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Métamorphestaff
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Des coups violents frappés à la porte te réveillent en sursaut. Tu sais pas quelle heure il est, sûrement très tôt. Tu prends à peine le temps de t’habiller, une minute tout au plus. Tu sais bien ce qui est en train d’arriver, c’est pas la première fois, et ce sera sans doute pas la dernière. T’attrapes ton sac et après un moment d’hésitation, les feuilles qui traînent à côté du matelas troué posé sur le sol. Tu savais que tu devais pas rester là plus de deux jours, et pourtant t’as pas pu t’en empêcher, avec la pluie qui faisait rage à l’extérieur, tu te sentais pas de passer la nuit dehors. T’as eu un tuyau d’un appart laissé à l’abandon ou certains dealers y font leurs échanges, alors t’as décidé d’y rester. Mais dans l’immeuble, y avait quand même des locataires, et ceux là apprécient plus que moyennement les squatteurs. C’est pas comme si tu foutais bordel, mais tu fais toujours tâche dans le décor, t’y peux rien. Tu sens la porte sortir de ses gonds alors que t’enjambe le rebord de la fenêtre. T’aurais pu partir plus rapidement en te changeant, mais tu pouvais pas te résoudre à laisser le peu d’effets que t’avais derrière toi en sachant que tu les retrouverais jamais. Le flic a le temps de te voir alors que tu sautes presque sur l’escalier de secours, manquant de te tordre une cheville. Tu cours comme si ta vie en dépendait. Ta plus grande peur, c’est qu’ils t’attrapent, qu’ils découvrent qui tu es et qu’ils te renvoient chez toi. Pour le moment c’est pas arrivé parce que tu joues très bien au con quand on t’interroge, tout ce qu’ils ont eu le droit d’avoir sur toi c’est ton surnom. Pour le reste, qu’ils aillent bien se faire foutre. T’arrives en bas, tu contournes la rue derrière le bâtiment, toujours au pas de course. La pluie tombe toujours et t’es vite détrempé. T’as eu le temps d’enfourner les feuilles à l’abri, c’est pas comme si t’avais le luxe d’en trouver d’autres, et au bout d’un moment tu ralentis l’allure pour te diriger vers le parc. T’espères juste qu’ils t’ont pas bien vu, parce que dans une ville comme Bray, y a moyen qu’ils te chopent à n’importe quel moment.

T’as tenté de te mettre dans ton coin préféré, près du parc. Y a beaucoup de passage, surtout avec les festivals, alors tu pensais que t’aurais un peu plus de chance de récupérer de la thune à cet endroit, mais faut croire que c’est pas la journée. Parfois, t’as un coup de bol, tu peux te faire un vrai repas. D’autres … D’autres tu galères. Comme aujourd’hui. Au bout de quelques heures, t’as bien compris que t’aurais rien d’autres que quelques centimes alors tu t’es levé. Tu fais pas attention aux autres quand tu marches dans la rue. Parce que tu les sens directement, les regards de dégoût. Tu t’arranges pour paraître un minimum propre mais c’est pas comme si t’avais une douche pour te laver tous les matins. Mais même sans ça, tes fringues te trahissent. Un jean troué, sale, une veste en cuir qui est passée depuis beaucoup trop d’années, usée par le temps et des converses trouées que t’as récupéré dans une poubelle. Alors que la pluie diminue, rien qu’un peu, tu commences à tatonner tes poches pour en sortir un paquet de cigarettes. Il est abîmé et tout ce qui est à l’intérieur est presque écrasé avec le temps. Tu t’es pas débarrassé de toutes tes addictions, mais t’es obligé de te restreindre. Dans celui-là, d’ailleurs, il t’en reste plus que deux. Tu grognes, mais tu mets une clope dans ta bouche. Elle est tordue, un peu sale, mouillée, mais t’en as rien à foutre. Tu l’allumes avec le briquet que tu te trimballes et puis tu ressors tes affiches, et ton rouleau de scotch. ça, deux trois fringues, une bouteille d’eau et une minuscule couverture, c’est tout ce que t’as dans tes affaires, ce avec quoi tu dois vivre. Pékin Express version clodo.

Tu t’appliques, t’essaies de coller les imprimés où ils ne seront pas trop attaqués par la pluie. Toujours ton regard qui se perd dans celui d’Heather. Quand vous étiez un peu mieux, un peu plus heureux, vous viviez presque comme des gens normaux. La photo, elle date de là, quand t’avais l’impression d’être un jeune comme un autre, de survivre avec panache, pas comme un animal blessé. T’as fait des pieds et des mains pour refoutre la main dessus. Tout ça parce que Heather, elle marquait les esprits partout où elle passait. Tu te demandes si ça aurait été la même chose si c’était toi qui disparaissait. Trempé jusqu’aux os, il en allait de même avec les pauvres papiers que tu tenais à la main. Tu commences à rager, à grogner, t’as envie de taper dans les murs parce que c’est la seule chose que tu puisses faire. T’as cette minuscule partie de toi qui s’accroche, mais tout le reste a perdu espoir. T’essaies de te rappeler, assis sur les marches d’un supermarché, à quoi ressemblait Heather. ça commence à s’estomper dans ton crâne, tu t’en veux pour ça. Elle t’a sauvé et toi t’es en train d’oublier ne serait-ce que son sourire. Peut-être parce que ton imagination ne la projette qu’en train de souffrir. Las, tu ouvres une énième fois la bouche pour parler à un passant en brandissant ton tract, passant qui ne te regardera sans doute pas non plus, s’éloignera presque par peur. “ Est-ce que vous l’avez vue? “ Les mêmes mots, encore et encore, qui te renvoient toujours un “ non “ qui te donnerait envie de péter des nez.
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Tempestaire
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Jalexis

