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Humain
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 Never trust doctors. | Emily & Max




Never trust doctors


Les choses ne se déroulaient jamais vraiment comme on le souhaitait. On avait beau faire des plans, ils n’étaient pas plus assurés que les paris de la dernière coupe du monde. Malgré un certain déterminisme placé au-dessus de nos têtes comme une chappe de plomb, la vie réservait certaines surprises. Malgré tout, ce déterminisme ne pouvait pas être ignoré éternellement même si certains préféraient se crever les yeux. Malgré la rationalité à laquelle Maxwell clamait son appartenance, il refusait toujours de connaitre la réalité. A son âge, il était bien le temps de faire le test pour savoir si la maladie de sa mère était présente dans chacune de ses cellules. Bien évidemment, il se trouvait toute une série d’excuses plus ou moins construites pour éviter de savoir ce qu’il en était et au final passait plus de temps à se mentir à lui-même qu’aux autres. Malgré tout, la maladie était de plus en plus présente dans son esprit, la proximité avec sa mère ne l’aidait pas vraiment à penser à autre chose. Pour se changer les idées, il se plongeait dans son travail ou allait au sport. C’était d’ailleurs ce qui l’amenait à West End en ce jour de grande chaleur. L’air y était plus respirable qu’en ville et la nature proposait un abri contre le soleil. Ce n’était pas sa première visite mais, il était encore une fois charmé par cet endroit typiquement irlandais où une falaise surplombait le lac assez profond et des ados s’en servaient comme plongeoir. Sans doute que le médecin les imitera avant de partir.

C’est dans la forêt qu’il décida d’aller courir. Les pistes de randonnée y étaient propices et les arbres au feuillage épais lui permettaient d’éviter le soleil tapant. Le vent y était même presque frais. C’était l’endroit idéal pour se vider l’esprit et les poumons à un rythme soutenu. Il passa une heure dans cette nature irlandaise tellement vivante. Au final, il ne pensait même plus aux questions qui l’avaient poussé à venir se vider la tête et réfléchissait plutôt à la meilleure manière possible pour pourrir la vie de son voisin. Après tout, c’était de bonne guerre et sans doute que personne ne pourra jamais décider lequel des deux avait commencé ni lequel était le pire. C’était avec un sourire qu’il marchait à un bon rythme vers le lac. De base, il n’était pas très fan de ces eaux remplies de microorganismes mais la chaleur lui faisait rentrer ses appréhensions au placard. L’endroit était assez fréquenté sans pour autant ressembler aux piscines municipales des grandes villes qui étaient prises d’assaut en ces temps de sécheresse. Parmi ces gens dont les visages lui étaient tous étrangers il y avait une silhouette qui lui semblait familière, de longs cheveux bruns, une peau métisse et surtout, un chien de guide. La jeune femme qui se baladait dix mètres plus loin était la fille d’une de ses patients. Aveugle, elle s’occupait comme elle le pouvait de sa mère qui souffrait d’une maladie d’Alzheimer à un stade encore modéré bien que déjà symptomatique.

Maxwell exerçait depuis 2 mois à Dublin et cette patiente avait été une des premières. Il l’avait vue 4 fois, à chaque fois avec Emily. Son ancien neurologue était parti à la retraite et il avait repris le dossier. Il avait déjà vu beaucoup de maladies dégénératives dans sa vie professionnelles mais, était assez surpris que sa fille avec qui les relations ne semblaient pas au beau fixe fasse autant pour s’occuper de sa mère malgré son propre handicap. Même quelqu’un d’aussi cynique et désabusé que lui devait reconnaitre que son comportement était admirable. Serait-il capable de s’occuper de sa propre mère si le test s’avérait positif ? Dans le fond, il en doutait.

D’une heure presque sociable, il vint à sa rencontre. Le chien le repéra assez vite et, une fois arrivé à un mètre de la jeune femme, il s’annonça :

« Bonjour, c’est Maxwell Graham, le médecin de votre mère. Vous venez profiter de la nature ? »

N’étant pas de nature particulièrement sociable, il ne savait pas toujours comment commencer une conversation. Une application psychorigide du secret professionnel l’empêcherait sans doute de venir discuter avec la fille d’une patiente. Mais bon, personne n’était là pour le réprimander.


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« Eh bien retourne à Detroit si je suis si insupportable ! Laisse-moi mourir ! »
« Faisons ça oui ! Au moins là-bas j’étais considérée ! »
Je claquai la porte et retins un cri de colère et de frustration. Ma mère pouvait être la pire femme du monde. Elle n’avait jamais été tendre avec moi, de toute façon. Je lui avais causé l’affront de ma naissance, pauvre d’elle. Depuis qu’elle était tombée malade et que j’étais revenue à Bray, elle était d’humeur changeante. Parfois reconnaissante de ma présence pour s’occuper d’elle. J’avais même droit à quelques compliments, et à des conversations dans lesquelles elle s’intéressait à ma vie. D’autres fois, elle redevenait la femme que j’avais toujours connu. Elle me reprochait mes choix de vie, ma personnalité, à peu près tout. J’étais trop maladroite – en même temps, j’étais aveugle et elle laissait des choses trainer partout chez elle. Je n’avais pas un métier assez beau, parce que la mairie c’est la honte. Il faudrait que je change de chien, parce que Woody se faisait vieux. Je ne faisais jamais rien assez bien. Et j’avais beau être celle qui l’aidait, qui était à ses côtés, ce n’était jamais suffisant. Alors aujourd’hui, j’en avais eu assez, et j’avais claqué la porte. La première fois depuis mon retour que je ne m’écrasais pas devant elle. J’étais sortie, et rentrée chez moi. J’avais tourné en rond un moment, les larmes aux yeux. Je regrettais Detroit. Je regrettais d’être loin de tout ça, de tout ce que Bray m’avait fait et me réservait encore. Pourtant j’étais encore là.

