[/!\ +18] (basil) i'd like to find out what he's hiding

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Métamorphe
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I'D LIKE TO FIND OUT WHAT HE'S HIDING
basil & shura

Hormis ce serpent dans cette chambre, il n’y avait pas grande nouveauté contrairement à son premier passage. La pièce était un peu plus habitée que la première fois, entre le reptile dans son vivarium et la chienne qui dormait sur le lit. Chienne qu’il n’avait pas ménagée de secouer sans le vouloir, car le voleur ne l’avait pas aperçu avant qu’elle ne jappe brièvement quand il avait levé les draps pour y placer son second piège. Mémère semblait avoir un temps de réaction assez long. Suffisamment long pour qu’il puisse faire le tour de la pièce et fouiller l’armoire sans encombre. Rien, hormis des vêtements de tous genres et de tout type qui étaient entassés à l’intérieur. Dans l’une des poches, il avait dégotté quelques papiers et autres notes. Des relevés, des chiffres qui n’avaient pas de sens pour lui, des noms, et quelques vers arrachés à l’esprit dans l’élan. Shura ne se moquait pas, il se contentait de lire et de se renseigner pour cerner un peu la personne dont il s’amusait tant à provoquer en revenant tous les soirs. Si on peut appeler ça vraiment de la provocation. Il y avait une petite part de plaisir dans cette chasse que Kochtcheï ne voulait pas admettre. Le besoin de l’adrénaline, de jouer avec le feu jusqu’à se brûler, c’était pourtant ça qui le motivait à. Mais là, c’était autre chose. Il s’était déjà brulé, enfin blessé, en venant ici et pourtant, il y revenait. Il voulait tout savoir, lui-même étant malsain sans s’en rendre compte à fouiller ainsi dans la vie privée des autres. Peut-être que son esprit lui jouait des tours. Peut-être que c’était l’objet d’un film de la part du cambrioleur qui était allé trop loin. Il devrait au moins piquer l’argenterie ou repartir avec quelques choses, car ça devenait vraiment bizarre son comportement. Celui de ne faire que passer, de se contenter de fouiner et de s’en aller aussi vite qu’il était venu.
Il l’entendait, l’agitation qu’il y avait en bas. Il avait tout intérêt à ne pas traîner et pourtant, le crâne dans la chambre avait piqué sa curiosité. Il essayait de relativiser en se disant qu’il était en plastique, que ça ne pouvait pas être le crâne de quelqu’un qui a été bien vivant. Et pourtant si, en touchant ce dernier du bout de ses doigts, la texture était loin d’être lisse et fausse. C’était dégoutant, rebutant. Bien sûr, tout être vivant en était doté d’un, cela faisait partit du corps humains. Mais c’est surtout le fait qu’il ait appartenu à quelqu’un dans le passé et que ce type l’entreposait dans sa chambre comme un vulgaire bibelot qui le dérangeait. Parce que cela voulait dire que quelque part, il y avait une tombe incomplète. Il avait eu un mouvement lent de recul, reprenant ses distances pour arrêter de le tripoter. Ne serait-ce que par respect pour la personne dont la dépouille avait été démunie de son crâne.

Son dossier bien ancré sous le bras, il avait commencé à l’ouvrir avant d’entendre les pas rythmés par les talons s’approcher de la pièce. Merde et re-merde, il avait été trop lent. L’intention du serpent semblait relevée en sa direction, tout comme la chienne qui se mettait à aboyer –enfin- sévèrement à son égard. Les animaux de la pièce étaient en train de dénoncer sa présence, mais ce n’est pas pour autant que Shura comptait faire disparaître son masque de calme. Le regard inquisiteur se promenant dans la pièce, il n’avait rien trouvé de mieux que d’aller s’enfermer dans l’armoire qu’il avait lui-même ouverte précédemment pour y fouiller. Pour le moment, se cacher était la meilleure solution et sous le lit, ce n’était pas le cas puisque la chienne pourrait très bien lui imposer son museau pour le renifler. Il avait ignoré cette dernière malgré ses aboiements, entrant dans l’armoire en refermant la porte derrière lui. De justesse car au moment-même où il avait refermé la porte, celle de la chambre s’était ouverte. Il pouvait enfin voir le propriétaire… ou la, il ne sait plus trop à ce stade. Sa tenue était vraiment dérangeante, mais ce n’est pas pour autant qu’il se montrait bruyant enfermé parmi les manteaux et autres vestes.

Il hésitait, la lecture du dossier à son nom le démanger, mais il n’était pas sûr que cela soit très discret. Alors il se terrait un maximum contre le fond de l’armoire, s’accroupissant en silence. Il allait faire avec le peu de lumière à sa disposition pour constater lui-même ce qu’il savait déjà à son sujet. Kochtcheï avait laissé la fenêtre ouverte. Avec un peu de chance, son hôte pensera qu’il est repartit par-là. Surveillant par de bref coup d’œil les mouvements de cet étrange personnage, il analysait aussi en rabaissant son regard sur les papiers le contenus du dossier. Il était pratiquement vide, tant mieux d’un côté. Cependant, la présence d’un portrait-robot plutôt réussi à son effigie avait donné naissance à quelques inquiétudes de sa part. Ainsi donc, il savait à quoi il ressemblait tout comme son nom d’emprunt et son addiction pour le café noir à en juger par les petites anecdotes à côté du dessin. Il pourrait aussi s’en amuser, rajouter quelques petites choses comme par exemple qu’il avait un chat. Tout le monde s’en foutait que Sans était le seul animal autorisé dans son appartement, mais ça serait un échange de bon procédé. Shura avait sorti un stylo en silence, taisant sa respiration et le bruit de la bille frottant le papier pour ajouter ce détail sous la mention du café. Le voleur avait attrapé son portable, vérifiant bien que ce dernier était en silencieux pour prendre quelques photos. Il n’était pas photographe, donc la qualité n’était pas présente. Mais c’était uniquement pour nourrir son propre ‘’dossier’’ concernant l’habitant. Il avait pris ce dernier en photo à travers l’entrouverture de l’armoire, sous un angle plutôt flatteur pour lui car il dessinait sa silhouette à la perfection, puis le dossier ouvert à ses pieds avant de ranger ledit portable dans sa poche arrière. Il pourrait prendre son arme, mais il n’était pas là pour commettre un homicide, donc il avait laissé Beasty à sa place, refermant le dossier. Il n’avait plus qu’à attendre maintenant que l’autre quitte la pièce pour repartir en surveillant le moindre fait et geste de sa part, ayant ramassé suffisamment d’information ce soir. Il essayait de ne pas rire, ne sachant pas si ce travesti était amusant, plaisant au regard ou bien gênant. Un peu tout à la fois peut-être.
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Féestaff
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Un regard circulaire dans la pièce te la fait finalement découvrir dénuée de présence humaine. Rien n’était dérangé à première vue, sinon peut-être l’agencement des draps. La chambre était tranquille, plongée dans cette semi-pénombre que rompait seule la lumière de la lampe de chevet que tu avais allumée un peu plus tôt en te levant. Tu refermes avec lenteur la porte dans ton dos, balayant du regard les possibilités qui s’étaient offertes à Kochtchei à ton approche. Fenêtre ouverte, placard fermé - la déduction la plus simple, sans doute, était que ton cambrioleur avait déjà filé. Tu laisses échapper quelque chose proche d’un soupir - étais-tu déçu, las ou rassuré ? Tu l’ignores toi-même. Mary te regarde, silencieuse, de toute évidence trop préoccupée par le fait d’obéir à ton ordre pour relever quoi que ce soit d’utile. Dans le vivarium, ta dernière acquisition enroulait et déroulait ses anneaux autour d’une branche factice, énervée sans doute par une présence impromptue. D’un bon pas, tu rejoins l’ouverture béante et en ferme vitres et volets non sans un regard suspicieux à l’extérieur, sait-on jamais qu’il s’y trouve quoi que ce soit lié à la fuite de ton adversaire. Désormais close, le souffle du vent s’était éteint, le silence de la pièce en devenait bien plus pesant et refermé - une pression supplémentaire pour un fouineur qui n’aurait pas su se cacher.
Tu fais quelques pas dans la pièce que tu penses une première fois à quitter, mais ta curiosité se laisse piquer par quelques détails. La porte de l’armoire semble à peine entrebâillée, et tu étais certain que ce n’était pas ainsi que tu l’avais laissée. Kochtchei avait pu se contenter d’en fouiller le contenu, mais bien sûr il existait une solution alternative, et le museau de Mary y était désormais résolument tourné, étayant cette thèse dans toute sa stupidité. Tu détournes aussitôt le regard comme par réflexe, pensif. Tu es presque certain qu’il est là. Le silence te fait comme ressentir sa présence et sa respiration - c’est difficile à dire. Le doute subsiste toujours, mais la potentialité t’excite. Cet imbécile s’était peut-être bel et bien enfermé dans ton armoire, et tu l’avais à ta merci..!

