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 On ne choisit pas sa famille feat. Basil

On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix Les choses allaient bien trop vite en ce moment. J'avais oublié à quel point la vie à Bray était intense. Ce n'était pas pour ça que j'en étais partis le pire. J'aimais cette ambiance, j'aimais ma ville natale. Quoique dans l'immédiat, je la voyais plus comme une ville maudite. Ce n'était jamais agréable quand les choses nous touchaient aussi directement. Personne n'avait été épargné par le tsunami, il fallait que j'arrête de me plaindre. Mais c'était difficile. Surtout que j'étais du genre empathique et je n'aimais pas que de telles choses arrive. J'avais ainsi deux fois plus de travail que d'habitude. Je crois que je n'avais jamais passé autant de temps de toute ma vie au bureau.

D'un sens, ça m'arrangeait d'avoir autant de travail. Cela me permettait de tenir loin de mon esprit la disparition soudaine de Jägger. Je m'étais inquiéter plus qu'il n'en fallait pour lui. Je pensais que je l'avais perdu dans le tsunami, mais il n'avait pas été retrouvé parmi les victimes, personne ne l'avait vu ce jour là. Et personne n'avait vu sa colocataire, Rome non plus. C'était comme s'ils avaient disparus. Je n'avais pas le coeur pour l'instant à faire plus de recherche à ce sujet. Cela affectait trop mon humeur et me rendait irritable, ce qui n'était pas des plus agréable pour mon entourage.

Et en parlant de ses derniers, j'avais récemment renoué avec un de mes cousins lors d'un repas de famille. Cela faisait un moment que je n'avais pas vu Basil et c'était un beau hasard qu'il cherche un logement à Bray. Je n'avais rien contre vivre chez ma mère, mais c'était un peu oppressant à force. Puis je dois avouer que je ne me sentais pas trop de vivre seul non plus. A mon retour, j'avais espéré que les choses s'arrangeraient avec Jägger et que nous pourrions reprendre notre vie ensemble, mais il avait fallu que je me fasse un raison. Il était parti, j'allais devoir continuer sans.

C'est ainsi que je m'étais retrouvé à emménager avec Basil dans une maison situé à West End. Ca faisait loin de mon travail, mais c'était plus proche de celui de Basil pour le coup. Et nous avions un bon arrangement, où je me chargeais d'une bonne partie des tâches ménagères et lui des factures. A vrai dire, cela ne me dérangeait pas temps de payer quoique ce soit et ça ne me dérangeait pas non plus de faire le ménage ou de tout ranger. Que cela fasse parti de l'arrangement ou non, je crois que je l'aurais fait quand même. Une sorte d'habitude vous savez. Je sais qu'on ne dirait pas comme ça, mais j'étais qu'un d'organisé et j'aimais que ce soit propre. Puis faire le ménage était aussi un bon moyen pour se changer les idées quand on était énervé aussi.

Après quelque jours, j'avais compris que vivre avec Basil ne serait pas de tout repos et surtout plein de surprise. Il faut dire que mon cousin avait des passions assez… originales diront-nous. Cependant, ça ne datait pas d'hier. Puis on finissait par s'y faire. Tout du moins, j'avais arrêter de m'offusquer pour un rien et de m'interroger plus que cela sur ses occupations. Je voyais surtout mon cousin comme une sorte de Sherlock Holmes. S'il faisait tout ça, c'était sans doute pour une bonne raison. Mais ce n'était pas pour autant que je ne cherchais pas à comprendre parfois, comme en ce moment. Je venais de rentrer du travail, je m'étais à peine laissé tombé dans le canapé que j'entendis des bruits bizarres dans une pièce à proximité. J'aurais pu ne pas m'en formalisé, mais ce fut plus fort que moi. Je me levai et frappai à la porte.

- Basil ? Qu'est-ce que tu fais là-dedans ?


J'allais sûrement regretter ma question. Il y avait certaines choses qui valait sans doute mieux que je ne sache pas à propos de mon cousin. Cependant, c'était trop tard maintenant pour changer d'avis. Il allait falloir que j'apprenne a vivre avec ça.
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On ne choisit pas sa famille
Alix & Basil

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Le mètre se rembobine dans ta paume en un claquement, et tu t’empresses de griffonner au plume quelques conversions sur le papier. Tu tournes et retournes l’objet de ta curiosité entre tes mains, l’examinant sous tous les angles, annotant le moindre détail d’intérêt. De bien peu de choses, tu te dois de déduire beaucoup - il faut dire que tu envisages de disserter sur le sujet. Tâtonnement du bout des doigts sur le bureau. Tu te saisis de la curette qui s’y trouve et prélève un échantillon, que tu t’empresses aussitôt de glisser au microscope, sans oublier d’allumer d’un geste la lampe ultraviolette. C’était encore expérimental, mais la méthode pouvait se révéler des plus efficaces. Bingo. La teinte était la même. Un sourire vient étirer tes lèvres, et tu conclues ta note d’un numéro d’identification, au pied de ce que tu y avais déjà inscrit. Femme. Entre 9 et 13 ans. 140 cm. Approximativement, ce n’était pas une science exacte. Décédée depuis plus de 10 ans. Tu te saisis du tibia et celui-ci rejoint aussitôt une petite pile d’ossements - juxtaposé à cela, quelques autres fiches, et une liste d’identités supposées, accompagnées des dates de décès.

