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Oracle
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 I've had a nightmare [Basil & Emily]

I’ve had a nightmare × ft. Basil & Emily
Même sans le voir, le cimetière était lugubre. Woody me guidait entre les tombes, sûr de lui. L’air était empli de tristesse et de mort. Et c’était trop silencieux. Le cimetière était un concept qui me dépassait. Regrouper tous les morts dans un lieu, regrouper tous ces gens qui pleurent leurs disparus. Mon père était enterré là. Je n’étais pas venue sur sa tombe depuis l’enterrement ; à quoi bon ? Ce n’est pas comme s’il me manquait plus que ça. Je n’avais pas grand-chose à pleurer. Ma mère venait souvent, par contre. Elle revenait chaque fois effondrée, ce qui n’aidait pas sa maladie. Le cœur et le corps.
Je priai pour que le fossoyeur soit bien là où l’on m’avait dit qu’il serait. Parce que je ne pourrais jamais le trouver dans le cimetière, et je ne tenais pas à demander à chaque personne qu’on croisait s’ils étaient fossoyeur. Heureusement, il semblait être là, parce que j’entendais du bruit.

« Bonjour ? S’il vous plait ? », tenté-je en haussant un peu la voix, en espérant qu’il m’entende. Woody était moins timide que moi, heureusement, et il aboya un bon coup. Pas moyen que la personne ne l’ait pas entendu. J’entendis des bruits de pas, puis une présence. Le fossoyeur, a priori. Basil Egerton. J’avais demandé son nom à la mairie. Ma collègue m’avait ensuite dit « un mec pas net, si tu veux mon avis ». Je l’avais eu, dans tous les cas. Ma mère m’avait parlé de Basil Egerton. Les Egerton était l’une des grandes familles de Bray, tout le monde ou presque connaissait les Egerton. Intouchables à l’école. La source d’un bon nombre de ragots. Surtout depuis que l’une des filles avait disparu. Ma mère m’avait raconté la disparition de Charlotte, les jumeaux devenus orphelins de mère. « Pauvres d’eux », m’avait-elle dit, et je m’étais retenue de lui faire remarquer qu’elle n’avait pas vraiment été une mère, ce qui revenait presque au même. Mais non, ça ne revenait pas au même et j’en étais consciente.

L’histoire de Charlotte Egerton était terrible. Et je crois que je l’avais vue.
Je n’avais pas fait le rapprochement, il y a des années, quand j’avais eu cette vision. Une jeune femme enfermée dans un endroit sombre, qui implorait, qui semblait blessée et terrorisée. Je n’avais jamais vu cette jeune femme de ma vie, et j’avais préféré oublier cette vision. Elle était trop dure. J’avais maudit mon don, et avais continué ma vie. Mais Bray ne laissait jamais les choses tranquilles trop longtemps. Alors quand les jumeaux Egerton étaient venus à la mairie, pour un papier quelconque, j’avais appris qu’ils étaient les enfants de Charlotte Egerton, qui avait disparu. Et j’avais fait le rapprochement avec une autre vision. Une vision encore plus ancienne. J’ignorais pourquoi, mais le destin de Charlotte Egerton m’était conté. Les enfants étaient ceux du patriarche O’Murchù. Et c’était Charlotte qui était torturée dans ma vision, j’en avais eu confirmation en fouillant un peu sur internet. Enfin, je n’avais pas de preuve tangible, mais suffisamment pour être convaincue.

Suffisamment pour prendre mon courage à deux mains et aller voir Basil.
« Vous êtes Basil Egerton ? Je m’appelle Emily Dunham et je… »
Comment tourner ça pour sonner convaincante mais pas folle ? C’était compliqué. J’avais tellement rarement usé de ces visions, je n’en avais quasiment jamais parlé aux gens. La plupart du temps je gardais tout ça pour moi.
« Je crois que j’ai des informations sur votre sœur Charlotte. Je crois qu’elle est toujours en vie… »

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Féestaff
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 I've had a nightmare [Basil & Emily]

i've had a nightmare
feat Emily Dunham
La vie est parfois une drôle de chose. Joueuse, imprévisible, et pleine de punitions. Tout à l’inverse de cette mort que tu chéris tant, de cette froideur, de cette immobilité, cette éternité glaciale dont tu t’entoures. Des visages qui ne vieillissent plus mais qui pourrissent, des corps condamnés à subir. Être, sans agir, sans choisir, sans penser. Ne plus être que le support d’une mémoire que seuls les vivants sont en mesure d’entretenir. Il n’y a pas de surprise après la mort, tu n’es pas habitué aux surprises, et peut-être est-ce la raison pour laquelle elles t’excitent autant. A quel point cela te bouleverse d’être confronté à l’inattendu : le paramètre inconnu que ne reconnait pas ton esprit scientifique.
Plusieurs fois, on t’a dit que les cimetières n’étaient pas des lieux propices aux rencontres. Les hommes en deuil semblent préférer y parler aux morts qu’aux vivants. Cela arrive que l’on vienne directement te voir - mais rarement pour autre chose qu’un renseignement. A quelle heure ferme le cimetière, fleurissez-vous les tombes, les lavez-vous vous-même. Vous souvenez-vous où a été enterré mon petit-fils ? La plupart du temps, tu n’existais même pas, et même à tes sourires ou tes salutations, on ne répondait que par un silence. Tu avais appris que la proximité ne signifiait pas que l’on voulait de ton attention, et tu faisais ta vie dans ce cimetière comme si les vivants n’y étaient que des fantômes. A observer pour faire passer le temps - celui-là même qui n’existait plus pour les morts.

Aujourd’hui était différent. Aujourd’hui, une femme était venue vers toi dans un aboiement, et il t’a d’ailleurs semblé qu’elle n’était venue au cimetière que pour te voir. Ta mémoire n’était pas mauvaise, pourtant son visage ne te disait rien, alors tu n’en avais pas attendu beaucoup plus. Elle connait ton nom, tu ne lui prêtes pas de mérite : il est écrit sur la plaque, juste à l’extérieur. Tu t’y arrêtes un peu plus, en constatant qu’elle est aveugle. « C'est moi. Je peux vous renseigner ? » as-tu demandé poliment en cessant ce que tu étais en train de faire - à savoir, entretenir l’allée après une succession d’averses irlandaises. Emily Dunham, le nom ne te dit rien de prime abord. Dunham, Dunham… Cela te revient, peut-être était-elle de la famille de cet homme, mort il y a un moment dans un accident de voiture. Si les vivants t’échappent à Bray, on ne peut pas en dire autant des autres. Pourtant non, c’est sans le moindre rapport, et tu le comprends bien vite lorsqu’elle mentionne Charlotte.
Tu en es resté muet, statique. Tu l’as regardée d’un oeil neuf, et cette fois, sa cécité ne t’a pas échappé : tu as la déduction facile, et sans vouloir t’avancer, tu penses faire face à une oracle. Ton visage se ferme un peu, tu ne sais trop que penser, et cela te prend bien un quart de minute. Charlotte, en vie ? Après tout ce temps, tu en aurais douté, mais tu savais cela possible. Charlotte. Ce nom n’avait pas été prononcé devant toi depuis un long moment, mais tu ne l’avais pas oublié. « Je veux que vous veniez à l’écart, vous pourrez vous asseoir si vous voulez. » Tu as pris son bras, tes gestes étaient déjà un peu plus délicats que tes mots, qui trahissaient à quel point cette situation t'était déstabilisante. Tu allais devoir la croire sur parole… Tu n’étais pas certain d’en être capable. « Cela fait plus de deux ans qu’elle a disparu. Si vous dites vrai, si elle est en vie - vous savez ce que cela signifie. Je ne peux pas me fier à des suppositions, je dois savoir tout ce que vous savez : s’il vous plait, dites-moi précisément ce que vous avez vu. » Tu avais pressé tes paumes contre ses épaules pour la mettre en confiance, à présent que tu te savais à l’abri des curieux. Tu aurais aimé plonger ton regard dans ses yeux, t’assurer qu’il ne s’agissait pas de mensonges. Espérons plutôt que tu ne te sois pas trompé - car une aveugle sans visions t'aurait peut-être giflé après une demande pareille.
☾ anesidora

