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Humainstaff
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 N°102 - I didn't expect you to show up.

I didn't expect you to show up
Meursault & Blair

«You look like a movie, you sound like a song. My God, this reminds me of when we were young»
Ta vie, c’est devenu une routine dont tu n’arrives plus vraiment à te sortir. Tu te lèves, tu vas courir, tu t’occupes en dehors de chez toi jusqu’au soir, tu tentes de lutter pour ne pas céder à tes envies les plus profondes parce que tu sais ce que ça a donné la dernière fois que t’as tenté le coup, puis tu finis par aller bosser, jamais en retard, toujours en avance, assez pour boire un café avec ton patron, comme si tu avais réellement besoin de caféine. C’est un cercle dont tu ne te sors pas, tu as beau à voir beaucoup trop de temps libre tu ne sais pas vraiment quoi en faire alors tu traînes un peu partout en espérant trouver quelque chose qui te tiennes accroché. Tu as affreusement besoin de ça, d’une motivation, d’une passion, mais la tienne on te l’a enlevée, comme si ce n’était rien, comme si tu pouvais faire sans. Sans doute que tu meurs à petit feu, à l’intérieur, mais t’es bien trop lâche pour te révolter, alors tu ne dis rien et tu espères que ça passe quand bien même tu sais que ce ne sera pas le cas. Mais là, t’as pas vraiment le temps d’y penser, ce soir c’est la folie à la pizzeria, même en arrivant en avance, t’avais déjà des commandes à livrer. Tu bouges d’un coin à l’autre de Bray sur ton vélo, et ça te plaît, au moins ça te permet de bouger, mais il faut bien avouer que tu commences à ressentir la fatigue dans tes muscles. T’es un sportif dans l’âme mais y a des limites à tout. Tu finis par retourner au foodtruck et à t’avachir sur la chaise adossée au comptoir. T’aurais presque envie de te mettre la tête dans les bras et de te taper une petite sieste ou ne serait-ce que cinq minutes de repos, mais tu sens Jimmy qui te regarde, comme si t’avais fait une faute grave. Mais tu crois que tu fais quoi là ? T’as encore des livraisons, allez hop hop on se bouge le cul, et la danse qui redémarre, comme si t’en avais pas déjà fait assez. Bray n’est pourtant pas bien grande, tu te demandes bien comment les habitants peuvent tous manger au même endroit le même soir. Puis tu te souviens. C’est la période des festivals, c’est pas comme si tu pouvais réellement les manquer en vérité, avec les scènes installées partout et les affiches tape à l’oeil à tous les coins de rue. Sans parler des touristes. Tu ne peux pas dire que tu n’es pas habitué, faut le dire, tu habitais à Paris, des vacanciers, t’en voyais toute l’année, mais ce n’est pas quelque chose auquel tu te serais attendu ici, dans ce trou paumé. Non pas que ça te dérange, tu aimes rencontrer de nouvelles personnes, tu aimes le mouvement, le bruit, ça te rappelle un peu la ville que tu as quitté, ça ravive ton bonheur bien trop vite éloigné. Après un soupir et un verre d’eau, tu mets les trois pizzas dans ton sac puis finit par remonter sur ton engin. Et c’est reparti pour un tour, mais c’est sans doute les dernières. A mi-chemin, tu te rends compte que t’as laissé ton téléphone au foodtruck, mais t’as pas vraiment envie d’y retourner. Après tout, t’as les adresses notées, t’as pas besoin d’autre chose. Puis tu commences à bien la connaître, la ville, ton GPS ne te sert plus à rien dans ces cas-là. La première livraison se passe sans encombres, tu reçois un pourboire et un clin d’oeil de la demoiselle qui vient t’ouvrir. C’est pas la première fois, ce sera sans doute pas la dernière, alors tu souris poliment et tu te barres. Ta première ambition, ce soir, c’est de te retrouver dans ta douche, et plus tôt t’auras réussi, mieux tu te sentiras, faut le dire. Alors tu te diriges fièrement vers Pilgrim Village pour ta dernière course. Tu mets quand même quelques minutes à sortir de Coconut, mais tu finis par y arriver. Tu cherches un moment le numéro du bâtiment correspondant, pour activer la sonnette du numéro 102. Tu attends le bruit qui t’indique que l’on répond à l’interphone, mais rien ne vient. Faut croire, cependant, que t’as de la chance ce soir, puisque l’un des habitants de l’endroit sort à ce moment là. T’attrapes la porte au vol pour trouver rapidement la porte correspondant à ta commande. C’est pas que, mais t’as pas spécialement envie d’y passer la nuit. “ C’est le livreur de pizzas, j’ai votre repas !” Bon, t’es un peu impatient mais faut te comprendre, c’est la fin de tournée, t’es pas impoli, juste complètement hors d’état de penser correctement.   
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Humain
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 N°102 - I didn't expect you to show up.


