Guilty. - Leandre

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Tempestaire
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Guilty.

Leandre & Athénaïs

Sur la table, tes doigts tapotent, l’air de rien. Ton regard est rivée sur ta main qui s’active en un bruit plus qu’agaçant. Tu détestes les salles d’interrogatoire. Tu n’as pas à t’y trouver, ce n’est pas ta place loin de là mais aujourd’hui, tu n’as pas le choix. Pour la première fois depuis longtemps, depuis ton enfance à Berlin, tu dois faire face à la justice. Une justice qui ne l’est pas tant que ça puisque pour une fois tu n’as rien fait. Tu es bien loin de nier que tu n’es pas une petite fille parfaite, ton casier est là pour en témoigner mais depuis que tu es arrivée à New-York, il y maintenant quelques années, tu t’es calmée. Tu as trouvé un boulot, un appart, tu as tout de la jeune femme modèle. Ou presque, il faut croire. Tu redresses la tête et plantes ton regard dans celui de l’homme assis face à toi. Tu n’as rien à lui dire, tu ne vas pas inventer un crime que tu n’as pas commis. Ou peut-être s’attend-t-il à ce que ça soit la vérité qui s’échappe de tes ourlets ? Doux rêve… Un fin sourire en coin vient déformer ton visage, tu l’écoutes oui, mais ce n’est pas pour ça que tu vas lui répondre. Alors comme tu peux, tu prends le verre d’eau poser devant toi. avec des menottes aux poignets c’est pas des plus simple. Et puis ça fait mal ces choses. Alors dans un geste provoquant, tu lui tends tes mains, tu veux juste qu’il les desserre. « Aïe ? » Tu lèves les yeux au ciel, tu n’aimes vraiment pas être ici. Cette impression constante d’être surveillée par delà le miroir sans tain. Ca t’insupporte. « Vous savez que je n’ai rien à vous dire ? Je n’ai rien fait du tout. » Tu ne sais pas combien de fois ça fait que tu prononces ces mot, à vrai dire, tu as arrêté de compter. C’est un peu comme si tu parlais dans le vide. Il te fixe, t’angoisse, mais toi ça n’a pour effet que de te faire rire. Tu as assez vécu d’interrogatoire dans ta vie pour savoir en rire désormais. Quand tu vivais encore à Berlin, dans ton foyer, tu savais que si la police venait c’était pour ta pomme. Tu étais la seule qui ne suivait pas les règle, qui ne supportait pas de te plier à ce qu’on te demandait. T’es bien venue à New-York par un bateau de marchandises, sans rien payé, c’est bien la preuve que jamais tu n’agis comme tout le monde. Tu souffles longuement en t’avançant légèrement pour être plus proche de lui et tu le dévisages, il t’énerve. Il aura au moin réussi à tirer cela de toi. « En réalité vous vouliez juste me voir porter des menottes, c’est pour ça que je suis ici, avouez. » Tu ris, c’est plus fort que toi mais tu n’arrives pas à comprendre ce qu’on te reproche. Tu étais au mauvaise endroit au mauvais moment, c’est aussi simple que ça.
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Guilty.

Leandre & Athénaïs

Tic tac tic tac. Dring. Mon réveil sonnait ce matin, comme tous les matins. Une nouvelle journée de travail commençait. Mais cette fois-ci je me levais avec un peu plus d'enthousiasme que d'habitude. Mon cabinet m'avait proposé de travailler exceptionnellement dans le bureau du procureur aujourd'hui, et l'idée de mettre les criminels derrière les barreaux avait le don de me réjouir. Enfin sorti des dossiers de divorce ou de conflits mineurs. Voilà le grand bain ! Je me suis alors habillé, d'une chemise d'un blanc presque éclatant, de mon costume habituel bleu marine et de la cravate qui lui était assortie, avec une fine rayure ciel qui ressortait en son milieu.
Prenant mon vélo, je traversais avec hâte le refuge, puis la ville afin d'arriver à ce fameux bureau, sans le moindre retard. Le bureau du procureur était comme je l'imaginais, agité, plein de personnes, policiers, suspects, secrétaires. Je me dirigeais d'ailleurs vers ses dernières afin de me présenter.

