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 La princesse dans la tour

Et voici un titre qui pête lalalalalala wouhou


feat. Phoebe & son papounet


Papa a toujours été sur mon dos, surveillant les moindre de mes faits et gestes. Mais là, ça dépassait les bornes. Je ne peux même plus sortir sans qu'il me lance un interrogatoire où je dois lui fournir une liste exhaustive de toutes les actions que je vais faire à l'extérieur, l'heure à laquelle je vais les faire, avec qui et où. J'exagère peut-être, mais à peine! J'ai l'impression qu'un prisonnier en sortie est plus libre que moi. C'est vraiment infernal. Cette fois, j'en ai assez. Je veux vivre ma vie, pas rester enfermer comme une oeuvre d'art dans un musée! Aller, Phopho, ça va bien se passer. Tu n'as qu'à aller voir ton papounet et lui dire tout ce que tu penses et il va te laisser sortir!

....

Je me berce d'illusion. Il ne va pas me laisser sortir si je ne fait que lui crier dessus comme une révolutionnaire. Je dois jouer finement. Si le finement marche pas, on sortira l'artillerie lourde. Voilà! J'inspire profondément avant de commencer à réciter ce que je vais lui dire, faisant les cents pas dans ma chambre. J'essaie de trouver les bonnes intonations, les bonnes émotions, les bons mots. Je n'ai jamais été douée avec les mots, mais là, je n'ai pas le choix. C'est de ma liberté dont il est question! Courage Phopho... fonce! Je sors de ma chambre, déterminée comme jamais. Ça va aller. C'est mon père. Il va au moins écouter ce que j'ai à dire... Je crois?

Je vais clairement avoir besoin d'une cigarette après ça.

Je cherche Papa dans la maison avant de finalement marcher vers son bureau. Il doit être encore là, en train de travailler alors qu'il est dans un sale état. Lui aussi devrait se parler pour se donner le droit de sortir un peu plus. Comment fait-il pour ne pas devenir fou, enfermer comme il est? Je fixe la porte du bureau un moment, fermant les yeux pour m'aider à me concentrer. Tu vas y arriver ma vieille. Juste. Entre. Parle. Et profite de l'extérieur!

J'entre dans la pièce avant de cogner à la porte.

Ça commence très bien. Allez, stupide cerveau! Collabore un peu! On est dans le même bateau! Ne refais pas ce genre de chose et tout devrait... Et me voilà assise devant lui sans même lui demander la permission.  OK! Il faut communiquer, là, Monsieur Cerveau! Arrête d'en faire qu'à ta tête! Je me vautre dans mon siège, les bras sur les accoudoirs et les doigts pianotant déjà d'impatience face à si peu d'action.

-Je veux sortir.

Moment de silence alors que mon cerveau procède l'information. Oui. Oui, j'ai bien dis cela à haute voix, avec un pourcentage de respect proche du zéro. Je vais finir enchaîner dans ma chambre si je continues.

-J'en peux plus d'être enfermé ici et devoir toujours tout te dire et devoir justifier la moindre de sortir et j'en ai marre que tu gères tout alors que je suis majeure et je suis capable de me défendre et j'arrive à me débrouiller seule et puis qu'est-ce que tu passes qui va arriver quand je vais être marié avec le crétin que t'as choisi. Tu pourras plus me contrôler et tu devras faire avec et tu devrais apprendre maintenant à agir comme ça et...

Je m'arrête, reprenant mon souffle en me mordant violemment la lèvre. Yup, ma grande. Tu es faite maintenant. Félicitation, tu as gagné un allé simple dans la prison d'élite Ò Murchù, gracieuseté de Papa inc. international. Je me détends un peu que lorsque je goûte mon sang sur mes lèvres. Génial. J'ai même réussi à me fendre la lèvre à force de la mordre... Je fixe mon père, me sentant de nouveau une petite fille sans défense sous son regard. Mais je garde la tête droite, même si je ramène mes jambes contre ma poitrine.

-...Pardon. Je voulais pas! C'est.. mes lèvres sont allées trop vite et... je...
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Phoebe & Gidéon Ò Murchù

