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 when the sadness leaves you broken in your bed (maverick)

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Race : Tempestaire d'eau douce
Métier/Etudes : Barmaid au The Drunk Mermaid
You will hold me in the depths of my despair
Alexis & Maverick
Alexis se réveilla en sursaut, le corps trempé de sueur. Il lui fallut quelques secondes, le coeur battant, pour qu’elle émerge complètement du cauchemar qu’elle était entrain de faire. Elle se frotta les yeux, essayant de faire disparaître les dernières traces de sang de son songe et se leva, repoussant les draps du pied. Enlevant ce qu’elle portait et qui était désormais complètement humide, elle jeta ses fringues au sol et se précipita sous la douche, allumant l’eau chaude au maximum, se fichant pas mal du fait qu’elle risquait de se brûler la peau à force. L’eau emporta avec elle les dernières brumes de son rêve la ramenant pleinement à la réalité, ce qui n’était guère mieux actuellement. Dos au mur, elle se laissa glisser au sol, le jet d’eau la couvrant d’une chaleur bienfaitrice, prête à rester là jusqu’à ce qu’il n’y ai plus que de l’eau froide. Ces derniers jours, sa vie se résumait à cette douche et au morceau de plafond qu’elle contemplait depuis son lit. Depuis Halloween… La jeune femme poussa un petit gémissement, sentant la familière douleur remonter le long de son corps, prête à la recouvrir toute entière, elle était incapable de s’en défendre, se laissant à chaque fois submerger. Elle n’avait pas assez de force pour lutter contre ça.


À quel moment est-ce que tout était partie en vrille ? Ça faisait six ans qu’elle marchait sur un fil, chaque faux pas menaçant de la faire tomber dans un état qu’elle avait réussi à éviter à la mort de ses parents. Elle s’était d’abord lancée corps et âme dans des études choisies au hasard pour conserver son équilibre, puis ça avait été les gars, les nombreux gars d’un soir qui l’aidaient à se concentrer : un pied devant l’autre, ne regarde pas trop loin, ne regarde pas derrière, ni en haut, ni en bas, juste devant toi et ça ira. À partir de quel instant avait-elle cessé de faire ça ? Se passant les mains dans les cheveux, elle enroula ses doigts dans ses mèches trempées, appuyant sur son crâne comme si ça allait lui donner la réponse. Rien ne l’avait préparée à ça. Eldarion, mort, son corps sans vie, plein de sang, comment est-ce qu’il pouvait y avoir autant de sang ? Personne ne lui avait dit qu’elle pourrait voir un ami se faire tuer sous ses yeux. Castiel, il avait été là, il avait fait refluer la douleur et elle avait cru, sincèrement cru, que c’était bon, qu’elle n’avait eu besoin que de quelques jours et d’un coup de pouce magique pour sceller bien au fond le choc et la tristesse. Après tout c’était aussi ce qu’elle avait fait pour ses parents et Seeley, non ? Une semaine cloîtrée chez elle puis elle avait trouvé la force de tout enterrer, tout au fond, pour se relever, sortir, et avancer. Elle croyait qu’elle avait réussi, qu’elle avançait malgré ça, mais elle ne vivait pas, elle ne faisait que survivre. Un fil sur lequel elle était en équilibre, elle se cantonnait à ce fil alors que si elle avait seulement accepté d’affronter le vide elle aurait plus qu’un fil pour vivre. Elle ne s’était jamais cru lâche, mais force était de constater au vu de ces derniers temps… Mais pour Eldarion et sa famille, hormis enterrer tout au fond des émotions qu’elle n’avait pas la force d’affronter, elle n’avait pas chuté. Elle avait réduit son existence à peu de choses, mais elle n’avait pas chuté. Mais qu’est-ce qui lui avait pris de dire oui à ces gars ? Tirant un peu plus sur ses cheveux, elle posa son front sur ses genoux repliés. Alcoolisée au possible, assez droguée pour planer, fatiguée, pleine de tristesse, de douleur, de colère, de haine, de rancune… elle avait foncé. Ne réfléchissant pas plus que ça, ne voyant que le fait qu’ils lui demandaient un service et qu’ils allaient la payer grassement pour cela. Et les frais de Seeley qui augmentait, et la drogue et l’alcool dans son esprit qui lui disaient qu’elle n’avait rien à perdre. Elle avait tant perdu. S’il n’y avait pas eu César, la prison lui ouvrait grand les bras. César qui l’avait sortie de ce pétrin dans lequel elle s’était elle-même fourrée, empêchant que son nom apparaisse où que ce soit, la ramenant chez elle, l’observant alors qu’elle refermait ce grand portail en fer qui n’avait pas été fermé depuis des années, luttant contre la serrure rouillée, mais elle voulait mettre toutes les barrières possibles entre elle et le monde, puis remontant l’allée, refermant la porte d’entrée dans son dos. Elle était restée longtemps appuyée contre elle, jusqu’à ce que la panique la saisisse, l’étouffe. Lui cédant complètement, elle avait allumé toutes les lumières de la maison, ne supportant plus l’obscurité, voulant la voir disparaître, refermant les volets pour ne pas voir le noir de la nuit extérieure. Depuis, elle n’avait pas touché, ni aux volets, ni aux lumières. Puis elle était montée dans sa chambre, prostrée sur son lit. Ça devait faire… elle n’en savait rien, regardant à peine son réveil, perdant toute notion du temps comme si souvent depuis quelques temps. Mais plusieurs jours avaient dû passer puisqu’elle avait eu fin plusieurs fois au point de devoir descendre pour grignoter quelques choses.


