Hungry for food, hungry for you | Siam & Aisling

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Oracle
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Hungry for food, hungry for you
Siam O’Raghailligh & Aisling Fitzpatrick

Un coup d’œil par la vitrine m’a fait réaliser l’heure qu’il doit être. Sans faire nuit, en cette période de l’année le soleil se couchant tard, il était évident qu’on a dépassé de loin l’heure de fermeture et surtout qu’on était proche de l’heure du dîner. En grimaçant je me suis dépêchée d’enregistrer les codes-barres des derniers livres que j’avais à inventorier alors que quelque part dans le magasin, Siam devait être en train de ranger ceux que j’avais déjà répertoriés. Une fois terminé, j’ai éteint l’ordi et je suis partie remettre en rayon ceux que j’avais sur ma tablette roulante. La journée a été plus longue prévue, inventaire oblige. Pour le coup j’étais contente d’avoir Siam avec moi, sinon il m’aurait fallu deux jours pour venir à bout du recensement de tous ces livres. Heureusement le prochain inventaire serait à faire après Noël, j’avais le temps. Après avoir rangé la tablette à sa place, je me suis mise à la recherche de Siam. Les premiers jours, quand elle n’était pas en vue, je l’appelais pour lui demander où elle était. Heureusement personne n’avait été là ces fois-là pour voir à quel point j’étais ridicule, et surtout pas l’intéressée. Mais avec le temps, je me suis habituée et je ne lui parle que lorsqu’elle en face de moi, pour être sure qu’elle puisse lire sur mes lèvres. Je sais qu’elle n’est pas totalement sourde, mais j’ignore qu’est-ce qu’elle peut entendre ou non. Il faudra que je lui demande un jour, mais jusqu’à maintenant nous n’avons guère eu le temps de discuter hors du cadre professionnel, Siam se révélant être une jeune femme occupée, et moi… Et bien je passais beaucoup de temps libre à essayer d’en savoir plus sur mes visions. D’ailleurs j’avais peut-être une nouvelle idée à suivre, mais plus tard.

Mon regard s’est alors posé sur Siam qui s’était hissé sur un escabeau et qui glissait les bouquins sur les étagères. Mon regard a détaillé la jeune femme, mon chemin de pensées changeant vers des idées moins chastes, avant que je ne me reprenne, un peu gênée de la reluquer sans l’avoir voulu. M’avançant vers elle, je l’ai appelé tout agitant ma main pour attirer son attention. Quand je l’ai obtenu, je lui ai souri en demandant : « Hey, ça va aller ou il t’en reste beaucoup ? Si tu veux je peux même faire le reste, après tout, ta journée est finie. ». En effet, elle aurait pu demander à partir plus tôt, mais ce n’était pas son genre. J’avais vite découvert qu’elle était travailleuse et ne se plaignait pas d’en faire plus, ce que j’appréciais, vu que j’étais pareille. D’ailleurs j’ai noté dans un coin de ma tête de lui offrir une prime, pour tout le travail supplémentaire qu’elle a fait depuis son arrivée. Non pas que j’abusais d’elle mais je n’avais pas l’habitude de compter mes heures, et Siam suivait le rythme sans broncher. J’en avais d’ailleurs déduit qu’elle n’avait personne dans sa vie, sinon elle ferait plus attention à rentrer plus tôt pour profiter de son compagnon – ou de sa compagne – n’est-ce pas ? Cette réflexion m’a ramené à ma pensée précédente sur le fait que je ne la connaisse que peu en dehors du travail, ce qui m’a poussé vers une autre idée.