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 I've had a nightmare [Basil & Emily]

« Je veux que vous veniez à l’écart, vous pourrez vous asseoir si vous voulez. »
La pression de la main de Basil sur mon bras me fait sursauter, sur le coup, mais je le suis. Parce que je sens que ce que j’ai dit lui a fait de l’effet. Il me presse par ses mots mais pas par son geste. Il a l’air aussi paumé que moi par la façon dont cette conversation a démarré. Je m’assois donc là où il me l’indique, et attend. Un peu fébrile. Ne sachant pas trop quoi dire ensuite.

J’apprends donc que Charlotte a disparu depuis plus de deux ans. Au moment où j’ai eu ma vision, à quelques mois près. Ca me fait froid dans le dos. Aurais-je vu la pauvre Charlotte se faire torturer alors qu’elle-même ignorait tout de son sort ? Suis-je l’annonciatrice du mal ? Je n’ai jamais compris mes visions, mais parfois, comme celle-ci, elles me font peur. Elles me font me demander ce que je suis, quel est le but de tout ça. Et je sais ce que ça signifie, si ma vision est exacte. Vivante, seule, torturée depuis deux ans. J’avais peur tout d’un coup d’avoir donné de faux espoirs à Basil. Charlotte pouvait être morte, depuis le temps. Mais quelque part, au fond de moi, je sais. Je sais que ma vision ne s’est pas encore produite, ou récemment. Parce que la femme dans ma vision semblait plus vieille que celle sur les photos.

« Je ne peux pas me fier à des suppositions, je dois savoir tout ce que vous savez : s’il vous plait, dites-moi précisément ce que vous avez vu. »
Je me fige une seconde. Pas sûre de comprendre ce qu’il veut dire, ou justement trop sûre de le comprendre. J'hésite à jouer les ingénues, à nier, voire m’offusquer du mauvais jeu de mot. Mais à quoi bon ? Basil semble savoir que voir, dans mon cas, n’est pas à prendre au sens littéraire. C’est la première fois que quelqu’un aborde frontalement mes capacités. Et même si je meurs d’envie de savoir comment Basil est au courant, je me retiens. Parce qu’on ne parle pas de moi, aujourd’hui. Parce qu’il y a plus important. Alors j’inspire longuement, et j’essaie de transmettre tant bien que mal ces choses qui m’arrivent comme une vague fracassante.
« J’ai vu….écoutez, je suis désolée, ce que je vais dire va probablement être dur à entendre. » Mais je ne pouvais pas le lui cacher. Je ne pouvais pas édulcorer la vérité, parce que c’est ce dont il a besoin. « J’ai vu Charlotte dans un endroit sombre, je ne saurais pas dire où. Elle était en vie mais…terriblement affaiblie, et blessée. Elle semblait terrifiée et elle implorait quelqu’un. Je n’ai pas vu son agresseur, je pense que c’est un homme, avec les cheveux courts et sombres, mais je….je suis désolée, je n’ai pas plus d’informations. »
Je soupire. Je me sens terriblement inutile, tous ces manques dans ma vision, tout ce vide, toutes ces questions sans réponse.
« Mais Charlotte semblait plus âgée que sur les photos de la disparition, et elle était en vie. Meurtrie, mais en vie. J’ai fait des recherches, mais j’étais aux Etats-Unis et je n’ai rien trouvé. Ce n’est qu’en revenant à Bray que j’ai…su. J’aimerais pouvoir vous donner toutes les réponses mais je… »

J’essaie de me concentrer, de retirer le plus d’informations possibles. Mais cette vision a des années déjà et ne m’est jamais rapparue. Au flou original de la vision s’ajoute le défaut de mémoire, d’autant plus fort que j’ai pendant longtemps tout fait pour enfouir cette scène.
« Il n’y avait pas d’éclairage naturel. Seulement quelques grosses lampes un peu industrielles. Et un bruit de canalisation, pas loin. Et une odeur âcre, de renfermé, de vieux… »
Je secoue la tête. C’est une de mes visions les plus puissantes. Comme si j’y étais, pour de vrai. Témoin impuissante d’une scène horrible. Ma malédiction perpétuelle.
« Je sais que ce n’est pas beaucoup, monsieur Egerton, mais je voulais vous en parler. On m’a dit que vous étiez revenu à Bray pour votre sœur, et je…je pensais que c’était important que vous sachiez. Je suis désolée. »
Mes épaules s’affaissèrent un peu. J’étais toujours aussi impuissante que le jour de ma vision. J’ignore si le fait de parler de Charlotte a fait plus de bien à Basil ou à moi. Peut-être que c’était une action purement égoïste, au fond, un poids qu’il fallait que je partage avec quelqu’un, pour me délester un peu.
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Féestaff
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feat Emily Dunham
Devant ton étrange affirmation, elle se fige, et tu crains un instant d’avoir heurté sa sensibilité. Et si elle se taisait ? Si elle devenait méfiante, si elle commençait à s’interroger sur toi, sur ce qu’elle te laissait savoir d’elle qu’elle aurait préféré cacher au monde ? Tu n’étais pas censé savoir ça. Personne n’était censé le savoir. Seulement voilà, tu faisais souvent peu cas de cacher ta nature ou tes connaissances, et c’était loin d’être ta priorité à cet instant. Pourtant, devant la perspective qu’elle décide finalement de garder le silence, tu te ravises, tu comprends ton erreur, tu regrettes presque de ne pas y être allée avec davantage de pincettes. Alors tu décides d’essayer d’être plus doux, de la ménager. Pas une seconde tu ne penses à ce qu’elle a pu ressentir en assistant à ces choses-là. Tu n’as pas de compassion, tu ne penses qu’à ton intérêt, et ton intérêt veut qu’elle ait confiance en toi et parle. Même si tu dois changer de masque, jouer un rôle, faire semblant d’être ignare et de la croire au mot. Tu avais rompu le contact, peut-être que cela risquait de bloquer la voix dans sa gorge - ou au contraire, peut-être cette pression l’aurait-elle poussé à mieux parler et tout te dire. L’esprit humain pour toi était et resterait toujours une énigme.