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Gidéon, seul, à sa table de travail, une scène pittoresque et banale s’il en est une. Encadré de dossiers multiples et triés maladivement, les sujets divers juxtaposés et traités simultanément de façon maitrisée. Il avait tant et tant à faire depuis « l’événement » - pour cet homme qui cumulait les charges, qui vivait drastiquement par et pour son travail, qui par habitude s’appropriait toutes les tâches et les gérait stratégiquement et à l’avance, la quinzaine qu’il avait passée alité l’avait surbooké à un stade tout bonnement infernal. Si Castiel ne s’était pas chargé des affaires les plus pressantes en son absence, Oax Pharmaceutics aurait fini par s’effondrer sur elle-même et il en aurait résulté les premières failles pouvant mener à la ruine de cette large famille. C’était sans doute exagéré, mais on ne pouvait nier que Gidéon incarnait son entreprise et que sans fils pour reprendre le flambeau, ils s’en seraient trouvés bien mal.
Dix jours ou peut-être moins, c’était le temps qu’il devait être resté enfermé entre quatre murs plus livides que sa propre face, dans l’incapacité la plus totale - et c’était sans compter ceux qui avaient suivi et qui s’étaient teintés d’une intolérable inefficacité, sous le coup de la fatigue et des médicaments, et du refus de faire passer sa santé avant ses responsabilités. Mais cela commençait à faire un moment à présent que les premières galères étaient passées, et il avait retrouvé toute l’énergie et le mental nécessaire à reposséder son domaine. Sa forme physique était indubitablement meilleure, on le constatait sans artifice - son visage avait repris ses couleurs, cette intransigeance complète qu’on lui connaissait. Il était à nouveau tout à fait lui : Gidéon Ò Murchù - mais un mois après, des conséquences traînaient encore. Sans compter bien sûr le bandage dont il n’était pas encore défait et les restes de traitement - c’était la paranoïa surtout, la nécessité viscérale de s’assurer de chaque détail, un à la fois pour assurer sa protection. Cette minutie, qui prenait du temps, qui s’additionnait à son travail, sous une menace latente et silencieuse. Surtout, qui faisait de lui cet homme occupé et nerveux, rappelant par moment certains de ses plus mauvais jours, et qui se traduisait en paquets de cigarette consommés en un bref laps de temps, embaumant son bureau, parfumant ses papiers.

C’était dans ce décor, commun et tout à la fois si tendu, que sa chère cadette avait paru. Et elle n’avait pas paru sagement, comme on aurait pu l’espérer depuis 23 ans qu’elle vivait sous son toît. Enchaînant des erreurs de politesse et de comportement si grosses qu’elles ne pouvaient être que volontaires - et c’est ainsi que Gidéon devait l'interpréter. Il avait relevé le regard aussitôt lorsque la porte s’était ouverte, avec une irritation presque surprise car enfin, personne n’avait toqué et personne n’avait attendu sa réponse avant d'entrer. Il avait interrompu sa prise de note, le stylo suspendu au-dessus du papier, tandis qu’il la dévisageait avec une dureté accrue à chaque mauvais pas qui s'additionnait. Allons bon, voilà que sa fille s’était prise d’une pulsion de désobéissance, et ce n’était pas parce qu’elle était majeure qu’il le laisserait passer. Il l’avait suivie du regard, sans un mot. Il l’avait regardée s’asseoir et s’avachir, lui manquer de respect. Il l’avait regardée prendre la parole, et se plaindre, et envahir l’espace d’une voix enhardie, à l’audace malvenue. Pas une politesse, pas même une demande - c’était un caprice souligné de provocation. Beaucoup de choses, en somme, qui ne pouvaient avoir son approbation.

Il avait pourtant gardé le silence tout au long de ses élans dramaturgiques, il ne s’était pas levé ni n’avait fait le moindre effort pour l’interrompre. Au lieu de cela, il avait posé sur elle un regard froid et dur, ce genre de regard qui vous transperce l’âme et attend avec une violence muette que vous vous mettiez à pleurer. Il y avait la réprobation, la honte des paroles qu'elle dispensait, la colère, et bien d’autres choses qui traduisaient avec beaucoup plus d’évidence ce qu’il en pensait que tous les mots du monde. C’était aussi pour lui une manière assez fiable de contenir en lui tout accès de colère, car qui sait où cela aurait pu le mener s’il s’était emporté aussitôt. D’ailleurs, la voilà qui se calmait toute seule - son flot de parole tarissait, et elle réalisait alors l’audace dont elle avait fait preuve. C’était un maigre réconfort, au moins, de se dire qu’elle le savait et qu’elle reconnaissait son tort. Elle avait perdu de sa superbe, et de princesse sur un trône, elle était passée à l’enfant recroquevillée et ployant sous lui. Elle s’était même blessée dans son élan, mais c’était heureusement peu de chose. Assez pourtant pour ajouter une couche à toute la contrariété.
« Assieds-toi correctement », avait-il répondu sèchement - toutes les excuses du monde ne l’auraient pas empêché d’exprimer son agacement, après tout, il ne fallait pas l’encourager.  « Quant à ta requête, ma réponse est nette, c’est un non. » Il avait finalement déposé son stylo et se pencha vers elle avec un regard quasi-inquisiteur depuis l’autre côté de son bureau, puis il reprit, après un moment de silence. « Dis-moi, Phoebe… Crois-tu que j’agisse envers toi par caprice ? Que je fasse preuve d’autorité envers mes enfants pour le plaisir de les contrôler ? Ne penses-tu pas que, peut-être, j’ai de bonnes raisons d’agir comme je le fais ? » Son ton était celui du reproche, et il comptait bien le lui faire sentir, et continuer de l’accabler. Sa voix gagnait peu à peu en volume et se teintait d’une forme de colère où surnageait l’outrage, mais il restait assis à sa place, immobile, solide et ferme comme un rocher. « Je suis la tête de cette famille, je le serai jusqu’à ma mort, et c’est à moi qu’il incombe de la protéger. Ton comportement est tout bonnement intolérable, j’aimerais que tu réalises l’immaturité dont tu viens de faire preuve. C’est à cause de ce genre d’enfantillage que je me vois encore dans l’obligation de restreindre tes libertés. Quelque soit ton âge, je n’en suis pas moins ton père, tu vis sous mon toit, et tant que cela sera, tu me devras obéissance et respect. Ce n’est pas à toi de me dire ce que je devrais faire, et tu es trente ans trop jeune pour espérer me contredire. Tu es assez maline pour le comprendre, n’est-ce pas ? »