Meursault O'Neill
I didn't expect you to show up.
La journée avait été longue pour toi aujourd'hui. Une réunion de dernière minute a eu lieu dans ton service. Tu as dû faire preuve de toute la maîtrise et le sang-froid que tu possèdes pour laisser un parfait inconnu te faire la morale sur ton travail. Alors qu'il est objectivement très bien fait et que le problème ne venait pas de toi. Mais bien évidemment, personne ne va aller s'en prendre à un cadre en pharmacie. Bien sûr que non. La petite secrétaire qui reprend les notes et les résultats, en revanche, c'est open bar. Là, il n'y a aucun souci, on peut lui dire ce qu'on veut. Cette discrimination ne te fait pourtant pas peur. Ce n'est qu'un collaborateur qui ne passe qu'une fois l'an. Tu n'es donc pas prête de le revoir. Néanmoins, il t'a bien sapé ta journée cet enfoiré. Et forcément, tu as dû effectuer tout ton travail quotidien dans le court laps de temps qu'il te restait. Heure supplémentaire obligatoire, tu as tristement fait une croix sur tes projets de visite à tes parents ce soir. Ta mère est tellement compréhensive que tu t'en veux un peu. Tu te rattraperas ce week-end. Promis.

Pour te détendre, tu allumes plusieurs bougies dans ta salle de bain pour créer une ambiance tamisée. Limite intime et sensuelle. Ensuite, tu fais couler l'eau chaude dans ta baignoire. Parce que dans cet appartement, tu as la joie de bénéficier d'une baignoire, pour pouvoir prendre de longs et savoureux bains. C'est la première chose que tu as inaugurée en emménageant. Et tu vas récidiver. Encore et encore. Autant de fois que tu le voudras. Une fois l'eau à la bonne température et le niveau acceptable, tu te déshabilles, mettant tous tes fringues dans la corbeille de linges sales. Et là, l'extase, tu te glisses dans l'eau, un poil trop chaude, mais tu aimes cette sensation. Celle qui te plonge doucement dans une phase de béatitude totale.

Tu te sentais lourde et légère à la fois. Mélange de chaleur, de vapeur et d'eau. Tu es tellement bien dans ton bain que tu pourrais te laisser aller au sommeil. Tu dois probablement somnoler puisque tu sursautes et ouvres en grand tes paupières en entendant la sonnette, plusieurs fois. Comme si la personne de l'autre côté de la porte insistait déjà depuis un petit moment. Seulement, tu n'attends personne ce soir. Tu ne devrais même pas être là déjà. À contre cœur, tu te lèves pour sortir de ton bain, te rinçant rapidement, pour ne pas faire attendre plus longtemps ton visiteur. Enfant, pour qu'il ne défonce pas la porte surtout. Tu t'enroules dans une serviette-éponge, inondes tes chaussons, dégoulines dans tout l'appartement, mais tu arrives enfin à destination. Ton entrée. Tu n'es pas franchement présentable, néanmoins tes cheveux sont secs et correctement attachés en chignon. À ta décharge, ça donnera peut-être un côté moins négligée. Ou pas.

Lorsque tu ouvres enfin la porte, pas trop et en restant le plus possible cachée derrière, tu ne sais pas si c'est une blague ou si le type face à toi est vraiment livreur de pizza. Cependant, ce dont tu es sûre et certaine, c'est que tu n'en as absolument pas commandé. Tu fronces les sourcils, tes méninges fonctionnant rapidement pour essayer de comprendre. Mais rien. « Bonjour. Je peux vous aider ? » Peut-être qu'il cherche juste un renseignement ? Après tout, à travers la porte, tu n'as pas compris ce qu'il a dit. Non. Il n'aurait pas autant insisté à ta porte pour une simple information.

