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Métamorphestaff
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Tu as fini par sortir de la banque. Tu t’es retrouvé dans la rue, ton sac sur une épaule sans savoir comment tu l’as récupéré, sans savoir comment tu sors de là complètement libre et en vie, avec les nerfs qui sont en train de te lâcher. Tu as senti la pluie commencer à tomber alors tu t’es dirigé vers Dragon Alley, comme d’habitude. Parce que tu ne te souvenais pas avoir quelque part d’autre où aller. C’est là que ça t’a frappé. Le silence, pesant, presque effrayant, si on enlève le vacarme des gouttes sur le goudron. Mais t’étais seul, là, y avait personne autour de toi et t’entendais autant la pluie que les battements de ton coeur et les souffles de ta respiration. Et ce changement, beaucoup trop brusque, survenu alors que tu pensais mourir, mais que tu t’étais fait embarquer dans une folie digne des plus grands films, te donnait le tournis. Ce n’était pas le chaos, cette rue. Le chaos, c’était ce que tu venais de quitter, l’angoisse, le démon. Tu te sens presque perdre pied, et t’as froid alors que tu marches, l’eau coulant dans tes cheveux, sur ton visage, comme les larmes qui ne coulent plus. Tu t’es laissé tombé sous un porche, et t’es resté comme ça pendant de longues minutes, sans vraiment avoir conscience du temps qui passe. Tu repensais pas à la banque, au meurtre, aux accusations, à la suite, tu l’oubliais, petit à petit, comme l’état de choc dans lequel tu te plonges. Tu sais que tu n’en parleras plus. L’anecdote, démentielles, comme enfouie au fond de ton esprit, un rêve qui est en train de s’estomper, ne te laissant seulement comme souvenir la solitude accablante et le manque de chaleur. Tu te verrais bien mourir là, sous la pluie, dans le froid, battu à mort par l’eau ou par le vent, l’un des deux qui mettrait fin à ta misérable existence.

Mais non. Tu ne peux pas. Ta mission ici n’est pas encore finie. Il te faut te battre encore un peu, jusqu’à ce que tu aies la réponse à ta question. Heather, toujours elle, qui te maintient dans ton enfer personnel, à tel point que tu pourrais presque la haïr d’être là, quelque part, sans savoir si elle était morte ou non, juste avec l’espoir qu’elle ne le soit pas, et bientôt tu finiras par vouloir qu’elle le soit pour ne plus avoir à lutter. T’avais pourtant pas de solution et aller frapper au commissariat pour avoir un lit pour la nuit ne te tentait pas plus que cela. C’est en cherchant une cigarette en morceaux au fond de ta poche que tu en sors le papier à moitié déchiré. Tu te souviens de qui te l’a donné sans que tu comprennes encore le pourquoi. Pas de prénom, pas de nom, tu ne te souviens même pas si elle te l’a donné de vive voix, t’as pas les souvenirs qui restent beaucoup, faut dire. Mais sur le papier est inscrit une adresse. Loin de là, loin de ce porche où t’as trouvé refuge, sur la pierre froide. Mais là, dans l’était dans lequel tu es, tu te demandes pas si ce serait pas une bonne idée, juste pour une nuit, d’abandonner les lambeaux de fierté qui te restent pour aller frapper à sa porte. Juste pour ne pas être seul pendant une nuit, pas après ce qu’il vient de se passer.

