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Never trust doctors. | Emily & Max

Dim 18 Nov - 21:46



Never trust doctors


Pourquoi la vie avait-elle décidé d’être aussi cruelle avec lui ? « Mais pourquoi je continue à parler aux gens moi ? », pensa-t-il alors que son impression que l’humanité était dans sa grande majorité composée d’incapables venait le prendre aux tripes. Si sa patience dans la réflexion pouvait le laisser une dizaine d’heures fixé sur une chaise devant un écran ou un livre, sa patience concernant le genre humain était complètement atrophiée. Ici, grâce à un stupide chien, elle était dépassée pour la journée, si ce n’était pour la semaine. Marchant l’air grognon, il n’avait encore aucune idée de la suite des évènements.

« Je vous demande pardon ? »

L’envie de répéter était forte. Il avait beau toujours être alexithymique, son expérience avec sa propre race lui avait appris que cette phrase n’annonçait généralement rien de bon. Et, encore une fois, son expérience était payante.

« Woody n’est pas crétin. Il a eu peur, c’est une réaction normale. C’est un papy, techniquement. Il est effrayé plus facilement qu’avant. »

Il leva les yeux en l’air et secoua la tête sans répondre. C’était incroyable le nombre d’être humains qui traitaient les animaux comme des êtres humains. Par contre, quand il s’agissait de dépecer un loup pour en faire une capuche de doudoune moche, là il n’y avait plus personne.

« Déjà, je ne l’ai pas acheté. C’est un chien guide d’aveugle, je l’ai eu par une association. Les chiens guide sont très intelligents, et empathiques. Ils apprennent à être les yeux de leur maître, et à le guider. Woody sait reconnaitre les formes, les gens, il comprend mes émotions et peut réagir en conséquence. Il est plus intelligent que beaucoup d’humains, d’ailleurs. »

Un râle quitta sa bouche sans qu’il ne puisse le contrôler. Mais qu’est-ce qu’il en avait à foutre de son chien ? C’était quand même ce clébard qui l’avait foutu dans la merde. Et d’où venait ce déballage de niaiseries abracadabrantesque sur l’intelligence des chiens. Woodie savait reconnaitre une forme ? Donnons-lui donc un prix Nobel ! Si sa patience était déjà atrophiée au début de sa marche, elle était désormais amputée sans possibilité de cicatrisation avant un bon mois.

« C’est facile de juger un chien sur une réaction. Mais non, il ne fait pas ça souvent. Et non, je n’en achèterai pas un autre. Le jour où Woody ne pourra plus assurer ses fonctions, nous serons malheureux tous les deux. C’est une relation que vous ne pouvez pas comprendre. Vous êtes voyant. »

Mais bon sang, est-ce qu’il aurait eu une pareille réaction s’il avait insulté sa mère ? Le doute était de mise. Et qu’est-ce qu’il s’en fichait de la relation avec son chien. Pour couronner le tout, si elle avait essayé de jouer sur la corde sensible, c’était raté. Maxwell n’avait pas vraiment de corde sensible.

« Vous vous comportez comme ça avec vos relations ? Quand un de vos amis fait une erreur, vous le remplacez ? Vous ne devez pas en avoir beaucoup, des amis, avec cette attitude. »

Elle n’était pas très originale sur le coup même s’il s’arrêta de marcher, complètement blasé. Cette réaction n’était-elle pas un peu disproportionnée pour avoir qualifié de con un chien qui en plus de l’avoir foutu à terre avait détalé comme un demeuré après un écureuil ?

« Pardon. C’était stupide. Je suis sûre que vous avez des amis et que vous êtes un ami formidable. »

Maxwell explosa de rire. Là par contre, c’était vraiment plus fort que lui. D’où il sortait ce revirement de situation ? De la triste réalité qui voulait que jouer avec ses nerfs allait conduire la jeune aveugle à se démerder toute seule avec son chien si intelligent ? Bingo !

Quand il eut terminé de rire, son habituel sourire maléfique illuminait son visage. Non, il n’avait pas été touché dans son égo par cette petite tirade, son estime de lui-même était bien trop solide pour ça. Par contre, fils à maman ou pas fils à maman, il n’allait pas se laisser emmerder non plus. Il ne fallait pas déconner.

« Oh bien sûr. Votre chien sait reconnaitre les formes, donnons-lui la chaire de physique nucléaire, je suis sûre qu’il fera des prouesses entre deux léchages de testicules … s’il les a encore. Et oui, je suis voyant. Je n’ai pas, comme vous, ce luxe d’être handicapé pour justifier mon envie de faire chier tout le monde. Doublement handicapée je dirais même. Parce qu’en plus d’être aveugle vous êtes quand même sacrément conne. Presque à un niveau médical en fait. Il faut quand même au moins ça pour tenir des discours pareils. Mais comme vous dites, votre demeuré de clebs est plus intelligent que certains humains, n’est-ce pas ? »

Il rigola encore une fois et s’approcha pour poser une main sur son épaule.