Face à son regard, tu es gênée. Te cacher plus derrière ton maigre rempart n'est pas possible. Pourtant, tu aimerais plus que tout ne pas être exposée ainsi. Ce n'est que ta politesse qui t'empêche de lui claquer la porte au nez pour te réfugier sous ta couette. Mais quelle idée tu as eu de lui ouvrir dans cette tenue. La précipitation et le fait que tu sois un peu dans le gaz à cause de la chaleur y sont pour beaucoup. Mais merde. Réfléchis la prochaine fois Blair. Ça t'aurait coûté quoi de le faire attendre trente secondes de plus pour t'habiller à peu près.

Avant que tu ne te transformes en écrevisse trop cuite et que ton interlocuteur ne s'énerve, tu trouves judicieux de l'informer que tu n'as rien commandé. Que cette pizza n'est pas pour toi. « Vous avez dû vous tromper. La pizza n'est pas au menu ce soir. » Bien que tu ne sais absolument pas ce que tu vas manger. Quelque chose de simple avec laquelle tu pourras te faire une gamelle pour demain.
 
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Humainstaff
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«You look like a movie, you sound like a song. My God, this reminds me of when we were young»
Tu ignores combien de temps tu passes devant cette porte. Tu n’as pas l’heure sur toi et tu te contentes de sonner régulièrement quand tu vois que personne ne répond. Tu détestes réellement être ce genre de personne, celle qui ennuie parce qu’on ne lui répond pas. En général, ça ne t’arrive pas, tout simplement parce que les gens t’attendent et qu’ils ont faim, alors ils ne te laissent pas poireauter longtemps à la porte. Mais il faut croire que tout le monde n’est pas ainsi, il faut bien que tu diversifies les expériences. T’es légèrement crevé, faut croire, tu n’arrives pas à savoir si t’es là depuis trente secondes, cinq minutes ou une demi-heure. Sans doute pas une demi-heure, cela dit. A un certain moment, tu espères juste que la personne se décide à ouvrir avant que tu ne lui poses la pizza sur le seuil avec une note qui dirait “ vous me devez 9 euros” . Ce ne serait pas correct ni professionnel et tu pourrais totalement te faire virer pour ça, mais c’est qu’un job de livreur de pizza alors qu’est-ce que ça pourrait bien te faire? Bien entendu, y a le fait que si tu perds ton job, tu risques de te prendre la trempe de ta vie et t’en as pas forcément envie non plus, faut bien l’admettre. Alors tu attends. Patiemment ou pas. L’attente finit toutefois par payer puisque tu vois la porte s’ouvrir. Une femme qui ne porte qu’une serviette est de l’autre côté, et tu la regardes brièvement les sourcils relevés par l’étonnement, avant de reprendre tes esprits. “ Vous avez commandé une pizza.“ Tu lui dis ça comme si elle se devait d’être mise au courant alors qu’elle l’était sans doute déjà. En partant du principe qu’elle avait bien commandé et qu’il ne se trompait pas totalement d’endroit. T’es sans doute aussi gêné qu’elle, tu sais que t’aimerais pas qu’on te voit dans cette situation. Toi c’est différent, sans doute, parce que la serviette que tu pourrais potentiellement porter ne serait pas suffisante pour cacher les bleus sur ton corps, et que c’est sans doute ce que tu tiens le plus à ne jamais montrer à personne. Mais en tout cas tu ressens plus ou moins ce qu’elle pourrait ressentir maintenant, à savoir de l’embarras. “ Je suis désolé de vous déranger. “  Même si en soi tu n’as pas grand chose à te reprocher, tu fais juste ton boulot. Mais même ça, t’arrives pas à le penser, faut être honnête, pour toi, t’es juste en train de la faire chier. Cependant, tu finis par froncer les sourcils lorsqu’elle t’annonce qu’elle n’a rien commandé. D’une main, tu récupères la note, l’adresse étant notée dessus. “ Pourtant, c’est bien votre adresse là?“ Tu lui demandes confirmation. Après tout, tu ne connais pas très bien la ville, tu as pu faire une erreur, même si le fait que tu arpentes les rues sur ton vélo depuis quelques semaines devraient te donner une certaine connaissance des rues, il suffit que tu te sois trompé d’un chiffre et c’est la catastrophe. Sauf si l’erreur vient de Jimmy, et techniquement, il ne pourrait pas t’en tenir rigueur. En attendant sa réponse, tu restes planté là comme un piquet. Tu te sentais déjà mal avant, alors maintenant …. Si en plus elle ne t’attendait pas, c’est sans doute pire qu’un sketch. On se croirait presque dans les prémices d’un mauvais film porno, entre le livreur de pizzas, la commande ratée et la fille en serviette. C’en était presque ridicule. Tu ne sais pas vraiment quoi faire, t’aurais pu appeler Jimmy si seulement t’avais pas laissé ton téléphone au foodtruck. Tu ne sais pas à qui appartient cette pizza devenue plus un poids qu’une délivrance, mais tu sens qu’elle va rapidement te peser si tu ne trouves pas son propriétaire. Tout ce que tu veux, c’est aller te coucher, ça devrait pas être si compliqué, si?    
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Humain
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Meursault O'Neill
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À la tête que fait ton interlocuteur, tu regrettes de ne pas avoir pris le temps de t'habiller. À vouloir bien faire, tu fais des catastrophes... Et tu ne peux t'empêcher de rougir, et c'est un cercle vicieux. Tant que tu n'auras pas fermé cette porte, tu n'auras pas de répit. Tu aurais tout aussi bien pu prendre cette maudite pizza, la payer, la manger et écourter la discussion. Mais non Blair, t'es bien trop honnête pour faire ce genre de choses. Tu ne peux pas voler le bien de quelqu'un d'autre. Même si techniquement, ce n'est pas du vol puisque tu le paies. La poisse. Il n'y a vraiment qu'à toi que ce genre de situation peut arriver. Ça te fera toujours un bon potin à raconter quand tu auras digéré la honte ressentie. Ce ne sera pas demain la veille en tout cas. Tu voudrais tellement t'enterrer dans un trou de souris, là, tout de suite. Que quelqu'un fasse quelque chose.

