[+18] Turning wine into sweat dripping down my neck | ft. Sirius J. Brown

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Féestaff
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I crave excess turning wine into sweat dripping down my neck I can't deny I'd die without this•
Il t’attend. Livré complètement à ta merci. Les poignets liés bien trop étroitement - il est prêt, impatient même. Il sait ce qui approche, il sait qu’il va aimer ça. Il t'a demandé toi expressément. Une tête aveugle s’étranglant langoureusement sur un bâillon-boule que tu détaches d’un geste délicat. Il n’a pas de nom, il ne t’a jamais vu, mais il sait tout de toi. Lady Bittersweet - promesse d’une torture douce. Tu ne le décevras pas.

Pas de politesse, tu imposes à ses lèvres le contact de ton pouce. Il l’accueille comme d'un baiser mouillé, il s’y livre et se laisse dominer, mordille la peau gentiment. Un mot sévère et le voilà tombé. Il s’irrite les genoux, mais protester n’irait même pas lui traverser l’esprit. Il le fait pour toi, et il le fait l’échine frissonnante, les sens alertes, tendu, offert. La gueule béante alors, sous l’ordre de consignes muettes. Remplie jusqu'à la gorge. Tu te casses la nuque de plaisir. La gueule béante et pleine.

•••

Il attend. Il attend car tu le fais attendre. Plongé dans l’obscurité, il ne peut se fier qu’à son ouïe pour deviner où tu es. Dans la fébrilité et la fièvre. Un coup sec, un cri. Tu rapportes dans ta paume le cuir de ta ceinture. Et tu fouettes - un cri. Les gémissements de douleur. Tu les côtoies et les adores un peu plus chaque jour. Les coups bruinent et pleuvent. Encore. Encore. Encore. Encore. La peau t’appelle, tu t’y jettes. Tu l’aimes soudain du bout des doigts, du bout des ongles, du bout des lèvres. La chair rouge zébrée de blanc. Un coup sec. Encore un gémissement.

•••

Tu l’as suspendu comme un jouet. Agriffé à sa peau brûlante, jouant de pression dans le cliquetis des crochets. Il halète de tout ce que vous avez déjà fait, la respiration bruyante et saccadée. Tu l’as tant battu, mais il te suppliait de continuer, il t’appelait à s’en briser la voix. Il t’épuise, tu te consumes à petit feu sous tes perles de sueur. Tu t’attaches à sa croupe et t’éreintes après lui, tu te donnes, tu te donnes autant que tu lui as pris. Sa dignité, sa force, sa volonté, tout ça tu l’as pris et tu l’as baisé. Et il réclamait, il avait les jambes qui tremblaient, les hanches qui t’appelaient, et il pleurait - et dans ta grande bonté tu répondais à ton martyr. Tu t’appliquais à le rendre misérable sous toi. Tu voulais lui faire sentir qu’il regretterait chaque jour dès lors d’être venu à toi et qu’il ne pourrait plus vivre sans. Il apprenait à se lier avec sa part de féminité refoulée. Tu en faisais un humain en le traitant en objet.

