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Un peu plus d'un mois qu'elle était là et le diagnostic n’était pas spécialement positif. Elle ne pouvait pas non plus dire qu’il était mauvais, après tout elle avait un travail, un logement, son fils adoptif était arrivé et elle avait commencé à nouer quelques relations, même avec une libraire à son plus grand bonheur. Mais voilà elle avait découvert qu’ici aussi il y avait toute une population de surnaturelle et donc naturellement de chasseur, elle n’avait pas d’appartement pour vivre avec son fils adoptif qu’elle hébergeait discrètement dans un hôtel et avait subit une magnifique catastrophe naturelle. Yelena avait trouvé refuge dans la bibliothèque, un livre prit au hasard posé devant elle. Elle ne l’avait pas vraiment lu, elle l’avait juste ouvert pour faire semblant. Dehors, à l’intérieur, dans le virtuel, partout il y avait cet esprit de Noël. D’habitude elle s’en serait réjouie, aurait passé des heures avec Nikita pour décorer le sapin, elle aurait courut les magasins pour couvrir ses deux enfants d’une montagne de cadeaux, mais cette année elle ne faisait rien de tout cela. Elle ne portait même pas le traditionnel pull de saison. Sa joie était partie avec l’arrivée des souvenirs d’une Russie froide et sous la neige. Elle ne pouvait le nier, sa terre natale lui manquait, l’absence de son fils avait ouvert un puit sans fond et à présent elle devait apprendre à vivre avec. La journée n’avait pas été haute en couleur pour Yelena et sa soirée s’annonçait aussi morose si elle ne faisait rien, alors une heure avant la fermeture de la bibliothèque elle était retournée à l’appartement, après avoir emprunter le livre qu’elle avait prit. Elle découvrirait plus tard ce qu’il racontait vraiment.
Elle ne fut pas surprise de trouver le logement vide. Juste Harvard pour lui tenir compagnie. Elle caressa rapidement l’animal avant de se glisser dans la cuisine pour préparer un repas simple mais sain pour deux personnes. Yelena commençait à connaître ses colocataires et ses instincts de mère poule ne pouvait s’empêcher de réapparaître en leur compagnie. Elle leur prépara donc de quoi se nourrir pour ce soir, prenant soin de coller un post-it sur le frigo : « Je suis sortie, ne m’attendez pas pour manger. Les plats sont au frigo, vous avez plus qu’à les réchauffer. Yel’ ». Ne pas être avec eux ne l’empêchait pas de vouloir prendre soin d’eux. Si d’habitude une soirée à la maison était ce qui lui plaisait le mieux, son cerveau avait vite compris que si elle ne se changer pas les idées elle serait bonne pour être dans un état maussade jusqu’à la fin des fêtes et il en était hors de question. Il y avait des gens qui comptaient sur elle et surtout elle ne voulait pas qu’Illarion la voit dans cet état. Pour ce fils adoptif Yelena se devait d’être souriante et dynamique. Elle s’était donnée comme mission de l’élever comme elle le ferait avec son fils, avec autant d’amour et d’attention. Elle avait beau s’avoir qu’il s’agissait d’un génie de plus de 3000 ans, elle ne pouvait s’empêcher d’y voir un enfant à qui elle devait donner toutes les clés pour réussir sa vie.
Un tour rapide dans sa chambre, elle troqua sa robe informe surmontée d’un pull trop grand pour un jean, un pull col roulé ajusté et une paire de talon. Elle ne cherchait pas forcément à plaire, mais se faire un peu belle pour sortir, même seule n’était pas un crime, encore moins quand il s’agissait d’essayer de se redonner un peu de baume au coeur. Le temps de la marche, elle se retrouva dans un bar animé de la ville, accoudée au bar, un soda posé juste en face d’elle. Yelena était d’accord pour avouer que la situation devait paraître cocasse : une jeune femme de presque trente ans, seul dans un bar, quelque peu habillée, devant un coca-cola. Le serveur avait sourit quand elle lui avait commandé sa boisson. Il lui avait d’abord demandé si elle devait reconduire des amis après la soirée, elle avait répondu qu’elle avait ses propres motivations. Il semblait vouloir lui tenir compagnie, non pas désagréablement, mais sans doute car il avait du lire sur son visage la tristesse qui l’habitait. Alors elle avait fini par le congédier d’une phrase sans équivoque sur un ton ni froid ni chaleureux.

- La boisson ne répond pas, elle se tait.

Sur cette phrase elle avala une gorgé du soda et se retourna pour regarder la salle qui était bien animé. Il n’y avait pas une foule immense, mais elle était bruyante et dynamique. Yelena sourit, cela faisait bien longtemps qu’elle n’avait plus fréquenté ce genre d’endroit. Sa mère et son frère en serait fière, estimant qu’il est bon de se mélanger au populaire, son père aurait probablement frôlé la crise cardiaque, jurant que ces mélanges ne devaient pas dépasser la fiction. Quant à son époux, elle préféra ne pas y penser. Seulement voilà tout ça lui rappela Nikita, son premier Noël sans sa mère, sans savoir où elle était et même si elle était en vie. Qu’avait-on bien pu raconter à ses proches ? Elle devrait probablement questionner Illarion la dessus un de ces jours. Pour l’instant elle prit une grande inspiration en fermant les yeux avant d’expirer et de les ouvrir. Yelena n’était pas ici pour déprimer et songer à son ancienne vie. Elle s’insulta elle-même d’idiote et d’incapable avant de se glisser dehors sur la terrasse avec son verre de coca-cola et glissa une cigarette entre ses lèvres. Si elle était une fumeuse occasionnelle, elle trouvait qu’elle fumait de plus en plus en ce moment, la faute aux évènements pensa-t-elle. Elle fouilla ses poches à la recherche de ses allumettes, mais se rendit bien vite compte qu’elle les avait oublié à l’intérieur et n’avait pas la motivation de retourner dans le vacarme qui malgré sa forte intensité ne l’empêchait pas de s’entendre penser.

- Et merde fait chier ! 