Mais elle parle finalement, ce qui te soulage assez, il faut le dire. Malgré toi, tu ne peux t’empêcher de ressentir une sorte de tension. Moins l’inquiétude que l’envie intense de connaître les détails - deux ans ! L’ignorance te pesait depuis trop longtemps. Elle s’excuse pour ce que tu vas entendre, tu t’empresses de répondre. « Ne m’épargnez pas », et tu voulais cela rassurant, tu étais sans doute loin du compte. Mais l’exactitude avait plus de valeur que la bienveillance, et tu n’avais pas réellement besoin d’un bouclier pour assurer le truc étrange qui te battait dans le torse. Tu l’écoutes, tu ne dis rien, tu ne marques d’ailleurs pas beaucoup d’émotions, et moins encore de surprise. Au lieu de cela, tu enregistres, puisque le moindre détail pourrait s’avérer utile. Et ce que tu redoutes, c’est de ne pas sortir plus avancé de cet échange. Une crainte qui se renforce de minute en minute. Un endroit sombre, cela ne t’aidait pas beaucoup à la localiser. Mais tu avais au moins désormais l’absolue certitude qu’elle n’avait pas fugué sa famille ingrate et son pitoyable mari. On l’avait bel et bien enlevée, et on ne l’avait pas tuée dans la minute. Difficile de savoir si elle était encore en vie aujourd’hui même, mais si son ravisseur avait un intérêt à la garder consciente et à lui infliger les pires sévices, tu avais encore tes chances de la trouver vivante. Ce qui, au passage, ne t’importait pas beaucoup plus que de la trouver tout court, mais au moins, si elle n’était pas morte, cela t’évitait d’avoir à déterrer des membres éparpillés un peu partout dans la région. Un corps vivant avait cet avantage non négligeable d’être entier.

Sitôt qu’elle semble n’avoir plus rien à t’apprendre, tu la presses d’en dire davantage, tu demandes : « Sa voix, vous avez entendu sa voix ? Au ravisseur. Si vous l’entendiez, vous pourriez le reconnaître ? Vous n’avez pas entendu son nom ? » Tu étais si impatient de poser la question et d’en connaître la réponse que tu en avais oublié de faire semblant. Semblant d’être attristé, choqué, ou juste impacté par ce que tu venais d’entendre. Semblant d’être bienveillant et aimable, mais tu t’es dépêché de rattraper le tir, tout juste après t’en être rendu compte. Tu as inspiré, soupiré, posé ta voix, tu l’as faite trembler un peu, elle qui semblait si autoritaire la seconde précédente. « Excusez-moi, je… Deux ans, ça semble irréel, je ne sais pas si je dois mourir d’inquiétude et de souffrance, ou si je dois me nourrir de l’espoir de la retrouver vivante. » Bon sang que c’était faux, tu aurais éclaté de rire devant ta propre performance - quelle hypocrisie, mais c’était presque artistique, cette faculté à sembler sincère en débitant un pur mensonge. « Vous avez eu raison de venir me parler. » Le tremblement avait cessé, tu imitais encore l’émotion, mais elle s’évanouit à la phrase suivante. Toutes ces informations te faisaient réfléchir beaucoup, et tu pensais moins à ton image ou à ton comportement. « En vérité, je soupçonnais bien quelque chose comme cela. Et j’ai ma petite idée du coupable, mais je n’ai pas la moindre certitude, et ça me rend fou. » L’agacement venait poindre à présent, un début de colère au fond de la voix, mais c’était bien de la colère, non pas de la haine et pas plus de mépris. Puis une autre question, sans teinte, comme exprimée sitôt qu’elle te soit survenue dans ton chemin de réflexion. « Emily, quand avez-vous vu tout ça ? » Presque absente, cette voix, et son nom y était apparu presque trop naturellement. Au cas où elle ne se serait pas déjà sentie trop impliquée et trop mal à l’aise, qui sait. Au cas où tu n’étais pas déjà assez inquiétant comme ça, alors qu'à t'écouter on te soupçonnerait presque.
☾ anesidora

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I’ve had a nightmare


J’étais consciente que le peu d’informations que je donnais n’était pas suffisant. Que je laissais Basil sur sa faim. Et bon sang, j’aurais aimé lui donner plus. J’aurais aimé pouvoir lui dire, avec certitude, l’identité de la personne qui avait enlevé sa sœur. Je n’avais pas de frère ou de sœur ; mes parents n’avaient déjà pas voulu de moi, alors un deuxième enfant…Je ne pouvais donc pas comprendre ce lien qui unissait les frères et sœurs. Je ne pouvais que l’imaginer. Ce que j’avais de plus proche d’une famille, c’était Zach et Kyle, mais je ne les avais jamais considérés comme des frères. Ils étaient quelque part dans un endroit indéfinissable, entre l’affection d’une grande sœur, les caprices d’une amie, les secrets d’une inconnue. Et pourtant, je savais que s’ils disparaissaient du jour au lendemain, j’aurais le cœur brisé. Ca me rendrait folle. Alors je ne pouvais qu’effleurer du doigt la douleur que devait ressentir Basil. Et ça me rendait triste et coupable de ne pouvoir lui apporter un peu de réconfort. Juste de mauvaises nouvelles et un peu plus de mystère.

Il me posa d’autres questions. Des questions auxquelles je n’étais pas sûre de pouvoir répondre. Sa voix…je crois que je l’avais entendue, mais c’était il y a si longtemps. Je ne pouvais pas dire que je serais capable de la reconnaitre. Je ne pouvais pas me permettre de donner de faux espoirs à cet homme. Lui qui semblait d’un coup s’être tendu, s’être mis en mouvement. J’eus peur, l’espace d’un instant, d’avoir réveillé quelque chose qui était censé rester en sommeil. Je n’aurais pas du venir. Je faillis me lever et partir en m’excusant, mais ce fut Basil qui s’excusa. Et je comprenais son trouble. Je lui exposais une vision datant d’il y a deux ans. Je lui donnais peut-être des informations du passé, même si j’étais persuadée qu’elles étaient encore futures.

« Vous avez eu raison de venir me parler. »
Je souris. Soulagée. C’était ce que j’avais besoin d’entendre. Je sentis mes muscles se relâcher. J’avais eu raison d’écouter mon instinct et de venir lui parler. Et j’appris que finalement, cette vision ne surprenait pas Basil plus que cela. Qu’il soupçonnait cet enlèvement. J’arquai un sourcil malgré moi. Le kidnapping et la torture pendant des années, ça n’était pas surprenant ? J’avais bien compris, entre mes visions et les ragots, que les Egerton avaient une histoire particulière. Qu’ils étaient de ces familles au passé trouble, au présent incertain et aux secrets enfouis profondément. Mais l’entendre de la bouche même de mon interlocuteur restait surprenant. Il soupçonnait même quelqu’un du crime.