•••

Tu étais tellement pris par les événements que tu en as oublié le monde autour de toi. Le problème avec toi Basil, c’est que tu es passionné, et pour un homme sans limite, le résultat est incontestablement obscène. Tu t’étais cru seul en tête à tête avec ton hôte - ce n’était peut-être pas tout à fait vrai. Mais tu en avais terminé pour aujourd’hui, c’est ce que tu te disais alors que tu enfilais tes vêtements. Tu avais remonté ton pantalon, celui-ci n’était pas encore bouclé. Un à un - tes doigts agiles s’appliquaient à reboutonner ta chemise gris perle. Tu te rhabillais, plus un regard pour quiconque, pas même l’homme qui t’avait idolâtré pendant ce qui semblait une éternité. Il avait filé sans demander son reste, il ne t’avait même pas remercié. Mais de toute façon, tu t’en fous des "merci". Tout ce qui compte, c’est qu’il t’ait diverti assez pour que tu aies pu prendre ton pied. Détendu comme jamais, les joues roses, encore un peu essoufflé. Ta peau, sous ton col, portait encore quelques gouttes de sueur. Ta ligne, tu la devais moins au croquet qu’à ces folles journées.
Tu te sens observé. Bien sûr, quand on était un bel homme, ce n’était rien de nouveau. Les regards sur ta nuque n’étaient pas plus nouveaux. Tu te moques assez d’être peu présentable, mais bien plus encore d’être un centre d’intérêt. Ceinture noire et noeud papillon violet. Un sourire craquant à ton miroir de poche. Comment pouvait-on porter un visage aussi innocent, et tout à la fois faire pleurer et supplier des hommes robustes ? Tu étais un mystère Basil, mais tu souriais. Tu as fini de remballer tes affaires, et tu t’es recoiffé d’un geste négligent, sortant ton téléphone pour vérifier que tu n’avais rien manqué d'urgent.

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Métamorphe
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Turning wine into sweat fripping down my neck


-Mazette, je te trouve beau comme un Dieu. Et toi joli cœur, ne me trouves-tu pas irrésistible ? *

La couleur était annoncée. Le lieu était parfait. L'homme maquillé à outrance et perché sur ses talons aiguilles indécents l'était tout autant. Vraiment. Tout était tout simplement parfait.
Il est parfois de ses moments où l’on recherche l’inspiration. Certains les chercher dans d’anciennes œuvres. D’autres dans la beauté du paysage. Pour Sirius, c’était les salons de tatouages, l’expressionnisme allemand et les clubs BDSM. Aujourd’hui, son choix c’était porté sur le dernier. A raison visiblement.
Quel plaisir de pouvoir admirer ces corps à moitié nus luisant sous la sueur de l’effort. Ces dos musclés se mouvant au rythme de vas-et-vient langoureux.
Il en faut peu pour être heureux.*
Des murmures. Un nom est prononcé. Lady Bittersweet. Cruelle diablesse*. Un nom évocateur, mais tellement emplis de mystère.
Un jour aussi, Sirius se trouverait un pseudo aussi évocateur. Pour le moment, seule cette créature inconnue comptait. Elle et les promesses d’un spectacle intéressant, à l’écoute des bruits de couloir.
Enfin au bon endroit. Après un combat acharné pour obtenir une place de premier choix. Pour profiter du spectacle. En espérant que cela en vaille la peine. Ce qui n’est pas le cas de la première personne en place. Trop quelconque. Trop attendu. Tellement effacé par l’Autre. Comme une vision du passé.
Chaque tâche peut devenir un plaisir*. Une expression qui n’a jamais été aussi vrai qu’en cet instant. Aussi bien du côté de cet inconnu que Sirius était certain de connaître, que de celui du photographe. S’il avait su ce qui se trouvait dans cette boîte, voilà bien longtemps qu’il serait venu. Quel beauté que ce corps. Et quel corps.
Sirius ne peut en détacher ses yeux. Il scrute. Il détaille. Il admire. Les courbes de ce corps, la façon dont il se mouve. La manière dont la ceinture résonne dans l’air et sur la peau maniée par cette main experte. Ces cheveux. Cette couleur. Tout dans cet être le fascine. Force l’admiration. Quelqu’un essaye de l’alpaguer. Qu’importe. Silence moustique. *Actuellement, tu n’es rien dans le monde de Sirius. Plus rien n’est. Rien à part ces deux corps qui se complètent sur scène. Surtout Lui.
Fin du spectacle. Sirius s’approche, toujours fasciner par cet être. Il veut lui parler. L’approcher. Quand enfin son cerveau reconnecte les derniers fils qu’il manquait. Enfin, il l’a retrouvé. Il sait qui il est.

-Basil.