Au bout d’un moment, j’avais accroché la laisse au cou de Woody et nous étions sortis. Le tour du quartier s’était transformé en balade dans West End, et nous arrivâmes au lac. Je pouvais sentir l’odeur familière de l’eau, la différence dans l’air que je respirais, je pouvais entendre les insectes. Je souris et ralentis un peu. Ce serait bien de rester un peu ici. J’avais pris un livre, Woody pourrait gambader, et je pourrais essayer d’oublier un peu ma mère.

Seulement, le karma était un joueur. Alors au lieu de m’aider à oublier ma mère, il m’envoyer son médecin. J’entendis les pas s’approcher de moi, me tournant vers la source du bruit.
« Bonjour, c’est Maxwell Graham, le médecin de votre mère. Vous venez profiter de la nature ? »
Maxwell Graham. Un jeune interne en neurologie, prometteur à ce que j’avais entendu. C’était le neurologue qui s’occupait du cas de ma mère. Il était d’un professionnel à toute épreuve, et j’appréciais sa transparence quant à l’état de ma mère. Mais en dehors, Maxwell n’était pas la personne la plus facile à fréquenter. Le jeune homme irradiait la confiance en lui, ce qui faisait un sacré contraste avec moi. Il parlait très peu, et avait toujours ce ton un peu….ennuyé. J’étais donc surprise qu’il vienne me parler de lui-même. Je lui adressai un sourire reconnaissant.
« Bonjour ! Oui, je me suis dit que le lac était une bonne idée. Je reviens de chez ma mère… »
Je soupirai. Son médecin était la personne la mieux placée pour parler de son état, après tout.
« Elle semble toujours en colère, elle se referme sur elle. Elle n’a pas voulu voir quelqu’un de la semaine, elle a failli renvoyer son infirmière à domicile, elle a refusé la visite d’une amie. Est-ce que c’est normal, ou est-ce que c’est un signe préoccupant ? Je vous avoue que j’ai de plus en plus de mal à la gérer…. »
Je haussai les épaules.
« Mais vous n’avez sûrement pas envie de parler de vos patientes pendant votre temps libre, désolée. Vous habitez dans le coin, ou vous aimez le lac pour venir faire votre sport ? »
Je sentais la légère odeur de l’effort, donc j’avais déduis le reste. Avoir des sens plus développés que la moyenne avait quelques avantages, dont celui de pouvoir deviner certaines choses et mener des conversations presque normales.  

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Humain
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Peut-être était-ce la ville, peut-être était-ce sa maman, peut-être était-ce son horloge biologique. Quoiqu’il en soit, Maxwell était plus sociable ces derniers temps et l’explication ne tiendrait sans doute pas en quelque ligne. En général, il n’était pas le médecin le plus compatissant de l’hôpital ou même du service et s’il pouvait éviter de devoir passer trop de temps avec le patient, il le faisait. Pourtant, toutes les règles ont leur exception, Emily l’était, sans doute à cause de sa relation avec sa mère. Le médecin était loin d’être un fin observateur et pourtant même lui avait remarqué que le lien mère-fille semblait bien compliqué dans ce petit extrait de la famille Dunham qui lui avait été proposé. Une chose était certaine, il n’allait pas s’en mêler. Quand il s’agissait de relations interpersonnelles, Maxwell était un éléphant dans un magasin de porcelaine miniature.

« Bonjour ! Oui, je me suis dit que le lac était une bonne idée. Je reviens de chez ma mère… »

Elle avait tourné directement son visage vers lui. Plusieurs fois, il avait été animé d’une certaine curiosité sur son quotidien et comment elle pouvait le gérer malgré son handicap important. C’était encore plus impressionnant quand on savait qu’elle s’occupait également de sa mère.

« Elle semble toujours en colère, elle se referme sur elle. Elle n’a pas voulu voir quelqu’un de la semaine, elle a failli renvoyer son infirmière à domicile, elle a refusé la visite d’une amie. Est-ce que c’est normal, ou est-ce que c’est un signe préoccupant ? Je vous avoue que j’ai de plus en plus de mal à la gérer…. »

Il hocha la tête pendant qu’elle parlait, par pur réflexe puisqu’elle ne pouvait pas le voir. Les maladies neurodégénératives étaient toujours accompagnées d’un panel de symptômes psychiatriques. Lorsqu’il voyait sa mère en consultation, la vieille dame n’était pas toujours des plus agréable mais, Maxwell en avait vu d’autres et n’était pas à proprement parler quelqu’un qu’on pouvait facilement déstabiliser. Sans doute que si sa propre mère était aussi difficile à gérer, ce serait plus compliqué pour lui mais pour l’instant, elle n’en était pas encore là.

« Mais vous n’avez sûrement pas envie de parler de vos patientes pendant votre temps libre, désolée. Vous habitez dans le coin, ou vous aimez le lac pour venir faire votre sport ? »

Surpris qu’elle sache qu’il était venu dérouler ses muscles, il afficha un air intrigué. Puis, un petit déclic eut lieu dans son cerveau. Courir plus d’une heure quand il faisait chaud avait un effet particulier sur le corps humain. Sans doute l’odeur de transpiration devait-elle être plus forte que ce qu’il le croyait. Au moins, il avait l’excuse d’avoir pratiqué une activité physique plutôt intensive, contrairement à ces connards qui sentaient la mort dès 8h du matin dans le métro. Il n’était pas vraiment gêné, sans doute aurait-il dû mais il n’accordait pas autant d’importance que les autres humains à ce qu’on pouvait penser de lui.

