Never let me go . Feat. Castiel

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SirèneTriton
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Métier/Etudes : Ancienne avocate.


   
Never let me go

   
   
« Though the pressure's hard to take,
It's the only way I can escape,
It seems a heavy choice to make,
Now I am under.»

   
Il n'était pas facile de se montrer sous son mauvais jour, en état de faiblesse ou dans le cas d'Hécate en étant complètement abruti par les médicaments. Les jours se confondaient, les noms n'étaient qu'une série de lettres impossibles à retenir et les visages ne semblaient plus aussi familiers qu'auparavant. La jeune femme voulant protéger sa famille l'éloigna un peu plus d'elle. À l'exception faite de Phoebe et d'Anthea. Niamh n'étant pas proche du lieu où sa sœur était hospitalisée, elle ne pouvait donc la visiter, quant au père il était hors de question qu'elle ne le voit au risque de ressentir au plus profond d'elle-même à nouveau ses pulsions meurtrières. Pour Castiel, c'était différent, toujours partager au niveau du comportement qu'elle devrait adopter en sa présence... elle ne peut pas renier cet amour qu'elle a pour lui depuis sa naissance, mais elle ne peut oublier ce qu'il a fait. Peut-être un jour pardonnera-t-elle ?

   Elle savait son frère persévérant et jamais il ne cessa de venir se présenter à l'accueil de l'institution où se trouvait Hecate pour demander un droit de visite, visite qu'elle déclinait à chaque fois...sauf ce jour-là. Pourquoi ? La patiente se sentait un peu plus elle-même, moins endormit par les médicaments qui lui bridaient la plupart de ses capacités et sa personnalité, mais elle ne se sentait pas encore comme elle aimerait être. Comme à l'accoutumer, elle a le droit à ses cachets juste avant la visite et on la conduit dans ce petit endroit se voulant cosy avec quelques coussins et canapé, mais la blancheur des lieux lui faisait toujours ressemblait à un hôpital. Puis il y avait ce protocole, inspection de la personne qui entre et des cadeaux s'il y en avait, pas mal de restriction sur ce qui pourrait être transformé en une arme potentielle.

   
La brunette avait les cheveux détaché, c'est qu'on lui interdisait les élastiques même dans les cheveux par peur qu'elle réussisse l'exploit de le passer autour de son cou et de s'étouffer peut-être ? Ils étaient longs à présent, deux ans sans les couper, c'est qu'elle n'avait laissé aucun infirmier lui faire l'affront d'essayer ses talents de coiffeur sur elle. Les cernes bordant ses yeux semblent traduire un manque de sommeille alors qu'on lui donne un somnifère de manière régulière, son teint semble être le même, légèrement amaigri même si son état n'est pas alarmant...mais le plus frappant reste ses yeux, autrefois plein de vie et brillant, ils ne semblent plus refléter la moindre chose. Elle tirait compulsivement sur le bord de son t-shirt, tentant de cacher le pansement se trouvant en dessous et aussi pour passer le temps, car elle avait peur de faire le moindre geste et que ce dernier se voit mal interprété par l'équipe médicale. Puis la porte s'ouvre, les battements de son cœur s'accélère. Son frère fait son entré, entouré de deux surveillants qui iront ensuite dans une autre pièce, prêt à intervenir. Hecate se lève, puis finit par sourire du mieux qu'elle puisse, émue de le revoir lui aussi changé.

« Castiel...  »

   Comme un souffle, un murmure de ce nom qu'elle n'a cessé de prononcer toute sa vie et qui pourtant devenait rare ces quelques années. Attendant que les deux hommes disparaisses, elle semble peu sûre d'elle, mais elle finit par le prendre dans ses bras, lui entourant les épaules et le serrant contre elle. Elle ferme les yeux quelques instants, inspirants son odeur si rassurante et familière, puis elle le lâche un peu à contre cœur pour le regarder et passer une main douce sur son visage, tel une mère admirant son enfant.