« Leandre Specter, de chez Timson...»

« Oui, on sait ! On vous attend depuis une demi-heure déjà ! »

« Une demi heure mais j'avais rendez-vous à 9h, et il est tout juste 9h ! »

« On ne vous a toujours pas appris qu'il faut être en avance dans ce genre de travail ? Bref, allez près de la salle d'interrogatoire C3 au bout du couloir, l'adjoint du procureur vous attend. »

Une demi heure en avance ? Mais qu'est-ce qu'elle me racontait ? Surpris, je me dirigeais alors vers l'endroit indiqué sans plus de cérémonie, la pression commençant à me gagner. Si en plus de le faire attendre je faisais mauvaise impression, ma carrière démarrerait du plus mauvais pied possible. Un homme d'un âge mûr, la quarantaine peut-être un peu plus, se tenant devant une porte close. Une chevelure grisonnante, un regard sévère émanant de ses yeux bleus pâles qui me châtiait à mon arrivée.

« Désolé M. l'adj...»

« Ca suffit. On ne s'excuse pas ici, on s'exécute. J'ai perdu une demi-heure de mon temps, à toi de me le faire rattraper. Une gamine s'est fait choper pour vol dans une bijouterie. On ne voit rien sur les caméras mais des témoins assurent de sa présence et de sa culpabilité. Tu as une demi-heure pour la faire avouer et nous éviter un procès où son passé de petite délinquante orpheline nous ferait passer pour des monstres auprès du jury. Sinon tu dégages. »

Le ton était donné. Je me saisissais du dossier qu'il me tendait, avant de le feuilleter rapidement et d'entrer dans la salle. La jeune demoiselle, d'à peine une vingtaine d'années était assise là, menottée face à moi. Un joli minois derrière une chevelure de feu, agrémenté d'un air plein d'inconscience, voire même de suffisance. Je gardais le silence en tentant de déceler dans son visage un minimum de culpabilité. Ce n'était guère le cas, la nonchalance et l'arrogance prenaient le pas, avec une pointe de provocation. Elle rigolait, d'une blague de mauvais goût sous entendant que je souhaitais la voir menottée, à d'autres fins que purement judiciaires. Bien qu'elle soit alléchante, l'offre n'avait en rien lieu d'être, et c'est pour ça que j'appelais le garde afin qu'il la détache.

« Bien, maintenant vous pouvez cesser d'alimenter vos fantasmes entre un flic et une prisonnière et me dire précisément ce que vous faisiez dans cette bijouterie, et pourquoi la vendeuse ainsi qu'une cliente assurent que vous les avez dépossédées de leur bien ?  »
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Tempestaire
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Leandre & Athénaïs

