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Des coups violents frappés à la porte te réveillent en sursaut. Tu sais pas quelle heure il est, sûrement très tôt. Tu prends à peine le temps de t’habiller, une minute tout au plus. Tu sais bien ce qui est en train d’arriver, c’est pas la première fois, et ce sera sans doute pas la dernière. T’attrapes ton sac et après un moment d’hésitation, les feuilles qui traînent à côté du matelas troué posé sur le sol. Tu savais que tu devais pas rester là plus de deux jours, et pourtant t’as pas pu t’en empêcher, avec la pluie qui faisait rage à l’extérieur, tu te sentais pas de passer la nuit dehors. T’as eu un tuyau d’un appart laissé à l’abandon ou certains dealers y font leurs échanges, alors t’as décidé d’y rester. Mais dans l’immeuble, y avait quand même des locataires, et ceux là apprécient plus que moyennement les squatteurs. C’est pas comme si tu foutais bordel, mais tu fais toujours tâche dans le décor, t’y peux rien. Tu sens la porte sortir de ses gonds alors que t’enjambe le rebord de la fenêtre. T’aurais pu partir plus rapidement en te changeant, mais tu pouvais pas te résoudre à laisser le peu d’effets que t’avais derrière toi en sachant que tu les retrouverais jamais. Le flic a le temps de te voir alors que tu sautes presque sur l’escalier de secours, manquant de te tordre une cheville. Tu cours comme si ta vie en dépendait. Ta plus grande peur, c’est qu’ils t’attrapent, qu’ils découvrent qui tu es et qu’ils te renvoient chez toi. Pour le moment c’est pas arrivé parce que tu joues très bien au con quand on t’interroge, tout ce qu’ils ont eu le droit d’avoir sur toi c’est ton surnom. Pour le reste, qu’ils aillent bien se faire foutre. T’arrives en bas, tu contournes la rue derrière le bâtiment, toujours au pas de course. La pluie tombe toujours et t’es vite détrempé. T’as eu le temps d’enfourner les feuilles à l’abri, c’est pas comme si t’avais le luxe d’en trouver d’autres, et au bout d’un moment tu ralentis l’allure pour te diriger vers le parc. T’espères juste qu’ils t’ont pas bien vu, parce que dans une ville comme Bray, y a moyen qu’ils te chopent à n’importe quel moment.

T’as tenté de te mettre dans ton coin préféré, près du parc. Y a beaucoup de passage, surtout avec les festivals, alors tu pensais que t’aurais un peu plus de chance de récupérer de la thune à cet endroit, mais faut croire que c’est pas la journée. Parfois, t’as un coup de bol, tu peux te faire un vrai repas. D’autres … D’autres tu galères. Comme aujourd’hui. Au bout de quelques heures, t’as bien compris que t’aurais rien d’autres que quelques centimes alors tu t’es levé. Tu fais pas attention aux autres quand tu marches dans la rue. Parce que tu les sens directement, les regards de dégoût. Tu t’arranges pour paraître un minimum propre mais c’est pas comme si t’avais une douche pour te laver tous les matins. Mais même sans ça, tes fringues te trahissent. Un jean troué, sale, une veste en cuir qui est passée depuis beaucoup trop d’années, usée par le temps et des converses trouées que t’as récupéré dans une poubelle. Alors que la pluie diminue, rien qu’un peu, tu commences à tatonner tes poches pour en sortir un paquet de cigarettes. Il est abîmé et tout ce qui est à l’intérieur est presque écrasé avec le temps. Tu t’es pas débarrassé de toutes tes addictions, mais t’es obligé de te restreindre. Dans celui-là, d’ailleurs, il t’en reste plus que deux. Tu grognes, mais tu mets une clope dans ta bouche. Elle est tordue, un peu sale, mouillée, mais t’en as rien à foutre. Tu l’allumes avec le briquet que tu te trimballes et puis tu ressors tes affiches, et ton rouleau de scotch. ça, deux trois fringues, une bouteille d’eau et une minuscule couverture, c’est tout ce que t’as dans tes affaires, ce avec quoi tu dois vivre. Pékin Express version clodo.