La pluie, dense, celle qui te trempe jusqu’aux os, qui alourdit l’air, l’espace et le temps, cette pluie là ne lui avait pas manqué durant les années passées à Riverside ; et pourtant, la pluie chaude de la côte ouest des États-Unis n’avait jamais autant donné l’impression à Alexis d’être présente, physiquement, ancrée un peu plus fortement dans les rues d’une ville qu’elle connaissait par coeur. Oui, même ces ruelles là, celles que la majorité des gens évitait sciemment et que l’autre moitié recherchait désespérément, pour le silence, l’obscurité, les vices qu’on y trouvait. Nulle recherche de ce type pour la Samson, qui avançait là où ses pas la guidaient, sans but défini, bien que sa présence ne doive rien au hasard. C’était ici qu’Il avait l’habitude de traîner, de l’entraîner, parfois même, quand ils étaient adolescents. Quand tout semblait encore si simple, bien avant que cette vieille et lourde mélancolie ne devienne la plus vieille compagne d’Alexis. C’était ici qu’Il se réfugiait, ici qu’elle Le retrouvait, dans ce coin là, à cette fenêtre-ci, dans ce quartier qui paraissait fermé aux non-initiés. Ici qu’elle espérait, secrètement, Le croiser.

Sujet tabou dont on ne parlait pas, dont on ne parlait plus, qu’on ne pouvait aborder, qu’elle ne voulait aborder, la jeune femme ne savait même pas s’Il était encore à Bray où si Lui aussi avait fui, une nouvelle fois. Alors elle errait, capuche rabattue sur son visage, les mèches qui s’en échappaient bouclant avec l’humidité. Elle errait, se remémorait, sans trop savoir si Le croiser, subitement, lui ferait du bien ou l’achèverait. Probablement les deux à la fois. Il était une pièce de son puzzle personnel, mais une pièce tordue, mainte et mainte fois retournée, qui, lorsqu’on pensait l’avoir placée au bon endroit, s’avérait ne pas être parfaitement à sa place. Une pièce essentielle, sans laquelle il ne pouvait être complet, mais une pièce qui semblait ne jamais pouvoir trouver sa place.

Tirant machinalement une cigarette de son paquet qu’elle refourra dans sa poche, Alexis la coinça entre ses lèvres, avant de passer ses doigts devant, comme si elle se caressait le nez, faisant ainsi rougoyer le bout du tube de nicotine. Sale habitude, prise il y a longtemps déjà, qu’elle continuait de pratiquer sans même y penser. Ce à quoi elle pensait, à cette seconde, la tira d’ailleurs de sa torpeur mélancolique. Elle avait rendez-vous chez le notaire d’ici peu mais préférait vaquer dans les ruelles détrempées de Dragon Alley que prendre la direction de l’office luxueuse qui devait lui parler testament. Son soupir exhala un nuage de fumée alors qu’Alexis revenait à la vie, la vraie vie, pas cette réalité qui trouvait naissance dans ses pensées et qui avait tendance à occulter le monde qui l’entourait. Parce qu’elle était loin d’être seule dans la rue, entourée de passants qui ne faisaient pas attention à elle, qui ne faisait attention à personne, en réalité, peut-être pas à eux-mêmes. Elle, elle les voyait sans les voir. Inconsciente des silhouettes, des parapluies, des pas pressés qui clapotaient dans les flaques, elle captait un regard, un mot, un pli dans le creux de la joue, elle captait peu et pourtant tellement plus.

Extirpée définitivement de sa léthargie par une interpellation directe, la jeune femme ralentit le pas, s’arrêtant complètement, l’attention suspendue le temps d’une milliseconde, hésitant entre l’ignorer, replonger dans ses pensées, repartir, ou s’arrêter, se plonger pour de vrai dans ce bout d’instant présent, interagir, voir ce qu’on lui voulait. C’est ce second choix qui l’emporta alors que ses doigts s’emparait du bout de papier déjà bien trempée que lui tendait le type qui lui demanda si elle l’avait vue, un mélange de lassitude et de colère profonde dans la voix. Écarquillant légèrement les yeux, tirant une nouvelle bouffée de cigarette, la brune baissa les yeux sur le papier, accrochant le regard de la fille qui s’y trouvait. Qu’elle ne connaissait pas, qu’elle n’avait pas vue, mais que cet homme recherchait, bien plus activement qu’elle ne Le rechercherait jamais. Non. Qui est-ce ?
electric bird.