Dire que le raz-de-marée t’avait débordé est un euphémisme. Être fossoyeur n’est pas de tout repos dans les temps de malheur, mais tu t’en accommodais assez bien, pour ne pas dire que tu profitais de l’occasion pour satisfaire quelques envies et quelques curiosités. Tu ne l’avais pas si bien pris au début, il faut le dire. La première fois que tu étais retourné au cimetière après le désastre, tu as été pris d’une telle pulsion de colère qu’il faudrait se réjouir que personne ne se soit placé à ta portée, sous peine d’avoir accru d’un membre la population de ton lieu de travail. Les inondations et la boue avaient renversé des stèles, imbibé des tombes, déplacé des corps. Un véritable doigt d’honneur aux défunts, si tu me permets l’expression. Et c’était sans compter les victimes du tsunami qu’il te faudra tantôt enterrer en un lieu aussi désastré. Heureusement, seule une partie du cimetière avait réellement pâti des dégâts des eaux, et les corps récents s’en étaient sortis sans trop d’altération, les membres de ceux-ci étant encore reliés entre eux. La plupart des cercueils avait résisté également, mais il y avait eu quelques catastrophes - des os qui se retrouvaient sans propriétaire, et que tu avais ramené à ton cabinet pour les examiner. Cela te permettait, d’autre part, de pratiquer l’identification osseuse, un sujet vaste qui torture encore les cerveaux des scientifiques, et qui te passionne assez.

Tu te lèves et rejoins l’un de ces cartons rongés par l’humidité. Amusant comme tu avais traversé le quartier à plusieurs reprises ces jours-ci, portant ceux-ci à bout de bras, passant dans le dos de ton cousin sans que celui-ci ne se doute de ce qu’ils pouvaient bien contenir. Celui-ci d’ailleurs rentre tout juste, ton oreille n’a pas manqué la clé dans la serrure, l’ouverture de la porte, et le pas mou d’un Alix éreinté par sa journée. Mais toi Basil, tes journées n’ont pas de fin ni d’horaires, et tu ne sortiras qu'une fois le travail terminé. C’est ce que tu te dis en saisissant un sternum raccordé à quelques côtes, lesquelles s’accrochent au bord du carton et le renverse à terre dans un bruit mat avant que tu n’aies le réflexe de le retenir, répandant quantités d’os de toute taille au sol. Dans une tentative de rattraper les morceaux, tu t’empêtres dans un pied de chaise et trébuche jusqu’à ce qu’un craquement horrible te signifie que tu viens de commettre l’irréparable. Tu es affligé, relevant ton pied en douceur pour constater les dégâts, et tu t’exclames avec toute la consternation du monde, un « Tudieu, j’ai fracturé la rotule ! ».

C’est le moment que choisit Alix pour venir toquer à ta porte, probablement alarmé par ton boucan du diable, et il te demande avec une candeur touchante ce que tu fais. Dans la précipitation, tu te dis qu’il doit avoir le réflexe courant de s’inquiéter pour toi, et tu le rassures aussitôt sans réagir aucunement à sa curiosité. « Rien de grave, ne t’inquiète pas cousin! », tu lui réponds plein de vivacité, avec un sourire puéril qu’il ne verra pas, ébouriffant tes cheveux machinalement sans quitter des yeux les fragments osseux. Mais tu as la mine à demi déconfite devant ta propre maladresse, encore que ta clientèle n'y verra pas le mal - c'était l'un des avantages à être fossoyeur plutôt que médecin. Ce n'était pas dans tes habitudes d'être gauche, tu étais plutôt du genre habile et minutieux. Peut-être devrais-tu penser à t'aménager une pause, au lieu de t'affamer sur la même activité durant plus de huit heures après une nuit sans sommeil. Non bien sûr, Sir Basil fait la sourde oreille, tu aimes t'épuiser à la tâche et ne comptes pas t'arrêter de sitôt. Tu ramasses ladite rotule et en pose les pièces sur la table, avant d’entasser une nouvelle fois ton désordre dans sa boîte, t’appliquant par manie à les ranger dans le bon sens, ordonné par type et par taille, autant que faire se peut.
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On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix J'avais beau être totalement vidé de mon énergie après avoir passé la journée le nez dans les dossiers et à enchaîner les rendez-vous, j'avais comme soudainement retrouvé une seconde énergie, intrigué les agissements de mon cousin. Basil avait souvent des lubies assez étrange. Nous vivions ensemble depuis peu, mais j'avais déjà été témoins d'un nombre de scène totalement improbable. J'étais presque sûr d'en avoir plus que la moitié des hommes et des femmes sur cette terre. J'aurais pu déménager immédiatement. Cependant, je faisais confiance à Basil et quelque part, je crois que ce genre de chose m'amusait assez. Savoir ce que j'allais trouver d'incongru dans notre frigo en rentrant. Ou quel genre d'animal Basil aurait bien pu ramener encore.

