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Humain
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 What usually happens when you poke something with a stick? It pokes back.




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La libraire, domaine de la culture, de la fiction, des livres de papiers et des vieilles qui ne savent pas compter. Maxwell qui avait été un client régulier à son arrivée dans la petite ville, pour les beaux yeux de la libraire, ne venait désormais plus qu’occasionnellement. Sa quantité de lecture n’avait pas diminuée mais, suite à son rencard foireux avec Sasha, son instinct de survie l’avait convaincu de ne pas y remettre trop souvent les pieds. Ce ratage suffisamment important pour que même lui s’en rende compte, le médecin ne l’attribuait pas à son incapacité légendaire à traiter les émotions d’autrui et les siennes mais, à son idiot de frère qui avait eu la merveilleuse idée d’adopter la fille de sa blonde favorite. D’ailleurs, en parlant de cette erreur de parcours, Maxwell avait accepté de garder sa nièce un week end, le temps que James et sa femme aillent se regarder dans le blanc des yeux à Rome et autres conneries. Le voilà avec un air encore plus blasé qu’à l’accoutumée à tenir la main d’une petite fille blonde qui se faisait une joie de pourrir sa journée par sa seule présence. Alors qu’elle lui parlait avec un enthousiasme non dissimulé de l’héroïne de son nouveau livre, le médecin s’exerçait à la méditation, ce n’était pas un succès.

D’un geste brusque, elle tira sur son bras, le secouant frénétiquement du haut de ses sept ans. Mais qu’est-ce qui lui arrivait bon sang ?

« Tonton ! Regarde ! C’est les petites ballerines ! »

Un regard sur une affiche beaucoup trop rose à son goût suivit d’un autre regard à l’air émerveillé de ce réduit d’être humain et il comprit la situation. Une succession de « seutplait » et de tirage de manches et il lâcha un « oui oui on y va ! Lâche moi ! ». Sans attendre, sa nièce se précipita dans la boutique. Alors qu’il tentait de remettre sa chemise droite, il se rendit compte que l’endroit qui affichait le bonheur de toute petite fille de sept ans n’était autre que la libraire qu’il avait tenté d’éviter tout l’été. D’un geste rapide, il la retint par l’épaule et n’eut pas le temps de lui expliquer qu’il avait changé d’avis qu’il se retrouva face à un caprice.

Les cris et les pleurs qu’il n’arrivait pas à contenir attirèrent les regards outrés et les murmures. Ce n’était pas que le médecin était soudainement devenu soucieux du regard d’autrui mais, il craignait de finir au commissariat s’il tentait de faire rentrer dans sa voiture une petite fille de sept ans qui hurlait et pleurait. Vaincu, il céda et traversa la porte de la librairie avec sa nièce qui arborait de nouveau un air radieux. Ignoble petite manipulatrice. Pour s’attirer de nouveaux clients, la libraire organisait une lecture de l’œuvre préféré de toutes les gamines d’Irlande. Ainsi, l’endroit fourmillait de petites filles et de parents émerveillés. Autant dire que Maxwell et son air de croque-mort faisaient tâche dans ce beau spectacle. Il laissa le monstre dont il avait la responsabilité s’installer sur un magnifique petit pouf bleu et écouter l’histoire passionnante d’une danseuse qui devait croire en ses rêves pour décrocher je ne sais quelle étoile.

Le médecin profita de ce moment de calme pour souffler et espérer de tout cœur ne pas croiser Sasha. Une discussion avec son frère avait confirmé ses doutes, la libraire était bien la mère biologique de l’enfant que cet idiot avait décidé d’adopter. Une tête blonde attira son regard et, immédiatement, il décida de changer de cap, de fuir en direction opposée. En tournant après une pile de bouquin, il bouscula quelqu’un. L’univers ou le Dieu du RP devait être contre lui puisque dans sa hâte, il n’avait pas accordé assez d’attention aux détails de la tête blonde. Le voilà qui avait fui la mauvaise personne et venait de bousculer celle qu’il voulait éviter. Le seul point positif de la situation résidait dans la distance de plusieurs mètres qui les séparait du groupe d’enfants. Si James avait envie de se lancer dans de longues discussions émotionnelles avec la génitrice de sa fille, grand bien lui fasse. Que cet honneur incombe à Maxwell, c’était hors de question. Il n’était déjà pas capable de gérer sa propre vie émotionnelle, il n’allait pas gérer celle d’un autre.

Son cerveau, habitué à se sortir de situations risquant d’activer ses amygdales, détecta directement la présence d’un petit buffet offert aux parents près de l’entrée. Il n’était pas particulièrement fan du coca servit dans des gobelets mais, le buffet avait le mérite d’être la plus loin possible de la meute d’enfants. Armé de son plus beau sourire, il proposa :

« Oh tiens, ça fait longtemps. Ça te dit d’aller discuter près du buffet ? »

Comme si leur précédente entrevue avait été un succès complet et qu’ils devaient absolument remettre le couvert. En réalité, si les choses ne dépendaient que de lui, leur rendez-vous aurait eu une conclusions bien différente. se retrouver face au regard de Sasha lui donnait envie d'oublier sa nièce, d'inviter la jolie libraire à tout recommencer.

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Maxwell & Sasha

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Aujourd'hui était un jour un peu spécial pour la librairie puisque nous recevions un auteur à succès en littérature jeunesse. C'était quelque chose qui se faisait de plus en plus souvent en librairie. Une façon d'attirer du monde et de montrer qu'on avait rien à envier aux grandes enseignes. Mon patron essayait au maximum de contacter des auteurs qui pourraient intéresser les gens et il les faisait intervenir dans ses deux librairies. En général les auteurs se déplaçaient plus facilement à Dublin qu'à Bray, mais si c'était nous qui nous en occupions, ils n'y voyaient pas d'inconvénient. Après tout, quand c'est au frais de la princesse, qui dirait non ? Personnellement, j'étais toujours contente quand c'était un auteur de littérature jeunesse, non pas que je ne m'intéressais pas à la littérature pour adulte, mais je trouvais toujours les auteurs plus sympathique et plus accueillant avec le public enfantin. Et puis j'appréciais de voir plein de petites têtes blondes dans la librairie, ça faisait de l'animation. Bon, certes ce n'était pas la même organisation, mais avoir des friandises et des boissons sucrés à disposition, personnellement je ne dis jamais non ! 