C’était pitoyable, elle-même trouvait son état insupportable, mais elle n’arrivait à rien d’autre qu’à l’apathie. Elle était incapable de surmonter ça, pas toute seule, mais elle se refusait à appeler ses amis. Scylla, Castiel, ils traversaient eux aussi de dures épreuves, l’une ayant perdu sa magie après un kidnapping et supportait mal son traumatisme, l’autre tout juste marié… Et Niamh, amnésique, dont elle n’avait pas essayé de se rapprocher depuis qu’elles s’étaient engueulées, son amie ne se souvenant même plus de qui elle était. Et elle l’avait revue au lit, au lit avec lui. Non, elle n’avait pas été là pour eux ces derniers temps, tout son être refusait qu’elle les appelle à l’aide et encore plus qu’ils la voient dans cet état qu’elle même détestait. Si cela ne faisait que quelques jours, elle avait encore un peu de temps avant qu’ils ne s’inquiètent et ne cherchent à la contacter et qu’elle ne doive soit jouer la lâcheté encore un peu, soit accepter d’ouvrir la porte.


Sans se rendre compte de ses gestes, elle était sortie de la douche, avait pris le premier t-shirt de son placard et une culotte au hasard, s’était habillée avant de se rallonger sur le dos, les yeux fixés sur le plafond dont elle connaissait le moindre détail. La vérité, dans tout ça, c’est qu’elle était rongée de l’intérieur par trop de problèmes à la fois. S’il n’y avait eu qu’Eldarion, s’il n’y avait eu que la banque, elle aurait pu faire face. Elle aurait fait face. Mais il y avait ça et il y avait Maverick aussi. Comment pouvait-elle être assez forte pour affronter ses problèmes quand son coeur ressemblait à un champ de ruines. Sentant que les larmes débordaient, elle enfouit sa tête dans un des coussins. C’était douloureux à en mourir d’aimer quelqu’un aussi fort et de le détester aussi violemment. Dès qu’elle pensait à lui, elle était déchirée en deux, mais quelque soit la partie qui l’emporte, elle souffrait de savoir que tout était foutu en l’air. C’était de lui qu’elle avait besoin, qu’elle avait toujours eu besoin. C’était contre lui qu’elle voulait se blottir et verser toutes les larmes de son corps. C’était avec lui qu’elle voulait oublier tout ce qui tournait mal dans sa vie. Elle avait envie qu’il soit là et le seul fait de savoir que ça ne serait pas le cas, parce qu’ils s’étaient bien trop amusés à se détruire mutuellement, lui donnait envie de disparaître. Pourtant, elle attrapa quand même son téléphone, ignorant les quelques messages, surtout ceux de César, et pianota sur le clavier, appuyant sans réfléchir sur envoyer, une vague d’espoir s’élevant. Elle resta une heure entière à fixer l’écran de son téléphone, le rallumant dès qu’il se mettait en veille, guettant un seul vibrement. Et chaque minute qui dépassait réduisait l’espoir et lui donnait le sentiment d’être une idiote : pourquoi viendrait-il ? pourquoi répondrait-il après tout ce qu’elle avait fait ? Désabusée, cédant à la colère, elle jeta son téléphone à l’autre bout de la pièce et se pelotonna contre ses coussins, sombrant bientôt de nouveau dans le sommeil.
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Alexis & Maverick
Tu t’étais réveillé dans un lit trempé de ta propre sueur, le fusil dans la main, pointant vers la porte, la peur dans tes tripes, ton estomac se vidant dans la poubelle près de ton lit. Ton cauchemar qui hantait ton âme, ton être, alors que tu laissais tomber ton fusil sur le lit avec dégoût. Honte de toi, de ton rêve, de ce que tu étais devenu avec les années. La première fois avait été la plus difficile, tué ton beau-père t'avait demandé bien plus que la rage enfoui en toi, mais tout ceux après lui, tous ses morts que tu avais aperçu dans le fouilli de tes rêves, ceux qu’Alexis t’avais dit d’affronter, de regarder dans le blanc des yeux, ils n’avaient pas été aussi difficile, ils n’avaient pas eu le même impact, peut-être parce que tu ne les avais pas laissé. Tu t’étais construit une barrière, une carapace, pour ne plus être blessé, pour ne plus souffrir, mais Alexis, elle avait trouvé le moyen de passer au travers, de voir tes défauts, tes souffrances, ta douleur, pour mieux te poignarder. Une petite boule de poil vint se coller contre toi, comme s’il savait ce que tu ressentais, comme s’il savait le chamboulement que ton âme, alors tu l’as pris contre toi, enfouissant ton visage dans sa fourrure. Tu l’avais adopté il y as quelques jours à peine, histoire de survivre au tourbillon Alexis. Tu n’en pouvais plus, Maverick, de ses heures à regarder le plafond et à te demander comment arranger le fouilli que tu avais créé, de ses journées à ne penser qu’à elle, de ses minutes qui semblaient prendre une éternité. Tu lui en voulais, oh, tu lui voulais, mais tu étais incapable de resté dans cette perspective. Tu avais l’impression d’avoir été poignardé un million de fois par elle, la douleur t’enveloppant dans une douce couverture, mais ton esprit, ton âme revenait toujours vers ta moitié, vers elle.