Tu ne peux pas t’empêcher un petit sourire amusé et te décides finalement à t’attarder dans les parages. Pourquoi tu ne lui mettrais pas un petit peu la pression ? Tu hésitais néanmoins à le sortir de là toi-même. Cela signerait sans doute la fin de cette nuit, un peu trop courte en conséquence. S’enfuirait-il comme la précédente, ou affronterait-il ton regard cette fois ? Tu avais su lui extorquer une phrase, peut-être cette fois-ci obtiendrais-tu un peu plus. Si tu lui faisais croire que cette pièce était sans issue… Un peu de poussière suffirait. Oh, cette idée te plait beaucoup, tu peines à cacher ton contentement, rompant le silence en sifflotant - c’est la valse sentimentale de Tchaikovski que tu entonnes. Tu avances jusqu’au vivarium d’un pas net et en soulève le couvercle, t’emparant délicatement du reptile. Il était globalement inoffensif, non pas que tu t’arrêtes sincèrement à ce détail mais c’était plus aisé à se procurer. Tu le poses le long de tes épaules dénudées, parachevant ainsi ton allure de vipère. Quelques pas, tu t’assieds - du moins, tu l’aurais voulu, mais cela t’arrache aussitôt une fausse note et te fais taire d’un seul élan, dans un sursaut s’apparentant presque à un puissant frisson. Tu te figes le temps d’enregistrer l’information, réalisant à peine. Les draps étaient piégés. Ce… Ce coquin avait piégé tes draps ! C’était la meilleure, vraiment tu n’aurais pas pu tomber mieux. Tu éclates de rire aussitôt, l’arrière-train un peu endolori mais en somme, c’était une sensation qui ne te déplaisait pas.
Tu en as presque les yeux humides quand tu te retournes pour soulever les draps et constater le traquenard, tu peines à perdre ton sourire. Le serpent sur tes épaules n’a pas apprécié ton rire et est devenu agité soudainement mais cela t’importe peu, Mary s’est remise à aboyer, mi-effrayée mi-enjouée devant toute cette gaieté. « Je suis tombé sur un farceur, n’est-ce pas Mérédith ? » Tu ramasses les clous un à un et les fourres dans ta table de chevet, ce pourrait toujours servir. Tu laisses quelque peu planer le silence ce faisant, ton petit côté maniaque t’incitant à refaire le lit parfaitement. En y repensant, tu aurais dû te douter que celui-ci n’avait pas été froissé sans raison. Tu t’es laissé attraper, mais ce n’était pas déplaisant à l’occasion, il fallait bien lui laisser quelques victoires - la raison même pour laquelle tu le laissais courir librement dans tes couloirs. « Il mériterait bien une petite leçon, qu’en penses-tu ? » Dans la provocation, ta voix en était presque rendue sensuelle, beaucoup trop en tout cas pour que la proposition prenne des allures saines. Tu approches de l’armoire, échappant derechef à son champ de vision, t’appuyant contre la paroie. C’était à présent à peine plus qu’un murmure, et il tonnait assez clairement dans le silence. « Je ne vais tout de même pas orner une de mes étagères avec sa tête, ce serait du déjà-vu. » Tu lui offrais presque l'information, laquelle aurait pu justifier sans doute une arrestation, mais tu étais certain de ne pas risquer grand chose, tout ceci pouvant sans mal passer pour une plaisanterie. Tu avais déployé tes ailes, maintenant pourtant celles-ci dans leur invisibilité, les agitant dans un faible bruissement pour répandre dans l’air de ta poussière de fée. Tu as saisi les deux battants et les as entrouvert davantage, assez pour voir l’entièreté de ton visiteur, pour laisser voir à celui-ci l’intégralité de ton visage, et ton sourire bienveillant en parfait contraste avec tes mots. Tes derniers doutes étaient à présent confirmés, c’est bien là qu’il se cachait. « Que va-t-il faire à présent, Kochtchei, dans cette chambre sans issue ? »
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C’était une mauvaise idée. Son silence était une peine dont il se mordait l’intérieur des joues. Quelle idée aussi de s’enfermer dans l’armoire, ce n’est pas comme s’il allait atterrir comme par magie dans un lieu enchanté loin de ce type bizarre. Shura fermait ses yeux verts, essayait de faire abstraction de l’espace restreint dans lequel il se trouvait. Trop restreint même, mais il ne devait pas bouger, à peine respirer. C’était si oppressant comme situation, il avait la sensation d’étouffer et de manquer d’air tandis que ses doigts se crispaient en silence contre le plancher de ladite armoire. Il ne se sentait pas bien, il avait l’impression que sa peur était en train de prendre le dessus. Ça n’allait pas bien se passer, il n’allait pas se bercer d’illusions, et la pression allait lui faire faire une ânerie. Il préférait tenter d’oublier cette idée noirâtre en se concentrant sur le propriétaire de la maison. Ah non, non-non, il était très bien ce serpent dans son vivarium, ce n’était vraiment pas la peine de … Putain. Le regard à la fois blasé, dégouté et apeuré, toutes ses émotions traduisaient le flot des pensées qui traversaient son esprit. A commencer par une liste non-exhaustive de jurons en voyant que le reptile avait quitté sa cage de verre pour parer les épaules du travestie. Il n’avait aucune idée jusqu’où sa patience pourrait supporter cette pression montante, la démarche de son ‘’hôte’’ le faisant plisser des yeux. A quoi il jouait ? Il essayait de nourrir son espoir en pensant à voix haute, ou l’exact inverse ?  C’était très mal partie. Il avait déglutit, pensant le pour et le contre de dégainer son arme. C’était son atout le plus précieux et il était à porter de main, pourquoi se priver ? L’autre n’avait qu’un serpent autour du cou et une paire de talons hauts.
Cela dit, il y avait un peu de satisfaction dans son énorme peine. L’effet de ses draps piégées n’avait pas été tout à fait celui qu’il espérait – Shura n’avait pas manqué d’arrondir ses yeux en l’entendant rire aux éclats-, mais il était obligé d’admettre qu’il était bien heureux de voir que monsieur madame était tombé dans un panneau aussi simple et bête, digne d’une mauvaise blague d’enfant. Son sourire s’était élargis en voyant ça, mordant sa lèvre inférieur pour retenir ses gloussements. Petit moment détente passé, le voleur avait très vite déchanté en l’entendant de nouveau. Qu’est-ce qu’il devait comprendre exactement ? Après un petit temps de réflexion, il n’était pas sûr de vouloir savoir. Ce qui l’avait ramené à la réalité : il ne savait pas comment sortir de ce guêpier.