Jusqu’au bout sa journée semblait déterminée à être mauvaise. Enfin elle essayait de voir le bon côté des choses, elle serait obligée d’adresser la parole à quelqu’un si elle voulait fumer sans rentrer à l’intérieur. Yelena laissa son regard se poser sur les quelques courageux ayant décidé de braver le froid pour fumer, mais elle déchanta vite, ils étaient tous en groupe et elle n’avait pas envie de socialiser avec plusieurs personnes se connaissant déjà. Elle préférait l’idée d’une personne seule avec qui il serait plus simple d’échanger sans se sentir perdue au milieu de conversations remplies d’anecdotes qu’elle ignorerait.
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❝ talking bodies, you got a perfect one so put it on me ❞Talking bodiesLa journée avait commencé doucement. Réveillé avant tout le monde, comme d'habitude, j'étais parti sur la terrasse, afin de fumer mon joint, accompagné d'un café bouillant, mon petit déjeuner habituel depuis que j'étais sorti de prison. Je savourais le calme de la ville qui se réveillait, avant de voir ma mère arriver. J'avais donc vite jeté mon pétard, essayant d'évacuer la fumée de ma main quand bien même c'était ridicule d'espérer cacher l'odeur ainsi. Son sourire en coin m'avait bien signalé ce fait d'ailleurs elle le savait. Mais d'un autre côté, je savais qu'elle appréciait l'effort, de lui épargner ça. Elle avait été très touchée par mes longues années de prison, j'avais l'impression que son visage s'était creusé. Alors, la gorge nouée, je l'avais regardé :

"Bonjour maman."


J'aimais quand elle venait me rejoindre le matin, pendant que papa se préparait pour aller travailler. J'aimais qu'ils me traitent un peu comme un gamin, comme si je n'étais jamais parti. Comme si j'avais encore 16 ans, en fait. Ce simple geste de la main dans mes cheveux, pour décoiffer ma tignasse coupée n'importe comment, rasée sur les côtés, longue au milieu. Ce "bonne journée fils". Cette affection qui m'avait manqué au travers d'une vitre. Elle me proposa même de partir faire des courses, pour des cadeaux de Noël. Je détestais cette fête à présent, vraiment, c'était épidermique ! Mais j'avais envie de lui faire plaisir. Alors je m'étais habillé, comme je pouvais, pour l'accompagner dans des dizaines de magasins, au moins. Pour des jouets, des instruments de musique, dépensant ce qu'elle avait pu économiser durant des mois pour tous ses enfants adorés. J'avais aussi eu mon premier versement de chômage, alors j'avais pu verser quelques billets par-ci par là. Elle avait râlé, ça oui ! Mais j'avais aussi répondu avec fermeté :

"Laisse moi profiter un peu, je n'ai pas été là si longtemps, ça me fait plaisir, maman."

Et l'argument avait fait mouche au final, elle m'avait laissé vider mon compte un peu. Gardant de quoi aider pour le reste du mois, et profiter aussi de la vie un peu. Car après toute cette proximité avec ma mère, j'avais été épuisé, j'avais eu besoin de sortir, de me promener. Parce qu'avec maman, c'était toujours plein d'émotion. J'essayais de me contenir, mais j'avais tout le temps envie de pleurer comme un gamin. De lui demander pardon pour ce que j'avais fait. Mais je ne le faisais pas, car elle m'avait demandé de ne rien dire. Alors, je portais tous ses sacs, la soulageant, pour ensuite rentrer à la maison, et l'aider à tout emballer dans les paquets cadeaux. Histoire d'être le fils parfait. Elle ressentait d'ailleurs cette intention, car elle me répétait plusieurs fois qu'elle m'aimait. Alors, invariablement, je répondais :

"Moi aussi je t'aime, maman."


C'était étrange d'entendre un grand dadais de quasiment un mètre 90 tatoué de la tête aux pieds dire des mots pareil à sa mère, n'est-ce pas ? Mais je m'en fichais bien il fallait l'avouer. Ma mère, c'était... Ma mère. Et le premier qui me reprochait d'être doux avec elle pouvait bien découvrir comment je serai doux avec lui aussi.

Au soir, une fois la journée avec ma mère passée, puis un moment avec mon père, j'eus besoin de sortir. De prendre l'air. A la nuit tombée, j'étais allé donc à ce bar, dans mon quartier, où je commençais à avoir mes marques. J'y étais bien, après tout, c'était un coin aussi mal famé que lorsque j'étais en taule, là bas, y'avait probablement plus de mecs qui venaient du même endroit que moi que des quartiers chics. Quelques uns s'étaient même décidés à devenir mes potes. Mais ce qu'ils étaient cons ! J'avais donc fini par me décider à sortir seul, autant pour les éviter que pour fumer une clope. Juste derrière une rousse d'ailleurs. Je m'étais accolé à une rambarde qui séparait le trottoir de la rue, observant un peu les groupes qui s'étaient agglutinés pour profiter de la soirée, tirant des lattes qui me détendaient aussi bien que les quelques verres d'alcool que j'avais déjà dans le sang. Paddy, la meilleure chose que les irlandais pouvaient avoir inventé.

Et visiblement, cette jeune femme avait besoin d'un irlandais avec un briquet. Je ris à l'observer avir besoin d'un feu et ne pas m'avoir vu derrière elle, tandis qu'elle râlait de ne pas avoir envie de sociabiliser. Très amusant, vraiment. Et je ne me fis pas prier pour finalement dégainer mon briquet, afin de l'allumer directement, tandis qu'elle avait encore sa cigarette dans sa bouche. Une fois cela fait, je lui fis un sourire en coin, disant avant même qu'elle ne dise quoi que ce soit :

"De rien, tout le plaisir est pour moi."


Je ne pouvais pas m'empêcher d'être un peu pince sans rire. Après tout, c'était comme si j'avais été invisible lorsqu'elle m'avait passé du regard. Peut être parce que j'étais justement proche d'un groupe qui pinaillait à côté de moi... Mais je n'aimais pas être ignoré par une femme, aussi canon soit-elle. Je n'avais pas spécialement envie de draguer, mais disons que c'était un beau morceau de femme. Je savais me tenir, allez, mais quand je n'avais vu que des matonnes pendant six ans... Ouais, j'avais ce regard appréciateur, tout en tirant une nouvelle latte.

"On dirait que tu as peur de te sociabiliser."