« Emily, quand avez-vous vu tout ça ? »
Ah, on s’appelait par nos prénoms, maintenant ? Je ne me formalisai pas de ce changement, après tout, nous étions en train de partager souvenirs douloureux et kidnapping familial, c’était suffisamment intime pour lâcher les politesses je suppose.
« Il y a deux ans…c’était….en avril, je crois. Au début du printemps. J’étais à Detroit, à l’époque. Je suis rentrée du travail, tard, fatiguée. Et quand j’ai allumé la lumière j’ai eu cette vision. »
Je me pinçai les lèvres. J’avais tenté de trouver la jeune femme. Epluché les rapports de disparues. Aucune ne correspondait à la description. J’avais cru que la jeune femme de ma vision se ferait kidnapper dans le futur, mais sans nom, sans rien….j’étais impuissante. Alors j’avais enfoui cette vision horrible au fond de ma mémoire, espérant ne jamais plus avoir à y penser.
« J’ai entendu la voix de l’homme. Mais je ne sais pas si je pourrais la reconnaitre aujourd’hui. Je n’avais aucune idée de qui était cette femme avant que son mari ne vienne avec notre neveu et votre nièce. Mais si vous….si vous pensez connaitre le coupable, vous pourriez en parler à la police ? Ils pourraient trouver des preuves ? Je…peux peut-être vous aider ? Si vous me donniez son nom, je pourrais essayer…je ne sais pas… »
J’avais désespérément envie d’aider. Pour une fois, que mes visions, ces visions horribles dont je ne voulais pas, servent à sauver quelqu’un. Pour une fois, que je ne sois pas une simple observatrice impuissante. Mes visions n’avaient jamais sauvé personne. Ni Kyle quand il était parti. Ni Dagda quand il avait tué son meilleur ami. Ni mon père. Personne. Alors si je pouvais sauver Charlotte Egerton…il fallait que je sauve Charlotte Egerton.

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Tu n’étais pas très bon, c’est le moins que l’on puisse dire. Quelque part, cette difficulté à jouer ton rôle de façon continue était la preuve que cette histoire te touchait particulièrement – si tu étais tout à fait capable d’être convaincant, il y avait des imperfections, des moments d’oubli où l’émotion fanait, et il n’y avait plus que le pragmatisme intéressé de l’homme qui utilise moins son cœur que son cerveau. Tu avais des émotions bien sûr, mais ce n’était pas les bonnes, plutôt de l’excitation, de l’empressement, de la curiosité, et quelques choses innommables mais qui n’avaient rien à voir avec l’angoisse ou la crise de larmes. Une chance qu’elle ne s’en formalise pas tant, elle se laisse rassurer mais que pouvait-elle faire d’autre, elle venait innocemment t’annoncer d’horribles choses alors ce n’était sans doute pas à elle de juger tes réactions. Elle te sourit même, ce qui a plutôt tendance à t’encourager à la relâche, tu te dis désormais qu’elle te dira tout ce qu’elle sait quel qu’en soit le prix et indifféremment à ta façon de te comporter, simplement parce qu’elle se sera donnée cette mission et qu’il était bien trop tard pour faire machine arrière.
Tu l’interroges, bien sûr tu veux en savoir davantage. Tu aimerais en connaître tous les détails, et cela te frustre intensément de savoir qu’en dépit de tous vos efforts à tous deux, ce ne sera jamais vraiment possible. Il n’y avait que deux personnes dont tu pouvais espérer un récit complet, et c’était de Charlotte si tant est qu’elle vive, et de son ravisseur si tant est que tu trouves enfin qui il était. L’espoir s’amenuise de plus en plus, quand Emily t’annonce que sa vision a déjà deux ans d’ancienneté. Statistiquement, la probabilité que ta sœur soit encore en vie restait terriblement mince. « Deux ans ? Vous me dites, en fait, que si je l’avais su à temps, j’aurais pu même l’empêcher de se faire enlever ? » On aurait pu y lire du reproche, d’ailleurs il aurait été difficile de t’en vouloir pour ça – perdre un proche était déjà bien assez difficile, mais savoir que l’on aurait pu l’éviter si une tierce personne avait ouvert la bouche était d’autant plus cruel. Pourtant non, il n’y avait pas tant d’agressivité dans ta voix. Elle était au bout du monde et ne savait rien de ta famille, comment aurait-elle pu faire plus ? Tu ne lui en voulais pas. D’ailleurs, si cela pouvait donner une bonne leçon à Charlotte, c’était tant mieux qu’elle se soit faite prendre. Ce n’était pas bénin qu’elle soit le mouton noir des Egerton, et elle ne manquait en fait pas à grand monde.