Toujours aussi atterré dans son armoire, il s’était acculé dos au fond de cette dernière en ne le voyant plus dans son champ de vision. Seul le bruit des talons raisonnés dans la pièce et la phrase qu’il avait prononcé le fit blanchir d’effroi. Il souhaiterait que sa tête reste sur son épaule, si ce n’est pas trop demandé bien sûr. C’était le signal d’alarme de sa conscience. Le moment où l’idée de dégainer son arme, quand bien même il s’était juré de la garder pour une seule personne, lui traversait l’esprit. Il semblait à un enfant terrorisé et tapit dans le noir, très loin de son calme habituel. Oh bien sûr, Kochtcheï gardait le faciès de l’impassible, mais son regard remplit d’effrois et d’inquiétudes contrasté tellement celui-ci qu’il avait perdu en efficacité. Sa main droite était venue se poser sur le pommeau de son arme, l’empoignant délicatement et sans un bruit tandis que la gauche refermait le dossier. Chapitre clôt pour cette nuit, la situation était bien trop alarmante pour se permettre de rester. Ses yeux lui piquaient, victime de nouveau de cette poussière au fur et à mesure qu’il en inhalait involontaire par le biais de l’air qu’il ingérait pour assurer le bon fonctionnement de ses poumons. Pas encore ! Pas maintenant … La main qui lui avait servi à refermer le dossier était venu sur poser sur son visage, se massant les yeux pour dissiper cette soudaine somnolence inexpliquée. Il pouvait le bousculer, et partir. Ouvrir la porte de l’armoire et détaler telle une fusée.

Pas de sursaut, pas d’excès de réaction en voyant cette porte s’entrouvrir d’avantage. Quelque part, il s’en doutait. Cela ressemblait beaucoup au final de son dernier passage. A une différence près, c’est qu’il n’était pas devant la porte tant désirée par son avidité. Il ne lui fera pas le plaisir de céder à plaisanterie macabre ni même à la crainte qu’il nourrissait. Il refusait de lui donner la victoire pour cette manche grotesque où Shura s’était donné lui-même un sacré handicape. La faute à une lecture trop désireuse. « Y a toujours une issue » annonça-t-il calmement dans sa confusion, dirigeant son regard vers l’emplacement de la fenêtre. Elle n’était plus là ? Hein !? Mais il l’avait passé il n’y a même pas cinq minutes. C’était de sa faute ! Comme le coup du placard à balais, sauf que cette fois, c’était bien trop gros comme mensonge pour que cela passe. II s’était reculé dans le fond de l’armoire par reflex, la main posée sur le dossier et ses yeux verts fusillant du regard le drag queen. Ses esprits étaient embrumés par les effets de cette drogue hallucinogène bizarre, mais cette fois-ci, il n’avait pas trop le choix. S’il voulait obtenir une issue sans avoir à lui tirer une balle dans le genoux, il allait devoir l’affronter visuellement et surtout oralement. « Je suppose que si je te demande gentiment de me laisser partir, avec potentiellement un “s’il te plait”, tu ne vas pas vouloir ? ». Sous-entendu qu’il ne savait pas quoi faire en effet pour s’en sortir, et qu’hormis le plaquer au sol tel un quater back ou l’assommer, il n’avait pas beaucoup de choix qui s’offraient à lui. « Je compte pas implorer ta pitié, je te préviens tout de suite ». Shooté à la poudre de fée, mais pas encore tout à fait dénué de résistance. Le métamorphe pourrait se transformer pour s’échapper, mais pour aller où ? Ce n’est pas cette malédiction qui va l’aider à trouver une issue dans une pièce trop petite pour le contenir. Au contraire, ça ne fera qu’amplifier sa claustrophobie en vue de la place qu’il prendrait.
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Enfin, le moment tant attendu - du moins, l’un des moments que tu avais attendu: le face à face avec ton étrange cambrioleur. Tu t’étais écarté à peine, laissant la lumière de la lampe de chevet le baigner assez pour te permettre de mieux le voir. Une tignasse noire en bordel humidifiée par la sueur, le teint trop pâle pour signifier une bonne santé - en fait, ton expertise devinait sans mal le malaise, mais tu n’avais pas grand chose à faire de cette information. Ce que tu voyais plutôt, et qui avait échappé à ta vigilance jusque là, c’était le flingue. Il ne l’avait pas pointé sur toi, mais tu te doutais qu’il ne l’avait pas pris en main pour tuer le chien. Ce n’était pas n’importe quel curieux - c’était un curieux potentiellement dangereux. Tu n’avais pas vraiment pris cette information en considération, mais tu le faisais à présent, le visage un peu plus grave.
Tu n’avais pas peur, pas plus de l’homme que de son arme, il faut dire que ta relation à la souffrance et à la mort avait toujours été un peu particulière. Mais tu ne pouvais pas non plus l’encourager - d’autant qu’à l’état de ton visiteur, tu devinais sans mal qu’il n’était pas à l’apogée de sa santé mentale. Que ce soit ta présence, l’enfermement, la pression constante, peu importe: dans son état actuel, on avait la gâchette plus facile. De l’angoisse. Toutes les plaisanteries du monde n’y auraient rien fait, et ta poussière de fée n’avait rien fait pour arranger le tableau. Te doutais-tu seulement que tu venais de boucler un claustrophobe dans une pièce sans porte ni fenêtre ? Non bien sûr. Mais devant cela, tout ce qui venait dans ton esprit vagabond et malade, c’est que l’angoisse devait être un sentiment délicieux. Tu le dévisageais avec comme une certaine envie, traduisant ses symptômes, son agitation. Ta curiosité te dévorait comme tu le dévorais à distance, en te mordant la lèvre, en le toisant avec insistance. Tu aimerais ça. L’impression de te sentir vidé de ton sang, de perdre tes repères et tes sens, de t’étourdir, et trembler hors de ton propre contrôle. Le corps qui avait l’air de vouloir crever, de s’autodétruire alors qu’il ne faisait face à aucun danger immédiat. L’agitation dans le calme plat. Passionnant.

Les mots de ton hôte t’arrachent à ta rêverie malsaine, tu papillonnes des yeux en tâchant de te concentrer sur ses mots. Il semblait s’être repris, la drogue y était peut-être pour quelque chose. Tu n’en savais rien, tu préférais l’expérimenter sur les morts plutôt que les vivants - avec eux, tu te contentais de jouer la suggestion pour te tirer des situations délicates. Et vu comme celle-ci risquait de tourner, tu te demandais s’il ne te faudrait pas te faire passer pour sa mère pour lui éviter de te canarder. Enfin, pour l’instant, tu n’étais clairement pas celui qui se sentait le plus en danger. Ses mots te surprennent, et t’amusent tout à la fois. Tu ouvres complètement les parois de l’armoire et le saisis par le col sans violence pour l’en sortir une bonne fois pour toute, pour qu’il cesse d’écraser et froisser tes affaires, et tu t’en détournes pour arranger les pans de quelques vêtements. « Pourquoi pas ? Si tu me le demandais poliment, cela me surprendrait peut-être assez pour que j’y consente. » Tu as refermé l’armoire et tu l’as regardé gravement un instant. Tu ne comptais pas le tuer, en tout cas pas ce soir. Il était trop tôt, et il t’amusait assez, mais tu commençais à envisager le pire. Il était rendu si proche de la limite, il commençait à en savoir un peu trop. Et pour être franc, ça t’emmerdait pas mal de devoir penser à le tuer. Il fallait que tu lui expliques.
Tu l’as regardé de haut en bas d’un air contrit, un peu chagriné qu’il t’ait si mal cerné. Il te prenait sans doute pour un fou dangereux, mais tu ne pensais pas sincèrement l’être. Tu n’étais pas cruel Basil, tu étais plus ou moins un gars comme tout le monde, aussi faux que ça puisse paraître. « Je ne compte pas te faire implorer. Je ne trouve pas ça particulièrement amusant. Je vais plutôt profiter de t’avoir finalement sous la main sans que tu puisses t’échapper pour te mettre en garde, Kochtchei. » Comme ça devait être comique, de se trouver face à une fausse femme, face à son regard sérieux, face à ses menaces, et devoir les prendre au sérieux. T’as eu une petite risette en pensant à la situation, et tu as ajouté, avec un brin d’amusement: « A ce propos, je ne suis pas armé. Tu n’aurais aucun mal à me descendre, mais vraiment ce serait une fin affligeante. Tu t’es introduit chez moi pour satisfaire ta curiosité, évite de te mettre du sang sur les mains. » D’autant que tu avais une famille beaucoup plus revancharde que toi, et une soeur que même le Premier Ministre n’aurait pas voulu se mettre à dos tant elle était hargneuse. Vraiment en toute bonne foi, ce n’était pas dans son intérêt de t'attaquer.
Tu avais croisé les bras pour te donner de la consistance, tu restais à une bonne distance, t’avais pas envie qu’il fasse n’importe quoi. Et puis, t’as commencé ton avertissement, avec une certaine légèreté, qui devait rendre formidablement pour quelqu’un de défoncé à la poudre de fée. « J’imagine que tu as déjà entendu parler de Charles Perrault. Connais-tu le conte de Barbe Bleue ? » Tu t’empresses d’ajouter - « C’est une métaphore, de toute évidence. Je n’ai pas la barbe bleue, et je n’ai assassiné aucune de mes épouses, d’ailleurs je n’en ai jamais eu. » - « Ouvrez tout, allez partout, mais pour ce petit cabinet, dit-il à sa nouvelle femme, je vous défends d’y entrer, et je vous le défends de telle sorte, que s’il vous arrive de l’ouvrir il n’y a rien que vous ne deviez attendre de ma colère. Et bien, Kochtchei, la curiosité est une qualité utile mais un dangereux défaut. J’ignore ce que tu espères trouver, mais j’espère pour toi que tu n’auras pas à le regretter. » Et achevant ces mots, tu étais allé jusqu’à la porte de ta chambre pour l’ouvrir, l’invitant à sortir, quand bien même il devait peut-être ne pas le voir. « Maintenant dégage, veux-tu ? » Tu avais conclu d’une voix ferme, mais toute pleine de regret, à l’idée de perdre un de tes petits jouets.
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basil & shura