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Trois lettres. Une syllable. Un mot. Non.  Comment ça, non? Pourquoi non?! Je n'y crois pas. Je suis certaine qu'il m'a même pas écouté, ni même réfléchis à ma requête! Il me fait ça juste parce que j'ai pas été polie! De la pure vengeance, voilà ce qu'il me fait! Je sens une colère sourde couler à flot dans mes veines alors que je soutiens son stupide regard. Non, mais s'il croit me faire peur, il peut bien aller se noyer au fond d'un volcan! Non. Non, non, non, non, non! Je ne le laisserais pas contrôler ma vie comme ça, je ne le laisserais pas faire ce qu'il veut de moi. JE SUIS MA PROPRE PERSONNE! Phopho pour présidente de Phoebeland!

Je me lève de bond, sans le quitter du regard, faisant les cents pas comme un requin dans un bocal.

Et voilà qu'il me sort ses cartes ridicules. Je suis l'autorité, blablabla, tu es immature, blablabla, je fais ça pour ton bien, blablabla. S'il pensait vraiment à mon bien, on ne serait pas là en ce moment. On ne serait pas en train de se regarder avec ces envies de meurtre dans les yeux. On ne serait pas en train de se montrer les crocs dans l'espoir que l'un de nous deux décide de se coucher. Il ne pense pas à ton bien, ma vieille, mais à son image et sa famille.

Des larmes me montent aux yeux. Des larmes de rage alors que je crache tout mon venin sur ce triton qui ose se prétendre père.

-TU VEUX SAVOIR CE QUE JE PENSE?! OUI! Oui, tu agis par caprice! Parce que tu veux garder cette image qu'on est une belle et puissante famille et rien ne peut nous toucher et blablabla. Mais un conte de fée à plus de sens que tes fantaisie! Mais tu sais quoi, Monsieur Ò Murchù? Y'a plus d'image à protéger! Y'A PLUS DE FAMILLE! Maman est morte et Hayley aussi! Niahm et Nathan sont parties faire le tour du monde et Hécate fait sa vie loin de nous!

Je tremble de colère, les poings serrés jusqu'à en avoir les jointures blanches. J'ai envie de frapper. N'importe quoi. J'ai besoin de libérer cette énergie si je ne veux pas exploser. Elle me fait encore plus agiter, me faisant promener de tous les côtés alors que je repasse dans ma tête ce qui vient d'arriver. Bravo ma fille... tu vieux de tuer ce qui te restais de chance... Amuse-toi bien à être pour l'éternité dans ta chambre! Non. NON!

Je frappe le bureau de mon père avec force. Je vais avoir un bleu demain...

-Si je dois partir de cette maison pour pouvoir enfin être moi-même, je n'hésiterais pas. Et c'est pas toi qui va me retenir. Et tu n'entendras plus jamais parlé de moi, je partirais loin, et je retrouvais Nathan et on sera ensemble tranquille loin de toi et ta si précieuse ''famille'' sera plus qu'un mythe et tu n'auras plus rien!

