through my hair, my fears, where do I go from here?

Triste nouvelle qui ne te bouleverse pas plus que cela, tu ajustes tes boutons de manchette. Ponctuation d’une longue préparation minutieuse. «Rose, je sors. Ne m’attends pas pour diner.» Avais-tu prononcer à l’encontre de ta colocataire. Un mot bien joli pour simplement dire ta bonne à tout faire. Tu n’as pas eu besoin de tourner la tête pour sentir son regard passer par-dessus le pour-tour de la porte afin de te répondre. Elle avait l’habitude, Rose, que tu l’abandonnes et que tu t’en préoccupes seulement quand tu avais besoin de ses services. Pas de patients à aller voir, pas de piano. Juste une petite visite au cimetière de Bray. Normal, on était dimanche. Et comme à chaque dimanche, tu allais rendre visite à ta chère grand-mère pour lui raconter les dernières nouvelles. Cependant, tu sais aussi qu’un ami t’y attend, et c’est pour cette raison que tu n’es pas partit les mains vides. Un panier, avec un service à thé et de l’eau bien bouillante pour être chaude lorsque tu vas arriver. Tu n’as pas claqué la porte de ton studio, et encore moins la verrouiller. Tu avais ta chienne de garde après tout. Tu n’avais pas perdu ton temps, et tu étais monté dans ta voiture. Un modèle classique, de marque allemande, aussi élégante que toi.
Il t’avait fallu moins d’un quart d’heure pour rejoindre l’autre bout de la ville. Plus champêtre, plus "oublié", plus calme -du moins, à ce qu’il parait-. Il fait le bonheur des petits curieux de cette ville en mal d’aventure, ou des vieux ayant besoin de se ressourcer en forêt. Le ciel est menaçant, mais aucune pluie n’a été annoncée. Gris, comme les pierres tombales dans lesquelles ta silhouette élancée se discerne. Tu as apporté un bouquet de saison. Orange, le lisianthus cassant les couleurs chaudes des astromères et des gerberas, glissé sous ton bras dont la main portait ton bagage. Tu l’avais déposé sur la tombe de Madame Page, et tu t’étais perdu quelques minutes. «Rien de nouveau, j’en ai bien peur. Beaucoup de nouvelles têtes sont arrivées, certaines sont reparties.»

Et ce n’est que le début. Le début d’une longue tirade racontant le dernier patient que tu as eu à soigner, un homme rustre et arrogant qui voit toutes les femmes comme des actrices de film pornographique. Tu évoques en toute subtilité ce blondinet que tu as aidé à retrouver son chemin. Bien que ce dernier est visiblement mal compris tes indications puisque il est partit au-delà de ce qui était la Fairy Road. Tu ne peux lui donner tort, il a raison quelque part. Cette ville, d’apparence si tranquille et si calme, cache un concentré d’incrédulité agaçant. Au final, tu es ici depuis longtemps, mais chaque jour apporte son lot de changement. Si bien que tu ne calcules pas ton ancienneté, tu es là depuis toujours sans que personne ne te remarque. Tu es ce qu’on peut appeler un citoyen discret, te tenant à distance de tout problème, et te renseignant sur tous les changements qui s’opèrent en ville. Tu lui dis tout ceci à ta grand-mère, et ce sont des coups de pelle à répétition qui te rappellent la seconde raison pour laquelle tu es ici.

Ce qui semble être un sourire se dessine faiblement sur tes lèvres, et tu continues ton avancée dans le cimetière pour voir ce qui presse autant le maître de ses lieux. Un nouveau résident de toutes évidences. Des personnes en noir, un prêtre, des derniers mots. Tu attends que tout ceci passe pour t’approcher et voir qui est le nouvel arrivant. Oswald Antonin O’Neill. Hm, tu ne le connais pas, mais tu en as entendu parler. Surtout dans les journaux. Un alcoolique qui, trop rongé par le chagrin, a fini par mettre à ses jours. Une personne que tu qualifierais de faible, te vantant silencieusement de ne pas avoir eu à recourir encore de cette échappatoire malgré le décès d’un proche. «Encore du travail ? Ça ne te lasse pas de creuser pour les autres ?» Dis-tu en guise d’approche pour alerter Basil de ta présence. Bien que tu trouves ce travail très pénible pour si peu de gratitude, tu ne peux t'empêcher d'éprouver une forme de respect et d’admiration, estimant qu’il fallait de la détermination pour faire main-rase sur l’absence de reconnaissance. «Que dirais-tu d’une pause ? Je t’ai apporté le thé.» Il a fallu peu de temps entre la phrase et ton geste. Tu avais déposé ledit panier à terre, t’accroupissant pour en sortir deux tasses et la bouilloire en porcelaine que tu avais posé sur la pierre tombale fraîchement mise en place de ce cher Oswald. «Tu le connaissais ? Il était plutôt discret, n’est-ce pas ?» Autant t’intéresser maintenant que tu es ici. Et si cela peut alimenter la conversation, autant y mettre de la bonne volonté.