Il ne devait pas se laisser abattre, c’est ainsi qu’il pensait. C’était purement de sa faute, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même d’être tombé dans un piège aussi stupide. Il pestait contre lui-même, reconnaissant ainsi sa faute silencieusement. Ses doigts resserraient le pommeau de Beasty, la tentation de tirer se faisait de plus en plus forte. Ça n’arrangerait rien, Shura était dans le tort depuis le premier jour où il s’amusait à se promener dans cette maison. Est-ce qu’il prêtait attention à la façon dont il le regardait ? Il aurait dû oui, mais il était trop préoccupé par sa peur. C’était quelque chose à le rendre fou, seuls les regrets le faisaient tenir encore en place. C’est d’ailleurs eux-aussi qui préservait cet étrange personnage d’une potentielle balle dans l’abdomen. Ses mains tremblaient, la faute à ses nerfs qui étaient en train de lâcher et qu’il contenait du mieux qu’il pouvait. Le voleur lui répondait, il n’avait que ça à faire le temps de trouver l’issus. C’est ce qui l’avait fait extirper de ses pensées, de leurs pensées même ! Shura avait eu une grimace de dégout et de frustration lorsqu’il l’avait attrapé par son col pour le sortir de là-dedans. S’écarter lui aurait suffis, mais ce n’était clairement pas le moment pour lui faire remarquer. Alors, il essayait de ne pas le brusquer –essayer, on entend bien- en sortant de sa prison. Une fois debout, il n’avait pas ménagé de virer sa main avec le geste d’une baffe, s’éloignant de lui au plus vite dans une pièce sans issue avec un serpent et une chienne. Quoi que, vu la tenue de l’autre, il se demandait si ce n’était pas ladite chienne qui était moins… Il avait retenu ses pensées, faisant le tour de la pièce comme un chat fou pour trouver une issue, aussi invisible qu’elle soit. Ses doigts longées les murs, espérant que les illusions n’altéraient pas la sensation du toucher.
« Attend que je consente à te dire s’il te plait alors, je vais plutôt écouter ce que tu as à me dire ». Il avait retiré sa main lorsqu’il sentit un courant d’air émané d’un mur. Un premier indice, ne regardant pas une seule fois son hôte. Où son prêcheur, à voir. Kochtcheï s’était retenu de dire qu’il ne se souvenait pas connaître ce conte, l’autre étant trop bien lancé dans son récit pour l’interrompre. Et même si cela sonnait comme une mise en garde, le brun avait laissé sa tête partir légèrement en arrière, le sourire moqueur parant ses lèvres. Encore une fois, il ne dit rien. Il préférait accepter l’invitation vers la porte de sortie plutôt que de s’amuser à écouter un conte pour bonne femme. Sa main continuait de longer le mur, lui permettant ainsi de repérer la sortie. « J’accepte l’invitation, ce n’est pas tout le monde qui a un placard à balais verrouillé à clé. Bonne fin de soirée, diva ». Son accent donnait une impulsion grave à ce surnom coquet, mais c’était l’effet espéré. Il n’avait pas attendu plus, préférant filer tant que l’occasion se présente à bras ouvert. A la nuit prochaine.

***
(six jours plus tard)

Cette fois-ci, il ne lui laissera pas le temps de jouer. Shura était beaucoup moins choqué, mais les images de son hôte en jupe et collant lui trottaient encore dans l’esprit au même rythme que sa mise en garde. Ainsi, sans le vouloir, il avait confirmé ses doutes. Il cachait bel et bien quelque chose dans son “placard à balais” que le voleur avait hâte de découvrir. En même temps, quelle idée de titiller son envie avec des menaces tout droit sorties d’un livre de contes. C’était son objectif premier ce soir. Il ne perdra pas de temps en détour inutile. Il avait suffisamment attendu, préparant son matériel avec minutie sans oublier de cramponner son revolver à sa ceinture. Il ne lui avait pas été d’une grande utilité la dernière fois, surtout à cause du fait qu’il ne tenait pas plus que ça à s’en servir. Expliquer à la police sa présence dans cette maison serait déjà suffisamment compliqué pour avoir, en plus, à donner un justificatif quant à son port d’armes. Il devrait se renseigner là-dessus d’ailleurs, en matière de législation, s’il avait besoin d’un permis spécifique ou quelque chose comme ça. Après tout, des papiers à imiter, ça ne serait pas une première pour lui. Il soufflait un bon coup, prenait le temps de respirer ce soir. Il savait.
Shura savait pertinemment dans quoi il était en train de s’enfoncer. Dans des emmerdes pas possibles, dans quelques choses dont il devrait se détourner plutôt que de foncer tête baissée dedans. Mais il avait besoin de savoir. Il voulait sa dose d’adrénaline, cette drogue si étrange dont il n’arrive pas à se défaire comme pour ses semblables. Ce soir, il allait peut-être tomber sur quelque chose qui allait le dégouter suffisamment pour qu’il n’y retourne plus. Pour autant, ce n’était pas comme s’il était invité à un dernier repas entre amis avant le grand départ. D’où le fait qu’il n’avait rien emmené de spécial hormis son jeu de clés, sa lampe torche et ce qu’il lui fallait pour ses cigarettes. Pas de métamorphose non plus ce soir, seulement quand il devra fuir. Alors il prenait le temps de savourer son bâtonnet de nicotine le long de la route jusqu’à West End, s’arrêtant au bout de la rue pour jeter son mégot par terre. Il trottinait en toute prudence dans le jardin, entrant par la porte d’entrée cette fois-ci. Après tout, il n’avait pas fait usage de son double de clés, c’était l’occasion. Il était passé devant un stylo et des post-it, comme s’il avait prévu le coup. Ou bien était-ce ce qui restait en note de la nuit précédente ? Il allait prendre les devants et commencer cette fois-ci, notant sur un morceau de papier « Pas de talons-hauts ce soir ? » en n’entendant pas les pas du propriétaire.