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Métamorphestaff
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Jalexis

Tu t’attends plus à ce qu’on te réponde. T’as perdu espoir, depuis le temps. Entre ceux qui te regardent de travers parce que t’oses perturber leur petite vie parfaite avec ton aspect plus que douteux, ceux qui en ont juste rien à foutre, qui ont à faire, ceux qui ont pitié de toi... Mais pas assez pour écouter ce que t’as à dire. T’en as qui t’écoutent deux secondes, qui répondent négativement d’un signe de tête et puis qui s’en vont. Ceux qui te donnent quelques pièces aussi et qui auront l’impression d’avoir fait la bonne action de la semaine. Mais personne pour vraiment regarder, pour faire attention. Pour voir qu’au fond t’as envie d’insulter personne, tu le fais parce que comme ça t’arrives à être entendu. Tu détestes être invisible. Pourtant t’existes pour personne ici. Ici comme ailleurs, Dublin c’était pareil, c’est pas pour rien que vous aviez voulu partir, Heather et toi. Et toi tu rages tout seul dans ton coin, t’aimerais aller les voir un par un ces connards, les secouer, leur foutre des droites à t’en faire saigner les phalanges juste dans l’espoir que l’un d’entre eux finissent par parler. Pour toi ils sont tous coupables, les habitants de Bray, tous coupables de laisser faire quoiqu’il se passe ici. T’es pas là depuis longtemps mais les bruits dans les rues chantent une toute autre chanson que les gens d’en haut. Toi t’entends, les disparitions, les morts… T’aurais jamais dû venir ici, si y a bien quelque chose dont t’es sûr, c’est ça, mais maintenant que t’y es c’est pas comme si tu pouvais partir. T’as nulle part où aller de toute manière, et même si c’était le cas, tu l’abandonnerais pas toute seule ici. Tu sais qu’elle est vivante quelque part. En fait non t’en sais rien, mais il faut qu’elle le soit. Tu peux pas te retrouver seul, pas après tout ce que t’as vécu. Toi tu veux pas, tu sais que si c’est le cas tu tiendras pas trois mois. Tout seul t’es bon à rien, t’es déjà pas loin de péter un plomb et de retomber, c’est pas les dealers qui manquent ici.

Mais t’es perturbé dans tes pensées quand celle à qui t’a parlé, à tout hasard de ses pas qui l’ont menée près de toi, te répond. T’es pas loin de l’envoyer chier, en vérité, juste parce que t’es surpris et que c’est comme ça que tu fonctionnes. Tu pourrais, après tout elle a pas l’air de savoir quoique ce soit alors peut-être que tu perds ton temps. Mais le temps c’est plus ou moins tout ce qui te reste de valeur, tu peux bien le dépenser un peu. Surtout sans savoir si quelqu’un a quelque chose, tu perds rien à lui répondre. Pourtant tu fronces les sourcils, parce que t’as pas confiance, parce qu’elle, elle s’intéresse alors que personne d’autre ne le fait et ça te plaît pas, oh non ça te plaît pas. L’agressivité, c’est ton instinct et tu le sens le chat en toi hérisser ses poils et commencer à feuler. Mais tu le retiens, t’es bien au courant que si tu réponds à personne, personne te répondra non plus. “ Une amie. “ C’est pas beaucoup d’informations, en réalité, pas assez pour qu’on puisse se faire une idée. Mais t’as pas envie de donner son identité, parce que tu sais que peut-être qu’Il la recherche aussi. Ou alors c’est Lui qui l’a enlevée, t’en sais rien, tu sais plus. Mais tu te dis que s’il l’avait retrouvée il t’aurait attendu aussi, juste pour te coller une balle dans la tête, parce que tu le désertes pas comme ça, Lysander, t’es à lui et tu le restes.

Tu te rends compte que ça commence à faire un moment que t’as rien dit alors t’enchaîne. “ Elle a disparu y a quelques semaines, on venait d’arriver en ville. “ Et la pluie qui te chatouille alors que tu te lèves pour faire face à l’inconnue qui a osé te regarder et te répondre. Tu t’approches pas plus, tu sais bien que tu fais pas partie de la société et t’as pas envie de lui faire peur. Depuis que t’es seul t’as beaucoup trop tendance à te parler à voix haute, autant dire que ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui te répond. Tu tires une latte sur ta clope mais sans succès, tu finis par la jeter. Trop mouillée, trop tordue, tu sais pas trop, un combo des deux.
electric bird.

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Tempestaire
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Jalexis