Cela fait quelques jours que j'essaye de penser à tous les détails pour cet événement. J'ai acheté les boissons, bonbons et gâteaux pour les clients qui franchiraient la porte, ainsi que pour l'auteur. Si j'avais été doué d'une quelconque façon en cuisine, j'aurai pu mettre la main à la pâte mais je pense que c'est mieux pour tout le monde que je m'en abstienne, je ne suis définitivement pas un fin cordon bleu. J'ai acheté de quoi décorer la librairie pour la rendre plus colorée et accueillante et des gobelets, assiettes, serviettes, couverts et nappes. J'ai pris des petites bouteilles d'eau que j'ai mis au frais pour l'auteur et je me suis occupée de la réservation pour 3 personnes dans le restaurant préféré de mon patron. Il adore s'y rendre avec ses auteurs et depuis que je travaille à la librairie, je partage toujours un moment convivial avec eux, c'est vraiment chouette. Pour l'occasion, nous avons passé une grosse commande de ses ouvrages à sa maison d'édition, en espérant pouvoir faire quelques ventes et j'attends de pied ferme mon patron pour finir de mettre en place tout ça avant l'arriver de tout le monde dans peu de temps. Selon les auteurs, le jour où on fait l'événement et le temps qu'il fait dehors, on a plus ou moins du monde, mais j'aime à croire qu'avec cet auteur, nous n'avons pas trop du soucis à se faire. La veille ils ont fait pas mal de ventes, j'aime à croire que ça sera pareil aujourd'hui !

Jusqu'à présent, tout se passe parfaitement bien. L'auteur est très sympathique et on a accueilli de nombreux enfants avec leurs parents. La lecture d'un passage est en train de se faire. J'écoute d'une oreille distraite pendant que je m'occupe des derniers préparatifs. Aujourd'hui c'est mon patron qui s'occupe de poser des questions à l'auteur, de faire participer le public et de la séance d'autographe avec les enfants. Non pas qu'il ne m'en pense pas capable mais on tourne en général et je sais qu'il apprécie tout particulièrement cet auteur. Je ne fais plus trop attention au bruit de la clochette de la porte, bien trop occupée à remplir des gobelets. Je finis ma tâche et m'apprête à rejoindre le public pour finir d'écouter la lecture en cours quand on me bouscule. Quand je relève mon regard vers l'inconnu, je me rends compte qu'il n'est malheureusement plus vraiment un inconnu et que parmi tous les gens qui vivent dans cette ville, j'aurai vraiment préférée tomber sur quelqu'un d'autre. Pas de message d'excuse pour son attitude en fin de soirée, pas de fleurs, pas d'explication. Rien. Rien que le silence et la distance. Et vous savez quoi ? Ca m'allait très bien, jusqu'à aujourd'hui visiblement. "Qu'est-ce que tu fais là ?" Lui demandais-je, aussi surprise que pas des masses heureuses de le voir. Il m'entraîne vers le buffet, sans que je comprenne vraiment pourquoi mais je ne cherche pas vraiment. J'aimerai juste savoir pourquoi il est venu. Parce que très clairement, il n'est pas le public cible et je doute qu'il s'intéresse à ce genre de littérature, très certainement trop vulgaire à son goût. Et je doute sincèrement que je lui ai manqué ou qu'il est là pour s'excuser. Je ne le connais pas vraiment mais le peu que j'en ai vu m'a démontré que c'était pas son genre.


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Humain
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L’égoïsme, la méchanceté gratuite, l’irrespect et le manque de considération le caractérisait, et ce depuis toujours. Sans doute pouvait-on utiliser d’autres termes, plus adoucis, plus ambigus mais la réalité restait la même. Il y avait d’autres moyens de régler la situation que de chercher à préserver son incompétence émotionnelle de tout effort. Quoiqu’il en soit, Maxwell s’était déjà enfoncé trop profondément dans les problèmes que pour s’en sortir avec honnêteté et sans dégât. Son large sourire contrastait avec l’air général de Sasha que même lui savait deviner. Elle n’était pas véritablement heureuse de le revoir, c’était assez attendu. Quoi qu’il en soit, alors qu’il l’entrainait vers le buffet qui ferait pâlir d’envie un club de lecture pour le troisième âge. Cette esquive lui donnait une dizaine de secondes supplémentaires pour réfléchir à sa question.

"Qu'est-ce que tu fais là ?"

C’était une excellente question et aucun mensonge ne lui venait à l’esprit. C’était une librairie qu’il évitait depuis quelques semaines, l’évènement du jour était une lecture d’une fiction idiote par un auteur idiot et l’endroit grouillait de sacs de microbes braillards et geignards. Pas tout à fait sa destination phare pour les rares heures qu’il avait de libre. Impossible de lui dire qu’il faisait du baby-sitting et en même temps, impossible de quitter l’endroit sans le monstre dont il avait la garde. James avait beau être compréhensif avec son frère, peu de chances qu’il l’appuie dans son abandon d’enfant, son enfant plus particulièrement. Ou plutôt celui de Sasha … Bon sang, n’y avait-il pas assez d’enfants sur Terre pour que des adultes finissent par en partager ?

Arrivé à sa destination, il avait trouvé une excuse qui pouvait tenir à peu près deux minutes, lui dire qu’il venait chercher un livre. La suite était claire, elle lui donnerait et s’attendrait à ce qu’il déguerpisse aussi tôt alors que lui ne pouvait pas décemment s’éloigner de sa nièce. Il avait beau ne pas avoir la fibre avec les enfants (ni avec les adultes en fait), il n’était pas non plus complètement irresponsable et s’en voudrait à vie si un détraqué en profitait pour la prendre par la main. Résultat, il décida de concéder la vérité, son sourire sans doute moins large mais encore présent.