« Tu es tellement beau. Dis-moi, tu n'aurais pas encore pris quelques centimètres ? Il va falloir arrêter, j'aurai bientôt l'impression d'être minuscule à tes côtés. »

   L'émotion, les cachets, tout cela lui donna un léger tournis. Lui prenant la main, elle se dirigea vers le canapé et l'invita à s'asseoir avec elle, ne le lâchant pas des yeux avec cette impression qu'en détournant le regard juste une seconde son frère ne s'évapore, qu'il ne s'agisse finalement que d'une illusion.

   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

   
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SirèneTritonstaff
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Never let me go

   
   
« Though the pressure's hard to take,
It's the only way I can escape,
It seems a heavy choice to make,
Now I am under.»

   
Tu aurais presque envie de courir jusqu'à cet hôpital, depuis cet appel que tu as reçu. Tu t'y attendais pas, pas après deux ans à essayer en vain. Mais la famille, ta famille, c'est quelque chose de spécial, Cas'. Elle est détruite, dysfonctionnelle au possible, mais tu pourrais pas imaginer une seconde ta vie sans elle. Et pourtant … Plus le temps passait, plus tu le devais, plus tu les perdais, tous, petit à petit, comme des gouttes s'échappant d'un verre brisé et s'écrasant sur le sol, c'était eux, c'était vous, c'était toi. Il y avait eu Hayley, la première à vouloir s'enfuir de cet étau de verre. Partir, elle avait pu le faire, mais vivre, elle avait échoué. A sa place, toi aussi sans doute, sans savoir ce que tu sais maintenant. Hayley, elle n'avait jamais eu le loisir de savoir réellement contre qui elle se battait. Une peur qu'on aurait pu croire irrationnelle d'un père qui avait fini par mettre fin à sa vie. Qui aurait pu l'imaginer malgré tout, malgré les coups, malgré la colère, la haine parfois qui transparaissait dans ses traits ? On imagie pas l'impensable. Mais si elle avait été la seule … Ta mère, ensuite. Le peu d'émotions suscitées lors de sa mort, mais la sensation que vous tombiez, petit à petit, tous, comme si le sort avait décidé de vous punir de tout ce que vous aviez pu faire. Elle est pas toute blanche, ta famille, triton. Elle le sera jamais, malgré tous tes anciens efforts, malgré tout ce que tu voulais, que t'as oublié au fond de tes tiroirs le jour de ton mariage. Le même jour où la vie de ta jumelle a basculé. T'aimerais croire que rien n'est de ta faute, que son départ n'a rien à voir avec tes changements. Avec la disparition de Nathan. Mais tu sais que c'est faux. Tu sais que tout ce que t'as fait, tu l'as amené sur toi, rien n'arrive par hasard et l'injustice, ici, n'a pas lieu d'être. Mais de vous tous, il ne reste plus rien. Des lambeaux parfois brillants au soleil mais qui restent des ombres de ce que vous avez tous été. Tu te rappelles ces vacances en Italie ? T'as touché le bonheur, Niamh et toi, sur un yacht, comme si personne ne pourrait jamais vous séparer. Puis elle est partie, loin de tout, sans donner la peine de prendre son téléphone avec elle. Tu sais qu'elle a besoin d'air, tu pourrais tenter de la retrouver, mais tu lui as promis, et cette promesse, elle te tue. Trois ans, trois ans que t'as perdu ta moitié, que ton frère est mort, que ton âme est déchirée, et que tu sais pas si un jour elle réussira à se reconstruire. Et puis t'avais pas Hécate. Parce que tu l'as tuée, elle aussi, quelque part, par tes actes, par tes erreurs. T'as perdu la seule mère que t'as jamais acceptée depuis la mort d'Hayley. Mais aujourd'hui, t'as peut-être une chance. De la retrouver, de te faire pardonner, de retrouver ne serait-ce qu'un peu celui que t'étais avant que tout parte en vrille et que la seule personne qu'il te reste soit celui qui t'as détruit.