Je faisais référence à son énervement à l'idée de parler avec l'un de ces troupeaux pour demander un feu. J'aimais bien, ça lui donnait un air des plus revêches, pas la demoiselle facile.
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La première fois qu'elle avait scanné l'extérieur de son regard elle ne l'avait pas aperçut, l'assimilant involontairement au groupe qui se tenait juste à côté de lui. À présent elle affichait un sourire en coin en le voyant approcher, briquet en main, prêt à devenir son sauveur. Yelena le laissa faire, tirant sur sa cigarette lorsque le feu en lécha l'extrémité. Pendant qu'elle souffla la fumé, elle laissa son regard se perdre un instant sur lui. Il paraissait jeune, mais pourtant elle voyait en lui une certaine maturité ; elle ignorait ce que c'était, mais elle appréciait cette sensation. Il avait aussi un côté désinvolte, rebelle, une attitude qui lui fit agrandir son sourire. Elle se revoyait plus jeune en Russie lorsqu'elle sortait en secret dans ces lieux fréquentés par des jeunes que son père désapprouvait. Elle ressentait cette même sensation d’excitation de l'interdit et cela lui fit du bien.

- Merci

Il ne lui avait pas laissé le temps de répondre à son geste, mais elle le fit quand même pour la forme et parce que la politesse était dans ses principes. Ils auraient pu en rester là, à fumer côte à côte, buvant tranquillement leurs boissons respectives, mais il engagea la conversation en premier. Yelena se retenait de sourire à nouveau, se faisant la réflexion que le jeune homme était plutôt observateur ou était-ce parce qu'il était lui aussi seul dehors qu'il avait pu prendre le temps de l'observer ? D'un côté elle n'aimait pas cette idée, mais de l'autre elle devait bien avoué qu'il était agréable de penser qu'on pouvait s'intéresser à elle. Cela faisait des années que son mari avait perdu tout intérêt pour elle, ne voyant que la mère de son fils et rien de plus. Alors elle décida que ce soir elle pouvait se permettre de se détendre et être appréciée.
Yelena resta volontairement quelques minutes silencieuse, tirant sur sa cigarette, avalant une nouvelle gorgée de son soda. Ce n'était pas uniquement pour se faire désirer, c'était aussi car elle cherchait ce qu'elle devait répondre. Elle n'était plus si jeune et elle avait perdue l'habitude d'être autre chose que la mère du fils d'une riche et puissante famille. Elle profita de son silence pour se retourner dans ses souvenirs de jeune adulte et y trouva sa réponse. Elle plongea son regard dans le bleu de son interlocuteur et lui répondit enfin, en exagérant légèrement sur son accent russe déjà bien présent.

- Pourquoi vouloir aller vers les autres quand ils viennent vers vous ?

Elle afficha un franc sourire, avala une nouvelle gorgée de son soda et grimaça quand elle sentit les glaçons cogner contre ses lèvres. Les serveurs mettaient toujours trop de glaçon à son goût dans les sodas. Elle voulait soupirer et se plaindre, mais elle se rappela qu'elle avait de la compagnie et que ce comportement ne serait pas des plus séduisants alors elle n'en fit rien et pesta intérieurement contre le serveur. Soudain Yelena se demanda pourquoi voulait-elle être séduisante ? Tirant à nouveau sur sa cigarette elle haussa discrètement des épaules. Peu importait au final la raison, le résultat était-là : si elle pensait encore à son passé, au moins elle avait perdu la tristesse et l'air maussade qui l'avait envahis toute la journée.
Puis la curiosité se fit une place dans son esprit. Pourquoi un jeune homme venait traîner dans ce genre de bar au lieu d'être dans ceux plus branché de la ville, là où il trouverait plus facilement des filles de son âges ? Son esprit maternelle s'inquiétait un peu de ce que cela pouvait cacher, mais elle mit rapidement un terme à celui-ci se sermonnant de ne pas l'être en cet instant, cela serait déplacé. Pourtant elle ne pouvait s'empêcher de poser la question, non pas pour rassurer la mère qu'elle était, mais plus pour satisfaire sa curiosité et montrer qu'il n'était pas le seul observateur.

- Pourquoi un jeune homme, visiblement solitaire ce soir, vient ici plutôt que dans les bars huppés de la ville ?

Elle avait lancé la question comme ça, reportant son attention sur le visage de son interlocuteur. Lorsqu'elle tomba à nouveau sur ses cheveux elle se fit la remarque qu'elle les aimait bien, cette coupe indisciplinée qui du haut de sa tête retombait de manière désinvolte. Elle songea qu'elle y aurait bien glissé les doigts pour voir s'ils étaient doux et si elle pouvait leur donner un peu plus de désordre, mais elle n'en fit rien, jouant avec son verre et sa cigarette à la place pour s'occuper les mains.
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❝ talking bodies, you got a perfect one so put it on me ❞Talking bodiesA la regarder prendre son temps pour me répondre, tirant des lattes sur sa clope puis buvant de son soda, j'eus un sourire en coin. Hum, qu'est-ce que cela signifiait ? Qu'elle se plaisait à me faire attendre ? Sympathique, j'aimais bien. Surtout qu'elle me répondit enfin en me regardant dans les yeux, disant qu'il était inutile d'aller vers les autres si on venait vers elle... Elle n'avait pas tort : touché. Elle me sourit donc, je fis de même. Poussant même jusqu'à avoir un petit rire, au final. On voyait bien que je n'avais plus l'habitude de ça, n'est-ce pas ? Alors, allons y tout simplement au naturel, le moi d'aujourd'hui, un peu cassé par rapport à l'adolescent qui papillonnait un peu, mais toujours là, avec ma franchise désarmante et mon intérêt bancal.

"Effectivement. J'ai mordu à l'hameçon en tout cas..."

Après un léger silence, elle sembla ensuite s'intéressant à la raison pour laquelle j'étais ici, dans ce bar crade, pas franchement le top pour la drague, comparé à ceux du centre ville, où tous avaient une pancarte "chauffez moi". Hé bien il n'y avait pas de secret, et puisqu'elle demandait, je n'allais pas contrarier sa curiosité. Après tout, rien à cacher, et c'était bon pour la discussion, l'honnêteté, aussi.

"Plusieurs raisons. La première... J'habite à côté. Le chemin sera moins long si je dois ramper pour retourner dans mon lit... Et deuxième raison, je suis juste venu prendre l'air, boire un coup. Je ne m'attendais pas à croiser... Quelqu'un."