« Je garde ma nièce. Elle a vu l’affiche sur la vitrine et j’ai bien dû suivre. »

Il en profita pour jeter un œil aux petites têtes émerveillées et vérifier que la petite n’avait pas décidé de rendre la situation encore plus compliquée. La vérité avait le mérite de lui offrir une échappatoire, Sasha n’allait pas forcément s’y intéresser. Leur dernière entrevue lui revint en tête, surtout la fin précipitée qui aurait dû être bien différente. Même si sa mère avait décidé de lui fourrer un petit ami dans les pattes, le médecin ne pouvait s’empêcher d’apprécier la jolie blonde face à lui, ne se rendant pas forcément compte que ce sentiment était à sens unique. Il reprit un peu contenance en changeant de sujet et en retroussant les manches de sa chemise sur laquelle la petite blonde avait tiré frénétiquement pour l’emmener dans ce piège à ours.

« Tu vas bien ? Les affaires ça tourne ? »

On pouvait difficilement faire plus bateau. S’en était même presque suspect de la bouche d’un être comme Maxwell. De toute façon, les probabilités que Sasha l’envoie chier et retourne à ses affaires étaient bien plus élevées que ce qu’il voulait bien concéder.

« Ca te dit d’aller boire un verre un de ces soirs ? »

Oui bien sûr Maxwell, comme si le premier dîner n’avait pas été assez catastrophique. Le médecin avait beau proclamer son intelligence à qui voulait l’entendre, et à qui ne voulait pas, il était des fois bien faible, presque bête, face à une paire de jolis yeux.


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Maxwell & Sasha

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Je ne m'attendais tellement pas à le voir que ma surprise en est totale et pas particulièrement agréable. C'est pas le cadeau dont tu attends à Noël en vrai, c'est plutôt le coup de pute que tu sens venir à des kilomètres mais que tu ne peux pas éviter. Je savais qu'on finirait par se recroiser, tôt ou tard, on vit dans la même ville, il arrive forcément un moment où le hasard fait sa p*te, mais de là à le voir débarquer dans ma librairie, c'est un peu abusé. Parce que ça signifie que très clairement il est là parce qu'il le veut et je déteste ça. Monsieur décide de tout dans notre histoire ? Bon, il n'y a pas d'histoire à proprement parler, certes, mais vous comprenez l'idée, non ? Il décide de m'inviter à dîner, puis de gâcher ce dîner et de me renvoyer presque comme une mal propre et maintenant il décide de revenir à la charge. Qu'est-ce que je dois comprendre ? Que ces rendez-vous Tinder se sont mal passés alors il s'est dit que je serais peut-être assez c*nne ou désespérée pour accepter de m'envoyer en l'air avec lui dans la réserve ? Je ne passe pas par quatre chemins et lui demande ce qu'il fait ici et j'avoue que sa réponse me laisse sans voix. Plus par réflexe que par réelle curiosité, je tourne la tête vers nos charmantes têtes blondes pour voir si je reconnaîtrais sa nièce. Genre, comme s'il y allait y avoir un halo de lumière autour d'elle ou que ça allait être évident, genre "c'est elle !" alors que les gamins, c'est un peu tous les mêmes à mes yeux, on ne va pas se mentir.  "Tu obéis à ta nièce ... Je serais presque curieuse d'avoir envie de la rencontrer pour savoir comment elle fait !" Dis-je d'un ton ironique, sans parvenir à voir une quelconque pancarte m'indiquant que c'est elle. Pourtant, ne vous trompez pas, je sais exactement à quoi ressemble ma fille. C'est moi, en enfant, très clairement si on nous voyait ensemble, on ne douterait pas un instant qu'elle est ma fille. Mais vu que j'ignore que sa nièce est ma fille, je ne cherche pas dans la masse le visage familier de mon enfant.

Au lieu de ça, je détourne mon regard pour le poser sur lui quand il reprend la parole. Il est sérieux là ? Il me demande vraiment comment je fais et si la boutique fonctionne ? Qu'est-ce que ça peut lui faire ? On sait tous les deux qu'il s'en balance de ma gueule alors pourquoi il fait semblant ? C'est quoi son problème à ce mec ? Je sais que c'est un c*nnard, pas besoin de faire semblant. "On n'a pas mis fin volontairement à un rendez-vous sans m'expliquer pourquoi alors j'imagine que je vais bien. Quand à mes affaires, elles ne te regardent pas !" Dis-je sans chercher à être sympathique. Je pense que je n'ai pas besoin d'essayer de faire d'effort alors que très clairement il n'en a pas fait de son côté. En soit j'ai rien contre ce mec. On n'est pas du même monde et définitivement très différents. C'est comme ça, il faut s'y faire, mais s'acharner comme il le fait, j'avoue que je ne comprends pas. "Pourquoi ?" Lui demandais-je sans trop réfléchir, juste parce que sa question me surprend. Pourquoi il veut me revoir ? Il a trouvé ça drôle de m'humilier et il espère recommencer ? Il se fait chier ces derniers temps alors il décide de pimenter un peu sa vie avec une gourdasse. C'est quoi le délire au juste ? "Je dois bien avouer que je ne te comprends pas trop. C'est quoi au juste ton délire ? T'aimes bien humilier les gens ou comment ça se passe ? Je suis si insignifiante que tu ne te souviens pas de comment c'est terminé notre seule soirée ensemble ?" J'y vais cash, après tout je n'ai rien à perdre. Ce mec je ne m'attendais déjà pas particulièrement à le revoir et même si physiquement, je le trouve toujours aussi canon, je ne me voile pas la face, il est insupportable. Alors qu'il le prenne mal ou pas, je m'en balance. De toute façon, faudrait-il encore que mon avis compte pour lui pour que ça puisse le toucher d'une quelconque façon.