Tu t’amuses, ça se voit, se lit sur tes traits. Tes mots n’ont pour but que de le provoquer mais ça ne semble pas fonctionner comme tu le veux. Alors tu soupires, parce que ça ne fonctionne mais aussi de soulagement quand il accepte de ta demande implicite de te détacher de tes liens. Le garde s'exécute, tu lui adresses un vague sourire de remerciements et tu viens masser un instant tes poignets endoloris par le métal froid. « Bien, maintenant vous pouvez cesser d'alimenter vos fantasmes entre un flic et une prisonnière et me dire précisément ce que vous faisiez dans cette bijouterie, et pourquoi la vendeuse ainsi qu'une cliente assurent que vous les avez dépossédées de leur bien ?  » Toi, tu ris. C'est plus fort que toi en réalité. Comment peut-il croire que tu vas si facilement te laisser faire, te laisser manipuler pour qu'il entende ce qu'il désir bien qu'il s'agisse d'un mensonge ? « Mes fantasmes ? » Tu accentues un peu le terme possessif. Il est vrai que c’est quelque chose que tu n’as jamais testé mais de là à parler de fantasme, c’est peut-être un peu gros. « Je suis dessinatrice, j’étais là bas pour voir les modèles que je devrais dessiner pour la prochaine publicité dont je serais en charge. » Tu hausses les épaules naturellement. Ton air désinvolte est sans doutes agaçant pour lui mais tu ne vois pas ce que tu pourrais lui dire d’autre. C’est la vérité pour une fois qui s’échappe de tes lippes. Sans doutes une grande première, tu n’es pas quelqu’un qui se dévoile facilement, tu préfères détourner la vérité. C’est bien plus simple. « Si elles assurent ça, c’est leur problème. » Tu te mets légèrement sur le côté pour croiser tes jambes et porter ton regard sur le mur. Tu ne sais pas ce que tu pourrais dire en fait pour t’aider à t’innocenter. C’est ta parole contre celle de ces femmes après tout. « Je sais que je n’ai rien fait mais je me doute que ça n’est pas suffisant pour vous. » Léger rire et tu te remets à jouer de tes doigts sur le bois de la table. Cette fois-ci, oui tu sais que tu n’as rien fait, que tu es innocente. Mais s’il a consulté ton casier judiciaire, tu te doutes qu’il aura du mal à y croire. T'as commencé à 9 ans. Un petit vol comme ça, rien de bien grave surtout que tu n'étais qu'une gamine. Si seulement tu t'étais limitée à ça, peut-être que maintenant, la justice aurait moins de mal à croire tes propos. Les dégradations, pas trop ce que tu aimais, tu suivais juste le mouvement et une fois de trop a suffit à ce que tu te fasses prendre. Tu devais avoir 12 ans à ce moment là. Sans doutes l'un de tes moins bons souvenirs de ta vie passée au foyer. Le meilleur ? Le jour où enfin tu as pu partir. Tu détestais cet endroit que tu considérais comme une prison. Et te voilà maintenant, 5 ans plus tard véritablement en prison ou plutôt dans une salle d'interrogatoire. Alors tu soupires. « Qu’est-ce que je dois faire pour vous convaincre de ma bonne foi ? » Car cette réponse tu ne l'as pas, il est le seul à pouvoir te la donner.
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« Vos fantasmes oui, car à ma connaissance vous êtes la seule à vous imaginer des choses inappropriées dans cette situation.  »

La jeune femme ne présentait aucun signe de remord ou de culpabilité. J'étais déjà habitué aux menteurs depuis tout ce temps. Aux mensonges, aux dissimulations, j'en étais moi-même friand, et donc bien placé pour savoir qu'on pouvait toujours discerner quelque chose dans le mensonge, une erreur ou une mimique qui pouvait confirmer les soupçons. Mais dans son visage, je ne voyais rien d'autre que de la sincérité.
Son dossier ne plaidait cependant pas en sa faveur. Je griffonnais quelques notes sur ce qu'elle disait en bas d'une page, son alibi, ainsi que son discours d'une manière plus générale, chaque élément pouvant être porté à charge. Le procureur désirait des résultats, mais les minutes défilaient une à une, et je ne savais pas comment la faire sortir de son silence.

« Vous avez tout juste, c'est la parole de deux personnes, contre la votre. Sachant qu'il manque toujours un collier rouge à plusieurs dizaines de milliers de dollars qui se balade dans la nature. Puis nous savons tous les deux que votre passé de délinquante ne vous aide pas à plaider devant un jury. »

L'heure était venue d'appuyer sur quelques boutons, essayer de lui foutre la pression et de gratter derrière cette barricade de désinvolture. Qui sait, je pouvais peut-être en tirer quelque chose !