Je plonge mon regard dans le sien, ma colère s'évaporant lentement, laissant place qu'à de la déception et tristesse. Et... une pointe de douleur. Ouais. J'aurais probablement plus qu'un petit bleu demain. Je me laisse tomber dans le fauteuil, me tenant la main que je masse doucement dans l'espoir d'apaiser la douleur. Mais j'ai beau me frotter la main, ça n'enlèvera pas le pincement à mon cœur.
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Plutôt que de la compréhension, du regret ou de l’obéissance, les mots du père semblaient n’avoir qu’exacerbé à nouveau la colère et la rébellion de sa fille. Elle qui s’était tantôt fondue dans le rembourrage de son fauteuil avait désormais des airs de lion en cage et déambulait dans l’espace du bureau contre toute indication de son père que ce comportement ne pouvait qu’irriter. Evidemment, elle lui en voulait, quoi de plus normal puisqu’il la privait ainsi de ses libertés. Il comprenait sa réaction, il aurait seulement aimé qu’elle fasse preuve de suffisamment de jugeotte pour se passer de l’avoir. Il sentait la colère grimper en elle, il la voyait dans ses gestes, dans les traits de son visage - dans l’humidité touchante de ses yeux, et bientôt, dans ses paroles. Il n’avait rien dit lorsqu’elle s’était levée, il n’avait rien dit quand elle l’avait défié d’un regard mauvais, ni rien de toutes les erreurs qu’elle avait enchaînées depuis qu’elle avait franchi cette porte. Le thermostat de l’homme d’acier grimpait dangereusement, et il atteint un seuil critique lorsque sa douce enfant se mit à crier avec une haine manifeste. C’était douloureux. Douloureux de voir dans ce visage qu’il aimait ressurgir ses pulsions de colère qui le torturaient lui-même. D’entendre des mots aussi durs, sur la déchéance de la famille qu’il s’efforçait tant bien que mal de protéger, mais qu’il détruisait encore davantage. Y’a plus de famille. Et cette enfant alors, qui lui vomissait au visage tout son mépris, qui était-elle ? Elle était de ceux qui restaient - de ceux sur lesquels il ne pouvait plus lâcher prise. Elle était sa famille, la chair de sa chair, et quoi qu’il puisse en dire, quoi qu’il puisse débiter comme mensonge avec sa façade faite d’os, de muscle et de fer, il l’aimait.
Il s’était redressé, comme une montagne, il la dominait tout à fait, et peu lui importait les séquelles de la blessure qui lui avait crevé le poumon. Son visage, empourpré, tordu, que la colère avait pris par bouffées, et sa poitrine qui se gonflait douloureusement, présageant des cris à venir. Elle achevait sa tirade tandis que lui se dressait, s’érigeait comme un mur face à elle, et même le bureau semblait alors petit. Il détestait le désordre, la désobéissance, et plus que tout, les cris. Il aimait le silence. Il voulait du silence. Et pour l’avoir, il lui fallait hurler. « IL Y AURA UNE FAMILLE TANT QU’IL Y AURA UN Ò MURCHÙ VIVANT QUELQUE PART. CROIS-TU QUE LES CHOSES SOIENT SI SIMPLES ? CROIS-TU QUE JE VEUILLE ENTENDRE DES HORREURS PAREILLES ÉMERGER DE TA BOUCHE ? CROIS-TU POUVOIR HAUSSER LA VOIX EN MA PRÉSENCE IMPUNÉMENT ? » Il abattit son poing sur le bureau à son tour, avec bien davantage de force que sa fille, si bien que le bois du meuble craqua, que quelques feuilles prises dans le brassement d’air vinrent se laisser glisser au sol dans une caresse silencieuse. Il valait mieux que ce soit le meuble qui prenne. Sa fille, sa fille il ne pourrait pas. Elle était si fragile à ses yeux - sous ses poings, ses os auraient craqué comme le bois. Il avait posé sur elle un regard si dur, une dureté sans faille mais qui en sous-entendait beaucoup. Car la famille, après tout, c’était l’un des seuls moyens de l’atteindre. Hayley, Nathan, Maryan, autant de visages froids que la mort avait emporté sous ses yeux sans qu’il n’y fasse rien, sans qu’il ne pusse rien y faire. Niahm, Hécate. Tous, tous lui manquaient. Tous ces visages qu’il aurait aimé oublier, balayer, fuir, mais plus les années s’écoulaient, plus il peinait à lutter contre ses regrets. « JE SAIS QU’ILS SONT MORTS, QU’ILS SONT LOIN, JE SAIS TOUT CELA. JE L’AI ACCEPTÉ, ET TU DEVRAIS EN FAIRE AUTANT, CE N’EST PAS EN ÉTANT TOURNÉ VERS LE PASSÉ QUE L’ON PARVIENT À QUOI QUE CE SOIT. JE NE PARLE PAS LÀ D’IMAGE MAIS DE SÉCURITÉ, ET S’IL ME FAUT T’ENFERMER À DOUBLE TOUR POUR TE RAISONNER PHOEBE, JE LE FERAI, ET TU POURRAS HURLER AUTANT QUE TU LE SOUHAITES, CELA N’Y CHANGERA RIEN ! »
Mot après mot, sa voix s’était faite plus rocailleuse, plus cassée, presque chargée, presque éteinte, et s’était terminée en une quinte de toux violente - le fait, bien sûr, de ses mauvaises habitudes de fumeur compulsif. Quelques secondes qui lui parurent infiniment trop longues, tandis que les secousses faisaient tressauter sa poitrine, et sa main s’était raccrochée convulsivement à sa chemise par dessus le point même où il avait subi son opération. Il en sortit presque à bout de souffle, un souffle qui raccourcissait d’année en année, et il rejetait au plus loin toute grimace de douleur du mieux possible, répugnant absolument à laisser paraître ses faiblesses devant sa fille. Ce n’était pas là quelque chose qu’il aurait souhaité lui montrer, à un tel point que la colère s’était renforcée dans son regard posé sur elle, elle, son enfant qui menaçait de le fuir. Une de plus. Une de plus qu’il lui faudrait perdre. Il ne pouvait pas l’envisager, il aimait encore mieux qu’elle le haïsse plutôt que de la voir disparaître. « Ne me contrains pas à t’y emmener de force » finit-il par ajouter d’une voix brisée mais toujours ferme, toujours puissante, d’une certaine manière - « et entends raison, ce sont les idées semblables aux tiennes qui font s’effondrer une famille. » »

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J’écoute ses hurlements avec le regard noir comme une nuit sans lune. Il se pense si malin et sage et tellement bon! Il pense qu’il est la voix de la raison et moi je ne suis qu’une gamine. À quoi bon venir me plaindre de ma condition à ce vieillard? Il ne m’écoutera jamais, me ridiculisera toujours en disant que je ne pense pas ou que j’agis en enfant. Il n’a aucune idée. Et alors qu’il tousse à s’en cracher les poumons, je n’arrive pas à éprouver de la compassion pour cette chose. Qu’il crève, qu’on en finisse. Allez. Meurs. Disparais et laisse moi enfin vivre. Si je dois finir moi-même le travail…

-J’espère que tu crèves bientôt.