Tu te bats avec toi-même, tu fais trois pas en avant et quatre en arrière, puis tu finis par te convaincre. Tu retournes sous l’eau, et maintenant, la pluie te fait l’effet de minuscules lames glacées s’insinuant jusque sur ta peau, t’en es presque à sentir des entailles tellement elle te fait mal. Mais tu continues malgré le poids de ton sac à dos, et tu te traînes comme ça pendant bien quarante minutes avant d’arriver dans la rue des maisons toutes propres, rangées et immenses de Golden Coast. ça détone avec l’image que tu as de la fille que tu as rencontré, tu te demandes si tu l’as pas rêvé, si t’es pas sur le point de te pointer devant la baraque d’un parfait inconnu qui croira que t’es venu jusque devant sa porte pour faire la manche. T’es même pas loin de penser que la maison doit même pas exister, tout compte fait. Pourtant elle est bien là, dressée, presque lugubre tellement elle est silencieuse. Il doit être 21h et la nuit est déjà tombée. Tu serais bien reparti, si t’avais pas vu la lueur à travers une fenêtre, une pièce éclairée. Tu hésites encore, puis tu finis par t’approcher de la porte et sonner. T’attends qu’elle s’ouvre avec appréhension. Mais quand elle le fait, tu sais pas vraiment quoi dire. “ Je …” Il aurait fallu que tu te représentes, que tu lui rappelles qui tu étais, que tu lui demandes si sa proposition tenait toujours. Mais à la place … “ Je sais pas du tout ce que je fais là.”
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Tempestaire
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L’eau qui coule sur son visage incliné vers le plafond, qui se perd dans ses cheveux où glisse le long de son corps avant de se perdre dans le carrelage de la douche. L’eau chaude, brûlante, qui laissait des sillons rougeâtres sur sa peau si blanche en temps normal. Et cette sensation abrutissante de se rendre compte à quel point trois ans de sa vie se révélaient futiles maintenant qu’elle était revenue à Bray. Parce que rien n’avait changé. Alexis en revenait toujours à cette pièce, petite comparée à l’immensité de sa maison, sa maison qui n’appartenait plus qu’à elle désormais que les autres occupants s’en étaient allés, définitivement. Elle s’enfermait toujours de longues minutes qui coulaient aussi rapidement que l’eau coulait du pommeau de douche, seule avec ses pensées. Non, rien n’avait changé, et tout était différent. Scylla n’était plus la voisine chez qui elle pouvait se réfugier, Eldarion avait quitté cette terre depuis bien longtemps et ne l’accueillerait plus dans son lit pour la réchauffer un peu plus qu’en surface, et tous les autres semblaient n’être que de vagues fantômes du passé. Sauf Castiel. L’unique personne dont elle voulait réellement la présence et dont l’absence lui déchirait douloureusement le coeur, creusant au fond de sa poitrine, lui brisant les côtes, lui coupant le souffle. Mais Castiel, bien que géographiquement proche, restait parfaitement inatteignable en dehors des heures de visites qu’Alexis ne manquaient jamais. Son esprit battait le vide à la recherche d’un moyen de le faire sortir de là, mais toutes les solutions se soldaient par une cavale impossible. Alors elle en était réduite à attendre. Attendre que sa femme et son avocat réussissent là où elle était parfaitement impuissante. Et il lui manquait, lui manquait tellement, et son impuissance la dévorait.

Au bout d’un temps indéfini, la brune finit tout de même par couper l’eau, se sécher et s’habiller. La faim la guette, après les longues heures de garde qu’elle a enchaîné à l’hôpital et qui avaient au moins le mérite de lui occuper l’esprit. Alors elle compose rapidement le numéro d’un livreur à domicile, commande une pizza, puis allume un feu dans la cheminée qui a au moins le mérite de réchauffer la pièce à défaut de la réchauffer elle. Enfoncée dans un pull trop grand qui ne lui appartient pas, mais est-ce un de son frère, de Castiel ou un des Siens ? elle n’en sait rien, elle contemple les fascinantes flammes, attendant que son repas du soir arrive. La sonnerie la fait presque sursauter, brisant le parfait silence qui régnait jusqu’à alors. Ses pieds nus sur le parquet, Alexis va récupérer un billet de vingt euros dans son sac avant d’ouvrir la porte d’entrée. Bonsoir. Et de mettre quelques secondes avant de réaliser qu’il ne s’agit pas du livreur de pizzas pour la simple et bonne raison que le jeune homme trempé jusqu’aux os qui lui fait face n’a aucun carton dans les mains, aucune casquette à l’effigie de la chaîne de pizza qui livre dans le quartier, et qu’elle se rappelle parfaitement leur cours échange dans cette rue de Dragon Alley, juste avant son rendez-vous chez le notaire. Juste avant qu’Alexis ne se prenne un second mur en pleine gueule.