Passant ta main dans tes cheveux, assis sur ton lit, les pieds au sol, tu regardais ton mur, les images de ton rêve tournant en boucle dans ta tête, dans ton esprit. Tu n’hésita pas plus longtemps, filant sous la douche pour enlever cette couche de sueur de ton corps, avant de donner un dernier câlin à ton chien, d’attraper ton skate et de partir en claquant la porte derrière toi. Tu devais la voir, t’assurer qu’elle allait bien, c’était tout ce que tu voulais faire en fait, t’assurer qu’elle allait bien, qu’elle était toujours en vie, qu’elle n’avait pas un trou au milieu du front, que son corps n’était pas froid, ses yeux fixé sur le vide. Tu ne savais plus quoi ressentir en fait. Ton corps, ton âme, ton coeur, la voulait près de toi, mais ta tête lui en voulais, ta tête était rancunière, elle ne voulait pas d’une femme qui couchait avec tes amis les plus proches, mais au final, était-tu réellement mieux? Après tout, elle t’avait trouvé au lit avec sa meilleure amie.


Tu ne comprenais pas comment vous aviez fait pour arriver à ce point, pour arriver là où vous étiez maintenant. Depuis des jours maintenant, tu résistait à l’envie de prendre le combinée et de l’appelez, de lui annoncez que tu avais une deuxième soeur, et qu’Elliott avait fuit, qu’elle était partie de la ville. Tu avais résister à l’envie de l’appelez, de lui demander pourquoi, parce que tu savais. Pourquoi pardonner à ce frère qui n’as jamais fait acte de présence depuis dix ans? Tu avais voulu en parler avec Alexis, lui parler de l’armée, de Nathalie, et pas de la manière que tu avais fait dans la rue, pas en crachant les mots, crachant ta rage, ta haine, cherchant le point douloureux. Tu avais voulu lui parler, la prendre dans tes bras, sentir son coeur cogner contre le tien, mais tu étais têtu, tu avait une fierté mal placé, incapable de t’en débarasser, incapable de faire le premier pas, incapable de voir outre les images d’elle et Castiel dans un lit, ensemble. Jusqu’à cette matiné, ce matin où tes rêves t’avait ramené d’ancienne douleur, d’ancien cauchemar. Des rêves qui t’avaient laissé en sueur, le coeur au bord des lèvres, la peur te prenant par l’estomac. Peur qui ne voulait pas partir, qui ne voulait pas s’évaporer. Tu devais la voir, t’assurer qu’elle allait bien.


Tu te tenais devant la porte de sa maison, la regardant, les souvenirs affluent, la soirée mouvementé, ton corps contre le sien, et puis ta fuite. Tu t’en voulais d’avoir fuit, tu t’en voulais de ne pas être resté, de ne pas avoir trouvé le courage pour lui parler, mais tu avais toujours été comme ça, Maverick, fuir les responsabilités, fuir les confrontations.Ton poing qui cognait désespérement contre la porte, sans réponse, tu regarda l’heure sur ton téléphone, il était probablement trop tôt, n’est-ce pas? Et tu le vis, son message, envoyé trois heures plus tôt. Tu ferma les yeux un instant, avant de cogner de plus belle contre la porte. Tu allais la défoncer si elle n’ouvrait pas d’ici quelques secondes. Tu avais seulement besoin de savoir qu’elle allait bien. Tu ne voulais pas vivre dans un monde où elle n’existait pas.
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Alexis & Maverick
Le noir tout autour qui l’enveloppe, qui se resserre, qui l’enserre au point de lui faire une seconde peau, le noir qui l’étouffe, qui fait monter la panique. Elle a beau se débattre, ouvrir grands les yeux ou les fermer en les serrant le plus fort possible, rien n’y fait, il n’y a que des ombres, partout. Aucune veilleuse, aucun rayon de lumière pour venir la sauver ne serait-ce qu’un peu de cette peur panique qui lui monte à la gorge. Elle coule sur elle, sur sa peau, dans ses yeux, dans sa bouche, elle voudrait crier mais aucun son ne sort de sa bouche, les ténèbres avalant tout, le bruit, la lumière, l’espoir… Et puis, d’un coup, au lieu de continuer de couler, lentement, vicieusement, elles se mettent à pulser, à frapper, à rebondir tout autour comme si elles étaient posées sur la caisse d’un tambour contre lequel on s’acharnerait. Elle voudrait se boucher les oreilles, éloigner le bruit insupportable de ce contre quoi on cogne mais rien n’y fait, à l’instar des ombres, le bruit est partout, si fort, si prêt, si angoissant…


Alexis ouvrit les yeux tout en se redressant d’un mouvement vif, ses yeux s’attendant à s’ouvrir sur l’obscurité dont elle venait de rêver mais découvrant sa chambre si familière, baignée de la lumière rassurante des multiples lampes allumées un peu partout. Reprenant sa respiration, la jeune femme se passa une main sur le visage. Les battements se calmèrent jusqu’à reprendre un rythme normal. Les cauchemars étaient récurrents depuis qu’elle était toute petite et c’était notamment pour ça qu’elle avait développé une réelle phobie du noir complet, persuadée que c’était lui cachait les mauvais rêves et que la lumière pouvait les chasser de sa chambre. Même si elle savait désormais qu’il n’en était rien, que les cauchemars étaient un pur produit de son esprit, le noir l’effrayait toujours autant, au point d’être un élément récurrent de ses songes nocturnes. Ceux-ci s’étaient plus nombreux depuis la mort d’Eldarion et ils s’étaient encore accentués après Halloween. Quoiqu’elle fasse, qu’elle dorme ou qu’elle soit éveillée, son esprit ne la laissait jamais en paix, décidé à la pousser au bout.