Un nom prononcé assez fort pour qu’il puisse l’entendre, sans que les autres ne le puissent. Un mot à destination de lui seul. Il est le seul concerner, car ce soir, il n’a que lui aux yeux de Sirius. Il a su le captiver, comme il sait si bien le faire. Petite mouche prise dans les filets de l’araignée. Filets dans lesquels il s’est jeté avec plaisir.

-Pardon, je devrais dire Lady Bittersweet si j’ai bien compris. Tu n’utilisais pas encore ce genre de pseudonyme lorsque je te prenais en photo.



*Taram et le Chaudron magique, Le livre de la Jungle, les  dalmatiens 101, Mary Poppins, Merlin l’Enchanteur.
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Féestaff
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Il aura suffi d’un mot, d’un mot simple et minuscule, tout juste soufflé, pour t’arracher à ta lecture attentive et te faire derechef relever les yeux. « Basil. » Si tu ne savais pas avec certitude échapper à toute condition paranoïaque, tu te demanderais presque si tes sens ne t’avaient pas joué un tour. Tu tournes la tête et dévisage finalement ton interlocuteur, aussitôt intrigué. Pour connaître ton nom à un lieu où celui-ci n’était pas d’usage, c’est que tu n’avais pas affaire à n’importe qui - une connaissance, ou quelque chose d’approchant. Et tu tombes nez à nez avec un homme à l’allure tout à fait étonnante, cernes et drôle de dégaine - un illuminé, mais un illuminé qui t’est familier, d’une certaine manière. Les images te reviennent peu à peu. Londres. Un photographe singulièrement passionné. Tu fouilles silencieusement ta mémoire à la recherche de son nom, et de toute la foule de détails que tu avais dû amasser sur lui. Tu n’oubliais rien des anecdotes, c’est ce que tu te plaisais le mieux à rappeler à tes cadavres de compagnie.

Cependant, il poursuit, employant cette fois ton pseudonyme, mais tu en profites davantage pour redécouvrir ce timbre de voix qui ne t’est pas étranger. L’essentiel t’est déjà revenu, et tu souris largement, haussant les sourcils, te tournant tout à fait de son côté avec une expression de surprise heureuse et bienvenue. « Sirius ? Sirius James Brown, n’est-ce pas ? » Tu ranges ton téléphone dans ton sac par politesse et referme celui-ci, mais ce n’est pas comme si tu pouvais réellement en cacher le contenu. De toute évidence, s’il connaissait aussi bien ton autre nom, c’est que Sirius était au fait de tes activités - et de toute évidence, il s’en moquait pas mal. Ou plutôt que s’en moquer, il ne voyait pas la chose négativement, mais ç’aurait été un comble puisqu’il se trouvait sur le lieu du crime au moins autant que toi. « J’évite de laisser traîner mon nom là où la société le réprouve. Après tout, il n’appartient pas qu’à moi. » Tu feins la gêne avec une certaine légèreté, passant une main sur ta nuque, le sourire au coin des lèvres. Tu n’as pas fini de le dévisager.
« Ce n’est qu’un pseudonyme… Il semblerait qu’il se soit mis à fonctionner un peu. » Si l’on outrepassait l’innocence de ton sourire, on pouvait clairement lire dans ton regard un assemblage de réflexion qui l’étaient bien moins. Mais à défaut d’être pur, tu avais au moins le mérite d’être humble. La curiosité te pique, ton propre cas t’intéresse bien moins que ce revenant des temps anciens. « Qu’est-ce que tu fais à Bray ? Tu y es de passage ? » Aux dernières nouvelles, il ne t’avait pas mentionné son intention de quitter Londres. D’ailleurs, il avait sans doute difficilement de quoi s'offrir le voyage, et à son allure, tu déduisais sans mal que son porte-monnaie n’avait pas dû sensiblement gonfler. Mais tu ne jugeais pas sur le critère de l’argent heureusement, tu connaissais des nobles fortunés ennuyants à crever. Sirius au moins, il savait comment te parler.

