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V. Shura Bäckähäst
MÉTAMORPHE
MÉTAMORPHE
MESSAGES : 3564
AGE DU PERSONNAGE : 41
RACE : métamorphe (étalon noir)
MÉTIER/ÉTUDE : Voleur, dealer, chômeur, plein de truc en "-eur"

(basil) welcome to my cage, little lover

Jeu 23 Aoû - 21:34

welcome to my cage, little lover
basil et shura

« Read between the lines, what's fucked up and every thing's all right. Check my vital signs to know I'm still alive and I walk alone »
Exécrable, premier mot qui lui traverse l’esprit. Mais, quel est le pire des deux ? Indubitablement ce scientifique fou qu’il ne cesse de le regarder comme une bête de foire. Une propriété où il ne manquerait qu’une marque au fer rouge pour attester celle-ci de l'entièreté de sa personne. A peu de chose près, cette cicatrice qui le fascine tant pouvait être considérée comme telle. Bien que démuni de sa langue, les mots fusent dans son esprit pour qualifier la haine et la rancune qui l’envahit à cet instant précis, prenant conscience de sa bêtise quant à sa décision de revenir. Pourquoi ? Pourquoi il avait fait cela ? Pourquoi ne s’était-il tout simplement pas contenté de l’ignorer ? Sa tête massive se baisse, comme résigné. Ce n’est qu’un idiot. Un grand idiot dont la sensation de se retrouver encore une fois en cage l'envahit. Cela va être quoi, cette fois-ci, sa lubie ? Son prix pour repartir ? Il peste, tournant sa tête légèrement sur le côté tel un enfant boudeur. Il n’a plus rien à perdre, alors il peut concilier à laisser approcher ses mains de son oeuvre grandit. Son oeil verdoyant bascule sur l’anglais en contrebas, l’écoute d’une oreille plus attentive. Et là, c’est l’apothéose. Il aurait mieux fait de se taire, ou alors au moins attendre qu’il reprenne une taille un peu plus … gérable.
L’étalon se rebiffe, mordant au passage les doigts du scientifique. Malgré son imposante carcasse d’équidée, l’âme de Kochtcheï donne un sourire malicieux à l’animal. Alors comme ça, il n’apprécie pas à ce que l’on lui morde les doigts. Comme c’est dommage ; car il n’en a rien à foutre. Un sauvage ? Oh, il prend ceci comme un compliment, relevant la tête d’un air fier de son méfait. Oui, si cela peut contribuer à l’agacer, alors il accepte volontairement de se faire traiter de sauvage. Un confiance éphémère qui s’était affaissée lorsque ce dernier tenta une nouvelle approche. Dégages ! Les sabots de devant se lèvent, il se cabre, en équilibre sur ses deux pattes arrières, cherchant à faire tomber le scientifique pour mieux le piétiner si nécessaire. S’il lui brise quelques côtes, il se tiendra peut-être tranquille.

La chute semblait une aubaine à ses yeux, mais la frénésie lui faisait faire marche arrière. C’est à peine s’il entendait ses menaces, ce juron sorti de nul part. Egerton se reculait -sage décision, la plus sage qu’il ait pu faire jusqu’ici à son égard- et l’étalon noir fit de même. C’est infecte, c’est étroit, c’est étouffant. Encore plus avec cette masse décuplée. Puis, plus rien. Un temps de pause, seul le souffle épuisé par cette agitation résonnait. Kochtcheï écoutait de nouveau, et soit la fatigue le rendait raisonnable, soit la claque que lui avait donné cette menace de mise en rogne l’a fait tilter, se souvenant de ce que ça avait donné la dernière fois. Le souvenir fait trembler ses pattes légèrement, mélange entre crainte et rage montante qu’il tente de canaliser. C’est vrai ça, il pourrait en profiter. Il pourrait lui faire payer cette humiliation. Il cesse donc toute agitation, fouettant simplement l’air avec sa queue en s’ébrouant. Voilà qu’il remet cela, à lui parler de l’ouvrir, comme si c’était la seule chose qui comptait à ses yeux. Et surtout comme si c’était quelque chose de banal. Un regard noir, telle une menace, il ne peut s’empêcher de ricaner cela dit en se remémorant ce spectacle plus que plaisant. Un petit bourge affolé de n’avoir aucun contrôle, c’est toujours amusant à son goût. Et rien que pour cela, il accepte sa proposition.

Tandis que Basil prend place dans son fauteuil, Kochtcheï quant à lui cherche une place. Il n’y a pas, c’est agaçant. Ses yeux roulent vers le ciel, et ses sabots claquent timidement, rythmant son surplace. Son museau se baisse, ramassant ses loques. Il remue frénétiquement la tête de bas en haut, il cherche à faire quelque chose. Vue de merde, animal de merde, sous-sol de merde ! Il y voit rien ! Il arrive à rien ! Il s’énerve tout seul en plus ! Il jette ses … bout de tissus d’agacement, soupirant bruyamment pour évacuer.

Or de question de se balader à poil devant lui.

Soudain, l’étalon noir se couche, et boude. Oui, il boude. Il montre son dos au scientifique pour faire comprendre quelque chose du genre “parles à mon cul, ma tête est malade” et il souffle. La tête posée sur le sol, le métamorphe joue les pudiques devant celui même qui l’a dépouillé deux-trois semaines auparavant. Patience, cela va lui passer. Il va bien finir par se lasser de ne pas avoir ses doigts, et en particulier pour s’en rouler un afin de rendre la situation plus digérable. Pitoyable, que Kochtcheï déteste ce ressenti. Bien qu’il est plus de forces sous cette apparence, plus de carrure, plus de vitesse, il n’en reste pas moins un animal que l’on peut mettre au fer facilement. Cela dit, Egerton n’a pas trop à se plaindre : il aurait pu être tomber sur bien pire du genre tigre, panthere, loup, ces putains d’animaux clichés qui ont des griffes et des crocs. Au fur et à mesure qu’il ronchonne, l’animal s’apaise, part. La douleur revient, celle qui donne l’impression d’être ratatiné, plié, tordu pour former de nouveau un semblant d'humanité. Des sons à peine nommables s’échappent de sa bouche, et sa carcasse retrouve sa taille normale, ses tatouages, ses marques. Il se retient d’hurler -juger que c’est bon, il s’est suffisamment taper l’affiche chez l’habitant- et ses doigts raclent le sol à s’en ouvrir la chaire. “Alors, nous disions …” Phrase qu’il met en suspens, le temps de retrouver ses esprits et surtout, d’aller chercher sa veste pour avoir un minimum syndical sur le dos et ses clopes à porter de main.
Kochtcheï s'interrompt une nouvelle fois alors qu’il allait reprendre la parole, jouant de sa salive pour enlever le goût psychique des doigts du fossoyeur. “Si tu veux qu’on cause calmement, passe moi mes fringues et mon revolver…” Pour assurer sa défense et -surtout- pour se sentir plus à l’aise qu’en tenu d’Adam afin de faire la conversation. Il penche la tête en arrière, daignant enfin à regarder Egerton. Il avait quelque chose de bestiale dans son regard, comme si l’animal n’était pas tout à fait partit encore. “C’est pas l’envie qui me manque de te tirer dessus, mais te voir tout paniquer en te trainant par terre, ça m’a mit de bonne humeur.” Accord placé en sous-entendu, le slave était on-ne-peut-plus honnête quant à ses propos. Sans quitter son hôte du regard, il avait porté une cigarette fraîchement roulé à ses lèvres, penchant sa tête en avant pour l’allumer.  
(c) DΛNDELION

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Basil Egerton
FÉE
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MÉTIER/ÉTUDE : fossoyeur, chercheur au compte des Dux Tenebris, écrivain, criminel et scientifique déviant à ses heures perdues

(basil) welcome to my cage, little lover

Dim 9 Sep - 8:53

V. Shura Bäckähäst & Basil Egerton

Welcome to my cage, little lover


Que pouvais-tu faire devant cette force de la nature ? Devant cette masse de nerfs et de muscles que ta proximité excitait un peu trop, à mettre en danger immédiat jusqu’à ta propre vie. Il n’y avait rien que tu puisses faire tant que Kochtcheï demeurait sous cette forme – il dominait l’échange et était incontrôlable, tout ce que tu risquais à rester dans ses pattes était un aller simple à l’hôpital. Ce n’était pas tant de la peur que du bon sens, après tout tu n’avais pas plus peur que ça. Un peu tout de même pour ton matériel et tes bibelots uniques, mais quand bien même il les aurait mis en pièces, tu aurais fini par l’accepter et tourner la page. Oh, sans doute pas sans une crise de colère, mais toute ta colère ne valait pas un cheval ; ta poudre de fée peut-être, tu aurais fini par trouver le moyen de lui faire payer. Ou mieux, tu aurais profité qu’il t’ait contrarié pour faire peser cet argument dans la balance, et le convaincre de te prêter son corps dans le cadre d’une expérience ou deux. Mais en attendant, tout ce que tu pouvais faire pour cela, c’était attendre, alors tu t’étais résigné. Cessant de ramper, cessant de pester, de râler, d’exprimer ton mécontentement avec toute ta subtilité d’anglais. Tu étais allé t’asseoir avec lenteur pour ne pas heurter sa sensibilité, et ce n’était rien qui puisse s’assimiler à de la panique ou de l’angoisse. Plutôt de la résignation en constatant que tu n’avais pas d’autre choix, à ce stade.
Il t’a fallu de la patience, beaucoup de patience. Tous tes efforts pour calmer l’ambiance ne lui rendirent pas une forme humaine immédiate. Il resta cheval un moment, tâchant de ramasser ce qu’il avait mis à terre, et entre autres choses ses vêtements. C’était assez absurde et ridicule, du fait qu’il n’avait pas de mains. D’accord, c’était peut-être moins cliché qu’un loup ou un fauve, mais il fallait bien avouer qu’il y avait des inconvénients aux sabots. Mais tu t’es abstenu d’en rire, et c’était moins par gentillesse que parce qu’il te restait une forme d’irritation. Celle de la douleur vive que tu avais eu au doigt, et celle du désordre absolu qu’il mettait dans tes affaires en menaçant fortement leur intégrité. Celle aussi de devoir attendre, pour un résultat vraisemblablement négatif. L’euphorie était passée, et tu te mettais à envisager l’échec : il ne se laisserait pas ouvrir et tu n’avais plus qu’à utiliser la manière forte ou fourbe – ou renoncer, et trouver quelqu’un d’autre. Tu recules tes fesses tout au fond de ton fauteuil et croises les jambes, t’affalant un peu sur l’accoudoir, le bas du visage écrasé dans la main pour y faire mourir tes soupirs en toute discrétion. Et tu le regardes. Tu le regardes jeter en l’air rageusement des bouts de tissu. Tu regardes cette bête que tu trouves stupide par le simple fait qu’elle soit incapable de te répondre, de parler, de faire quoi que ce soit de raisonné et d’utile. Quand on sait la propension des psychopathes à torturer des animaux dans leur jeunesse, on comprend que tu aies du mal à l’estimer, à lui prêter ne serait-ce qu’un semblant d’intelligence. Et plus les secondes passaient, plus tu oubliais qu’il était Kochtcheï pour ne plus voir qu’un animal stupide se mettant à bouder. C’était bien ta veine, que pouvais-tu bien espérer désormais ?
Et puis finalement vous êtes sortis de l’impasse. De loin, chez Kochtcheï, tu préférais l’humain à l’animal. Il était moins encombrant, plus malléable, plus expressif, plus intéressant, plus adroit, et surtout plus à ta taille. Et puis, le détail le plus important : il parle. D’ailleurs c’est la première chose qu’il fit, réengageant la conversation que tu avais laissé mourir faute d’un interlocuteur correct. Nous disions… Tu te redresses dans ton fauteuil, avec une lourde inspiration trahissant un peu ton impatience, en dépit de tous tes efforts pour prendre sur toi et n’y laisser rien paraître. Tu avais envie de cette expérience, tu en crevais d’envie et ce mur qu’il te jetait te frustrait en profondeur. Il te réclame ses vêtements, probablement pour le seul plaisir de te faire obéir à un ordre puisqu’ils étaient tout à fait à sa portée et qu’il ne devait pas avoir franchement l’envie que tu l’approches, et surtout que tu l’approches tandis qu’il était dénudé. Mais tu t’exécutes, tu te lèves et prends la pile pliée nettement où le revolver repose toujours. Tu les lui rapportes et les lui mets entre les mains, et tu le contournes avec une forme d’indifférence pour t’intéresser à ces étagères qu’il a percuté dans ses maladresses. Tu les examines dans le détail, entre irritation et contrariété, mais le bilan n’est pas si grave, ce n’était rien que tu ne puisses rattraper. Tu n’auras qu’à y mettre de l’ordre lorsqu’il sera parti, et il n’y paraîtra plus.