Tu t’appliques, t’essaies de coller les imprimés où ils ne seront pas trop attaqués par la pluie. Toujours ton regard qui se perd dans celui d’Heather. Quand vous étiez un peu mieux, un peu plus heureux, vous viviez presque comme des gens normaux. La photo, elle date de là, quand t’avais l’impression d’être un jeune comme un autre, de survivre avec panache, pas comme un animal blessé. T’as fait des pieds et des mains pour refoutre la main dessus. Tout ça parce que Heather, elle marquait les esprits partout où elle passait. Tu te demandes si ça aurait été la même chose si c’était toi qui disparaissait. Trempé jusqu’aux os, il en allait de même avec les pauvres papiers que tu tenais à la main. Tu commences à rager, à grogner, t’as envie de taper dans les murs parce que c’est la seule chose que tu puisses faire. T’as cette minuscule partie de toi qui s’accroche, mais tout le reste a perdu espoir. T’essaies de te rappeler, assis sur les marches d’un supermarché, à quoi ressemblait Heather. ça commence à s’estomper dans ton crâne, tu t’en veux pour ça. Elle t’a sauvé et toi t’es en train d’oublier ne serait-ce que son sourire. Peut-être parce que ton imagination ne la projette qu’en train de souffrir. Las, tu ouvres une énième fois la bouche pour parler à un passant en brandissant ton tract, passant qui ne te regardera sans doute pas non plus, s’éloignera presque par peur. “ Est-ce que vous l’avez vue? “ Les mêmes mots, encore et encore, qui te renvoient toujours un “ non “ qui te donnerait envie de péter des nez.
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Jalexis

La pluie, dense, celle qui te trempe jusqu’aux os, qui alourdit l’air, l’espace et le temps, cette pluie là ne lui avait pas manqué durant les années passées à Riverside ; et pourtant, la pluie chaude de la côte ouest des États-Unis n’avait jamais autant donné l’impression à Alexis d’être présente, physiquement, ancrée un peu plus fortement dans les rues d’une ville qu’elle connaissait par coeur. Oui, même ces ruelles là, celles que la majorité des gens évitait sciemment et que l’autre moitié recherchait désespérément, pour le silence, l’obscurité, les vices qu’on y trouvait. Nulle recherche de ce type pour la Samson, qui avançait là où ses pas la guidaient, sans but défini, bien que sa présence ne doive rien au hasard. C’était ici qu’Il avait l’habitude de traîner, de l’entraîner, parfois même, quand ils étaient adolescents. Quand tout semblait encore si simple, bien avant que cette vieille et lourde mélancolie ne devienne la plus vieille compagne d’Alexis. C’était ici qu’Il se réfugiait, ici qu’elle Le retrouvait, dans ce coin là, à cette fenêtre-ci, dans ce quartier qui paraissait fermé aux non-initiés. Ici qu’elle espérait, secrètement, Le croiser.

Sujet tabou dont on ne parlait pas, dont on ne parlait plus, qu’on ne pouvait aborder, qu’elle ne voulait aborder, la jeune femme ne savait même pas s’Il était encore à Bray où si Lui aussi avait fui, une nouvelle fois. Alors elle errait, capuche rabattue sur son visage, les mèches qui s’en échappaient bouclant avec l’humidité. Elle errait, se remémorait, sans trop savoir si Le croiser, subitement, lui ferait du bien ou l’achèverait. Probablement les deux à la fois. Il était une pièce de son puzzle personnel, mais une pièce tordue, mainte et mainte fois retournée, qui, lorsqu’on pensait l’avoir placée au bon endroit, s’avérait ne pas être parfaitement à sa place. Une pièce essentielle, sans laquelle il ne pouvait être complet, mais une pièce qui semblait ne jamais pouvoir trouver sa place.

Tirant machinalement une cigarette de son paquet qu’elle refourra dans sa poche, Alexis la coinça entre ses lèvres, avant de passer ses doigts devant, comme si elle se caressait le nez, faisant ainsi rougoyer le bout du tube de nicotine. Sale habitude, prise il y a longtemps déjà, qu’elle continuait de pratiquer sans même y penser. Ce à quoi elle pensait, à cette seconde, la tira d’ailleurs de sa torpeur mélancolique. Elle avait rendez-vous chez le notaire d’ici peu mais préférait vaquer dans les ruelles détrempées de Dragon Alley que prendre la direction de l’office luxueuse qui devait lui parler testament. Son soupir exhala un nuage de fumée alors qu’Alexis revenait à la vie, la vraie vie, pas cette réalité qui trouvait naissance dans ses pensées et qui avait tendance à occulter le monde qui l’entourait. Parce qu’elle était loin d’être seule dans la rue, entourée de passants qui ne faisaient pas attention à elle, qui ne faisait attention à personne, en réalité, peut-être pas à eux-mêmes. Elle, elle les voyait sans les voir. Inconsciente des silhouettes, des parapluies, des pas pressés qui clapotaient dans les flaques, elle captait un regard, un mot, un pli dans le creux de la joue, elle captait peu et pourtant tellement plus.

Extirpée définitivement de sa léthargie par une interpellation directe, la jeune femme ralentit le pas, s’arrêtant complètement, l’attention suspendue le temps d’une milliseconde, hésitant entre l’ignorer, replonger dans ses pensées, repartir, ou s’arrêter, se plonger pour de vrai dans ce bout d’instant présent, interagir, voir ce qu’on lui voulait. C’est ce second choix qui l’emporta alors que ses doigts s’emparait du bout de papier déjà bien trempée que lui tendait le type qui lui demanda si elle l’avait vue, un mélange de lassitude et de colère profonde dans la voix. Écarquillant légèrement les yeux, tirant une nouvelle bouffée de cigarette, la brune baissa les yeux sur le papier, accrochant le regard de la fille qui s’y trouvait. Qu’elle ne connaissait pas, qu’elle n’avait pas vue, mais que cet homme recherchait, bien plus activement qu’elle ne Le rechercherait jamais. Non. Qui est-ce ?
electric bird.