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Peu de gens voulaient bien l’admettre mais, les souvenirs n’étaient pas des vérités objectives gravées dans la pierre pour le reste de l’éternité. Chacun réécrivait son histoire avec sa propre plume plus ou moins déformée, avec ses propres mots plus ou moins orientés. Dans cette orgie de subjectivité la vérité avait un air d’eldorado inatteignable. Dans les souvenirs de Maxwell, la fin écourtée de leur diner ne cachait aucun ressentiment ni réelle mauvaise intention. Comme toujours il faisait passer sa propre personne avant n’importe qui d’autre. Comme toujours, il ne se rendait pas compte des conséquences de ses actes sur ces autres. En voulant éviter une situation compliquée, il en avait créé une autre dont il ne prenait pas la pleine mesure. Debout comme un idiot, il était sincèrement surpris de l’attitude de la jolie libraire.

"On n'a pas mis fin volontairement à un rendez-vous sans m'expliquer pourquoi alors j'imagine que je vais bien. Quand à mes affaires, elles ne te regardent pas !"

Il afficha même une certaine incompréhension, ne comprenant directement pas qu’elle parlait de leur dernière entrevue. Jusque-là, il choisit de ne pas se poser plus de questions, peu friands de ce genre de problématiques.

"Je dois bien avouer que je ne te comprends pas trop. C'est quoi au juste ton délire ? T'aimes bien humilier les gens ou comment ça se passe ? Je suis si insignifiante que tu ne te souviens pas de comment c'est terminé notre seule soirée ensemble ?"

Là, l’incompréhension se transforma en un véritable étonnement qui se lisait dans les plissures de son visage. Humilier les gens n’était pas son sport favori mais, pouvait facilement être classé dans le top 3. Il ne se lassait pas de corriger de fausses informations et de pointer toutes les incohérences d’un raisonnement fallacieux, y tirait une forme de jouissance intellectuelle qui le réjouissait pour plusieurs heures consécutives, nourrissant son égo monstrueux de la frustration des autres. Pourtant, concernant Sasha, il n’avait agi de la sorte qu’au début de leur repas, expliquant sa conception du règne animal. Et, visiblement, ce n’était pas le moment qui était resté en travers de la gorge de la petite blonde. Malgré tout, il avait identifié le moment problématique, la fin de la soirée. Pourtant, elle lui avait annoncé qu’elle avait poney aquatique avec une certaine dose d’ironie. Le problème était que, quand il avait autre chose en tête, le médecin ne comprenait pas forcément l’ironie et en avait conclus que ça devait être un nouveau sport à la mode, peut-être avec des bouées en forme de poney.

« Je n’ai jamais cherché à t’humilier … », répondit-il, laissant sa phrase en suspens.

Son cerveau travaillait difficilement à reconstituer un puzzle dont certaines pièces lui manquaient. Une seconde plus tard, les connexions se firent et offrirent à sa conscience le savoir décisif. Mauvais acteur, encore une fois ce qui se passait dans sa tête se transposait sur son visage et n’importe qui à la ronde pouvait remarquer qu’il venait de comprendre quelque chose, la gestuelle accompagnant son expression faciale. Sasha avait mal pris le fait qu’il coupe court à la soirée, et le fait qu’il n’explique pas son choix laissait supposer qu’il avait soudainement décidé qu’elle n’était pas assez bien pour lui, un peu comme un entretien d’embauche qui tournait court. Et l’histoire du poney devait être ironique, mais ça il n’était pas encore tout à fait sûr. Il en avait fallu du temps mais, ils étaient enfin sur la même longueur d’onde. Pour une fois, il se rendait compte qu’il était en tord et ne savait pas trop quoi dire.

« C’est parce que j’ai coupé court au restaurant … », ce n'était pas vraiment brillant et plus pour lui-même.

Expliquer son choix impliquait de révéler la vérité, ce qui allait le mettre dans une situation encore plus difficile. Mais alors que les enfants plus loin applaudissaient tous en même temps, il soupira, se rendant compte que plus il retardait le moment et plus les choses allaient être difficile. Mieux valait avoir une discussion entre adulte, même difficile, que d’attendre que le petite tête blonde revienne vers son oncle favoris et que sa mère biologique comprenne les choses par elle-même. Après tout, Sasha était la mère de sa nièce, ce n’était sans doute pas éthique de sa part de faire tout tourner autour de lui. Il maudit James une dernière fois avant de soupira et de lui expliquer la situation, son sourire ayant complètement disparu.

« Ça n’avait rien avoir avec toi, ou du moins pas de la façon dont tu semble le penser. C’est juste qu’un problème s’est imposé, du genre que je ne sais pas gérer et sur le moment ça m’a semblé être la meilleure chose à faire pour l’éviter »

Il avait perdu de son éloquence, c’était certain, loin d’être un beau parleur, dès qu’il sortait des sentiers battus les mots lui manquaient.

« On parlait de ma nièce et de ta fille. Les dates collaient et elle te ressemble énormément, le lien était facile à faire. En même temps je ne pouvais pas te sortir ça au restaurant sans en être sûr et je ne voulais pas être mêlé à cette histoire. C’est pour ça que j’ai préféré écourter la soirée, sans ça je ne l’aurais pas fait. J’en ai parlé à mon frère et il a confirmé mon intuition et du coup j’ai évité la libraire. Mais bon … »

Mais bon, quand une petite fille fait un caprice, les adultes cèdent trop facilement. Dire que sans cette affiche, il ne serait pas là à attendre que les foudres lui tombent dessus.

« Désolé »

C’était de circonstance mais sans doute un peu pauvre.