« Maintenant deux choix s'offrent à vous. Soit vous me racontez précisément ce qu'il s'est passé, une bousculade, un vol à la tire que vous auriez pu remarquer quoique ce soit qui vous donne matière pour vous disculper. Sinon je peux toujours trouver tous les éléments nécessaires à votre culpabilité, et vous finirez en prison pour une année ou deux, voire plus si le jury n'est pas conciliant. »

Un discours simple et efficace, que j'ai eu l'occasion de rôder plus d'une fois au fur et à mesure des différentes confrontations que j'ai eu à faire au cours de ma maigre carrière. Il faudra sûrement le consolider à l'avenir, mais je pensais qu'il ferait l'affaire pour cette voleuse de bas étages. D'une voix toujours aussi tranchante, je m'occupais d'évoquer cette troisième possibilité, à cette charmante jeune femme, imperturbable.

«  On peut aussi, dans un cadre plus amical, parler de vos aveux, et je m'arrangerai alors à ce que vous ne payiez qu'une simple amende, vous évitant ainsi tout désagrément juridique ultérieur. »

Et tout en disant ça, je m'approchais d'elle penchant mon torse au dessus de la table qui nous séparait, afin de scruter encore plus attentivement ce visage, jusque là aussi impassible que le mien.
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Tempestaire
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Tu as l’impression de simplement parler dans le vide. Tout ce que tu peux dire, ça rentre et ça ressort aussitôt. Alors tu choisis de jouer. Il ne te reste plus que ça pour ne pas t’énerver tout en continuant de répondre à ses questions. « Vos fantasmes oui, car à ma connaissance vous êtes la seule à vous imaginer des choses inappropriées dans cette situation. » Tu hausses les épaules. Oui il a peut-être raison, sûrement même. Mais c’est plus fort que toi, cette idée est bien trop alléchante pour que tu la sortes si facilement de ton esprit. C’est bien loin d’être ton genre pourtant de penser ça cela. Aujourd’hui, l’exception qui confirme la règle. Alors tu plantes tes iris dans les siens, ton sourire en coin ne cessant de s’agrandir. « Pour une fois que j’ai quelqu’un d’agréable à regarder qui fait mon interrogatoire, permettez que je profite un peu. » Tu n’as pas à cacher que ce n’est pas ta première expérience dans une salle d’interrogatoire. Tu le vois avec ton dossier à la main. Alors tu sais que tu auras bien du mal à faire semblant devant lui. Il détient les clés de ta liberté, tu n’as que ta parole, tes mots, tes dessins peut-être pour le convaincre de ta bonne foi. Tu le vois écrire, tu ne sais quoi d’ailleurs mais ça importe peu, tu veux juste à ce moment précis sauver ta peau. Peu importe le moyen que tu utilises. « Vous avez tout juste, c'est la parole de deux personnes, contre la votre. Sachant qu'il manque toujours un collier rouge à plusieurs dizaines de milliers de dollars qui se balade dans la nature. Puis nous savons tous les deux que votre passé de délinquante ne vous aide pas à plaider devant un jury. » Tu grimaces. Il te cherche, te provoque. Tes barrières s’amoindrissent et tu as l’impression de tomber. Tu t’échoues quand quelque chose que tu ne connais pas. Un inconnu que tu détestes car tu ne le maîtrises pas. Ton air hautain, sûr de toi disparais progressivement, tu fais un peu plus profil bas bien que tu saches que c’est déjà trop tard. Tout vole en éclat, tu es déstabilisé et ça t’insupporte. « Mon passé ? J’étais mineure au moment des faits. Depuis