Lui souriant au moment où elle est redescendue de l’escabeau, je lui ai proposé : « Et si on dînait ensemble ? Il se fait tard et je suis sûr que tu n’as pas plus envie de cuisiner que moi. Puis je connais un super restau pas loin qui prépare des plats bios avec de la nourriture locale. » Bon j’ignorais si elle préférait ou pas le bio, mais en bonne écolo que j’étais c’était mon restaurant favori, et j’aimais l’idée de le faire découvrir à Siam, si elle ne le connaissait pas déjà. En prime, il m’avait semblé comprendre qu’elle était végétalienne – ou peut-être même végane – et ce restaurant proposait toutes sortes de plats, dont des plats végétaliens. Surtout, ce dîner serait l’occasion de discuter et d’échanger avec elle, et surtout de mieux la connaitre. Peut-être qu’au détour d’une conversation je découvrirais un indice sur les raisons de mes visions à son sujet. Bon, peu de chances, je devais l’admettre, mais même sans l’excuse de mon don, j’avais naturellement envie de tout savoir d’elle, celle qui m’avait fascinée au premier regard un mois plus tôt. Soudain, je me suis sentie nerveuse à l’idée qu’elle refuse, ne veuille ou ne puisse pas venir avec moi. Je me suis mordue la lèvre, tout en essayant de garder une expression ouverte qui ne laissait rien voir de mes craintes. Je ne voulais pas qu’elle puisse voir la déception que je pourrais ressentir si elle me disait non. Décidément, Siam me mettait dans tous mes états.

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Humain
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❝ Hungry for food, hungry for you ❞
 Aisling & Siam
Cela fait désormais un mois que Siam est employé par Aisling. Un mois donc que la rouquine occupe enfin un emploi qui lui plaise réellement. Plus que jamais, la jeune femme ne bride pas son côté travailleur : elle n’a que trop conscience de la dureté du marché de travail, dès lors qu’un candidat présente un handicap. Elle trouve cela dommage : à croire que les gens pensent qu’une sourde a également des soucis d’intelligence. C’est malheureusement ainsi, Siam le sait. Encore une chose qu’elle ne comprend pas, dans le fonctionnement du monde, et de l’être humain. De tout cœur, elle espère qu’elle pourra travailler longtemps dans cette librairie. Elle est certes débrouillarde et ne rechigne pas à la tâche, mais bosser dans un fast-food, elle ne veut plus le faire. Ainsi donc, on comprend aisément pourquoi Siam trime. Son exigence envers elle-même la pousse à agir ainsi, tout comme son désir de prouver aux autres qu’elle est aussi capable que n’importe qui ! Et puis, travailler dans une librairie présente quelques avantages loin de lui déplaire : un accès facilité, voire en avant-première, des nouveautés. Cerise sur le gâteau : sa patronne est une personne qui semble sympathique. L’ambiance au travail est donc plutôt agréable.

Dans la quiétude de la librairie, Siam est occupée à ranger les livres qu’Aisling a répertoriée. Une tâche plutôt agréable pour la grande maniaque qu’est la tatouée, et qui lui permet de laisser ses pensées s’égarer à sa guise. C’est qu’elle est relativement rêveuse, la douce Siam, en dépit des épreuves que la vie lui a imposée. Paradoxalement, elle reste aussi concentrée sur ce qui se trame autour d’elle, aussi ne tarde-t-elle pas à remarquer qu’Aisling est vers elle, tentant d’attirer son attention. La rousse arrête ce qu’elle fit, se concentrant sur la blonde, qui lui demanda où elle en était, dans son travail. « Ce sont les derniers que j’ai pris. », fait-elle savoir, ayant, comme toujours ou presque, un sourire aux lèvres. Tout en répondant, elle se remet à la tâche, n’ayant plus que 2-3 livres à ranger. Ce qui ne lui prend pas bien longtemps. Une fois terminée, elle peut donc quitter l’escabeau, sur lequel elle était jugée jusqu’à présent. C’est à ce moment-là qu’Aisling reprend la parole, pour lui proposer de dîner ensemble. L’artiste qui se rêve mangaka réfléchit une poignée de secondes, se faisant la réflexion que ça pourrait être intéressant. Elles travaillent ensemble depuis un mois, et vont le faire un moment encore (très long, elle l’espère). Cela leur permettra d’apprendre à se connaître un peu mieux. Ainsi donc, l’ambiance au travail ne pourra qu’en être mieux. Non pas que ça n’est pas déjà agréable, mais ça ne pourra qu’être mieux, si elles se connaissent un peu plus. Aussi sa réponse ne tarde pas à arriver : « Pourquoi pas ? ». Elle croit savoir de quel restaurant il s’agit : il n’y a pas une tonne de restau de ce genre, ici. Dès qu’un nouveau ouvre, Siam le sait, ou son entourage le lui signale, et elle ne tarde pas à aller l’essayer. « Ca m’arrange : je déteste cuisiner. », lâche-t-elle, dans un sourire. Autant dire que ça n’est pas toujours simple, dans sa coloc’ avec Saskia, même si la rousse fait des efforts pour aider son amie. D’ailleurs, en pensant à Saskia, la jeune femme se fait la réflexion qu’elle devra penser à lui envoyer un SMS, pour la prévenir qu’elle ne viendra pas avant un moment encore. Pour cela, il faut juste qu’elle prenne ses affaires, envoyer un SMS sans portable reste encore compliqué ! « Il faut juste que j'aille récupérer mes affaires, et c'est bon ! », déclare-t-elle par la suite. Siam a beau être observatrice, elle n'a en rien remarqué qu'Aisling n'était pas des plus à l'aise, après avoir posé sa question. Il y a des choses de ce genre qu'elle ne remarque pas, la rousse, qui prend à présent la direction de l'arrière-boutique, où se trouvent ses affaires. « J'avoue que j'ai faim, en plus. », admet-elle, sachant que la blonde doit prendre la même route qu'elle, dans le même but.
 