« J’habite du côté de Golden Coast, je viens ici pour courir un peu quand il fait bon. J’imagine que c’est ce que vous avez senti »

Il ponctua sa phrase d’un petit rire. Sans doute qu’une bonne douche lui ferait du bien, mais le lac à proximité était déjà beaucoup plus tentant.

« Pour votre mère, c’est assez courant d’observer des réactions de rejet dans les maladies de ce genre. Si vous voulez, on pourra en discuter à trois lors de la prochaine consultation et voir si on peut mettre en place une médication ou une psychothérapie »

Maxwell n’était pas psychiatre et ne croyait pas vraiment à l’efficacité de la deuxième option. Discuter de ses problèmes pour les faire magiquement disparaitre ça ne devait fonctionner que lorsque les problèmes n’étaient pas vraiment réels. Les choses semblaient pourtant bien compliquées pour Emily si sa mère refusait de reconnaitre toute sa dévotion.

« J’imagine que ça doit être plutôt compliqué. Mais vous avez beaucoup de mérite. Tous les enfants ne font pas ça pour leur parent »

Ses années de médecine lui avaient appris que la vision de la famille était loin d’être importante dans tous les foyers et que souvent les enfants pensaient à l’héritage en premier.


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« J’habite du côté de Golden Coast, je viens ici pour courir un peu quand il fait bon. J’imagine que c’est ce que vous avez senti »
Je souris doucement et haussai les épaules. Démasquée. Mon honnêteté s’empêtrait parfois dans mes bonnes manières, et j’espérais ne pas avoir vexé Maxwell. D’un autre côté, prétendre qu’on sentait la rose après un footing, c’était terriblement hypocrite, et je pressentais que le jeune homme n’était pas du genre à apprécier l’hypocrisie. Heureusement pour moi, il détourna la conversation pour me parler de ma mère. J’ignorais si ce qu’il m’expliquait était rassurant. D’un côté, cela voulait dire que les réactions de maman étaient normales. Un symptôme ordinaire de sa maladie. De l’autre côté, si les symptômes s’aggravaient, cela voulait dire que la maladie progressait. Je le savais, j’en étais consciente. Alzheimer n’allait que dans un sens. Ca ne ferait que s’aggraver, je ne verrais que les choses empirer, jusqu’à ce que je ne sois plus capable de gérer. Mais chaque fois que je m’en rappelais, mon cœur se serrait. Parce qu’un jour ma mère ne se souviendrait plus de moi, et un jour elle ne serait plus là du tout. Et je n’avais jamais eu vraiment de parents, mais au moins ils existaient. Là, ils seraient partis tous les deux. Me laissant techniquement orpheline, avec pour seule famille Andy, et deux morveux. Maxwell proposa d’en discuter et je hochai la tête sans grande conviction.

« Si vous arrivez à lui en parler, je veux bien. Elle refuse de m’écouter. Elle pense que tout ce que je veux, c’est l’interner pour prendre son argent. »
Comme si j’en voulais. Comme si j’en avais besoin. Je m’étais très bien débrouillée sans jusqu’ici.
« J’imagine que ça doit être plutôt compliqué. Mais vous avez beaucoup de mérite. Tous les enfants ne font pas ça pour leur parent »
Je haussai les épaules et soupirai légèrement.
« Des fois, je me demande pourquoi je m’embête. Je veux dire, ma mère n’a jamais été une mère idéale. Elle n’a jamais voulu être mère, en fait. Et j’avais une vie que j’aimais bien, aux Etats-Unis. Quand tout à coup, elle m’a demandé de revenir, parce qu’elle avait besoin de moi. Là je l’intéressais, évidemment. J’ai pensé à refuser, mais…ça reste ma mère. Je ne voyais pas quoi faire d’autre que de revenir. Je ne suis pas la meilleure personne pour s’occuper d’elle, avec mon handicap c’est parfois très compliqué. Mais je fais ce que je peux. »
Je souris. Ma cécité n’arrangeait en effet pas la situation. Parce que ma mère avait tendance à « oublier » que je ne voyais rien. Et donc elle déplaçait les objets à sa convenance, puis oubliait où elle les avait rangés, et j’étais chargée de chercher toute la maison. Et je me faisais engueuler en plus de ça, parce que bien évidemment, c’était moi qui les avais déplacés à la base selon elle. J’avais parfois l’impression de vivre dans une pièce tragi-comique. Ca pouvait être fatiguant. Et c’était agréable de pouvoir en parler à quelqu’un de neutre. J’ignorais si le secret médical s’appliquait aux rencontres inopinées au bord du lac, mais dans tous les cas, j’espérais que Maxwell serait suffisamment discret pour garder pour lui ce que je disais.

