Grim grinning ghosts come out to socialize | Sir B.E. ft Aisling Fitzpatrick

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Féestaff
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Grim grinning ghosts
come out to socialize

Tu ouvres la porte de la librairie dans un tintement de clochette. Tout sourire, le visage clair, l’œil brillant. C’était l’un des lieux que tu aimais fréquenter le mieux, encore qu’il te plaisait encore davantage perdre ta journée chez le bouquiniste – hélas il t’aurait fallu monter à Dublin pour retrouver ce monde de vieux bouquins senteur parchemin. Tu t’élances, un « bonjour » joyeux et vagabond sur les lèvres, pour la libraire un peu plus loin. Tu as beau être venu dans un but précis, tu ne résistes pas à l’appel des rayons exhibant au regard du curieux leurs tranches vives et neuves de toutes tailles. Tu vas t’y perdre et déambule, attentif comme un lord en promenade, butinant les synopsis, boutons de fleurs de ces bibliothèques en bois.

Cette boutique est nouvelle pour toi, non pas que cela te déplaise – cela rend l’aventure nouvelle. Tu lis tant et tant que l'on te trouve plus souvent à fréquenter les bibliothèques. C’est fou, n’est-ce pas ? Comme deux lieux à l’apparence strictement semblable, pouvaient être à la fois si radicalement différents. Dans l’un, tu te précipitais sur le premier scénario alléchant, tu portais à bras même une pile te frôlant le menton, et puis tu t’installais là, assis ou debout qu’importe, pour en engloutir la plus faramineuse quantité en un laps de temps le plus court. Tu ne prenais pas le temps de chercher, tu trouvais, c’était tout. Mais ici, là, tu rôdais en quête de la perle rare, tu parcourais des centaines d’amorces pour garder tes mains tristement vides. Le livre serait tien et le resterait, il fallait qu’il soit à ton goût, et le savoir avant même de le lire.

Tu commençais par les classiques, pour te donner un genre, pour te rappeler ces belles lignes qui avaient fait ton enfance. Tu parcourais Defoe, puis Dickens. Du Murdoch, du Orwell. Stevenson bien sûr. Et tu terminais par Woolf. Et puis, n’y tenant plus, tu passais par-dessus Conan Doyle et tu filais vers la science-fiction, les polars et les thrillers. Tu ne pouvais t’empêcher d’en lire les couvertures, de chercher la petite phrase, le petit mot qui t’exciterait assez pour te pousser à la dépense. Entre les clichés plus utilisés qu’une saucière de cuistot et le loufoque surnaturel témoignant du manque d’imagination d’un esprit avide de reconnaissance, tu trouvais quelques fois un meurtre sanglant inexplicable qui piquait ta curiosité si vivement qu’il te fallait investir aussitôt et l’achever avant le soir même.

Tu ne saurais dire combien de temps tu as perdu entre ces pages fraiches, mais tant et tant qu’il vint un moment où tu ôtas ta redingote pour la porter dans tes bras, retroussant les manches de ta chemise comme un ouvrier affairé. Finalement, tu optes pour l’un d’eux, particulièrement horrible a priori, mais qui avait le mérite de t’avoir fait sourire. Ragdoll, par Daniel Cole. Six morts pour un cadavre, un contre-la-montre très prometteur qui titillait ton petit côté médecin par l’aspect chirurgical de cet héritage de Frankenstein. Ton après-midi se découvrait charmante, et tu réfléchissais déjà au thé qui accompagnerait ta lecture. Un blanc floral, et tu t’installerais à la fenêtre, pour profiter de la lumière du jour. Le ciel pluvieux te tiendrait compagnie, tu aimais ça, l’odeur des embruns, cette atmosphère lourde présageant d’une tempête à venir. Dans quelques jours peut-être.

Tu te résignes enfin et rejoins la libraire avec ta curieuse trouvaille. Ton regard inquisiteur imprime son visage dans la seconde, et tu lui adresses l’un de tes plus beaux sourires. Tu admets volontiers la trouver charmante – tu as toujours eu un faible pour les blondes. Posant le livre sur le comptoir, tu t’enquières enfin de la requête qui t’avait attiré jusqu’ici. « Pardonnez-moi – proposez-vous des ouvrages spécialisés ? Je cherche une référence traitant, entre autres, des cellules anormales circulantes. » Tu prends un air embarrassé qui te rosit les joues, pour te faire excuser cette requête peut-être trop précise pour une petite boutique de ville annexe.
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Grim grinning ghosts come out to socialize
V. Basil Egerton & Aisling Fitzpatrick