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Oracle
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Hungry for food, hungry for you
Siam O’Raghailligh & Aisling Fitzpatrick

Mon cœur bat un peu vite en attendant sa réponse, craignant un refus de la rousse. Ce n’est pas vraiment rationnel de ma part, après tout elle peut très avoir d’autres engagements, être fatiguée ou juste ne pas vouloir mélanger privé et professionnel – bon le dernier est un peu plus problématique si je veux avoir des chances de me rapprocher d’elle, mais c’est plutôt raisonnable en réalité. Heureusement, elle ne prend pas trop longtemps pour réfléchir avant de me donner une réponse positive. Je lui souris en retour ravie de pouvoir profiter de sa compagnie quelques temps, sourire qui s’élargit face à la suite de ses paroles. Voilà quelque chose que je n’allais pas oublier, sans compter que c’est une faiblesse à exploiter : si Siam déteste cuisiner, il n’y aurait rien de plus simple que de l’attirer avec un repas déjà fait. Bon, dans l’immédiat, je ne suis pas sûr que je vais profiter un jour de cette faille, mais sait-on jamais. De toute façon, même sans arrière-pensées en particulier, tout ce qui la concerne m’intéresse, alors je grave soigneusement l’information dans un coin de mon esprit, avant de lui dire, le sourire toujours aux lèvres : « Contente de t’accommoder. Surtout que ça ne doit pas être tous les jours facile à vivre de ne pas aimer cuisiner, surtout quand t’as faim ! ». Je me demande comment elle se débrouille au quotidien. Est-ce qu’elle achète des plats déjà faits ? Ce ne doit pas être évident vu son régime alimentaire. Ou alors elle se force quand même. Si c’est le cas, et bien je suppose que je viens de lui offrir une soirée de répit.

Siam me fait d’ailleurs remarquer que pour y aller elle faut qu’elle récupère ses affaires – ce qui est mon cas également. Nous récupérons donc nos affaires dans la réserve du magasin, alors qu’elle m’annonce qu’elle a vraiment faim. Je lui fais un clin d’œil en la regardant en face, avant de lui dire : « Dure journée, on a bien travaillé et on a fini plus tard, crois-moi, t’es pas la seule à avoir faim ! ». Je ne suis pas vraiment du genre à me restreindre au niveau nourriture, quand j’ai faim, je mange. Mais je saute de manière récurrente des repas, notamment quand je suis plongé dans quelque chose – comme passer de nouvelles commandes à la veille de la rentrée – et que j’en oublie de manger. Ce qui explique que je ne grossisse pas particulièrement. Puis je peux être une vraie puce quand je m’y mets. La preuve, je sautille presque en marchant, tellement je suis heureuse de la perspective du dîner en tête à tête qui nous attend. Je dois sans doute donner l’impression d’être anormalement sur-vitaminée après une journée pareille, mais tant pis. Je n’ai jamais dit que je ne suis pas excentrique parfois.