Draguer, ce n'était plus trop dans mes attributions, pour le moment. En réalité, je ne savais même plus comment ça fonctionnait, enfin, dans mes souvenirs, c'était beaucoup plus instinctif. Je levais limite le doigt et j'avais une demoiselle qui se levait avec. Marrant, n'est-ce pas ? A présent, j'avais dans l'optique que c'était beaucoup de complication pour au final juste tremper la nouille, enfin, le bénef' n'en valait pas plus la chandelle que ça. Mais enfin, si une jeune femme se tournait vers moi pour me sourire, et qu'en plus elle était canon, que vouliez-vous que je fasse ? Je ne me retenais pas à 16 ans, difficile de le faire maintenant, après six ans d'abstinence. Je restais un homme, avec les yeux parfaitement fonctionnels. D'ailleurs, j'en oubliais même ma cigarette qui commençait à s'éteindre toute seule. L'avantage des cigarettes qu'on roulait soi même, c'était que ça coutait moins cher, durait plus longtemps, mais par contre ça s'éteignait tout seul. Bien quand on voulait la poser sur le cendrier pour y revenir plus tard, moins quand on parlait avec quelqu'un pour finir par aspirer un goût de cendre dégueulasse. Alors, je ressortis mon briquet, tirant une longue latte, que je recrachai tandis que je continuai :

"Je vois que tu sembles boire du soda toute seule, dans un bar, sans briquet fonctionnel... Je te demanderais bien ce que tu fais là, mais j'ai peur que tu te souviennes que t'avais des choses à faire. Alors, je vais tout simplement te proposer de t'offrir un verre, à nouveau, si cela te dit. Moi aussi je n'ai plus à boire."

Menant le geste à la parole, je lui tendis mon bras afin de la guider jusqu'à l'intérieur, juste pour offrir un verre tout en prenant un autre, n'étant pas assez ravagé à mon goût encore. Je n'étais pas dans l'optique de draguer, mais je n'allais pas non plus laisser une belle femme avoir soif, si ? C'était tout simplement ce que l'on appelait tenter sa chance, en se faisant plaisir. Juste le jeu de parler avec quelqu'un de totalement extérieur, ça, c'était un vrai plaisir, un de ceux que ne coûtaient pas cher, sinon un petit billet et du temps. Et puis il commençait à faire légèrement froid, je ne m'étais pas non plus habillé très chaud, peu habitué à devoir m'habiller selon les saisons, n'ayant eu que les mêmes combinaisons ridicules qu'on donnait aux prisonniers, faites pour être parfaitement repérable en tout temps.
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Yelena ne put se retenir de rire. Son sauveur avait le sens pratique en plus du sens de l’humour et de l’auto-dérision. Elle aimait ça, c’était agréable et fluide, sans prise de tête, ce dont elle avait besoin. En arrivant à Bray dans cette nouvelle classe sociale elle s’était rendue compte que les gens étaient plus simples, plus directs et surtout avec bien moins de prise de tête. Cela l’avait perturbé les premières semaines, mais à présent elle savait qu’elle pouvait elle aussi se laisser aller, ne pas avoir honte de rire la gorge déployée ou bien de jurer lorsqu’elle faisait tomber quelque chose. Il n’y avait pas d’étiquette à tenir, une véritable liberté.
Lorsqu’elle vit que la cigarette roulée du jeune homme s’était éteinte elle eut le réflexe de fouiller dans ses poches, mais en retira bien vite les mains. Elle s’était rappelée qu’elle n’avait pas ses allumettes et qu’il était donc inutile de vouloir à son tour jouer aux héroïnes. Pour passer la frustration elle tira les dernières inspirations sur sa propre cigarette avant de la jeter dans un cendrier non loin d’elle prévu à cet effet, puis termina son coca, grimaçant une énième fois au contact des glaçons contre ses dents. Alors qu’elle songea à demander au serveur de ne pas mettre de glaçon dans son prochain verre, le jeune homme l’invita dans ce style charmeur et fait de dérision à prendre un nouveau verre à l’intérieur. Il avait aussi amorcé la curiosité de sa présence en ce lieu, marquant néanmoins une inquiétude quant à une fuite potentiel. Sans attendre, elle plaça son bras autour de celui qui lui était tendu et le suivit à l’intérieur où elle put apercevoir ses affaires, toujours bien en place devant le bar sur la chaise haute qu’elle avait abandonné un peu plus tôt.

- Cela tombe plutôt bien, je n’avais rien à faire, je ne prendrais donc pas la fuite. Bien au contraire, je cherchais à fuir la solitude et la morosité de mon appartement. Quant au briquet eh bien j’utilise des allumettes et comme tu peux le voir j’ai oublié de prendre mon sac avec moi. Pour le soda, je ne suis tout simplement pas une grande amoureuse de l’alcool.

Si en entrant elle trouvait agréable d’être à nouveau enveloppée par la chaleur du lieu, elle ne pouvait nier que le choc sonore n’était pas ce qu’elle préférait. Certes dans ce bar il était sans doute bien moindre que dans ceux du centre de la ville, mais il était tout de même présent. Essayant d’occulter ce détail, elle les dirigea vers la place qu’elle avait abandonné, faisant signe au serveur pour qu’il vienne prendre leur nouvelle commande.

- J’accepte donc volontiers un nouveau verre.

Sur ces dernières paroles, avec un sourire qu’elle voulait charmeur, elle s’était saisit de son verre pour poser les deux sur le comptoir et se rassit à sa place sans prendre la peine de vérifier si rien ne lui avait été volé. Dans un sens elle avait le sentiment qu’elle pouvait faire confiance à ce serveur, même si elle ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel en voyant le regard qu’il lui lançait. Elle était sortie seule, elle revenait accompagnée et il semblait trouver cela amusant. Une fois à leur hauteur, un grand sourire sur les lèvres il leur demanda ce qu’ils voulaient boire.

- Je vais prendre la même chose, mais par pitié ne mettez pas de glaçons dedans, c’est vraiment désagréable !

Elle faisait peut-être sa princesse, mais elle ne supporterait pas une nouvelle rencontre avec des glaçons sur sa dentition. Yelena ne pouvait pas de toute façon renier totalement qui elle était et elle avait toujours eu l’habitude qu’on adapte ce qui lui était servit en fonction de ses goûts. Certes elle devait apprendre à faire sans, mais parfois le naturel revenait sans crier gare. Soudain quelque chose la frappa : elle ne connaissait pas le prénom de son compagnon de soirée, car oui à présent elle pouvait l’affirmer, il était un compagnon de soirée. Lui non plus ne connaissait pas son identité et même si elle était fausse, elle se sentait légèrement honteuse d’avoir oublier les bonnes manières sous prétexte d’avoir aimé être regardé comme il l’avait regardé. Elle tourna son regard vers lui, mordillant sa lèvre inférieur à la vue du jeune homme et de sa coiffure dans laquelle elle avait une furieuse envie de glisser ses doigts avant de se présenter sur le ton de la confession.