Entre temps, il te menace – bon, tu aurais dû t’y attendre, en lui rendant aussi aisément son revolver juste après l’avoir contrarié si fort, il était très probable qu’il te descende avant même d’avoir le temps d’y réfléchir vraiment. Cette pensée avait dû être reléguée dans un coin reculé de ta tête avec toutes les autres données dont tu te foutais complètement, et entouré d’une bonne dose d’imprudence, il faut bien l’admettre. Apparemment, de ramper et paniquer t’a sauvé de l’homicide. Paniquer ? Bon, tu préfères ne pas relever, le but n’étant pas de le contrarier, si c’est ainsi qu’il l’avait interprété pourquoi voudrais-tu lui gâcher son plaisir. « C’est bien, je suis très content pour toi, maintenant regarde le désordre que tu as mis. Bon, bref, passons – je vais arrêter d’y penser ou ça va m’énerver. » Comme quoi, s’il avait décidé d’être de bonne humeur, c’était à ton tour de vouloir être désagréable, mais tu n’allais quand même pas te mettre à bouder pour ça, si ? Tu as soupiré, t’appliquant à mettre ce sujet de côté pour revenir à celui qui t’intéressait. « Avant que tu ne recommences tes sautes d’humeur… Laisse-moi te rappeler que je ne t’impose rien cette fois. Tu serais drogué depuis un moment si j’en avais eu l’intention. La porte est là si tu veux partir, et me descendre ne te servira pas à grand-chose. » Au fond, peut-être que ce n’était pas par considération que tu ne lui imposais rien. Quand on y réfléchissait, ta poudre de fée était le genre de phénomène qui inhibait les comportements, à la manière d’une véritable drogue. Peut-être craignais-tu en fait d’empêcher sa métamorphose si tu y avais recours ? De toute façon, tu avais très peu de chances de succès dans cette expérience si le sujet n’était pas consentant, alors tu n’avais pas vraiment le choix que d’espérer obtenir son accord. « Tu sais, les êtres surnaturels sont extrêmement peu renseignés dans les ouvrages de recherche. Nous ne sommes pas censés exister dans ce monde Kochtcheï, mais nous existons, c’est un fait, et ce silence est une absurdité à grande échelle. » Tu le regardais, ton sujet, sans l’approcher pour ne pas le contrarier – il était contrarié si facilement après tout. « Quand je te parle d’expérience, je te jure que ce n’est pas par cruauté, mais par intérêt scientifique. Tu ne dois pas le vivre comme un acharnement, je te vois moins comme une victime qu’un collègue. Partenaire ? Enfin, choisis le terme que tu préfères. » Bien sûr, un partenaire dont tu étais prêt à risquer la vie, l’intégrité et la santé mentale, mais la science avait besoin de sacrifices. Dans l’absolu, tu étais prêt à faire tous les efforts du monde pour le préserver. Ce serait un gâchis de le perdre dès la première expérience, pas vrai ?

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This is the sin
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V. Shura Bäckähäst
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(basil) welcome to my cage, little lover

Lun 17 Sep - 22:38

welcome to my cage, little lover
basil et shura

« Read between the lines, what's fucked up and every thing's all right. Check my vital signs to know I'm still alive and I walk alone »
Il aura fallu du temps. De longues minutes pendant lesquels le cheval restait recroquevillé sur lui-même à méditer. Animal stupide. Totem idiot et ingrat, Kochtcheï le déteste. S’il y avait un moyen pour que plus jamais il se métamorphose, il le prendrait sans hésiter. Le calme revient dans ses yeux, ses muscles se détendent et seuls quelques rares claquements viennent couper le silence qui s’est installé après ce cirque sans nom. C’est qu’il serait bien partit pour dormir, le bougre, s’il ne prêtait pas attention au lieu dans lequel il se trouvait. Cette plénitude qui s’installe dans son esprit lui permet de reprendre les rênes, et il fait du contrôle sien. La crinière se raccourcit, la silhouette diminue et ses doigts lui reviennent dans une douleur moindre à côté de sa dignité qui venait de se perdre -de nouveau- un coup de bâton dans la figure. Même s’il ouvre la bouche pour faire signe au scientifique que les mots étaient de retour, il n’en reste pas moins prudent, et surtout méfiant vis-à-vis de ce qu’il pourrait lui arriver maintenant. Sa mémoire n’est pas courte, et il a beau vouloir oublier, les souvenirs de cet endroit sont ancrés dans son esprit. Pourtant, malgré sa situation et le bordel qu’il avait mis dans le sous-sol, Kochtcheï était de bonne humeur. Cela l’étonnait lui-même, mais ça ne lui faisait pas de mal. Au moins, les bases sont posées. D’autant plus qu’Egerton exécute son ordre avec une docilité déconcertante. Il doit vraiment vouloir le brosser dans le sens du poil pour être aussi ‘’serviable’’ subitement.
Sans dire un mot de plus, son mégot coincé entre les lèvres, le slave reprend ses biens et se hâte d’enfiler tout ceci. S’il devait y avoir un point positif dans cette mésaventure, ça serait le retour des vêtements à son nom, et surtout son arme de nouveau à sa ceinture. Il devait être sacrément déchiré, ou avoir une confiance excessive en ses capacités, pour ne pas remarquer sa disparition depuis tout ce temps. Regarde le désordre que tu as mis. Bon, bref, passons – je vais arrêter d’y penser ou ça va m’énerver. «Tu t’en sors pas si mal, alors joues pas les divas. Sinon je continue...» Dit-il en bouclant sa ceinture et soupirant, preuve que de toute façon, il était trop épuisé par toutes ces émotions d’un coup pour avoir envie de s’agiter une nouvelle fois. Il y avait de la légèreté dans son accent, une certaine forme de résignation et de dépit. Il se passe trop de chose à la minute dans cette pièce pour avoir envie de ramener la situation à la normale de toute façon.

Avant que tu ne recommences tes sauts d’humeur… Ces quelques mots font offices de mauvaise introduction. C’est l’hôpital qui se fout de la charité, c’est lui qui dit ça ? Est-ce qu’il sait au moins ce qu’est un saut d’humeur ? Est-ce qu’il l’a déjà pratiqué avant de mettre une étiquette pareille sur une réaction tout à fait normale face à ce genre d’annonce ? Tout en boutonnant sa chemise en lui lançant un regard à la fois suspicieux et dédaigneux, sourcil unique relevé, il l’écoute étaler ses raisons. Shura ne peut s’empêcher de ricaner discrètement à la mention de droguer. «J’ai pas besoin de toi pour ça.» Suffit de voir ce qu’il a de coincé entre les dents pour comprendre le sous-entendu. Et c’est grandement grâce à ça aussi qu’il est réceptif après ce qu’il venait de se passer. Maintenant, Mesdames et Messieurs, profitez. Parce que c’est peut-être le seul moment où ces deux-là vont avoir une conversation à peu près normale et tranquille. Reprenant place dans le fauteuil où il avait précédemment posé son séant avant de muter en canasson, il a tout de même fallu qu’il s’y reprenne à trois fois pour trouver la bonne position. Non pas qu’il était agité, mais plutôt parce que son Nagan le gênait. C’est qu’il avait fini par s’y habituer à ne plus l’avoir dans son dos.
Déjà, le fait est qu’il s’était rassit prouver que non, Kochtcheï n’était pas désireux de partir. Parce que lui-même, cela l’arrangeait de pouvoir avoir sa langue. Il avait peut-être quelque chose à gagner dans cette histoire. Ne serait-ce que comprendre comment il est fichu, comment ça peut se maîtriser cette merde et quel impact cela a sur son organisme. Il le déglingue déjà suffisamment à coup de vodka et de marijuana, s’il peut éviter d’avoir une vue déficiente ou une difformité à cause de sa métamorphose, ça l’arrangerait. Il ne peut le cacher : sa curiosité avait été piquée à vif. Et tandis qu’il prenait ses aises dans le fauteuil qui ne se portait pas trop mal après son raffut, Shura écoutait.

Il écoutait sans perdre une miette le discours de Basil. «Oui, ça je sais. Tu m’apprends rien là.» Dit-il en brassant l’air de sa main d’un air consterné. Ce n’est pas tant le progrès de la science qui le chiffonne dans son discours, mais plutôt la mention du silence et de son absurdité. Cherchant dans quoi il allait foutre sa cendre parce que, putain, il n’y a toujours pas de cendrier dans ce salon souterrain, le slave attend qu’il termine son discours pour pouvoir renchérir tout en regardant à droite à gauche. «Attends-attends, arrêtes-moi si je me trompe -de toute façon tu ne vas pas te gêner pour- mais, tu as parlé de silence, comme quoi c’était absurde.» Lassé, il finit par laisser la cendre tomber par terre. Ce n’est pas comme si, pendant l’espace d’une minute, il a voulu faire un effort de politesse hein ? Ayant bien du mal à figer son regard sur Egerton, Shura avait fini par se faire violence. Une légère expiration, puis une inspiration afin de reprendre avec tous ses moyens. «Tu veux rendre public tes expériences sur le surnaturel ? C’est une hypothèse, mais tu dois bien avoir une raison pour vouloir te pencher sur ce sujet. La gloire, l’argent, la redevance, un truc comme ça ?» Tout en parlant, l’ex-mafieux réfléchissait, pesait le pour et le contre. Cela l’aidait à y voir clair en même temps que de montrer l’intérêt qu’il portait à ses propos. Il avait laissé quelques secondes planer, suffisamment pour pouvoir entendre sa réponse, avant de plonger dans une contemplation de l’environnement, hésitant. Son menton posé dans le creux de sa main, accoudé sur le bras du fauteuil, ses émeraudes semblent perdues dans le méandre des doutes et de la curiosité. «Admettons, j’accepte.» Commença-t-il sans pour autant regarder le scientifique, trop occupé à suivre le fil choisi parmi une multitude de possibilité dans son esprit. «Qu’est-ce que j’y gagne ? Parce qu’il y a peut-être deux-trois petites choses qui pourraient m’intéresser. Déjà, l’anonymat. Mais ça, je pense que tu t’en doutais. Mais aussi, apprendre. Est-ce que tu as déjà effectué des recherches sur d’autres espèces ou je suis le premier ticket ? Si c’est le cas, il va falloir que je te cueille un Djinn...» Est-ce qu’il parle à Basil, ou à lui-même pour y voir clair ? Un peu des deux. Libre cours aux envies d’Egerton d’intervenir dans cette réflexion, mais le fait que Shura ne pose pas le regard sur son interlocuteur fait pencher la balance plutôt pour la deuxième option.
(c) DΛNDELION