Regardant brièvement vers le haut de l’escalier, il n’y avait pas un chat. Alors il était monté avec prudence pour accrocher son mot à hauteur de la première marche, pour qu’il puisse ainsi tomber dessus dès que l’idée de descendre lui viendrait à l’esprit. Il s’était laissé glisser sur la rambarde pour redescendre, allant directement à la porte verrouillée pour jouer avec la serrure. L’oreille plaquée sur le bois de la porte à sonder le moindre bruit ou cliquetis en quête d’indice quant à l’avancer de son crochetage, la porte avait fini par émettre un discret bruit de déverrouillage. Enfin ! Kochtcheï avait poussé la porte, surprit par un escalier descendant. Ainsi, il y avait un étage inférieur ? Ça puait cette histoire. Il avait entre-fermé la porte derrière lui, allumant sa lampe-torche pour savoir où ces marches menaient.
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Tu parlais, tu parlais, et sans le quitter des yeux – tu l’avais vu tourner en rond comme un lion en cage, tâtonnant en quête d’une issue. Il ne perdait pas le nord, enfin façon de parler, parce que fou, il l’était presque. L’enfermement lui montait au crâne, et tu avais fini par le remarquer. Mais tu t’en moquais bien sûr. Tu disais ce que tu avais à dire, tu t’assurais qu’il l’entende, et qu’il ne prendrait pas la fuite avant que tu n’aies terminé. Il t’avait répondu, avec un peu d’insolence. Cela ne te faisait ni chaud ni froid, quant à attendre un s’il te plait, tu n’étais pas tout à fait le genre à insister par fierté. Tu voulais le faire dégager avant qu’il ne fasse une connerie qu’il regretterait, donc en fin de compte, tu agissais complètement dans son intérêt à lui. Et bien sûr, il ne voyait pas de gentillesse là-dedans, alors il provoquait, pour essuyer peut-être comme un sentiment d’humiliation. Pourtant, ce diva, il t’avait presque fait sourire, d’un sourire contrarié, parce que tu savais très bien ce qui l’attendait s’il ne prenait pas au sérieux ta mise en garde. Et tu l’avais suivi des yeux avec un regard d’adieu pendant qu’il se volatilisait, pour la dernière fois peut-être.

***

Il n’avait pas reparu, pourtant six jours avaient passé. C’était la première fois que Kochtcheï mettait une telle distance entre ses intrusions chez toi, tant et si bien que tu avais fini par te convaincre qu’il ne reviendrait jamais. C’était tant mieux quelque part, il vivrait plus longtemps, et s’il était un peu sage il t'effacerait de sa vie. Puisque tu n’avais pas reçu la visite des autorités, tu en avais déduit simplement que tu étais sorti d’affaire et que tu n’avais plus à t’en préoccuper. Et c’était tant mieux. Pourtant, c’est bête hein ? Mais tu te sentais déçu. Un sentiment étrange, que tu n’expérimentais que rarement. Déçu, parce que ces nuits à le pourchasser et à le taquiner te manquaient bien un peu, et que tu n’aurais pas été contre en vivre une supplémentaire. Tu avais presque été tenté, à un moment, de lui envoyer une invitation, pour le plaisir de la provocation. Mais tu t’étais résigné, parce que ton envie de laisser en vie quelqu’un de potentiellement intéressant dans ce monde de têtes oubliables était plus forte encore. Il avait su te divertir et c’était déjà beaucoup, la plupart des gens que tu croisais en étaient incapables, après tout.

Tu avais finalement repris tes anciennes habitudes, sans plus te soucier de sa visite. Tu y renonçais comme à un ex, avec un peu d’amertume et en tâchant de l’oublier. Tu avais une vie si pleine, tu n’avais pas eu plus de mal que cela à l’effacer au profit d’autres préoccupations au moins aussi passionnantes. Cette nuit-là, tu avais décidé de la veiller – mais ce n’était pas pour lui, plus désormais. Cela te manquait, pour être honnête, les nuits blanches en solitaire, avec ta chienne pour toute compagnie. Tes expériences aussi. Tu les mettais au profit des Dux Tenebris, plus ou moins officiellement, mais rester en tête à tête avec tes morts sans avoir de compte à rendre, c'est là dedans que tu avais commencé. Tu avais emporté du cimetière un petit nouveau encore frais, il n’était pas si tard même si la nuit était déjà tombée. Tu l’avais mis dans une housse mortuaire, ce vieil homme qu’une crise cardiaque avait emporté. Arraché à son cercueil à peine scellé - tu avais été chargé toi-même de le mettre en terre. Tu avais prêté l’oreille à tout ce que la famille éplorée avait pu t’en apprendre, et ça t’avait donné envie de l’étudier. Tu avais cette sale manie, il faut dire, de préférer les morts avec une identité.
Tu l’avais descendu au sous-sol par cette fameuse porte dont tu étais seul possesseur de la clé. Trois quart de tour à peine. Il faut bien le dire, ce n’était qu’une modeste porte et la serrure était toute aussi modeste. Tu n’avais pas vraiment cherché à la sécuriser, il t’importait peu de camoufler l’entrée ou d’assurer le coup avec un digicode ou quoi que ce soit d’autre. Ce n’était qu’une porte, en bois, et pas forcément très bien isolée non plus. Juste que tu l’avais gardée pour toi, et que tu en avais planqué la clé. Et tu étais descendu après l’avoir refermée, encore qu’il t’arrivait parfois de ne pas la verrouiller lorsque tu étais en bas. A quoi bon puisque tu t’y trouvais. Tu as dévalé les escaliers, Mary sur les talons, le mort enveloppé dans les bras comme une princesse. Depuis combien de jours ne t’étais-tu pas amusé à l’abri des regards ? Dans les locaux des Dux Tenebris, tu avais toujours Eve sur le dos, et même si tu la tolérais plutôt bien, cette ambiance solitaire et nocturne te faisait toujours un petit effet.

Le sous-sol était assez large, mais aménagé de telle sorte qu’il ressemblait à un studio complet. Des bibliothèques, des étagères, tables chaises et fauteuil - en fait tu t’y réfugiais parfois, et tu y entassais tout ce que tu préférais que l’on ne retrouve pas. Tes bouquins de biologie, c’est là que tu les rangeais, entre deux vitrines présentant des prélèvements humains. Toutes ces choses que l’on envisage dans les histoires d’horreur, tu sais ? Des photographies, des spécimens étranges, des os, des yeux, des malformations, un foetus même que tu avais toi même prélevé sur le corps d’une femme enceinte et décédée. Des encyclopédies, en dix ou vingt tomes et parfaitement ordonnées. Et, dans un large coin de pièce, derrière un rideau que tu ne prenais pas la peine de tirer - un table vernie et creusée sur les bords, dont on devine sans trop de mal l’utilité. Tu t’en servais comme table d’opération, les rigoles tout autour ne servant jamais qu’à drainer les écoulements de sang pour ne pas que ceux-ci tâchent le parquet, et qui, à la façon d’une gouttière, s’évidaient dans un seau en acier.
C’est là que tu as déposé ton homme, et tu as ouvert largement la housse avant de l’en tirer. Tu l’as mis à nu avec milles précautions, déposant ses affaires en une pile propre et nette sur une chaise qui trainait là. Tu opérais debout, et d’ailleurs tu t’empressas d’enfiler une blouse, des gants et un masque de chirurgie, car il était si frais que tu risquais à la première erreur de manipulation de te couvrir de sang, et que tu ne voulais risquer de tâcher ton complet olive. Tout ce matériel, des bistouris aux marteaux, aux curettes, aux ciseaux, aux scies et toutes ces autres choses, cela faisait depuis Londres que tu les trainais vec toi. Et tu papotais avec Maurice pendant ce temps, comme un dentiste faisant la conversation à un patient qui était de toute façon dans l’incapacité de répondre. Et tu t’es mis à t’amuser, comme un gosse devant un jeu Docteur Maboul, et ce des heures durant.

