On ne choisit pas sa famille feat. Basil

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Fée
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On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix Je hochais la tête à la réponse de Basil. Je n'étais pas sûr de suivre tout son raisonnement. Enfin, j'avais compris, c'était tout de même une façon étrange de penser, mais j'étais bien obligé d'admettre que mon cousin avait raison, aussi bizarre cela soit-il. Il aurait pu juste me dire qu'il n'en savait rien. Ou qu'ils allaient bien. Après que ce soit vrai ou non… est-ce qu'il y avait beaucoup de monde qui s'en souciait réellement ? Enfin, personnellement, je m'en souciais hein ! C'était ma famille. Je voulais savoir comment ils allaient, ce n'était pas seulement histoire de faire la conversation. Enfin un peu quand même mais… Vous commencez à m'embrouiller sérieusement l'esprit à me demander des raisons pour tout là.

J'avais l'impression que Basil avait soigneusement éviter le sujet de sa sœur Charlotte. D'où ma question d'ailleurs. Cependant, vu le ton qu'il employait pour sa réponse, je commençais à doute que mon cousin soit capable de ressentir quoique ce soit. Il se rendait compte de ce qu'il venait de dire ? C'était totalement horrible. Sur le coup je restais sans voix. Alors comme ça, ma cousine avait disparue et je n'étais même pas au courant ? Et les principaux suspects étaient les O'Murchu ? Et comment Basil pouvait rester aussi serein ? Comment pouvait-il avoir déjà perdu tout espoir à propos de sa sœur alors qu'elle était peut-être encore en vie quelque part. Parfois j'en venais à me demander si Basil ne préférai pas les morts aux vivants. Ce qui ne m'étonnerai pas trop à vrai dire, mais ça me faisait quand même un peu froid dans le dos.

Et Basil ne s'arrêta pas là, il continua sur sa lancé, m'expliquant toujours sur le même ton aussi neutre pourquoi il était là et… Et il fini même sur son intention de tuer son beau-frère. Là, je vous avoue que j'avais bien plus qu'un peu froid dans le dos. J'aurais presque pu croire qu'il s'agissait d'une blague lorsque je vis Basil me tendre du chocolat comme si de rien n'était. J'attrapais la plaquette et répondit :

- Euh… Ouais, merci, je crois que je vais en avoir besoin.

Je mangeais un premier carré, puis un second, puis un troisième. J'avais beaucoup d'information à digérer, je ne savais pas trop par où commencer.

- Tu ne m'avais jamais rien dit de tout ça. Comment tu peux raconter ça sur un ton pareil, c'est horrible Bas', tu t'en rend compte ? Par Titania… Pauvre Charlotte...

J'avais du mal à m'en remettre et j'étais déjà à la moitié de la tablette de chocolat. Je serais volontiers aller me chercher à boire s'il n'y avait pas un démon qui m'attendait de l'autre côté de cette fichue porte.

- Ta mère à raison Basil, il ne faut pas perdre espoir. Je sais que tu n'as pas la même vision des choses, mais si on pouvait retrouver ta sœur en un seul morceau… Eventuellement, vous pourriez engager un détective privé pour mener l'enquête. J'en connais un très bon en ville si tu veux son adresse… Il pourrait au moins donner un coup de main. Ne serait-ce que pour savoir si Charlotte est vraiment en vie ou non. C'est terrible de vivre avec ça sur sa conscience, surtout pour vos parents.


Je crois que Basil ne se rendait pas compte de la gravité de la chose. Certes, il n'était peut-être pas aussi proche de ses parents que je pouvais l'être de ma mère. Mais tout parent aimait ses enfants et ne voulaient pas les perdre.

- En tout ça, c'est noble ce que tu fais pour tes neveux. Mais je ne suis pas sûr qu'un meurtre règle grand-chose tu sais…

J'essayais juste de convaincre mon cousin de ne pas commettre l'irréparable hein. Peut-être qu'il l'avait déjà fait. Je ne me faisais pas d'illusion, j'aimais Basil, mais je savais qu'il avait une part bien plus sombre que n'importe qui pouvait se l'imaginer. Cependant, je ne voulais pas savoir. Et si je pouvais éviter qu'il ait mort d'homme… Aussi horrible soit cet homme d'ailleurs. Tuer ne résoudrait rien de toute façon.
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Féestaff
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On ne choisit pas sa famille
Alix & Basil