Sur ce dernier point, je n'avais pas trop peur. Tant que Basil ne ramenait pas un second chien, ça m'allait bien. Déjà un… Heureusement qu'il était assez petit. Je ne sais pas trop pourquoi j'adorai les animaux, mais avait autant de problème avec les canins. Dans l'immédiat Mary devait être dehors. Sinon elle serait sans doute déjà venu me voir. Quoique, il me semblait qu'à présent, elle avait bien comprit qu'en elle et moi, ce n'était pas encore ça et elle m'évitait. Bref, dans l'immédiat, ma plus grande préoccupation, c'était Basil. En effet, mon cousin semblait encore se livrer à des expériences étranges. Et je vous avoue qu'entendre un fracas pareil et ensuite mon cousin dire quelque chose à propos de sa rotule, ça n'avait rien de bien rassurant. Je m'étais donc bien sûr approché pour lui demander ce qu'il se passait.

Basil m'assura que tout allait bien. Cependant, j'avais toujours quelques doute. J'avais quand même bine l'impression que c'était plus grave que ça. Et si mon cousin c'était cassé une rotule en tombant, je savais que la magie des fées faisait des miracle, mais ça sonnait quand même grave. Puis des fois, j'avais des doutes sur Basil. S'il se faisait mal, est-ce qu'il irait à l'hôpital de lui-même ? Basil avait beau être plus vieux que moi, je ne pouvais pas m'empêcher de m'occuper de lui comme un grand-frère. Je ne devrais sûrement pas, mais quelque part, je me sentais responsable de lui et quasiment en toute situation. C'était sans doute là un autre aspect de mon travail que j'avais du mal à oublier une fois rentré à la maison. Ou alors c'était parce que je me préoccupais beaucoup des autres que j'avais choisit de devenir assistant social ? Je crois qu'il y a un peu des deux.

- Tu es sûr Basil ? Tu n'as rien de cassé ?

Je préférai quand même insister. Dans le doute… Je ne voulais la mort de personne sur la conscience. Puis c'était sensé se passé comment si Basil mourrait, qui allait l'enterrer ? C'était lui le fossoyeur de la ville. Il valait sans doute mieux que je ne pense pas à ce genre de malheurs. Je restais devant la porte. Et quelque part, je me doutais presque que mon cousin ne viendrait jamais m'ouvrir. Je doutais que la porte soit fermée à clef. Ce n'était jamais le cas ici en fait. Ce n'était pas une règle qu'on s'était donné en commençant cette colocation. Je ne savais même pas pourquoi Basil ne fermait pas sa porte à clef, mais personnellement, pour une question de sécurité, ça m'arrangeait. Puis mon cousin savait qu'il pouvait me faire confiance pour ne pas rentrer sans prévenir au préalable. De toute façon, vu les passions de mon cousin, il valait sans doute mieux, pour mon propre bien, que je frappe toujours avant de rentrer.

- Bon… Je rentre !

Je ne mis pas longtemps à prendre ma décision et ouvrit la porte. Je l'avais prévenu. Puis Basil devait savoir que quand je m'inquiétais, je restais rarement sans agir. J'avoue que je restais un instant figé en voyant tous ces ossements dans la pièce. Je les regardais d'un air perplexe, eux, puis mon cousin. J'avoue que ça ne me laissait pas trop à l'aise tout ça. Basil semblait en plein expérience sur certain.

- Oh… Ce n'était pas tes os qui se sont brisé je présume euh… Je… Ca vient d'où tout ça ?

J'allais sans doute regretter ma question. Je savais qu'il ne fallait pas provoquer Basil et parfois, rester dans l'ignorance, c'était bien aussi. Puis je devais me faire une raison, mon cousin ne m'avait pas trompé, il allait bien.
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Alix & Basil

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Bien sûr qu’il était inquiet, sombre crétin. Car il existe des gens en ce monde qui se soucient de l’état de santé des leurs, et qui envisagent le pire en toute circonstance. Tu ne saurais pas cela bien sûr, toi qui prenait les choses comme elles venaient, et qui ne remuait pas d’un pouce de compassion pour le reste du genre humain sinon dans ton propre intérêt ou par hypocrisie. Pas même un vertige à l’idée que ta soeur était probablement morte. La seule chose qui t’embêtait dans l’histoire, c’était de ne pas pouvoir accéder à sa sépulture. A force d’aimer mieux les morts que les vivants Basil, tu ne te fais pas que des amis et tu finiras par en être un. Tu espères seulement avoir l’opportunité de creuser ton trou avant, le jour où cela viendra. Mais tu accueilleras la mort à bras ouverts, idiot que tu es, comme une amie fidèle et le couronnement de ta carrière.
Mais ton cousin n’était pas décidé à te laisser mourir tout de suite, à croire qu’il avait de l’attachement pour toi en fin de compte. Tu sens l’inquiétude au fond de sa voix, tandis qu’il insiste et s’enquiert une nouvelle fois de ton état de santé. Affairé à ranger tous ces ossements, tu ne contribues en rien à l’apaiser, puisque l’on ne pouvait pas dire que tu étais des moins bruyants. Tu confirmes d’un « Oui, oui » négligent, comme l’esprit absent, trop préoccupé pour te soucier de ce qu’il pouvait bien en penser. Tu ne te demandais pas non plus s’il allait entrer. Il faut dire que tu ne fermais jamais ton cabinet lorsque tu t’y trouvais, te contentant de verrouiller à clé l’entrepôt de tes affaires les plus sordides lorsque tu t’absentais, ou simplement lorsque tu dormais. Si quiconque mettait le pied sur ton terrain en ta présence, eh bien, c’était à ses risques et périls, mais ton cousin lui ne risquait pas grand chose. Je n’irais pas jusqu'à dire que tu l’aimais - tu le connaissais et l’avais fréquenté à certaines occasions mais pas encore assez pour t’en faire un ami. Il faut dire qu’avec toi, le mot « ami » était assez délicat. Mais tu avais une pleine et entière confiance en lui.