que je suis arrivée à New-York rien n’est venu entacher mon dossier. » Tu as veillé à ça. La discrétion dont tu as fait preuve ces dernières années a été un coup de maître. Tu as agis comme tu avais à le faire, sans pour autant te faire prendre. Jamais trop, ni pas assez. Tu volais le juste milieu, de quoi subvenir à tes besoins sans pour autant te faire prendre. Pour la justice, ces dernières années tu as été irréprochable, mais tu sais que ce n’est que du vent. S’il n’est pas stupide, il le devinera lui aussi, mais il n’aura rien pour le prouver. « Maintenant deux choix s'offrent à vous. Soit vous me racontez précisément ce qu'il s'est passé, une bousculade, un vol à la tire que vous auriez pu remarquer quoique ce soit qui vous donne matière pour vous disculper. Sinon je peux toujours trouver tous les éléments nécessaires à votre culpabilité, et vous finirez en prison pour une année ou deux, voire plus si le jury n'est pas conciliant. » Les yeux clos, tu fermes les yeux. Tu lui parlerais en allemand que ça aurait les mêmes répercussions sur lui. Alors tu le regardes. Tu le fixes attentivement d’un regard animé par la déception, la colère de ne pas être crue. Tu aurais espéré que pour une fois, ton passé ne vienne pas entacher ton présent. Au moins une fois dans ta vie. « Je vous répète, que je n’ai rien fait. Si vous ne me croyez pas, organisez une fouille et vous verrez que je n’ai pas votre collier sur moi ! Quand je dessine, je ne fais pas attention à ce qu’il y a autour de moi. C’est si difficile d’admettre que je puisse être innocente ? Au mauvais endroit, au mauvais moment, vous savez ? » Un malheureux concours de circonstance, voilà ce que c’est que toute cette histoire. Tu n’aurais sans doutes jamais dû te rendre dans cette bijouterie. Tu serais allée dans une autre, peut-être se serait-il passé la même chose. Tu ne sauras jamais. Pour le moment tu as juste cet homme face à toi qui t’agace. Il joue avec tes nerfs pour te faire craquer, pour que tu prononces les simples petits mots qu’il veut entendre. Il veut que tu lui dises que c’est toi, que tu es la coupable. Bouc-émissaire parfait petite Athénaïs. «  On peut aussi, dans un cadre plus amical, parler de vos aveux, et je m'arrangerai alors à ce que vous ne payiez qu'une simple amende, vous évitant ainsi tout désagrément juridique ultérieur. » Ton regard percute le sien et tu pinces tes lèvres. Il se penche en avant, tu le dévisages avant de suivre son mouvement, de faire de même et te pencher par dessus cette table. Sans doutes pas la meilleure idée que tu as eu jusqu’ici mais tu refuse de perdres cette guerre qui n’en est pas vraiment une. Tu cherches dans son regard une faille. Quelque chose qui puisse t’aider mais il reste impassible, autant que tu essayes de l’être et c’est ça qui te déstabilise le plus. « Je n’ai rien fait. » Tu appuies sur chacun des mots comme pour les ancrer dans son esprit. Tu veux qu’il les comprenne, qu’il les saisisse et surtout les admette enfin. Tu es innocente, tu le sais, rien ne peut le prouver hormis ta parole alors il te faut réfléchir, réfléchir et vite à ce qui pourrait te sauver.
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Je l'écoutais, quelque peu incrédule, me faire des avances sans la moindre retenue. Quelque peu gêné par cette situation incongrue, ne sachant d'autant pas plus où me placer par rapport à ma relation floue avec Spencer, je ne répondis que vaguement, en évitant de balbutier.

