I don't mind you coming here and wasting all my time | Alix & Rod

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Oraclestaff
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I don't mind you coming here and wasting all my time
V. Alix Sweetman & Rod S. Wilde

« I don't mind you coming here and wasting all my time, cause when you're standing oh so near I kinda lose my mind. It's not the perfume that you wear, it's not the ribbons in your hair, I don't mind you coming here and wasting all my time, I guess you're just what I needed »
Il y a des gens qui croient à l’impossible. Les mêmes sûrement qui achètent des billets de loterie, et aussi ceux qui y gagnent, à l’évidence. Ce sont ceux qui font avancer le monde, semble-t-il. Pourtant, toi t’es plutôt de ceux qui croient même pas à ce qui est évident. Pessimiste, à tel point qu’on te tendrait du bonheur, tu croirais pas assez à ta chance pour t’arrêter devant. Tu passerais à côté, en regardant tes pieds, en marmonnant « de toute façon, c’est des bêtises ». Quand t’as de la chance, souvent t’as un contrecoup juste après, alors forcément t’as appris à t’en méfier.
Pourtant là, en passant par Coconut, tu sais pas pourquoi mais tu t’es arrêté. C'était le Fantasea - par habitude, tu passais devant sans le voir. L’entrée était payante, alors c’était pas un endroit pour toi. T’avais un vague souvenir pourtant, d’une sortie scolaire quand t’étais gamin. Des baies vitrées remplies de poissons, mais c’était à l’époque où tu pouvais les voir. Maintenant, t’aurais juste vu ton reflet sur un fond flou, probablement. Ta sale gueule dans la vitre, la gueule que tu supportais plus. Écorchée sur les joues, bleuie par les coups parfois, trop pâle, trop maigre, trop creusée sous tes yeux toujours explosés qui savaient jamais où poser leur regard. Un masque d’Halloween en retard, mais c’est comme ça, tu te détestais. Le réconfort, s’il en était un, c’est que bientôt tu serais peut-être même plus en mesure de te voir.

Le froid t’a gelé sur place alors que tu fixais cette grande façade de plexiglass bleutée. Tes dents claquaient, t’étais frigorifié, mais tu bougeais pas, tu sais pas pourquoi. T’as regardé les gens s’engouffrer dans ces tréfonds obscurs, tièdes et si calmes. Tu les enviais. Même si t’y verrais sans doute pas grand chose, tu voulais au moins essayer. La mer, en plus, t’aimais bien ça - plus que le feu en tout cas. Les bateaux, les vagues, l’eau, les petits poissons, les gros requins. Même le tsunami t’avait pas chamboulé assez pour te les faire détester. C’était tellement silencieux, dans les abysses, quelque part si tu devais choisir ta mort, tu demanderais à t’y laisser noyer. Mais bon, t’es déjà à moitié satisfait, puisque ton existence est un abîme de noirceur sans tréfonds et sans vie. Cela dit, si tu te noyais pas dans la dépression, tu penserais probablement les choses autrement - à commencer par préférer ne pas mourir.
Tu t’es approché, et t’as senti un truc sous ton pied à deux pas de la porte qu'a failli te faire déraper, quelque chose comme du carton fin - en te baissant comme un clochard pour un billet, t’as pu voir que c’était un ticket du Fantasea. C’est ce que je disais en parlant de chance, tu aurais dû te méfier des conséquences, naïf que tu es. Mais t’as pas su résister et t’y es entré. T’y croyais à peine quand on te l’a composté sans objection, qu’on t’a dit bonjour comme à monsieur tout-le-monde, quand personne t’a regardé de travers ou eu l’air de vouloir te jeter dans le froid. Tellement que t’as cru ces sourires hypocrites, et t’as pressé le pas avant qu’on t’annonce que finalement non, t’entrerais pas.
C’était si tranquille. Peut-être parce qu’après un tsunami récent, plus personne avait envie de voir de la flotte. Peut-être parce qu’à cette heure-là, les gens normaux étaient occupés à bosser. Résultat, t’avais le silence, la musique douce presque rien que pour toi. Les lumières douces, qui l’étaient d’autant plus pour tes yeux daltoniens, donnaient à ce monde quelque chose de mélancolique qui te touchait un peu trop. T’as fermé les yeux, t’as profité de la sensation de tes pas étouffés dans la moquette douce d'allée en allée. A un moment tu t’es assis sur un banc - plus confortable que ta propre couche - devant un aquarium un peu grand. Tu savais même pas ce qui y nageait, tu voyais, en entrouvrant les paupières, des ombres tranquilles s’y mouvoir en silence. T’as refermé les yeux. T'aurais presque pu t'endormir là. Combien de jours, de semaines, de mois que t’avais pas été détendu comme ça ? T’avais envie de pleurer tellement c’était agréable, comme si tes nerfs supportaient mal d’être relâchés soudain. T’as profité que personne te voie, t'as profité de la lumière tamisée pour laisser tes yeux se mouiller sans gêne. Et tu les essuyais, sans renifler, sans sangloter - juste parce que t’étais bien.
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Fée
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I don't mind you coming here and wasting all my time.Rod & Alix C'était du grand n'importe quoi. Depuis cette soirée d'Halloween, je sais pas ce qu'il c'était passé, mais ma vie était devenue totalement folle. Ou alors c'était moi qui devenait fou ? J'allais vraiment finir par le croire. Ca faisait maintenant plusieurs jours que j'étais sous… J'en savais rien sous quoi j'étais mais ça ne cessait plus. J'avais de longues phases de dépression suivit de longues phases d'euphories. Au début j'arrivais à gérer encore. Mais à présent, c'était pire, je passais d'un stade à l'autre bien plus rapidement et sans aucun signe au préalable pour m'avertir. Quand je vous dit qu'il y avait de quoi en devenir fou, j'étais sérieux. C'était à peine si j'osais sortir. J'avais du poser des congés, et ça me tuait de ne pas pouvoir aller travailler alors que je savais que j'avais plein de monde qui comptait sur moi. Et je n'aimais pas remettre mon travail à mes collègues.