Tu avais perdu la notion du temps. Le jour aurait pu se lever que tu n’en aurais rien su, s’il l’on faisait exception de l’horloge de grand-mère tiquetoquant un peu plus loin, à laquelle tu ne prêtais pas le moins du monde attention. Maurice était tout ouvert à présent, du manubrium au sacrum, dépioté comme un roti qu’on aurait omis de vider. Tu grattais l’os pour en juger la couleur, puis tu tiraillais sur un nerf pour voir l’un de ses membres bouger. Tu avais étiré tes ailes d’ailleurs, le sol était couvert d’une pellicule de poussière de fée. Tu avais des notes délaissées plus loin, mais brèves et éparses car tu le voulais prendre le risque de les tâcher. C’est là que quelque chose t’a tiré de ton tête à tête. Que tu t’es vu relever la tienne. Du sous-sol, c’était toujours délicat d’entendre quoi que ce soit provenir de l’étage, mais il t’avait semblé percevoir quelque chose comme des bruits de pas. Tu t’es immobilisé, l’oreille aux aguets, l’oeil rivé en direction de l’entrée de ton repaire - mais rien à faire, tu n’entendais plus rien. Jusqu’à ce bruit familier. Les pas dans l’escalier. Des pas lents un peu trop prudents. Il  était là.
Tu as attendu de t'en assurer, déposant en silence la pince que tu maniais sur le rebord de la table, réalisant à peine ce qui se produisait. Il avait bien choisi son moment. Mais en fait, c'est marrant, tu te sentais carrément euphorique. T'étais heureux et t'en revenais pas qu'il soit aussi con. T'es resté béat derrière ton masque que t'as retiré délicatement, t'as porté ta main à ton front et un peu à tes cheveux, les tâchant de sang mais tu n'y pensais plus. T'avais envie de rire, parce que t'avais pas encore réalisé... T'avais pas encore réalisé que ce soir tu allais devoir le tuer.
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C’était comme entrer dans une nouvelle maison, un nouveau monde. Mais avec un soupçon d’angoisse en plus. Encore des murs, sans fenêtres cette fois-ci. Ces escaliers, il les sentait comme une descente en Enfers. S’il tolérait être dans une pièce, c’était uniquement grâce à la présence des fenêtres qui assuraient le contact avec l’extérieur. Là, il n’y avait rien. Rien du tout. Pas une once de lumières lunaires, seulement de l’obscurité et sa lampe-torche en guise d’unique faisceau. Cependant, sa détermination prenait le dessus. Il voulait savoir le fin mot de l’histoire. Lui qui avait pris le temps de lui expliquer par le biais d’un conte, pouvait-il comprendre l’amertume d’une histoire inachevée ? Venir dans cette maison, c’était un peu une aventure pour se maintenir en haleine. Ce n’est pas tous les jours qu’il croise des maisons ainsi où on l’accueillait limite. Il en était devenu addict’ et ça allait causer sa perte. Mais Shura sentait qu’il touchait au but. Ses pas étaient de velours dans les escaliers, et son nez détectait une odeur plutôt désagréable. Cela le mettait en alerte et voir qu’une pièce en sous-sol aussi bien meublée ne faisait que l’encourager à en savoir plus. Kochtcheï avait fini de descendre les escaliers, la luminescence de sa lampe croisant la route des livres et des meubles. Son dégout avait été relevé quand cette dernière se mit à éclairer le contenu des étagères. Des bocaux avec divers morceaux de corps humains, divers et variés. Il avait dû faire un arrêt et prendre appuie sur ses genoux, sentant qu’un haut-le-cœur commençait à se manifester. Non, il ne se faisait pas de films. Il savait très bien que c’était monnaie courante. Mais contrairement à Resident Evil, c’était bien réel et cette même réalité lui avait donné une bonne mandale.
Le lien entre les dossiers, le crâne dans la chambre et maintenant ça se faisait tout naturellement. Le voleur s’était redressé, reprenant contenance. C’était … Dégoutant. Il avait l’impression d’avoir atterrit dans les sous-sols d’un scientifique fou. Qu’est-ce qu’il en faisait une fois qu’il avait fini de les dépouiller ainsi, il les remettait en terre ? A ce stade, il ne serait même pas étonné qu’il les coule à l’abandon au fond d’un lac ou de la mare de son jardin. Il ne savait pas si ça l’énervait, s’il devait faire quelque chose ou bien, le laisser continuer et fermer les yeux là-dessus. Au moins, on avait la décence de foutre la paix aux morts chez les mafieux. Quoi que …

Kochtcheï ne devait pas rester là, il n’était pas tout seul. En tendant l’oreille, il avait entendu le dépôt de la pince sur la table d’opération. Il avait tout intérêt à filer avant qu’il ne sorte de son bloc d’opération de fortune. Mais malgré tout, même réflex que la dernière fois. Il avait dégainé son appareil photo pour immortaliser les étagères et ses macabres trophées. Que le docteur maboul ne se méprenne pas, c’est uniquement pour raisons personnelles. Pour voir les photos et ainsi, se détourner de l’envie d’y retourner à l’avenir. Des photos qui avaient la consonance d’un succès quelque part même si un fœtus en bocal, ce n’est pas ce qu’il y a de plus sexy. Une fois ses précautions prises, il avait remis son portable dans sa poche et il avait éteins la lumière. Mais il le voulait lui, en plein dépouillage. Ça serait irréfutable et une excellente contrepartie pour marchander sa survie. Shura était pris aux dépourvus, il ne s’attendait pas vraiment à trouver ça. On le menaçait en temps normal pour de l’argent, une femme à ne pas prendre ou bien une œuvre d’art, mais des morceaux de macchabée…. C’était une première pour lui ! Regrettable première d’ailleurs. Il faisait attention, plaquant son dos contre l’une des étagères. Les escaliers n’étaient pas loin, il pouvait toujours tenter de remonter et filer fissa. Pause, temps mort, il avait besoin de retrouver ses esprits. L’odeur, il avait dorénavant un nom à lui mettre dessus. C’était celle du sang, de la mort. Rien que d’y repenser l’encourageait à tracer sa route. Il s’en mordait la lèvre inférieure. C’était exactement pour ça qu’il détestait ne pas savoir s’arrêter quand il le fallait, pour plonger la tête la première dans ce genre de situations. Ce n’était pas une partie où, une fois le game over sur l’écran, il pouvait retenter plus tard. Il n’allait pas réapparaître devant la porte si jamais il se décidait à le tuer.

Il voulait effacer ce qu’il avait vu de sa mémoire et s’en aller. Ce n’était pas à lui de faire justice, ni de décider si les actions de cet individu étrange étaient justes ou non. Il avait envie de distribuer des claques, autant à lui qu’à l’autre. Finalement, dans un soupir discret et étouffer, il avait redressé la tête pour qu’elle prend appuie sur le meuble derrière lui. Même le plafond faisait si austère. C’était une passion comme une autre, ça ne tuait personne ! Ils étaient déjà morts, ils s’en foutaient. Ainsi, il essayait de relativiser et il n’était pas encore suffisamment compatissant pour vouloir tenir au courant les familles en échange de sa propre vie. Du coup, Shura avait fini par décoller son dos de son point d’appuis, regardant brièvement ce qu’il pouvait entrevoir du lieu d’occultation. De la poussière … Dorée ? Oh merde, il avait presque envie de rire tant l’image de Clochette de Peter Pan en train de découper un cadavre le faisait rire jaune. C’est bizarre comme situation quand même, à la fois creepy et féérique. Autant la fuir. Il était repartit dans les escaliers, cette fois-ci pour les remonter. Il ne voulait pas s’attarder plus ici, il avait vu ce qu’il voulait voir.
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Tu trempais toujours dans un bain d’euphorie, ta poitrine tressautait à force de contenir une envie d’éclater de rire, et une fois tes outils déposés, tu t’es écarté de ta table d’opération d’un pas ou deux. Jouer avec les morts, c’était ta passion, et pourtant là, Maurice, n’arrivait pas à la cheville de ton invité. Ton cher Kochtchei arrivait à t’amuser si fort que tu en délaissais tout ce que tu avais commencé. Les morts pouvaient attendre, mais cet homme-là bien moins. Et lorsque tu as vu son visage se pencher pour t’apercevoir, lorsque tu as lu l’horreur dans ses traits, tu as compris qu’il n’y avait plus de temps à perdre. Tes livres et tes bocaux passaient encore, mais le flagrant délit c’était autre chose, et tu t’étais figé dans l’ultime espoir qu’il ne te remarque pas. A présent, c’était trop tard pour lui, il s’était condamné lui-même avec sa vilaine curiosité. Toi, tu n’étais pas pressé le moins du monde, tu avais la nuit devant toi, la vie entière, même. Le plus détendu du monde, car ce n’est pas toi qui t’étais fourré dans de beaux draps. Mais lui, de toute évidence, n’avait qu’une hâte - mettre un pays ou deux entre lui et toi.
Tu as eu un petit choc en réalisant qu’il essayait de s’échapper, ou plutôt une sorte de rappel foudroyant. Parce que tu le prenais comme un jeu depuis le début, que tu cherchais l’amusement, que tu ne voyais rien de si terrible dans tes activités. Pour toi, tu allais simplement lui dire « félicitation, tu m’as attrapé », et vous mettriez fin à la partie pour jouer à autre chose. Mais là, tu réalisais que c’était un petit peu plus grave que ça. Qu’il n’y avait pas intérêt à ce que ça se sache. Que t’étais pas mal dans la merde s’il y avait une descente de flics chez toi. T’as laissé tomber ton masque à terre sans y penser et tu t’es aussitôt précipité à sa suite - tu as volé jusqu’à lui pour aller un peu plus vite, de toute façon tu t’en fichais, vu qu’il en savait déjà un petit peu trop pour continuer à vivre. Le bougre en était déjà aux escaliers, il avait la mort aux trousses, il le savait. Il allait de marche en marche comme si sa vie en dépendait, et toi, tu lui as saisi la cheville pour le faire dégringoler tout en bas. Il était hors de question de le laisser quitter ce sous-sol, autant dire adieu à la lumière du soleil parce qu’il en était à sa dernière scène. « Tu nous quittes si tôt ? » Tu l’as poussé avec force, avec tout ton poids, tu t’es interposé, tu as tout fait qu’il ne s’enfuit pas. Tu l’as un peu tâché de sang bien malgré toi d’ailleurs, et puis tu t’es un peu écarté, et tu t’es tenu là, debout sur une marche, les bras ouverts pour l'empêcher de passer, et tu l’as regardé.