Extirpée de ses pensées mélancoliques, brutalement replongée dans le bain bouillant de la réalité de ce bas monde qu’on appelle humanité, Alexis fixe sans ciller l’homme qui lui a tendu l’avis de recherche, lisant sans peine dans son regard qu’il est à deux doigts de la renvoyer d’où elle vient. Elle ne peut que comprendre, elle se serait sentie agressée de la même façon si quelqu’un était venue l’interpeller quelques secondes auparavant, quand elle était encore dans cet entre-deux étrange, pas vraiment présente, pas totalement absente, ici sans être là. Elle attend, entre deux mondes en supsens, qu’il prenne sa décision, presque étonnée de l’entendre lui répondre finalement. Elle n’aurait pas parié sur cette option là, mais peut-être a-t-elle juste mal interprété cette lueur féroce qui brille dans son regard et qui semble témoigner d’une colère dirigée contre le monde entier. Mal interprétée, ou mal estimée. Une amie, peut-être plus, en tout cas certainement pas moins pour qu’il soit là, sous une pluie presque glaciale, à distribuer des tracts qui finiront détrempés sur le trottoir, collés au pas de passants qui auront déjà oublié que quelqu’un manque à l’appel, que l’absence de quelqu’un, dans ce monde, fait cruellement défaut à quelqu’un d’autre, des passants pressés, déjà passés à autre chose. Je suis désolée. Si jamais je la vois, où est-ce que je peux te prévenir ? Ce n’était qu’une illusion. Quelle était la probabilité pour qu’elle croise cette fille alors même que son ami semblait n’avoir aucune piste sur l’endroit où elle pouvait se trouver ? Quelle histoire se cachait donc derrière ces tracts ? Une liaison qui avait mal tournée ? Une dispute de trop qui mène à un silence angoissant ? Une soirée trop alcoolisée où les chemins se séparent ? Ou quelque chose d’autre, plus en lien avec les sombres agissements qui pulsaient, de partout, dans cette ville au double-visage ?

Repliant le papier pour que l’image ne s’efface pas sous la pluie battante, Alexis le range dans sa poche, sa cigarette coincée entre ses lèvres avant qu’elle n’en tire une nouvelle bouffée amère qui vient se loger dans ses poumons. Le silence les enveloppe, les isole des autres individus qui passent à pas rapides, deux inconnus qui se font face, entamant une discussion hachée, sans trop savoir quoi se dire, mais elle, elle ressent le besoin de rester, encore un peu, elle a cette intuition qui lui souffle qu’elle ne doit pas partir, pas si vite, pas tout de suite. Et elle est récompensée de son choix par de nouvelles informations qu’elle n’a pas besoin de demander à son interlocuteur qui se relève pour lui faire face, l’obligeant à lever les yeux car il s’avère être grand, tout en mêem temps que sa présence est si légère, comme s’il n’était définitivement pas tout à fait là. La police n’a rien trouvé ? C’était bien là qu’allaient les gens normaux en premier lieu mais Alexis savait bien qu’ils ne pouvaient souvent rien faire du tout face à l’étrangeté des choses qui se passaient à Bray. Le voyant échouer à faire quelque chose de sa cigarette trempée par la pluie qui tombe de ces lourds nuages noirs, Alexis tire son paquet de sa poche, plaçant une seconde cigarette entre ses lèvres avant d’y passer machinalement sa main, dans ce même geste effectué quelques minutes plus tôt, comme si elle se grattait le nez. Elle ne fait même plus l’effort de se cacher, ayant récemment compris que pour les gens étrangers à son monde, une explication rationnelle viendrait répondre à l’interrogation “comment a-t-elle fait ?”. Ils se disaient sûrement qu’un briquet se trouvait dans sa main et que sa dextérité était rendue exceptionnelle par des années à se détruire les poumons en toute conscience. Pour les autres, et bien, ça n’était rien de plus qu’une petite étincelle de curiosité qui s’installait dans leur regard. On l’avait déjà bien mise en garde, contre ceux qui connaissaient leur existence mais souhaitait les voir plus morts que vivants. Et Alexis n’en avait rien eu à faire. Tiens fit-elle en lui tendant le tube de papier au bout rougeoyant.
electric bird.

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Métamorphestaff
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La plupart de ceux que tu croises se fichent bien de ce que tu peux avoir à dire. Tu fais plus vraiment partie de la société alors sans doute que tu n’as rien à rajouter à ton existence, plus rien à partager avec personne, puisque t’es plus vraiment considéré comme humain. T’es plutôt cynique à ce propos, parce que humain, tu ne l’as jamais vraiment été, plus chat qu’homme, toute ta vie. Mais tu aurais besoin que l’on t’écoute, juste une fois, comme si c’était la seule chose que tu attendais, l’espoir ayant disparu peu à peu de retrouver Heather. La raison en était simple, si elle avait été là, quelque part, personne ne la verrait non plus, comme on ne te voit plus toi. T’aimerais que voir sa photo placardée partout la rende plus visible, mais ça impliquerait qu’elle se trouve seulement perdue quelque part, attendant que tu la cherches et que tu finisses par tomber sur elle. Un peu utopique, surtout pour toi qui n’a jamais vraiment eu le cran de croire en quoique ce soit. Pourtant, t’attrapes ta chance comme tu peux, avec cette jeune femme qui, elle, ose te regarder lorsque tu ne t’y attends pas. Peut-être que t’as réveillé un écho chez elle, peut-être qu’elle est seulement serviable de nature, peut-être que c’est seulement de la pitié, au final. Mais ce n’est pas comme s’il te restait encore de la fierté, et si elle demeure en toi, elle serait juste trop mal placée en cet instant. “ Je passe ici au moins une fois par jour. Ou je reste à Dragon Alley, à côté du Kihashi Hotel.“ Faut dire que tu n’as pas spécialement d’endroit fixe, tu dors ou tu peux, souvent dans la rue. T’as tenté de squatter l’hôtel plusieurs fois mais au bout d’un moment, ça a fini par se remarquer et t’as pas spécialement envie que l’homme de main qui a mis l’un des SDF que tu connais dans le coma débarque pour te péter les dents. Si tu pouvais l’éviter, ce serait le top. Alors t’essaies de garder quand même des lieux réguliers ou te pointer, si jamais quelqu’un aurait une information à te donner. On ne savait jamais, on ne pouvait jamais être sûr, et tu ne voulais pas laisser passer la moindre chance de pouvoir la retrouver, ou qu’elle soit, malgré le fait que t’aies seulement envie de te barrer de cette ville de malheur. Mais tu le feras pas, parce que de toute manière t’as nulle part ailleurs où aller. Toutes les villes que tu visiteras seront capables de te tuer, très peu pourront t’offrir un toit, tu l’as bien compris en arrivant ici. Alors à quoi bon s’entêter à essayer de trouver mieux? Mieux n’existe plus pour les gens comme toi, Clyde.