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Ton pauvre cousin, on ne pouvait pas dire que tu l’avais ménagé. A l’évidence, il n’était au courant de rien. Tu avais une excuse cependant, on t’avait tellement bassiné avec l’affaire, et elle avait secoué les Egerton à un point tel qu’il t’avait semblé absurde que Alix n’en ai pas entendu parler. Surtout qu’il vivait dans la même ville bien sûr ! Il aurait probablement dû être l’un des premiers à le remarquer. Cela dit, il était vrai que Charlotte avait été un peu reniée des siens à cause de son piètre choix de mari, et avait envers cela adopté une attitude de recluse avec ses deux enfants. Peut-être pensait-elle que cette discrétion l’aiderait à cacher le nom du père - hein, quoi ? Oui bien sûr, cela tu n’en sais encore rien, il faudra que je t’explique, mais pas maintenant. Concernant Charlotte, l’ironie du sort était sans doute qu’elle n’avait jamais été autant aimé que depuis qu’elle était morte - pardon, disparue. Soudainement, sa disparition avait fait trembler la terre d’Irlande en Angleterre, et par chez toi, on n’avait plus entendu que cela. Les questions avaient fusé - qui, pourquoi, comment. Presque aussitôt, on t’avait pressé d’aller éclairer l’affaire. Pourquoi toi ? Parce que toi, tu ne manquerais à personne. On s’en foutait que tu t'exposes au danger et que tu désertes Londres, de toute façon, tu n’y faisais rien que pourrir la réputation de tes parents. Avec ton travail de prolétaire et tes passions morbides, ah ! Rends-toi donc utile, félon ! Tu n’étais même pas marié et tu n’avais pas d’enfants. Aucune attache, autant que tu t’en charges. En plus de cela, tu étais intelligent et tu encaissais bien. Parfait profil, monsieur l’auteur de romans noirs.
Tu restais composé, tu prenais du recul. Un avantage certain - ou un désavantage ? Combien de temps avait-il fallu insister avant que tu daignes faire le déplacement ? Huit mois peut-être ! Huit mois, à te donner presque entièrement à tes passions, à profiter de la compagnie de tes morts, sans une touche de culpabilité ! Tu t’en foutais. Elle était perdue de toute façon, et cela faisait des années que tu ne la voyais plus, sinon aux dîners de famille - ta mère insistait. Tu ne comprenais pas pourquoi une femme que tu n’avais jamais aimée, qui n’avait plus aucune présence dans ta vie, devait te manquer dès lors qu’elle était disparue. C’était absurde et hypocrite. Tu n’allais pas t’inventer un amour pour faire plaisir à ceux qui aimeraient que tu en souffres.
Mais, et Alix, tu y penses ? Non, tu n’imaginais même pas le choc, la souffrance. C’est horrible, Bas. Tu es horrible, Bas. Abject même. Comment peux-tu ? Tu as refermé le paquet de cigarette, renonçant à la distraction avec un soupir las. Parce que même ça, en fin de compte, tu n’en avais pas tant besoin que ça. Mais l’irritation ne t’avait pas non plus quitté - elle s’éveillait rarement en toi, mais quand elle s’éveillait, Ô Dieu ! Tu pouvais tuer. Tu as regardé ton cousin - et la tablette largement entamé. Il la gobait avec une avidité telle qu’on aurait dit une gueule béante seule, sans humanité. Déshumanisation par la gourmandise. Une bouche tâchée de noir. Et tu restais devant, à regarder avec un quelque chose d’intrusif. C’était rare que tu trouves en ton cousin un quelque chose d’immoral qui penchait vers le bon sens du terme - le bon sens pour toi. Cette débauche n’était pas déplaisante à voir.