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"Me voilà rassurée !" Dis-je d'un ton presque ironique quand il m'annonce qu'il n'avait pas cherché à m'humilier. Je n'arrive sincèrement pas à me dire s'il dit vrai ou pas et j'ignore si ça m'intéresse vraiment. On ne va pas se mentir, d'un côté, j'ai envie de m'en foutre royalement. Ce mec n'a pas d'importance dans ma vie. Il y a quelques semaines, il n'était qu'un client parmi tant d'autres, qu'il ne soit rien d'autre ne fera pas une grande différence. Mais on ne peut nier que mon orgueil joue un rôle important malgré tout. Pourquoi ? Pourquoi a-t-il coupé court au dîner ? Ai-je dis quelque chose de mal ? Est-ce que ma présence lui était trop insupportable ? Est-ce que je l'ai ennuyé ? C'est-il dit que c'était une erreur ? On ne peut pas nier que ça en était certainement une, il est vrai qu'on n'est pas vraiment du même milieu tous les deux, mais on parlait d'un rendez-vous, pas d'une promesse de mariage. Je n'attends rien de lui, peut-être à la rigueur qu'il me fasse grimper aux rideaux, mais je ne suis pas naïve au point d'attendre de sa part qu'il ait envie de plus. Je ne suis rien pour lui, juste à la rigueur une belle gueule qui ferait bien sur son tableau de chasse. Il s'est dit que j'étais le genre de fille à tenter de tomber enceinte pour profiter de la situation ? Pourquoi ? Parce que j'ai déjà une fille dont je ne m'occupe même pas ? N'ai-je pas le droit à une erreur de jeunesse ? J'ai pas la sensation que j'en suis ressortie gagnante. Le père était un loser et ma fille n'est pas élevée par mes soins, alors sincèrement, en quoi peut-on se dire que je serai ce genre de personne ? J'ai aucune envie qu'il soit le père d'un de mes enfants et je n'aspire pas à avoir des gosses de toute façon.

Je me monte un peu la tête, c'est vrai, mais en même temps, c'est pas comme s'il faisait tout pour que je comprenne ce qu'il s'est passé. Il a l'air de s'en foutre royal, comme si rien ne s'était passé ou que c'était pas si important. Visiblement ce n'est que moi alors où est le drame. Pourtant, j'ai l'impression en le voyant que ça carbure à 100 à l'heure, comme si vraiment, il ne savait pas de quoi je parlais. C'est vexant, vraiment ! Il se fout de ma gueule... Et puis d'un coup, une révélation. "Bingo !" Il vient enfin de percuter. Non mais vraiment, il y a des claques qui se perdent. Pour opérer un homme à coeur ouvert, c'est un pro mais alors dès qu'il s'agit de se souvenir pourquoi une fille lui en veut, y'a plus personne. Je le savais totalement à côté de la plaque, mais là, ça frise le ridicule. Il essaye de s'expliquer sauf que je ne comprends rien du tout et sincèrement, ça m'énerve. Qu'il arrête de se donner des grands airs en sortant des phrases compliquées et mystérieuses, ça n'arrange pas son cas. On sait que Monsieur est intelligent et que je suis bête comme mes pieds, pas besoin d'en rajouter une couche en faisant une démonstration. Et puis merde, c'est pas toi, c'est moi, c'est d'un cliché. Evidemment que c'est toi le problème, je n'en ai jamais douté ! "Ecoute, je ne comprends rien à ce que tu racontes et je ne suis même pas sûre d'avoir envie de comprendre !" Dis-je simplement en me tournant vers le buffet pour ranger des trucs, plus histoire de me donner contenance et ne pas m'énerver, plutôt que pour une action vraiment productive.

En vrai je n'étais pas prête à ses explications. Je n'avais vraiment pas compris son changement d'attitude en fin de soirée et m'en étais vexée, à raison. Après tout, il était passé d'un mec bizarre mais courtois à un mec qui met fin à une soirée pour une raison inconnue, sans se justifier ni rien. Mais là ... j'étais sans voix et je suspendis mon geste, tournant mon visage vers lui, sidérée. Qu'est-ce qu'il raconte là ? Pourquoi il parle de ma fille ? Mon coeur s'accélère dans ma poitrine, mon sang tambourine dans mes tempes, je ne me sens pas bien du tout. Est-ce qu'il est en train de dire qu'elle ... non, c'est pas possible. Je ne peux pas le croire. Mon bébé est ici ?! Mon ange a pour oncle ce ... non ... "Tu te fous de moi ?" Lui dis-je, incapable de savoir s'il est en train de me faire une mauvaise farce ou non. Incapable de tenir plus longtemps, je me tourne vers les gamins, installés à même le sol, sur le tapis confortable qu'on a installé pour l'occasion. Je cherche presque désespérément le visage de mon bébé parmi toutes ces têtes blondes et je finis par la voir, absorbés totalement par l'histoire qu'on est en train de lui raconter. Je suis obligée de me tenir à la première chose qui est à ma portée pour ne pas flansher et par malheur c'est à Maxwell ...


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La célèbre excuse du « ce n’est pas toi », c’est moi avait fait le tour de beaucoup de bouches, servit d’arguments à énormément de ruptures et était une arme de choix chez la gente masculine. Bien évidemment, Maxwell l’ignorait. Les relations sentimentales restaient un domaine dans lequel il ne s’aventurait pas et n’avait pas un entourage social suffisamment développé pour que quelqu’un ait un jour daigné lui expliquer. Résultat, en étant sincère, il passait pour un plus grand connard encore. C’était bien la peine de faire des efforts.

Sasha lui tournait le dos, visiblement plus intéressée par le rangement des gobelets vides que par ce qu’il racontait. Comme la roue finissait toujours par tourner, c’en était presque vexant. Quoi qu’il en soit, la bombe était lâchée et l’air sur le visage de Sasha le mis mal à l’aise. Voilà ce qu’il avait voulu éviter au restaurant, voilà le genre de situation qu’il ne savait absolument pas gérer. Elle était sidérée et si le médecin ne savait pas faire le lien avec ce qualificatif, il savait que cet air était à classer dans les avertisseurs de problèmes.

"Tu te fous de moi ?"

Il répondit par la négative, un seul mot presque arraché de sa gorge. Son propre cœur battait plus vite que ce qu’il aurait dû. Une partie de lui savait pertinemment qu’il avait fait quelque chose de mal. Malgré son incompétence émotionnelle, il restait conscient des concepts de bien et de mal. Même s’il préférait arguer une vision scientifique aux idées, il restait humain et ne pouvait y échapper. Son cœur se serra en la regardant chercher sa fille du regard et il déglutit difficilement. Pas aussi dénué d’empathie qu’on aimait bien le raconter, le médecin s’imagina séparé de sa propre mère si longtemps et qu’un individu mal intentionné lui ait caché une telle information dans des buts égoïstes. La comparaison était peut-être régressive, enfantine ou même déplacée quand on savait qu’il était l’individu mal intentionné de l’histoire de Sasha, mais elle était terriblement sincère. Il ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais aucun son n’en sorti car son cerveau étriqué ne pouvait produire aucun mot qui pourrait apaiser la situation.