La Samson allait se rallonger même si elle savait que le sommeil ne la reprendrait pas de sitôt quand des coups la firent une nouvelle fois sursauter. Le coeur battant, elle repoussa les draps et se leva, ses pieds nus sur le parquet de sa chambre, se glissant jusqu’au couloir et jusqu’au haut de l’escalier. Les coups, forts et répétés, provenaient d’en bas. Alexis sentit son coeur accélérer de panique. Elle avait fermé le portail à clef, on ne pouvait pas entrer sur son terrain sans escalader consciemment les haies ou le portail et il fallait vraiment être motivé. Encore embrumé par le cauchemar et surtout par la fatigue qui ne quittait pas depuis quelques jours, son esprit panique aussitôt. La jeune femme ne voyait aucune raison pour laquelle quelqu’un aurait escaladé son portail ou ses haies et viendrait tenter de défoncer sa porte d’entrée si ça n’était pas pour se venger. Ou la faire taire. Qu’il s’agisse de Hamlet, finalement décidé à la faire disparaître à son tour, chose qui l’angoissait depuis qu’elle l’avait vu tuer Eldarion de sang-froid, ou de Aidan qui devait ruminer la mort de son jumeau, elle n’imaginait pas un instant que la personne entrain de frapper si violemment contre le battant puisse lui vouloir du bien. Ses pieds impulsant sa course, elle se dirigea vers la chambre de ses parents dans laquelle elle n’avait pas pénétré depuis six ans et se laissa tomber à genoux au bord du lit pour passer la main sous le matelas. Ses doigts rencontrèrent le métal froid et le contact avec l’arme l’apaisa quelque peu, lui donna une confiance qu’elle était loin de ressentir en réalité. Ignorant son coeur qui battait à folle allure, lui ordonnant de courir à l’opposé, elle descendit lentement les escaliers, veillant à ne pas les faire craquer, comme si la personne qui frappait toujours contre la porte allait pouvoir entendre un craquement avec tout le boucan qu’elle faisait. Traverser le couloir lui sembla prendre une éternité durant laquelle elle s’attendait à chaque seconde à voir la porte exploser et une silhouette furieuse entrer.


Arrivée devant la porte d’entrée, elle retint son souffle, une nouvelle fois comme si on pouvait l’entendre respirer, et elle s’avança encore un peu pour coller son oeil droit contre le judas. Un battement de cil. Son corps tendu à l’extrême se vida de toute la tension que la panique avait créée et elle appuya son front contre le bois de la porte qui vibrait sous les coups répétés. Alexis se laissa quelques secondes, quelques secondes pour que son souffle redevienne normal, que son coeur arrête de frôler la crise cardiaque, que son esprit se réveille définitivement pour cesser de l’embarquer dans des délires paranoïaque et elle ouvrit la porte, le bras qui tenait toujours le pistolet de son père le long du corps, l’arme contre sa cuisse, la dissimulant pour ne pas faire croire qu’elle accueillait tous les gens qui débarquaient chez elle avec un pistolet pointé sur eux. Les clefs qui tournent, le cliquetis du verrou qui se déverrouille. Tirant la porte vers elle, la brune se recula en même temps pour éviter Maverick qui, emporté par l’élan qu’il mettait à frapper contre l’entrée, fit quelques pas dans le couloir. « Qu’est-ce que tu fais là ? » demanda-t-elle, surprise et méfiante à la fois, grimaçant au passage en entendant sa voix. Elle n’avait parlé à personne depuis plusieurs jours et sa voix, faiblarde, semblait être celle d’une malade. Jetant un coup d’oeil à l’extérieur, elle remarqua le portail toujours parfaitement fermé. « Comment tu as… » Un nouveau regard vers lui, les quelques brins d’herbe dans ses cheveux, la terre sur sa joue et sa veste… « T’as escaladé le portail ? » s'exclama-t-elle, même si son exclamation ressembla plus à un couinement du fait de sa voix si peu sollicité récemment, les yeux écarquillés.
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Alexis & Maverick
La haine, la rage, la rancune, ce sentiment que tu possédait en toi, celui que tu croyais ne jamais pouvoir oublier, celui qui te faisait regarder ton passé, Alexis, ce que vous aviez été dans un passé lointain, avec un goût amer, tu avais cru qu’il n’y avait pas de retour possible, que ta vie, avec elle, était bel et bien terminé, qu’il n’y avait plus rien à faire pour que vous puissiez vous en sortir, pour que vous puissiez passez par dessus ce que vous aviez fait, tout les deux. Par quel chemin aviez vous passez pour arriver à ce point, à ce moment précis où tu avait senti ton coeur sombré dans ton âme, où tu avais senti le sens même de ta vie partir en fumée, avec tes mots, avec les siens, vos gestes, tout ces non-dits qui résonnaient entre vous. Comment aviez-vous fait pour oublier les rires, les sourires, ses soirées couché sous les étoiles à parler et à vous embrasser, ses journée passé sur la parois rocheuse, tout ses rires. Comment avais-tu fait pour ne pas voir que les rires et les sourires, les souvenirs et le passé, était plus important que vos erreurs. Ce n’était pas vos première erreurs, vous aviez trébuché sur la vie, vous aviez regardez le monde s’accomplir alors que vous restiez attaché au passé, à l’un et à l’autre alors même que vous étiez à des milliers de kilomètres l’un de l’autre. Comment aviez-vous fait pour oublier que ses moments étaient plus important que les folies causé sous le coup de l’émotion, que les mots arraché avec rage. Vous étiez plus que tout cela, vous étiez plus que le passé, le présent et le futur. Ce que vous partagiez était plus grand que tous ces faux pas. Et ton poings qui cognait contre la porte, alors que ton coeur battait à toute allure, que dans ton esprit, les pires images te venaient à l’esprit, celle d’Alexis au sol, sans vie. Ton rêve, il n’avait été qu’un rêve n’est-ce pas? Il n’en pouvait pas être autrement. Elle ouvrit la porte soudainement, et toi, tu trébuchais dans l’entré sous l’élan de ton désespoir. Et tu resta là, à la regarder aussi surprise que tu l’étais. Sa voix, sa voix était rauque, comme si elle n’avait pas parlé depuis des jours, mais elle était là, pas dans la meilleure des formes, mais présente. Tu ferma les yeux, soulagé, avant d’appuyer ton dos contre le mur et de te laisser glisser au sol, ta tête dans ta main, incapable d’arrêter les tremblements de ton corps, de ta main, de ton bras. Elle était là, elle était vivante, c’est tout ce que tu avais besoin de savoir, n’est-ce pas?