Ton vœu est exaucé puisque le livreur de pizza prend de nouveau la parole. Pour s'excuser. Au moins, ce jeune homme est bien élevé et ne se lance pas dans une pseudo-drague lourde et interminable. Tu n'es peut-être pas si malchanceuse que ça dans ton malheur. Alors, tu tentes un maigre sourire gêné. « Ce n'est pas grave. » Si ça l'est. Mais tu ne vas pas l'accabler pour une erreur. Parce que c'est bien une erreur ? Si c'est un coup monté, là, tu ne réponds plus de toi. Là, les gens vont comprendre que Blair est gentille et douce, mais Blair a aussi un côté piquant. Même si tu le regretteras tout de suite après, t'es largement capable de déclencher un scandale et percer quelques tympans. Quitte à avoir une extinction de voix par la suite. Il faut savoir faire des sacrifices dans la vie ! Et si tu te fais marcher dessus, le sacrifice en vaut le coup. Néanmoins, qui pourrait te faire une telle farce ? Personne. Et le type en face de toi n'a carrément pas l'air bien à l'aise non plus.

Bien que tu lui aies dit que tu n'étais pas la destinataire de cette commande, le livreur te demande confirmation pour l'adresse. Alors tu te décales un peu de ta porte pour mieux voir. Vérifiant que ta main tient bien ta serviette. Il ne manquerait plus que cette dernière tombe et là, tu mourrais juste de honte. Ni plus ni moins. En regardant attentivement, tu remarques que si le numéro et le nom de la rue sont justes, le nom du bâtiment lui ne l'est pas. C'est ça la vie dans le centre. Des bâtiments au même numéro de rue, mais avec des noms différents. Maintenant que tu peux clairement dissiper le malentendu, tu es un peu plus à l'aise. Un peu seulement. Parce que ça ne résout pas ton problème de nudité. Tu fais un signe négatif de la tête. « Ce n'est pas le bon bâtiment. » Mais avant qu'il ne puisse dire quelque chose, tu poursuis. « En fait, il y a plusieurs bâtiments à ce numéro de rue, le mien n'est que le premier visible. » Tu hausses les épaules en un signe qui veut clairement dire que ce n'est pas toi l'architecte. Et que ce n'est clairement pas ton bâtiment. « Celui qui vous intéresse est juste derrière. » Cependant, tu ne vas certainement pas proposer ton aide pour l'y guider. Pas dans cet état. Surtout que s'il est livreur de pizza, il doit être un minimum débrouillard pour trouver les adresses. Et puis, tu n'es pas mère Teresa. La charité, le soir, après le bain, c'est mort. Il faut que tu penses un peu à toi aussi Blair.
 