« Vous ne venez pas de Bray, je me trompe ? J’ai vécu ici toute ma vie quasiment, et il ne me semble pas qu’on se soit connus. Vous étiez où, avant? Et pourquoi Bray? Je veux dire, je me suis enfuie dès que j’ai pu. Cette ville peut être une prison. »
La curiosité peut être un vilain défaut, parait-il. Mais Maxwell m’intriguait. Il avait l’air d’être un jeune homme brillant. Et pourtant il avait atterri, à Bray, alors même qu'il travaillait à Dublin. En même temps, on ne pouvait pas dire que l’hôpital de Bray était à la pointe de la médecine en Europe, ni même en Irlande. C’était un hôpital certes respectable et efficace, mais qui ne payait pas de mine. Pas franchement l’endroit où j’aurais imaginé voir Maxwell. Dublin semblait plus à sa hauteur. Je sais que si j’avais été une avocate brillante, je me serais tournée vers autre chose. Même à mon niveau, je m’étais tournée vers autre chose. Mais au lieu de vivre à Dublin, il vivait ici. Alors que la grande ville devait offrir bien plus. Et que ce n'était pas tout près.

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Dire que les Etats-Unis manquaient à Maxwell était sans doute une assertion peu précise. Stanford, l’université, ses professeurs et ses cerveaux lui faisaient éprouver un manque sur lequel il n’arrivait pas à mettre de mots. Les USA dans leur généralité ne lui inspirait que mépris et dédain. D’ailleurs, quand Emily lui répondit qu’elle avait vécu à Detroit, il ne put retenir un haussement de sourcils imperceptible pour la jeune aveugle. Dans le monde de bourgeoise de Maxwell, Detroit était une ville ruinée où régnait la pauvreté, la misère et la mort. C’était une description qui ne collait pas vraiment avec la jeune femme debout face à lui. Sans doute avait-elle des histoires à raconter à ce sujet. Un petit sourire sincère s’afficha sur son visage, les deux avaient visiblement plus de points en commun que ce que les apparences laissaient suggérer.

« C’est une ville qui a une réputation assez mauvaise, avec la crise, tout ça. Mais à tort, je trouve. J’étais assistante juridique dans un petit cabinet, et j’y étais bien. J’aimais l’ambiance de Detroit. Très différente d’ici, à vrai dire. Bray est parfois….trop calme.”

Il approuva, Bray était une ville morte, parfaite pour les retraités et les familles nombreuses. Bien sûr, il y avait un semblant d’université et de quartier étudiant mais, ce n’était pas l’ambiance qui lui plaisait le plus.

« J’y retournerai un jour, peut-être. Une fois que…que tout ça sera fini. Je ne sais pas trop. Bray a du charme, une fois qu’on y est. Et puis, j’ai de la famille ici, je veux dire, à part ma mère. »

Quand tout sera fini ? Parlait-elle de la lente descente aux enfers de sa génitrice ? Descente que Maxwell et son équipe ne pouvaient qu’essayer de ralentir. A cette idée, son regard se perdit dans le vide. Ce n’était pas la première fois que le médecin pensait à la mort de sa mère mais, c’était toujours douloureux. L’anticipation donnait des airs de cauchemar à cette idée. Et lui, qu’allait-il faire quand sa maman allait rendre l’âme ? Rien ne le retenait à Bray. A trente ans, il n’avait ni enfants, ni conjoint, personne pour le faire rester dans ce coin perdu d’Irlande.

Comme si l’univers n’appréciait de le voir passer un bon moment, le destin frappa. Ce ne fut pas la foudre mais, un chien. Le chien de guide d’Emily commença à s’agiter dans tous les sens. Même s’il avait grandi avec des animaux, le médecin était loin d’être un spécialiste. L’instinct de survie le fit reculer de quelques pas juste avant que la bête ne lui saute dessus, le faisant tomber à la renverse. Heureusement que la terre était meuble et l’herbe fournie, son dos évita un mauvais choc. Par contre, le poids de l’animal sur sa cage thoracique lui coupa la respiration plusieurs secondes. Le monstre s’enfuit, sans doute satisfait de son méfait.

« Oh merde, je suis désolée, je ne sais pas ce qui lui a pris ! Ca va, il ne vous a pas fait mal ? Je peux vous aider à vous relever ? »

Emily était visiblement inquiète des dégâts provoqués par son chien, pourtant censé être dressé. Il lui fallut un peu moins d’une minute pour se redresser puis se remettre debout sur ses pattes en répétant que ça allait même si l’air sur son visage témoignait de toute la haine qu’il éprouvait pour ce clebs. Un regard à Emily calma ses envies de le transformer en kebab. Qu’allait-elle faire sans son guide ? Il souffla et passa une main sur son visage pour se calmer et essayer de réfléchir logiquement :

« Ca va je n’ai rien. » Il jeta un œil dans la direction que le molosse avait pris pour décamper « C’est peut-être un idiot avec un sifflet à ultrasons. Je vais aller voir si je peux mettre la main dessus. Vous feriez mieux de vous asseoir sur un banc en attendant »

Par chance (ou par la grâce de la fiction), plusieurs bancs en bois et tables de pique-nique étaient à la disposition des promeneurs de ce petit coin de Bray.


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« Oh j’ai grandi dans une petite ville comme celle-ci dans le coin et j’ai fait mes études à Londres puis à Stanford. J’apprécie l’Irlande, et ma famille a choisi de s’installer dans le coin alors j’ai décidé de leur emboiter le pas. »
Je souris. L’appel de la petite ville. L’appel de la famille. Beaucoup de gens y succombaient. J’avais choisi une voie différente, évidemment. Mais si mes parents avaient voulu de moi, s’ils m’avaient donné l’attention et l’amour que je leur demandais, peut-être aurais-je suivi cette voie moi aussi. Peut-être n’aurais-je jamais quitté Bray du tout, d’ailleurs. Peut-être aurais-je trouvé un emploi dans le coin, et je n’aurais jamais découvert les Etats-Unis et Detroit. Je ne savais pas si ça aurait été préférable. D’un côté, cela aurait voulu dire que j’avais une famille suffisamment aimante pour me retenir ici. De l’autre, Detroit m’avait permis de déployer mes ailes réellement, sans contraintes, sans toutes les pressions que je ressentais à Bray.