« Hé bien... Faites, faites.  »

La suite de notre échange avec la jeune femme face à moi fut plus classique. Toujours aussi frustrante, la rouquine, bien que semblant parfois se rendre compte de la gravité de la situation, n'en démordait pas, et m'empêchait de boucler le dossier et de passer à autre chose. Elle me faisait de plus en plus douter de sa culpabilité, mais j'étais bien placé pour savoir que sa situation était loin d'être enviable. Deux témoins visuels contre sa parole. Et si on ne voyait rien de très clair sur les caméras de surveillance cela jouerait d'autant plus en sa défaveur, étant donné qu'un pickpocket ne se fait justement pas remarquer.

Et alors que je m'étais approché d'elle, dans une tentative au final vaine de trouver une faille dans ses mimiques mensongères, elle en avait fait de même, tentant un tant soit peu de m'intimider, ou tout du moins essayant de ne pas perdre complètement la face. Et alors que sa respiration, plus haletante que la tienne, s'entendait de plus belle, son odeur douce et fraîche à la fois caressait mon visage toujours impassible et chatouillait mes narines.

« Tout à l'heure vous aviez parlé de regard, rien de plus, calmez vos ardeurs mademoiselle.  »

La réplique était partie toute seule, facile et amusante à la fois, et je profitais de celle-ci afin de m'éloigner doucement de la table et pour me reconcentrer sur mes pensées et éviter toute divagation autre que professionnelle. Bien que les éléments soient à charge, je ne décelais néanmoins pas la moindre once d'hésitation dans le comportement la jeune femme. Et bien que je sois sur la sellette dès mon premier jour chez le procureur, je ne pouvais pas laisser mes ambitions personnelles prendre le pas sur mon travail. Je reposais alors mon regard sur elle, plus incisif cette fois.

« Très bien, admettons que vous êtes innocente. Donnez moi des éléments qui pourraient vous disculper. Vous dîtes n'avoir rien vu, mais même concentrée sur votre dessin, vous avez forcément du remarquer quelque chose, une bousculade, un individu suspect autre que vous ? Les deux témoins affirment qu'il y a eu une bousculade entre vous et la victime du vol, est-ce vrai ? Y avait-il quelqu'un d'autre ?  »

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« Hé bien... Faites, faites. » Tu n’as pas besoin de son autorisation pour te laisser aller à ton observation. Tu vas sans doutes trop loin mais s’il craque le premier, tu espères surtout que ça soit pour te foutre la paix. Tu sais que tu n’as rien fait toi, tu n’as qu’à le convaincre de ta bonne foi. Votre échange est des plus banales maintenant. Du moins jusqu’à ce qu’il se penche jusqu’à toi. Ton regard est perçant, tu le détailles attentivement avant de te pencher jusqu’à lui à ton tour. Il te suffirait d’un geste pour goûter ses lèvres pour le déstabiliser. Mais tu essaies de prendre sur toi pour ne pas te prendre une charge de plus. Corruption serait un peu plus mal vu. « Tout à l'heure vous aviez parlé de regard, rien de plus, calmez vos ardeurs mademoiselle. » Un rire franc te saisis. Par ce simple geste, ce mouvement, tu as réussi à le faire reculer. Rien ne peut t’enchanter plus que ça. T’es pas le genre de fille qui joue de ses charmes pour arriver à ses fins. Tu n’aimes pas vraiment ça. Là tu t’amuses simplement. Le pousser à bout, ça te plait en réalité. « J’ai simplement suivis le mouvement, c’est vous qui m’envoyez des signes que je ne peux pas ignorer. » Tu sais que c’est faux, que ses gestes sont sans doutes innocents mais tu préfères détourner cette vérité pour en jouer. L’avoir à ton avantage. C’est un peu comme un duel. Celui qui flanchera le premier. Pourtant lui ne fait que son travail. Toi tu es l’accusée à tort. « Très bien, admettons que vous êtes innocente. Donnez moi des éléments qui pourraient vous disculper. » Tu laisses ton esprit se perdre dans ses mots. Tu cherches ce que tu pourrais dire qui jouerais en ta faveur. « Vous dîtes n'avoir rien vu. » Tu hoches la tête pour appuyer ses dire. « Mais même concentrée sur votre dessin, vous avez forcément du remarquer quelque chose, une bousculade, un individu suspect autre que vous ? » Tu hausses les épaules. Tu ne te souviens pas vraiment. « Les deux témoins affirment qu'il y a eu une bousculade entre vous et la victime du vol, est-ce vrai ? Y avait-il quelqu'un d'autre ? » Vous et la victime du vol. Un souris net s’affiche sur tes lèvres et de nouveau tu te penches vers lui. Il a enfin admis que tu n’es pas forcément la coupable. Il t’a dissocié du voleur et ça te plait. « Vous voyez quand vous voulez, vous venez d’admettre que je ne suis pas la voleuse. » Naturellement, tu poses tes coudes sur la table et pose ta tête dans tes mains. Tu réfléchis. Tu essayes de remettre en place tout ce qu’il s’est passé pendant que tu étais dans cette bijouterie. Pas grand chose te reviens. « Je travaille toujours seule. » Tu hausses une nouvelle fois les épaules comme s’il s’agissait d’une évidence. « Je sais qu’il y avait un peu de monde dans la bijouterie donc c’est fort possible qu’il y ai eu une bousculade et que j’ai trouvé ça normal. » Tu plantes ton regard dans le sien. Tu voudrais qu’il y lise de la sincérité. Qu’il voit que non, tu ne mens pas, que tu ne te souviens vraiment pas. Tu sais pas vraiment pourquoi ça t’importe autant qu’il comprenne que tu es innocente. Tu as peur sans doutes de ce qu’il pourrait t’arriver. Si lui ne te croit pas, qui le fera après tout ? L’air de rien, tu passes ta langue sur tes lèvres pour les humidifier avant de reprendre. « Est-ce que je pourrais avoir mon carnet de croquis dans mon sac ? » Tu reprends place au fond de ta chaise, tes doigts se remettant à tapoter sur la table. « J’ai fait plusieurs dessins, peut-être que quelque chose pourrait aider ? » Tu ne sais pas pourquoi tu n’y as pas pensé plus tôt. En fait si, tu étais bien trop occupée à jouer avec ces nerfs pour te rappeler de ce détails qui pourrait te sauver les fesses.
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Leandre & Athénaïs