« Aller, bonne journée hein ! »

Sans plus attendre, il reprit sa marche d’un pas plus guilleret, rigolant toujours de la situation. Malheureusement, ou heureusement en fait, il avait pris la direction contraire, bien décidé à ne pas perdre une minute de plus dans cette forêt à chercher un chien demeuré.


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Emily Dunham
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Never trust doctors. | Emily & Max

Jeu 6 Déc - 18:17
Je m’attendais à beaucoup de choses. Un énervement de la part de Maxwell, une insulte bien placée, de la surprise. Beaucoup de choses, mais pas à ce qu’il éclate de rire. J’en devins toute rouge, incapable de déterminer ce qui se passait. Alors j’attendis, qu’il arrête de rire, qu’il daigne m’expliquer. Je me sentais bête, réellement idiote. Et quand il prit la parole, ce fut pire. Maxwell le docteur poli s’était transformé en un véritable goujat. Il insulta Woody, encore. Mais il m’insulta moi, aussi. Comme si mon handicap était un luxe. Et en plus, j’étais conne. Je restai là, bouche bée, incapable de dire quoi que ce soit. Maxwell avait décidé de ne me faire aucun cadeau, ça tirait à balles réelles et dans tous les sens. Je n’avais jamais vu un tel déferlement de méchanceté chez cet homme. D’ailleurs, je n’avais pas vu un tel déferlement de méchanceté chez la plupart des gens. C’est comme si le masque avait été retiré d’un coup, et que le gentil lutin s’était révélé être un Gremlins qu’on aurait nourri après minuit.

Lorsque Maxwell posa une main sur son épaule, je sursautai, mais ne bougeai pas. Et très vite, je compris qu’il ne blaguait pas. Il m’avait laissée là, plantée au milieu de Dieu savait où. Seule. Sans Woody. Une minute passa, pendant laquelle j’eus encore la naïveté de croire qu’il ferait machine arrière, viendrait s’excuser de son comportement, et que nous pourrions reprendre les recherches de mon chien. La deuxième minute fut interminable. A la troisième, je dus me rendre à l’évidence : ça sentait le sapin, comme disait ma mère. J’allais devoir me démerder toute seule. Les larmes me montaient aux yeux, et je sentais monter une sacrée boule dans ma gorge. Non, ce n’était pas un luxe d’être handicapée. Ne rien voir, c’était franchement tout sauf un luxe. Parce que le monde, de manière générale, n’était pas fait pour ceux qui ne voyaient pas. Comme si Dieu, dans sa conception, avait merdé dans les plans. Tiens, je vais faire des gens qui ne voient pas, parce que pourquoi pas après tout, c’est mon monde. Mais je ne ferai rien pour leur faciliter la tâche. On va mettre un sol pas plat, des obstacles partout. Ca va être super. Une vraie fête. SI en plus les humains pouvaient inventer des joujous potentiellement mortels pour les non-voyants, du type des voitures silencieuses, ce sera parfait. Et Maxwell qui osait se moquer de ça. Et ça se dit docteur ? J’étais partagée entre une colère noire et une détresse grandissante. Je n’aurais pas dit non à un petit tour de magie pour me ramener Woody et faire passer Maxwell sous un bus. Ou juste, presque sous un bus. Je n’étais pas cruelle à ce point.

Je finis par saisir mon téléphone portable. Appelle Dagda, demandai-je à l’assistant vocal. J’avais la voix tellement chevrotante que je dus le redire deux fois. Appelle Dagda et arrête de m’emmerder, téléphone de mes deux. Heureusement, ma bonne étoile avait décidé de revenir un peu bosser, et il décrocha rapidement.
« Hey Dag’, c’est Emily…écoute euh…j’étais avec Woody près du lac, et il…il s’est enfui. Je suis toute seule et j’suis…tu pourrais venir me chercher ? », demandai-je d’une petite voix, luttant tant bien que mal contre les larmes.
Dagda était probablement le meilleur ami qu’on puisse avoir. Il arriva en deux temps, trois mouvements, avec Woody qu’il avait repéré en arrivant sur la route. Il me ramena même chez moi et me fit un café, le temps que je me calme. Je ne lui parlai pas de Maxwell, mentant par omission sur ce qui s’était passé. Je me baladai avec Woody, il avait été apeuré par quelque chose et s’était enfui, et je m’étais retrouvée seule et perdue. Je ne voulais pas entrainer Dag’ dans mes histoires. Mais la prochaine fois que je verrais Maxwell Graham, il aurait la monnaie de sa pièce. La messe était dite.
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