Lorsque la jeune maman s’accrocha à lui visiblement prête à défaillir son cœur accéléra encore une fois. La comparaison avait beau être sincère, elle n’était pas à la hauteur. Sasha avait porté un enfant qu’elle a dû abandonner et malgré le peu qu’il savait d’elle, il était certain que ce n’était pas le genre de maman qui pondait un gosse et le déposait dans une boite sans un regard en arrière. Il avait fait quelque chose de mal et commençait seulement à prendre la mesure. Il tenta au mieux de la soutenir, l’attrapant par la taille et cherchant à capter son regard, le médecin qu’il était craignant que le choc émotionnel ait déclenché quelque chose de plus grave.

« Ça va aller, reste avec moi, calme-toi doucement, respire »

Il se voulait rassurant mais son propre cœur jouait la carte de la tachycardie. Il attrapa une chaise à proximité et la fit s’asseoir doucement. Il avait beau réagir comme un médecin en cas d’urgence médicale, la situation n’était pas une urgence médicale. A moitié conscient de ce fait, il se pencha pour être à sa hauteur, posant une main sur son épaule.

« Essaye de respirer, ça va aller ne t’inquiètes pas »

Il aurait aimé dire quelque chose d’autre, quelque chose de plus pertinent que de lui dire de respirer mais il en était tout simplement incapable. Il esquissa un petit sourire malgré l’air véritablement inquiet sur son visage. D’un coup une idée lumineuse s’afficha dans son esprit et les mots franchirent le pas de ses lèvres sans qu’il n’ait eu le temps d’y réfléchir.

« Elle est ici, tu peux la voir, je t’assure qu’il n’y aucun problème »

Avant d’avancer cette idée, demander l’avis de James et de sa belle-sœur aurait été pertinent mais la situation en avait décidé autrement.



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Maxwell & Sasha

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Je suis littéralement sous le choc. Le monde a cessé de tourner, je n'entends même plus les bruits qui m'entourent. La voix de l'auteur c'est éteinte, les rires des enfants aussi, tout a disparu autour de moi, ne laissant que le vide et le choc. Ma fille est sa nièce. Ma fille. La chair de ma chair. Celle pour qui je déplacerai des montagnes, juste parce que je l'ai mise au monde. Je n'arrive pas à le croire et pourtant, j'ai bien du mal à me dire qu'il me ment. C'est bête à dire mais je n'ai pas la sensation qu'il soit ce genre de mec, à inventer ce genre de mensonge juste pour se faire bien voir ou pour faire souffrir. Je ne le connais absolument pas et ce n'est pas la moitié d'une soirée passée en sa compagnie qui va me faire prétendre le connaître, mais le peu que j'ai vu de lui me laisse vraiment à penser qu'il n'est pas comme ça. Il peut-être blessant et méchant, ça c'est un fait, mais sans vraiment le vouloir, par pur arrogance. Et je ne vois pas ce qu'il y gagnerait à réagir de cette façon. Alors je fais la seule chose qui me vient à l'esprit, je tourne mon regard vers la foule d'enfant, en quête de son si précieux visage. On ne se connaît pas, je me suis toujours promis de ne jamais interférer dans sa vie, restant à l'écart pour ne pas la perturber. Mais si un jour elle veut me rencontrer, je serai là, fidèle au poste. Et je prie pour que ça arrive, qu'elle ait envie de me connaître. Je sais qu'elle aura des questions, qu'elle se sentira certainement rejetée ou blessée par mon attitude mais j'aime à croire qu'avec le temps, elle comprendra pourquoi j'ai fait ça. Si j'avais été égoïste, j'aurai pensé à moi avant de penser à elle, mais j'ai pensé à son propre bonheur avant de penser au mien. Et avec ces gens, elle est heureuse. Ils lui apportent tout ce dont elle a besoin dans la vie, tout ce que je n'aurai pas pu lui offrir, même l'amour d'une mère. Alors j'imagine que j'ai bien fait.

Et puis je vois son petit visage encore poupon, admirative de ce que peut lui raconter l'auteur. Elle est partie dans un monde merveilleux et ce voyage va encore durée une dizaine de minutes. Je ne me sens pas bien, mes jambes cèdent sous mon poids et je me raccroche à la première chose qui vient pour ne pas m'écrouler et briser ce moment avec les enfants et l'auteur. Je sens le bras de Maxwell entourer mes hanches et je l'entends au loin, me dire que ça va aller. Sa voix est étrange, comme son attitude. Sauf que je ne m'y arrête pas, j'en suis tout bonnement incapable. Mon cerveau a du mal à analyser les informations, je n'étais pas préparée à ça. J'ai toujours rêvé de la voir, de pouvoir lui parler mais je pensais avoir encore le temps. Pourtant la proposition de Maxwell raisonne dans ma tête et tourne en boucle. Je peux la voir. Oui, je peux, il me suffit de tourner la tête et en cherchant un peu parmi ces têtes blondes, je pourrais la voir. Mais est-ce que ça signifie que je pourrais lui parler ? Ai-je le droit de lui parler ? Est-ce que je peux seulement le faire ? Je me connais, je suis émotive. Je vais bégayer et même peut-être pleurer et ou paniquer. Je vais l'effrayer et même si j'arrive à me tenir, qu'est-ce que vous voulez que je lui dise ? Je ne peux pas bouleverser sa vie en lui faisant la révélation maintenant. Mais si je fais comme si de rien n'était, ne va-t-elle pas m'en vouloir plus tard, si ses parents lui avouent la vérité ? Et si tout se passe bien, je me connais, je vais vouloir la voir plus souvent, en me disant que je gère la situation, que je ne trahirais pas le secret. Mais je vais finir par être insupportable. C'est trop dangereux mais en même temps trop tentant. Je suis perdue, je ne sais pas quoi faire alors je panique encore plus et je sens que j'ai dû mal à respirer. "Il faut que je sorte d'ici ..."