Alors on est deux répond-t-elle, cynique, avant de se décaler. Existe-t-il vraiment quelqu’un d’aussi perdu qu’elle dans Bray ? Même si ses mots n’avaient pas le sens qu’elle leur a donné, elle sait, intuitivement, qu’ils partagent beaucoup plus qu’on ne pourrait le croire. Autant ne pas savoir ce que tu fais là au chaud, entre l’invite-t-elle. Il met de longues secondes à se décider, sans qu’Alexis ne dise rien de plus. Elle n’imagine même pas à quel point il a du batailler pour venir jusque ici, accepter l’aide d’une parfaite inconnue quand la vie vous a éprouvé à ce point là n’est sûrement pas quelque chose d’évidemment, et elle n’a eu qu’un bref aperçu de ce qu’il avait probablement enduré, la dernière fois. Mais il est là, sur son porche, et sa proposition à elle tient toujours, alors elle finit par refermer la porte dans son dos quand finalement il vient tremper l’entrée de sa maison. Ses fringues ne semblent pas avoir changées depuis la dernière fois, hormis qu’elles sont deux fois plus mouillées, et Alexis se perd quelques secondes dans ses pensées avant de revenir à ses devoirs d’hôte. C’est tellement facile, d’endosser cette casquette, d’aider les autres quand elle le peut, à défaut de pouvoir aider son meilleur ami comme elle le voudrait tant. C’est tellement facile de tendre une main alors que la sienne pend lamentablement le long de sa cuisse. Viens, t’as besoin de te changer sinon tu vas attraper une pneumonie. D’un petit geste, elle l’enjoint à la suivre de l’autre côté du couloir, passant devant l’entrée du salon et celle, qui lui fait face, de la grande cuisine salle à manger, puis devant la porte, close, de l’ancienne chambre de ses parents pour qu’elle ouvre finalement celle qui dévoile la chambre d’amis. C’est sa mère qui avait tout aménagé dans cette pièce qu’elle éclaire en poussant l’interrupteur du doigt. Chaleureuse, accueillante, elle semble pourtant tellement froide à Alexis maintenant que plus personne n’y vient. Il y a des affaires dans l’armoire alors sers-toi, elles sont à personne. Et t’as la salle de bain juste là lui montre-t-elle en désignant le fond de la pièce. Si tu veux te réchauffer et prendre une douche. Tu devrais, d’ailleurs, il faisait vraiment super froid ce soir. Elle monologue un peu, Alexis, lancée dans ses réflexes de médecin alliés à ceux d’hôte. Probablement qu’il faudrait parler de ce qu’il fait là, de cet air qui flotte sur son visage et qui ne lui rappelle, encore une fois, que trop son propre reflet. Mais si elle devine bien, ils vont avoir tout le temps de le faire ce soir. À moins qu’il ne décide de s’enfuir, elle ne pourrait pas lui en tenir rigueur, elle était la pro de la fuite jusqu’à il y a peu. Je serais dans le salon. Fais comme chez toi. Et elle le laisse seul, appréhender ce qui s’offre à lui, avant de revenir dans la salon, juste après avoir fait un crochet par la cuisine où elle sort deux bières du frigo. Et parce que le feu ne la réchauffe décidément pas du tout, elle appuie sur la touche play de la radio installée dans un coin du salon avant de se réinstaller dans le canapé.