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Métamorphe
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Turning wine into sweat fripping down my neck

Réunion. ••• Quel plaisir de retrouver une connaissance dans cette ville emplie d'inconnus pour Sirius. Un premier point de repère. Ou non. Qui sait où ces retrouvailles pourraient les mener ? Peut-être qu'une fois sortie, ils seraient à nouveau inconnus l’un pour l’autre. Comme lorsqu’ils étaient rentrés. Chacun de son côté.
Un nom. Son nom. Sirius avait fait l’effort de ne pas prononcer le nom complet de Basil. Basil ne c’était pas embarrassé de la chose. Normal. Ce n’est pas comme si ça dérangeait Sirius, de toute manière. Il assumait être rentrer ici, comme il assumait ses photos à controverse. Au contraire, quel meilleur moyen pour lui de se faire connaître que d’entendre son nom se murmurer dans un lieu quel qu’il soit ? En plus, quel plaisir de savoir qu’il se souvenait de lui. De son nom.
Un sourire. Admiration.
Sirius observe Basil. Il a évolué. Il a changé. Grandi, dans un sens. Quel plaisir de pouvoir à nouveau le regarder. Il fait partie de ces personnes que l’on ne peut oublier.

-Je comprends bien.

Oui, il comprenait. Dans le fond, il était comme lui. Victime de la société et de ses diktats. Obligé de se plier à ses exigences pour s’en faire bien voir. A une différence près, le nom de Sirius n’appartenait qu’à lui. A lui et à ses photos. Donc à lui.
Que faisait Basil dans la vie, déjà ?
Ce geste. Ce geste discret. Cette main dans sa nuque. Sirius est séduit. Il est toujours à guetter ce genre de petits gestes qui donne toute sa saveur à une personne. Qui la définit. Qui l’inspire. Qui lui donne des idées.
Sirius se détend – avait-il vraiment été tendu ? Il écoute Basil en silence. Se refait à ce timbre de voix trop longtemps oublié. Un pseudonyme. Une autre façon de se définir aux yeux de Sirius.  Lady Bittersweet. C’était tellement évocateur. Doux-amer. Cela veut bien dire ce que ça veut dire. Une juxtaposition entre deux choses qui pouvaient se compléter, ou tout ruiner si ce n’était pas justement dosé. Vu ce qu’il avait vu, cela allait très bien à Basil. Lady Bittersweet, pardon. Il fallait qu’il s’y fasse.
La question. Enfin posée.
Un nouveau sourire.

-Je m’installe. J’ai trouvé du boulot ici, sans un petit magasin qui vend du matériel photo. Comme ça, je peux me permettre de continuer à faire ce que j’aime. J’ai d’ailleurs laissé mon matériel à l’entrée.


Discrète allusion.

-J’espère que j’aurais à nouveau l’occasion de te voir derrière mon objectif.

Beaucoup plus direct cette fois. Pourquoi passer par des chemins détourner ?
Sirius n’était pas comme ça. Basil non plus, dans ses souvenirs. De toute façon, il lui faudrait de nouveaux modèles ici également. Autant profiter d’en avoir un ancien sous la main. D’autant qu’il avait été très agréable de travailler avec lui.

-Que deviens-tu ?