Maxwell, au-delà de son attrait pour les petites villes telles que Bray, était donc réellement un petit génie. Stanford n’était pas le genre d’université ouverte à tout le monde, il fallait y mériter sa place. J’avais en face de moi un homme qui était probablement plus brillant que moi. C’était rassurant, au fond, de savoir que malgré son jeune âge, Maxwell avait été diplômé de Stanford et était donc, a priori, tout à fait compétent. Ma mère était entre de bonnes mains. Je n’avais pas eu besoin de son CV pour le savoir, voir ma mère lors de ses séances était suffisant. Mais tout de même.

« Et vous avez vécu où aux Etats-Unis ? »
“Detroit”, répondis-je avec un grand sourire. Surprise qu’il s’intéresse à ma vie, il semblait sincère en plus. Contente de pouvoir parler de Detroit et de cette partie de ma vie que je regrettais un peu parfois.
« C’est une ville qui a une réputation assez mauvaise, avec la crise, tout ça. Mais à tort, je trouve. J’étais assistante juridique dans un petit cabinet, et j’y étais bien. J’aimais l’ambiance de Detroit. Très différente d’ici, à vrai dire. Bray est parfois….trop calme.
Trop calme et en même temps trop agitée. Mes visions s’étaient relativement calmées tout le temps que j’avais été à Detroit. Depuis mon retour à Bray, c’était revenu de plus belle, m’empêchant parfois de dormir. Mais je ne pouvais évidemment pas parler de ça avec Maxwell. Il me ferait interner aussi vite.
« J’y retournerai un jour, peut-être. Une fois que…que tout ça sera fini. Je ne sais pas trop. Bray a du charme, une fois qu’on y est. Et puis, j’ai de la famille ici, je veux dire, à part ma mère. »
Andy serait ravi que je reste. Il avait compris mon choix de partir, je pense. Mais ça l’avait attristé tout de même que je sois si loin. Peut-être qu’il serait une raison suffisante de rester. Peut-être en avais-je une autre, que je préférais oublier.

J’allais enchainer quand Woody se mit à courir dans tous les sens, visiblement effrayé par quelque chose ou agressé, et il finit par sauter sur Maxwell pour le faire tomber à la renverse, avant de m’arracher la laisse des mains et de s’enfuir vers l’orée du bois. J’eus beau l’appeler, il semblait fou. Je m’accroupis près de Maxwell, à moitié paniquée à moitié désolée.
« Oh merde, je suis désolée, je ne sais pas ce qui lui a pris ! Ca va, il ne vous a pas fait mal ? Je peux vous aider à vous relever ? »
Voilà que les choses prenaient une tournure inattendue. Je me retrouvais sans chien guide et avec un médecin le cul par terre. Et Woody ne semblait pas vouloir revenir.  
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Dire que les Etats-Unis manquaient à Maxwell était sans doute une assertion peu précise. Stanford, l’université, ses professeurs et ses cerveaux lui faisaient éprouver un manque sur lequel il n’arrivait pas à mettre de mots. Les USA dans leur généralité ne lui inspirait que mépris et dédain. D’ailleurs, quand Emily lui répondit qu’elle avait vécu à Detroit, il ne put retenir un haussement de sourcils imperceptible pour la jeune aveugle. Dans le monde de bourgeoise de Maxwell, Detroit était une ville ruinée où régnait la pauvreté, la misère et la mort. C’était une description qui ne collait pas vraiment avec la jeune femme debout face à lui. Sans doute avait-elle des histoires à raconter à ce sujet. Un petit sourire sincère s’afficha sur son visage, les deux avaient visiblement plus de points en commun que ce que les apparences laissaient suggérer.

« C’est une ville qui a une réputation assez mauvaise, avec la crise, tout ça. Mais à tort, je trouve. J’étais assistante juridique dans un petit cabinet, et j’y étais bien. J’aimais l’ambiance de Detroit. Très différente d’ici, à vrai dire. Bray est parfois….trop calme.”

Il approuva, Bray était une ville morte, parfaite pour les retraités et les familles nombreuses. Bien sûr, il y avait un semblant d’université et de quartier étudiant mais, ce n’était pas l’ambiance qui lui plaisait le plus.

« J’y retournerai un jour, peut-être. Une fois que…que tout ça sera fini. Je ne sais pas trop. Bray a du charme, une fois qu’on y est. Et puis, j’ai de la famille ici, je veux dire, à part ma mère. »

Quand tout sera fini ? Parlait-elle de la lente descente aux enfers de sa génitrice ? Descente que Maxwell et son équipe ne pouvaient qu’essayer de ralentir. A cette idée, son regard se perdit dans le vide. Ce n’était pas la première fois que le médecin pensait à la mort de sa mère mais, c’était toujours douloureux. L’anticipation donnait des airs de cauchemar à cette idée. Et lui, qu’allait-il faire quand sa maman allait rendre l’âme ? Rien ne le retenait à Bray. A trente ans, il n’avait ni enfants, ni conjoint, personne pour le faire rester dans ce coin perdu d’Irlande.