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Métamorphestaff
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Une partie de toi veut juste partir de ce perron avant que quelqu’un n’ouvre la porte. C’est dur de lutter, parce que ce serait la chose la plus facile qui soit. Te pointer là, c’est assumer que tu n’as pas d’autre choix, que tu es véritablement désespéré, toi qui a toujours mis un point d’honneur à réussir tout seul malgré ce que la vie te lançait. Mais plus maintenant. Parce que tu le sais que si tu continues seul sur ce chemin, tu finiras par tomber et ne plus te relever, et cette menace qui plane sur toi de céder à tes tentations pour t’y laisser mourir, tu y succomberas. Et ce n’est pas ce que tu veux. Pas tout de suite, il te reste encore une lueur d’espoir, celle qui te vient d’Heather, encore et toujours, qui t’illumine encore un peu, assez pour te guider jusqu’à la porte d’Alexis Samson. Pourtant, les mots ne sortent pas du fond de ta gorge, quand elle ouvre la porte, qu’elle te salue. Toi et tes vêtements trempés, tu as bien triste mine à côté d’elle. Non pas qu’elle semble s’accorder avec le quartier, c’est même tout le contraire. Mais mieux que toi déjà, beaucoup mieux que toi, c’est un fait. Une deuxième hésitation, alors qu’elle t’invite à entrer. Tu sais bien que c’est le moment où jamais de faire machine arrière. Bien sûr, t’es obligé de rien, tu peux toujours te casser quand tu veux, mais tu le sens qu’elle a quelque chose en elle, cette fille, qui t’empêchera de le faire si tôt que t’auras passé la porte. Ou bien t’es juste beaucoup trop faible pour profiter ne serait-ce qu’une soirée du confort d’une maison sans vouloir y rester, peut-être que ce qui te fait peur c’est avoir l’impression de retrouver une vie, même de façon éphémère, avant de retomber dans la misère en un claquement de doigts. Peut-être que tu comprends de mieux en mieux d’où vient cette dépendance à l’alcool qu’ont développé les autres. Alcool ou drogue, peu importait, tant qu’on avait plus à vouloir retrouver une maison. Ce n’était pas le froid, ce n’était pas la faim le plus dur. C’était l’absence d’appartenance, de repères. Encore plus depuis la disparition de ta seule amie.

Pourtant, tu finis par passer la porte. Tu te laisses un peu guider, tu sais pas comment réagir, tu tentes de réprimer tes instincts de rustre, d’éviter de faire une réflexion mal placée, parce que tu te connais et que ça peut partir beaucoup trop vite quand ça sort de ta bouche ces choses-là. Au lieu de ça alors, tu regardes autour de toi. Tu peux pas t’empêcher de la trouver grande, cette maison, imposante. Toi t’as pas l’habitude de ça, la plupart des squats que tu trouves sont pas vraiment entretenus, sans compter qu’ils doivent faire la taille d’une pièce d’ici. Puis ils n’ont ni électricité, ni eau, ni rien du tout qui puissent faire penser de près ou de loin à une zone habitable. Mais ça te convient, c’est comme un cadeau quand t’arrives à te trouver à l’abri, surtout dans un pays comme l’Irlande où les temps pluvieux ne sont pas forcément une rareté. Tu entres dans la chambre d’amis, et elle te paraît beaucoup trop belle pour toi, t’oses à peine y mettre un pied, sans compter que t’as déjà trempé tout le couloir. Pourtant tu finis par le faire, hochant la tête aux recommandations de la brune. “Merci.” Ce n’est pas un mot qui traverse beaucoup tes lèvres, notamment parce que tu n’as souvent, aucune raison de le dire. Mais là, ça en vaudrait sûrement dix, alors tu l’accompagnes d’un sourire pâle, qui doit plus ressembler à une grimace, vu de l’extérieur. ça non plus, tu ne sais plus trop comment faire. Tu attends qu’elle ait quitté la pièce, puis tu restes là un moment, à fixer l’endroit, les meubles, l’armoire en bois, le sentiment de chaleur qui se dégage. Quelque part, ça te rappelle un peu la maison de tes parents, sans l’impression de sécurité derrière. La seule différence c’est que tu haïssais cette maison, alors que tu accueilles celle-ci pour la soirée avec soulagement. Sans doute que tu serais mort de froid si t’étais resté dehors. La pensée te rappela d’ailleurs l’état de tes vêtements et de ton corps tout entier, aussi tu finis par te diriger vers ladite salle de bains, non sans avoir posé ton sac près du mur auparavant. Tu