Cependant, je n'avais pas d'autre choix que de subir. Ca allait bien finir par passer. Il me semblait que si ces « crises » passaient plus rapidement de l'une à l'autre, elles étaient moins violentes qu'au début. Ou alors c'était juste moi qui m'y habituait… Mouais, je préférais rester optimiste et me dire que dans une semaine tout sera redevenu comme avant. Quoique, comment les choses pourraient redevenir comme avant ? J'avais du mal à me sortir de la tête tout ça et les phases de dépressions ne faisaient que me rappeler sans cesse ce qu'il c'était passé à Halloween, les paroles de Basil… C'était horrible, tout cela tournait en boucle dans mon esprit et me vidait de toute énergie. Puis tout ça était balayé soudainement par une monté soudaine de je-ne-sais-quoi où je faisais vraiment tout et n'importe quoi et… Mon dieu… Cette soirée avec Castiel… C'était sans doute un bon exemple de ce dont j'étais capable pendant ces phases.

De son côté, Basil ne semblait pas avoir remarqué grand-chose. Je savais que l'empathie n'était pas le fort de mon cousin. Et d'un sens temps mieux, je ne voulais pas qu'il s'inquiète avec tout ça mais… D'un autre côté, j'avais tellement besoin de quelqu'un, s'il savait… mais je ne pouvais pas décemment lui demander quoique ce soit. Je ne pouvais pas forcer Basil à m'écouter parler ni même passer du temps avec moi. Je me sentais bien trop coupable. Et j'avais peur aussi qu'en lui demandant un peu d'attention, qu'il ne me fasse que me confirmer ce qu'il c'était passé à Halloween.

Donc oui, je faisais de mon mieux pour continuer d'avancer avec tout ça. J'avais entamé aujourd'hui sur un pique d'euphorie justement. Et j'avais passé une bonne partie de la journée à courir partout. Cela commençait à faire un moment que je me sentais trop bien. J'aurais pu me méfier d'une retombé soudaine si mon esprit n'était pas incapable de penser à ce genre de chose. C'est ainsi que je m'étais retrouvé à l'Aquarium de Bray, le Fantasea. Cela faisait des années que je n'y avais pas mis les pieds. Mais sur une pulsion soudaine, j'étais passé devant et j'étais entré. En plus je n'aimais même pas l'eau. Habituellement, cet élément me mettait mal à l'aise. Peut-être parce qu'il me rappelait un peu trop les sirènes, les tritons et vous savez en temps que fée… Puis Castiel…
Mais je vous dit, sur le coup je n'y avais pas pensé, et j'avais passé pas mal de temps à m'extasier devant les différents bassins. J'avais même parlé avec au moins cinquante personne différentes en leur faisant part de mes pensées sur telle ou telle créature marine avec bien trop d'enthousiasme pour paraître crédible.

J'avais aucune idée depuis combien de temps j'étais là, mais sans doute déjà bien trop. Je commençais à fatigué et j'étais venu me poser sur un banc à côté d'un type à qui je n'avais pas trop prêté attention au début. Le regard fixé sur l'aquarium en face de nous. Je commençais à redescendre, mais pas encore au point d'atteindre le stade de la dépression.

- Cet endroit… C'est épatant… Je ne pensais pas qu'il y avait autant de créature marine… Et elles sont toutes si étrange. Sincèrement, je ne voudrais pas vivre là dessous, c'est assez effrayant quand on y pense n'est-ce pas ?

Voilà, c'était à peu près le genre de discours que j'avais tenu à toutes les personnes que j'avais croisées. Sur mes derniers mots, je m'étais retourné vers mon interlocuteur et remarquait dans quel état il était et remarquant surtout que je le connaissais.