Mais alors que tu pouvais la sentir si près de toi, si près de ton âme, de ton corps, de ta vie, tu savais qu’il y avait plus que cela à ta déchéance, plus que ça à ce corps qui voulait qu’on lui redonne l’oxygène qu’il manquait. “Je… Je suis tellement désolée…” Tu savais, il fallait plus que des excuses pour arrêter la guerre, pour faire la paix, pour que le monde revienne comme il était supposé être, mais tu pouvais commencer par là, tu pouvais bien faire le premier pas, pour une fois? Et puis, tu n’avais plus nul part où aller, plus d’endroit pour appeler ton chez toi. Tout ce que tu savais, tout ce que tu avais toujours sû, c’était qu’elle était ta maison. Elle était ton monde, Maverick. Elliott était partie, ta grand-mère dans un autre monde, et il y avait bien Maxime, mais tu l’as connaissait à peine, tu venais seulement de découvrir votre lien de parenté. Alexis, elle était ta famille, ton monde. Et aussi pathétique que cela pouvait sembler, tu était incapable de vivre sans elle, incapable de refaire ta vie une nouvelle fois en la laissant derrière. Un rire rauque alors qu’elle te demandais si tu avais escaladé le portail. “Non, la haie.” C’était aussi le pourquoi tu étais recouvert de terre et d’herbe, tu étais tombé en tentant de redescendre, tu était partit tellement en panique qu’au final tu avais complètement oublié ta prothèse. Et tu avais beau rire, tu avais beau en faire des blagues, tu te sentais la moitié d’un homme sans ton bras. Tu ne pouvais pas l’ensserer dans tes bras comme avant, incapable de faire la moitié des tâches que tu avais toujours fait, incapable d’escalader, avec la moitié de ton équillibre, tu ne le dirais pas, tu le cachais bien loin, mais la perte de ton bras te touchait beaucoup plus que tu ne le laissait croire. Parfois, parfois tu avais envie de cogner contre le mur, contre ton oreiller, peu importe, tu avais envie de te faire mal pour ta stupidité. Tu releva la tête, l’appuyant contre le mur, la regardant. “J’a… J’avais besoin de voir que tu allais bien, besoin de savoir que… que…” Incapable de finir ta phrase, les images de ton rêve déboulant à nouveau dans ton esprit. Elle t’avais envoyé un message de détresse, mais au final, c’était toi qui avait besoin d’être sauvé. Comment peux-tu être celui qu’elle attends de toi alors qu’en fait, tu n’es qu’un immense fouilli, un être brisé par la vie, par le passé. Tu ferma les yeux, essayant de retenir tes larmes, de retenir la fragmentation de ton être. Tu essayais encore de retenir le fort, d’éviter que tout s’écroule, que ton âme ne se fracture et ne se brise en toi, mais tu ne faisait que mettre de pansement incompétent contre la fracture de ton âme. Tu essayait d’être fort, d’être celui que l’on pouvait venir s’appuyer contre, celui qui était toujours présent, toujours égal à lui-même, mais au final, tu n’était rien de tout ça. Tu ouvrais à nouveau les yeux. “J’ai besoin de toi…” Besoin de l’avoir à tes côtés, de sentir son odeur, de sentir sa peau contre la tienne, simplement besoin de la tenir dans tes bras, c’est tout ce que tu demandais.
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Alexis & Maverick
Alexis jeta un dernier regard sur le ciel matinal coloré des lueurs de l’automne et referma la porte derrière elle puisque l’élan de Maverick l’avait fait entrer dans son couloir. Ses yeux le suivirent alors qu’il s’appuyait contre le mur et se laissait tomber jusqu’au sol, la tête dans la main, une main qui tremblait. De quoi, la brune n’en savait rien. La surprise des premiers instants lui avait fait momentanément oublier ce qu’elle ressentait quand elle pensait à Maverick dernièrement, mais elle s’était évanouie et, avec elle, la barrière protectrice qui s’était érigée tout autour de la Samson. Elle se mordit les lèvres, incapable de faire le moindre mouvement, plantée là dans son couloir, souhaitant à la fois fuir le plus loin possible et se précipiter vers le jeune homme pour le prendre dans ses bras. Incapable de faire ni l’un, ni l’autre, Alexis s’appuya contre la porte d’entrée, les mains dans le dos. Elle n’avait envie de voir personne, sa solitude lui convenait en même temps qu’elle la vomissait, mais au-delà de l’envie, elle ne se serait simplement pas imaginé que Maverick pouvait débarquer chez elle aussi fébrile.