Une fois que nous avons attrapé nos affaires, nous nous dirigeons vers la porte en éteignant derrière nous – je ne laisse jamais une lumière allumée, si ce n’est les quatre ampoules basse consommation de la vitrine. Et encore, elles sont reliées à un minuteur qui coupe le courant à partir deux heures du matin – je doute que de futurs clients passent devant la librairie après cette heure. Alors que je verrouille derrière moi, je décide de relancer la conversation, ma curiosité et énergie anormalement débordante, reprenant le dessus : « Alors comment tu aimes ta nourriture ? Epicée ? Salée-sucrée ? Ou tu préfères des choses plus neutres – il n’y a rien de mal à ça après tout. ». Mes lèvres forment un sourire qui se veut encourageant, alors que j’espère la voir se dévoiler un peu plus à moi – et trop impatiente d’attendre d’être arrivée au restaurant pour commencer la pêche aux infos. D’ailleurs j’espère que le restau n’est pas bondé et qu’on pourra s’installer rapidement. J’étais sincère quand j’ai dit que j’avais faim. Par bonheur, ce n’est pas loin de la librairie et nous pouvons nous y rendre à pied en quelques minutes. Il fait d’ailleurs beau temps et les températures sont suffisamment élevées pour que la marche soit agréable. Ce pourrait presque être romantique, mais il vaut mieux que je m’ôte l’idée de mon esprit, avant que mon imagination galopante ne prenne le dessus.

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❝ Hungry for food, hungry for you ❞
 Aisling & Siam
C’est assez déroutant, pour Siam, de bosser avec une seule personne. Jusqu’alors, elle n’a œuvré qu’en assez grosse équipe, hormis quand elle faisait du baby-sitting, ou quand elle collabore avec Saskia. Peu bavarde, elle n’est sans doute pas la collègue idéale, pour une telle situation, mais fait de son mieux, au moins pour éviter que les gens ne la trouvent, à tort, trop froide. C’est aussi bien parce qu’elle a faim, que pour montrer qu’elle s’efforce de s’ouvrir un minimum aux gens, qu’elle accepte la proposition d’Aisling. Siam tente de se sociabiliser, comme Saskia le lui a régulièrement suggéré de le faire. « Oh, j’ai pas à me plaindre : Saskia aime bien faire à manger. Ou on commande, parfois ! », dit-elle, sans songer une seule seconde à préciser qui est la fameuse Saskia dont elle vient de parler. Il faut dire que cela fait des années que les deux jeunes femmes se connaissent, et Siam a souvent du mal à se souvenir que les gens qui la côtoient elle, ne connaissent pas forcément sa pétillante de meilleure amie. Voyez la rouquine comme une grande gosse, ça explique pourquoi elle ne perd pas son temps à s’étaler sur des éléments qui coulent de source, pour elle. Et là, il se trouve que Saskia est l’une des personnes les plus importantes de sa vie, alors elle a toujours du mal à concevoir que tout le monde ne sache pas de qui il s’agit. Tellement importante qu’elles passent rarement une journée sans se voir, que ça leur est difficile, si jamais l’une doit quitter la ville, pour une courte durée. Asling a sans doute déjà aperçue Saskia, quand l’excentrique est venue chercher son amie, même si nulle présentation n’a été faite, officiellement, pour le moment, du moins. Ca l’étonne, d’ailleurs, Siam, que sa meilleure amie n’ait pas encore débarqué à l’improviste, pour lui faire un petit coucou. Elle l’a déjà fait, pour les autres jobs de la rousse, ce qui avait faussement fait ronchonner l’artiste. La rousse s’était offusquée que l’attitude de sa comparse attirait l’attention sur elle, ce à quoi l’exubérante avait rétorqué que Siam n’avait pas besoin d’elle pour se faire remarquer, entre sa crinière de feu et ses tatouages. A ce souvenir, un sourire étire les lèvres de la O’Raghailligh, qui se demande régulièrement quelle couleur aurait sa vie, sans Saskia à ses côtés.