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Basil Egerton
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(basil) welcome to my cage, little lover

Jeu 4 Oct - 13:37

V. Shura Bäckähäst & Basil Egerton

Welcome to my cage, little lover


Kochtcheï avait raison sur au moins un point : tu ne t’en sortais pas si mal. Entre les ruades, les coups de sabot, et le Nagant chargé qu’il rajustait à sa ceinture, il y avait plus d’un scénario plausible où tu finissais mort au mieux, ou a minima à l’hôpital. Tu n’en étais pas vraiment conscient, tu n’étais pas le genre de personne qui ressassait le passé au conditionnel. Tu étais irrité, toi, pas assez pour être en colère, mais suffisamment toujours pour l’exprimer – et de l’expier par la bouche devait t’aider à reprendre patience, parce qu’il aurait été regrettable que tu t’emportes. Après tout, tu étais sans doute bien mal placé pour parler de ses sautes d’humeur, alors que la dernière que tu avais eu en sa présence avait eu des conséquences que l’on aurait difficilement pu s’imaginer. Alors, peut-être en effet valait-il mieux que tu ne t’attardes pas là-dessus, et tu ne t’attardes pas non plus sur ce qu’il te sous-entend, vis-à-vis de la drogue. Car bien qu’il n’ait pas tort, tu es tout à fait conscient de l’écart qu’il y avait entre ta poudre et les drogues traditionnelles : tu pouvais contrôler ce que recevaient ses sens, tu pouvais choisir quels seraient les effets secondaires, mais tu doutais que cela lui fasse plaisir à entendre.
Tu avais donc laissé faner tes propres critiques, le laissant rétorquer de peur de faire monter le ton si tu en rajoutais une couche. Je dis peur, mais à l'évidence c’était moins de la peur qu’une inhibition stratégique, une tentative de tact pour un homme qui n’avait jamais vraiment compris ce que ce mot voulait dire. Vous vous étiez installés, tu y tenais, en face à face : tu en avais besoin, de le regarder, avec trop d’insistance peut-être, pour savoir quand tu allais trop loin. Le seul fait qu’il n'emprunte pas aussitôt la direction de la sortie te donnait une sensation de victoire et te faisait assez plaisir pour que tu ne veuilles pas continuer sur la voie de la mauvaise volonté et du ton désagréable. Et tu avais recentré la conversation sur ce qui vous intéressait tous les deux, puisque tu te doutais qu’un être aussi remuant que Kochtcheï ne s’enfoncerait pas dans un de tes fauteuils si tu n’avais pas piqué son intérêt.

Il semble affligé d’abord des vérités générales que tu exprimes. Tu le laisses faire, toi tu te contentais de recentrer le sujet, tu te doutes qu’il est au courant de ce que tu lui dis. A l’évidence, s’il ne faisait pas des efforts pour cacher sa nature aux yeux du monde, cela ferait un long moment que les Dux Tenebris – ou l’OBCM, ils n’étaient pas non plus tout rose – lui auraient réglé son compte. Et malgré toute l’estime que tu avais pour lui (tu en avais beaucoup, tu le surestimais même peut-être un peu, à ta manière, ce qui ne veut pas dire grand-chose), malgré cette estime donc, tu doutais qu’il fasse le poids contre ces enchevêtrements de mercenaires. Et d’ailleurs, s’il poussait l’affaire jusqu’à te cacher son véritable nom, c’est qu’il était conscient de la nécessité d'être prudent.
Pourtant quelque chose l’interpelle dans ce que tu racontes, et il n’y a rien d’étonnant à cela puisque tu avais énoncé moins un fait qu’une opinion. Tu veux rendre publiques tes expériences sur le surnaturel ? Et tu le dévisages comme si tu voulais deviner ce qu’il en pensait, sans grand succès hélas. Mais ce n’était jamais qu’un avis, il n’avait pas de raison de se braquer pour si peu. Tu soupires un peu et te penches en avant, t’accoudant sur tes cuisses. « Je ne dis pas que je vais le faire. Et en toute franchise, je ne pourrais pas me le permettre. Je ne suis pas tout à fait indépendant, une partie de mes activités reçoit des fonds d’un groupuscule militant, et c’est le cas de mes recherches sur le surnaturel. C’est donnant-donnant, j’ai accès à des infrastructures de qualité et à d'authentiques spécimens, et ils y gagnent en connaissances. Mais ça ne te concerne pas, je ne t’impliquerai pas là-dedans, ce que je te propose ne dépend que de moi. Bien sûr, les risques d’échec sont peut-être un peu plus élevés que si j’acceptais leur aide, mais je n’ai pas très envie de te partager. » Encore et toujours cette possessivité mal placée, que tu exposes de façon trop honnête, comme s’il n’y avait rien de plus normal. Pas plus de tabou pour ce que tu ressentais à son égard que pour le fait de travailler pour une organisation orientée politiquement. C’était tout à fait absurde venant de toi.
Tu n’avais pas fini, tu as continué un peu, tu voulais qu’il te comprenne tout à fait. « Mais tu as bien entendu. Je trouve le secret surnaturel absurde, et si cela ne tenait qu’à moi, je sortirai d’ici les ailes ouvertes et je publierais les ouvrages qu’il faut pour tuer l’ignorance qui crève partout dans cette ville. Tout ça, ça appartient au monde réel, c’est partout dehors, le cacher ne fait aucun sens. Cette société est viciée, ce pays est vicié. Mais ceux pour qui je travaille… Disons que je ne ferais pas long feu, si je tentais un mouvement comme celui-là. J’ai les mains liées, ce qui ne m’empêche pas d’avoir une opinion. Et pour te répondre, je ne m’intéresse ni à la gloire, ni à l’argent. C’est une simple question de bon sens et de curiosité, je ne m’intéresse qu’à la science, mais ce genre de domaine nécessite des investissements. » C’était assez drôle de t’entendre parler de bon sens – drôle, si l’on oubliait la gravité du ton que tu employais.

Il t’avait laissé répondre, et avait laissé planer un moment le silence, il devait réfléchir sans doute. Admettons, j’accepte, ce fut la conclusion. L’accord n’était pas encore là, mais le seul fait de savoir qu’il l’envisageait peut-être suffisait à faire grandir ton excitation de chercheur. Tu allais peut-être l’avoir, ton sujet coopératif. Qu’est-ce que j’y gagne ? Le revers de la médaille, l’appât du gain, il fallait s’y attendre. Tu acquiesces, tu veux lui montrer que tu comprends ses intérêts, même si au fond de toi, tu n’en as pas grand-chose à faire. « Bien sûr tu auras l’anonymat Kochtcheï, ça je le jure, ce n’est pas dans mon intérêt de t’exposer. » Et ce serait sans doute le seul bon argument que tu aurais auprès de lui : aucun de vous n’avait intérêt à en parler. « Tu y gagnes à partager mes découvertes, et je ne vois pas d’inconvénient à te payer à hauteur du risque que tu prends. C’est la moindre des choses, je ne suis pas regardant de ce que je dépenses. » Toujours un John Hammond en puissance, pas vrai ?
La question sur tes précédentes recherches te laisse dans une situation plus délicate. Et tu as assez de bon sens pour hésiter à être honnête pendant une seconde ou deux – jusqu’à oublier ta fausse bonne conscience, et y aller avec toute ta délicatesse. « Je dirais que j’ai commencé à travailler sur le surnaturel lorsque je suis arrivé à Bray, la quantité de sujets à étudier y est phénoménale. Mais je n’ai connu presque exclusivement que des défunts. Si j’y trouve un intérêt pour les membres de ma propre espèce par exemple, je ne peux pas en dire autant pour les métamorphes – j’ai besoin qu’ils soient vivants et conscients pour faire des observations utiles, et jusque-là, je ne suis parvenu à rien de sensationnel. Un de mes collègues a travaillé avec un tempestaire, et j’ai eu accès à ses conclusions, mais c’est indéniablement un cruel manque dans mes recherches. » Bon, ton collègue n’avait pas tant travaillé avec Chester que sur lui, mais pas la peine de chipoter. Et tu n’avais pas eu le moindre scrupule à décortiquer des fées et à l’admettre, mais à ce stade, qui s’en étonne encore ? « Quand aux djinns… Non, c’est une cible beaucoup trop difficile, beaucoup trop récalcitrante aussi. Si tu arrivais à m’en cueillir un, je crois que je t’embrasserais, sans vouloir te faire fuir. » C’était de l’humour, cela dit tu avais comme un peu oublié d’y mettre l’intonation, tu l’avais dit de la manière dont on lirait une liste de course. On ne peut plus banalement. Mais tu étais très clairement intéressé par cette idée - les djinns avaient quelque chose de fascinant, qui t'attirait autant que cela te poussait à les détester : ils étaient un peu trop mystiques à ton goût.

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V. Shura Bäckähäst
MÉTAMORPHE
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RACE : métamorphe (étalon noir)
MÉTIER/ÉTUDE : Voleur, dealer, chômeur, plein de truc en "-eur"

(basil) welcome to my cage, little lover

Lun 22 Oct - 23:07

welcome to my cage, little lover
basil et shura

« Read between the lines, what's fucked up and every thing's all right. Check my vital signs to know I'm still alive and I walk alone »
Rien. Il n’y avait rien eu à ses commentaires aussi lasses que cinglants. Ses yeux verts se perdent dans le vide, dans l’espace qui séparent les deux individus et il ne relève quoi que soit. Il laisse couler tout ceci, interprêtant le silence d’Egerton comme une petite victoire personnelle, réussissant à en tirer une légère satisfaction. Aurait-il eu le dernier mot sur ce point ? Peut-être, et il n’en faut pas plus pour faire apparaître un léger sourire dans le recoin de ses lèvres. Un sourire fier, presque arrogant malgré la situation qui venait de se produire. Pourquoi pas. Prêt à tirer un trait sur tous leurs désaccords pour obtenir quelques informations supplémentaires, il ne peut renier cependant que la simple vision d’être réduit à l’état de cobaye entaille sa dignité -déjà bien entamé-, donnant un goût amer dans la bouche. Qu’est-ce qu’il ne faut pas faire pour avoir toutes les cartes en main, franchement ? Epuisé par toutes ces conneries, Kochtcheï accepte ce qui semblerait être une entrevue calculée. La question est : par qui ? L’un comme l’autre, ils n’avaient pas ménagé de se lancer des piques et des indices pour en arriver à ce résultat. Et même si le slave avait souhaité ne pas se dévoiler aussi facilement de la sorte, il avait conscience quelque part dans son état second qu’elle lui pendait au nez. D’où le fait qu’il soit aussi ‘’calme’’, aussi prompt à la discussion.
Rester assit allait être long, très long.