- Par Mélusine ! Rod ?! Ca fait tellement longtemps ! Qu'est-ce qu'il se passe ? Il ne faut pas se mettre dans des états pareils mon chou…

Sur ces belles paroles, je passais un bras autour de mon ancien camarade de lycée. Quoi ? Il avait l'air triste, alors oui, même si on c'était pas vu depuis un moment, par réflexe, je lui faisais un câlin pour le réconforter voyons. C'était normal non ? Je crois que même dans un état stable c'est ce que j'aurais fait. Enfin, peut-être avec un peu plus de tact quand même.
©️ YOU_COMPLETE_MESS

HRP : Oh.. Sorry Cousin... J'ai oublié de changer les gifs du code... Jle ferai plus tard, jsuis trop crevé là XDD ! Donc euh... Fait genre cpas les mêmes que ceux dans notre rp avec Baz <3 !

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Le temps avait retenu son souffle pour toi. Ça aurait pu faire vingt minutes, comme ça aurait pu faire quatre heures. A l’occasion, une pensée intrusive essayant tant bien que mal de te faire culpabiliser, de t’interroger sur le meilleur moment pour partir. Mais t’étais tellement bien que tu t’en foutais, à vrai dire, il aurait fallu te jeter dehors à coup de pied au cul pour que tu acceptes de retourner dans le monde réel, même si cela devait signifier rentrer de nuit - t’étais prêt à prendre le risque, quand bien même t’étais terrorisé à chaque pas. C’était si calme - tous ces sons étouffés par l’atmosphère océane, comme si l’eau avait chargé l’air d’un bon 80 pourcent. De temps à autre, des voix qui se répondaient, une ombre se détachant de la surface luminescente, des bruits de pas molletonnés, le frottement des cuisses dans un pantalon en jean, un toussotement, un homme qui se mouchait. Une ambiance vivante mais assez subtile pour ne pas se faire oppressante.
Et puis, à un moment, une légère sensation d’affaissement sur le coussin du banc. La présence qui va avec aussi, le signe que t’es plus tout seul, que ton espace vital un peu large venait d’être envahi. T’aurais préféré qu’on ne s’asseoit pas là, mais t’étais qui pour interdire aux gens l’accès aux bancs ? T’as rien dit, tu comptais pas faire la conversation. En fait, t’espérais pouvoir faire la même chose qu’à chaque jour de ta vie : faire semblant de pas être là. Parce qu’au fond, t’existais peut-être un jour sur huit, c’était assez minable pour un vivant. Sauf que bon, le gars, qui était peut-être bien ce brouhaha de fond qui t’avait bercé depuis quelques minutes, il avait décidé d’être sociable et de te causer. Le pauvre, il savait pas ce qui l’attendait, t’étais facilement un des types les moins causants qui soit. Cela dit, t’étais détendu, peut-être qu’avec un effort, t’arriverais à un résultat moins pitoyable qu'à l'accoutumée.
Sauf qu’en fait, t’as rien pipé à ce qu’il t’a dit. Enfin, si, t’as vaguement compris, mais plutôt que de vouloir débattre sur l’étrangeté du monde, t’étais plutôt en train de la subir. Parce que cette voix, en fait, tu te sentais comme si tu la connaissais. Oh, sans doute un peu différente, plus mature ou quelque chose comme ça - mais il y avait dans le timbre quelque chose de familier, et t’as ouvert tes yeux comme des billes en tournant ta tête sur le côté. Bien sûr, comme t’es un peu con, t’as zappé entre temps que depuis la dernière fois que tu l’avais croisé, t’avais légèrement perdu la vue. Mais les contours flous et obscurs que t’as pu observer au moins confirmaient ta première pensée. « Victor ? » tu t’étais exclamé avec un étonnement vif, presque en même temps que lui d’ailleurs - vos prénoms s’étaient mêlés en un genre de marmelade étrange saveur surprise. Au moins, t’as su aussitôt que tu t’étais pas trompé.