En compagnie d’Aisling, Siam va récupérer ses affaires, poursuivant leur conversation. Les deux paraissent affamées, mais comme l’a fait remarquer justement la patronne de la rousse, la journée a été plus longue que prévu. « Au moins, on a terminé, demain, on pourra faire autre chose ! ». On peut sentir une pointe de satisfaction dans ses propos, le plaisir du travail bien fait. Et puis, Siam sait qu’elle n’a pas à se plaindre. C’est plutôt agréable, de bosser dans une librairie. Et Aisling est sympa, loin des boss qui prennent leurs employés de haut, comme Siam a pu en croiser quelques-uns, durant sa courte vie professionnelle. Le léger sourire qu’elle affiche montre bien qu’elle a conscience de sa chance. Et que, outre son côté bosseur, ça l’incite à trimer encore plus pour rester ici. Son sourire se fait plus amusé, en voyant qu’Aisling parait en forme. Son sourire ne s’évapore pas, alors que la libraire veille à tout fermer, avant de quitter les lieux. Elle se sent à l’aise, avec Aisling. Chose qui n’arrive pas avec tout le monde, et qui, de fait, mérite d’être signalé. Remettant correctement la bretelle de son sac sur son épaule, elle ne tarde pas à répondre à l’interrogation de la blonde : « Je suis plus du genre à manger épicé. Et à m’essayer parfois au sucré-salé. ». Son nez se fronce, alors qu’elle se souvient d’expériences assez peu agréables, de ce côté-là. Saskia aimant cuisiner, elle s’essaie parfois à des recettes incongrues, dont le goût s’avère relativement étrange. Mais c’est de bon cœur que Siam lui sert régulièrement de cobaye, de testeuse non-officielle, à la férus de cuisine et d’émissions culinaires en tout genre, qu’est sa meilleure pote. « Par contre, je ne suis pas vraiment sucré. », ajoute-t-elle, estimant que ça reste dans la même lignée de conversation. La rouquine n’est guère gourmande, et si elle aime à déguster à l’occasion un bon dessert, ça n’est pas ce qu’elle préfère. Elle peut même largement s’en passer ! Ou elle choisit alors un fruit : bien plus à son goût. Le côté plus déitétique de la chose, elle ne s’en soucie pas, ne se préoccupant pas réellement d’avoir une alimentation saine, pour avoir un corps de mannequin. Siam, à ce niveau-là, c’est une gamine, qui mange ce qui lui fait envie et ce qu’elle aime. « Et toi, tu préfères quoi ? Tu fais partie des accros des desserts ? », lui retournant légitiment sa question. Il parait qu’on peut en apprendre beaucoup sur une personne, en connaissant ses habitudes alimentaires. Une chose que Siam ne comprend guère, ou dont elle ne se soucie guère, plutôt.

Le binôme poursuit sa route, dans la quiétude d’une journée qui s’achève. Le temps est doux, rendant le moment des plus agréables. La circulation est plutôt tranquille, pour l’heure qu’il est, et c’est une autre chose que Siam apprécie. Elle ne pourrait jamais habiter dans une grosse ville, avec des voitures partout, des coups de klaxons qui retentissent en permanence, et des gens qui manquent de se faire renverser alors qu’ils sont sur un passage piéton et que le feu est vert… En plus, en tant que malentendante, évoluer dans un tel climat, c’est loin d’être plaisant ! Elles croisent quelques badauds, qui rentrent chez eux, ou se préparent à une soirée en amoureux. Mais majoritairement, ça reste assez calme, et reposant, en un sens. « Un truc que j’ai jamais essayé, par contre : c’est la cuisine moléculaire ! », admet Siam, qui est intriguée par cette nouvelle tendance, s’étonnant d’ailleurs que Saskia ne s’y soit pas encore essayée. Siam, elle aime tenter de nouvelle chose. Il y a quelques mois, avec certains de ses frères et soeurs, elle a essayé un restau qui proposait de manger dans le noir, sensibilisant ainsi les gens sur ce que les aveugles peuvent bien vivre. Bien entendu, de telles choses, ça plait à la rouquine, dès lors qu'il est question d'aider les gens à mieux comprendre ceux qui ont un handicap, quel qu'il soit. « Je sais pas s’il y a un restau qui fait ça, ici ! », s’interroge-t-elle à voix haute, alors que les deux jeunes femmes approchent de restaurant qui va les accueillir pour la soirée.