- Tu me sauves et j’en oublie les bonnes manières, mais puisque nous allons visiblement passer un moment ensemble, je pense qu’il vaux mieux corriger la chose. Après tout mieux vaux tard que jamais : je me présente Yelena.

Elle lui offrit un large sourire et à ce même moment, dans une parfaite synchronisation le serveur déposa leur commande devant eux. Avait-il fait exprès ? Possible, Yelena était sûr que cet homme aimait les mises en scènes. Elle ne fit pas de commentaire et attrapa son verre, le tendant vers son compagnon de soirée pour trinquer.
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❝ talking bodies, you got a perfect one so put it on me ❞Talking bodiesJ'étais plutôt content qu'elle décide de ne pas fuir. Peut-être que j'avais une touche ? Qui savait. Lorsqu'elle parla des allumettes, cela me rappela les galères en prison pour allumer une clope du premier coup, avec des allumettes de merde - parce que les dealers aimaient qu'on soit dépendant d'eux, bordel. Je pouvais plus les supporter, alors à présent, je m'assurais pour avoir au moins deux briquets au cas où. Pas envie de ressentir ce manque encore. En tout cas, j'étais assez content de voir que j'avais face à moi une nana pas fanatique de l'alcool. Ca allait me motiver, peut être, à ne pas boire comme un trou si je restais avec elle. Rouler par terre pour rentrer, c'était pas très classe en vrai. Même si, voilà, j'aimais trop la Paddy pour m'en passer ce soir. Ca m'avait manqué, en taule. Les jolies filles aussi. Alors, qu'elle me dise qu'elle acceptait volontiers un nouveau verre, ça, c'était le pied. J'étais content, en fait. Surtout qu'elle acceptait avec plaisir, pas parce qu'elle était en train de flipper devant un mec super tatoué. Au moins, une fois assise au comptoir, elle retrouva son sac.
Je ne manquai pas le sourire amusé du serveur, sûrement se disait-il que je n'avais pas raté ma soirée... Ni elle la sienne. Je ris même lorsque la jeune femme commanda "la même chose mais par pitié, sans glaçons !" Au moins elle savait ce qu'elle voulait... Je glissai un billet vers le barman, tout en demandant ma propre Paddy - eh, si elle ne buvait pas d'alcool moi je n'allais pas m'en priver ! Surtout pas quand il s'agissait de l'alcool national, merci. Et tandis qu'il commençait à nous servir, la rouquine sembla se souvenir d'un léger détail, à savoir que nous ne nous étions pas présentés... Fallait dire qu'en prison, les bonnes manières ne m'étaient pas spécialement indispensables - un bon regard noir était plus utile. Quoique, vu comment elle mordilla sa lèvre, je pouvais être autant poli qu'elle le voudrait. Je ne pouvais même pas m'empêcher de regarder ce mouvement, ces dents qui croquaient, merde, est-ce que c'était réellement sexy ou est-ce que c'était moi qui accusait mes six années d'abstinence ?
Yelena donc... Joli prénom, à la hauteur de cette femme magnifique, et je voulus me présenter à mon tour, quand le barman nous donna enfin nos verres et ma monnaie. Alors tandis qu'elle levait son verre pour trinquer, je fis de même, me présentant à mon tour quand nos verres s'entrechoquèrent :
"Moi, c'est Dagda. Enchanté, Yelena. Que ce moment ensemble soit long alors !"
Je n'étais pas doué pour porter des toast, voire même je n'étais pas certain d'en avoir porté un seul en fait. Mais je n'allais pas décevoir Yelena au grand sourire, n'est-ce pas ? Ca faisait du bien d'être face quelqu'un, de ne plus être seul en cette soirée qui commençait à être un peu longue, vu que je ne m'étais pas vraiment sociabilisé. Habituellement, je finissais greffé à un groupe, parfois à d'anciennes connaissances qui trouvaient classe d'avoir un ex-taulard qui ressemblait à un ex-taulard pour la soirée - puis qui n'étaient plus là le lendemain. J'avais même eu des sortes de filles excités à l'idée de baiser avec un mec qui avait - selon leurs dires - peut être même été ramasser la savonette... Sorte de mythe peut être bien réaliste quand on y repensait, mais qui n'était certainement pas dans mon historique. Mais bon... On était au Smooth Criminal. C'était dans le ton d'avoir un meurtrier à table, hein ?
Je n’avais pas l’impression que ce soit le cas avec elle. J’étais bien. En fait je n’avais pas la moindre attente de ce moment que je passais avec elle, juste, discuter avec une personne qui n’attendait pas que je sois la mascotte de sa soirée - elle ne m’avait pas reconnu de toute évidence, tant mieux. Ah, un peu d’air frais… Voilà qui était chouette.
”Ainsi nous avons là une belle rousse qui fuit la morosité de son appartement, et un brun encré qui fait pareil. En somme, il n’y a plus qu’une seule solution : ne plus rentrer chez soi. Ce serait dommage, pas vrai ?”
Ou bien se rendre tous les deux à l’appartement, histoire qu’à deux, cette morosité se barre. Mais ça, je n’allais pas le proposer, du moins, pas tout de suite. Il serait dommage d’effaroucher la gazelle à peine avions nous trinqué n’est-ce pas ? Cependant, je n’étais qu’un piètre menteur - quand cela ne touchait pas à ma vie ou celle d’une personne que j’affectionnais. Alors, cela devait certainement se voir à mon sourire, que j’avais pensé à une telle solution. Après tout, j’étais un homme. Et j’étais ainsi. Adolescent, je ne me serais probablement pas embêté de toutes ces histoires d’effaroucher ou pas, j’avais tendance même à être un vrai fonceur. Il fallait croire qu’au moins ça avait changé.
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Leurs verres tintèrent, produisant une douce musique qu’elle avait toujours su apprécier, car signe d’un accord tacite entre deux personnes. Ici, celui de passer un bon moment ensemble. Cela lui rappelait les premières soirées passer avec Viktor dans leur maison. Il était fréquent qu'ils trinquent le soir, se promettant un bel avenir, riant du caractère solennelle du geste alors qu'ils étaient tout deux en tenues décontractés, appréciant l'intimité de leur refuge. Ici elle avait fuit l'intimité d'un refuge pour venir dans ce bar à la réputation douteuse et si elle avait pensé un instant s'évader de sa sombre réalité, elle n'avait jamais pensé y trouver une compagnie agréable et séduisante. Pourtant elle était là, en train de seller un accord avec un inconnu qui avait joué aux héros d'un soir.