Il y eut un silence, au moins de ta part, pendant lequel ton visage s’est imprégné de colère. Une colère sans haine, bien au contraire, c’était de ces colères comme lorsqu’une mère s’emporte contre son enfant après que celui-ci se soit mis en danger. Parce que tu réalisais à présent que tu étais dos au mur, au moins autant que lui, qu’il était allé trop loin et tu lui en voulais. « Qu’est-ce qui t’a pris ! Tu te crois malin Kochtchei ? Qu’est-ce que cela peut bien te faire d’avoir pu descendre ici - tu te crois plus fort, plus intelligent ? Je t’avais pourtant mis en garde, et je ne voulais pas en arriver là. Vraiment, je ne voulais pas. » Tu n’étais pas armé, tu n’avais même pas grand chose pour te défendre - alors que lui avait sans doute de quoi. Entre son flingue et son appareil photo, il avait de quoi te réduire à moins que rien. Mais tu ne t’en inquiétais pas, ça non, tu as soupiré, tu as eu l’air terriblement déçu. Ou plutôt, tu étais contrarié. Parce qu’au fond, tu étais quand même content qu’il soit revenu. Putain, t’arrivais pas à te décider, t’avais l’air de te torturer tout seul et- t’as regardé tes mains, tu as réalisé que tu avais oublié de retirer tes gants trempés de sang. « Oh, excuse-moi », tu lui as dis platement, puis tu les as retiré pour les mettre dans la poche de ta blouse. Parce que même en préparant sa mort, tu ne te départissais pas de ta politesse. Et une fois cela fait tu l’as regardé encore, cette fois, tu avais un peu d'amusement dans les traits, devant le ridicule de la scène, devant votre bêtise à chacun. « Mince, je ne pensais pas que tu reviendrais, je suis surpris - agréablement surpris. » Il y avait un tel contentement dans ces mots - décrédibilisant ta précédente colère, car tu le félicitais presque à présent. Et puis, après ce sourire, encore un peu de déception, et une lassitude profonde, et encore un peu de plaisir dans ton regard, et de la lassitude encore. Et c'était la lassitude qui imprégnait tes prochains mots, quand tu lui disais : « Ne m’oblige pas à te droguer encore, Kochtchei - je te prie de ne rien faire de stupide. N’essaie pas de fuir ou de m’abattre, je n’aime pas être cruel. »
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Shura n’avait jamais été aussi nerveux qu’en cet instant. Les doigts tremblants, la respiration difficile et haletante qu’il tentait tant bien que mal de masquer trahissaient sa pseudo-quiétude. Il déglutissait, espérant que cela aide à quelque chose comme un de ses nombreux tics visant à canaliser ses émotions. Mais rien, il ne pouvait que passer ses mains sur son visage et constater que non, tout ceci n’était pas le fruit de son imagination. Que c’était bel et bien réel, qu’il n’avait plus qu’à s’enfuir pour espérer en réchapper. Une autre contrainte l’affublait : la présence de son hôte dans le même endroit que lui. C’était idiot de penser qu’il était dans sa chambre, mais il ne pouvait pas prévoir qu’un second lieu de vie était installé au sous-sol. Cela semblait relevé de l’impossible, mais sa confiance en lui n’était pas ébranlée pour autant. S’il pressait le pas dès maintenant, il pouvait s’en sortir. Il avait déjà eu bien pire à affronter. Le dépôt des outils sur la table avait été le signal d’alarme et Kochtcheï gardait précieusement ses preuves au fond de ses poches pour se libérer les mains. Il avait remonté les marches, deux par deux en courant pour s’évader au plus vite de ce qui pourrait être sa future prison. Il n’aimait pas cet endroit. Il n’aimait pas cette ambiance austère. Il aimait de moins en moins le propriétaire de la maison qu’il voyait dorénavant comme un illuminé. Qu’est-ce qu’il foutait là aussi ? C’est une bonne question, merci de l’avoir posée. Il voulait juste avoir une fin convenable, un résultat satisfaisant pour ses fouilles. Il l’avait eu, certes. Mais il s’attendait à tout, sauf à ça.
En sentant une main lui agrippait la cheville, et Shura n’avait pas eu le temps de se figer ni de mettre une balayette pour se débarrasser de cette soudaine emprise. Il avait été contraint de redescendre quelques marches et il s’était rattrapé après avoir dévalé trois-quatre sur les côtes par manque d’équilibre. Il n’avait pas trainé à se relever, gardant les plaintes pour plus tard quant à de potentiel bleu car il semblerait que Diva ne veuille pas le laisser partir. Tient-tient, enfin un comportement normal de sa part. Le russe avait dirigé son regard vers lui, ce dernier remplit d’un mélange entre haine et crainte. On pouvait même y desceller une petite once de méprise. Il ne voulait pas lui apporter une quelconque satisfaction, ou un brin de plaisanterie, car la situation ne s’y prêtait pas du tout. Il le forçait à redescendre en usant de tout son poids et le voilà à devoir terminer sa descente sur le dos alors qu’il s’était à peine remit sur ses jambes. Il n’y avait eu aucuns gémissements de complaintes cependant et, de nouveau, Kochtcheï s’était relevé avec un peu plus de difficulté que la chute précédente. Il était secoué et heureusement qu’il n’avait rien bu, sinon il serait resté à terre.