 
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Hungry for food, hungry for you
Siam O’Raghailligh & Aisling Fitzpatrick

Nous avançons de concert tout en discutant, apprenant à se connaître. Je n’ai jamais eu du mal à me faires amis, je suis du genre social comme disent les autres. Encore que certaines personnes prétendent que je suis secrète. Pour ma part je ne suis pas vraiment d’accord, ce n’est pas parce qu’on s’entend avec quelqu’un et qu’on s’amuse avec elle qu’il fait pour autant partager tous les détails de notre vie. C’est plus ce qu’on fait avec ses meilleurs amis, ça. Et je n’accorde pas ce statut aisément. Enfin, dans l’immédiat, même si ce n’est pas des informations de premières importances que nous échangeons, c’est toujours agréable d’en savoir plus pour elle. Il faut dire que Siam est pleine de mystères, le nom de Saskia tournant d’ailleurs encore dans ma tête, alors que la rousse m’a dit que cette Saskia aime lui faire à manger. Un nom qui crée un pincement au cœur alors que je me demande ce que celle-ci représente pour Siam : sœur, amie, petite-amie ? Je n’ose pas lui poser la question dans l’immédiat, la réponse m’inquiétant un peu, alors j’enchaine l’air de rien, gardant la question pour plus tard. La réponse de Siam à mon commentaire suivant fait écho à mes pensées de tout à l’heure, ce qui me fait sourire. Visiblement nous avions vécu l’épreuve de l’inventaire de la même façon, épuisante mais satisfaisante, et surtout comme une épreuve désormais finie. Histoire de penser à autre chose qu’au travail, je reviens sur le thème de la nourriture – un thème au centre de mes préoccupations, mon ventre se manifestant douloureusement à ma conscience. Et puis c’est un thème passe-partout, qui ne prête que rarement à conflit. Un bon sujet pour passer le temps. Sa réponse se grave dans ma tête, comme tous les petits morceaux d’elle, de ses goûts, de sa vie, qu’elle m’a offert sans le savoir à travers ses mots. Je ne sais pas trop quoi en penser, s’il y a quelque chose à en penser, alors je ne dis rien, ce qui par chance amène d’autres petites révélations. Epicé, un peu de sucré-salé, pas de sucré. Bizarrement je ne m’y attendais pas, venant d’une fille aux allures douces comme Siam, mais c’est encore une fois l’exemple qu’on ne peut pas juger les gens sur leurs apparences. J’aime l’idée qu’elle puisse me surprendre comme ça, qu’elle ne corresponde pas aux étiquettes qu’on pourrait essayer de lui faire porter.

Bien entendu, la conversation ne tourne pas autour d’elle bien longtemps, alors qu’elle s’intéresse à mes goûts, pas que ça me dérange, c’est même plaisant qu’elle s’intéresse à moi, mais j’aurais voulu d’autres petits bouts de son existence à garder en moi. « J’adore le sucré-salé, je l’avoue. L’épicé aussi, surtout tout ce qui est indien, plus que le mexicain par exemple. ». Je lui fais ensuite un sourire contrit, avant de compléter ma réponse. J’avoue avoir un truc pour les sucreries. Bien sûr je me limite, je ne veux pas prendre dix kilos d’un coup, mais je ne dis jamais non à un dessert. Cannelle, caramel, café, chocolat, fruits aussi, j’aime tout ou presque, et je me laisse facilement séduire. Je suis une cible facile des glucides. « Prise la main dans le sac pour ce qui est des desserts par contre. J’adore ça ! Même si je fais ce que je peux pour que ça ne se voit pas sur ma silhouette, ou en tout cas pas trop. ». J’accompagne mes mots d’un clin d’œil complice, la soirée douce se prêtant à la camaraderie qui s’installe entre nous. J’ignore ce qu’elle pense de mes goûts, peut-être rien en particulier, mais j’espère que je ne viens pas de dire sans le savoir une ignominie à ses yeux. Mais je ne peux pas non plus changer qui je suis, alors je croise les doigts alors qu’elle dévie de toute façon de sujet, ce dont je ne me plains pas. D’ailleurs ce qu’elle dit est intéressant, alors que j’enchéris avec ma propre absence d’expérience. « Moi non plus j’ai jamais essayé, je devrais peut-être un jour. » Je n’ai rien contre essayer de nouvelles choses, loin de là, j’aime ça, et encore plus si c’est avec elle. En fait, je vais sans doute faire des recherches dès le lendemain sur les restaurant de cuisine moléculaire. Gagnée par son entrain, je réponds : « Je l’ignore, mais je compte bien me renseigner ! On pourra y aller toutes les deux s’il y en a un. Enfin, si tu veux ! ». Je ne voulais pas qu’elle se sente obligée, mais si elle est d’accord, c’est une occasion de passer du temps avec elle que je ne veux pas laisser glisser entre mes doigts.