T'as cette peur qu'elle ne change d'avis. Qu'elle se rappelle la raison pour laquelle elle a fermé la porte pendant deux ans, et qu'elle se dise que c'était une bonne idée. Alors tu cours presque, tu passes la porte de l'hôpital comme si quelqu'un était à tes trousses et tu te forces à garder ton calme face à une standardiste bien trop lente. Tu souris, tu donnes le change, parce que tu sais faire que ça, ou pas loin. T'as envie de lui taper la tête contre son comptoir mais t'en fais rien et tu restes poli, tu sais que sinon, tu risques de jamais revoir ta sœur. Tu finis par énoncer ton rendez-vous, ta visite. Elle appelle deux aides-soignants qui t'expliquent le déroulement, mais toi tu t'en fous, tu sais pas quoi faire de tes mains alors tu les sers autour de la peluche que tu lui as ramené. Parce que t'aurais été malvenu de te pointer sans cadeaux, mais t'as toujours été nul pour ça, et tu sais même pas ce qui est accepté dans cet hôpital. Mais une peluche, y a pas vraiment de risques, c'est pas comme si elle pouvait essayer de la manger pour s'étouffer avec. Les hommes te fouillent, et tu serais à deux doigts de partir en courant si c'était pas pour Hécate. Tu détestes qu'on te touche, surtout quand tu l'as pas voulu, surtout par des inconnus. T'es Castiel Ò Murchù, l'héritier, l'intouchable. Pas n'importe quel mec qui se laisserait tripoter. Mais tu peux rien faire, hein ?

   
Tu finis par entrer dans la pièce entouré de tes deux infirmiers qui semblent ne pas vouloir te lâcher, mais qui consentent enfin à vous laisser un peu d'intimité, alors que tu serres de plus en plus ton petit Polochon en peluche entre tes doigts à la vue d'Hécate. Tu t'attendais pas à la voir comme ça, comme si un hôpital psychiatrique pouvait la laisser inchangée, en forme et pimpante.

La culpabilité. Tu la ressens, parce que t'as rien fait pour la sortir de là. Ses cheveux, ternis par l'intérieur, qui contrastent avec la blancheur extrême de ces murs qui te donnent l'impression d'une prison. Ses cernes, qui ressortent, la fatigue et l'épuisement qui ont l'air de tenter de l'engloutir alors qu'elle te prend dans ses bras. Toi, pendant deux ans, tu as laissé ton père te convaincre que c'était une bonne chose pour elle, qu'elle ne pourrait pas se faire de mal, comme ça, qu'elle ne pourrait pas se tuer. Parce que tout ça, c'était pour son bien, il fallait en être convaincu. Et toi tu l'étais, avant aujourd'hui, t'avais ce sentiment qu'elle en ressortirait mieux que jamais. Et maintenant, maintenant t'as mal, parce que tu comprends que t'avais faux sur toute la ligne et qu'il y avait une possibilité, une petite possibilité, pour que t'aies encore commis l'irréparable.

Mais t'en montres rien, tu la serres contre toi, pas trop fort pour pas lui faire mal, elle qui semble être l'exemple même de la fragilité. Tu souris, à demi-teinte. « Tu as toujours été minuscule, mais promis, je t'offrirais des talons pour ton anniversaire... Juste pour que tu me rattrapes. » Tu fais comme si c'était dit, comme si elle allait sortir demain, et maintenant, à cet instant, t'aurais presque envie de la prendre avec toi pour la ramener chez vous. Deux ans que tu l'avais pas vue, et personne, ni ta sœur, ni ta femme, n'aurait pensé à te dire à quel point tu l'avais détruite, elle aussi.

T'en avais presque oublié la peluche entre tes doigts, et tu finis par la lui tendre. « Je t'ai ramené ça... Je me disais que ça te ferait plaisir … Tu connaissais le dessin animé par cœur, quand on était gosses. » Ce besoin de se justifier, pour tout et n'importe quoi. « Comment tu vas ? » Question con. Question lourde de sens, est-ce que tu te sens folle ? Parce que t'as pas l'air folle, alors pourquoi t'es là ? Est-ce que t'es prête à rentrer ? Parce que ça te tues, fais-y face, Castiel, ça te tue de savoir que t'as peut-être fait l'autruche un peu trop longtemps.
   
- Adrenalean 2016 pour Bazzart

   
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