- Que ce moment soit long, Dagda.

Dagda, Yelena se répéta ce prénom en boucle dans son esprit. Elle l’aimait bien, il y avait un quelque chose de fort et viril dans sa prononciation, quand à son diminutif instinctif, Dag, proposait quelque chose de plus doux, plus accessible. Deux sensations qui s’opposaient mais qu’elle appréciait. Elle se l’imaginait en homme fort, mais tendre dans l’intimité, un peu comme le héros qu'il était. Au fond elle, une petite voix lui murmurait qu'elle adorerait l’appeler Dag, que cela était en rupture totale avec l'image de Viktor. Elle ne put retenir un énième sourire de naître à la commissure de ses lèvres, qui s’élargit de bonheur en ne rencontrant aucun glaçon contre ses dents. Le serveur avait pris en compte sa demande pour son plus grand bonheur. Doucement une bulle se formait autour d'eux. Elle en oubliait où elle était, qui elle était et ce qui l'avait mené en ce lieu. Elle était si efficace que Yelena ne percevait pas les regards, autre que ceux agaçants du serveur, se poser sur eux. Ou plus particulièrement sur son compagnon de soirée. Visiblement des femmes devaient être jalouse de sa posture et des hommes déçus de ne pas avoir eu la place de Dagda. C'est ce qu'elle aurait pu interpréter si elle avait pris le temps de rompre, ne serait-ce qu'une seconde, la fortification que lui offrait la bulle.
Encore une fois le jeune homme résuma leur situation avec une auto-dérision qui la fit rire. Elle aimait cette franchise bancale et amusante qu'il semblait avoir. Était-ce naturel chez lui ou bien en jouait-il pour se rapprocher d'elle ? Qu'importe au final, elle aimait cela et elle s'était promise de se laisser aller, de profiter de la soirée. Aucun danger ne semblait pointer sur sa tête depuis quelques jours et ceux malgré les secrets dévoilés. La rousse ne put néanmoins empêcher son cerveau de tourner à vive allure pour comprendre ce que cachait le sourire de son interlocuteur. Bien sûr qu'il y avait un sous-entendu, elle en était persuadée, mais elle n'arrivait pas à le déchiffrer. Elle songea au fait qu'elle devait avoir rouillé avec le temps, devenant plus difficile pour elle de comprendre les mécaniques de la séduction. Son esprit s'arrêta, Dagda était-il vraiment en train de la séduire ou était-ce ses envies qui lui faisait imaginé cela ? Sans s'en rendre compte elle s'était à nouveau mise à se mordiller la lèvre pendant les quelques secondes qu'avait duré cette réflexion intérieur.

- Je ne peux qu'être d'accord. Fuyons cette morosité ensemble.

Son sourire s'était élargie, elle avait l'impression qu'elle ne cesserait de sourire ce soir en sa compagnie. Elle leva son verre avant de boire une gorgée, signalant ainsi l'accord qu'elle passait avec lui. Au fond-elle, elle espérait que cette accord irait plus loin que le bar. Elle aurait voulu être plus expressive sur un sous-entendu, mais n'étant pas certaines des intentions de son compagnon, Yelena ne voulait pas prendre le risque de le voir fuir. Il aurait été dommage de perdre par trop de précipitation la bonne compagnie qu'il lui offrait. Elle se demanda d'ailleurs si elle avait réellement envie qu'ils ailles plus loin ou si c'était l'ambiance, la nostalgie et l’enchaînement naturel de la soirée qui la poussait à cette idée. Peut-être un peu des trois, mais ce dont elle était sûr, c'est qu'elle appréciait les sensations que cela lui procurait.

- Et je dirais à la place d'un brun encré, un brun de bonne compagnie.

Elle avait accompagné sa correction d'un discret clin d’œil. S'il n'avait pas encore comprit au minimum qu'elle appréciait sa compagnie, cette fois-ci le message était clair. À ce même instant, ces yeux croisèrent à nouveau la route de la chevelure de Dagda. Cette fois-ci elle ne put se retenir et y glissa sans aucun avertissement une main dedans. Se rendant compte du geste, Yelena ramena sa main contre son verre, les joues légèrement rougit par la gêne d'avoir ainsi agit. Il est vrai que jusqu'à présent ils n'avaient pas eu de contact très proche et sans lui demander son accord elle venait de se permettre de la faire.

- Euh… pardon, tu avais une poussière dans les cheveux. Bredouilla-t-elle comme excuse.

Excuse aussi crédible que celle que pouvait fournir un enfant pris la main dans la jarre de cookie. Si elle se sentait coupable de l'initiative, elle ne pouvait empêcher un discret sourire naître sur ses lèvres. Elle avait adoré la sensation, ce n'était certes que des cheveux et elle avait l'habitude de passer ses doigts dans ceux d'Ilarion pour l'aider à s'apaiser ou à s'endormir, mais ici ce geste n'avait pas eu la même signification. Se rapprochement lui avait envoyé une petite décharge électrique qui avait mis un peu plus en éveil ses sens. Yelena le sentait, son corps endormit depuis des années, commençait à se réveiller. Si elle y retrouvait beaucoup de nostalgie, c'était aussi quelque chose de nouveau.

- Tu bois du Paddy c'est ça ? Un alcool national nan ?

Elle avait fui son regard, buvant des petites gorgées de son soda, dans un geste presque automatique, les joues encore rougies de son audace. Elle s'était souvenue du nom de l'alcool lorsque Dagda avait commandé son verre. Elle avait donc décidé d'utiliser ses origines étrangères pour faire la conversation. Le sujet ne la passionnait pas spécialement, même si elle ne rejetait pas l'intérêt de celui-ci, mais il était à ses yeux le meilleur sujet pour faire diversion.
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 Talking Body ft Dagda