Ce que t’as ressenti ? Merde, ça c’est pas facile à dire. T’y croyais pas tellement ça semblait sortir de nulle part. Qu’est-ce qu’il foutait à Bray, déjà ? Des dernières choses que tu savais, il avait tout plaqué pour un autre endroit dont t’avais essayé d’oublier le nom - mais il faut dire aussi que ça faisait plusieurs années que tu ne te tenais au courant de rien. Et puis, ton coeur a fait un truc bizarre à ce moment-là. Il s’est serré, et soulevé en même temps, et il s’était mis à battre lourdement et rapidement comme un gros papillon de nuit autour d’une lampe à huile. Ça, c’était même avant qu’il passe son bras autour de toi - après ça, c’est carrément ton cerveau qui a cessé de fonctionner. Pour toi qui émergeait d’une sorte d’état second, tout allait soudainement beaucoup trop vite. T’as ouvert la bouche bêtement, t’avais abandonné tout ce qui était détente absolue pour te sentir soudainement plus nerveux que jamais. Nan, c’était trop gros - tu pouvais pas accumuler la chance comme ça. Trouver une entrée gratuite, te sentir heureux, retrouver un des types qui comptait le plus pour toi, te retrouver dans ses bras et… Toi qui, en plus, était resté convaincu qu’il te cracherait au visage le jour même où il te reverrait, tu comprenais pas. Parce que ta dernière impression de lui, c’était un peu la dispute qui t’avait brisé le coeur. T’oubliais souvent à quel point il était probablement trop gentil pour t’en vouloir indéfiniment. Vous étiez jeunes et cons - mais toi, t'avais pas tellement changé et t’en étais resté convaincu.
T’étais juste chamboulé. Son contact, le son de sa voix - ça semblait tellement venir de nulle part. T’étais en train de rêver, il n’y avait que ça. Tu t’es pincé la main aussi fort que t’as pu, t’as réussi à te faire mal d’ailleurs mon con, sursautant un peu en voyant que ça n’amenait à rien. « Je… J’ai... » Bon, au moins t’as enfin réussi à sortir un truc de ta bouche. C’était pas franchement glorieux, mais c’était mieux que rien. T’avais envie de fuir en courant et son bras autour de ton épaule t’insupportait, mais soyons honnêtes - t’avais l’impression d’avoir jamais été aussi heureux. D’autres larmes ont commencé à te sortir des yeux et tu les as essuyé d’une main tremblante avec un rire un peu faux pour cacher ton malaise. « Merde, si j’avais su que j’allais te revoir... » t’aurais soigné ton apparence autant que faire se peut pour te rendre présentable, pour te faire beau même si tu t’en sentais pas capable. Mais t’es sûr que c’est le meilleur moment pour penser à ça ? « Ça va, c’est… Ça va. » Pas tout à fait faux, mais sacrément peu vrai aussi. T’étais déjà pas top à l’époque où tu l’avais connu, mais t’avais jamais été aussi pire qu’à ce moment-là de ta vie. Ecoute, ça va, j’me suis arraché de chez ma mère mais elle continue de me harceler, j’ai pas de travail, je mange de la merde, je survis avec une misère, je suis presque aveugle et toujours éternellement seul, je suis traqué par un malade mental qui veut potentiellement me bouffer ou me faire brûler vif, je suis pas loin de devenir fou aussi et je suis toujours une putain de victime qui se fait tabasser à tous les coins de rue - mais tu vois, rien que pour t’avoir vu aujourd’hui, je serais pas loin du plus beau jour de ma vie. Si t’avais eu le cran, t’aurais pu lui raconter tout ça, mais à la place, t’avais l’air de vouloir t’excuser d'être là. Un peu recroquevillé, à mi-chemin entre l’envie de fuir son bras et l’envie de t’y jeter. T’avais tellement d’émotion que ta voix partait en vrille, mais au moins tu souriais. « Tu es de retour à Bray ? » - dis donc, c'est qu'il t'avait fallu une bonne éternité pour le remarquer.
T’avais le regard fuyant. Bon, faut dire aussi que c’était très largement parce que tu voyais rien. Dans la pénombre, t’arrivais à fixer tes yeux sur rien, mais même si t’avais pu, t’étais malgré toi intimidé. Ouais, intimidé - intimidé par ce gars alors que tu l’avais connu pendant des années, quand vous étiez gosses même. Il t’avait probablement vu te faire dessus un jour dans ta vie, il t’avait vu en gamin avec la morve au nez, il t’avait vu brailler, te vautrer, te péter les genoux, te faire péter la gueule. Il t’avait vu rigoler aussi - pas autant que les autres, mais lui, il arrivait à te faire marrer. Probablement pour ça qu’étant enfant tu lui collais au cul. Probablement pour ça que ce type-là, t’avais fini par l’aimer un peu trop - et probablement un truc donc tu seras jamais vraiment remis. Merde, il t’avait tellement manqué. T’avais l’impression que son retour signifiait un peu de soleil dans la catastrophe naturelle qu’était ta vie.
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Fée
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I don't mind you coming here and wasting all my time.Rod & Alix Soudainement, j'avais perdu toute mon énergie. Je n'avais plus envie de me lever je voulais juste rester là et… Et je ne savais pas quoi, j'avais perdu toute envie en faite. Ou tout du moins je perdais petit à petit toute envie. Cela me fit un peu bizarre de voir Rod autant bouleversé par ces retrouvailles. J'étais content de le voir, mais je ne pensais pas que ça le secouerai au point d'en pleurer. J'avais presque envie de me mettre à pleurer aussi pour le coup. De laisser mes émotions prendre le dessus et ne plus me forcer à sourire alors que… Que je n'en pouvais plus de cette joie de vivre permanente que je m'efforçais de conserver. Pourtant d'habitude, ça me venait naturellement. Là, j'avais de plus en plus l'impression que je devais faire des efforts pour la maintenir.

Quoique, le sourire que j'affichais en réponse à la réaction de Rod était sincère. Ce n'était pas ce sourire euphorique que j'avais affiché en m'asseyant à côté de lui et en le reconnaissant. Mais il valait sans doute mieux ça. J'avais soudainement envie de serrer mon ancien camarade dans mes bras encore plus, comme jamais auparavant. J'en avais besoin et j'avais l'impression que lui aussi. Quoique, j'en savais rien en fait. Ma simple présence semblait le rendre malaise alors… Je n'osais pas bouger davantage. Donc je restais bêtement, mon bras autour de ses épaules à dire :

- T'inquiète, c'est rien…

Je ne sais pas trop de quoi il ne devait pas s'inquiéter. Rod avait apparemment du mal à finir ces phrase. C'était difficile d'établir pourquoi il disait tout ça, la raison de tant de bouleversement. Bref, heureusement, il me posa rapidement une question qui me détourna de mes interrogations.