De toute façon, tu ne prenais pas la peine de lui cacher grand chose, et de toute façon tu ne faisais rien de mal. C’est vrai, après tout - les morts étaient à ta charge, et tu travaillais à restituer à chacun le membre qui lui manquait. Une activité tout à fait bienveillante, le maire devrait penser à t’en remercier. Bien sûr, tu ne l’en informerais en rien - d'autant que tes méthodes n'étaient pas forcément retenues comme légales. Mais le voilà qui entre finalement, en s’annonçant comme si cela avait pu aider quoi que ce soit. Comme si dans la seconde tu allais te précipiter vers tes os avec une bâche et faire semblant qu’ils n’étaient pas là. Non, au lieu de ça, tu as relevé les yeux vers lui avec un sourire affable. Tu ne semblais pas honteux le moins du monde, et dénué de toute culpabilité, comme à l’accoutumée. Il semble étonné, étonné de te voir aller parfaitement bien, comme s’il avait espéré te voir à terre pataugeant dans ton propre sang. Il était assez étrange ton cousin par moment. Mais tu le savais surtout très soucieux et beaucoup trop attaché.
Le voilà qui s’étonne à haute voix de ne pas te trouver brisé. Cela t’amuse plus qu’autre chose, et tu boucles un dernier paquet les yeux rieurs. « Hélas non, mes os sont encore en parfait état. » Tu ponctues cette remarque d’un léger rire et saisit un chiffon pour essuyer tes mains rendues terreuses par cette séance de rangement. La mort tâchait ces corps mais ça ne t'empêchait pas de crocher dedans. « Ils viennent du cimetière, d’où voudrais-tu qu’ils soient ? J’ai retrouvé la plupart de ceux-ci à la surface. Le raz-de-marée, indubitablement. » Tu contournes un carton, habilement cette fois, et vient te saisir d’une tasse de thé qui a du rester posée là bien trop longtemps - la boisson en avait teinté les parois depuis au moins quatre heures. « Comment s’est passée ta journée ? » Tu te foutais allègrement de la réponse mais t’amusais à la poser de temps à autre, pour voir si la réponse, pour une fois, serait un tant soit peu originale. Tu n’en laissais rien paraître cependant, appuyant ton bassin à la table de travail, portant le thé à tes lèvres. N’en résulte qu’une grimace, du plus bel effet sur ce minois d’aristocrate contrarié. « Froid. » C'est ta conclusion. Au milieu de tous ces restes de vivants, tu te contentes de regarder ton thé comme s'il s'agissait soudainement de la chose la plus préoccupante du monde, avec ce ton languissant proche d'un « What a pity » anglais.
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On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix J'avais un peu de mal à voir ce que Basil trouvait de drôle dans le fait de se casser un os. Mais avec mon cousin, je ne me posais plus trop de questions. Je crois qu'il ne valait mieux pas que je sache à quoi il pensait en ce moment même, pour mon propre bien. C'était assez enquiquinant pour quelqu'un curieux comme moi, mais on finissait par s'y faire. Quoique, il m'arrivait encore de tenter de comprendre les agissements de mon cousin et j'avais parfois l'impression qu'il aimait bien que j'essaye de m'intéresser à ce qui l'intéressait lui. Donc rien que pour voir cette petite étincelle dans son regard, même si le discours qui suivait était horrible et plein de détails dont je me serais bien passer… Un jour, je sais que ma gentillesse me perdra.

Pour l'instant, j'étais surtout rassuré de savoir Basil en un seul morceau. Et je vois pas trop ce que je m'étais imaginé. Oui, mon cousin était fossoyeur, et évidemment, avec le tsunami il devait avoir eu des problèmes de terrain. Pourquoi je m'étonnais de voir des os ici hein ? Pour une fois, son explication me semblait tenir la route.

- Oh, je vois… Et pourquoi tu les as ramener en fait ? Il suffisait pas de tous les enterrer de nouveau ?

J'essayais quand même d'en savoir un peu plus. Quand je vous dit que ma curiosité prenait parfois le dessus sans même que je n'y pense. J'étais assez intrigué par le métier de mon cousin à vrai dire. Ca ne semblait pas être un travail bien complexe. Pourtant Basil le prenait tellement à coeur et il passait tellement de temps dans son bureau que c'était à se poser des questions. J'eus un petit sourire lorsqu'il me demanda comment c'était passée ma journée. M'appuyant contre l'encadrement de la porte, j'entamais :

- Et bien, il n'y a pas que le cimetière que le tsunami à ravagé. Ca devient un vrai casse-tête pour réussir à loger toutes les familles qui ont perdu leur foyer, mais on va bien finir par y arriver. Je pense que la semaine prochaine sera déjà un peu plus calme.