(c) SIAL ; icons little liars



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astra; bb — Die, die we all pass away. But don't wear a frown 'cause it's really okay. And you might try and hide, and you might try and pray. But we all end up the REMAINS OF THE DAY. ;; @unknow
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Féestaff
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 (basil) Die, die, we all pass away


Die, die, we all pass away.
La tombe était fraiche du matin. Tu t’étais levé avant le soleil pour la creuser, à la pelle et de tes propres mains, à la sueur de ton front et à la force de tes bras. L'humain méritait ce rude effort, pour la particularité de son intelligence et la superbe mécanique de son corps ; chaque mort était une cérémonie. Mais il y avait toujours un quelque chose de plus intense pour ceux dont tu connaissais l'histoire, et celui de ce jour avait compté parmi tes amis. On ne pouvait pas dire que d’apprendre le suicide de Oswald t’avait véritablement surpris. Il était de ces rares et précieuses personnes qui embrassaient la mort du regard, et tu savais comme les amoureux de cet idéal étaient parmi les premiers à se laisser mourir. Tu n’étais pas attristé, ni heureux de son sort, tu ne te souciais pas d’ailleurs de savoir s’il en était satisfait ni s’il aurait pu en avoir des remords. Silencieux, solennel, embrassant son cercueil du regard avec une sorte de tendresse, contemplatif, le sourire amical. Tu avais gardé les joues sèches tandis que le prêtre faisait son office. Tout vêtu de noir, du pantalon taillé trop justement à la chemise dont tu avais retroussé les manches - gardant ainsi toute ton aisance pour faire ce qui devait être fait.

Ils avaient fini par partir, ces quelques uns à être venus lui rendre hommage. Des parents, des filles et des fils, peut-être quelques amantes. Des élèves et des professeurs de l’établissement où il avait fait ses dernières années. Des amis, sans doute, parmi lesquels tu te comptais. A son côté, comme il l’aurait souhaité : son fils, Meursault, décédé quelques jours plus tôt. Le motif qui l’avait jeté dans les bras de la faucheuse sans un instant d'hésitation, et sans un mot d’adieu. Le cou esquinté par la corde qui l’avait pendu.
Mais toi, tu n’en aurais jamais fini de ce deuil, de ces offices, de toutes ces cérémonies. Le temps décimait les hommes tombe après tombe, et aussi longtemps qu’il y aurait des hommes, il y aurait un Basil pour leur creuser la fosse. C’est une voix familière qui t’interpelle, et interrompt ton ouvrage. Tu te retournes sur Elijah, sans vraie surprise - après tout, vous étiez dimanche. Tu ne chômais pas. Tu ne te lasses pas de creuser pour les autres demande-t-il, et tu étires un fin sourire. Toi, te lasser ? A moins d’être mort ou grièvement malade, tu n’imaginais pas une chose pareille t’arriver. Et puis, si ce n’était pour les autres, pour qui donc voudrait-il que tu creuses ? Ta propre tombe ne suffirait pas à t’occuper toute une vie. « Il faut bien que quelqu’un le fasse, les gens ne vont pas s’arrêter de mourir. Mais tu sais, j’en tire beaucoup de satisfaction. » L’effort. Cet effort qui précipite tes battements de cœur, te tiédit le front, t’épuise les membres à t’en donner la nausée. Tu trouves cela grisant, de te pousser à bout continuellement, et tu n’as pas l’impression de le faire pour un autre que toi. Pour autre chose que ton propre plaisir.

Mais toutefois, tu acceptes de t’arrêter au milieu de ton art. Tu poses doucement ta pelle contre la stèle en signe d’acceptation, et tu t’assois sur la tombe voisine, celle de Meursault, pour lui faire face. D’aucun pourrait y voir un signe d’irrespect - pour toi, c’était plutôt un désir de proximité. Ce n’était jamais que des pierres, l’important se trouvait loin en dessous. Et si tu faisais peu cas de les extirper de leur repos éternel, alors il n’y avait plus grand chose d’éthique à attendre de ta part. Même si, admettons-le, tu n'accepterais pas de laisser un autre se comporter comme tu le fais avec eux. Tu le connaissais ? te demande ton ami, et tu lui réponds en rectifiant sa phrase, après un acquiescement. « C’est un artiste », car tu aimes leur parler au présent. « Et un de mes amis, j’ai toujours bien apprécié le temps passé en sa compagnie. Il peignait. » Pour cela, il faut bien du passé, puisqu’il avait peu de chance de peindre encore quelque chose, de là où il était. « Ce n’est pas un homme qui s’expose beaucoup c’est vrai, mais j’ai beaucoup d’estime pour lui. Pour sa façon d’observer le monde en particulier. Un homme doux... » D’un geste, tu prends la tasse que l’on est venu te proposer, et tu étires tes longues jambes contre celles de ton ami. « Son fils est juste ici. Il est mort il y a tout juste quelques jours. Mais vraiment, j’ai rarement entendu parler d’une famille aussi complexe que les O’Neill. Je n’ai pas eu la chance d'en rencontrer beaucoup mais je prévois de faire quelques recherches. Bien sûr, cela tu t’en doutes. Je ne me suis pas encore lassé de ce passe-temps là non plus. » Jamais, tu aimes bien trop cela. Non pas fouiner, mais amasser, décorer ces tombes de détails, leur donner un sens et une histoire. Les faire vivre, quelque part - quelle ironie que ton existence entière. Tu jetais sur la mort un regard amoureux, mais la vie ne s'en départait jamais tout à fait. « Tu l'as rencontré ? » demandes-tu alors spontanément. Et il ne lui sera pas nécessaire de réfléchir bien longtemps pour savoir ce que tu espères entendre et ce que tu attends de lui.
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