Mais au moins, son séant était posé sur ce fauteuil, et aussi remuant soit-il, Shura ne comptait pas bouger à présent. La faute à ces ascenceurs émotionnels qui lui lui ont donné des migraines, des haut-le-coeur discrets à ne plus savoir quoi faire de sa tête et de ses esprits. Autant l’occuper, autant enregistrer. Le mégot fumant coincé entre son index et son majeur, la tête reposant dans la même main, il tâchait de ne pas avoir de contact visuel avec Basil. Il ne fallait pas trop lui en demander non plus. Cela donnait une impression de déjà vu très déplaisante dont il ne saurait expliquer l’origine. Kochtcheï s’intéresse, interroge, alimente la conversation par des questions, essaye de connecter ses neurones pour avoir un semblant de réflexion et de ne pas se laisser dériver dans des folies. Juste pour ne pas finir comme Chester. La lucidité était légère, fragile, mais il ne semblait pas plus choqué que ça. Très sincèrement, venant de ce type, plus rien ne l’étonne. Le pire était déjà dévoilé, il lui fallait juste du temps pour digérer. Accepter, ce n’était pas le problème. Kochtcheï n’était pas le plus clean des êtres humains, loin de là même, et il avait lui-même du sang sur les mains. Celui de son propre grand-frère, paix à son âme d’ailleurs. Alors, il était très mal placé pour lui faire la morale, ou lui reprocher quoi que ce soit.
Non, son comportement avait davantage des tons de sale gosse qui ne veut pas accepter la réalité. Soit par volonté de reposer ses songes, soit juste à cause d’un gros caprice. À quarante ans passé, ça craint, on est d’accord. Mais il fallait voir là une façon de se protéger encore une fois, en quelque sorte. Son ouverture d’esprit n’a aucune limite, mais ce n’est pas la même chose pour les distances à avoir avec sa personne. Ces dernières étant plus étendues après ce qui s’était passé.

Il plisse légèrement les sourcils à la mention de te partager, refoulant une légère colère. Ce n’était pas un objet, ce n’était pas une propriétée. Kochtcheï n’appartenait à personne, et c’est au-delà d’une crise de la quarantaine ; c’est un point d’honneur sur son mode de vie. Limite, il n’avait rien entendu au sujet de cette fameuse organisation pour laquelle ce savant fou travaillait -sans aucun doute parce qu’il n’en avait rien à foutre. Ce n’était pas une raison valable à ses yeux pour dépouiller des cadavres, mais bon passons. «Je ne suis pas ton objet, ton jouet, ou un bocal à étiquetter. Fous-toi ça dans le crâne.» Grogna-t-il, resserant les dents derrières ses doigts. Il n’était plus aussi pensif à présent, et ces quelques mots de la part d’Egerton avaient eu le mérite de le ramener définitivement sur Terre, dans cette cave qu’il voyait comme un cerceuil amménagé. Mais là n’est pas le sujet de la discusson. Ravalant cette petite frustration grimpante, Kochtcheï préfére écouter la réponse à sa question. Au moins, cela avait le mérite de lui ôter le doute. Du bon sens ... A peine. D’un regard hasardeux par-dessus ses phallanges, la moue légère que tirait le slave prouvait à elle seule qu’il ne le croyait qu’à moitié. Ou du moins, qu’il acceptait qu’à moitié ce fait. «Mouai, à mon avis, ce n’est pas tant une question d’ignorance, mais plutôt de mauvaise foi. Les bestioles surnaturelles, elles pullulent dans ce patelin. Suffit de lever un peu le nez de ses pompes, et de regarder. Y a des signes qui ne trompent pas quand même. Genre le concentré d’aveugle dans une ville de mille habitant à tout péter, et le prêt-à-porter qui se frotte les mains à force de voir des clients à poil sans aucune explication débouler dans le magasin. Si les gens dans cette ville sont ignorants, c’est parce qu’ils veulent bien l’être.» Reprenant ses aises en relevant le menton, Shura appréhendait. Son avis allait sans doute passer dans l’oreille d’un sourd, trop prit par son petit discour. Autant continuer d’écouter d’une oreille et faire comme s’il n’avait rien dit.

Puis ce fût un début de conclusion, poussé dans un soupir. Qu’est-ce qu’il ne venait pas de dire là ? Il sent l’exctation dans le timbre de sa voix, mais aussi -et surtout- dans la quantité industrielle d’accord qu’il lui donne. Est-ce que ça marche ? Il a parlé de payer ?!
Aussitôt son menton se relève, tel un dragon intéressé par l’or. L’avarice est définitivement son pire péché. Aussi sérieux est-il -quoi que-, il ne peut résister à l’appât du gain, chien bien dressé devant un os. Il ne lui en faut pas plus pour saisir l’occasion de raffler la mise, d’enrichir son compte en banque et se projeter dans des futurs dépenses futiles. Kochtcheï s’intéresse enfin, Basil ayant prononcé le mot magique pour qu’il daigne à écouter des deux oreilles. Le rapprochement n’est même pas fait entre ce fameux tempestaire qu’il énonce, et le cas social qu’il a pris son aile pour se faire ‘’pardonner’’ d’avoir butter son père il y a trente ans. «T’as parlé d’écrit tout de suite, ils sont où ? Je pourrais les consulter ?» Il a besoin de se renseigner sur ses congénères bizarres, sur les fails possibles, ne mesurant plus le risque de servir de rat de laboratoire pour docteur trop curieux. Kochtcheï a beaucoup trop à gagner dans cette histoire, et il se laisse dorloté aveuglement par ces intérêts qui lui pendaient au nez. Jouant avec ce qui reste de sa cigarette, il ne tique même pas sur la plaisanterie qu’Egerton venait de lui faire, ayant sélectionner ce qu’il voulait entendre dans sa phrase. «Je peux t’en ramener. J’en connais quelques uns. La question, c’est : est-ce que tu le veux en un seul morceau, ou deux ?»

Impossible de se faire comprendre, il doit faire un effort. S’ouvrir un peu pour mieux témoigner de son intérêt à en apprendre plus. Kochtcheï finit par se laisser aller, s’enfonçant dans son fauteuil en croisant les bras. «J’ai un problème : j’ai une cible en tête, un putain de magicien, Sebastian. Il se protège derrière son connard de Djinn. J’veux le lui arracher, j’veux qu’il se retrouve tout seul, sans défense, sans personne sur qui compter. Et une fois qu’il se mettra à chialer, peut-être que je l’acheverais. Où alors, je le ferais tourner en rond, je sais pas encore. Mais j’sais pas comment on tue ces Djinns de merde !» Comme une ponctuation, une frustration grimpante se fait sentir dans la tonalité de sa voix tandis qu’il se tient relativement tranquille. Au fond, on peut le qualifier de relativiste. S’il n’a pas encore chercher à étrangler Basil malgré ce qu’il lui a fait subir, c’est avant-tout parce qu’il a une autre personne dans sa ligne de mire. Une personne qu’il hait encore plus que ce foutu fossoyeur lubrique. Quelqu’un pour qui il ne ressent aucun sympathie, aucune envie de pardonner. «J’ai besoin d’un moyen pour m’en débarasser, une bonne fois pour toute, et c’est là que tu interviens avec tes recherches. Si je te trouve un Djinn, tu te sentirais d’attaque pour trouver leur point faible ? Ils doivent tous avoir le même, ils marchent tous avec des pactes. Ou ce genre de truc. En plus de me payer mon loyer pour les six prochains mois, bien sûr.» L’excitation était palpable, et Kochtcheï se fichait éperdumment d’annoncer des atrocités sans nom avec une telle banalité. Tout comme il se fichait de se rapprocher dangereusement de cet individu. De toutes façons, le pire est passé maintenant, ça ne peut que aller en mieux. Ouai, il commence à se faire une raison, le russe. Ça lui aura pris un peu de temps, c’est tout.
(c) DΛNDELION

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Basil Egerton
FÉE
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MESSAGES : 2725
AGE DU PERSONNAGE : 34
RACE : Fée
MÉTIER/ÉTUDE : fossoyeur, chercheur au compte des Dux Tenebris, écrivain, criminel et scientifique déviant à ses heures perdues

(basil) welcome to my cage, little lover

Mar 4 Déc - 20:22

V. Shura Bäckähäst & Basil Egerton

Welcome to my cage, little lover


Kochtcheï ne s’était pas formalisé d’apprendre à propos de tes petits camarades du Dux, mais peut-être était-ce la chose la moins étonnante qu’il ait pu découvrir à ton sujet. Plutôt, il tique sur le désir que tu exprimes de ne pas l’y mêler pour le garder en ta possession. Sa réaction ne se fait pas attendre : je ne suis pas ton objet, avec une dose palpable de ressentiment. « Bien sûr », tu réponds poliment pour ne pas le contrarier, ce qui n’empêche pas que pour autant, tu n’en penses pas un mot. Mais loin de toi l’idée de le dégrader par ta possessivité, bien au contraire - tu ne l'estimais pas moins pour "se laisser avoir". La soumission impliquait un énorme travail sur soi et représentait un atout à bien des égards. Puisqu'il te témoignait bien peu d'affection, il lui faudrait bien prendre sur lui s'il acceptait de te donner un coup de main, et c'est une chose pour laquelle tu lui serais éternellement reconnaissant.
Il soulève un autre point intéressant, et celui-ci, tu le considères avec beaucoup d’intérêt pour nuancer ta propre opinion. Il avait raison : le surnaturel crevait l’œil de tout côté, c’était déjà trop absurde d’envisager que des personnes ayant vécu là si longtemps n’aient jamais su le remarquer. Au point que l’on se demanderait en fait si, parmi les anciens, il n’existait pas un groupuscule caché d’humains qui prenait soin de ne surtout pas en parler pour vous faire croire, à vous autres êtres surnaturels stupides, que vous êtes effectivement discrets. D’un autre côté, dans ta propre organisation, tu vois bien assez d’humains chasseurs ou magiciens qui en veulent après toi pour nuancer cette idée. Ce tabou est ridicule. Garder un secret dont tout le monde ou presque devait avoir connaissance ? Il faudra que tu reconsidères la question en fin de compte, à savoir si plutôt que de l’ignorance, il ne s’agissait pas plutôt d’une ignorance feinte. « C’est un point de vue intéressant », lui dis-tu d’un air absent, et un peu pensif. « Tu as peut-être raison. Ou ils feignent de ne pas savoir, ou ils sont particulièrement stupides. » Tu repensais à Sirius, en cet instant précis. Parce que, vraiment, tu ne te souvenais pas d’un surnaturel aussi peu discret sur sa nature. Et à Phoebe aussi, qui s’était transformée en pleine rue, et que tu avais dû ramener dans tes propres bras pour la tirer de ce mauvais pas. Ou Kochtcheï, qui perdait les pédales pour une pression "à peine un peu forte". Tu n’avais jamais tant risqué d’être dévoilé pour ta part, mais tu devais bien reconnaître que c’était une pratique très courante.