- Ouais, ça fait un petit bout de temps maintenant.

Je ne pouvais pas en vouloir à Rod de ne pas être au courant. Cela faisait des années qu'on avait pas parlé. Et je n'étais pas la star de Bray non plus. On s'en fichait dans le fond de moi, n'est-ce pas ?

- Je croyais que tu avais quitter la ville aussi… Et que tu voudrais plus jamais m'adresser la parole non plus…

Il faut dire qu'on ne s'était pas trop quitté sur de très bon termes. Et je me sentais mal. Parce que je savais que c'était de ma faute. J'avais toujours connu, Rod, depuis qu'on était à l'école, nous avions toujours été ami me semblait-il et… Et j'avais tout brisé…

- Je suis désolé d'ailleurs… Je n'aurais pas dû partir comme ça… Enfin… Je veux dire… Qu'on se soit quitté en de mauvais termes et…

Et je n'avais aucune idée de comment finir cette phrase. C'était des vieilles histoires que je ressortais là. L'époque où je sortais avec Anastasia, puis il y avait eu Jägger et au final, j'étais tout seul. J'étais tout seul, comme un con dans un endroit qui me mettait mal à l'aise. Je vous jure, ces aquariums, ces animaux qui y nageaient ne me passionnaient plus du tout. Ils me donnaient la migraine.

- Désolé… Tu deviens quoi du coup ?


C'était surtout un prétexte pour ne pas avoir à m'étendre sur le sujet cette question. Je n'avais pas très envie de parler de moi au final. Pour une fois, je préférais écouter que de raconter tout ce que je savais.
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Victor, tu croyais le connaître par coeur. A cette époque du moins, avant que vous ne vous disputiez - il était une forme de modèle que tu idéalisais, et tu passais tant de temps à le regarder que tu en aurais pu faire la plus parfaite imitation et reproduire ses mimiques avec une rigueur remarquable pour l'imbécile que tu étais. Distrait, mais si facile à fasciner, tu avais beau parler peu et ne jamais oser imposer ta présence, ton regard avait parfois quelque chose d’envahissant quand tu étais mis en confiance - c’était encore avant un certain nombre de traumatismes et ta perte de vue. A présent, bien sûr, tu ne pouvais plus te le permettre. Et pourtant tu aurais pu la retrouver, dans sa joie de vivre et son énergie, au fond, cette propension à parler trop, à devoir se défouler d’une manière ou d’une autre. Soudain, il semblait presque amorphe, presque comme toi, accablé par quelque chose. Et tu sentis ton coeur chavirer à l'idée que ce pouvait être de ta faute. Mais quelle autre explication y aurait-il pu avoir ? Il allait de visiteur en visiteur depuis tout à l'heure et tout à coup, tu lui sapais sa joie de vivre et son moral. Tu avais envie de disparaitre et de lui demander pardon. Tu n'en fis rien, de peur de l'enfoncer dans ce sentiment. Le sourire encore accroché aux lèvres, mais qui fondait de minute en minute, car il t’inquiétait malgré toi.
C'est rien. T'inquiète. De ce genre de mots qui avaient tendance à décupler ton inquiétude justement, qui te donnaient l'impression d'avoir manqué une information importante. Des mots qui te donnaient la nausée, mais qui te touchaient également pour la bonne intention qu'ils recouvraient. Il t’apprit finalement que cela faisait déjà un moment qu'il était revenu à Bray, et tu te sentis ridicule et le coeur serré de l'avoir manqué si longtemps. Peut-être que tu aurais dû prendre des nouvelles après tout, mais tu n'avais pas non plus envie de lui imposer ta présence et ta conversation. Si c'était pour le déprimer, tu aimais encore mieux fuir, te priver de sa compagnie pour peu qu'il soit heureux à nouveau. Ton regard a pénétré la moquette et tu as dégluti, tu ne savais trop ce que tu devais dire ou faire - et ce bras sur ton épaule occupait une belle partie de ta concentration. « Je… Je l’ignorais, pardon. C'est de ma faute, je me suis isolé pendant longtemps. » Longtemps, et tu n’avais pas encore cessé - il serait ta vie sociale de toute une semaine au moins.