Il faut dire aussi que j'avais travaillé comme un malade ces derniers jours. Il y avait beaucoup de personnes qui avaient besoins d'aide et ça me permettait aussi d'oublier la disparition soudaine de mon petit-ami que je pouvais sans doute déjà désigner comme mon ex. C'était un sacré coup au moral, mais il y avait plus important que mes peines de coeur à gérer à Bray en ce moment. Entendre Basil se plaindre de sa tasse de thé apparemment froide, me ramena un peu sur terre. Je secouais la tête pour me sortir toutes ces pensées et proposait :

- Tu veux que j'aille te faire une tasse de thé ?

Basil n'avait rien demander, mais c'était la moindre des choses non ? Puis un anglais sans son thé… Je vous laisse imaginer. Cela ne me dérangeait pas de m'occuper de Basil de la sorte, de presque le materner même. A vrai dire, je le faisais sans presque y penser, sans doute l'habitude de s'occuper des autres avant ma propre personne. De plus, ce n'était pas comme si j'avais grand-chose d'intéressant à faire ce soir. C'était l'avantage de mon travail. Une fois rentré chez moi, c'était fini, je n'avais plus à y penser.
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Tu l’as écouté te raconter sa journée, enfin - “écouté”, c’était vite dit. Tu avais passé la première phrase à contempler ta tasse, la seconde à le regarder, la troisième à te lasser de n’avoir rien à faire et à tripoter un rebord de carton du bout des doigts, le regard perdu dans le vide. Mais tu avais saisi tous ses mots, et bien sûr il ne t’apprenait rien. L’immobilier devait être un foutoir monstre après les récents événements, tu l’avais déduit tout seul, et pour avoir été celui de vous deux qui avait déniché ce logement, tu l’avais constaté toi-même. Le prix des habitations potables avait remarquablement grimpé, et c’était une chance, vraiment, que tu sois fortuné. Pas mal de personnes avaient dû se retrouver à la rue, mais cela ne vous concernait pas vraiment. Ceci dit, te traiter d’égoïste pour n’en avoir rien à faire, c’était un peu exagéré - parce que tu avais mis la main à la pâte comme un vrai citoyen, même si tu étais encore anglais, et que tu les avais aidé - et on ne te payait pas pour autant.
Tu as relevé les yeux vers lui quand il en eut terminé, et tu as pris comme un sourire bienveillant - juste avant de te décoller de la table et de venir lui coller ta tasse dans les mains aussitôt suite à sa proposition. Une main chaude sur l’épaule en guise de remerciement. Tu lui avais alors tourné le dos presque avec négligence, malgré quelques coups d’oeil vers lui pour te donner l’air de rester poli. « Une journée chargée en somme - ce sont les meilleures. Une théière, s’il te plait - ou un thermos d’ailleurs, je pense en avoir encore pour un moment. » Compatir ne t’était pas venu à l’esprit, tu ne voyais pas en quoi une semaine calme devait être appréciable. Tu n'aurais pas pu travailler en bureau Basil, parce que tu n’aimais pas l’ennui - quand tu n’avais plus rien à faire au cimetière, tu trouvais toujours autre chose pour t’occuper, et t’affiner l’esprit. Des bouquins à lire, des trucs à étudier, des thèses à écrire, des expériences à pratiquer. Sortir, trouver d’autres occupations, entrenir ses relations, à toute heure du jour - quand on était ainsi employé, on ne pouvait pas se permettre de faire tout ça, du moins pas sans attendre l’heure de débauche, alors franchement, tu ne le lui souhaitais pas.
Et puis, avant qu’il ne se carapate en cuisine, tu entrepris de répondre à sa question tout de même. Tu avais déjà remis la main à la pâte, tu avais pris un petit os entre tes doigts, et tu le retournais sous ton oeil pour l’identifier. Sans trop de mal il faut dire, c’est plus toutes les informations autour qui étaient difficiles à prélever. « Les enterrer, bien sûr. Mais encore faut-il savoir où. Je pourrais me contenter de les mettre sous terre tout en vrac plutôt que de les restituer au bon propriétaire, mais je n’apprécie pas beaucoup cette idée. Je les ai ramenés pour les identifier, et tâcher de savoir à quel nom ceux-ci sont rattachés. » Tu avais commencé à contourner la table pour jeter un oeil à quelques notes prises à l’arrachée, qui pussent t’orienter de l’une ou l’autre manière. « De la taille, de la forme, de l’état, de la couleur, des organismes et des éléments chimiques, l’on peut déduire beaucoup de chose sur le propriétaire - le sexe, la taille, l’âge, ou la date de sa mort- Mary! » - tu t’exclames très soudainement en relevant les yeux sur ta chienne que tu avais consigné dehors. Elle avait la queue qui battait l’air et s’était précipitée entre les jambes d’Alix, appâtée évidemment par l’abondance des os de ton cabinet. Tu as pressé le pas jusqu’à elle, et tu as commencé à lui pousser les fesses jusqu’à la sortie. « Ce n’est pas le moment ma belle, je ne peux pas te laisser toucher à ceux-là. » avec autant de douceur que d’autorité dans la voix.
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On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix Je me demandais si Basil était sincère en commentant sur ma journée. Mais est-ce cela intéressait vraiment quelqu'un ce genre de chose ? Je me le demandais souvent. Personnellement, j'aimais bien écouter les gens parler, mais c'était un peu mon travail aussi. Il fallait bien avouer que mes journées n'étaient pas bien passionnante. Si je les trouvaient intéressantes, j'avais bien conscience que ce n'était pas le cas de tout le monde. Ainsi, je ne tins pas compte à mon cousin de son manque d'intérêt pour ce que je venais de lui raconter. De toute façon, j'avais bien remarqué que rien n'était capable de capter plus son attention que ces os qu'il avait sous le nez.