Mais bref, vous n’étiez pas là pour théoriser sur la bêtise humaine, et sa propension à trouver mille excuses pour ne voir que ce qui l'arrange. Vous abordez les termes de ta proposition plus en détails, et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’idée d’une rémunération financière n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd. Même toi et ton cerveau incomplet aviez perçu ce changement d’attitude très nettement. Tu le notes dans un recoin de ton crâne, et il est fort à parier que tu miseras désormais sur cet argument sitôt que tu auras besoin de lui soumettre quelque chose. Il te demande alors s’il a moyen d’accéder aux conclusions de tes recherches, et cet intérêt pour tes travaux te ravit encore davantage. Tu as le sourire aux lèvres pour lui répondre, comme un étudiant qu’on aurait flatté sur sa copie. « Je n’y vois pas d’inconvénient. Une bonne partie de mes travaux se trouve ici, d’autres sont malheureusement au QG. J’essaie de mon mieux de les avoir en plusieurs exemplaires, je ne suis jamais à l’abri d’une catastrophe, d’autant que je travaille presque exclusivement sur papier. » Tu te lèves, un peu pensif, en réfléchissant à ce qui pourrait l’intéresser dans ce que tu avais sous la main dans l’immédiat, mais tu interromps ton amorce de mouvement quand, de nouveau, Kochtcheï provoque ta curiosité.
C’est plutôt simple : il te propose un djinn. Tu ne t’es jamais aventuré jusque-là, tu les sais susceptibles et surtout, tu sais que tu ne fais pas le poids. Tu es malin et un peu fourbe, mais pas exactement puissant : tu te serais fait croquer en moins de deux. En plus, si ça se trouve – et c’est même probable – l’anesthésie n’a même pas d’effet sur eux. Tu ne crois même pas que ta poudre servirait, après tout ces monstres n’avaient probablement pas besoin de respirer. Ce n’était pas de vrais humanoïdes, seulement des… des parasites qui en prenaient la forme. Des esprits. Tu avais du mal avec cette idée. Tu ne croyais pas à l’existence de l’âme, ou des fantômes, et si tu n’avais pas eu un djinn comme ami force est d’admettre que tu n’y aurais même pas cru. Mais lorsque tu perçois une occasion d’éclaircir le flou d’inconnu autour de ces êtres, de vaincre ta propre ignorance qui te frustre hors de toute mesure et te pousse à les haïr autant que tu les guettes, forcément – tu deviens on ne peut plus attentif à ce que Kochtcheï peut te dire.

Il a un problème. Lentement, silencieusement, tu te rassois sur le bord de ton fauteuil. Il te parle d’un magicien, Sebastian, dont le nom ne te dit malheureusement pas grand-chose ; et d’un djinn, sans nom celui-là, qui lui donne du fil à retordre. Tu te tais, tu réfléchis à sa demande, à savoir comment éliminer l’un d’eux. Et, non pas que tu t’inquiètes pour lui ou quoi que ce soit, mais malgré tout le respect que tu lui dois, tu n’es pas convaincu que Kochtcheï fasse le poids contre un esprit pratiquement immortel. En plus, il te soumet l’idée de passer par la question du pacte pour l’éliminer – une idée qui ne t’était jamais venue, d’abord parce que tu n’avais jamais eu l’envie réellement de tuer un djinn, et ensuite parce que c’était un fait trop mystique pour que tu y accordes de l’intérêt. L’idée d’invoquer par un rituel magique un esprit immatériel d’une autre réalité était un peu trop… incroyable à tes yeux. Tout comme tu ne voulais pas entendre parler de Dieu, les diseuses de bonne-aventure et les « ta gueule c’est magique » n’étaient pas vraiment ta tasse de thé.
« Kochtcheï… » commences-tu avec prudence, encore perdu dans tes pensées. « Je ne crois pas que mes recherches suffiront. Tu te crois de taille à confronter un djinn ? Ne te méprends pas, je ne cherche pas à te dévaluer… Mais tu t’attaques quand même à un gros morceau. » Mais d’un autre côté, est-ce vraiment dans ton intérêt de le décourager ? Tout ce que tu y gagnerais, c’est qu’il foncerait dans le tas sans te consulter, et tu n’aurais jamais les informations dont tu rêverais. « Cela dit, oui, bien sûr. Si tu m’apportes un djinn, je ferai tout mon possible pour en prélever tout ce que je peux de données utiles. Mort ou vif. Je dirais qu’ils seraient davantage utiles vivants, mais largement moins dociles, donc partons peut-être plutôt sur un djinn mort. » D’autant que cela vous éviterait la délation. Quoi que vous fassiez, il ne fallait pas oublier le risque de finir devant un tribunal pour vos actions. « De ce que j’en sais dans l’immédiat, pour côtoyer malheureusement quelques chasseurs – c’est qu’on leur apprend à les trancher en plusieurs morceaux pour les éliminer ; mais, toutefois, c’est largement moins intéressant d’un point de vue de chercheur de se retrouver face à un corps en kit. Enfin, bon. Fais déjà ce que tu peux sans mourir, le prix me convient, et je ferai de mon mieux pour te venir en aide à hauteur de mes capacités. »

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(basil) welcome to my cage, little lover

Jeu 13 Déc - 17:54

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Ils auraient pu rester longtemps encore à théoriser sur la stupidité humaine. Cela dit, malgré le fait qu’il soit aussi un animal, Kochtcheï ne peut s’empêcher d’éprouver un tant soit peu d’empathie à leur égard. Pour la simple et bonne raison que, si ce secret est feinté ou non, il rend bien service jusqu’ici. Ce serait utopiste de croire qu’il demeurera toujours, voir naïf. Cette ville regorge tellement d’être aux capacités hors du commun tant ils sont attirés ici comme des guêpes autour d’un pot de miel qu’un beau jour, la vérité finira par éclater. Car la population se trahira d’elle-même, saturée. Et le russe se fera un plaisir de mettre le feu aux poudres. Pourquoi continue-t-il de se cacher alors ? Parce que la honte. La honte avec un grand H, et de la déception. Un canasson, ce n’est pas vraiment une métamorphose qui mériterait de rouler des caisses. C’est ridicule à ses yeux, et il s’estime plus efficace avec ses mains et ses pieds qu’avec quatre fers. Pourtant, brider cet animal va à l’encontre de son essence même : la liberté. Il a horreur des barrières, mais il en pose lui-même pour conserver son image. C’est ridicule, et stupide. Mais ça lui convient très bien. Ça ne l’a pas empêché d’avancer jusqu’ici, et s’il lâche la bride de temps en temps, ça compense.
Encore une fois, il s’égare dans ses pensées, il plonge la tête dedans et les questions se bousculent dans son esprit. Elles s’envolent, s’interrompent quasi-immédiatement après les quelques mots magiques. Vénale, ça le perdra un jour. Et si ce n’est pas l’argent, cela sera sa fâcheuse tendance à foncer dans le tas sous le coup de l’impulsivité. Hormis l’argent, il y avait autre chose qui l’intéressait, qui l’a toujours intéressé : les connaissances. Le contexte n’est plus le même, c’est un climat d’entente qui s’installe contrairement aux précédents, raison de plus pour ne pas jouer les fortes têtes et profiter de ce qui lui est offert. «Peut-être que je pourrais te les voler.» Sarcasme, étant donné la précédente mésaventure qui s’est déroulée, Kochtcheï préfère néanmoins rectifier le tir pour s’assurer que ça n’a pas été pris au premier degré. «Les emprunter. Je peux les lire ?» Tout de suite ? Cela lui permettrait de penser à autre chose que la situation dans lequel il était en train de s’enfoncer.

Peut-être a-t-il parlé trop vite, suivant du regard ce début de mouvement avant que ses propres mots ne le stoppent. Non pas que cela était volontaire, puis que ses yeux étaient restés rivés dans la direction prise par la main de Basil, mais plutôt pour cibler ce qui l’intéressait le plus. Oh non, il ne crache pas sur plus d’informations. Pour en apprendre sur les tritons et les sirènes par exemple, ou même les fées dont il ne sait pas grand-chose. Les oracles non plus cela dit. En faites, il a tellement été obnubilé par Sebastian et son djinn pendant des années qu’il n’a jamais pris le temps de se pencher sur les autres espèces. Il connait son existence, il en a côtoyé quelques-unes déjà. La preuve est assise en face de lui. Tout comme le russe sait beaucoup de chose sur les djinns et les magiciens, mais pas qu’il existe des génies, des esprits bénéfiques. Ils sont tous malfaisants à ses yeux. Il n’en sait pas assez, il lui en faut toujours plus. Cela ressemble à ... Une folle obsession, oui. Un problème certain qui fait perdre les pédales au slave. Mais Egerton peut le comprendre sur ce point, non ? Comment réagirait-il si soudainement, tous ses fondements s’écroulaient, ou bien qu’il était sans cesse obligé d’apprendre car les changements empêchent la stabilité du savoir ?
C’est une mission suicide, il en est tout à fait conscient. Il sait qu’il ne fait pas le point contre un djinn. Mais il sait aussi que sur terre, leurs facultés sont limitées. Qu’ils s’affaiblissent dès qu’ils usent de leurs essences. Pour une fois, c’est Kochtcheï qui a une façon plus scientifique de voir ce problème. Sa langue se délie un peu trop facilement, les yeux plongés dans le vide, s’emballant rien qu’en mentionnant ce nom. Des idées, ce n’est pas ça qui lui manque pour torturer ce type. Il court peut-être après une chimère, mais il irait le chercher en Enfer s’il le faut rien que pour avoir le plaisir de l’y renvoyer lui-même.

Kochtcheï. Brièvement, un sourire ironique apparait sur ses lèvres. Dire que c’est lui qui le ramène sur Terre... Aussi masqué est-ce, le noiraud n’entends que les doutes vis-à-vis de ses capacités et de ses limites. Que Basil se renseigne sur ce fameux pseudonyme, il comprendra mieux la raison pour laquelle il le porte. «Bien sûr. À force de vouloir les tuer, ces deux-là. À force les poursuivre dans le monde entier, j’en connais un peu plus que toi à leur sujet, comment ils fonctionnent. Les djinns ne sont que des batteries. La magie, c’est de l’énergie, c’est une science inexpliquée. C’est comme tout, ça a ses lois, ses contraintes et ses limites. Ces saloperies ont besoin d’être en duo pour être pleinement efficaces. Ce ne sont que des pantins. Un djinn qui ne retourne pas d’où il provient, c’est un djinn mort. Et dans cette ville de fou, je suis sûr qu’il y en a qui traine. Je tuerais chaque magicien de cette ville si besoin. Je couperais moi-même les ficelles s’il le faut. J’obtiens toujours ce que je veux.» Le décourager ? Impossible. Basil a bien vu de ses propres yeux jusqu’où il était capable d’aller pour obtenir ce qu’il veut, pour rester en vie. Ce qu’il vient de dire là, c’est une façon d’expliquer comment il voulait s’y prendre. Il ne compte pas se perdre à corps perdu dans la bataille, il va préparer son coup. Il va minutieusement éplucher chaque ragot, chaque rumeur, chaque bruit de couloir pour trier le vrai du faux. En plus de cela, il peut user de son trafique pour créer un réseau d’information. Les coursiers sont bavards quand il s’agit d’attirer la confiance du client et de vendre après tout. Il a des yeux et des oreilles partout, mais il prête attention seulement quand cela l’intéresse.
De toutes manières, il n’a pas besoin de tergiverser. Il a obtenu ce qu’il souhaitait ; Son appuie. Et si Kochtcheï pouvait avoir celui des Dux Tenebris en prime, cela le rendait que plus heureux. Pas toute l’organisation, seulement quelques éléments intéressants. Des infiltrés en somme, pour lui rapporter les “nouvelles” fraîches de l’ombre. «D’accord, alors j’accepte à mon tour ta requête. Et je me mettrais au travail une fois sortie d’ici.» Reste à savoir s’ils allaient respecter chacun la part du marché. Prenant les devants cette fois-ci, le russe s’était dirigé vers les dossiers que le doc voulait lui montrer avant tout ceci, retrouvant son calme avec néanmoins quelques traces de haine dans son regard. Pas à l’encontre d’Egerton, non-non, contre ces deux cibles. Il se rassoit dans le fauteuil, croisant ses jambes pour avoir une table de fortune sur lequel poser le dossier. «Qu’est-ce que tu veux voir ou faire ? Tu me dis s’il faut que je me retransforme parce qu’à force, j’vais plus avoir de fringue.» De temps en temps, il relevait la tête pour regarder le rouquin, avant de replonger immédiatement dans ses études.
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Mar 18 Déc - 21:21