ne voulais pas voir l’état des affiches, pas maintenant, elles étaient sûrement complètement foutues de toute manière, avec la pluie qui s’était sûrement infiltré. Au lieu de ça, tu entrepris d’enlever tes vêtements et d’entrer dans la douche. C’était une sensation étrange, l’eau chaude sur ta peau. Comme un souvenir des longues nuits que tu passais à Londres à tenter de laver tout ce que tu ne pouvais enlever de ton corps. Quelque part tu te sens beaucoup moins sale maintenant alors que les occasions manquaient que tu ne l’étais avant. Tu ne sais pas combien de temps tu passas là, cependant. Sûrement assez longtemps, frottant compulsivement ton corps, autant que possible, de peur de ne pas pouvoir recommencer le processus avant un long moment. Tu finis cependant par sortir pour attraper un jogging, un t-shirt et des chaussettes dans l’armoire que la jeune femme avait désigné. Brièvement, tu te demandes à qui appartenaient ces vêtements, mais finalement, ce n’était pas vraiment tes affaires. Pas quelque chose que tu pouvais poser à ton hôte, en tout cas.

Après une longue hésitation, tu finis par trouver ton chemin jusqu’au salon, où la jeune femme attendait. Ou réfléchissait, t’en sais rien, en vérité. Tu tousses un petit coup pour faire comprendre que t’es là, histoire de ne pas trop lui faire peur en approchant. T’es plutôt habitué aux mouvements de recul, alors même ça tu le prendrais sûrement pas mal, du moins pas plus que d’ordinaire, mais tu préfères prévenir. “ J’avais pas eu l’occasion de prendre une douche depuis des jours, merci.” Tu l’avais dit bien trop de fois déjà, mais tu pouvais pas t’en empêcher. Elle avait sauvé ta nuit en un sens, et c’est l’acte le plus amical qu’on avait eu envers toi depuis bien des années. Peu importait, en fin de compte, si c’était de la pitié. T’en étais plus à ce stade là. “ C’est une grande maison pour y vivre seule.” Une question voilée, même si d’un côté, tu te doutais qu’elle pouvait ne pas vouloir s’étendre. Pourtant ça t’intriguait, quelque part.
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Tempestaire
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Dix minutes ? Trente minutes ? Une heure ? Deux ? Toute notion du temps envolée, Alexis se laissait doucement bercer par la musique, une bière dans la main qu’elle n’avait même pas encore portée à ses lèvres, les yeux perdus dans les flammes, ces dernières devenant tantôt des visages, tantôt des lieux, tantôt des des souvenirs dans lesquels elle plongeait, hantée par une mémoire qui refusait de la lâcher, qui l’avait en quelque sorte laissée tranquille pendant ces trois ans passés en Californie du Sud mais qui revenait, plus tenace que jamais. Il y avait quelque chose à comprendre, dans l’enchainement des formes dans l’âtre de la cheminée. Une prise de conscience à avoir, déjà entamée par ce rendez-vous chez le notaire quelques jours plus tôt. Ou peut-être que ça datait d’avant ça ? Peut-être que son départ n’avait été que l’oeuvre de son inconscient pour la préparer à ça. Ou peut-être que dès la mort de ses parents l’idée qu’elle n’était plus protégée par sa famille et qu’il allait lui falloir se débrouiller seule avait pointé le bout de son nez. Mais Alexis s’était tellement voilé la face longtemps, avait tellement refusé de voir l’évidence, la nécessité de combattre, qu’elle n’était même pas sûre d’avoir un jour été dans l’ignorance. Peut-être était-elle tout simplement beaucoup trop forte pour s’entourer d’une brume épaisse qui l’anesthésiait et lui permettait d’avancer sans se préoccuper du reste. Et maintenant que tous ses repères étaient détruits ou sérieusement amochés, maintenant que même Castiel n’était plus là pour l’épauler, parce que quatre murs trop épais et trop entourés de barbelés les séparaient désormais, maintenant il lui fallait affronter tout ça en face et le faire seule. Trouver son chemin, emprunter sa voie, et comprendre quelle était sa place dans ce monde de fou. Elle n’avait pas beaucoup de cartes en main, avoir voulu ignorer la réalité de son monde trop longtemps avait un prix, et il lui faudrait probablement encore beaucoup de séances de méditation devant le feu pour comprendre tout ça. Pour le formuler, en tout cas, car elle en avait bel et bien conscience en son for intérieur.