Direct. Toujours.
A part passer l’une de tes soirées dans un club de ce genre. Bien sûr.
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Féestaff
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C’est son visage que tu regardes à présent, il paraît attentif. Tu avais raccroché ton regard à ses yeux, n’était-ce pas l’usage lorsque l’on s’adressait aux gens ? Mais entre vous, les formalités étaient superflues. Déjà à l’époque, vous ne vous formalisiez de rien, et c’est ce qui avait permis au courant de passer si aisément. Toi, tu cherchais l’anecdote, la surprise, n’importe quoi qui puisse exciter ta curiosité. Lui, il avait l’oeil du photographe, il s’attardait sur le moindre mouvement, la moindre courbe, cherchant un quelque chose qui puisse éveiller son côté artiste et son inspiration. Avec vous, tout était histoire de détail, vous vous examiniez scrupuleusement sans jugement, avec une forme de finesse irrévérencieuse. Sentir son regard glisser sur toi ne te dérangeait pas le moins du monde et tu le laissais faire, sans changer ton comportement d’un iota - cette parfaite indifférence vis-à-vis de l’observateur faisait de toi un sujet idéal. Il n’était pas étonnant alors qu’à l’époque, il soit déjà revenu vers toi à plusieurs reprises. Et toi, tu te laissais intriguer à chaque fois par cette espèce d’extravagance neutre et mesurée qui s’affairait derrière l’objectif.

Tu exprimes volontiers ton enthousiasme en apprenant qu’il se faisait résident à nouveau dans la même ville que toi. Tu te moquais assez d’être seul ou entouré, de connaître ton entourage, mais tu étais toujours ravi de te laisser intéresser. Les gens ennuyeux ne manquaient pas, et à tes yeux, Sirius ne l’était pas. Tu souriais donc, feignant d’être ravi pour lui, par habitude de l’hypocrisie sociale - mais bien sûr, sa boutique, tu t’en moquais assez. « Quel heureux hasard! Jamais je n’aurais pensé te recroiser ici. Tu devrais me laisser une adresse, il nous faudra rattraper le temps perdu. » Ah ça, tu espérais qu’il ait mille petites histoires à te raconter autour d’un thé brûlant, rien n’était plus insupportable qu’une personne qui répondait à un Quoi de neuf par un rien et toi. Toi, tu aimais qu’on te raconte, et avec du suspense s’il vous plaît. Peut-être aurait-il des photos à te montrer, ou peut-être pourrait-il te les décrire. Ou bien vous vous assiériez là et il te laisserait analyser toi-même ses clichés à haute voix, et tu t’y attèlerais à grand recours de belles lettres et de métaphores filées, avec une minutie et une attention au détail qui vous était si particulière.

Sirius avait encore autre chose en tête et ne tarda pas d’ailleurs à te le faire entendre. Tu te trouvais presque ridicule de n’avoir pas compris l’allusion aussitôt, et cela te fit rire légèrement, mais tu ne perdais rien de cet enthousiasme presque touchant, pas plus non plus que de ta voix posée. Il embraye derechef sur une autre question, était-ce pour effacer le risque d’un rejet ? Non, tu ne pouvais lui appliquer la même logique qu’aux autres - lui devait être réellement intéressé. La question, si vaste, te tire un « Oh » à l’anglaise de lassitude amusée. Tu en aurais pour des années à raconter ce que tu étais à cet instant précis, tu pourrais en écrire des tomes entiers, pourtant tu n’étais pas grand chose au final. Rien de plus qu’un homme. « Je suis installé à Bray depuis bientôt deux ans, je dirais. J'habite West End avec l’un de mes cousins, à proximité du cimetière. Le poste de fossoyeur était inoccupé, je m’en suis emparé et personne ne s’en est plaint. Mais je pourrais dire tant et tant de choses!... » C’est presque de la frustration, une frustration délicieuse, que d’avoir tant à dire et si peu de temps. « Toi aussi, tu as beaucoup à me dire. » Il y a de la malice dans le regard que tu lui lances alors, ce petit éclat qui semble réclamer et ne pas se satisfaire de peu. Tu exiges - la domination te réussissait, quelque part. « Dans tous les cas, ce serait un plaisir de reposer pour toi Sirius. Je suis curieux de découvrir de quelles façons a évolué ta manière de travailler. » Tu lui dis cela avec une certaine négligence, mais tu n’en penses pas moins - c’est que pour toi l’évidence est là, et le sujet désinvolte : comment pourrais-tu même envisager de le lui refuser ?