« Des signes ? Mh, un petit problème narcissique, je vois. Faisons avec, de toute évidence mademoiselle doit-être perturbée par la tournure que prennent les événements, et vous ne savez pas quoi faire pour vous en sortir je comprends. Mais tenter de séduire un officier fédéral c'est encore un autre type de délit, je vous conseille de faire attention.  »

C'était un mensonge, je le savais, je n'étais que stagiaire dans ce maudit bureau, avec cette maudite affaire, mais personne ne m'empêchait de mentir. Qui d'autre le saurait à part moi ? Il fallait que je reprenne la main, et remettre un peu de pression était la solution idéale. Il ne fallait pas, de plus, que je me laisse aller à vagabonder dans des pensées qui n'avaient pas lieu d'être, et boucler ce sujet idiot me semblait être le meilleur moyen de retrouver la position favorable dans laquelle j'étais quelques minutes auparavant.

Elle ne revint pas à la charge immédiatement, à ma grande satisfaction, et se contenta de répondre sagement à mes questions. Sans pour autant être d'une grande aide. La jeune femme semblait complètement ahurie. Ne lui a-t-on donc pas appris à être un minimum conscient de son environnement ? Même concentré sur une tâche précise ? Je manquais de soupirer d'impatience autant que de frustration, mais je m'en abstins et l'écoutais tenter de rassembler ses souvenirs, tout en continuant à noter le peu d'éléments qu'elle semblait bien encline à me transmettre. Bien que tout dans son comportement me semblait sincère, à mon grand regret vu qu'il est toujours plus simple de descendre un coupable que de défendre un innocent, je savais pertinemment que dans un dossier comme celui-ci, si elle n'avait aucune défense, même son petit passé d'orpheline n'arriverait pas à convaincre le jury.

Elle me demanda ses dessins, dans son sac, peut-être des éléments s'y trouvaient, pouvant lui rafraîchir la mémoire ? Je l'espérais en tout cas, en demandant les effets personnels de la rouquine au garde, et en récupérant le dit carnet avant de lui tendre. Un gribouilli, une rature pourraient sans doute lui rappeler une bousculade, qu'en savais-je. La seule chose qui importait c'est que le temps était compté.

« Tenez, et réfléchissez bien. Tentez de vous rappeler, car chaque élément sera décisif dans une affaire aussi floue. »

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