La crue vérité, froide comme l’océan arctique. Je tourne les talons et sors du bureau sans fermer la porte derrière moi. Je fonce à ma chambre, les poings serrés de rage. Ce n’est pas de ma faute. C’est de sa faute si cette stupide famille s’écroule comme un château de carte au vent. Parce qu’il n’est pas fichu de voir plus loin que son nombril. Parce qu’il ne pense qu’à son égo démesuré. Mon esprit est en ébullition. Je n’arrive pas à penser clairement. En fait, je n’ai jamais été capable de penser clairement, agissant surtout plus à l’instinct et réfléchi après. Et là, mon instinct me hurle un seul mot : Vivre.

Sans une ni deux, je saisie un sac à dos et le remplis de vêtement. Je vais partir. Je vais trouver Nathan et je vais vivre loin de cette maison de malheur et son tyran. Je pourrais aller à Londres, finir mes études et travailler là. Avec un peu de chance, je pourrais devenir une journaliste internationale et me promener partout dans le monde. Peut-être trouver l’amour, le vrai, pas un truc forcé au fond de ma gorge. Je souris faiblement à m’imaginant cette vie parfaite. Oui. Ça va être fantastique, ma vieille. Tu vas pouvoir même changer ton stupide nom! Être complètement libre… Le rêve!
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Où était-elle, sa fille, son trésor, sa petite chose avec son caractère de battante et son regard qui savait voir au moins un peu plus que ce qu’on lui mettait sous le nez ? Il n'y avait plus de trésor, de battante, de regard, ni même de fille d'ailleurs - rien que de la haine en simple concentré, si pure qu'elle empoisonnait l'air. J’espère que tu crèves bientôt. Combien ces mots, prononcés par cette voix familière, pouvaient lui crever un coeur qu'il ignorait avoir. Elle ne saurait pas si bien dire : s'il était encore sauvé pour l'heure, la mort était encore tapie non loin, sous le couvert de plusieurs visages difformes. Un assassin sans tête guettant dans l'ombre sa moindre sortie. Un poumon noir, grignoté chaque jour qui passe par la maladie. Un coeur épuisé par la colère, prêt à lâcher. Combien de temps devant cet homme, cette montagne - quelques maigres années, ou quelques jours, allez savoir. … Tu crèves bientôt. Mais crever il ne pouvait pas. La mort aurait été un réconfort, au point où il en était, mais que serait-il advenu des siens s'il s'en allait sans prévenir. Quand il voyait sa fille trahir de rage tout ce qu'il voulait préserver, quand il la voyait cracher sur les siens, se mettre en danger, la fatigue l’assommait de son milliard d’angoisses : il était trop tôt pour mourir. Sans meneur, le désordre. Chaque gerbe de sa haine ne prouvait que davantage combien elle avait besoin de lui.

Il n’avait plus la force d’envisager son monde. Il n’en était plus à sa prime jeunesse, à épouser la femme qu’on lui désignait, à fonder son empire, à faire des fils, des filles pour lui succéder. Ce n’était plus lui sur le devant de la scène, et tout ce qu’il faisait à présent, il le faisait pour le leur céder. Cela faisait un moment qu’il avait compris cela : sa vie serait trop courte pour qu’il culmine au dessus du monde avant sa fin. Il lui restait un temps trop court - et c’était les siens qu’il regardait désormais. Il n’avait plus qu’eux. C’est à dire qu’il n’avait plus grand chose. Plus la force. Cela, il l’admettait encore mal. Quelle frustration était-ce : ses bras étaient vigoureux mais que restait-il de ses nerfs après toutes ces décennies ? A son âge encore, il était là, à frapper, à frapper fort. Les mots de sa fille résonnaient en lui, plus déchirants à chaque écho. Il avait saisi la chaise où elle était tantôt assise - un mouvement vif, violent, inattendu : il l’avait soulevée comme si elle n’avait pesé que du vent, et l’avait brisée en trois mouvements, sur le sol de son bureau. Plus la force. Elle était là pourtant, évidente, mais ce n’était pas cette force. Il cherchait la force de se raisonner, de la raisonner - il cherchait autre chose que cette violence sans but qui ravageait son monde. Les mots, le calme, le contrôle.

Il l’avait poursuivie, redoutant le pire. Le visage boursouflé par la rage, rouge comme s’il avait cessé de respirer. Un boulet de canon, et plus menaçant encore - on aurait pu craindre le pire pour elle, et qui sait ce qu’il se serait passé si ç’avait été un autre de ses enfants. Si cela avait été Castiel, qui sait, peut-être l’aurait-il brisé contre un mur comme une allumette. Comme Nathan. Crève bientôt. Il s’était figé dans l’entrebâillement de sa porte, le souffle court, les traits furieux, creusés. Lever la main sur Phoebe - jamais, jamais, jamais il ne se le serait permis. Mais ses mots, ses mots… Plus de famille, plus de père - c’est à cela qu’elle aspirait. Gidéon, ne vois-tu pas ? Avec elle aussi, tu as échoué. Il n’y a plus rien à faire. Tu es impuissant, impuissant, et tu détestes ça. « Défais tes affaires, tu n'iras nulle part. » Il ne lui restait plus rien, sinon la peur, la menace - mais c’était se détruire soi-même que de passer par là. Encore. « Phoebe, pose le pied hors de cette maison et il ne sera plus nécessaire de jamais revenir vers moi. Mais je te traquerai, je te traquerai et tu ne pourras jamais plus y échapper. » Dans sa voix, la même dureté que dans sa mâchoire. Il mâchait ses mots, comme s’ils peinaient à sortir. Ils savaient tous deux qu’ils n’allaient nulle part.