Ton coeur s'affole lorsque tu comprends que c'est de votre dispute qu'il parle désormais. Il pensait que tu ne voudrais plus lui adresser la parole, et toi tu étais convaincu du contraire. Tu avais honte et vous étiez tous les deux bêtes, mais toi toujours un peu plus. L'angoisse a fait monter ta voix, en plus de la précipiter un peu. « C'était moi, c'était complètement à cause de moi, j'ai été débile - perdre le contact avec toi c'était ce qui pouvait arriver de pire. Je ne sais même plus… Ça fait combien de temps ? Je… J'espérais… Je comprendrais que tu m'en veuilles encore mais si je pouvais… Si j'avais moyen de me racheter, de revenir en arrière et de me faire taire... » Tu ne te souviens plus qui avait commencé ce jour là, mais tu sais que tu regrettes chacun de tes mots, chacune de tes phrases, de tout ce que tu as pu prononcer, même si t'as sûrement été le plus meurtri des deux. Tu n’avais pas envie de le voir comme un coupable - si tu n’étais pas un ami si pitoyable, jamais ça ne serait arrivé. Et puis, tu avais eu cette idée con à l'époque, que prendre tes distances te débarrasserait de tes sentiments indésirables. Mais à l'évidence, c'était peine perdue pour ce point : tu étais un cas désespéré.
Tu n'osais pas. Malgré la proximité, malgré le contact, tu avais impression de lui imposer le moindre mouvement, alors tu ne bougeais pas. Plus tendu que jamais, tu avais l'impression d'être criblé de jugements, d'être jaugé par son regard, comme pour décider si ta vie en valait la peine ou s'il valait tout aussi bien s'en aller et te planter là. Tu voulais pas qu'il parte,  t'avais pas envie de le décevoir, mais t'étais une déception pas vrai ? T'as serré les poings sur tes cuisses et les mâchoires dans ta bouche, sa peine était communicative, à moins que ce ne soit la tienne, mais vous aviez l'air de deux dépressifs sur un banc. Le décor était paisible, agréable, reposant - mais ne parvenait plus à chasser votre peine. Fallait-il que tu t’ouvres à lui, que tu lui racontes tes malheurs ? Tu n'avais pas envie de l'ennuyer, pourtant l'atmosphère intimiste t'y encourageait. Tu avais envie de te confier - besoin de te confier, mais tu avais peur aussi. Tellement peur de lui raconter. Tellement honte. Et le pire c'est qu'il t'y encourageait. Mais il a pas idée bien sûr de ce qui te traque. La mort - rien que ça.

Tu hésites, ta respiration se fait irrégulière, témoin de ton état d'angoisse et de ton envie de pleurer, et tu retiens les deux pour ne pas l’importuner. « Je deviens… Pas grand chose, ça va te décevoir. J'avais quitté le lycée tu sais, j’en suis parti sans diplôme - j'ai pas de travail. Et je… j'ai quitté ma mère, j'habite seul maintenant. Je suis encore vivant, ça doit vouloir dire que ça va. » Tu te mords la lèvre en sentant ta voix flancher. Tu t’empresses alors de poursuivre, dans l'espoir qu'il ne l'ait pas remarqué. « Il y a aussi que je ne vois plus grand chose. Sinon… Sinon, le reste n'a pas beaucoup changé. Je réalise que j'ai l'air de me plaindre beaucoup, pardon, c'était pas voulu. » Tu t'es bien gardé de mentionner tes visions de malade mental et tous les gens qui te tabassaient, le but n'étant pas qu'il s’apitoie sur ton sort. Il faut pourtant dire qu'il y avait moyen de le remarquer tout seul, tu n'étais pas forcément dans un état impeccable - tu l'avais rarement été. Que ce soit le fait des coups ou parce qu'à force de marcher de travers à l'aveuglette tu te prenais des tables, t’avais cette vieille habitude de collectionner les bleus. Et là, t’as peur, t’as peur qu’il se foute de toi, comme toutes tes vieilles connaissances quand tu les croisais. Quoi, t’es sérieux, t’approches de tes 30 ans mine de rien, et tu fais encore plus pitié que quand t’en avais 10 ! T’attends quoi pour te bouger ? T’es misérable, tu fous rien de ta vie, sans déconner à quoi ça sert que tu vives ? Tu fais rien de tes journées ! T’es un parasite, un putain de parasite, une victime et un raté ! Tu lâches un semblant de glapissement, tu flanches sous ces voix dans ta tête, t’as vraiment tout d’un chien. Mais tu relèves la tête pour essayer de le regarder - essayer. « Tu sais, t’as pas à te forcer... Si tu veux t’en aller, je me vexerai pas. J’comprendrai, t’en fais pas. » Voilà, c’est dit. T’avais l’impression d’avoir fait un effort surhumain en prenant l’initative de t’adresser à lui, plutôt que de te contenter de répondre. Tu voulais pas qu’il soit déprimé. T’aimais mieux cette vieille image que t’avais de lui - le crétin heureux, et son besoin de bouger.
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Fée
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I don't mind you coming here and wasting all my time.Rod & Alix J’avais l’impression d’être la pire personne du monde pour avoir abandonner Rod. Soudainement, je ne m’en étais jamais autant voulu de toute ma vie. Je n’étais pas près de le lâcher. Je ne voulais plus le laisser partir temps que… Temps que je ne sais pas même pas ce que j’attendais. J’écoutais Rod dire que c’était de sa faute, mais je n’avais pas envie de le croire, non, ce n’était pas lui, c’était moi. C’était moi qui était partis avec Jägger sans même me soucier des conséquences. C’était moi qui l’avait laissé derrière alors qu’il avait toujours été là pour moi et… Et cela faisait de moi une personne horrible.