Mais elle reste là, cette brune au regard dans le vague, que tu as tiré de ses pensées tout comme elle t’a tiré des tiennes. La raison, tu ne la connais pas. N’a-t-elle pas une vie à laquelle retourner, une vie plus heureuse, loin des déchets de la rue et de la glaciale indifférence des autres? Mais tu n’as pas beaucoup de compagnie. Presque jamais depuis Heather. Alors pour cette fois, juste cette fois, tu décides de pas être trop con et de pas la faire fuir. D’essayer au moins, on ne peut pas dire que tu sois vraiment sociable de manière générale. La police … C’est sans doute une normalité, de poser ce genre de questions. Comme si c’était la solution de tout le monde, un pilier sur lequel s’appuyer alors que pour toi, il s’agit de tout l’inverse. “ Elle vit dans la rue. Pour ce qui importe, elle n’existe pas pour les flics. Pour eux elle est crevée dans un fossé quelque part et tout le monde s’en branle. “ Et t’es intimement persuadé que c’est ce qui arrivera le jour où tu crèveras. Le jour où tu retomberas dans l’héroïne ou celui où Lysander te retrouvera et te fera payer les années que t’as pas passé à lui rapporter du fric. “ Mais moi j’y crois pas. Je peux pas.“ Sans Heather, t’étais réellement perdu. ça ne tardera pas à te tuer, et une partie de toi veut pas abandonner, juste pour elle. L’autre, elle a déjà baissé les bras depuis longtemps, parce que sans celle qui t’a sauvé, ta vie n’a plus de raison d’être. C’était elle qui te permettait d’entrevoir le futur. Maintenant t’es juste celui qui tente de survivre alors qu’il devrait déjà être mort.

Tu la vois allumer une clope, et tu peux pas t’empêcher de remarquer comment elle l’a fait. T’as déjà vu des tempestaires à Dublin. C’est la première fois que t’en rencontrais, tu savais même pas que ça pouvait exister. Mais on ne peut pas dire que t’étais étonné. Après tout, tu te transformes en animal et c’est la chose la plus normale de ton existence. Et Heather ... “ Merci. Mais tu devrais pas faire ça.“ Le don de Heather, c’est ce qui a démarré toutes ses emmerdes. Elle vivait bien dans la rue avant, mais elle s’y était faite. C’est simple de vivre dans la rue quand on peut forcer n’importe qui à faire n’importe quoi. Tu attrapes la cigarette pour la porter à ta bouche. “ Heather s’est fait chopper comme ça, à la base. “ Tu parles comme si elle pouvait comprendre où savoi. Mais au final, la seule chose qu’elle a à saisir, c’est bien que ça n’avait pas été une partie de plaisir, ni pour elle ni pour toi. “ Sans ça je l’aurais peut-être pas rencontré, je serais peut-être mort, mais elle aurait pas vécu autant de merdes.“

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Jalexis

À côté du Kihashi Hotel. Aussi vague que précis. Indication large puisqu’elle ne spécifiait nullement où il logeait, mais justement très explicite dans son sous-entendu : il ne logeait nulle part. Alexis détailla un peu plus longuement la silouhette de celui dont elle n’avait fait que croiser le regard et accepter la feuille de papier tenude. Jean troué, chaussures assorties, une veste datant dans un ancien temps. Et la pluie autour d’eux qui devait le glacer bien plus brutalement que tous les autres passants qui n’en avaient rien à faire. Un cillement, infime, une bouffée de chaleur qui lui donne envie de tendre la main, d’aider, de, pour une fois, faire une action tangible dans ce monde de fou qui tournait à toute allure. Il y avait tellement qu’elle voulait faire - sortir Castiel de prison, revoir son frère, ses parents, effacer un passé qui l’avait trouée de toutes parts - et si peu de choses réalisables. Pour une fois, peut-être qu’elle pouvait agir concrètement et ne pas se contenter de vagues espoirs. C’était probablement fou, complètement cinglé, car elle ne le connaissait pas, cet étranger. Rien ne lui garantissait qu’il ne s’agissait pas d’un tueur en série ou d’un psychopathe de seconde zone. Non, rien, à part ce regard, ces deux yeux vides, aussi vides que les siens à elle, et qui pourtant abritaient une flamme qu’elle ne connaissait que trop bien. La flamme qui résiste, même quand la vie vous a abîmé, balloté dans tous les sens, éprouvé plus que n’importe qui d’autre. C’est pas un temps à dormir dehors note-t-elle. La proposition lui brûlait les lèvres. Pourquoi lui ? Il y avait probablement des centaines et des centaines de sans-abris dans ce quartier, alors pourquoi lui ? Simplement parce qu’il y avait quelque chose, un écho, dans sa façon d’être, de parler, de regarder, de se tenir là, présent et absent à la fois, qui lui rappelait bien trop son propre reflet. Si elle l’aidait, peut-être que cela l’aiderait elle aussi ? Si elle trouvait le moyen de l’aider à s’en sortir, peut-être qu’elle parviendrait à trouver sa solution à elle ? Ou peut-être que, pour une fois, mélangé à tout ça, elle voulait juste pouvoir agir et tendre la main.