Je hochais la tête pour signifier à Basil que j'avais bien compris pour le thermos de thé. Décidément, si mon cousin était Sherlock Holmes, j'étais définitivement sa Mary Hudson. Non, non, même pas Watson, bien Mrs. Hudson. Je n'enquêtais sur rien du tout avec lui. Je ne faisais que du thé. Bon, heureusement, nous n'étions pas réellement ces personnes. Il faut dire que nous vivions pas à la même époque non plus. Bref, j'allais faire ce thé, mais avant j'avais encore quelques question pour mon cousin. J'étais bien trop intrigué par ce qu'il faisait pour me retenir de lui demander. Sa réponse me rassura assez. Elle semblait logique. Enfin, tout du moins, elle me semblait logique. Je ne savais pas grand-chose du travail de fossoyeur. Mais c'était sans doute de la tâche de Basil de remettre tout ces ossements en place. Les familles n'avaient sans doute pas envie d'aller pleurer sur des restes qui n'étaient pas ceux de leur proches. D'un sens, c'était assez noble de la part de Basil de faire cela. Il aurait pu juste tout enterrer et personne n'aurait posé de question je pense.

- Oh ! C'est vraiment bien de ta part de te soucier autant de… AH !

Je n'eus pas le temps de phrase qu'une boule de poil se faufila entre mes jambes. Oh ! Je ne le connaissais que trop bien, il s'agissait de Mary, la chienne de Basil. Immédiatement, je me figeais. Je savais que Mary n'était pas méchante, mais c'était plus fort que moi, je n'avais pas confiance en ces bêtes. J'aimais les animaux hein ! Mais les chiens… Ca avait toujours été plus compliqué. Basil semblait plus amusé par la situation qu'autre chose. Heureusement, mon cousin était déjà en train de repousser Mary vers la sortie.

- Hum… Oui Mary, ne reste pas ici…

Quelle autorité… Dès que la chienne eut quitté la pièce je fermais la porte. Soudainement, je n'avais plus trop envie d'aller faire du thé. On était bien là non ? Certes, les os un peu partout, c'est un peu glauque, mais personnellement, ça me rassurait déjà plus que la simple présence de Mary. Je m'éclaircit la voix pour reprendre :

- Ce serait bête qu'il arrive quelque chose à ces os alors que tu te donne tant de mal à les trier, haha !

C'était clairement un rire forcé. J'essayais de détendre l'atmosphère. Enfin, de me détendre moi. Ce n'était pas bien de me faire des frayeurs pareille. Je vous jure… J'adore mon cousin, mais pourquoi faillait-il qu'il ait un chien ?

- Des nouvelles de la famille sinon ?

Je sais, je ne posais jamais ce genre de question d'habitude. Je ne voulais pas paraître trop envahissant. Je savais que je l'étais, donc j'essayais de faire des efforts. Mais là, j'étais prêt à n'importe quoi pour rester ici en espérant qu'un miracle fasse que Mary disparaisse soudainement.
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Ça tombe bien que Mary soit venu pour vous interrompre, toi et ton cousin - parce qu’il commençait à te complimenter le bougre, et t’étais pas certain qu’il apprécierait si tu te mettais à rigoler. Il faut être franc, ce n’était clairement pas pour le bien de ta clientèle que tu agissais, ou du moins pas tant qu'il ne fallait le croire. Après tout, ils étaient morts - et ceux qui étaient encore vivants, tu t’en moquais. C’était juste pour toi, parce que ça t’empêchait de fermer l’oeil. Parce que t’étais un peu maniaque sur les bords, et que de savoir tes affaires en vrac, ça te déplaisait assez - et ces os, et ces morts, c’était un peu tes affaires, maintenant qu’ils dépendaient de ta volonté. Parce que c’était du matériel, des ressources que tu adorais étudier, et que la boue, ça allait les tâcher et les abîmer, quand toi tu t’efforçais à les préserver. Mais au fond, c’était peut-être mieux pour lui, de te voir comme ça. Comme quelqu’un de bon et d’attentionné - il était un peu naïf ton cousin, mais c’est aussi pour ça que tu pouvais avoir confiance en lui. C’est ce que tu t’étais dit en te redressant, le dévisageant avec un peu d’affection, parce qu’au fond il était vraiment attachant. Et de le voir paniquer à la vue de Mary le rendait d’autant plus attachant.