En temps normal, j’aurais fait de mon mieux pour ne pas paraître trop pathétique. En temps normal, j’aurais gardé mon sourire, j’aurais trouvé quelque chose pour rassurer Rod. Cependant, là, je n’avais rien. J’avais l’impression que je pourrais dire n’importe quoi, ça ne ferait qu’empirer les choses.

- Je… Non, Rod, c’est pas de ta faute, c’est moi qui suis partis et… Et t’avais le droit de t’énerver… Je… Maintenant je sais que tu avais raison. Jägger… m’a laissé tombé… J’aurais dû me douter que ça allait arriver.

Je repensais à la manière dont les choses s’étaient passées et à quoi je m’attendais. Les relations à distance ce n’était jamais bon. Comment j’avais pu croire que Jägger m’aimerait assez pour ne pas aller voir ailleurs et ne pas finir par se lasser.

- T’as pas à te faire pardonner… Je t’en veux pas… Enfin je t’en veux plus.

Et comme je le disais plus tôt, il avait raison au final. Donc pourquoi je lui en voudrais ? Et je serait qui pour lui en vouloir ? Je n’avais aucun droit, je ne valais pas mieux que qui que ce soit. Et histoire de m’éviter une conversation trop gênante, j’essayais de passer à autre chose. Peut-être que si Rod me racontait sa vie, ce serait plus joyeux, j’aurais de nouveau envie de faire le tour de la ville en courant. Malheureusement, le pauvre n’avait pas la vie simple non plus apparemment. Je l’écoutais attentivement et lorsqu’il rajouta que je pouvais partir, je réalisais que j’étais resté silencieux un peu trop longtemps.

- Oh non ! Je suis désolé pour ta vue et… et tu peux te plaindre si tu veux, ça ne me dérange pas. Par contre…

Je jetais un coup d’oeil aux alentours en grimaçant. Pourquoi j’avais eu idée de venir ici ? C’était totalement débile de ma part.

- Je veux bien qu’on parte d’ici. Cet endroit… Finalement ça me donner mal au crâne, j’ai besoin d’air… Tu viens ?

Je me levais du banc où nous étions et tendit une main à Rod. Je n’allais pas le laisser tout seul ici. On venait juste de se retrouver. Je ne voulais pas l’abandonner encore. Je savais que Rod était quelqu’un de bien, il ne méritait pas de rester seul, malgré toute les galères qu’il devait subir. Je ne choisissais pas mes amis pour leurs diplômes ni leur travail. Puis même, j’étais encore assez optimiste pour croire qu’il ne s’agissait que d’un mauvaise passe et qu’avec un petit coup de pouce, n’importe qui pouvait se relever. Je n’étais pas assistant social pour rien. Il fallait bien que je serve à quelque chose.
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Oraclestaff
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I don't mind you coming here and wasting all my time
V. Alix Sweetman & Rod S. Wilde

« I don't mind you coming here and wasting all my time, cause when you're standing oh so near I kinda lose my mind. It's not the perfume that you wear, it's not the ribbons in your hair, I don't mind you coming here and wasting all my time, I guess you're just what I needed »
Il s’obstine, il s’excuse. Pourquoi, d’ailleurs ? Pourquoi s’obstinait-il à s’excuser, alors que dans ta tête c’était clairement toi le fautif ? Mais t’as pas envie de le contrarier, t’as pas envie qu’il se sente obligé de s’excuser une troisième fois si tu nies encore, si tu t’accroches autant que lui. Déjà deux pardons, à un type aussi misérable que toi, c’était trop demandé. Alors t’as préféré ne rien dire, le coeur battant sous l’émotion - t’arrivais pas à te sentir pardonné, et ton cerveau n’arrêtait pas de se demander : vraiment, vraiment, c’est tout oublié ? Tu avais du mal à te dire que plus jamais tu n’aurais à ressasser ces vieilles paroles, à craindre ses remarques, à redouter l’instant où tu le reverrais peut-être. C’était fait, c’était fait, et c’est un poids qui s’en allait de ta poitrine. Un petit poids parmi des milliers.
Sitôt passé, ce fut un autre mot qui appela tes sens, et tu eus comme un pincement douloureux, sans trop savoir pourquoi. Jägger. C’était qui déjà ? Tu te souviens du nom, un nom lointain. Mais la façon dont il en parle te met sur la voie. Oui, c’est cela que tu ressens : la rancœur, la jalousie. C’est pour ce Jägger qu’il est parti, loin, si loin de toi, de Bray, de tout le reste. Tu n’avais pas voulu qu’il parte, mais vous étiez déjà en froid à cette époque - à quoi bon s’obstiner. Et pourtant, pourtant malgré cette jalousie qui te tenaille en silence, et qui te rappelle à quel point tu es vulnérable et perdu, Rod, c’est encore autre chose que tu exprimes. Ce Jägger, qui qu’il soit, il avait abandonné Victor, et tu lui en voulais pour ça. Tu ne savais pas si tu étais content qu’il soit parti, ou malheureux de voir Victor dans cet état. Et ce furent autant l’une émotion que l’autre qui se chamaillèrent sur ta face. Dans tous les cas ça t’énerve - autant que ça peut énerver un type amorphe et dépressif : ça donne juste de l’amertume et des envies de pleurer. « Ah. » T’as trop de poids sur ta poitrine avec ce nom, t’as envie d’être là pour lui, de le réconforter, mais tu trouves pas les mots. Tu te mords la bouche, tu clignes des yeux, pour réfréner l’envie qui revient, pour réfléchir, pour faire un truc, n’importe quoi. T’aimerais lui dire c’est un con, mais même l’insulter tu pouvais pas, parce que même ce lâcheur valait encore mieux que toi - t’étais qui pour le traiter comme ça ? « J’espère… J’espère que ça va s’arranger pour toi. » Mais quelle faiblesse dans ta voix, pendant que tu baissais la tête, encore une fois.