❝ talking bodies, you got a perfect one so put it on me ❞Talking bodiesJe passais un excellent moment. J’aimais bien sa façon de me regarder, de me fixer même du regard. J’avais l’impression d’être le seul homme, même, le seul être vivant dans la pièce, et c’était bon comme sensation. Je me sentais désiré, moi et moi seul, après des années à n’être qu’un numéro, qu’un pantin en blouse orange. Un type qu’on regardait comme s’il n’était rien. Là, j’étais quelqu’un, Dagda. J’aimais sa façon de prononcer ce prénom. Il ne m’était jamais paru aussi beau… Est-ce que je devenais un peu trop sentimental ? Peut-être. Dans tous les cas, je commençais vraiment à me faire des espoirs sur la suite de la soirée, je pensais vraiment qu’elle avait envie de moi, et je n’allais pas louper cette occasion. Je ne voulais pas coucher avec n’importe qui, pas avec quelqu’un qui me traîterait comme un trophée, j’avais encore un peu d’amour propre. Je n’avais pas l’impression que j’attirerai beaucoup de monde dans ma nouvelle vie, mais je n’allais pas non plus sauter comme un dalleux sur tout ce qui bougeait… Mais puisque j’étais un brun de bonne compagnie ! J’allais répondre à ce commentaire en riant, quand je vis d’un coup qu’elle approchait sa main, en direction de ma tête. Oh, tient, qu’est-ce qu’elle faisait ? Elle touchait mes cheveux ? J’eus un air d’incompréhension totale, puis lorsqu’elle s’expliqua en bredouillant qu’elle avait vu une poussière dans mes cheveux. Alors ça ! C’était la meilleure ! Je ne pus pas m’empêcher de rire un peu, surtout lorsqu’elle commença à rougir. Elle rougissait ! Et en plus ça elle me posait une question bateau sur ce que j’étais en train de boire. J’étais réellement en train de vivre ça ?

Je ne retins plus rien, avant d’avoir un franc rire. Elle avait donc une envie certaine de me toucher les cheveux. C’était amusant, comme envie. J’aurais pensé qu’elle aurait souhaité autre chose, je ne savais pas quoi, une clope, m’embrasser, n’importe quoi ! Toucher les cheveux… Est-ce qu’ils étaient si beaux ? En même temps j’avais une coupe un peu à la n’importe quoi, faite par la tantouze en taule qui aimait bien faire ça. Sauf qu’elle n’était pas franchement douée : j’avais eu un côté rasé car elle s’était ratée là. Enfin, ça faisait un certain style. En tout cas, je ne me privai pas de lui faire remarquer :

”Je ne suis pas certain que tu t’intéresses réellement à la Paddy… Généralement il n’y a que les irlandais pour trouver ça bon. Ou les faux-culs !”

Je ris à nouveau, je me moquais un peu d’elle, avec mon franc parler tout caractérisé. Pas la peine de me la faire à moi, de toute façon, ce n’était clairement pas le genre de sujet qu’on pouvait aborder pendant une soirée, où l’un tentait de séduire l’autre. Et puisqu’elle avait tellement envie de toucher ma chevelure… Ce n’était pas le genre de chose qui me dérangeait. Ca changeait de quand mes frère et soeur étaient petits et qu’ils se plaisaient un peu trop à tirer mes mèches. Après tout à l’époque, c’était la mode des cheveux mi-longs chez les enfants… Et je n’y avais pas échappé. Merci maman. Mais Yelena… Elle avait la main tendre, douce. Elle était passé dans mes cheveux comme une plume. C’était agréable. Alors, je déclarai :

”Parfois, le meilleur moyen de ne plus souffrir d’une pulsion, c’est bien d’y céder… Ca ne me paraît pas être une mauvaise idée, n’est-ce pas ?”

Je finis par descendre du tabouret, afin d’être un peu plus bas qu’un instant plus tôt, et je pris la main de Yelena, délicatement. Elle était fine, j’avais presque peur de la casser de mes mains habituées à taper ou à rouler des pétards. Je fis un peu mon lover à déposer un baiser sur cette main - on fait les choses ou on ne les fait pas - pour ensuite guider ses doigts dans ma chevelure. Je n’étais pas non plus très coiffé, elle ne pourra pas empirer les choses tant que ça. Et puis, comme dit, c’était agréable. Je me sentais homme. Enfin.

On avait peut-être l’air comme deux idiots là comme ça, à se fixer dans le blanc des yeux, avec moi qui guide sa main dans mes cheveux, histoire qu’elle ne fasse plus sa timide. Mais je devais avouer que je m’en fichais. D’abord parce que le ridicule ne tuait pas - ou alors je serai mort d’être un métamorphe souris - ensuite parce en prison, on n’avait aucune intimité, la fierté avait donc pris un sacré coup dans la gueule.

”C’est mieux comme ça non ?”

Le sourire en coin, je finis par lâcher sa main, la laissant où elle était, pour rattraper mon verre de Paddy. J’avais envie de reboire un coup, autant car j’avais soif que parce que je voulais me donner une certaine consistance, m’occuper les mains. C’était agréable, et j’avais envie de l’embrasser maintenant, c’était malin.

D’un autre côté, je venais de lui dire que le meilleur moyen de ne plus souffrir d’une tentation, c’était d’y céder. Je pourrais le faire là. Mais j’aimais aussi l’idée de faire durer un peu la soirée. De ne pas être pressé. Après tout, nous n’avions nulle part où aller, là maintenant. A part, dans mon cas, rentrer chez moi, pour m’endormir au bout de quelques heures à ruminer… Pour ensuite me réveiller, fumer un pétard sur la terrasse… On avait connu plus joyeux n’est-ce pas ? Mais quand la maison était vide car tout le monde travaillait sauf moi, je me sentais seul. Un peu nul. Un cas social qui avait de l’argent des allocations pour survivre. Parce que j’avais été formé pour être électricien, mais j’étais tellement dans les bas fonds que je ne savais même plus si je saurai encore raccorder un câble. Ou même remettre un disjoncteur en route. Mon assurance en moi même avait prit un sale coup, n’est-ce pas ?...
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Yelena avait gonflé les joues quand Dagda s’était mis à rire, se moquant gentiment d’elle. Elle était prise la main dans le sac, comme une gamine, mais elle n’eut pas le temps de répondre ou de se vexer qu’il replaçait sa main dans sa chevelure, tel un prince charmant, lui arrachant un sourire satisfait et coupable. Cependant, comme il venait de l’inviter à le faire, elle ne comptait pas s’en priver. Elle laissa ses doigts naviguer instinctivement dans cette masse rebelle qui malgré les apparences se laissait dompter dans ses doigts fins.

- C’est effectivement bien mieux.