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Métamorphe
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Joie. ••• Lui non plus ne pensait pas le retrouver dans ses conditions. Sirius ne pensait pas un seul instant retrouver quelqu'un de son ancien vie à vrai dire. Un mal pour un bien. Ou un bien pour un mal, selon les personnes. Même s'il avait coupé tout pont avec son passé, forcé de constater qu'il était retomber sur la seule personne qu'il aurait pu être ravi de revoir.
Ce sourire. Ce sourire qui sonnait faux. Certains l'aurait mal pris. Sirius en était ravi. Parce que ce sourire racontait beaucoup plus qu'un sourire sincère. C'était exactement ce qu'il aimait chez Basil. Tout son corps lui parlait, lui raconter quelque chose. Plus encore que n'importe quel mot.

-Je te noterai ça. J'ai toujours un doute sur le nom de la rue. Je n'ai pas envie de te dire de bêtises, et qu'on ne puisse pas rattraper le temps perdu.

Quel plaisir que cela serait. Il en aurait des choses à lui dire. Peut-être même qu'à lui, il lui en parlerait de cette femme qui a tant marqué son esprit. A moitié suffoquante sur le bord de la chaussée. A moitié morte. A moitié vivante. Entre les deux. Un état qui a mis le photographe dans un état qu'il n'avait jamais ressenti avant. Rien que d'y penser, l'excitation le gagnait peu à peu. Mais avant d'en arriver là, peut-être faudrait-il passer d'abord par des histoires bien moins excitantes, mais tout aussi exotique. Comme celle de Miranda par exemple.
Une bien belle femme que Miranda. Une brune sulfureuse, qui aurait pu être parfaite dans le rôle d'une pin-up si elle ne cachait pas son corps derrière de grands vêtements larges. Vêtements qu'elle a accepté de laisser tomber devant l'objectif de Sirius, pour dévoiler un corps qu'elle flagellait elle-même en guise de rédemption pour une faute dont elle n'a jamais voulu dire le nom. Des Mirandas, Sirius en avait plein sa mémoire – toutes gravées à travers des photos, dont certaines se trouvaient dans son porte-feuille – et il se ferait une joie de les raconter à Basil. Il était certain que lui aussi aurait des choses à lui dire.  
Maintenant que le moment émotionel des retrouvailles était passé – et Dieu que Sirius n'aimait pas ce genre de chose normalement, mais avec Basil, tout lui allait – il était tant d'entrer dans le vif du sujet. Sirius n'était pas du genre à mettre les formes lorsqu'il parlait, mais la société lui avait fait prendre cette habitude. Une habitude qu'il n'aimait pas et qu'il savait pouvoir laisser tomber avec Basil. Mais malgré tout elle était tenance. Que deviens-tu ? Cette question était sortie tellement naturellement alors qu'elle n'avait pas sa place dans cette conversation. Pas comme ça. Pas à cet instant.
Le cimetière. Voilà un lieu qui allait parfaitement à Basil. S'il l'y autorisait, Sirius se ferait une joie d'immortaliser cet endroit ainsi que le protecteur de ses occupants. N'est-ce pas là la meilleure façon de décrire un fossoyeur ? L'image de Basil entre les morts et les tombes p arlaient à son âme de photographe. Des images commençaient à prendre forme. Comme certaines l'avaient fait lorsqu'il l'avait vu exécuter son numéro de domination. Oh oui... Sirius avait hâte que Basil passe à nouveau sous l'objectif de son appareil...

-Pourquoi pas maintenant ?

Les mots s'échappent des lèvres de Sirius sans même qu'il y pense. C'est... tellement naturel, pour lui, comme requête. Tellement normal. Il est inspiré. C'est le moment où jamais.

-J'ai laissé mon appareil à la consigne. J'ai envie de toi depuis que je t'ai vu. Il doit bien y avoir un endroit où c'est possible ici.

Sirius avait vraiment envie de Basil. Dans tous les sens du terme. Même si dans cette phrase, il voulait dire derrière son appareil.

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