Aujourd’hui la boutique regorge d’activité, et le mauvais temps n’y est pas pour rien, les gens venant se réfugier au cas où une averse venait à se déclarer. C’est l’un des intérêts d’avoir un magasin en Irlande, le temps pluvieux est notre meilleur allié à nous autres vendeurs ! Je suis donc affairée à aider les gens à trouver leur bonheur parmi les rayonnages, et c’est tout juste si j’enregistre un « Bonjour » enjoué qui me parvient à l’entrée d’un client. Par automatisme je lui réponds, un peu amusée aussi, ce n’est pas tous les jours que j’ai des clients aussi ouvertement ravi de venir dans ma librairie ! Toutefois mon attention est vite demandée ailleurs, et j’en oublie le roux qui m’a mise de bonne humeur, occupée avec les autres clients. Le temps passe sans que je le voie faire, et je sens un mal de tête poindre. Ce n’est que lorsque je tourne dans une allée vide que je comprends que ce n’est pas un mal de tête normal. Une odeur chimique m’agresse les narines alors qu’en face de moi se trouve une scène tout droit sortie d’une série policière. Une table d’opération, ou d’autopsie, je ne sais pas trop, trône je ne sais comment devant moi, dessus un corps que je distingue à peine couvert en partie d’un drap blanc, est l’objet d’attention d’un médecin dont le visage est couvert d’un masque. Soudain les doigts de la main du corps bougent et je retiens de justesse un cri ! Etrangement le regard du « médecin » se relève, croisant le mien, un regard qui semble m’aspirer dans une chute sans fond, et je sens les poils de mes bras se dresser, un frisson malvenu parcourant ma colonne vertébrale. J’ignore s’il peut me voir au non, mais si c’est le cas, je dois pas l’intéresser car il retourne à sa besogne, et j’ai la sensation d’assister à quelque sacrilège ce qui rend la scène encore plus terrifiante.

Un bruit me ramène à la réalité en sursaut, mais ce n’est qu’un client qui a fait tombé une pile de livres. Avec un aussi rassurant que je suis en mesure de fournir, je l'aide à ramasser les bouquins en lui assurant que ce n’est rien. Derrière moi il ne reste plus rien de la vision, mise à part mes maux de tête et la sueur froide qui couvre encore ma peau. Mais je n’ai pas le temps de m’apesentir sur cette vision terrifiante, mon travail m'attend et je retourne faire le tour des rayons, en espérant ne pas retomber sur d'autres visions du genre. Quelques minutes plus tard un homme m’interpelle, et je reconnais le client joyeux de tout à l’heure. Instinctivement je lui souris en réponse à sa bonne humeur, mon regard se posant sur son livre, un thriller un peu trop sanglant pour moi, mais tous les goûts sont dans la nature. Mais lorsque mes yeux croisent les siens, je dois faire appel à tout mon self-control, passablement émoussé par ma prémonition de tout à l'heure, pour garder une air affable de passade. Son regard est le même que celui du médecin de la vision, à ceci près qu'il semble plus chaleureux, son visage se colorant même de gêne quand il me fait sa demande. Totalement perdue, je ne sais qu’en penser. Est-il l’homme de ma vision ? Le fait qu’il demande après un livre de médecine semble le confirmer, mais je ne maîtrise pas encore mon don pour en être sûre. Et si ce type a un jumeau ? Et si c’est une mise en scène pour un spectacle d’Halloween ? Trop de questions et pas de réponses à l'horizon. Je fais donc un effort pour reprendre rapidement, et je lui réponds, aussi chaleureuse que possible : « Même si je n’ai pas la moindre idée de ce dont vous me parlez, je pense qu'on a de bonnes chances de trouver ce qu’il vous faut dans le rayon médecine. » . Avoir une librairie dans un quartier étudiant implique de devoir maintenir en rayon un nombre conséquent de manuels en relation avec toutes les matières envisageable. Notamment l'un des professeurs de médecine de l’Université a été un bon ami de mon grand-père et il continue de se fournir dans ce qui est ma librairie désormais. Je le guide donc vers les bonnes étagères, lui demandant au passage : « Je suppose que vous cherchez un manuel traitant d’hématologie ? N’hésitez pas à me dire si je me trompe, je suis loin d’être une spécialiste. » . Alors que nous nous arrêtons devant le bon rayon, je lui demande d'ailleurs mine de rien : « Êtes vous médecin ? Désolée je suis dotée d'une insatiable curiosité. » . Je lui fais un de mes plus beaux sourires, déterminé à savoir à quel genre d’homme j'ai affaire. Quitte à devoir flirter alors qu'il ne m'intéresse nullement.

©️ HELLOPAINFUL



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I can see you running, running, every night from the same darkness. It's coming, coming. But you are not alone, if you just say the word I'll be there by your side.