Comme si l’univers n’appréciait de le voir passer un bon moment, le destin frappa. Ce ne fut pas la foudre mais, un chien. Le chien de guide d’Emily commença à s’agiter dans tous les sens. Même s’il avait grandi avec des animaux, le médecin était loin d’être un spécialiste. L’instinct de survie le fit reculer de quelques pas juste avant que la bête ne lui saute dessus, le faisant tomber à la renverse. Heureusement que la terre était meuble et l’herbe fournie, son dos évita un mauvais choc. Par contre, le poids de l’animal sur sa cage thoracique lui coupa la respiration plusieurs secondes. Le monstre s’enfuit, sans doute satisfait de son méfait.

« Oh merde, je suis désolée, je ne sais pas ce qui lui a pris ! Ca va, il ne vous a pas fait mal ? Je peux vous aider à vous relever ? »

Emily était visiblement inquiète des dégâts provoqués par son chien, pourtant censé être dressé. Il lui fallut un peu moins d’une minute pour se redresser puis se remettre debout sur ses pattes en répétant que ça allait même si l’air sur son visage témoignait de toute la haine qu’il éprouvait pour ce clebs. Un regard à Emily calma ses envies de le transformer en kebab. Qu’allait-elle faire sans son guide ? Il souffla et passa une main sur son visage pour se calmer et essayer de réfléchir logiquement :

« Ca va je n’ai rien. » Il jeta un œil dans la direction que le molosse avait pris pour décamper « C’est peut-être un idiot avec un sifflet à ultrasons. Je vais aller voir si je peux mettre la main dessus. Vous feriez mieux de vous asseoir sur un banc en attendant »

Par chance (ou par la grâce de la fiction), plusieurs bancs en bois et tables de pique-nique étaient à la disposition des promeneurs de ce petit coin de Bray.


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Woody ne se comportant presque jamais mal. Même ceux qui l’avaient formé à être chien guide d’aveugle nous avaient répété, à moi et à mes parents, à quel point cet animal était docile et sage, et obéissant. Un de leurs meilleurs élèves. Et Woody l’avait prouvé, à plusieurs reprises. Il avait subi les coups bas de Kyle et Zach sans broncher. Il m’avait toujours retrouvée si on se perdait, même dans la foule, même dans la précipitation. Il n’avait jamais chassé un lapin, n’avait jamais couru à la vue d’une jolie demoiselle canine. Imperturbable dans son travail. Comme si, quelque part, il sentait la responsabilité qu’il avait envers sa maîtresse. Et j’avais toujours pu compter sur Woody, guide autant que présence réconfortante. Il assurait ma sécurité dans un monde qui n’était pas fait pour ceux qui ne voyaient pas.
Et voilà qu’il avait bondi et avait maintenant disparu de la circulation. Maxwell ne se releva pas tout de suite et j’étais là, plantée, perdue. Je ne pouvais pas réellement aider le médecin, parce que je n’avais aucune idée de où il était, et j’aurais été capable de trébucher et me vautrer sur lui moi aussi. Je n’entendais même plus les aboiements de Woody. Et comme chaque fois que je le perdais, la détresse s’emparait de moi. J’avais l’impression de perdre une partie de moi, une partie vitale. Mon cœur s’emballait doucement et je le sentais plus fort dans ma poitrine. Ma respiration se faisait plus courte. Je n’avais jamais été sujette aux crises de panique, mais le stress n’en restait pas moins intense.

« Ca va je n’ai rien. », dit Maxwell une fois relevé. Sa voix me tira malgré moi de ma détresse, et de mes scenarii tous plus catastrophiques les uns que les autres. Un sifflet à ultrasons, oui, peut-être. Peu importait au fond, Woody était parti. Et sans lui, je n’étais qu’une pauvre handicapée incapable de bouger. Maxwell proposa de mettre la main dessus – sur Woody ou sur l’idiot avec son sifflet à ultrasons, je l’ignorais, je supposais les deux- et me proposa de m’asseoir sur un banc.
« Oui, m’asseoir, un banc, oui, vous avez raison », dis-je d’une petite voix rapide, comme si je me parlais plus à moi-même qu’à lui. Et de toute façon, mes jambes flageolaient. Mais il fallait encore trouver le fameux banc sur lequel m’asseoir, et rien que cela me paraissait insurmontable. En réalité, j’étais tout à fait capable de me débrouiller sans Woody. Avant d’avoir un chien guide, j’avais passé un certain temps avec mon seul instinct pour me déplacer. Je m’étais pris des portes dans la tronche, pendant longtemps. Et puis, j’avais appris à ne plus me les prendre. Je savais me déplacer dans la rue toute seule pour aller jusqu’à la boulangerie. J’avais eu une canne, rapidement, mais j’avais une fâcheuse tendance à la perdre, surtout quand j’étais chez Andy. Bref, je n’étais pas complètement impuissante. Mais j’avais tellement pris l’habitude que Woody soit là, tout le temps, qu’il m’indique les obstacles et les directions. Je m’étais tellement habituée à ce chien, que sans lui j’avais l’impression que je n’y arriverais jamais. J’inspirai longuement, tentant de me calmer. Ce n’était pas le moment de perdre les pédales, Emily.