Un toussotement la tire de sa contemplation. Alexis se redressa un peu sur le canapé, les jambes croisées en tailleur, son regard qui cherche son invité, debout dans l’encadrement de la porte. De rien, c’est normal répond-t-elle simplement, même s’il n’y absolument rien de normal dans la situation. Inviter un parfait inconnu à profiter de la chaleur de sa maison ? Castiel la traiterait d’inconsciente, probablement. Si elle lui racontait ça lors de sa prochaine visite, il allait la mettre en garde contre les prédateurs à l’extérieur dont cet homme pourrait très bien faire partie. Mais justement, non, elle en certaine. Les prédateurs, il les connait, il en a été une victime lui aussi. Elle en mettrait ça à couper, Alexis, parce que son regard, il ne ment pas. Intimement convaincue d’avoir raison, elle défendrait sa position bec et ongles. Elle était peut-être complètement perdue en ce qui concernait beaucoup de choses, mais pour cerner les gens, elle restait très douée. T’es pas obligé de rester debout, et y a une bière pour toi indique-t-elle du cul de sa bouteille à elle. Il a déjà l’air un peu moins trempé, il fait un peu moins chiot malheureux après une bonne douche, mais même le jet d’eau le plus brûlant ne peut pas enlever toutes les peines, elle est bien placée pour le savoir.

La sonnerie de l’entrée ponctue sa soirée pour la deuxième fois en peu de temps. Vive, Alexis se relève, attrape le billet qui trainait sur la table et va ouvrir la porte, derrière laquelle se trouve, cette fois-ci, le livreur de pizza. Un échange plus tard et la Samson revient avec son bien dans les mains, qui diffuse une douce chaleur agréable le long de ses doigts. J’espère que tu aimes les champignons, j’avais commandé avant que t’arrives précise-t-elle en posant la pizza pré-découpée sur la table basse avant de prendre une part, son ventre se rappelant à son bon plaisir. La bouffe dans une main, la bière dans l’autre, tout ça ressemble étrangement à une soirée entre potes comme elle en avait déjà vécues pleins, à ceci près qu’elle ne connait même pas le nom de son visiteur. Et que celui-ci semble aussi à l’aise qu’un chat au milieu d’un chenil.

Je trouve aussi... dit-elle à demi-voix, le regard qui se perd un instant dans le vide avant de revenir sur le jeune homme. Mais j’ai pas le coeur à la vendre. Trop de souvenirs. Ou peut-être que c’est pour ces souvenirs que je devrais m’en séparer... continue-t-elle, les derniers mots plus adressés à elle-même qu’au jeune homme. Elle n’en fera rien, jamais, elle le sait bien. Comme Alexis est partie intégrante de Bray, cette maison fait partie intégrante de sa vie. Comment penser à la vendre alors qu’elle a toujours vécu ici, alors que le lieu secret qu’elle partage avec Castiel se trouve à quelques minutes seulement, alors que toute son enfance et les meilleurs moments de sa vie s’y sont déroulés. C’est pour ça que t’es le bienvenu, d’ailleurs, j’ai assez de place pour deux lâche-t-elle naturellement avant de boire un peu de bière. Je t’ai même pas demandé ton prénom... s’excuse-t-elle avec une petite grimace.
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