Il faut que je prenne l'air. Déjà parce que j'ai la sensation que je fais un raffut d'enfer et que je vais finir par déranger tout le monde et en plus j'ai vraiment besoin d'air frais. Alors je m'appuie sur Maxwell et il m'aide à sortir de la librairie. Je n'ai pas envie de la laisser seule, je voudrai passer le reste de la journée à l'admirer, mais pour le moment ce n'est pas possible, il faut que je me remette les idées en place. Alors je m'assois sur le perron et je respire l'air du dehors en silence, tout d'abord. "Tu n'aurais pas dû venir !" Dis-je en enfouissant mon visage dans mes mains. C'était une erreur, une énorme erreur. Je ne suis pas assez solide pour vivre tout ça. Elle est ma seule joie dans l'existence mais j'ai peur que si ses parents apprennent ça, ils refusent de lui parler de moi plus tard. "Ton frère va être furieux !" Enfin j'imagine, en vrai je ne le connais pas. Mais je doute qu'il apprécie l'initiative. Que ce soit une rencontre fortuite, ça peut arriver, mais là, il savait ce qu'il faisait en l'emmenant ici. Et sans qu'il ne me connaisse, il a bien du comprendre qu'elle comptait pour moi. Une mère qui abandonne son enfant volontairement et sans remord reste impassible si elle la recroisait, alors que moi je suis sans dessus dessous. Mais en même temps, une part de moi est contente de la voir, d'être proche d'elle, de pouvoir faire partie de sa vie. Je suis perdue ...



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On pouvait dire beaucoup de choses du genre humain, lui accorder beaucoup de qualificatifs, le dépeindre dans une infinité de tableaux religieux ou le disséquer méticuleusement d’étude en étude, il en restait indéfiniment imparfait. Chaque individu choisissait ses valeurs dans un set prémâché, défendait des positions flexibles et jugeait se connaitre. Chacun assurait se connaitre mieux que personne, pouvoir anticiper ses propres réactions et se décrivait comme un héro de tragédie grecque dont le comportement et l’attitude était gravés à l’encre dans un très vieux bouquin. Mais au final, on est spectateur de nos propres actions, spectateurs de nos choix, on se raconte la belle histoire du libre arbitre et on justifie nos actes par des liens paranoïdes. Comme toujours, Maxwell n’y échappait pas. Pourquoi aurait-il ce droit ? Si son frère lui avait demandé comment il aurait réagi dans cette situation, sans doute aurait-il arboré son habituel sourire maléfique et expliqué qu’il serait parti en haussant les épaules en tirant sa nièce par les pieds s’il le fallait. Mais il était là, assis dehors sur le perron de la librairie et personne n’allait déranger la petite princesse des Graham avant la fin de son histoire. Dans le pire des scénarios, le médecin se serait décrit comme désintéressé, subissant passivement la situation comme on attendrait un bus en retard. Et pourtant l’air crispé de son visage témoignait faiblement de toutes les idées qui traversaient son esprit alors qu’il ne savait absolument pas quoi faire de ses mains comme si ces appendices étaient tout à coup de trop.

"Tu n'aurais pas dû venir !"

Effectivement, un rapide détour aurait permis d’éviter la rue et l’affiche mais il n’y avait pas pensé et en réalité, il n’aurait pas pu le prévoir. Peut-être que s’il avait été plus doué avec les enfants il aurait réussi à convaincre sa nièce de déplacer son centre d’intérêt vers quelque chose de différent. Toutes ces suppositions n’étaient rien de plus et sa culpabilité en demeurait inchangée. Il s’en voulait d’avoir été si égoïste et entendait dans sa tête la voix de sa mère qui lui répétait une fois de plus qu’il devait faire plus attention aux autres. L’esprit toujours plongé dans un problème complexe qu’il se balance sur une chaise ou marche dans la rue et sa conscience incapable de traiter sa propre vie intérieure, il en oubliait souvent que les choses mouvantes autour de lui était des êtres capables d’émotions et d’une conscience éveillée de sentiments complexes, et sans doute bien plus conscients que ce qu’il ne sera jamais. Voilà encore une de ses situations où la vie le lui rappelait et où il restait muet, ne sachant ni que dire, ni que faire. A force, il avait appris deux ou trois trucs à faire dans ces situations mais là, il ne savait absolument pas dire si Sasha était en colère contre lui, si elle était triste ou si c’était encore une autre émotion qui le dépassait complètement. Du coup il restait là complètement con en se disant que son comportement au restaurant n’avait pas réussit à lui éviter la situation et que c’était même pire puisque là il ne pouvait pas simplement fuir en abandonnant sa nièce.

"Ton frère va être furieux !"

Sur ça au moins, il pouvait répondre quelque chose. Il s’en empressa d’ailleurs, confondant ses idées au passage, comme si ça pouvait calmer la situation. Des deux, Maxwell était bel et bien le jumeau maléfique. James était plutôt du genre tolérant, conciliant, attentionné et bienveillant. Oui des fois c’était assez difficile à concevoir qu’ils venaient tous les deux de la même matrice. De plus, les questions d’adoption, du rôle de chaque parent ou même de l’équilibre psychique d’un enfant le dépassaient complètement. Du coup, bien naïvement, il ne voyait pas de problème à la situation.