Ses excuses lui coupèrent le peu de voix qu’elle avait, ne s’attendant pas à ce qu’il lui dise ça, pas après leur dernière face à face, pas après Halloween, pas après ses yeux, posés sur elle, brillant d’une rage si forte… Et, en même temps, elle n’avait aucune idée de quoi lui répondre. Qu’elle aussi était désolée ? Que ça ne suffisait pas ? Qu’il ne pouvait pas débarquer chez elle ainsi et lui présenter des excuses comme ça ? Enfonçant un peu plus ses dents dans sa lèvre, elle essayait de refouler le plus profondément possible les vagues de sentiments contradictoires qui s’affrontaient en elle dès qu’elle pensait à Maverick et ne dit rien, incapable de prononcer le moindre et mot et, si ça avait été possible, incapable de trouver quoi dire. Le silence n’était pas la solution, il ne l’était jamais, n’était-ce pas lui qui avait été la cause de tous leurs maux ? mais son esprit était vide de toute réponse possible. Maverick releva la tête et Alexis porta son regard jusqu’au fond du couloir, incapable de supporter un regard qui lui envoyait tant de colère et de haine ces derniers temps. Depuis qu’ils se connaissaient, elle était capable de lire dans ses yeux et si ça lui avait semblé être une belle preuve d’amour, elle regrettait maintenant de pouvoir lire aussi ouvertement ce que ses yeux disaient, pas quand ils disaient toutes ces choses qui lui enfonçaient autant de flèches dans le coeur.


En réponse à son rire un peu rauque, la Samson ne parvint qu’à esquisser un sourire crispé. Les haies étaient suffisamment hautes pour qu’elle ne pensa pas que quiconque en viendrait à les escalader. À en voir les traces sur ses vêtements, il avait eut du mal, d’autant plus qu’il lui manquait sa prothèse. « La haie… » répéta-t-elle en écho. Elle sentait avec une certitude effrayante que si elle se concentrait trop, si elle laissait son esprit se fixer sur ce qu’il se passait en cet instant, sur la présence de Maverick, elle ne pourrait plus retenir la douleur, la peine, la colère et tout l’amour qu’elle ressentait à son égard et qui s’entre-déchiraient si violemment. Avançant de quelques pas, elle le dépassa afin de lui tourner le dos et s’avança vers une commode dont elle ouvrit le premier tiroir dans lequel elle fourra le pistolet. Puis elle s’appuya contre le meuble, ses longs cheveux lui recouvrant le profil, masquant son visage à la vue de Maverick. Fermant les yeux, elle serra un peu plus fort les lèvres. Elle ne voulait pas se laisser aller encore une fois à toutes ces émotions déchirantes, elle ne voulait plus ressentir de haine, plus de colère, et même plus d’amour, pas quand c’était aussi douloureux, pas quand l’amour s’accompagnait de douleur et de tristesse parce qu’il était irrémédiablement perdu. Et voir Maverick ici, tout prêt d’elle, si près d’elle, ça rendait la chose très dure, voire quasi impossible, quand son corps tout entier ressentait sa présence, comme électrisé par lui. La jeune femme aurait voulu se fondre dans ses bras alors que cette même idée la faisait frémir de refus.


Du bruit, des mouvements, Alexis se détourna de la console pour voir Maverick se relever et appuyer sa tête contre le mur comme si elle était trop lourde à porter. Si Alexis avait pu faire pareil de tout son corps, bien trop lourd à son goût, bien trop plein de trop de choses… La légèreté, l’insouciance lui manquaient ces derniers temps. Ses sourcils se froncèrent alors que les mots du jeune homme atteignaient ses oreilles. Pourquoi est-ce qu’il… Ouvrant la bouche pour la refermer aussitôt, Alexis se souvint du message qu’elle lui avait envoyé il y a… elle ne savait combien de temps, sûrement quelques heures. Elle ne se souvenait même plus précisément de ce qu’elle lui avait écrit, le sommeil ayant emporté avec lui le souvenir, mais ça l’avait assez bouleversé pour qu’il débarque ici dans cet état. « Je… C’est mon message ? Je ne voulais pas paraître inquiétante, je… » Je ne vais pas bien, non. Elle aurait pu dire ça, il ne se serait agi que de la vérité, mais les mots se coincèrent dans sa gorge. Elle n’allait pas bien du tout, elle en avait parfaitement conscience, mais le dire à voix haute, c’était encore au-dessus de ses forces. Se détournant, ravalant les larmes qui brillaient dans ses yeux, elle se dirigea, fuit vers la cuisine.