Emily confirme également avoir entendu la voix du ravisseur. C’était assez logique d’ailleurs, c’était vraisemblablement de lui qu’elle tenait le nom de Charlotte d’après toi, et grâce à cette information qu’elle avait pu te trouver ensuite. Quelle déception pourtant d’apprendre que cela ne vous serait d’aucun intérêt. Deux ans, et une seule itération, c’était même bouleversant qu’elle ait été capable d’assez de concentration pour obtenir assez d’information pour remonter jusqu’à toi. Tu sembles déplu d’entendre parler de ton beau-frère au passage, mais était-ce vraiment le moment pour ces bêtises ? Au lieu de s’y attarder, la jeune femme semble plutôt vouloir te proposer son aide, et s’intéresse à ta piste. Tu peux lui faire confiance tu crois ? Mais depuis quand te soucies-tu de faire confiance aux gens pour parler en mal des Ò Murchù ? « La police est une bande de guignols, l’affaire est désormais trop ancienne pour qu’ils nous servent à quelque chose. Ma mère les a mis sur cette piste dès qu’elle a appris la disparition de Charlotte, ils n’ont rien trouvé et ont cessé les recherches en quelques semaines faute de nouvelles pistes. » Ton amour pour la Loi et tout ce qui l’entoure a encore frappé visiblement. Tu n’avais pas beaucoup de respect pour eux, et tu avais toutes les raisons de ne pas en avoir puisqu’ils n’avaient jamais été foutu de t’attraper. « Ceci dit, puisqu’ils n’ont jamais trouvé le corps, il y avait encore de bonnes chances pour qu’elle soit en vie. Ecoutez : ce n’est pas si facile, je soupçonne deux hommes et le premier est probablement l’homme capable de la plus grande pression sociale et la plus importante puissance financière de cette ville. Le second est son fils, ce qui n’est pas beaucoup mieux. Gidéon Ò Murchù, j’imagine que le nom vous dit quelque chose ? Ma mère a eu quelques différends avec lui par le passé, voilà pourquoi je supposais qu’ils l’aient gardée en vie un moment – j’ai dans l’idée qu’ils nous auraient laissé trouver le corps s’ils l’avaient tuée, du moins je l’espère. Charlotte n’a jamais été une menace à faire taire, c’est plus une vengeance personnelle. » Ce n’était bien sûr que des suppositions. Si vous aviez eu de bonnes chances de la trouver en vie les premiers mois, ce n’était plus du tout une certitude, et plus le temps passait, moins tu étais capable de quoi que ce soit et laissait l’affaire aboutir d’elle-même, par une mort probable. « D’autre part, vous le savez peut-être puisque vous êtes une oracle, et je suis désolé de vous l’apprendre si vous l’ignoriez, mais ce n’est pas la normalité qui règne dans les environs. Envoyez un policier visiter un charnier avec un Ò Murchù pour acolyte, je peux vous assurer qu’il en sortira sans avoir vu le moindre cadavre. C’est pourquoi les autorités ne me seront d’aucun secours, et c’est pourquoi je tiens à m’en charger moi-même. Mais je n’ai rien d’autre, ni même l’assurance qu’ils sont bien responsables dans cette affaire. » Tu t’étais mis dans la tête que les Ò Murchù étaient coupables – en fait, c’était plutôt ta mère qui t’en avait convaincu à force de te le répéter en boucle, mais tu n’avais aucune preuve tangible, et les forces de l’ordre les avaient même innocentés, quelque part, en ne trouvant rien de suspect. Mais une vision – une vision accusant les Ò Murchù, ce pouvait être une preuve suffisante pour toi, si seulement elle pouvait en être sûre. Tu as saisi ses mains, tu avais entièrement mis de côté les émotions d’ailleurs, il n’y avait plus eu que la raison dans ton comportement. Et même à présent, tu te souciais mieux d’être sympathique et souriant que de pleurer ta sœur. « J'aurai besoin de votre aide. Je n’avais plus eu la moins piste depuis trop longtemps, mais peut-être connaîtrons-nous bientôt le fin mot de l’histoire. S’il vous vient le moindre détail, vous devez tout me dire. » Sait-on jamais, peut-être qu’à présent qu’elle savait qui était le présumé coupable, il lui viendrait des souvenirs qui te seraient d’un autre secours.
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I've had a nightmare



« Deux ans ? Vous me dites, en fait, que si je l’avais su à temps, j’aurais pu même l’empêcher de se faire enlever ? »
Je déglutis péniblement. Oui, peut-être. Je n’en savais rien, en fait. Mes visions n’avaient jamais pu empêcher quoi que ce soit. Elles me prévenaient que ça allait arriver, c’est tout. Mais jamais je n’avais pu empêcher l’avenir de se produire. Malgré tous mes meilleurs efforts, d’ailleurs. J’étais une bien piètre medium, en fait. Mais je ne pouvais pas dire cela à Basil. Je ne pouvais pas me contenter de lui dire ça. J’avais déjà assez honte moi-même. Honte de n’avoir pas trouvé qui était la jeune femme de ma vision, honte de n’avoir pas plus cherché, honte de n’avoir pas vu plus, honte de n’avoir pas su aider. J’étais peut-être la seule qui aurait pu aider Charlotte, mais j’étais incapable de le faire. Elle avait misé sur le mauvais cheval.

Basil ne sembla cependant pas m’en tenir rigueur plus que ça, il passa à la suite. De toute évidence, sa relation à la police de Bray n’était pas au beau fixe. Je n’avais jamais eu affaire à eux, enfin, pas depuis que j’étais revenue. Mais de toute évidence, ils n’avaient pas su retrouver Charlotte ni le moindre suspect. Etait-ce franchement de l’incompétence ? Les disparitions étaient des cas difficiles, toujours. Et si le coupable avait réussi à garder la jeune femme pendant des mois, voire des années, cachée, c’est qu’il était doué. Pourtant, je pouvais comprendre le ressentiment qu’exprimait Basil. Sa sœur s’était fait kidnapper, et les autorités sensées être compétentes étaient revenues les mains vides. Et puis elles avaient abandonné. Je n’ose pas imaginer le sentiment que l’on doit avoir lorsque la police vous annonce qu’elle arrête de chercher. C’est un véritable aveu d’échec, de défaite, et l’annonce que la police pense qu’il n’y a plus rien à faire pour sauver une personne. Et moi qui venais en rajouter une couche….

« Gidéon Ò Murchù, j’imagine que le nom vous dit quelque chose ? »
Je me figeai. Oui, ça me disait quelque chose. Pas seulement parce que tout le monde ou presque connaissait les Ò Murchù à Bray. Pas seulement parce que je les avais probablement vus une ou deux fois aux soirées mondaines organisées par mes parents, pendant lesquelles j’étais gentiment assignée dans ma chambre ou au fond du jardin. Mais surtout, parce que le nom de Gideon ò Murchù était apparu dans une de mes visions. Plus ancienne encore que celle de Charlotte enchainée. Bon sang, ça remontait à si loin. Et Basil le soupçonnait, lui ou son fils. Pourtant, cela ne tenait pas debout. Et je ne comprenais pas que Basil me raconte tout ça. Sauf si….sauf s’il ignorait ce que je savais. Sauf si Charlotte n’avait jamais avoué la vérité sur ses enfants. J’étais décidément porteuse de terribles nouvelles. J’allais ouvrir la bouche quand il me la cloua sur place.

« D’autre part, vous le savez peut-être puisque vous êtes une oracle, et je suis désolé de vous l’apprendre si vous l’ignoriez, mais ce n’est pas la normalité qui règne dans les environs. »
Mon cœur se souleva dans ma poitrine. Cela faisait des années que je n’avais pas entendu ce mot. Je n’espérais pas que Basil ne se pose pas de question alors que j’arrivais en lui disant avoir vu des choses que je n’aurais pas pu matériellement voir. Mais qu’il connaisse le terme, et qu’il en parle avec autant de décontraction…il n’était pas lui-même Oracle, je le savais par le simple fait qu’il voyait. Andy m’avait expliqué que la cécité était une des conséquences de ma condition. De ma malédiction. Mais de toute évidence, Basil connaissait beaucoup de choses sur moi, sur les Oracles. Il était peut-être différent lui aussi, il avait peut-être un don, comme Zach ou Kyle. Ou il était comme Andy. Il n’en restait pas moins que j’étais un peu prise au dépourvu. Je n’avais pas pour habitude que l’on étale ma condition aussi facilement. Je passais ma vie à la cacher, à taire certaines de mes visions pour ne pas dévoiler mon secret. De peur qu’on me prenne pour une folle, qu’on m’enferme en hôpital psychiatrique, ou qu’on veuille me tuer par peur de la différence. Et là, d’un coup….j’étais démasquée. Et l’homme en face de moi ne semblait pas me vouloir du mal. J’expirai longuement. Au moins, j’étais libre de parler de ce que je voyais.