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Je n'ai même pas remplie la moitié de mon sac que j'entends sa voix. Je m'arrête un court moment, écoutant ses paroles dures. Mes poings se serrent instinctivement alors que je me tourne d'un bloc vers lui, il est là. Encore. Il est là, toujours dans mon ombre. Toujours à me surveiller, toujours à me dire quoi faire, quoi penser, comment respirer! Et le voilà qui me menace en plus. Je laisse mon sac, avançant vers cette carcasse ambulante. Non, tu te penses malin? Me menacer comme ça, c'est comme dire à un suicidaire de baisser son arme ou le policier va tirer.

-Tu crois vraiment que je vais vouloir revenir? Sérieusement? Je laisse échapper un rire forcé, aucunement amusée par la situation. Vas-y! Poursuis-moi, traques-moi. Dans ton état, tu arriveras à rien. Tu es trop borné pour y arriver. TU ES TROP BORNÉ POUR COMPRENDRE QUOIQUE CE SOIT!

Je m'arrête à quelques pas de lui, le pointant du doigt, les larmes menaçant de couler le long de mes joues. Aller... tu dois résister. Tu peux pas le laisser voir ça. Ramasse ton sac et pars. Disparais. Ne parle plus. Tu sais que tu vas craquer sinon.

-Tu veux un secret? C'est tout de ta faute! C'est ta faute si on est plus une famille! C'est ta faute si tout le monde s'enfuit et veule plus te voir! C'est ta faute si on veut être le plus loin possible de toi! C'EST TOUT DE TA FAUTE! Je le frappe en pleine poitrine, continuant de me vider le cœur, à moitié criant, à moitié sanglotant. Je veux juste être normale! Je veux pas partir, je veux pas, mais j'ai pas le choix! Sinon, je fais qu'exister! Exister et... et attendre que quelque chose arrive. Exister et voir tout le monde autour de moi vivre, faire ce qu'ils veulent. Je veux vivre aussi! Je veux sortir et rencontrer des gens et danser dans des bars et découvrir le monde. Je veux vivre mes propres expériences, bonnes comme mauvaises! Pourquoi tu me refuses ça?! Pourquoi tu me détestes autant? Tu ne retiens ni Castiel, ni Hecate, ni Nathan ou Niamh. Alors pourquoi tu me fais ça?! Qu'est-ce que je t'ai fait pour mériter ça?!

Je m'accroche à ses vêtements, les serrant aussi fort que je peux, me retenant à lui. Je dois avoir l'air pathétique comme ça. En larme et incapable de faire autre chose que de m'accrocher à mon père comme un enfant perdu et effrayé. Mais c'est ce que je suis, non? Perdue et effrayée. J'ai tellement peur de passer à côté de ma vie, de ne pouvoir rien faire avant qu'il ne soit trop tard.
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Phoebe & Gidéon Ò Murchù

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Qui du père ou de la fille enrageait le plus, je ne saurais dire. Mais si Phoebe pouvait se permettre d’exploser tout à fait, ce n’était pas tant le cas de Gidéon qui serrait les dents avec force pour retenir sa colère - une colère bien plus destructrice, tant pour elle que pour lui. Il aurait aimé qu’elle lui facilite la tâche. Qu’elle se taise, qu’elle obéisse, qu’elle fasse profil bas, pour que l’envie de lui coller une râclée passiblement mortelle s’abstienne de lui crisper tout le bras. C’était uniquement la chance, en réalité, qui permettait à la jeune femme de parler encore - car lorsque les mots du père n’étaient plus compris, que les cris ne suffisaient plus, c’étaient normalement les coups qui s’abattaient. Et de la part de Phoebe, il espérait toujours ne jamais avoir à dépasser l’étape des mots, il espérait qu’elle comprenne, et s’il fallait, mieux que les autres. Mais elle ne comprenait pas. Elle était impulsive cette enfant, alors qu’il l’aurait aimée réfléchie. Hélas, ce n’était plus à son âge qu’il pourrait y changer quoi que ce soit.
Borné. Le mot est juste, et cela se ressent dans sa mâchoire serrée. Bien sûr qu’il était borné, mais il n’avait certainement pas l’intention de l’admettre, et ce n’était pas à sa fille de lui faire la remarque. Il se voilait la face sans doute un peu - mais il ne pouvait s’imaginer que Phoebe à son tour veuille décoller pour ne jamais plus revenir. « Tu es une Ò Murchù, et pour l’heure ta place est dans cette maison. » Tu es une Ò Murchù alors comporte-toi en tant que telle. Il y avait une famille, il y aurait toujours une famille, aussi longtemps qu’il tiendrait debout. Pour lui, aucun d’eux ne pouvait avoir l’envie sincère de couper les ponts avec tout ce qu’il avait bâti - ça aurait été les trahir tous, et il redoutait cette trahison, qui serait alors l’échec de toute sa vie. On sait où la trahison avait mené Hayley, et où elle avait mené Nathan aussi : il ne pouvait l’envisager de la part de Phoebe, il ne voulait envisager le pire.