Et ses mots qui la suivirent, cinq petits mots qui lui vrillèrent le coeur. Elle ne comprenait pas quel revirement s’était opéré chez Maverick pour qu’il passe de la rage pure à ces mots qui la berçaient d’une tendre douceur et qui lui faisait si mal en même temps parce qu’elle refusait de s’abandonner à ses sentiments amoureux, elle refusait qu’ils remontent, elle voulait les enfouir tout au fond, alors même qu’elle savait qu’il fallait qu’elle arrête de faire ça, de tout enfouir, cacher dans un coin, et faire comme si elle n’y pensait plus. Mais elle n’avait juste pas la force d’affronter son amour pour Maverick, de s’y envelopper pour que la réalité la rattrape et lui fasse encore plus mal. Elle ne pouvait pas se lover contre ces sentiments pour qu’on les lui arrache une nouvelle fois. C’était assez dur d’ouvrir les yeux à chaque réveil en ayant oublié la totalité des événements, ne se souvenant que de la soirée qu’ils avaient passée tous les deux, avant que tout ne lui revienne en pleine figure, la laissant sans souffle sur son lit tant la douleur lui faisait mal. Assez dur sans, qu’en plus, elle se mette à faire pareil au réveil, à oublier un instant tout ce qu’elle avait fait, tout ce qu’il avait dit pour croire que tout allait encore bien. Ça n’était pas le cas. Pourtant ses mots trouvaient écho en elle. Elle avait tant besoin de lui. Tant besoin de leur amour, de leur complicité, de leur relation qui lui manquait atrocement depuis qu’elle y avait regoûté, même si ça n’avait été que le temps d’une soirée. Elle avait déjà eu du mal à se sevrer de lui la première fois mais la rechute était pire que tout, bien plus douloureuse que tout le reste. C’était bien pour ça qu’elle lui avait envoyé un message à lui et que même si sa conscience lui disait de le mettre dehors avant que tout ne dérape et que les mots ne redeviennent des coups de massues, elle en était incapable, bien trop nécessiteuse de sa présence. La tête dans le frigo pour cacher ses yeux qui ne parvenaient plus à retenir les larmes elle demanda d’une voix rauque. « Tu veux quelque chose ? » Tendant la main pour secouer une bouteille et regarder la date de péremption, elle énuméra : « Jus d’orange, lait, bière, rosé… » Elle n’avait aucune idée de l’heure qu’il était jusqu’à ce que le ciel entraperçu par la porte lui revienne en mémoire. Non, pas de bière ni de vin, peut-être pas. Une partie d’elle s’en voulait de ces mots si banals, ces mots vides de sens qu’elle était seulement capable de prononcer, mais l’autre partie refusait catégoriquement de céder le pas aux sentiments amoureux ou à leur pendant haineux. Elle n’avait la force ni d’affronter les uns, ni d’affronter les autres. Alors elle se protégeait derrière des banalités.
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C’était le silence, son silence, qui te brisais le plus. Alors qu’elle était incapable de même te regarder, incapable de voir en toi autre chose que celui que tu avais été ces derniers temps. Celui qui avait couché avec sa meilleure amie, celui qui avait été pétri de jalousie, enfoncer dans des sentiments qui ne te ressemblait pas, qui ne t’avait jamais ressemblé Tu te cachais derrière Nathalie, derrière ce qu’elle t’avais fait, mais regarde les choses en face, Maverick, elle n’était qu’une excuse pour ce que tu étais devenu. Un être empli de haine, de rage, de rancune, incapable de faire confiance en la moindre personne, encore moins à Alexis. Que tu le veuille ou non, ton passé, la guerre, la prison, t’avait changé au plus profond de ton être, avait modifié jusqu’à ton essence même. Tu te cachais derrière tes rires et tes sourires, derrière tes blagues bidons et tes répliques, mais au fond de toi, tu n’était qu’un enchevêtrement de pièces brisé, incapable d’être remise ensemble, incapable de voir plus loin que le passé. Tu voulais ce que tu ne pouvais plus avoir, tu voulais Alexis et son innocence d'antan, alors même que toi-même tu ne pouvais pas lui offrir la même. Quand est-ce que tu étais devenu l’homme aigri qu’y était assis sur le sol présentement? Quel était le moment clé, le point tournant de ton histoire? Tu n’en savais rien, et au final, tu n'étais pas intéressé à le savoir, tout ce que tu savais c’était qu’il n’avait pas de retour en arrière, il n’avait plus d’innocence à partager, plus de rire et de sourire, de ses moments que tu avais tant chérit, il n’y avait plus rien, que des morceaux d’espoir qui s’effaçait un à un. Tu regardais ta main, ta main qui n’arrêtais pas de trembler, incapable de l’arrêté. Tes souvenirs, ton passé, tout semblait revenir en force, les âmes des morts te rongeant l’estomac, l’être, ce dernier rêve, ce dernier cauchemars, il semblait t’avoir replonger dans un univers auquel tu ne voulais plus accéder, un univers que tu avais envie de fermer derrière toi et d’oublier.