Il avait refermé la porte aussi sec, à ton plus grand désarroi car comment allait-il te faire une tasse de thé dans ces conditions ? Tu étais un peu déçu mais que veux-tu, Alix et Mary, ce n’était vraiment pas le grand amour. Ta chienne s’était mise à gratter à la porte d’ailleurs, maintenant qu’elle avait compris pourquoi tu ne la laissais pas rentrer. Elle ne comprenait pas pourquoi tu le lui refusais alors que vous étiez tous les deux ici, quand elle était reléguée au reste de la maison déserte. « Mary, couchée » lui as-tu dit à travers la porte d’un ton autoritaire, avant de t’en écarter, et de ton cousin par la même occasion. Tu étais assez d’accord pour garder la porte close, mais bon, cela voulait dire prendre ton mal en patience.
Et puis il s’est mis à te parler famille. Pourquoi ça ? Sans doute pour retarder l’échéance de l’instant où il lui faudrait rouvrir cette porte et affronter ton acolyte. Enfin, sur le coup, Mary étant sortie, tu t’étais bien gardé de réaliser à quel point ton cousin était encore tendu. Il n’avait plus de raison de l’être puisqu'il n'y avait plus que vous, alors dans ta tête il ne l’était plus. Tu as haussé un sourcil à sa question, et tu y as réfléchi sincèrement, parce que tu te préoccupais assez peu de ce genre de choses, qui plus est dans l’immédiat où tu avais déjà tes morts requérant ton attention. Tu as repris ton activité du même temps, revenant à ces os qui n’attendaient que toi, qui se languissaient de retourner en terre. « On ne me tient pas au courant de grand chose, ou plutôt je ne m’en préoccupe pas beaucoup. » Tu grattais un os, machinalement, un soupir aux lèvres. Avec Alix, tu faisais preuve de beaucoup de franchise, parce que tu avais une telle confiance que tu ne te souciais pas de mentir - en tout cas, bien moins qu'avec le commun des mortels. Tu ne le regardais plus, mais tu n’étais pas moins conscient de sa présence, et tu la tolérais très bien. « Mes neveux sont encore en vie, leur père aussi hélas. » Tu t’es figé, levant les yeux au plafond, pensif. « Agatha est en vie aussi, de même pour son fils. Ne t’inquiète pas non plus pour mes parents, ils poursuivent le train ennuyeux de leur existence. » Tu as eu un petit sourire en coin. Quant à ta grande soeur portée disparue, Charlotte, tu n’avais même pas pris la peine de la mentionner, parce que les vivants en général se souciaient assez peu de ceux qui ne l'étaient probablement plus - voilà pourtant qui aurait pû l'intéresser.
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by Wiise

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 On ne choisit pas sa famille feat. Basil

On ne choisit pas sa famille.Basil & Alix Quelque chose me disait que ça allait être compliqué de tenir la conversation avec mon cousin dans ces conditions. Même si je faisais de mon mieux pour ne rien laisser paraître, j'étais presque sûr qu'il avait remarqué le malaise dans lequel m'avait mis la simple présence de Mary. Ce n'était pas une grande nouvelle que moi et les chiens, ce n'était pas une belle histoire d'amour. Basil le savait et j'étais presque sûr qu'il en jouait. Lui et Agatha étaient terrible avec ça, déjà quand on était plus jeune, ils s'amusaient à faire en sorte que je me retrouve avec leur chien. Par exemple quand je m'endormais, j'avais parfois la mauvaise surprise de me réveiller à côté d'un de ces canins. Pas mes meilleurs souvenirs en famille, je vous l'accorde.

Il n'empêche que Basil avait une manière assez spéciale de donner des nouvelles de sa famille. J'étais heureux de savoir qu'ils étaient en vie. Mais je m'en doutais. Tout du moins, je n'allais pas m'imaginer autre chose. Ce serait horrible. Cela semblait sans doute normal à Basil de côtoyer la mort, mais personnellement je préférais savoir mon entourage en vie et en bonne santé aussi. Cependant, je n'allais pas en rester là. Ce serait mal me connaître. Puis je savais que Mary était toujours derrière la porte. Alors autant que je continue d'essayer de meubler la conversation.

- Oh… Ok et ils vont bien au moins ?

J'allais me poser sur un tabouret dans un coin de la salle, j'en avais marre d'être debout. Puis autant que je me pose si je ne comptais pas partir de sitôt. Je m'en voulais un peu, parce que j'avais promis du thé à Basil et il n'allait jamais allé l'avoir à ce train là.

- Et Charlotte ? Ca fait un moment que j'ai entendu parlé d'elle… Tu as des nouvelles aussi ?

Il faut dire que les Egerton étaient assez discret sur leur histoire de famille. Et vu qu'ils vivaient en Angleterre pour la plus part, ça n'aidait pas à la circulation des nouvelles. Pourtant, je n'étais pas près d'oublier que j'avais une autre cousine encore. Bon, d'accord, peut-être que je l'oubliais un peu parfois. Il faut dire que j'avais toujours été plus proche de Basil et d'Agatha que de Charlotte. J'avais un peu peur de ma question en fait. Si Basil n'en avait pas parlé, il y avait peut-être une raison bien précise et que je n'avais pas envie de la connaître. Enfin si, j'avais envie de la connaître, ma curiosité le voulait et c'était ma famille quoi ! Je voulais savoir ce qu'il se passait dans ma famille. C'était important, j'aimais mes cousins et cousines, je ne voudrais pas qu'il leur arrive quelques malheurs. Je ne souhaitais de mal à personne voyons. Ce serait tout de même un comble pour un assistant social, n'est-ce pas ? Certes, si personne n'avait de problèmes, je n'aurais plus de travail… Mais j'aurais bien trouvé autre chose dans ce cas.
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On ne choisit pas sa famille
Alix & Basil