« Attendez ! » J’ignorais si Maxwell était déjà parti, j’espérais qu’il soit encore dans le coin. « Il ne va pas vous reconnaître. S’il a été effrayé, il pourrait refuser de venir avec vous. Il est…un peu…disons qu’il ne fait pas confiance facilement. Ce serait…ce serait peut-être mieux si je venais avec vous. »
En réalité, j’ignore si je croyais à mes propres raisons, ou si je cherchais juste désespérément une excuse pour que le docteur ne me laisse pas toute seule. Vous imaginez, vous, une aveugle toute seule sur un banc au milieu de nulle part ? Une cible tellement facile que c’en était ridicule. Je n’étais pas Daredevil, quoi. Je n’avais aucune envie d’attendre patiemment que Maxwell revienne avec Woody.
« Je vais juste, marcher à côté de vous, je ne veux pas vous embêter. Dites-moi juste s’il y a une énorme racine, ou un mur, droit devant. Enfin, si ça…vous va. »
J’étais bien consciente d’être un peu un boulet, présentement. Maxwell faisait tranquillement son footing, et voilà qu’il se retrouvait coincé avec une aveugle, à devoir chercher son con de chien. Il avait probablement espéré faire mieux de sa journée.

Et sans vraiment lui demander son avis, je sortis ma canne d’aveugle de mon sac à dos, et la dépliai. Parce que oui, quand on est handicapée, on est obligée d’être un minimum organisée. J’avais toujours ma canne sur moi, au cas où. Principalement depuis cette fois où Kyle avait attiré Woody en douce hors du lycée et que j’avais dû me déplacer au milieu d’une horde de lycéens pendant toute une journée, puis rentrer seule, à pied. J’étais donc armée comme un soldat très mal entraîné qu’on amène sur le champ de bataille. Mission du jour : retrouver le chien au nom de jouet.
« Woody ! », criai-je avant de me mettre en marche, avec une consistance toute relative.

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Maxwell était d’humeur bien serviable aujourd’hui. Proposer d’aider sans qu’on ne lui ait demandé n’était pas vraiment dans ses habitudes. A croire que le niveau d’attendrissement atteint par une jeune aveugle qui venait de perdre son chien était suffisant pour toucher même un cœur aussi froid que le sien.

« Oui, m’asseoir, un banc, oui, vous avez raison »

Evidemment qu’il avait raison, il avait toujours raison. Par contre, s’ils étaient d’accord sur l’idée, ce n’était pas encore fait. Il y avait des bancs à une centaine de mètres mais, fallait-il encore les atteindre. Maxwell ignorait complètement quelle était la mobilité d’Emily sans son chien. Qu’elle puisse marcher jusque là-bas sans aide lui semblait irréaliste. Mais en même temps, il se voyait mal l’y conduire dans ses bras. Il voulait bien être gentil mais, il ne faut pas abuser non plus.

« Attendez ! Il ne va pas vous reconnaître. S’il a été effrayé, il pourrait refuser de venir avec vous. Il est…un peu…disons qu’il ne fait pas confiance facilement. Ce serait…ce serait peut-être mieux si je venais avec vous. »

Alors là … L’idée était comme qui dirait … la pire au monde. Déjà que se balader dans les bois à la recherche d’un stupide chien allait bien le souler, autant devoir se coltiner une aveugle en plus risquait de rendre la situation comique dans le meilleur des cas, dramatique dans le pire. Bien évidemment, Emily ne pouvait pas voir à quel point le visage du médecin dépeignait son désaccord profond avec cette idée. C’était suicidaire, les bois il y avait des racines, des petits animaux et un terrain irrégulier, pas vraiment l’endroit idéal pour une aveugle.

« Je vais juste, marcher à côté de vous, je ne veux pas vous embêter. Dites-moi juste s’il y a une énorme racine, ou un mur, droit devant. Enfin, si ça…vous va. »

L’image d’Emily se prenant un mur de briques sauvage qui traversait la forêt ne réussit pas à le faire rire. Pas besoin d’être un oracle pour se rendre compte que la situation allait devenir très compliquée. Le médecin passa une main sur son visage et maudit sa mère l’espace d’une seconde. C’était pour elle qu’il faisait ces efforts, qu’il allait parler aux gens. Si Maria avait la décence d’abandonner l’idée que son fils soit un jour socialement intégré, il ne serait pas là à regarder une aveugle déplier sa canne pour partir à la recherche d’un stupide chien, recherche qui était sous sa supervision bien évidemment.

Emily commença à marcher en appelant son chien. Malheureusement, elle partait dans la direction opposée dans laquelle son crétin de chien avait détalé. Face à ce spectacle, la créature maléfique et méchante qui vivait en lui lui murmura de s’éloigner sans bruit et de siroter un jus en admirant le spectacle qui allait se dérouler sous ses yeux et ce, sans le moindre bruit. Heureusement pour Emily, Maxwell n’était pas d’humeur à écouter cette créature. Il soupira et se demanda pourquoi le sort semblait lui en vouloir (oui la notion de karma lui était inconnue). En se disant que sa mère n'allait pas apprécier s'il laissait une jeune aveugle toute seule à chercher un chien dans une forêt, il interpella la principale concernée :

« Euh … C’est de l’autre côté »

Sa verve légendaire était également partie en congé. Il prit le bras d’Emily et lui dit :

« De toute façon si je vous amène à un banc vous aller quand même vouloir me suivre hein ? »

Et il commença à marcher en direction des bois, priant Darwin que ce dernier soit un minimum entretenu, il n’allait pas prier Dieu, faut pas déconner. Alors que le sol sous leurs pieds était encore recouvert d’herbes, il se sentit obligé de demander :

« Et sinon, votre crétin de chien il fait ça souvent ? Vous ne pouvez pas en acheter un moins con ? »

Oui, le gentil Maxwell poli avait disparu. C’était marrant mais, cette disparition avait toujours lieu une vingtaine de minutes après le début d’une discussion. Peut-être était son temps maximal de patience. Quoi qu’il en soit, si c’était un être humain qui était à l’origine de la situation ridicule dans laquelle il se trouvait, il allait le jeter d’une falaise. A minima.