Dans son cas, et celui de son amie, la police était encore plus inutile qu’en général, Alexis le comprenait bien, et il le lui confirma. C’était triste, triste comme réalité, triste comme tous ces gens qui se fichaient bien de ce qu’il se passait, qui ne comprenaient pas, ne savaient pas à quel point le monde ne tournait pas rond. Peut-être fallait-il faire partie de cette communauté réduite et pourtant ô combien présente dans les rues de Bray qu’était les créatures magiques pour en avoir conscience. Peut-être qu’il était plus facile d’être un humain sans aucun pouvoir. Lui, l’était-il, d’ailleurs ? Elle, elle comprennait ce qui le poussait à se persuader que son amie n’était pas morte, n’était pas disparue, pas définitivement. Parce que c’était probablement tout ce qui le retenait encore à cette vie, tout ce qui le poussait à se battre pour s’en tirer. Mais s’en tirer vers quoi ? Elle est probablement quelque part, tu le saurais, sinon. Il y avait certaines personnes avec qui on avait ce lien si spécial que l’on ne pouvait qu’être certain, même si on n’avait aucune nouvelle de leur part, qu’ils étaient là, quelque part, en vie. Bien portant, pas forcément. Mais le sang coulait encore dans leurs veines et faisait encore battre leur coeur. Comme Lui, elle le savait, en était persuadée.

Le voyant jeter sa cigarette trempée, Alexis en sort une de son paquet, la lui allume d’un feui plus résistant que celui des briquets et la lui tend, piètre contrepartie au fait de ne pouvoir absolument rien faire pour l’aider à retrouver celle qui le maintient encore à la vie. Et elle la voit, cette étincelle dans son regard, cette lueur de reconnaissance qui lui indique aussitôt que oui, il en fait partie, de cette communauté aussi hétéroclite et violente qu’éparse et pleine de magie. Je sais. Oui elle savait. Elle savait bien que dehors, peut-être là, juste là, des hommes et des femmes traquaient les gens comme elle - et comme lui - pour les éliminer de la surface de la terre. Mais enfouir son don ne la protègerait pas pour autant. Ses parents étaient morts, son frère aussi, et qu’elle sache, ils n’avaient jamais fait un étalage présomptueux de leur magie. Être prudent ne sauvait pas pour autant. Cependant, elle comprit l’inclinaison du jeune homme à être discret. La Samson n’avait aucune idée de par quoi il était passé, quelles horreurs il avait subies, qu’est-ce qu’il leur était arrivé, à lui et à cette Heather, mais elle sentait, comme un sourd pressentiment, une lourde présomption, que ça n’était pas joli, que c’était même empli de violence, comme tout ce qui composait ce monde là. Par qui ? Est-ce que ça avait une grande importance, au final ? Ils étaient là, nombreux, appartenant à divers groupes, avec divers intérêts, et au milieu de tout ça, il y avait les gens comme Alexis, qui évoluaient dans un monde dont ils ne maîtrisaient pas toutes les règles, réduits à subir. Jusqu’au moment où le trop plein se ferait ressentir. Peut-être que revenir à Bray n’avait pas été une si bonne idée que ça. La mort de son frère, ce rendez-vous chez le notaire qui lui fait plisser le nez d’anticipation, comme si elle savait qu’elle n’allait pas y trouver que de l’argent en héritage, Castiel emprisonné, et tout le reste. Rien n’avait changé, en trois ans. Tout avait empiré, en réalité. À quel point, là était la question. Avec des si… Ce qui est fait, malheureusement, on ne peut pas revenir en arrière, j’en sais quelque chose. T’es en vie et ça sert à rien de regretter en s’imaginant ce qui aurait pu être, on peut juste dealer avec ce qu’on a et faire de notre mieux.
electric bird.