Ce disant, nous arrivons devant le restaurant, et j’annonce, ridiculement fière de moi, un grand sourire sur les lèvres : « Tadadam ! ». Je fais ensuite signe à la rousse d’entrer avant moi, les arômes de nourriture nous parvenant dès l’ouverture de la porte, tentateurs. Le bruit annonce du monde, mais quelques minutes plus tard, une fois à l’intérieur, je m’aperçois, soulagée, qu’il reste encore quelques tables de libres. Tant mieux, ce serait embêtant de devoir chercher un autre restaurant qui convienne ! Une serveuse nous mène jusqu’à une table où elle nous tend un menu chacune. Souriant à Sima, je lui demande, toujours sur le ton de la conversation qui a caractérisé notre échange depuis la fin de l’inventaire : « Tu connaissais cet endroit du coup ? ». Ce n’est pas comme si c’était un restaurant discret, sans être ultra-médiatisé non plus. Ce ne serait pas étonnant qu’elle soit donc déjà venue. Si c’était le cas, alors elle a dû aimer pour accepter ma proposition. Et sinon, j’espère bien que ça lui plaira.

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 Aisling & Siam
La découverte de l’autre, c’est ce que Siam préfère, quand elle fait de nouvelles rencontres, et ce, même si elle n’est guère bavarde. Mais elle adore en apprendre plus sur les autres, et voir si elle a réussi à les percer à jour, en les observant. Bien entendu, elle reste longtemps sur ses gardes, durant cette phase, car sa confiance ne s’acquiert qu’après bien du temps. Si la rousse est encore une enfant, par bien des égards, sa confiance bafouée la rend vigilante quant aux nouvelles rencontres qu’elle peut faire. Ca joue sur la réserve qu’elle peut ressentir, et que l’on peut détecter chez elle, quand elle fait face à des inconnus/récentes connaissances. On la voit, cette prudence, ce soir, chez Siam, même si elle tente de l’étouffer de son mieux, car, après tout, elle fait face à sa patronne, et seule collègue. De fait, elle a amplement conscience qu’il lui faut faire des efforts, pour éviter que l’ambiance au travail n’en pâtisse. Par chance, le moment est agréable, et la conversation est plutôt naturelle, la rouquine n’a donc pas à se forcer sur ce point-là. Il faut dire que c’est facile, elle n’a qu’à se laisser guider par Aisling, c’est d’ailleurs en agissant ainsi que la rousse interroge la blonde à son tour sur ses préférences alimentaires. Un petit sourire – presque triomphal, mais surtout amusé – apparaît sur les lèvres de la jeune artiste, en entendant que la blonde est une amatrice des gâteaux. Elle l’avait pressentie. Non pas qu’Aisling passe son temps à se goinfrer, ni que cela se remarque à son apparence. C’est juste la douceur qu’elle dégage, qui a fait penser Siam à une sucrerie, et l’imagination de la rousse a fait le reste. « Ca ne se voit pas, t’inquiète ! », la rassure la jeune femme. Elle a parlé sans réellement réfléchir, comme à son habitude. Il n’y a bien que lorsqu’elle sent que ses paroles peuvent être vexantes, ou méchantes si mal prises, qu’elle se censure, sinon, elle a tendance à être comme une enfant, et à dire assez facilement ce qu’elle pense. Ainsi donc, là, elle vient clairement d’admettre qu’elle a un minimum observé Aisling, pour pouvoir porter un tel jugement. C’est aussi une habitude chez la rouquine, d’observer son entourage. A la dérobée ou non. Pas par réelle curiosité, loin de là, même. Chez Siam, ça a toujours été un moyen d’apprendre à connaître les gens, plus facilement qu’en leur parlant. Car la jeune femme a beau être sourde, et naïve par bien des égards, elle sait surtout que nul est totalement honnête, et que beaucoup se dissimulent, sous des mots plus ou moins beaux, visant à camoufler la laideur de leur âme ou de leurs pensées, ou encore la fadeur de leur être. Au fil du temps, Siam s’est aperçue que les gens en dévoilent bien plus d’eux, en agissant au quotidien, quand ils se croient seuls ou sans que nul ne les regarde, plutôt que quand ils parlent. Et, pour qui aime à observer, et sait correctement le faire, c’est un très bon moyen de cerner son entourage, et d’appréhender le monde qui l’entoure, tout simplement. Cette habitude contribue sans nul doute à rendre Siam « étrange » aux yeux des autres, mais elle ne s’en soucie guère, elle ne compte pas changer pour se fondre dans la masse. Bien qu’elle n’ait pas conscience de ne pas rentrer dans le moule…