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Féestaff
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Il faut croire que ton sourire n’est plus ce qu’il était. Tu as beau te tenir là avec l’air le plus charmant du monde et toute la joie de vivre possible dans ton regard, ton petit envoûtement est sans effet sur ta jolie demoiselle. Il était difficile de traduire le silence gêné qui avait suivi ta demande, peut-être était-ce le sujet, peut-être était-ce le bouquin policier, peut-être était-ce le fait que tu la dominais en hauteur d’une bonne vingtaine de centimètres. Ou peut-être que tu avais fini par entacher ta réputation sans le savoir et que celle-ci te précédait désormais. Tu n’étais pas certain de l’interprétation, mais quelque part, tu te demandais si cet oeil là n’était pas en train de traduire un sentiment de peur. C’était sans doute plus du malaise ou quelque chose tenant des deux. Et elle ne te quittait pas de ce regard un peu trop insistant, et par curiosité tu le lui rendais, t’attelant à déduire davantage de la demoiselle que la seule teinte de ses ondulations. Seulement voilà, tu n’y voyais rien qui ait pu bouleverser ton intérêt, et la raison de son ahurissement discret te restait résolument opaque. Du coup, tu restais là bredouille à faire semblant d’être gêné pendant qu’elle te fixait, et tu te demandais presque s’il ne te fallait pas lui répéter ta demande plus doucement.

Elle s’était reprise finalement et s’empressa de t’orienter, de tout son professionnalisme nuancé d’humanité. Tu te décides à alléger ton esprit de cette curiosité brève et emboîtes son pas, acquiesçant avec un sourire entendu. « J’aurais dû y penser. » Le ton était celui de la plaisanterie, et tu la laissais te guider sans te presser entre les allées, accrochant ton regard aux étiquettes plastifiées classant les étalages, guettant celui qui vous concernait. Ton ouïe n’en restait pas moins attentive à toute indication de la demoiselle à ton intention, petit client peu dégourdi. « Vous ne vous trompez pas. L’on pourrait bien considérer cela comme un sous-chapitre de l’hématologie en effet. Le sujet ne vous est donc pas totalement obscur ? » Tu la regardes avec un bref intérêt, mais la vue de ces étagères happe soudain ta concentration, et tu te saisis mécaniquement d’un premier ouvrage pour entamer quelques recherches. L’oreille tendue toujours, et sans te priver de regards inquisiteurs pour ton agréable compagnie. C’était toujours agréable de traiter avec une libraire qui connaissait de ses rayonnages un peu plus de détail que la couleur d'une couverture.
Immédiatement, tu te rends en table des matières, glissant ton regard et peut-être une discrète caresse du doigt de bas en haut en quête du sujet qui t’intéresse. « Je ne cherche pas une simple définition, il me faut des informations complètes et précises. » Tu l’avais murmuré presque distraitement, les manuels scolaires pouvaient être affligeants quelques fois. C’est ce qui te faire clore un bouquin pour en saisir un second. Elle n’allait pas faire toutes les recherches pour toi. Sa question d’ailleurs ne t’interpelle pas, elle n’était pas vraiment étonnante, et tu ne voyais pas l’intérêt de mentir. D’autant qu’un autre terme s’était chargé d’exciter ton intérêt - insatiable curiosité, deux mots que tu pouvais aussi bien appliquer à ta propre personne. Un sentiment que tu te battrais presque pour encourager d’ailleurs. C’est pourquoi tu relèves ton regard vers elle un instant, le visage clair et aimable autant que faire se peut, tu le voulais comme une invitation. « C’est tout à votre honneur, vous devez voir défiler d’innombrables profils. Je ne suis pas médecin. Mais je reste un confrère si je puis dire - j’ai fait toutes mes études en biologie humaine. » Tu te fais pensif sur le sujet, imprimant du regard un autre de ces glossaires. « La frontière est mince entre les disciplines. Après tout, on parle bien de biologie médicale. Je dirais que c’est surtout l’objectif qui diffère. » Tu restes silencieux un bref instant, avant de refermer l’ouvrage dans un claquement, peu satisfait mais résolument patient.
Tu les délaisses un instant pour te retourner vers elle, puisqu’elle est toujours là. Un peu de conversation n’était jamais désagréable, surtout sur de pareils sujets, où il faut avouer que tu avais peu d’interlocuteurs initiés. C’est con, mais ça te fait plaisir d’avoir une opportunité d’en parler. Après tout, c’est tout ce que tu aimes, c’est toute ta vie. Au point d’en importer la pratique dans ta vie privée, d’en bosser en laboratoire pour des organisations plus ou moins officieuses, et de violer quelques règles morales et légales. C’est la passion qui te faisait faire des folies - avec ce sourire d’imbécile heureux qui sait parfaitement ce qu’il fait. « Se pourrait-il que le sujet vous intéresse ? » Bien sûr, tu espérais intérieurement qu’elle t’inviterait à continuer. Rien que de mettre le sujet sur la table, ça t’avait comme remué et t’en avais les yeux joyeux et brillants, les fossettes et les rides aux coins des cils marqués. On aurait dit une mère parlant de son enfant, sauf que toi, tu cherchais des bouquins sur des cellules malades et de l’hémoglobine, donc c’était globalement moins attrayant.
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