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Tu gratouillais, l’esprit paisible. Pour toi, le sujet était bouclé – mais c’était mal connaître ton cousin. Tu savais pourtant la curiosité qui le taquinait, malgré ses quelques efforts pour ne pas se faire trop intrusif. Mais pour être tout à fait honnête, ça ne te dérangeait pas plus que ça. Tu préférais la tranquillité quand tu travaillais en général, mais la présence de ton cousin était vite devenue comme un paramètre enclenché par défaut, et tu savais te concentrer, qu’il soit là ou pas. Sa voix, c’était comme une radio que ton cerveau réglait parfois au minimum – comme un fonds sonore pas forcément désagréable, mais auquel tu oubliais de répondre parfois, au risque peut-être de le vexer un peu. Est-ce qu’il se rendait compte au moins, de l’exception qu’il était, pour que tu ne le mettes pas à la porte sitôt qu’il en passait le pas ? Tu prélèves un peu de cette poudre d’os et te penche par-dessus ton microscope, poursuivant votre conversation sans lassitude, mais avec une pointe de fatalisme démotivé. « Comment, s’ils vont bien – je l’ignore. Pourquoi n’iraient-ils pas ? Ils vont probablement. » Tu relèves le regard vers le mur un court instant, pensif, avant de finalement compléter, parce qu’il faut te rendre à l’évidence : « En fin de compte, ils auraient bien des raisons de ne pas aller, mais étonnamment je crois qu’ils vont bien. » Et tu t’y es replongé.
Le nom de Charlotte pourtant t’en a arraché tout à fait, il te provoquait de l’intérêt comme un déclic, assez relatif toutefois. En fait, tu étais plus intéressé que touché par ce qui lui arrivait. Mais la question de ton cousin t’étonnait aussi – car enfin, il devait bien le savoir, non ? « Charlotte ? Il n’y a pas plus de nouvelles que d’habitude, elle est toujours portée disparue et cela n’est pas près de changer. Mais si tu veux mon avis, il y a peu de chance de la retrouver en vie, si toutefois l’on parvient à la retrouver. Je suis là pour ça. » Tu t’es redressé, sans la moindre trace d’émotion. C’était assez clair en fait : tu t’en fichais. Tu as soupiré un peu, concentrant ton regard lourdement sur ton cousin. « Je n’ai pas encore de preuve, et je ne dois écarter aucune piste – mais je suis tout à fait certain que les Ò Murchù en sont responsables. Le père, le fils – je l’ignore encore, mais je suis bien décidé à le savoir. Mes parents sont convaincus que ce sont eux, en tout cas. » Un bref silence, tu as froncé les sourcils en te grattant la barbe naissante. « Je ne te l’avais pas dit ? » Tu prenais cela comme un maigre oubli, ton cousin à l’évidence envisageait la chose tout à fait autrement.

Tu n’étais pas émotif, ni triste d’ailleurs, mais pour autant, tu avais cet air grave qui imprégnait tes traits. Si sérieux soudainement, plus encore que vis-à-vis de tes petites expériences que tu avais négligées tout à fait. Tu ne le prenais pas exactement à la légère, au fond cela t’agaçait, de ne pas savoir. « J’aurais cru que tu le savais, cela fait des années qu’elle s’était installée à Bray. Nous n’avons jamais compris ce choix, qu’elle faisait pour un mari toujours absent qui plus est. Je suis convaincu qu’il me manque des paramètres, des informations, mais lesquels… Et ma mère, qui ne cesse de me harceler de questions. Des mois et des mois qu’elle m’empresse de la retrouver, cela fait plus de deux ans maintenant, je lui ai pourtant dit d’arrêter d’espérer. Tout ce que je peux souhaiter désormais, c’est que son corps me soit restitué dans un état correct. Et je ne lâcherai pas l’affaire jusqu’à ce que cela soit fait. » Le sujet du macchabée de ta sœur te touchait beaucoup plus que sa mort à l’évidence – il y avait un peu de colère dans ton œil en abordant le sujet, tu avais serré le poing et ta mâchoire s’était durcie. Pour la suite non plus, tu n’as pas su te détendre.
« Je suis aussi là pour mes neveux. » Lorsque tu avais mentionné les Ò Murchù, il n’y avait pas eu de haine, mais cette fois, c’en était. « A la merci de mon beau-frère, qui est un formidable enfoiré. C’est pourquoi je veux me fixer à Bray, du moins jusqu’à leur majorité. Pour les protéger de leur père – et des Ò Murchù qui sont tout autant susceptibles de revenir à la charge. Je suis loin d’en avoir terminé. » Sur cela, tu as soupiré plus longuement, fermant les yeux pour te pincer l’arête du nez. Tu avais marmonné derrière tes dents quelque chose comme « je le tuerai ». Tu t’es alors calmé presque tout à fait, te détachant de ta table de travail pour prendre la direction d’une quelconque commode. Tu en as ouvert un tiroir, cherchant de quoi te détendre. Un paquet de clope et… Oh, tiens, une plaquette de chocolat. Tu l’as ouverte et tu en as cassé un carré que tu as croqué, laissant la chimie de ton cerveau réagir à la dopamine qui t'apaisait un peu. « Tu en veux ? », que tu as lancé à ton cousin en faisant glisser la plaquette sur la surface du meuble. Puis tu as tiré une cigarette du paquet, jetant un regard aux os qui patientaient. La fumée de tabac pourrait les abîmer – du coup, forcément, tu hésitais.
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