« J'aurai besoin de votre aide. Je n’avais plus eu la moins piste depuis trop longtemps, mais peut-être connaîtrons-nous bientôt le fin mot de l’histoire. S’il vous vient le moindre détail, vous devez tout me dire. »
Je hochai la tête doucement et me raclai la gorge. Bien, il n’y avait pas de bonne façon de dire les choses a priori, donc il fallait juste que je les dise.
« Eh bien…si vous ne le saviez pas déjà, j’en suis désolée…mais Gideon Ò Murchù, il… »
Je soupirai. C’était compliqué, d’avouer les secrets de quelqu’un. De bouleverser l’ordre des choses, comme ça.
Gideon est le père biologique des jumeaux. »
Je me pinçai légèrement les lèvres. Pavé lancé dans la mare, comme dirait l’autre. Et au vu des relations que semblaient avoir les Ò Murchù et les Egerton, cela ne ferait probablement pas plaisir à Basil.
« Je l’ai vu, enfin, entendu, dans une autre vision. Charlotte avait une liaison avec Gideon. Elle n’avait pas prévu de lui dire, donc il est possible qu’il l’ignore lui-même. Mais s’il est au courant, ou son fils… »
Ca lui faisait un sacré mobile. A lui comme à son fils. Un enfant né d’une affaire secrète entre les deux familles ennemies pouvait être un vrai mobile de vengeance. Même si ça semblait horrible, Basil était persuadé que les hommes seraient capables de tout. On était dans un mauvais remake de Roméo et Juliette.
« Il faut que vous compreniez, mes visions, je ne les contrôle pas. Elles arrivent, c’est tout. Et je ne vois pas ce que je veux. Je subis…et souvent je ne peux rien faire ensuite. J’aimerais vous aider plus, mais je…je n’ai pas ce pouvoir. »


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Féestaff
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 I've had a nightmare [Basil & Emily]

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Tu n’espérais pas beaucoup plus de cette rencontre. Bien qu’assez peu utile en fin de compte, elle était inespérée, presque symbolique. A toi qui avait fait passer cette affaire au second plan pour un tas de raisons, et entre autres parce que vous étiez déjà vengés, tu te sentais comme ramené à l’ordre, poussé à refaire de Charlotte une priorité. Ce n’était pas tant pour elle, tu ne l’avais jamais trop aimée, mais plutôt pour ta mère, pour tes neveux, pour tes ennemis, et ultimement pour avoir la paix. Tu n’espérais pas beaucoup plus donc, sinon de t’en tirer avec un nouveau contact que tu pourrais faire accourir à un procès en cas de besoin. C’était toutefois sans compter qu’elle reprit la parole, sur le ton de quelqu’un qui a encore des choses à t'apprendre, et plutôt déplaisantes. Elle prend des précautions comme tantôt, dont tu ne te formalises pas – si un kidnapping et un potentiel meurtre ne te touchaient pas, tu ne voyais pas ce qui pourrait te toucher. Mais tu lui accordes toute ton attention lorsqu’elle prononce le nom de Gideon, terriblement curieux d’apprendre une excentricité de plus sur ce grand bonhomme qui ne pouvait même plus te voir en peinture.
Tu aurais pu imaginer quantité d’horreurs à lui mettre sur le dos. Cette armoire à glace n’avait rien d’avenant et des traits d'assassin, pas tellement le genre qu’on aime avoir à table, et encore moins dont on veut se faire détester. Froid et désagréable, c’est ce qui te donnait l’envie de le provoquer, ça et ton absence d’instinct de survie. Mais cette horreur-là, tu n’aurais pas pu l’inventer. En fait, c’était à ce point absurde comme donnée que ton cerveau fut dans l’incapacité de la saisir du premier coup. Tu es resté silencieux, répétant mentalement cette phrase pour lui donner du sens. Gideon est le père biologique des jumeaux. Ça n’avait toujours pas de sens. Gideon. Le père. Des jumeaux. Il en avait des jumeaux, il en avait une plâtrée, c’est curieux que ça ne t’ait jamais paru suspect.

Emily a poursuivi ses explications, la pauvre n’avait sans doute pas beaucoup plus que son sixième sens pour traduire le silence de mort que tu faisais régner en réponse. Charlotte et Gideon, ces noms ne vont pas ensemble, les imaginer avoir une liaison te répugne au plus au point. « Non. » tu réponds fermement, comme si de le dire allait modifier la réalité. « Non, ce doit être une erreur. » Mais tu sais qu’elle a raison, tu sais qu’elle ne peut pas se tromper, qu’elle ne contrôle pas ses visions. Tu la coupes, ses excuses tu t’en fiches, et à dire vrai, tu ne la tiens pas vraiment pour responsable de quoi que ce soit.
Mais ça commence à venir, tu réalises petit à petit. Tu réalises pourquoi c’est à elle que les Ò Murchù s’en sont pris, tu réalises aussi pourquoi cet acte leur a semblé nécessaire, et tu ne peux pas t’empêcher de leur donner raison. Quelque chose comme ça, il fallait le faire taire – Gideon, le père biologique de deux petites fées, de deux petites fées de ton sang, le sang des Egerton. Le croisement d’une famille de dégénérés mentaux et d’une famille de meurtriers. « Oh la salope ! » tu t’es exclamé, et il y avait de la colère là-dedans, tu t’es couvert la bouche, l’air de ne pas en revenir. Tu as fait demi-tour sur quelques pas, ça te faisait réfléchir, et puis tu es revenu, essayant de remettre tes pensées en place.

Tu avais dans le ventre une colère noire et teintée de dégoût. Tu te sentais comme si les neveux dont tu avais pris soin et auxquels tu étais parvenu – toi ! – à t’attacher étaient un gigantesque mensonge, comme si on t’avait trompé, abusé. Et puis, cette colère se teintait peu à peu de bonnes nouvelles. Tu réalisais que ton beau-frère, que tu haïssais plus encore que Charlotte, n’était en conséquence pas leur père, et c’était tant mieux : tu préférais presque encore Gideon, qui lui au moins avait plus d’une raison d’être respecté et admiré. Tu réalisais aussi que ta vengeance prenait tout son sens désormais – toi qui avait donné un fils à Phoebe Ò Murchù plutôt que de la tuer, la coïncidence était presque trop drôle. Deux progénitures entre vos familles, deux progénitures abjectes, et plus de Charlotte pour empoisonner l’air, vous étiez quittes. Et puis il y avait aussi ça. Tu savais que si ta mère haïssait à ce point Gideon, c’était pour des raisons plus profondes qu’une simple querelle de famille. Et que sa propre fille ait couché et accouché de l’homme qui ne lui avait à elle adressé rien mieux que du mépris, c’était assez pour que tu te mettes soudain à rire. Un rire bref mais méchant, parce que ta mère allait souffrir et que sa colère serait superbe. Elle avait tant insisté pour que tu lui retrouves sa fille – mais si tu lui ramenais Charlotte en sachant cela, elle aurait sans doute préféré la tuer elle-même. En fin de compte, c’était peut-être mieux comme ça. « Il faut que je parle à Castiel. » Tu l’avais dit plutôt à toi-même qu’à Emily, dont l’existence, l’espace d’un instant, s’était faite tout à fait transparente. Et tu l’avais dit comme s’il ne s’agissait pas de l’homme qui pouvait détenir ta sœur, presque comme une bonne connaissance, avec une décontraction qui n’avait pas lieu d’être.