« C’est le désespoir qui te donne faim à ce point ? C’est fascinant. » En fin de compte, cette scène entre lugubre et comique avait fini de te calmer et tu as reposé le paquet de cigarettes dans le tiroir. « Cela ne sert à rien de se morfondre sur les faits: elle n’en reviendra pas plus vite, si toutefois elle revient. » Tu n’as pu retenir un soupir pourtant. Il soutenait ta mère, mais ce n’était pas étonnant. Tu avais l’habitude, au fond, que ce ne soit pas ton avis que l’on soutienne. On avait plutôt tendance à t’accabler de recommandations auxquelles tu ne prêtais pas le moins du monde attention. Tu te foutais de tout ce qui ne concernait pas les choses qui te passionnaient. Et il avait d’ailleurs fallu que tes parents viennent contraindre tes activités pseudo-scientifiques pour que, de rage, tu daignes te rendre à Bray, à dessein d’assassiner la première femme Ò Murchù qui passerait à portée de ta main.
« Je vois que la nouvelle t’impacte beaucoup, et je sais que l'état de choc empêche le cerveau de correctement fonctionner, mais penses-y, Alix. Ou qu’elle ait fugué, et dès lors elle reviendra lorsqu’elle voudra revenir et il n’y a pas d’intérêt à la chercher. Ou qu’elle ait été enlevée, et auquel cas, ce n’est probablement pas pour lui faire du bien. Il y a des rumeurs sombres qui entourent les Ò Murchù, sur la mort de leur fille aînée notamment, et j’avoue qu’ils attisent un peu ma curiosité. Mais je ne peux pas croire qu’en plus de deux ans, ils se soient contentés de détenir ma soeur. Ou bien ils l’ont tuée, ou bien ils lui font subir des choses qui font que tu préfèrerais qu’elle le soit. Pourquoi la détenir si c’est pour ne jamais la relâcher - tu comprends ? Si elle est en vie, je doute qu’elle nous reviendrait intacte. Et pour m’assurer de la réponse, je dois mettre la main sur son corps, peu importe l’état dans lequel ils l’ont laissé. »
A ces mots, tu as franchi les quelques pas qui vous séparaient, et tu lui as repris les derniers morceaux de chocolat qu’il n’avait pas encore gobé - il en restait assez peu - pour les remettre dans le tiroir avant de le fermer finalement. Et puis tu l’as pris dans tes bras avec un soupir un peu las, pour l’étreindre avec force - tu connaissais suffisamment ton homme pour savoir qu’il en avait besoin. Tu t’es cherché un petit quelque chose à dire, pour tenter de le soulager - tu regardais le mur derrière lui, réfléchissant à un mot gentil qui puisse réparer ta lourdeur. « Mais rassure-toi, je fais le nécessaire. Je prendrai les coordonnées de ton détective si tu le veux bien - et je t’avoue m’être déjà affilié à l’un d’eux. Je me suis déjà approché des Ò Murchù, je suis en bonne phase de savoir. C’est normal, cela prend toujours beaucoup de temps d’éclaircir une telle situation - je ne peux pas me contenter d’accuser sans preuve une famille aussi importante, surtout si elle est effectivement criminelle : ce serait mettre en danger ma famille - mes neveux, et toi, aussi. Et il y a toujours la possibilité que Charlotte aille très bien. Dans tous les cas, je te le promets : je ne quitterai pas Bray avant de l’avoir retrouvée. » Et puis tu as posé ta tête sur son épaule et tu as attendu - tu le laissais prendre le réconfort dont il avait besoin, même si toi-même tu trouvais ça absurde. Tu étais tactile, ce n’était pas si terrible que ça - même si tu avais présentement mieux à faire, mais tu étais capable de plus d'un effort quand il s'agissait de ton cousin.
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On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix Des fois je me demandais si mon cousin me considérait vraiment comme une personne à part entière ou juste un autre sujet d'étude. Vu comment il me regardait en ce moment après avoir dévoré sa tablette de chocolat, ça portait vraiment le doute. Le pire, c'est que j'avais même fini par m'habituer à ce regard et les répliques qui l'accompagnaient. Cependant, je n'avais pas très envie que Basil se lance dans une sorte d'analyse de mes comportements et ma relation avec la nourriture selon mes émotions. C'était si difficile à comprendre qu'on mange plus quand on se sent mal ? Et surtout du chocolat quoi, c'était sensé être un bon anti-dépresseur ce truc non ? J'avoue que je n'y connaissais pas grand-chose.

Il n'empêche que ça me laissait perplexe cette histoire. Comment Basil pouvait abandonné aussi facilement espoir pour sa sœur ? J'essayais de lui faire prendre conscience de la chose, mais c'était apparemment perdu d'avance. Et sincèrement, ça me faisait mal au coeur. Mon cousin était tellement dénué de compassion… Je n'allais pas lui en vouloir, ce n'était pas de sa faute. Mais j'aurais bien aimer avoir un peu de son soutient quand il m'annonce des choses pareilles et pas qu'il essaye de justifier tout ça de façon totalement rationnelle. Sur ce point, il y avait un gouffre entre Basil et moi. C'était à se demander comment on pouvait vivre ensemble parfois.