« Mais non James ne s’énerve jamais et Abiageal est une hippie qui lit des bouquins de psychologie et de développement personnel, ils ne vont pas être furieux. Et de toute façon James n’est pas en position de m’en vouloir pour quoique ce soit. »

Un peu plus amer sur la fin de sa phrase, il repensait à sa propre relation avec son frère. Maxwell lui en voulait encore de lui avoir caché la maladie de sa mère sous prétexte que c’était la meilleure chose à faire. Sa famille avait la sale habitude de le prendre pour un gamin à protéger de tout, incapable de gérer sa propre vie et cette surprotection était devenue blessante sur ce sujet en particulier. Quoiqu’il en soit, le médecin restait quelqu’un de beaucoup trop rationnel qui cherchait des solutions concrètes à des problèmes émotionnels. Ramener la situation à une problématique qu’il pouvait maitriser lui redonnait un peu de constance. Sasha ressentait des choses très négatives parce qu’elle venait de revoir sa fille avec laquelle elle ne pouvait avoir de véritable relation. S’il était bien incapable de s’occuper de l’aspect émotionnel et que dans le fond il n’apercevait la peine de la jolie libraire que par sa propre relation à sa mère, il pouvait jouer sur la deuxième partie du problème. Avec un sourire, il passa une main sans son dos d’un geste qu’il voulait réconfortant et lui dit :

« Ecoute elle est avec moi tout le week end. James et Abiageal sont partis en voyage. Tu peux passer un peu de temps avec, voir comment elle est ... Et quand ils reviennent tu t’arrangeras avec eux. Ils ne sont pas bien difficiles franchement. »

Était-il potentiellement en train de créer des problèmes ? Sûrement. Était-il pourtant très fier de cette idée simple ? Tellement. S’était-il mordu la langue pour ne pas qualifier sa nièce de chiante devant sa mère ? Oui. Avait-il trouvé le meilleur moyen d’apaiser sa conscience et de se dédouaner du problème ? Aussi.

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Au fond de moi je le sais que c'est une mauvaise idée. Toutes les fibres de mon corps me hurlent qu'il ne faut pas tomber dans la facilité. Il n'est pas son père, juste son oncle. Les décisions qu'il prend sont purement égoïstes, irréfléchies. Ce n'est même pas un reproche, c'est un fait. Je doute qu'il sache vraiment ce que pense son frère et sa belle soeur de tout ça. Qu'il leur passe d'abord un coup de fil pour s'assurer qu'il ne fait pas de la merde avant de m'embarquer dans cette histoire. Mais ... en même temps, je ne peux nier que ça me réjouie et me rassure d'entendre tout ça. Peut-être qu'il a raison et que sa famille ne m'en voudra pas trop d'être intervenu dans sa vie sans que j'ai demandé l'autorisation. Je n'ai jamais eu la sensation qu'ils étaient de mauvaises personnes ou qu'ils refuseraient que je vois ma fille, mais il était évident que pour son bien être et son équilibre, il ne fallait pas trop redoubler les visites. Comment lui expliquer à un si jeune âge que la femme qui vient régulièrement la voir et sa mère biologique, mais qu'elle n'a pas envie de l'élever ? Elle est encore trop jeune pour ça. Je ne veux pas la brusquer ou la rendre triste inutilement. Et je n'ai aucune envie qu'elle rejette ceux qui l'élèvent sous prétexte qu'ils ne sont pas ses vrais parents. Je n'ai pas le droit de faire ça, ce serait vraiment injuste de ma part. Alors je préfère attendre mon heure et l'idéal serait que je me reconstruise pour lui montrer que je suis capable de changer et de prendre soin de moi. Peut-être que plus tard, ça lui donnera envie d'apprendre à me connaître. Mais pour être honnête je ne veux pas qu'elle se rende compte à quel point sa mère est une épave.

Je suis partagée et je n'aime pas ça. J'ai tellement peur de tout rater que je ne veux pas faire de conneries, mais en même temps, c'est tellement tentant de se contenter d'accepter la proposition de Maxwell. Je pourrais me dire qu'il veut se racheter, même si en soit je ne vois pas pourquoi, et accepter sa proposition de passer un peu de temps avec elle durant ce weekend. Mais je sais que si je commence, je vais souffrir et ça va être dur ensuite de ne pas avoir envie de la voir plus souvent. Et je sais que c'est mal, je ne veux pas faire ça dans le dos de ses parents ... mais elle est si près de moi que c'est cruel de me demander de rester à distance. Non, il n'aurait jamais dû venir ! "Peut-être qu'il ne peut pas t'en vouloir mais moi j'ai pas ce privilège !" Je en connais pas leur relation et en vrai, je m'en fous. Tout ce que je sais c'est que je ne veux pas me retrouver au milieu d'une gueguerre entre eux. Je ne veux pas être un dommage collatéral. Je n'ai rien fait pour mériter ça. "Je ne veux pas qu'ils découvrent tout ça et refusent par la suite de révéler mon identité à ma fille plus tard ! Je ne veux pas tout gâcher, pas après tout ce que j'ai vécu ..." Je ne sais pas ce que je dois faire mais j'apprécie la sollicitude dont fait preuve Maxwell. Je dois bien avouer que je ne m'attendais pas à quoi que ce soit de sa part et certainement pas ça. Je le voyais plus se moquer de moi ou alors ne rien comprendre à ce qu'il se passe en étant totalement impassible à mon mal être. Mais au lieu de ça il est présent, il essaye d'arranger les choses, il se montre même attentif, je trouve ça adorable et peut-être un brin perturbant. Je laisse mon regard dériver. J'ai la sensation que cela fait une éternité que je ne l'ai pas vu. Parfois, je passe devant son école pour tenter de l'apercevoir, certes, mais jamais je n'ai été aussi proche d'elle, sauf le jour de sa naissance. "Ca fait bizarre d'être aussi proche d'elle ... La dernière fois qu'on a été réuni dans une même pièce, c'était le jour de sa naissance ... et je n'ai eu que quelques minutes avec elle avant qu'ils ne l'emmènent ..." Je ressens un pincement au coeur. Ma petite Lilou... Je sais que c'était la meilleure chose à faire, la seule en fait. Mon oncle et ma tante savait que si je restais avec elle plus longtemps, je refuserai de la laisser partir. Il fallait penser au bébé avant tout et c'est ce qu'on a fait ... Aujourd'hui encore, je regrette ma décision. Je sais que c'est la meilleure chose que j'ai fait de ma vie, la décision la plus courageuse et la plus difficile que j'ai eu à prendre, mais je la regrette.



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