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« Euh … C’est de l’autre côté »
La collaboration entre Maxwell et moi démarrait bien. Je m’arrêtai net, me pinçai les lèvres et tentai de garder une contenance. Me tournant à 180 degrés, je lançai un petit sourire. Moi qui voulais ne pas avoir l’air ridicule…c’était foutu. Mais j’étais déterminée à retrouver Woody. A ne pas juste gentiment attendre que le médecin me le ramène. C’était mon chien. Ma responsabilité. Mon ami.

« De toute façon si je vous amène à un banc vous aller quand même vouloir me suivre hein ? »
Je haussai les épaules, presque malgré moi. Non, pas forcément. Après tout, je n’étais pas du genre à aller au conflit avec les gens. Surtout avec les gens qui acceptaient de m’aider. Et je n’avais pas envie de détériorer mes relations avec Maxwell qui, jusqu’ici, étaient plutôt bonnes. Il s’occupait de ma mère. C’était important qu’il le fasse bien, et que rien ne vienne entraver cela. Mais ça, Maxwell l’ignorait. Alors par un coup de bluff chanceux, ce haussement d’épaules pouvait dire oui. Oui, même si vous m’emmenez à l’autre bout de la ville, je vous suivrai. Je retrouverai mon chien avec vous, parce que c’était comme ça. Et visiblement, ça fonctionnait. Maxwell se mit en route, dans la bonne direction, et moi sur ses talons. Je marchais avec une grande précaution, comme on me l’avait appris au début de ma cécité. Sentir le sol sous mes pieds. En identifier le relief, la forme. Faire attention à ma marche pour ne pas être surprise et tomber. Ma canne blanche devant moi était censée me prévenir des branches, racines, arbres, ou autres obstacles massifs éventuels.

« Et sinon, votre crétin de chien il fait ça souvent ? Vous ne pouvez pas en acheter un moins con ? »
Je faillis tomber, et le sol était pourtant relativement plat et recouvert d’herbe. C’était la question de Maxwell, et son ton absolument peu concernés, qui m’avaient choquée.
« Je vous demande pardon ? », dis-je avec une voix un peu plus forte que je ne l’aurais voulu, choquée. On parlait de Woody, là. Pas juste un chien. Pas un objet qu’on remplace dès les premiers signe de vieillesse ou parce qu’il a été défectueux une fois.
« Woody n’est pas crétin », enchainai-je. « Il a eu peur, c’est une réaction normale. C’est un papy, techniquement. Il est effrayé plus facilement qu’avant. »
Je faisais un peu la gueule, soyons honnêtes. J’avais une folle envie de dire ma façon de penser à Maxwell et de le renvoyer à son jogging. Je pouvais très bien me débrouiller toute seule, pas vrai ? …..Pas vrai ?
« Déjà, je ne l’ai pas acheté. C’est un chien guide d’aveugle, je l’ai eu par une association. Les chiens guide sont très intelligents, et empathiques. Ils apprennent à être les yeux de leur maître, et à le guider. Woody sait reconnaitre les formes, les gens, il comprend mes émotions et peut réagir en conséquence. Il est plus intelligent que beaucoup d’humains, d’ailleurs. »
Genre, toi. Non, je ne le dis pas. Je le pensai juste très fort. Ma colère était complètement irrationnelle, et j’en étais consciente. Mais Woody était l’ami le plus fidèle que j’aie jamais eu, il m’avait aidé à surmonter mon handicap, à ne pas me laisser abattre. Il m’avait toujours sortie de situations difficiles. Et on n’insultait pas mon chien.
« C’est facile de juger un chien sur une réaction. Mais non, il ne fait pas ça souvent. Et non, je n’en achèterai pas un autre. Le jour où Woody ne pourra plus assurer ses fonctions, nous serons malheureux tous les deux. C’est une relation que vous ne pouvez pas comprendre. Vous êtes voyant. »
Oui, je venais de sortir la carte « pauvre handicapée, tu peux pas comprendre ». Une carte que je sortais très rarement, parce qu’elle me semblait un peu facile. Mais de façon un peu mesquine, j’étais fière de la sortir maintenant. Le silence retomba, quelques secondes. Je me concentrai sur ma marche pour ne pas m’énerver encore plus. Il se prenait pour qui, le Maxwell ?

« Vous vous comportez comme ça avec vos relations ? Quand un de vos amis fait une erreur, vous le remplacez ? Vous ne devez pas en avoir beaucoup, des amis, avec cette attitude. »
Je me pinçai les lèvres à nouveau, puis soupirai.
« Pardon. C’était stupide. Je suis sûre que vous avez des amis et que vous êtes un ami formidable. »
C’était une façon un peu maladroite de rattraper les choses, mais c’était la seule que j’avais trouvée. Maxwell m’avait toujours paru être quelqu’un de charmant. Pas très causeur, pour sûr. Mais aimable et à l’écoute. J’avais l’impression que l’attitude de Woody avait réveillé une facette plus dure de lui. D’un autre côté, je pouvais le comprendre, il faisait son jogging et voilà qu’il se faisait quasiment attaquer par un chien. Chien qu’il devait retrouver en compagnie d’une aveugle têtue et pas très douée. Il y avait de quoi râler, je suppose.


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