Son hôte prenait une pose faussement bienveillante dont Shura ne pouvait s’empêcher de réprimer silencieusement en l’écoutant. Tss, pour qui se prenait-il ? Il serrait les dents, et il contenait sa colère. Pourtant, il avait toute les bonnes raisons du monde de la laisser s’échapper. Automatiquement, il avait reculé d’un pas en voyant cette condescendance à son égard. Il constatait par lui-même les quelques traces de sangs qu’il avait laissé sur lui à cause de ses gants imbibés lorsqu’il s’était excusé. Il se retenait de hurler et de céder à la frustration. Il n’y avait pas de raisons, et ça ne serait pas la première fois que ses vêtements seront tâchés d’hémoglobines. Comment pouvait-on avoir envie de converser avec … Un être inqualifiable ? Le voleur s’était redressé de toute sa grandeur, ne se laissant pas facilement surplomber par l’attitude de son adversaire. Car clairement, il avait muté ainsi. Un élément dérangeant qui se trouvait entre lui et la sortie. « Vraiment ? », lâcha-t-il froidement au bout de plusieurs secondes de silences. Il avait légèrement penché sa tête en avant pour ponctuer son regard, un sourcil relevé. S'il pouvait lui jeter des éclairs rien qu'avec ce dernier, il ne se gênerait sûrement pas. Le sérieux et le froid s’étaient de nouveau installés dans son attitude et il s’était même permit de s’allumer une cigarette dans son propre sous-sol pour lui prouver que lui-aussi avait une certaine assurance malgré sa situation. Après tout, en matière de rapport de forces, le scientifique avait sa poudre. Et lui avait son flingue, ses poings et la différence de force qui penchait pour son côté. Sans préavis, Shura avait sauté sur l’autre, laissant son instinct de survie dicter sa conduite. L’instinct qui ordonnait à tout être vivant de passer à l’attaque lorsque sa vie était menacée. Le calme de Kochtcheï était faux, car la rage rendait ses yeux luminescents. Ses mains avaient attrapé le col du scientifique pour le coucher dans les marches sans délicatesse. Son poids se chargeait le garder au sol tandis qu’il s’était assis sur son ventre, et il retenait ses mains ne pas l’étrangler pour le réduire au silence. L’humain luttait pour ne pas céder à la provocation, mais l’animal avait une folle envie de le pilonner pour lui faire ravaler sa langue. « Te fous pas de moi, tu ne comptes pas me laisser sortir d’ici, pas vrai ? Pas cette fois en tout cas ! Alors que je fasse quelque chose de stupides ou non, ça ne changera rien. Tout comme ce que j’ai vu là-dedans, tu bosses pour quelqu’un ? Tu fais ça pour ton bon plaisir ?! Réponds !! ». Il l’avait secoué sans ménagement pour ponctuer son ordre, renforçant sa poigne à l’en étrangler. Il se fichait bien de savoir s’il suffoquait ou s’il trouvait la position confortable. De toutes façons, autant continuer dans les réponses puisque Shura était visiblement bien partit. Trop bien partit même pour ne pas être assuré de voir le lendemain. Alors une de plus, ou une de moins.
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Tu l’avais regardé dégringoler les marches sur le dos et les côtés comme une luge sur une pente trop glissante, s’égratignant sans doute sous tous les bords, encore qu’il n’en montrait rien, par fierté, très probablement. Tu n’avais pourtant tiré aucune satisfaction de sa chute - ton but, après tout, n’était pas de le blesser. Tu n’étais pas quelqu’un de cruel, et si tu avais pu te passer de le faire souffrir, tu l’aurais fait. S’il avait suffi d’un claquement de doigt pour tuer un homme, ou d'un voeu sur ta lettre au père Noël.. Parce que c’était ça que tu voulais - le tuer, et non pas lui faire mal. Tu te tenais droit, dressé entre la sortie et lui comme un sphinx poseur d’énigmes ou un gros bonhomme dans la cheminée. Pourtant tu lui aurais presque tendu la main pour l’aider à se relever, si seulement il n’en avait pas profité pour te filer entre les doigts.
Tu l’avais agacé. Même pour un homme tel que toi, totalement dénué d’empathie, c’était une évidence. Il se retenait avec violence de se jeter sur toi pour t’étrangler ou que sais-je d’autre, d’ailleurs, peut-être qu’il ne parviendrait pas à se retenir si longtemps que ça, et tu pouvais au moins te considérer heureux qu'il n'ait pas une guirlande à portée. Il te tuait du regard, c’était pourtant lui qui était condamné. La peur, l’inquiétude, l’angoisse - il semblait s’en défaire tout à fait. Ce que tu avais entrevu dans ses traits un peu plus tôt s’était métamorphosé par le biais de cette colère, et il ne semblait pas pouvoir se défaire d’une certaine fierté. D’un autre côté, tu aimais assez cela. Les hommes qui suppliaient pour leur vie ne te plaisaient pas, d’ailleurs ce n’était pas ce que tu espérais. Tout ce que tu voulais, c’était t’amuser, et en cela, Kochtchei te plaisait beaucoup - hélas.

Hautain, méprisant, glacial tout à coup. Alors que toi, tu t’étais fait si chaleureux, tu étais presque désolé pour lui, du moins c’est ce sentiment que tu voulais véhiculer. Tu le dévisageais comme si tu étais contrarié - pour lui, pas pour toi. Tu ne savais même pas à quoi répondait son vraiment, à tes derniers mots peut-être. Tu lui as répondu « Bien sûr ». Mais c’était vrai, tu ne t’en cachais pas : tu n’étais pas cruel. Tu faisais ta petite vie paisible, tu étudiais la nature humaine. Tu laissais les vivants de leur côté et tu faisais avancer la science à ton rythme. Tu étais un homme tout à fait respectable, quoi que cela lui déplaise - tu méritais tes cadeaux en fin d'année. C’était lui le coupable, qui venait fouiller dans tes affaires, qui pénétrait ton sous-sol, qui te provoquait, avec ses regards noirs, avec sa cigarette. Cela t’avait surpris d’ailleurs, qu’au lieu de revenir à la charge il se mette à fumer. Parce que tu avais réussi à le déséquilibrer une première fois, mais en combat singulier, il était bien plus fort que toi. Il aurait pu facilement te fracasser. Bien sûr tu avais une arme un petit peu fourbe, mais pour cela il fallait qu’il ne te laisse pas le choix. Du moins pour cette fois.
Et puis il s’est jeté sur toi. A cela non plus tu ne t’étais pas attendu, le dos plaqué aux escaliers tu en as eu le souffle coupé, et une grimace de circonstance, alors que tu remuais pour décaler une marche forçant contre l’une de tes vertèbres, pour ne pas froisser tes ailes, invisibles mais non moins étirées comme une décoration de Noël dans les tons argentés. Tu n’as même pas pris l’initiative de te défendre ou de résister, tu savais parfaitement combien c’était inutile avec ton peu de force. Même si ton métier t’avait, par la force des choses, un peu musclé, tu restais de constitution résolument fragile. Tu l’as dévisagé, avec surprise, la surprise se mêlant d’une forme de plaisir, alors que tu souriais, d’abord avec de la joie, ensuite un peu contrit. Tu l’écoutais, tu laissais ses mains malmener ton col sans t’y opposer le moins du monde. Alors, Basil, qu’est-ce que cela te faisait d’être soudainement à sa merci ?
Il t’étranglait presque désormais, tu sentais la pression sur ta gorge, tu aurais eu bien du mal à parler. Mais cette position de soumission, cette sensation d’étranglement, trop légère pour te mettre réellement en danger, comme un renne attelé - pour être honnête, cela t’excitait assez. Et cela te navrait d’autant plus d’être dans l’obligation de le tuer. « Je t’avais mis en garde, Kochtchei. » Tu essayais malgré tout, mais ta voix parvenait à demi étouffée comme au travers d'une couche de neige, à demi en train de flancher. Mais tu continuais. « Je ne voulais pas te tuer, et je ne le veux toujours pas, mais tu ne me laisses pas le choix. Que crois-tu qu’il m’arrivera, si je te laisse t’échapper ? Vous, les vivants, vous ne comprenez pas. » Tu as arrêté de parler un moment, pour t’appliquer à respirer un peu mieux. Tu ne le quittais pas des yeux pendant ce temps que ta poitrine se gonflait, avec ce fin sourire aux lèvres, lèvres que tu te mordais. « Je ne les ai pas tué, tu sais. Je ne leur fais pas de mal. Personne ne m’y contraint. Tu me prendrais en pitié si c’était le cas ? »
Et encore un jeu de regards, tu t’en moquais tellement de te faire dominer - tu étais à l’aise, comme si c’était là ta juste place. La place de la soumission, qui, il faut l'avouer, tendait à te donner une bûche de moins en moins glacée. « Si tu voulais bien me lâcher, je pourrais te le présenter et t’en parler un peu, tu comprendras peut-être. Ensuite, je te tuerai. » Tu parlais de Maurice bien sûr, un coup d’oeil l’avait confirmé pour toi. « Ou tu peux m’étrangler davantage et me traiter de tous les noms, mais je ne peux pas promettre que je n’aimerai pas ça. Et de toute façon, je te tuerai après. » Tu espérais, au fond, que cette provocation-là l’incite à te lâcher. Tu avais beau trouver de la satisfaction dans le fait de le laisser te malmener, ce n’était pas forcément le plus pratique pour des explications, tu les préférais davantage autour de biscuits et d'un verre de lait. Même si le risque, c’était surtout que tu te fasses frapper - mais même ça, je suis même pas sure que tu le refuserais.
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