La conversation se poursuit, avec une facilité qui plait à Siam. Au fil des minutes, elle se détend de plus en plus, oubliant qu’elle est avec sa patronne, oubliant qu’elle se trouve avec une personne qu’elle ne connaît que bien peu, dans le fond. Sans en prendre conscience, elle se dévoile, et convie sa vis-à-vis à en faire de même. Voici comment Aisling admet qu’elle non plus, n’a jamais essayé la cuisine moléculaire, avant de lancer l’idée que l’expérience, elles la fassent ensemble, un jour. Cette suggestion arrache un nouveau sourire chez l’humaine, qui hoche la tête : « Ca pourrait être sympa, en effet ! », des plus sincères. Elle apprécie de passer du temps avec Aisling, ailleurs qu’au boulot. L’idée de refaire une sortie avec elle ne lui déplait pas. Pour l’heure, du moins, car la soirée n’est pas terminée, et nul ne sait comment elle va se conclure. Qui sait, peut-être que les deux jeunes femmes vont finir par se détester, à l’issue de cette soirée ! C’est une chose que Siam a vite assimilé : les choses peuvent changer, rapidement, et sans que l’on ne s’y attende, ni que l’on puisse s’y préparer vraiment ! Pour le moment, tout se passe pour le mieux, et le ventre de l’artiste se met à gargouiller, tandis qu’elle rentre dans le restaurant, sur l’invitation de la blonde. Les deux collègues s’installent, avant de se voir tendre le menu par une serveuse. « Je suis déjà venue 2-3 fois ici ! », admet Siam, suite à l’interrogation de sa comparse. Cela fait un moment qu’elle n’est pas venue, par ailleurs, mais il faut dire que Siam évite, autant que possible, de faire trop de dépenses. L’argent dont elle n’a pas besoin pour payer ses diverses factures, ni ses quelques achats persos (fringues, matos pour dessiner ou mangas), elle le donne à ses parents adoptifs. Les dépenses purement « plaisir », elle ne connaît pas vraiment. Et ça ne la dérange pas tant que ça, Siam, elle est heureuse comme ça. « Leur carte a pas mal changée, depuis la dernière fois que je suis venue ici ! », admet-elle, après avoir étudié le menu, qu’elle délaisse désormais, pour s’intéresser à son interlocutrice. « Tu sais déjà ce que tu vas prendre ? », demande-t-elle. Elle, elle a déjà sa petite idée, même si elle doit faire encore quelques choix, hésitant entre plusieurs plats. Ne sachant vraiment filtrer ses idées et ses mots, la jeune femme ne tarde pas à proposer : « Sinon, on peut choisir l’une pour l’autre. » D’où sort-elle cette idée ? Simplement de l’habitude ! Il n’est pas rare, en effet, qu’elle s’amuse à cela, quand elle va au restau, avec certains de ses proches. Surtout quand ils se rendent dans un restaurant pour la 1ère fois, l’un comme l’autre. C’est plus marrant de tenter de trouver un truc qui plaira à l’autre, quand ils se connaissent bien. Là, ça sera intéressant de voir les choix faits par les deux jeunes femmes, qui ont sommairement échangés, un peu plus tôt, sur leurs goûts. Ca peut être une autre manière d’apprendre à se connaître, du point de vue de la rouquine.

 
©️ Pando
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Hungry for food, hungry for you | Siam & Aisling
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