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Métamorphestaff
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Tu pourrais te demander longtemps pourquoi cette femme s'est arrêtée en face de toi. Pourquoi elle t'a répondu alors qu'il est beaucoup plus simple de t'ignorer, de te laisser dans ta merde, chercher désespérément quelqu'un que personne ne remarquerait, même si elle se tenait devant eux. Mais finalement, l'important c'est qu'elle l'ait fait. Dans ces moments là, brefs, en règle générale, tu te sens de nouveau humain. Comme si on pouvait te voir. Quelques minutes où le sort d'invisibilité qui te retient prisonnier disparaît et où tu peux de nouveau faire vibrer ta voix dans l'air, parce que quelqu'un est là pour t'écouter. C'est l'une des choses que personne ne remarque quand on l'a mais dont l'absence pèse. Tu ris presque à sa déclaration. On pourrait presque croire qu'à force d'années, on s'habitue à la vie dans la rue, mais non. On boit, encore et encore pour oublier, pour se réchauffer et faire passer le temps plus vite, on essaie de trouver couvertures sur couvertures qui ne protégeront plus de rien une fois que la pluie sera tombée dessus, ce qui est on ne peut plus commun en Irlande, et on espère qu'un miracle nous tombera sur le coin de la gueule, jusqu'au jour où l'on espère plus. Au moins, avec Heather, t'avais moyen d'y croire, elle te faisait y croire, jour après jour. « Ouais je sais, mais qu'est ce que tu veux, faut croire que j'aime dormir sur le bitume.» Au moins t'as pas perdu ton sens de l'humour, c'est déjà ça. T'illumines pas par ta bonne humeur mais l'ironie c'est quelque chose que tu gères. Ta propre protection contre le désastre qu'est devenu ta vie au fur et à mesure que les années passaient. Mais pour une fois, tu avais l'occasion de parler de Heather, d'expliquer, de faire savoir ce qu'était ta vie et la sienne. C'était loin d'une vie parfaite, mais au moins vous vous souteniez tous les deux. Maintenant tu galères ne serait-ce qu'à garder les affiches avec sa gueule dessus en place, parce qu'apparemment, selon les critères de la ville, ça n'a aucune place en ville. Ce n'est pas important, pas assez pour qu'on s'en occupe ou qu'on te laisse t'en occuper.

Mais cette fille, elle te redonne de l'espoir. Du moins elle te conforte dans ceux que tu gardes encore. Elle n'est pas en train de te dire que tu la cherches en vain, elle ne semble pas non plus penser qu'elle est morte quelque part, ce n'est pas de la pitié que tu vois dans ses yeux, mais t'as jamais été très bon pour comprendre les autres, alors peut-être que tu te trompes. Peut-être que c'est la même chose chez elle que chez tout le monde, peut être qu'elle ne veut pas te blesser en te disant ce qu'elle pense au fond. Mais tu préfères croire le contraire. Pour ne pas devenir fou, te persuader que si Heather était décédée, tu le sentirais. Le vide de ton être est là, mais il menace de se remplir à nouveau. Tu détesterais devoir y renoncer, devoir mourir seul, même si tu sais que le jour où tu abandonnes, la vie ne mettrait pas longtemps à quitter ton corps. Tu galères de plus en plus à ne pas céder, pas prendre n'importe quelle seringue traînant sur les sols de Dragon Alley dans l'espoir qu'un peu de substance y soit restée. Un déchet de la société, faut dire que tu as de quoi l'assumer après tout ce que t'as traversé et tout ce dont on t'as sorti. « C'est ce que je me dis. »

Et t'as cet instinct protecteur, peut-être juste par reconnaissance pour s'être arrêtée, peut-être parce que tu ne veux pas revivre ce que tu as déjà connu. Tu ne pourrais pas vraiment l'assumer maintenant, cette fois probablement que tu te laisserais mourir dès les premiers jours, si jamais quelqu'un décidait de t'emprisonner de nouveau, peu en importait la raison. Et peut-être qu'elle, elle serait capable de se battre, de se sortir des griffes de ceux qui en voulaient à leurs dons, mais peut-être que non. Est ce qu'allumer une clope valait le coup de la torture et de la perte de liberté ? Honnêtement tu le pensais pas. T'es pas le genre à donner des leçons, c'est juste un constat. T'as rien à dire vu les conneries que t'as faites, mais faut croire que les années passées à devoir te prostituer t'ont rendu un peu plus craintif. «  Un connard. » Tu la connaissais pas assez pour te confier. C'était pas quelque chose que tu savais faire. Alors avouer que tu vendais ton corps pour de l'héroïne et qu'elle le faisait pour éviter de se voir embarquée par les Dux Tenebris … ça te semblait bien hors de portée. « Mais intelligent. Il pouvait briser n'importe qui.» Mais pas Heather. Jamais Heather. Il en avait été proche, pendant un moment, mais jamais il n'en était venu à bout. Tu acquiesces cependant à sa déclaration. Elle n'avait pas tort, pas du tout. Penser à ce qui aurait pu être ne la ramènera pas, et t'as pas besoin de te torturer comme ça. Mais t'y peux rien, t'as pas grand chose d'autre à foutre de tes journées. « Faire de mon mieux c'est pas tellement brillant, en vérité. Je suis pas très bon à être humain. » T'es pas très bon non plus à être un chat vu la gueule de ton totem, mais au moins personne ne te le reprochera.   « T'en as vécu aussi des trucs moches hein ?» Non pas que tu veuilles en avoir le récit, mais ça se voyait, juste dans son regard, dans sa façon de te fixer, de se porter. Le poids sur ses épaules qu'est pas encore à la bouffer, mais qui pèse.