Et puis ça t’a frappé, cette absence que tu avais eu, ce moment où tu t’étais retrouvé beaucoup trop seul avec toi-même face à cette révélation. Ton regard est retombé sur cette oracle qui venait d’apporter beaucoup de sens à cette chasse à l’homme où tu t’étais perdu, elle ne se rendait sans doute pas compte à quel point. « Pardon, je n’écoutais plus. Je ne m’attendais pas à… ce genre de détail. » Tu oscillais entre les extrêmes, tu ne souriais déjà plus et tu te pris à deux mains le front de dépit. « J’ignorais… Evidemment que je l’ignorais ! Comment j’aurais pu le savoir ? Comment ont-ils pu le savoir ? Ce doit être Gideon, c’est forcément lui, merde. » Et le retour de la colère, à ce rythme tu allais avoir des comptes à rendre à ton cardiologue. « Je n'ai plus qu'à lui faire du chantage. » Une extrême mauvaise idée, qui avait des chances de t’expédier dans le même trou que Charlotte. Et pourtant, pourtant ça clochait. « Mais pourquoi n’a-t-il pas touché aux jumeaux, ça n’a pas de sens… » Voilà que tu pensais tout haut, mais pour ta défense, ça restait quand même une histoire très compliquée.
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 I've had a nightmare [Basil & Emily]


I've had a nightmare


« Oh la salope ! »
Basil n’avait pas l’air ravi de la nouvelle que je lui apprenais, et il le faisait savoir. Dans un autre contexte, sa réplique aurait pu être drôle. Ca me rappelait un vieux film français que mes parents m’avaient obligé à regarder quand j’étais ado. La vie est un long fleuve tranquille, c’était le titre du film, sur deux enfants échangés à la naissance venant de deux familles très différentes. Il y avait peut-être un message dans l’acte de mes parents, même inconscient : me faire prendre conscience que j’étais née chez les Duquesnoy, et que j’aurais pu être née chez les Groseille. Que j’avais déjà de la chance d’avoir la naissance que j’avais. Donc que je n’avais pas trop à me plaindre. Mais peut-être aussi que je cherchais une signification malsaine à tout ce qu’avaient fait mes parents pendant ma vie, alors qu’en fait ils s’étaient juste débrouillés du mieux qu’ils pouvaient avec une vie dont ils n’avaient pas voulu.

Mais le contexte était tout sauf drôle. Ou alors c’était une comédie très, très noire. Pourtant, Basil se mit à rire. Un rire que je pris pour un rire nerveux, au premier abord. Mais qui semblait plutôt être un vrai rire sincère, de celui qui se trouve face à une situation qui l’amuse. Il y avait de l’amertume dans ce rire, de la colère. J’ignorais ce que Basil traversait, mais ce devait être compliqué. Il parait que le rire est une réaction de réflexe du cerveau quand il se retrouve face à quelque chose qu’il ne saisit pas. Le cerveau de Basil devait être rempli d’informations qu’il ne pouvait pas, ou ne voulait pas procéder, en cet instant. Assez pour le faire rire. Moi, j’étais juste perdue. Parce que je sentais bien que Basil avait décroché à partir du moment où j’avais parlé des jumeaux. Il était entré dans son monde, qui m’était inaccessible. Et quand il en ressortit, il se rendit compte lui-même de mon égarement.

« Pardon, je n’écoutais plus. Je ne m’attendais pas à… ce genre de détail. »
Je haussai les épaules. Que pouvais-je dire ? Je ne lui en voulais pas. Si j’apprenais que ma soeur avait eu un enfant avec un ennemi de toujours, je crois que j’aurais à peu près la même réaction. Peut-être qu’au lieu de rire, je me mettrais à pleurer. Mais heureusement pour moi, je n’avais pas de sœur, ni d’ennemi de toujours. Ca me simplifiait nettement la vie. Mais Basil lui, semblait profondément perturbé par toute cette histoire. Et tout à coup, je découvris de lui un visage que je ne connaissais pas. Sa voix changea, comme s’il changeait lui-même. Il se mit à parler de chantage, et le mot m’arracha un haussement de sourcils assez peu discret. Du chantage ? Pour quoi faire ?

« Mais pourquoi n’a-t-il pas touché aux jumeaux, ça n’a pas de sens… »
Je crois que c’est à ce moment-là que je compris que Basil Egerton n’était pas l’homme que je pensais. Son écoute et son attention initiales s’étaient transformées en une certaine froideur calculatrice. Toucher aux jumeaux. Je sentis le frisson me parcourir l’échine, parce qu’il se posait sérieusement la question. Parce que lui l’aurait fait ? Il aurait touché aux jumeaux, si les situations avaient été inversées ? J’aurais voulu croire que non, mais la gravité dans sa voix criait que si. Bon sang, qu’est-ce que j’avais fait ? J’avais peut-être dévoilé une information qui aurait mieux fait de rester secrète. Parce que si les jumeaux étaient les enfants de Gideon et Charlotte, et si leur naissance était la raison même de ce qui était arrivé à Charlotte…si les Ò Murchù avaient réagi à la nouvelle en kidnappant et en torturant la mère, est-ce que les Egerton pourraient s’en prendre directement aux enfants ? Les « et si » fusèrent dans mon esprit à une vitesse folle. J’imaginais les Egerton s’en prendre aux enfants, s’en servir comme levier pour faire plier Gideon. Basil avait parlé de chantage. Les deux enfants étaient une monnaie d’échange parfaite, si on y pensait. Bon Dieu, c’était horrible. Je tentai de protester.
« Ce ne sont que des enfants. Ils sont innocents dans l’histoire, ils ne sont pas… Basil, ce sont ses enfants, il ne va pas s’en prendre à eux quand même. Vous ne croyez pas… »
Je n’osais même pas poser la question. Est-ce que les enfants étaient en danger ? Est-ce que je les avais mis en danger ? Qu’est-ce qui allait se passer maintenant ?
« Basil, l’important c’est de retrouver Charlotte. Pas de se venger ou de faire du chantage, ou ce genre de choses. Je… »
Je ne savais plus trop quoi dire. Si Basil décidait de s’en prendre à Gideon, par un moyen ou un autre, je serais bien incapable de l’en empêcher. J’étais définitivement impuissante face à cela. Mais je ne pouvais pas non plus le cautionner.
« Ils ont déjà perdu leur mère…s’il vous plait »
Pas pour aider une guerre de famille qui avait déjà coûté beaucoup. Si Charlotte et Gideon avaient fait des enfants, quelle importance ? L’essentiel n’était-il pas de protéger ces petites personnes ? Je me retrouvais mêlée malgré moi à une vendetta de famille. Si j’avais su, peut-être que j’aurais gardé ma vision pour moi. Pauvre Charlotte. Alors elle avait enduré tout ça simplement parce qu’elle avait mis au monde les enfants du mauvais père…je ne comprenais pas toujours ce monde. Les enfants n’étaient pas censés être une mauvaise chose. Ils n’avaient rien fait de mal, personne ne méritait d’être puni pour cela. Ma propre enfance, ma propre histoire se mit à résonner malgré moi dans tout ça.
« Je ne vous aiderai pas à faire du mal aux jumeaux. Si c’est le chemin que vous empruntez, autant que je m’en aille. »