V. Shura Bäckähäst & Basil Egerton

Welcome to my cage, little lover


Prendre le sarcasme de Kochtcheï au pied de la lettre aurait été tout à fait dans tes cordes - mais, toutefois, tu étais ravi et flatté de son intérêt renouvelé pour tes travaux. Il y avait quelque chose de particulièrement agréable dans le fait de partager avec lui sur un sujet une passion commune. Si bien qu’à force, tu en venais à te demander jusqu’où pourrait bien aller l’obsession que tu avais pour lui : à vue de nez, jusqu’à ce que l’un de vous finisse par en mourir. Mais quelle ironie tout de même, qu’il s’intéresse tout à coup à ces connaissances rejetées si vigoureusement à votre précédente rencontre, à cause de ta façon de faire qui n’avait rien de très éthique. Il se voilait la face s’il pensait que pour fonder ces recherches tu t'étais soucié de demander l'aval de la famille des défunts. Sitôt que le sujet retenait son attention, peu lui importait que tu encourages une tuerie de masse en exploitant les cadavres fournis si généreusement par les chasseurs avec lesquels tu travaillais. Dire que s'il avait fait preuve d'un peu plus de laxisme, vous auriez pu éviter de passer par les angoisses et les cicatrices, mais cela aurait été renoncer aux plus extrêmes dérives de ton esprit malsain - et donc relativement dommage.
Sans doute évitait-il de se pencher trop sur les détails, pour inhiber sa morale à son propre profit - mais il n’allait pas pouvoir éternellement se priver de l’entendre. Dans ces dossiers, tu le sais, il y avait tous les détails de tes pratiques, tes observations, toutes les circonstances qu’il te fallait savoir autour du décès et à prendre en compte ; de quoi te justifier une perpétuité de prison. C’était autrement pire que de te surprendre avec un cadavre ouvert du périnée au menton, c’était avoir fenêtre ouverte sur tes passions enfouies, sans l’odeur de mort peut-être mais avec foule de détails qui n’étaient pas plus réjouissants. C’était passer un autre stade de ta confiance, et prendre le risque de mettre en danger des documents d’une rareté convoitable. C’était définitivement renoncer au moindre contrôle sur ce qu’il pouvait savoir. Pourtant lorsqu’il en vint à te demander s’il pouvait les lire, il ne te fallut pas une minute pour que tu ne te lèves et lui répondes aussitôt : « Oui, tu peux ».

Le sujet dériva sur la question des djinns, retardant cet autre moment d’exposition, d’exhibition pourrait-on même dire. Retenant ton attention, provoquant ta prudence pour ce qu’elle valait encore, et s’achevant par ton consentement. Pour tout le mal que tu peux avoir à traduire l’expression d’un visage, tu ne manques pourtant pas de saisir la relation étrange que Kochtcheï semble entretenir avec ces esprits et leur magicien, et c’est quelque chose qu’il te plait de découvrir plus en détails. Devant tes doutes, il réplique, il te découvre un peu plus de ce mystère encore entier, et c’est presque une gifle que de réaliser le peu que tu en sais. A force de les poursuivre dans le monde entier dit-il, et tu restes silencieux et hébété devant l’information. Que faisait-il, Kochtcheï, après tout, et qui était-il en fin de compte ? Peut-être qu’un jour, tu finirais par admettre qu’il avait une existence en dehors des bornes de ton propre vécu. Il parle, et c’est presque déjà t’exposer un plan, ou à défaut d’un schéma très précis, c’est son ambition qui crève l’oeil et le tympan. J’obtiens toujours ce que je veux, en voilà une sentence qui te fait frissonner de la nuque au bassin, une simple phrase qui te ferait balayer tes mises en garde d’un haussement d’épaule. S’il est prêt à tout, s’il est même prêt à mourir, s’il est capable d’autant d’abnégation et d’intensité juste pour parvenir à ses fins, qui étais-tu pour vouloir l’en empêcher ? « Je t’aiderai ». Oh oui tu l’aideras, et tu ne te priveras pas en l’aidant de découvrir tout ce que tu ne sais pas encore ; sur les djinns et les magiciens d’accord, mais sur Kochtcheï, d’abord et surtout.
Même si, entendons-nous bien - il n’était pas question pour toi de considérer la magie comme une science. Le point de vue se défendait, mais tu étais trop embourbé dans tes convictions pour ne serait-ce que l’envisager. D’un autre côté, tu n’étais peut-être pas non plus aussi ignare que tu le laissais penser. Si tu en savais peu de chose d’un point de vue strictement magique, tu avais eu au moins le plaisir d’en côtoyer quelques uns de près - génie comme djinn, sans compter les chasseurs après eux ; et pour cela seul, tu pourrais ne pas lui être aussi insignifiant qu’on l’attendrait. Au bout du compte, de cet accord, vous vous en sortiez tous les deux vainqueurs, et cela avait tout de satisfaisant.

D’accord, alors j’accepte. La conversation avait tant dévié de ta proposition initiale qu’un instant, tu l’avais presque oubliée. Il te faut un moment, un moment dans le vague, à passer la main dans tes épis, pour réaliser qu’il accepte. Non. Si ? Tu avais l’impression d’avoir sacrifié si peu, mais à bien réfléchir ça n’avait rien d’étonnant - tu étais déjà prêt à lui donner beaucoup sans contrepartie. L’accord te semblait inéquitable, mais ça n’avait pas d’importance après tout, n’est-ce pas ? Tant qu’il en était satisfait. Et après tout pourquoi pas. Après tout, peut-être que cela lui plairait. Il s’était levé, et avait pris la direction de ces documents que tu t’étais apprêté à lui montrer un peu plus tôt. Tu te lèves à sa suite, animé d’un peu de nervosité, comme si même en acceptant de t’exposer, tu ne pouvais endurer l’idée de ne pas savoir ce qu’il allait y découvrir. Tu restes un peu en retrait, les yeux rivés de ses mains à son visage, prêt à l’orienter dans ton petit jardin secret.
Tout n’y est pas tout à fait cohérent au premier coup d’oeil, mais rangé en fonction de l’espèce, du phénomène y étant étudié tout particulièrement ; et, dans chacun de ces dossiers, d’autres sous-dossiers, triés par sujets et intitulés de leur nom ou d’un numéro de série. Les fées étaient parmi les mieux renseignées, les métamorphes manquaient eux cruellement de matière. Il y avait aussi toutes ces recherches annexes sur l’effet de tes pouvoirs et de ta poudre sur la putréfaction des corps, qui prenaient une place monstre tant tu y accordais d’intérêt. Du reste, les informations étaient réparties pèle-mêle sur les papiers, selon l’ordre dans lequel tu avais remarqué telle ou telle chose - agrémentées de croquis, de noms, voire d’adresses ou de numéros de téléphone, d’anecdotes insignifiantes, de réflexions spontanées soulignées à cinq reprises. Ton véritable quotidien, en fin de compte la passion qui te faisait vivre.

Tu le laisses se saisir de ce qu’il veut en retenant un peu ta respiration, et il te demande pendant ce temps ce que tu ambitionnes de faire. Tu n’avais rien osé dire dans les dernières minutes, comme si le moindre mouvement de travers avait pu lui faire revenir sur sa décision. Mais tu es ravi - ravi qu’il te pose la question. Tu restes debout, à quelques pas de lui, passant tes mains dans tes poches de pantalon, essayant de contenir ton émotion. « Je souhaiterais étudier le phénomène de la métamorphose. Le problème auquel je suis confronté, c’est que la constitution du métamorphe sous sa forme humaine demeure fondamentalement la même que celle de n’importe quel humain a priori, et une fois celui-ci décédé, je n’ai plus accès qu’à cette forme. Il m’est impossible de savoir si sous sa forme animale, le métamorphe conserve le même ADN, ni ce qu’il advient de ses organes - en particulier dans le cas des organes qui n’existent que dans l’une ou l’autre de ses formes. C’est ce que j’aimerais observer avec toi. » Jusque là, il ne s’agissait que de théorie, pas de quoi monter sur ses grands chevaux. Mais à présent, il te fallait parler de méthodes, et tu craignais un peu plus ce qu’il aurait à en dire. « Je ne vais pas te mentir, cette expérience est sans précédent, et relativement dangereuse. Il m’est arrivé quelques rares fois d’expérimenter sur un vivant - avec son consentement - mais pas assez souvent pour que je puisse me vanter de savoir ce que je fais, et en particulier, jamais de sorte à ce que l’enjeu surnaturel ne soit concerné. Je prendrai toutes les précautions envisageables, j'agirai progressivement mais… tu dois être préparé à toutes les éventualités. »

« Tout d’abord, il faudra que je t’anesthésie localement, au niveau de la poitrine, sans risquer d’entraver ton pouls et ta respiration ; première difficulté car je n'ai vraiment jamais rien fait de semblable. Plutôt la poitrine car la cage thoracique sera en mesure de retenir les organes à l’intérieur, et je redoute un peu ce qu’il adviendra à la transformation si je t’ouvre plutôt le ventre, mais je comprendrais que tu refuses que j'expose ton cœur. En tout cas, si je m’en sors bien, tu ne sentiras rien. Ensuite donc, j’inciserai assez pour dégager les organes à la vue, mais pas assez pour risquer de les mettre en danger à la métamorphose, j'espère trouver un bon entre-deux. Et puis enfin, évidemment, la métamorphose, qui nécessite que tu sois conscient. Je dois aussi te demander si tu es capable de ralentir le processus assez longtemps pour que je puisse observer le phénomène à l’oeil nu, autrement je devrai le capturer à l’image. Un autre risque, j’y pense, c’est la dose d’anesthésiant. Une dose de cheval t’assommerait, mais j’ignore si la dose pour un homme fera encore effet après la transformation - je me tiendrai prêt à réagir en urgence. J’ai aussi de quoi faire redescendre la pression sanguine si nécessaire, je n’aimerais pas que tu perdes trop de sang. Dans l’idéal, il faudrait que je sois capable de la mesurer, mais compte-tenu des risques, j’aimerais aussi t’éviter trop de… de perfusions. » Tu te mords la lèvre, très honnêtement tu as beau être un imbécile, tu es conscient du caractère peu rassurant de tout ce que tu viens de dire. A vue de nez, il semble avoir peu de chances de s’en tirer sans séquelle. « Pour t’éviter un mouvement brusque qui pourrait t’être fatal, j’envisageais aussi de t’attacher. Ecoute… Il va falloir que tu me fasses pleinement confiance. Je tiens à te dire si cela peut te rassurer que je suis en mesure de te soigner. Probablement pas à grande échelle, mais c’est suffisant en cas de pertes sanguines un peu lourdes - je n’aime mieux pas m’attarder sur les détails, en tout cas cela reste assez pour te sauver la vie. » Tu l’espérais, du moins. Oh, ce que tu l’espérais. Si Kochtcheï mourrait sous tes mains, tu n’étais pas sûr de ce que tu ferais. Quelle déception, et quel énorme gâchis.