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Au moins, malgré les épreuves qu’il subissait, conservait-il un sens acerbe de l’humour, confirmant au passage ce qui n’était qu’une supposition - tirée de faits tangibles et de preuves plutôt claires, mais supposition malgré tout - pour Alexis. Qui en revenait à ce désir brûlant d’aider, de faire quelque chose pour lui, qu’elle ne connaissait même pas, dont l’existence ne lui était apparue que quelques minutes plus tôt, mais qui éveillait quelque chose, ou lui rappelait quelqu’un, plutôt, et c’était peut-être là tout ce qu’elle était venue chercher dans ces ruelles sombres et emplies de souvenirs en ce jour pluvieux. Elle n’en savait rien elle-même. Étrange comme le simple fait de remettre les pieds à Bray la ramenait dans ces vieux démons qu’elle pensait avoir pourtant vaincus. À croire que les trois ans passés au soleil californien n’avaient été qu’une trève, histoire de lui redonner des forces avant de replonger dans sa vraie nature, qui était en grande partie composée par celle de la ville où elle était née, avait grandi, avait beaucoup gagné mais perdu tout autant. Comme ce type, en face d’elle, qui semblait usé par la vie et ses galères. Mais qui trouvait, malgré tout, le moyen de se parer de sa fierté et d’ironiser sur la situation. Ce qu’elle trouvait admirable et franchement pas à la portée du premier venu. Définitivement, même si elle ne voulait pas laisser cette idée franchir la barrière de sa conscience, il lui rappelait quelqu’un d’autre. La même fierté, la même nonchalance face à ce qu’il avait subi alors que ça devait probablement le ronger à l’intérieur, la même ironie…  

Et lui, il a l’espoir que son amie soit encore en vie malgré le manque de nouvelles ; et elle, elle a ce même espoir concernant une autre personne. Pas vraiment un espoir, en réalité, plutôt une certitude à laquelle on se raccrochait, plus ou moins consciemment - totalement inconsciemment dans le cas de la Samson - parce qu’ils savaient, tout simplement, que l’autre ne pouvait pas être mort. Pas encore. Le vide serait beaucoup plus béant si c’était le cas, ils en étaient tous les deux persuadés. Alors continue de chercher, elle est forcément quelque part. Son histoire, leur histoire, l’intriguait, elle brûlait d’en savoir plus, de comprendre pourquoi ce type ressemblait tellement à un autre de son passé à elle, et, en même temps, pourquoi elle avait l’impression parfois, durant une seconde ou deux, de se voir, elle. Mais elle avait bien conscience que ce bout de trottoir sous la pluie n’était pas propice à ce genre de conversations, parce que la rue à des oreilles, parce que les cigarettes se consumaient entre leurs doigts, parce que la vie réelle et les responsabilités se rappelèrent à elle alors que son portable vibrait dans la poche arrière de son jean. Elle ne décrocha pas, laissant le téléphone envoyer l’intru sur sa messagerie, mais elle savait déjà qu’elle recevrait un message vocal du notaire, ou de son assistante probablement, lui rappelant qu’elle avait rendez-vous dans… dans combien de temps, d’ailleurs ? Alexis avait perdu le compte des minutes à errer dans le quartier, aussi le rendez-vous était-il peut-être plus proche qu’elle ne l’imaginait.

Ce connard, dont il parlait, pouvait être n’importe qui, n’importe où, et il était certainement responsable de bien des maux, elle en était certaine, juste au ton de sa voix. Et un petit rire nerveux la secoue quand il parle du fait de ne pas être très bon question humain foulant le sol de cette chère planète terre. Encore une fois, Alexis croirait se voir, s’entendre, s’écouter. Il semblerait que le surnaturel prive certains de leur capacité à composer avec leur simple humanité... Dans tous les sens du terme. Que ça soit comme elle, comme lui, des êtres perdus entre deux mondes, ou comme ces individus qui perdaient tout sens moral et qui ne cherchaient même plus à justifier leurs atroces actions. Longtemps Alexis avait été préservée de tout ça. Par ses parents, par son frère, par Castiel. Un petit oisillon fragile qu’on tenait à l’écart en espérant l’épargner. Et tout l’inverse s’était produit. Son regard se fixe dans celui de son interlocuteur suite à sa question, à moitié une affirmation, et elle acquiesce doucement. J’ai eu mon lot de trucs moches, ouais. Et une voix lui soufflait que ça n’était pas près de s’arrêter. Comment pourrait-il en être autrement quand son retour était déjà marqué par la mort de son frère et l’emprisonnement de son meilleur ami ? Son regard qui s’affaisse un peu à cette pensée avant que son portable, vibrant de nouveau, ne la ramène à la réalité. Son mégot rejoint le sol trempé par la pluie alors que sa main, désormais libre, fouille dans la poche de son manteau, en tire un vieux ticket et un stylo sur lequel elle griffonne une adresse avant de tendre le tout au jeune homme. Si jamais dormir sur le bitume ne te tente plus lâche-t-elle en seule guise d’explication. Je dois y aller, alors, peut-être à une prochaine. Tu la retrouveras. Et sur ces derniers mots, un dernier regard, elle replonge dans la foule d’humains pour retourner dans les quartiers dorés de Bray afin de se rendre à cette saleté de rendez-vous.
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