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Elle avait respecté un silence absolu en te laissant confronter tes états d’âme. Ce n’était pas dans tes habitudes d’y faire face, tu étais un homme difficile à toucher et blesser, qui s’attachait assez peu aux choses et aux personnes. Tu acceptais la perte, la douleur, l’humiliation, tu acceptais bien trop facilement tout un tas de choses qui en expédiaient d’autres six pieds sous terre. Mais d’encaisser si bien avait des revers de médaille, quand soudain quelque chose te touchait pour de vrai, tu ne savais plus quoi en faire. Quelque part tu en étais conscient, au fond de toi, de cette instabilité potentielle, sans vouloir y penser trop. Tu savais que tu serais imprévisible, incapable de savoir à l’avance si tu allais vouloir rire ou pleurer, ou être pris de colère, de violence, si tu allais savoir te tenir ou t’emporter hors de tout contrôle. Tu aurais pu tuer. Tu aurais pu faire n’importe quoi, comme un geste désespéré pour mettre fin à cette frustration de ne pas te comprendre et de ne pas savoir comment réagir. Aussi calme et composé dans la vie quotidienne, aussi tumultueux quand investi et passionné – tu étais peut-être trop gentilhomme pour être le psychopathe des séries Z, mais tu couvais la même contradiction et la même amoralité.
De rire, d’avoir trouvé à rire dans l’absurdité, le ridicule de la nouvelle et la stupidité de ta sœur était quelque part un élément rassurant, bien qu'on eut pu le prendre de travers. Mais on ne s’y trompait pas, la colère avait pointé par à-coups dans ton discours avec toi-même, et Emily avait dû se dire que tu avais besoin de ce moment pour toi. Elle avait compris que les questions n’étaient pas tant pour elles, même si quelque part tu aurais rêvé qu’elle y réponde à ta place. Cela t’avait au moins permis d’y voir plus clair, de relâcher dans ce rire une partie de ta frustration, mais l’incompréhension demeurait insoutenable. Ce n’est que lorsque tu te mets à parler des jumeaux qu’elle semble de nouveau te revenir. Tu n’y prêtes pas attention d’abord, son visage n’est pas évident à lire, d’autant que le sentiment est complexe – mais ses mots te mettent sur la piste.

Ce ne sont que des enfants. En voilà, une phrase que tu n’as jamais comprise. Car il te semble, d’aussi loin que tu te souviennes, qu’à quatre ans tu étais déjà adulte. Bien sûr tu avais changé, mûri, aussi bien physiquement que dans la tête. Mais tu ne vois que deux stades à la vie : celui qui admet la conscience et la parole, et celui qui en est dénué. Un bébé n’était pas un être humain ; un enfant l’était aussi bien que toi, d’où cette incompréhension fondamentale. Tu es d’accord au moins pour admettre qu’ils sont innocents. Toi-même, il ne te serait pas venu à l’idée de les accuser de leur naissance : ils n’y étaient pour rien, même si tu doutais que ta mère serait aussi indulgente. En revanche, ce qui te parait le plus absurde, c’est d’envisager que Gideon n’y toucherait pas. Gideon, le père d’une famille des truites – enfin détruite, vraisemblablement par ses propres mains. « Oh si, je crois qu’il le ferait. J’ai compté qu’il le fasse, et cela fait depuis que je suis là que je m’étonne qu’il ne les ai pas approché. » Ce qui était assez vrai : tu étais venu à Bray entre autres pour les protéger. Mais peut-être Emily avait-elle raison. Peut-être que c’était ce lien de parenté, finalement, qui lui liait les mains. Mais moins par affection, d’après toi – plutôt car il aurait été plus évident de remonter jusqu’à lui et l’accuser.

Tu hoches la tête, lorsque Emily cherche à te faire renoncer à ton chantage. Elle semblait affectée par quelque chose, tu ne savais trop comment ni pourquoi, tu ignorais même si c’était de ta faute. Tu en avais fini de prendre tes précautions, tu avais d’autres priorités. Retrouver Charlotte, comme elle l’affirmait si bien. « Il n’est pas question de vengeance. Si je procède à un chantage, ce sera pour récupérer Charlotte, vous comprenez cela ? Vous comprenez qu’il ne me la rendra pas de son plein gré ? » Morte ou vive d’ailleurs, tu t’en fichais assez. Vive, elle pourrait au moins te raconter ses dernières années de vie, mais tu n’étais pas certain de ne pas la tuer immédiatement ensuite de tes propres mains. Tu ne l’aimais pas Charlotte, tu ne l’avais jamais aimée. Mais récupérer son corps, ça c’était autre chose. Tu n’aimais pas l’idée que les Ò Murchù en ait la propriété. Tu n’avais pas le sens de la famille mais tu étais attaché aux liens du sang, et s’il fallait que quelqu’un possède ses restes, il faudrait que ce soit toi, indéniablement.

Et puis elle t’avait surpris. Tu ne savais pas si c’était de la colère ou de la peur, dans sa voix, sur son visage, mais tu savais qu’elle ressentait quelque chose de fort qui était en train de s’exprimer. Elle était ferme avec toi, elle te dit : Je ne vous aiderai pas à faire du mal aux jumeaux, et tu es resté bête – « Faire du mal aux jumeaux ? » tu as répété seulement, à mi-voix et sans vraie teinte. Elle menace de partir, tu penses que tu l’as vexée, qu’il y a eu méprise. Alors tu la retiens, avant qu’elle amorce un mouvement, tu lui prends le bras, sans te soucier de ses sensibilités. « Je suis désolé, je vous ai contrariée. Il n’est pas question que je leur fasse du mal, cela fait un moment qu’ils sont sous ma protection. » Et tu as eu ce drôle de mot dans ta bouche, un mot bizarre, parce qu’il semblait creux. « Je les aime », tu lui as dit, avec la voix de l’homme qui n’est pas certain de ce que cela pouvait signifier. Comme si de les aimer allait t'empêcher de les tuer, quand au contraire, c’est tout ce qui pouvait t’y pousser.
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