Et puis il avait gardé un tel silence. Tant et si bien qu’à force de parler, la culpabilité est revenue accabler tes épaules. Quelle honte de monopoliser ainsi le temps de parole, bien sûr que Victor se moquait de tout ça. Ta vie de merde n’étonnait plus personne, ce n’était que de la politesse et personne n’avait envie de t’entendre te plaindre. Tu avais envie de te terrer, de disparaître sous terre le plus vite possible, de demander pardon, de t’enfuir, et qu’il retourne voir Jägger, qu’il retourne voir n’importe qui d’ailleurs, parce que tout serait mieux que toi, tout serait plus heureux que toi - avec toi, personne n’était heureux. Tu t’enfonçais avec une telle rage intérieure, mais une rage molle, une rage désespérée, et pourtant tu ne bougeais pas, tu regardais le vide, avec ton désespoir et tout le reste. Pardon, Victor, pardon d’être comme ça, pardon d’exister. T’aurais rêvé de le lui dire.
Il avait rattrapé le tir finalement, et tu ne savais pas trop comment le prendre. Bien sûr que tu lui pardonnais, tu lui pardonnais toujours, tu ne lui en avais même pas voulu. Il avait bien raison de se taire, de se moquer de ce que tu avais à dire. Et pourtant, pourtant il ne s’en allait pas. Tu peux te plaindre, vas-y Rod - tu peux te plaindre au mur en face de toi, ça ne le dérange pas. Peut-être que tu aurais dû vider ton sac. Peut-être que tu aurais dû chialer un bout coup, t’accrocher à ce mur aux beaux yeux que tu ne voyais plus, et tout cracher jusqu’à être épuisé, et te taire, et être seul encore. Est-ce que ça irait mieux après ? Non, bien sûr, ça serait pire. Il y eut une lueur d’espoir pourtant, un quelque chose qui te remua, auquel tu ne crus pas directement. Il comptait bel et bien partir oui, mais pas sans toi, il voulait que tu viennes. Vraiment ? Et pour aller où ? Bien sûr tu t’en fichais de ça, avec lui tu serais allé n’importe où. Tu étais l’homme le plus angoissé à dix kilomètres à la ronde et pourtant, pour le suivre, tu t’en serais moqué de ne pas savoir où vous alliez. Tu étais à ce point stupide. Ton coeur te rend stupide. Ça a toujours été comme ça.

Tu es resté muet, tu avais l’air beaucoup plus étonné par sa proposition qu’il ne l’aurait fallu, et tu étais certain que cela le mettrait mal à l’aise. Tu avais les jambes en compote, juste à sa main tendue - tu voyais sa silhouette noire, ces longs doigts ouverts, invitant les tiens. La panique intérieure, que fallait-il que tu fasses ? Tu t’étais mis à trembler un petit peu trop, à rougir trop aussi, et plus tu sentais tes joues chauffer, plus ton embarras s’accentuait - tu remerciais le mauvais éclairage de camoufler ta maladresse. Et après avoir dégluti, hésité, et perdu tes quelques derniers neurones dans la partie, tu as saisi cette main qui t’était adressée. Et tu t’es relevé, sans oser le regarder, avec un sourire que tu n’arrivais plus à cacher. Il crispait tes commissures, il enfonçait tes fossettes, mais tout crispé qu’il semblait être, il était néanmoins sincère. « Si tu veux, oui. » Pas la moindre hésitation. Tu avais pourtant été tellement heureux d'entrer dans le Fantasea, le ticket trouvé au sol avait été tant inespéré. Dehors il ferait froid, il ferait clair, il y aurait du monde, et le pauvre Victor devrait endurer la vue de ton visage ridicule. Mais si Victor y allait, tu irais avec lui. Où qu’il aille, s’il t’y invitait - merde, rien n’avait changé, après tout ce temps il arrivait encore à te rendre débile.
(c) DΛNDELION

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