- Mais c'est ta sœur Basil… Il ne faut pas perdre espoir…

J'avais presque envie de me mettre à pleurer pour lui. Je n'avais pas de sœur. Mais si j'en avais eu une, j'étais presque sûr que j'aurais autant tenu à elle qu'à ma mère et il m'était totalement inconcevable de pouvoir perdre ma mère de la sorte. Alors tant pis si Basil n'était pas capable de ressentir quoique ce soit, je pouvais bien pleurer, et m'inquiéter du cas de sa sœur pour lui. Après tout, elle était ma cousine aussi.

Je hochai la tête. J'étais rassuré de savoir que, même s'il avait perdu espoir de revoir sa sœur en vie, Basil ne l'avait pas oublié et était près à enquêter pour la retrouver. C'était délicat et dangereux de s'en prendre à une famille aussi importante que les Ò Murchù et Basil semblaient en être conscient aussi. Là dessus je lui faisais confiance. Je savais que mon cousin était loin d'être bête. Au contraire, je m'étais toujours dit qu'il était plus intelligent que je ne l'étais et ne pourrait jamais l'être. C'était sans doute pour ça qu'il était une sorte d'outsider. Cela arrivait assez souvent. Il était plus intelligent que la moyenne et incompris des autres et donc se retrouvait à s'enfermer dans une sorte de solitude. Enfin, Basil n'était pas si solitaire, j'étais là, et il y avait Agatha aussi. Mais il y avait toujours comme une sorte de barrière qu'il ne laissait personne franchir. Et de mon avis, c'était sans doute mieux ainsi. Je savais qu'il y avait certaines que je n'avais pas envie de savoir à son propos.

- Ca me rassure, je te l'avoue, hum… Je te donnerai les coordonnée demain, je les connais pas par coeur, mais je crois que j'ai sa carte dans mon porte-feuille. Et si tu as besoin de quoique ce soit, hésite pas. Je n'ai pas envie qu'il vous arrive quoique ce soit, vraiment. Puis Bray à déjà bien assez de problème comme ça. Un conflit pareil… Ar, si c'est vraiment criminel, ça va encore faire polémique entre les fées et les sirènes, ça ne sera pas beau à voir…


Je lâchai un soupire. J'avais toujours eu du mal avec cette éternelle rancune entre nos deux espèces. Et même, les Ò Murchù… Je les connaissais de nom. Maman m'avait toujours dit de m'en méfier et pourtant, je fréquentais souvent le bar de l'héritier, Castiel et je m'entendais bien avec lui. Après je ne pouvais pas dire que je le connaissais bien. Peut-être qu'il était un homme horrible en dehors de son travail et qu'il n'était sympathique avec ces clients que pour le bien de son commerce. Mais c'était le genre de truc qui me mettait toujours dans une position assez délicate par la suite parce que… Et bien j'avais du mal à ne voir que le mal partout. J'étais de ce genre de personne qui voulait toujours voir le meilleur en les autres et ne pas se préoccuper d'autre chose.
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Alix & Basil

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Tu ne comprenais pas les réactions de ton cousin, au moins autant peut-être qu’il ne comprenait pas les tiennes. Aucun de vous n’était surpris pourtant, tu avais suffisamment observé les humains pour savoir comment ils fonctionnaient, et Alix était assez attentionné pour être au fait de ton mode de pensée. Tu n’aurais su dire s’il cherchait vraiment à te convaincre de souffrir pour ta soeur, mais dans tout les cas, tu trouvais ça assez absurde. Pourquoi voudrais-tu faire l’effort de te faire du mal ? Voilà qui brouillerait tes capacités de réflexion, et qui te rendrait assez pathétique et inutile. Ton cousin était un peu les deux à la fois, dans l’immédiat, il fallait bien le reconnaître. Tu étais peut-être inhumain à ses yeux par ton comportement, mais tu avais au moins le mérite de faire un peu mieux que pleurnicher.
Il ne faut pas perdre espoir, te dit-il. C’était un peu surprenant comme maxime, tu ignorais où il voulait en venir. Perdre espoir n’était-il pas quelque chose de pessimiste ? Tu n’étais pas pessimiste pourtant, ni optimiste d’ailleurs - seulement et résolument réaliste. Ce n’était qu’une question de probabilité. Tu ne t’en sentais pas triste ou désespéré, tu n’en souffrais pas. C’était ainsi, voilà tout : il y avait peu de chance de la retrouver intacte. Alors quoi, tu n’allais pas t’inventer des histoires saugrenues pour justifier qu’elle soit saine et sauve ? Peut-être était-ce ce que Alix attendait de toi. Que tu lui racontes des bêtises pour le consoler, plutôt que d’être honnête et d’exposer les faits clairement. Ce genre de choses que l’on ferait avec des enfants - mais même avec un enfant, ton discours serait probablement resté sensiblement le même. Encore que… Tu n’avais rien dit de très évident à tes neveux lorsqu’ils t’avaient confronté sur la disparition de leur mère. Il faut dire que leur père avait fait tout son possible pour régler cette question avant toi - de peur justement que tu ne les traumatises.