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Jalexis

Tu t’attends plus à ce qu’on te réponde. T’as perdu espoir, depuis le temps. Entre ceux qui te regardent de travers parce que t’oses perturber leur petite vie parfaite avec ton aspect plus que douteux, ceux qui en ont juste rien à foutre, qui ont à faire, ceux qui ont pitié de toi... Mais pas assez pour écouter ce que t’as à dire. T’en as qui t’écoutent deux secondes, qui répondent négativement d’un signe de tête et puis qui s’en vont. Ceux qui te donnent quelques pièces aussi et qui auront l’impression d’avoir fait la bonne action de la semaine. Mais personne pour vraiment regarder, pour faire attention. Pour voir qu’au fond t’as envie d’insulter personne, tu le fais parce que comme ça t’arrives à être entendu. Tu détestes être invisible. Pourtant t’existes pour personne ici. Ici comme ailleurs, Dublin c’était pareil, c’est pas pour rien que vous aviez voulu partir, Heather et toi. Et toi tu rages tout seul dans ton coin, t’aimerais aller les voir un par un ces connards, les secouer, leur foutre des droites à t’en faire saigner les phalanges juste dans l’espoir que l’un d’entre eux finissent par parler. Pour toi ils sont tous coupables, les habitants de Bray, tous coupables de laisser faire quoiqu’il se passe ici. T’es pas là depuis longtemps mais les bruits dans les rues chantent une toute autre chanson que les gens d’en haut. Toi t’entends, les disparitions, les morts… T’aurais jamais dû venir ici, si y a bien quelque chose dont t’es sûr, c’est ça, mais maintenant que t’y es c’est pas comme si tu pouvais partir. T’as nulle part où aller de toute manière, et même si c’était le cas, tu l’abandonnerais pas toute seule ici. Tu sais qu’elle est vivante quelque part. En fait non t’en sais rien, mais il faut qu’elle le soit. Tu peux pas te retrouver seul, pas après tout ce que t’as vécu. Toi tu veux pas, tu sais que si c’est le cas tu tiendras pas trois mois. Tout seul t’es bon à rien, t’es déjà pas loin de péter un plomb et de retomber, c’est pas les dealers qui manquent ici.

Mais t’es perturbé dans tes pensées quand celle à qui t’a parlé, à tout hasard de ses pas qui l’ont menée près de toi, te répond. T’es pas loin de l’envoyer chier, en vérité, juste parce que t’es surpris et que c’est comme ça que tu fonctionnes. Tu pourrais, après tout elle a pas l’air de savoir quoique ce soit alors peut-être que tu perds ton temps. Mais le temps c’est plus ou moins tout ce qui te reste de valeur, tu peux bien le dépenser un peu. Surtout sans savoir si quelqu’un a quelque chose, tu perds rien à lui répondre. Pourtant tu fronces les sourcils, parce que t’as pas confiance, parce qu’elle, elle s’intéresse alors que personne d’autre ne le fait et ça te plaît pas, oh non ça te plaît pas. L’agressivité, c’est ton instinct et tu le sens le chat en toi hérisser ses poils et commencer à feuler. Mais tu le retiens, t’es bien au courant que si tu réponds à personne, personne te répondra non plus. “ Une amie. “ C’est pas beaucoup d’informations, en réalité, pas assez pour qu’on puisse se faire une idée. Mais t’as pas envie de donner son identité, parce que tu sais que peut-être qu’Il la recherche aussi. Ou alors c’est Lui qui l’a enlevée, t’en sais rien, tu sais plus. Mais tu te dis que s’il l’avait retrouvée il t’aurait attendu aussi, juste pour te coller une balle dans la tête, parce que tu le désertes pas comme ça, Lysander, t’es à lui et tu le restes.

Tu te rends compte que ça commence à faire un moment que t’as rien dit alors t’enchaîne. “ Elle a disparu y a quelques semaines, on venait d’arriver en ville. “ Et la pluie qui te chatouille alors que tu te lèves pour faire face à l’inconnue qui a osé te regarder et te répondre. Tu t’approches pas plus, tu sais bien que tu fais pas partie de la société et t’as pas envie de lui faire peur. Depuis que t’es seul t’as beaucoup trop tendance à te parler à voix haute, autant dire que ça fait du bien d’entendre quelqu’un qui te répond. Tu tires une latte sur ta clope mais sans succès, tu finis par la jeter. Trop mouillée, trop tordue, tu sais pas trop, un combo des deux.
electric bird.

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