Elle avait pris un air détacher, comme-ci cela n’était pas très important, comme-ci cette envie ne l’avait pas obsédé depuis qu’elle avait posé ses yeux sur lui. Si face à ses enfants elle savait cacher les choses, ici elle fut incapable de retenir ses lèvres qui n’avaient qu’une envie : retrouver le sourire qu’elle venait d’abandonner. Ce contact agréable avait le don de l’apaiser, calmer les démons intérieurs qui se plaisaient à lui dire qu’elle ne devrait pas, que ce n’était pas raisonnable, qu’elle ne le connaissait pas. Oui si elle s’était écoutée, Yelena aurait abandonné sa bonne résolution de se laisser aller pour reprendre contenance et mettre de la distance entre eux. Il était dur d’oublier le fait que son mari voulait à présent sa mort. Que par inadvertance elle avait succombé aux charmes d’un chasseur à qui elle avait dû cacher ses origines et qu’elle fuyait à présent. Qui sait si cet homme séduisant à ses côtés n’en était pas un aussi, que lui aussi chercherait à l’exécuter une fois son secret appris.
Un frisson la prit alors, faisant disparaître son sourire une fraction de seconde qu’elle cacha en buvant une longue gorgée de son soda. Ce que la vie pouvait être vicieuse avec elle. Lorsqu’elle trouvait une bulle de bonheur il fallait qu’elle s’y infiltre pour remettre en route tous les systèmes d’alerte. Cependant ce soir elle ne comptait pas lui laisser avoir gain de cause. Elle continuerait sur sa bonne résolution : se laisser aller et apprécier la bonne compagnie de Dagda. Tant pis pour le reste, elle aviserait plus tard. Elle avait toujours sa main dans ses cheveux qui s’y déplaçait de manière automatique, jouant avec les rares mèches longues qu’elle pouvait trouver.
Reprenant son assurance et sa bonne humeur, elle plongea son regard dans le bleu ciel des yeux de son compagnon de soirée. Elle laissa sa main descendre de sa chevelure pour se loger à leur naissance en haut de la nuque.

- Eh bien puisque tu m'as invité à céder aux tentations, je vais t’inviter à faire de même. Je suis peut-être assez idiote pour me faire prendre la main dans le sac, mais pas assez pour ignorer que toi aussi tu te retiens.

Yelena lui adressa un sourire charmeur avant de rompre le contact physique pour ramener sa main sur le bar pendant qu’elle continuer de descendre son coca. Elle ne laissa pourtant pas le temps à Dagda de réagir qu’elle reprit, les yeux brillant de malice, pour terminer sa pensée.

- Mais nous avons une longue soirée devant nous, alors rien ne presse. Sauf si tu as bien sûr des obligations ce qui serait quelque peu fâcheux car je me plais bien en ta compagnie et je n’ai aucune envie de rentrer chez moi pour l’instant.

Elle avait essayé de l’imiter, de manière bancale et probablement désastreuse, mais elle avait au moins eu le mérite d’essayer. De plus elle lui avait ainsi fait comprendre qu’elle n’avait pas de couvre-feu, pas d’obligation hormis celle de se réveiller demain matin pour aller au travail, mais comme pour le reste, elle y songerait plus tard quand il faudra faire face aux conséquences.
Ps : pardon c'est un peu court, mais je voulais te laisser le loisir de réagir avant de continuer.
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❝ talking bodies, you got a perfect one so put it on me ❞Talking bodiesJe voyais bien que j’avais touché une corde sensible. Elle souriait, et bien, tandis qu’elle me tripotait la tignasse. C’en devenait presque automatique, tandis que je la voyais perdre un poil de sa bonne humeur, pour la retrouver juste après. Sans parler du déplacement de sa main, totalement inopiné, de ma chevelure jusqu’à mon cou. J’en perdis légèrement les mots, d’autant qu’elle aussi me prenait la main dans le sac. Elle me retourna même mon léger adage, céder à la tentation était le meilleur moyen de ne pas en souffrir. Hé bien, est-ce qu’elle avait conscience de ces tentations que j’avais en tête ? Et puis si elle ne voulait pas rentrer chez elle… Qui disait qu’elle n’allait pas le faire quand même, hum ?

A ses paroles, j’en eus un sourire en coin. Touché coulé. Effectivement, comme dit nous avions toute la soirée. Mais est-ce que j’avais réellement la capacité de tenir toute la soirée avec cette main dans mon cou ? Et l’envie, en fait ? Il m’était impossible de ne pas rebondir sur ce que me disait Yelena, en réalité. J’avais mon côté je dis ce que je pense qui avait très envie de faire son apparition. Et j’avais l’impression qu’il n’était pas de trop, disons, pour faire avancer les choses.

Je n’étais pas doué pour la drague, non. Enfin, il fallait dire que plus jeune, j’avais tendance à avoir les bonnes occasions, sans vraiment savoir comment je faisais, ni réellement chercher, en fait. A présent, je devais jouer… Hé bien, puisqu’on en était à se faire prendre la main dans le sac, autant la jouer honnête, n’est-ce pas ? A la fin de sa tirade, je dirigeai ma main vers son cou à elle, puisqu’elle avait quitté le mien.

”Hé bien, et si tu rentrais chez toi au final ? Et avec moi dans ton sillage, je dois avouer que ça correspondrait plutôt bien à mes tentations actuelles. Sinon, il y a toujours chez moi, mais disons que c’est un peu tue-l’amour.”

Je repris une gorgée de Paddy, qui finissait ainsi mon verre, comme pour montrer que j’étais prêt à y aller, au final. Ou prêt à en commander un autre. Après, je disais chez elle… Ca aurait pu être chez moi. Mais disons que constater que son mec du soir vivait chez ses parents et qu’il ne fallait pas faire le moindre bruit, ça pouvait être légèrement prétexte à oh pardon, j’viens de me souvenir que j’ai aquaponey. Oui, même à deux heures du matin dans un bled où les poney n’étaient disponibles qu’en image. Enfin, si nous avions du canasson en ville, en tout cas, il devait passer la majeure partie de son temps sur deux pattes, si vous voyez ce que je veux dire. Mais bref, autant la jouer cash.

”Bon, honnêtement, je vais pas la jouer grand prince charmant, j’suis trop cassé pour ça. Je te promets pas l’amour éternel, voire même je sais même pas si tu prendras ton pied. J’ai rien fait depuis des années. Par contre, j’suis pas un connard, enfin, je crois. Et je te respecterai. Voilà ma pub.”

Sur ces paroles, je prenais le risque certain de me faire jeter. Mais au moins, on pourra pas me dire que j’avais dragué, promis la Lune pour ne donner qu’un caillou pourrave de bord de plage Brayenne. Pas mon genre, d’autant que j’avais toujours prévenu que j’étais jamais tombé sur la personne qui allait me faire rêver au point que je m’accroche.

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