Ta faute. Il n’avait pas eu l’esprit de compter combien de fois ces mots s’étaient échappés de sa bouche, mais probablement quelques fois de trop. Il tremblait presque de l’envie d’extérioriser sa rage une fois encore, faire taire cette voix trop familière qui l’accablait sans plus le moindre respect. Il ne la supportait plus - à l’instant, il ne supportait plus l’enfant qu’il aimait. Le coup qu’elle voulut lui décocher fut l’élément déclencheur, l’élément qui dépassait les bornes - le poing contre sa poitrine, non pas qu’il ait été fort, mais qu’il se soit attaqué justement à l’endroit où il était le plus vulnérable, puisqu'il y était déjà blessé. Le choc - le choc qu’un tel mouvement ait été initié par elle, quand elle était la personne au monde qu’il souhaitait le moins considérer comme son ennemi.
Il avait réagi dans la seconde, la balayant d’un revers de bras pour l’éloigner de lui autant que possible pendant qu’elle s’obstinait à parler, à poursuivre sa plaidoierie, mais lui, main sur le poumon, ne pensait à rien d’autre qu’à ce coup à peine croyable, au sentiment de colère, au sentiment de trahison. Non, non elle n’aurait jamais osé, il ne pouvait croire cela d’elle. « Tu as levé la main sur moi. » Il n’écoutait pas, il n’y avait plus que ces mots qui résonnaient dans sa tête, et sa voix qui tremblait nettement désormais, devant toutes ces mauvaises émotions que cela lui inspirait, et son cerveau parlait trop. Des mots lui parvenaient encore, mais si lointains : exister, vivre, je veux, je veux, pourquoi… Ses mains, ses mains tellement plus petites que les siennes étaient venues saisir ses vêtements, et il peinait à savoir si c’était pour l’agresser encore, ou pour une autre raison. Il ne savait que penser devant ce visage en larmes, il n’en revenait pas, et c’est la seule chose qui le retenait. « PLUS JAMAIS. PLUS JAMAIS TU NE LEVERAS LA MAIN SUR MOI. PHOEBE. »
Il l’avait saisi par les épaules, il les écrasait sous ses mains pour se retenir, mais le coup était parti - une gifle monstrueuse, la seule manière qu’il avait trouvé pour lui éviter un coup de poing, dans une dernière tentative de la préserver de sa colère. Et son visage en larmes lui faisait mal, il voulait lui dire de contrôler ses émotions, mais comment pouvait-il, quand on voyait où il en était rendu. Il avait la nausée, la nausée à l’idée de la perdre, à l’idée de la voir elle-aussi, un jour, poignard en main, prêt à l’assassiner. Mais il n’arrivait pas à lui dire qu’il l’aimait, il n’arrivait pas à la prendre dans ses bras, il n’arrivait pas à être doux - surtout pas après un coup de poing. « Ne m’oblige pas… Ne m’oblige pas à recommencer, s’il te plait, et plus jamais, plus JAMAIS tu ne dois me MENACER, C’EST TOUT DE MÊME INCROYABLE QUE JE SOIS OBLIGÉ DE TE LE DIRE ! » Il l’avait repoussée pour se prendre le crâne, il occupait si largement l’encadrure de la porte qu’il n’avait de cesse de lui barrer la route. Il n’y avait pas d’issue - lui et elle, deux esprits forts qui campaient leurs positions, deux esprits meurtris l’un par l’autre, un lien du sang autodestructeur, mais un lien auquel ils ne pouvaient échapper pourtant.

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feat. Phoebe & son papounet


Le picotement sur ma joue est horrible. Comme si j’avais été piquée avec un millier d’aiguille à la fois. Tout mon corps et mon esprit criaient la même chose. Il t’a frappé. Il t’a touché. Venge-toi! Fuis! Ne reste pas là comme une truite hors de l’eau! Attaque-le! Fais le regretter! Cours jusqu’à ne plus avoir de souffle, disparais! Mais rien. Pas un mouvement, pas une parole alors que ma main vient caresser ma joue douloureuse. Il m’aime, c’est ça ouais. Et puis quoi encore? Je retiens mes larmes alors que je le toise. Je regrette presque que mes armes d’escrimes soient pas dans ma chambre. Mais c’est peut-être mieux pour lui… pour moi.

Je recule le plus loin possible de lui, dégoûtée par ce qu’il vient de me faire. Mes yeux parcourent rapidement ma chambre, cherchant quelque chose pour me défendre, juste au cas. Il ne me touchera plus jamais comme ça. Hey! Il ne me touchera plus jamais, ça non. Je ne lui donnerais pas l’occasion. S’il ose encore, ça sera la dernière chose qu’il fera. Oh, et voilà qui parlait comme s’il avait des remords! Il n’avait qu’à y penser avant!