Devant l’absence de réaction face à ton étreinte, tu ne t’étais pas attardé, relâchant ton cousin avec indifférence. En fin de compte, il n’en avait pas besoin - tout du moins, il n’avait certainement pas besoin de quoi que ce soit qui puisse venir de toi, toi l’égoïste qui avait l’audace de ne pas souffrir. Au moins, tes mots avaient été une petite compensation, il était rassuré sans doute de voir que tu ne restais pas les mains dans les poches et le nez en l’air en faisant mine que rien ne s’était passé. Non, tu étais parfaitement conscient des risques, des conséquences, de l’envergure de l’affaire, et c’est tout aussi bien pour cela que tu n’avais d’autre choix que de prendre ton temps. Tu avais l’esprit fin, Basil, mais pas de force et peu de ressources, au final. Tu n’en donnais peut-être pas l’impression, mais tu ne faisais pas le poids. « Je sais, Alix. Ça pourrait partir très loin, et je te prie de croire que ça a déjà commencé. Mes parents ne laisseront pas couler : ils ont ce côté old school et les Ò Murchù représentent tout ce qu’ils détestent. Ma mère est bornée, un peu stupide, et elle n’est pas la seule. Du côté des tritons, le patriarche Ò Murchù n’est pas mal non plus, et il sait se faire entendre. Ils ont chacun un prétexte, il ne manque que les preuves - et il se trouve que je suis une clé de conflit pour l’un comme pour l’autre. Tu vois pourquoi je suis bien obligé de prendre des pincettes : les Egerton sont une maison mourante, et elle se fera rouler dessus. » Une clé. C’était assez vrai, quand on y réfléchissait. Si tu obtenais la preuve que la disparition de ta soeur était liée à la famille sirène, les Egerton éclateraient - et si tu découvrais, aux uns comme aux autres, que tu avais engrossé la jeune Phoebe en représailles, la chose ne serait pas non plus belle à voir. Tu t’étais pourtant bien gardé d’avouer à Alix que tu étais jeune papa. S’il découvrait le peu d’intérêt que tu portais pour ton fils, il le viverait sans doute mal.
Ce faisant, tu as réordonné un brin tes affaires, ajusté ta chemise, et prit le pas sur la porte où Mary s’était un tant soit peu calmée, te résignant à renoncer à tes recherches jusqu'à nouvel ordre. Toi même, d’une certaine manière, tu te plaçais comme extérieur à ce conflit autant que tu y trempais. Tu étais un Egerton, un lord et un britannique, il n’y avait pas à hésiter là dessus - mais tout à la fois, si peu fidèle à tes attaches. Tu aimais ta famille autant que tu haïssais les Ò Murchù, c’est à dire avec une indifférence curieuse et sans passion véritable. Il n’y avait bien que Agatha, à qui tu tenais trop pour que la chose soit saine - mais pour le reste, ce n’était pas tout à fait ça. Tu t’attachais à ton cousin aussi, à force de le côtoyer sous ton toît jour après jour. Tu avais une confiance formidable en un coeur aussi sincère. « Je ne souhaite pas m’avancer plus, j’ignore où cette histoire nous mènera, et poursuivre sur le sujet n’aidera la situation en rien - tout au plus, elle te déprimera davantage, et ce n’est pas souhaitable. » Tu as hésité, un instant, un silence. « Mais si c’est ce que tu souhaites, je n’hésiterai pas si j’ai quelque chose à te demander. Et à ce propos, j’ai toujours besoin d’un thé ». Que fallait-il en déduire ? Que tu ne demanderais rien à ton cousin qui puisse le mettre en danger, et que tu préférais bien davantage préserver sa gentillesse naïve entre les quatre murs de ton habitation, comme un réconfort mérité. Certes, un peu inutile, ce n’est pas cela qui ferait avancer le schmilblick, mais c’est ainsi que tu l’aimais, ton cousin.
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