AVENGEDINCHAINS

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This is the sin
and everyone can tell - the moral objections to something so profane, oh but the deepest of convictions are the darkest positions, little remissions for the varicose vain. modern day cain
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V. Shura Bäckähäst
MÉTAMORPHE
MÉTAMORPHE
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RACE : métamorphe (étalon noir)
MÉTIER/ÉTUDE : Voleur, dealer, chômeur, plein de truc en "-eur"

(basil) welcome to my cage, little lover

Ven 25 Jan - 19:50

welcome to my cage, little lover
basil et shura

« Read between the lines, what's fucked up and every thing's all right. Check my vital signs to know I'm still alive and I walk alone »
Disons simplement qu’entre temps, Kochtcheï avait réfléchi. Les longues nuits d’insomnies suite à cet “accident” n’avaient pas été inutiles, et il lui ait arrivé pendant des temps de bad trip intenses de regretter d’être passé à côté d’une telle occasion. De se dire qu’il aurait mieux fait d’accepter, de pester sur son caractère trop impétueux, de haïr cette manie de démarrer au quart de tour, d’exécrer sa claustrophobie. À moins que ça ne soit pour une autre raison. Une frustration refoulée, ou une méfiance trop en alerte. Demander de l’aide à quelque relève d’une épreuve olympique pour sa personne, et la dernière expérience en date lui a coûté son chez-lui. Avoir refusé la première offre lui avait pris beaucoup aussi, cela dit. Quelque part, il est normal qu’il ne souhaite pas l’aide de qui que ce soit, et en particulier d’un type qui s’amuse à décortiquer des cadavres dans l’ombre, et qui l’a dépouillé. Pour autant, il avait titillé le seul point pour laquelle Kochtcheï devenait totalement stupide : sa vénalité. Le besoin d’argent, de luxe, de confort, sans le moindre effort. Si bien qu’il est tout de suite plus enclin à écouter. Et accessoirement, de se demander qui est le connard dans cette histoire.
Au final, il n’y a pas besoin de tergiverser pendant des jours : l’appât du gain suffit à lui seul pour rallier Kochtcheï à sa cause. Comme si cela ne suffisait pas, il est même prêt à faire quelques efforts. À expliquer la raison pour laquelle il est si intéressé par les autres créatures, et en particulier les Djinns. Génies maléfiques, le russe change l’espace de quelques instants. Ce n’était même pas de la perte qui traversait ses yeux, ou de l’absentéisme. C’était une haine pure et dure. Une rancœur énorme qui noircissait son regard et qui empêchait le contrôle de son flot de parole. Ses poings se serrent légèrement, puis se relâchent et il se lève. Non pas qu’il souhaite prendre de la hauteur, mais parce qu’il ne tient naturellement pas en place. Il se promène, effectue quelque pas, regarde sans regarder les alentours. Coincé dans une bulle, il se perd dans ses envies de vengeance, il s’égare dans ses envies de meurtres. Il n’y a plus personne autour de lui, pas même un chemin, et encore moins du mobilier.

Son objectif lui revient en tête, et ses pensées ne s’égarent plus. Il se perd dans des explications, puis dans ses envies. Kochtcheï était très sérieux, et cela ne le dérangeait pas de tuer un pauvre magicien pour coincé son Djinn sur terre afin de le torturer. Ce sont des aberrations, des déchets, des incapables qui ne sont pas fichues de se débrouiller l’un sans l’autre. Ethan. Ethan lui revient en tête, et il se voit encore en train de l’étrangler, de le cribler de balle pour passer ses nerfs. Ce n’est pas suffisant, il le ramènerait bien d’outre-tombe pour recommencer, autant de fois que nécessaire, pour passer cette énorme frustration. Sale con, sale menteur, sale abruti, il aurait mieux fait de le laisser se faire racketter en bas de son immeuble et s’allumer une clope pour profiter du spectacle comme il fait d’habitude. Stop ! Il s’égare, il réfléchit trop. Je t’aiderai. Ses pupilles verdoyantes basculent enfin sur Egerton. C’est vrai, il est chez-lui, dans cette cave, encore une fois. Seulement, il est confiant. Les choses ne se déroulent pas deux fois de la même façon, et il n’y a aucune animosité entre eux. Du moins, plus maintenant. «Parfait alors.» Lâcha-t-il avec légèreté, cessant de planter au milieu du salon après avoir fait les cents pas. «Cela dit, si tu te mets en travers de mon chemin, je te verrais comme un obstacle à abattre, je te préviens.»
Un avertissement, car le slave n’est pas connu pour son efficacité en travaillant en équipe. Ni pour son caractère aidant à une bonne cohésion de groupe soit dit en passant. Ses derniers pas le mènent à ces fameux dossiers avant de retourner s’asseoir. Pour combien de temps ? Aucune idée, il faut dire qu’il veut de l’action. Il accepte, oui. Sans connaître dans quoi il s’enfonçait, ni même où cela allait le mener, mais il donne son accord tout de même. Avec un sursit car, le docteur n’avait pas été très précis quant à la nature de cette fameuse opération à laquelle il tient tant. Et la conversation a suffisamment été centrée sur lui pour continuer. À son goût, il en avait déjà trop dit pour quelqu’un qui tenait à garder ses secrets.

Ses doigts feuillettent les pages, et s’arrêtent lorsque l’intérêt est piqué. Les yeux fermés sur le comment ces informations ont été obtenues, Kochtcheï était concentré sur sa lecture, retraçant lignes et croquis des yeux, enregistrant tout ce qu’il voyait pour les retranscrire plus tard chez lui. De temps en temps, il relève le regard pour surveiller et voir où était Basil, méfiance et paranoïa obligent. «Tu sais, j’suis pas prof. J’vais pas te donner une note.» Un simple commentaire soupiré, alors que ces quelques mots ne sont qu’une façon d’admirer le temps passé sur cette compilation d’information. Il pourrait le flatter, faire un effort, reconnaître que c’était un travail au-delà de bon ; Extrêmement précis et minutieux, mais non. C’était Shura après tout, ce n’était pas son genre de lancer des fleurs. Encore moins au personnage qui se trouvait en face de lui. Il n’y avait pas encore suffisamment de confiance ni d’estime pour cela. Il cherche néanmoins, voyant bien que son hôte attendait quelque chose de sa part. Sans compter jouer les souries de laboratoire, bien sûr. Mais il n’y a rien qui lui traverse l’esprit, et tout ce qu’il trouve, c’est de remettre le sujet de départ au centre de la discussion. Il garde ses commentaires sur ce qu’il tient entre les mains pour plus tard.
Bien que ses yeux étaient rivés sur le dossier en cours, il écoute. En premier temps, pas de surprise. Cela l’aurait été s’il souhaitait l’ouvrir comme une huître pour autre chose que des recherches sur sa condition. Et n’ayant pas encore eu le plaisir de décortiquer un cadavre de métamorphe contrairement à son interlocuteur, ce qu’il lui explique découle d’une certaine logique. Par contre, pour ce qui est de la suite, son visage se fait plus sérieux. Il n’y a pas de colère, ni de crainte. Kochtcheï reste de marbre devant la succession de tableau qui s’enchaîne au fur et à mesure de ses explications. Toutes les éventualités étaient une belle phrase pour signifier qu’il avait de forte chance de clamser. Cela dit, il ne s’emporte pas. Il se contente de se redresser sur son fauteuil pour s’adosser, ne serait-ce que pour se mettre plus à l’aise afin d’entendre le reste.

Mitigé. Cela se voit sur sa face. Le russe a beau rester calme, il y a plusieurs points qui le fait tilter. Tout d’abord au sujet de la vitesse de métamorphose, car il n’a pas de réel contrôle dessus. Comme a pu le constater Egerton un peu plus tôt, elle surgit sans qu’il ne donne son consentement, suite à un choc émotionnel. Deuxièmement, il ne tient pas vraiment à éparpiller ses boyaux sur le sol, et c’est ce qu’il risque fortement. D’autant plus qu’il faut rester conscient, et ce n’est pas non plus un glaçon face à la douleur. Il a une part d’humanité malgré tout. Et il a beau avoir une volonté de fer, elle est néanmoins limitée par son propre corps qui ne peut pas encaisser éternellement. Troisièmement, et non des moindres : il doit lui faire confiance. Un rire gras et nerveux s’échappe de la bouche de Kochtcheï à ces quelques mots, et ses yeux roulent vers le plafond. «Tu m’en demandes trop, t’en es conscient ? M’ouvrir passe encore, mais ...» Faire confiance. Un soupir traverse de nouveau ses lèvres, et sa main renvoie nerveusement cette tignasse ébène en arrière. «Écoutes, y a beaucoup de truc où c’est vraiment très risqué.» Commence-t-il à dire tout en fermant le dossier pour le poser (jeter) sur la table-basse. «Je sais pas comment t’expliquer. Je contrôle pas ma métamorphose. Alors déjà, ça va poser souci pour ralentir celle-ci pour que tu fasses tes observations. C’est comme ... Une guerre civile entre l’homme et l’animal. On se bat pour avoir la place, et il a beaucoup plus d’instinct de survie que moi.» Un léger rire nerveux, auto-moqueur, s’échappe de sa bouche tandis qu’il s’accoude sur ses cuisses. «Alors si tu l’attaches, tout ce que tu réussiras à faire, c’est de le faire paniquer et de vous blesser. Très franchement, avec ce que je me mets chez moi, une dose de cheval n’est pas terrifiant. Et je pense que t’aurais plus de chance en faisant l’inverse. Mais j’crois pas que tu sois vétérinaire. Enfin, pas aux dernières nouvelles. Attendre qu’il est prit ma place, et l’ouvrir lui. Là, c’est moi qui reprendrait les rênes, je pourrais ralentir sans prendre le risque d’exploser mon cœur où d’éparpiller mes organes sur le sol.» C’est sa suggestion pour essayer de palier aux petits problèmes. Parce qu’à côté du restant, c’est rien. «Par contre, te faire confiance...» Il y a long de sous-entendu dans cette simple phrase, et cela se voit dans le regard de Kochtcheï.

Ses yeux hurlent “Impossible”.
Impossible de placer sa confiance dans un homme aussi dénué d’empathie. Quoi que, est-ce que cela relève de la capacité de ressentir les émotions des autres ? Hm, non. Le slave a beau avoir du sang sur les mains, refouler ses sentiments autant que faire se peut, il a néanmoins du cœur. Suffisamment pour réfléchir, penser et méditer sur ses actes. Les remettre en question, avec toujours un tas d’argument en sa faveur pour se donner bonne conscience. Quand il n’en a plus, il donne la relève aux drogues pour faire taire ses angoisses. C’est ainsi, ça a toujours été ainsi. Son penchant pour le joint n’est pas arrivé via un claquement de doigt, et il n’a jamais perdu cette mauvaise habitude. Quelque part, Basil n’a pas à se plaindre de ça : c’est ce qui le rend, à l’heure actuelle, à l’écoute. Parce que ses idées et son humanité sont bridées par le THC. Mais là, on parle de faire confiance, une chose que, malgré tous les efforts du monde, Kochtcheï a bien du mal à faire. Déléguer ses tâches est une chose, mettre sa vie entre les mains de celui qui a manqué de la détruire en est une autre. Dire oui, ce serait de la folie pure.
Ses yeux le dévisagent, pour ne pas dire le lacèrent. Non, il refuse. Pas maintenant, il doit faire ses preuves. On ne parle pas de démontrer toute l’étendu de son intellect. On parle d’humanité, de conscience. D’autre chose que se comporter comme une véritable petite pute de la science. «Il va falloir que tu la gagnes. Et quand je dis “gagner”, ce n’est pas en tirant le bon numéro par chance. Ce n’est pas un lot de tombola, et encore moins quelque chose que tu peux foutre dans un caddie et payer comme au supermarché.» Son menton se pose sur ses mains croisées ; Bon courage.