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Tu commences à connaître la ville pour y être depuis quelques semaines maintenant et l’avoir arpentée en long, en large et en travers avec ton boulot. Mais pas assez bien, apparemment, parce qu’en plus d’avoir dérangé une jeune femme pendant sa douche, tu t’es gouré de destinataire. Elle aurait très bien pu finir de se laver en paix et toi t’aurais certainement récupéré tes affaires au foodtruck à l’heure qu’il est. Enfin, peut-être pas, faut pas déconner, mais disons que tu serais plus près de la fin de ton shift que maintenant. Tu soupires devant ta propre bêtise. Parfois, tu détestes vraiment Bray, l’Irlande, et les bâtiments aux noms alambiqués. Autant te dire que tu évites de les prononcer à voix haute, en plus, pour ne pas te prendre la honte de ta vie avec ton accent français et ta langue qui fourche et qui bute sur tous les mots. “ Oh. Je vois mon erreur. Désolé de vous avoir dérangé, je vais de ce pas rapporter la fameuse pizza à celui qui doit la manger. Encore désolé, passez une bonne soirée !” Tu la quittes là, sur le pas de sa porte, déjà assez embarrassé de lui avoir fait perdre son temps et un peu de sa dignité. Tu ne mets pas très longtemps à trouver le bon bâtiment, avec les indications qu’elle a bien voulu te donner. Effectivement, t’aurais pu le trouver du premier coup, mais le chemin pour y accéder était légèrement caché, assez, en tout cas, pour que quelqu’un ne connaissant pas le coin ne se doute pas que les deux bâtiments pouvaient faire partie du même lot. Cette fois, tu tapes à la bonne porte. Un homme t’ouvre, te fait une ou deux réflexions sur le retard que tu as - même si tu sais pertinemment bien que la pizza à à peine eu le temps de refroidir un peu - te prive de pourboires et te voilà reparti sur ton vélo pour déclarer ta soirée officiellement terminée. On ne peut pas dire qu’elle n’a pas été longue, t’es complètement claqué. D’ailleurs, t’as un grand sourire quand Jim te file deux cartons de pizza en guise d’au-revoir. T’aimes bien quand les clients inconstants commandent puis qu’ils changent d’avis en cours de route. Jim est trop gentil avec la clientèle, toi tu les aurais sans doute incité à payer les deux cartons, mais quand tu le lui dis, il a tendance à hausser les épaules avec un ”meeh, c’est Bray.” C’est à ça que ça ressemble les jobs dans les villages apparemment. T’es sur le point de rentrer, tes deux cartons dans le panier de ton vélo, quand tu te souviens de la jeune femme un peu plus tôt. Tu te sens vite coupable faut dire, même si c’était pas grave, anecdotique, tu te rediriges vers son quartier. ça doit faire une petite demi-heure que t’es passé, t’espères qu’elle dort pas, histoire que tu la réveilles pas, ce serait deux belles bourdes dans la même soirée, ça commencerait à faire beaucoup. Tu descends de ton vélo, retourne devant la porte. T’hésites à rester là, puis tu sors un stylo de ta besace pour griffonner un mot sur l’un des cartons alors que tu gardes l’autre. “ Une petite compensation pour tout à l’heure, bon appétit ! ” Tu poses la boîte sur le palier, tu sonnes, et tu sors de l’immeuble aussi vite que t’y es entré. Tu veux pas paraître comme un psychopathe à l’attendre devant sa porte juste pour t’excuser une énième fois. Faut le dire, tu penses pas à mal alors qu’elle pourrait très bien prendre peur. Mais tout ça s’évapore de ton esprit alors que tu avises un banc à quelques pas de la porte du bâtiment et que tu t’y assois, le deuxième carton de pizza dans les mains. T’as le ventre qui grogne et aucune envie de rentrer chez toi sans avoir mangé, alors cette rue ou une autre, c’est du pareil au même.   
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