Je saisie mon sac de vêtement et finis rapidement de le remplir avant de le passer à mes épaules.

-Tu ne peux pas me demander du respect alors que tu refuses de me rendre la pareille. Je vais rendre service à nous deux. Je vais plus jamais te menacer parce que tu ne me reverras jamais. Tu vois! Tout le monde va être content au final! Tu n’auras plus de fille indigne! Gagnant-Gagnant. Maintenant, laisse-moi passer.

Ma voix est étrangement calme alors que je parle, comme si tout ça n’était qu’un rêve… un cauchemar. Mes mains tremblent légèrement alors que je me dirige vers la porte, mais il me bloque le chemin. Et je suis bien trop petite comparée à lui pour le déloger de là par la force. Alors j’attends, j’attends qu’il se décide enfin à faire quelque chose de brillant : Me laisser passer ou essayer de se faire pardonner.

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Phoebe & Gidéon Ò Murchù

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La gifle n’avait fait qu’éveiller à nouveau la colère de cette petite boule de nerfs. Evidemment, pas la moindre compréhension : elle voyait le père coupable et se croyait sertie d’innocence et de bonnes intentions, exemptée de tout péché. Evidemment, à ses yeux, il n’y avait que Gidéon qui faisait des erreurs, il devait être responsable du délitement de sa famille - mais si sa famille lui manquait de respect, lui désobéissait, le fuyait, le haïssait, le trahissait, comment pouvait-il laisser simplement les choses se faire ? Il ne voulait pas qu’elle s’égare, cette famille. Il ne voulait plus perdre aucun de ses membres. Hayley et Nathan avaient déjà péri, Niamh était partie pour prétendument ne jamais revenir… Et voilà que c’était au tour de Phoebe. Phoebe qu’il avait aimée plus que les autres, contre toute morale, contre vents et marées. Phoebe, en lequel il avait vu une part de son salut, une part de cette féminité qui pouvait le tirer de son obscur dépérissement et de cette violence incohérente qui ruinait son existence. Mais il fallait se rendre à l’évidence, il n’y avait de douceur que dans Hecate, au final. Hecate, qui avait voulu le poignarder, qu’il avait dû enfermer pour protéger sa propre vie, et la sienne aussi, depuis qu’elle s’ouvrait les poignets. Alors Hecate aussi, en quelque sorte, il l’avait perdue. Il l’avait finalement revu, il y a peu, à l’hôpital, mais rien ne pouvait plus être pareil, après une tentative de parricide. Et il n’y avait plus Phoebe non plus, car elle le haïssait et ne désirait rien sinon partir. Que restait-il ? Il restait Castiel. Il restait encore et toujours Castiel. Ce fils qu’il avait battu, mais qu’il aimait, et il comptait sur lui pour prendre la suite des Ò Murchù. Mais quels Ò Murchù ? Il craignait qu’une fois le père mort, il n’y en aurait plus.

Il y a de la haine et du dégoût dans le regard de sa fille. Ce ne sont pas les larmes d’une enfant qui comprend sa bêtise, mais la rage d’une jeune femme perdue, déboussolée, reniant tous ses repères. Elle dévisageait la salle, et Gidéon savait qu’elle cherchait un moyen de lui faire du mal. Elle aussi, alors, finirait pas surgir dans son dos avec une lame pour le transpercer. Et ce poumon lui faisait tellement plus mal, lorsqu’il se disait qu’en fin de compte, ça aurait pu être Phoebe - ça aurait pu être elle, ce jour-là. Elle aurait pu l’avoir tué. Et ce qu’il réalisait le blessait autant qu’il le mettait en rage. « Content ? Tu crois que je suis content que tu me déshonores ? Que tu trahisses nos valeurs et ton éducation ? Je ne te laisserai pas passer. Qu’as-tu l’intention de faire, vivre sans le sou ? Et ton fils, ton fils, Phoebe, tu vas le traîner avec toi dans la misère, ou tu vas me l’abandonner ? Ambrose ne quittera pas cette maison - et toi non plus. Ton comportement est écoeurant, et je vois maintenant que j’aurais dû te gifler davantage. Tu es mal élevée. Et tu es pire qu’une enfant. » Il avait une telle rage dans sa voix qu’elle en tremblait, qu’elle en était bouillante. Il ne s’en voulait pas de l’avoir giflée en fin de compte, il s’en voulait d’avoir manqué son éducation. Il avait été trop doux, quelle ironie quand on y pense. « Dehors - dehors, il y a un homme qui a voulu m’assassiner. Si tu penses qu’il ne s’en prendra pas à toi juste parce que c’est moi qu’il vise, tu te mets des oeillères. Alors je me répète - et je déteste me répéter - mais tu ne sortiras pas de cette maison. » Il lui avait pourtant déjà tant pardonné. Il lui avait pardonné lorsqu'elle était revenue vers lui avec un enfant dans le bas ventre, un enfant qui s'avérait sans doute être le fils d'une fée, et il avait pourtant tellement de mal à les regarder en face. Il lui avait pardonné plusieurs de ses échappatoires, et il n'était pas sans ignorer qu'elles existaient, parce qu'il voulait garder une part de sa confiance. Mais cette confiance, à bien des égards, était à présent ruinée.

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