Bisou.
(c) DΛNDELION

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a night under the stars
maybe we’re just two stars born from different constellations, we were never meant to connect, oh, but how we tried, we screamed, but it was never enough.
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Basil Egerton
FÉE
FÉE
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AGE DU PERSONNAGE : 34
RACE : Fée
MÉTIER/ÉTUDE : fossoyeur, chercheur au compte des Dux Tenebris, écrivain, criminel et scientifique déviant à ses heures perdues

(basil) welcome to my cage, little lover

Mar 12 Fév - 0:39

V. Shura Bäckähäst & Basil Egerton

Welcome to my cage, little lover


Parfait alors, marché conclus. C’était aussi simple que ça, discuter en toute amoralité d’enlever un être conscient et sentient pour le mettre au service de tes recherches, pour le faire esclave de votre bon-vouloir. Ton partenaire de fortune t’avertit cependant : Si tu te mets en travers de mon chemin, je te verrai comme un obstacle à abattre. Sa mise en garde a des allures de menace, mais tu te fais une mission de soulager ses inquiétudes. « Ce ne sera pas nécessaire. » Tu renonçais à ta priorité, ici même, tant pis si tu n’aimes pas ses méthodes, tant pis si la cible te déplaît. Ce n’est jamais qu’un djinn, il n’a déjà rien à faire dans ce monde, il n’a pas de corps, pas de réalité, c’est un fantasme – alors qu’importe : tu le lui laisses volontiers, et tu mettras ta science au service de sa curiosité. Si cela te vaut de l’obtenir ensuite comme cobaye, tu n’as pas de raison de faire ton difficile.
Tu restes à quelques pas, tandis qu’il s’éparpille dans tes recherches. Tu es peut-être un peu nerveux, un peu fier, un peu embarrassé, mais ce n’est pas tant cela qui te motive à appuyer ton regard. C’est aussi que tu es curieux de ce qui le rendra curieux, tu veux savoir ce qui l’intéresse, comme une potentialité pour l’intéresser davantage. Non pas tant dans un souci de répondre à ses attentes que de le connaître plus en détails. Alors tu n’attendais pas tant une note, un commentaire, ou quoi que ce soit – peut-être seulement un signe qu’il avait rencontré quelque chose qui ne lui plaisait pas, ou qui au contraire exacerbait son attention. Et ce n’était pas évident quand on avait autant de mal à lire un visage : tu ne pouvais faire autrement que l’affliger de tout le poids de tes rétines, au point de dissocier ses organes et désorganiser ses traits, de ne plus voir Kochtcheï mais un nez, un froncement de sourcil, un cillement de paupière, une articulation au coin des lèvres – et tout un ensemble de frissonnements qui ne voulaient rien dire. Certains jours, tu aimerais être capable de comprendre un visage entier d’un simple regard sans être obligé de décrypter cette cacophonie infernale de signes minuscules.

Ça ne dure pas, tu as bien vite autre chose dont te soucier : tu lui expliques aussi précisément que possible ce que tu envisages, sans pouvoir tout à fait entrer dans d’autres détails, puisqu’après tout tu n’avais pas eu davantage que quelques courtes heures pour y penser. Il te laisse parler, et n’initie aucun mouvement pour prendre la fuite, ne témoigne aucune colère, ni aucune panique qui puisse inciter la bête à ressortir. C’est bon signe, seulement voilà, tu t’y attendais, ça ne sera pas pour tout de suite. Tu m’en demandes trop dit-il, après un rire que tu peines à traduire. M’ouvrir passe encore, mais… Mais ? Même pour toi, cette réponse parait absurde. S’il était enclin à te laisser l’opérer vivant quand tu n’avais jamais touché qu’à des morts, quels arguments avait-il pour refuser la proposition ? Négligemment, il venait d’admettre le point que tu avais considéré comme étant le plus difficile à lui faire avaler. Et c’était assez inattendu pour que tu décuples ton attention sur les explications qu’il te donne par la suite.
Une première difficulté est soulevée d’entrée de jeu, une difficulté que tu n’avais pas envisagée encore dans l’organisation que ton esprit avait brièvement construite : il était incapable de provoquer sa métamorphose du simple fait de sa volonté. Bien sûr, tu savais qu’une émotion violente avait des chances de faire ressortir l’animal – tu l’avais soupçonné devant tes vêtements en charpie, tu l’avais observé de tes propres yeux ici même. Tu savais aussi que tous les métamorphes ne possédaient pas la même maîtrise de leur alter ego, que certains avaient plus de facilité à le contenir en cas de choc, que cela pouvait venir avec le temps et la pratique. Et tu savais que d’une manière générale, la métamorphose pouvait se provoquer dans un sens comme dans l’autre par la volonté du métamorphe, comme un homme déciderait de bouger un muscle. C’était l’idée que tu t’en faisais, trop approximative : pour tout le reste, tu étais encore trop ignorant. Il allait falloir que tu te familiarises aux subtilités individuelles de ton sujet d’expérience si tu voulais réduire les chances de mettre sa vie en danger. « C’est fâcheux », c’est tout ce que tu trouves à murmurer devant les faits. On ne va pas mentir : tu étais contrarié. Tu avais besoin d’un métamorphe vivant et consentant, ce qui faisait de Kochtcheï un spécimen parfait, mais ce qu’il t’avoue remet en cause toute ton expérience. Comment pourrais-tu la mener à bien si l’étalon n’en fait qu’à sa tête ? Déjà que Kochtcheï lui-même était imprévisible – et c’était bien ce qui te plaisait chez lui d’ailleurs, mais néanmoins cela risquait de mettre en échec ton projet un peu trop ambitieux dans votre état actuel.
Pourtant une lueur d’espoir : devant cet épineux problème, il soulève une solution qui s’avère être envisageable. Simplement, procéder à la métamorphose inverse. Opérer le cheval et laisser l’homme reprendre le dessus. Cela impliquait de discipliner la bête à coup d’anesthésie lourde, sans pour autant assommer la conscience humaine puisqu’il lui faudrait la pleine possession de ses moyens pour se ramener à la forme désirée, et avoir des chances d’en ralentir le processus. Ce qui ne serait peut-être pas évident dans les faits, mais avait toujours davantage de chances de fonctionner que ta propre proposition… à cela près que tu n’étais pas vétérinaire. Tu avais bien une vague idée de l’anatomie du cheval, meilleure sans doute que le premier tocard venu, mais certainement pas assez pour te permettre de le découper sans risques. Mais tu ne reculais pas devant une opportunité d’accroître tes connaissances en biologie, après tout. Bien sûr, tu comptais faire tes recherches en amont. Et s’il fallait pour le rassurer que tu fasses l’acquisition d’un cheval et que tu le tues pour t’entraîner sur sa carcasse, tu le ferais sans une once d’hésitation – tu y pensais, à l’instant même, ça t’apparaissait comme une nécessité. Mais après tout, ce n’était pas un destin moins cruel que l’abattoir qui destinait leur viande à la consommation.

Cependant, il apparaît bien vite que tous ces problèmes ne sont qu’accessoires. Vous pouviez les résoudre ensemble, mais encore fallait-il qu’un ensemble soit possible, et Kochtcheï ne pouvait envisager de t’accorder toute sa confiance. Tu soutiens son regard – tu t’y attendais. Tu t’y attendais parce que tu as commis des erreurs, parce qu’il a des reproches à te faire, parce que tu as dépassé les bornes. Pourtant d’un autre côté, tu as comme l’impression que c’est une barrière que vous avez déjà franchie. Parce qu’il était ici, ce soir, parce qu’il était revenu. Parce que tu aurais pu le tuer et tu ne l’avais pas fait, parce qu’il aurait pu te tuer et ne l’avais pas fait non plus. Pour toi, la confiance était déjà réciproque, mais lui et toi n’aviez pas les mêmes standards. Tu n’attendais pas de sa part qu’il soit honnête, ou cordial, ou pacifique, ou tolérant. En fait, tu n’attendais rien de lui en particulier, tu l’appréciais tel quel et sans contrainte, et jouer avec lui comme vous l’aviez toujours fait. Il avait franchi le cap, tu avais en lui une confiance aveugle – mais bien sûr, tu ne pouvais décider à sa place de la confiance qu’il t’accordait.
Alors tu t’y résous. Tu y renonces, temporairement au moins, signifiant par un soupir que tu admets son point de vue, et acquiesce sans le remettre en question. Il va falloir que tu la gagnes, et visiblement tu avais bien du chemin à faire. Tu te permets un sourire forcé qui fane parce que tu ne peux rien en faire. « Oui – bien sûr, je comprends. » Tu comprends, vraiment ? Pas tout à fait, mais c’est une façon de te mettre de son côté. En réalité, tu es un peu démuni, et à manque d’argument, parce qu’il y a toujours cette chose, cette compassion que tu n’as pas, qui t’empêche de savoir exactement comment t’y prendre. Tu viens te poser contre l’accoudoir de son fauteuil – sans geste brusque, détends-toi ok il ne va rien te faire - et t’adresses à lui en toute franchise. « Il n’y a rien que je puisse dire qui irait te convaincre de me faire confiance. Mais – Kochtcheï, tu réalises que je n’ai pas intérêt à ce que tu meures ? Je n’ai pas envie que tu meures, je ne ferai rien si j’ai dans l’idée que tu as de bonnes chances d’en mourir inutilement. Je pensais que c’était acquis. Tu n’as pas confiance en moi, mais tu peux avoir confiance en ça. » Tu le dévisages un instant, confortant pour toi-même ta propre idée en silence. Non, non il était de ces rares personnes qui avaient plus de valeur à tes yeux vivant que mort. Et rare, le mot est faible. Tu aurais pu les compter sur les doigts d’une main. Sur deux doigts, même, peut-être. Dans ton entourage immédiat, il n’y avait que lui.
Tu amorces en direction du dossier jeté sur la table un mouvement de tête, et tu quittes l’accoudoir, jugeant que vous n’aviez plus rien d’essentiel à vous dire. « N’hésite pas. Je n’aime pas savoir mes documents en vagabondage d’un bout à l’autre de Bray, mais tu es libre de les consulter comme tu veux, prends en note ce qui t’intéresse. Je n’ai plus rien à t’y cacher, pour ma part tu as obtenu ma confiance le jour où je t’ai laissé quitter cette cave en vie. » Tu as eu un bref sourire, et puis avec une certaine taquinerie dans la voix, tu as ajouté : « Bien sûr, je n’aimerais pas être toi le jour où tu auras l’idée de la trahir, mais après tout, on joue déjà à un jeu dangereux. » Le chat et la souris, Trivial Poursuit, Docteur Maboule. De grands enfants, quand on oubliait les enjeux. Mais c’était votre communication à vous, à base d’énigmes, de menaces de mort et de post-it. Ça n’était pas gagné d’avance. Tu soupires et passes une main sur ta nuque. « J’étais pressé de te faire part de l’idée, mais il est évident qu’elle n’est pas immédiatement réalisable. Je vais la travailler, réfléchir à tout ce qui s’est dit. Attendre que tu sois prêt ou trouver autre chose. Mais il va de soi que cela ne remet rien en cause. Je suis toujours intéressé pour te prêter main forte si tu trouves quoi que ce soit qui serve à mes études. Ou qui puisse te convaincre que je ne cherche pas absolument à te faire courir des risques. » Un sourire amusé, encore, mais celui-ci avait plutôt tendance à se moquer de toi-même. Tu n’étais pas très bon pour gagner une confiance, c’est le moins que l’on puisse dire. Peut-être étais-tu brillant sur un certain nombre de points, mais du point de vue de l’intelligence sociale, tu étais particulièrement stupide.

AVENGEDINCHAINS

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This is the sin
and everyone can tell - the moral objections to something so profane, oh but the deepest of convictions are the darkest positions, little remissions for the varicose vain. modern day cain
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