Elle paraissait confuse, elle parlait de son message, et toi d’autre chose. Ce n’était pas le message qui t’avait inquiété, tu venais seulement de le voir, mais un rêve. Un rêve stupide, complètement stupide, mais qui t’avais paru tellement réelle, tellement vivant. Comme si elle y avait vraiment été, comme si tout cela n’était pas qu’un fruit de ton imagination. Et ce rêve, il avait ramené des sentiments que tu avais enterré il y as longtemps, sentiment que tu ne voulais pas revoir mais qui t’affrontait aujourd’hui. Et tu le sais, tu devrais probablement toujours être fâché, ruminer ta rage, ta haine, ta rancune, mais tu n’y arrivais pas, pas aujourd’hui alors que toute tes défenses tombaient, pas alors que tu te sentais si vulnérable, si petit dans ton propre corps. Tu avais besoin d’elle comme tu avais besoin d’oxygène. Mais ta dernière phrase, tes derniers mots, elle les ignora, comme s’ils n’avaient été qu’un murmure dans le silence, des mots facilement oubliable. Tu ferma les yeux, les larmes menaçant de percer l’écran de tes paupières. Tout ce que tu avais fait, tout les tords que tu lui avait causé, si tu en étais là c’était de ta faute, tu le savais. Et même si tu ne pouvais oublier Castiel, tu pouvais lui pardonner, tu pouvais comprendre. Qu’elle avait eu besoin de quelqu’un et toi tu lui avait claquer la porte au nez, elle avait eu besoin d’espoir et toi tu les avais détruit devant elle. Elle avait eu besoin de toi, et toi, tu avais fuis par la première porte rencontré. Mais c’est mots banals, cette conversation banals, tu ne pouvais pas, tu étais incapable de faire comme-si, de faire comme si votre monde ne s’écroulais pas autour de vous, de faire comme si tu n’étais pas mortellement meurtri au fonde de toi.


Tu te levais, te glissant derrière elle, appuyant doucement ton front contre son épaule, dans son cou, ta main sur sa hanche opposé. “Alexis, s’il te plait…” Tu étais prêt à marcher sur ta fierté, sur ton orgueil, près à piétiné qui tu étais, à oublier le souvenir de Castiel et elle dans un lit ensemble, près à tout, pour qu’elle ne t’accorde que quelques secondes, quelques minutes, seulement pour sentir son corps contre le tien, seulement pour te sentir en sécurité l’espace de quelques secondes. Tu avais besoin d’elle comme jamais auparavant, parce que tu te sentais sombrer, sombrer dans un univers sombre et sans lumière, un univers où tu n’avais aucune chance de t’en sortir, aucune chance de t’échapper. Tu te noyais en ton être, Maverick. Et si tu savais que tu avais un jour atteint un détour qui t’avais éloigné de toi-même, tu savais aussi que cette fois, tu ne t’en sortirais pas. Tu étais noirceur, Maverick. En toi, dans ton être, malgré les rires et les sourires, tu étais une boule de magma prêt à exploser, tu n'avais plus de force pour lutter, plus de courage, et aussi pathétique que cela était, tu avais besoin d’elle pour t’en sortir, pour être à nouveau. Tu appuyais doucement sur sa hanche, pour la faire tranquillement pivoter vers toi, prenant son menton entre tes doigts, plongeant ton regard dans le sien. “Regarde-moi, ne m’évite pas… Je… Je…” Tu ne finit pas ta phrase, fermant les yeux, appuyant ton front contre le sien, avant de la relâcher. Tu ne pouvais pas la forcer à te pardonner, tu ne pouvais plus lutter contre elle, contre le destin, contre la vie. Tu voulais retourner au temps où tu voguais dans le même sens qu’eux, où tu ne te battais pas toujours contre ce la terre entière, de ce temps où tu naviguais dans le sens de la vague. Tu resta quelques instant à la regarder, ton corps si prêt du sien. Ta main se levant, s’appuyant contre sa joue, avant de la laisser tomber à nouveau, t’éloignant de son corps, lui laissant de l’espace. “Je sais que ce n’est pas assez, je sais que ça ne sera jamais suffisant, mais je le suis vraiment, désolé. J’aurais voulu que ça se passe en d’autre circonstance, j’aurais voulu que mon passé, ton passé, ne s’interposent pas entre nous. J’aurais voulu ne pas avoir changer, ne pas être devenu l’homme que je suis devenu, j’aurais voulu avoir vécu une vie dont tu aurais pu être fière, ne jamais te décevoir. Et j’ai voulu t’oublier, j’ai voulu passé à autre chose, ces dix dernières années. J’ai essayé, tant bien que mal, de laisser le passé dans le passé, mais je n’y arrive pas. Je reviens toujours vers toi.” Tu la regarda un instant avant de te détourner, de t'éloigner vraiment, de lui laisser l'espace qu'elle semblait tant vouloir.
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Le silence avala ses mots, des mots bien trop vides de sens qui n’avaient pas leur place, pas ici, pas maintenant. Alexis le savait, elle avait conscience que Maverick attendait autre chose qu’une proposition de boisson, mais elle était incapable de prononcer autre chose que des mots sans substance. Elle avait peur de ce qui l’attendait si elle plongeait là-dedans, bien trop familière du silence ces derniers temps pour ne pas appréhender le retour à la réalité. Au fil des heures passées seule, dans son lit ou sous la douche, elle s’était construit un petit cocon de silence et de vide, essayant tant bien que mal d’en faire sortir tout ce qui pouvait provoquer une quelconque réaction. Elle voulait l’apathie, elle la recherchait et la chérissait, malgré cette petite voix lui soufflant qu’elle ne s’en sortirait pas comme ça, qu’il faudrait bien affronter les ombres, les souvenirs, les sentiments. Une brèche dans sa solitude et l’impulsivité s’en était emparée, en profitant pour lui faire envoyer un message à Maverick. Et maintenant il était là, il emplissait tout l’espace, il la forçait à regarder en face ce qu’elle cherchait à terrer jusqu’à ce qu’elle ait la force d’y affronter. Il avait beau n’être que dans le couloir, elle pouvait le sentir comme s’il était tout prêt et, quand elle entendit le parquet grincer sous ses pas, sachant bien qu’il se rapprochait, son corps frissona d’anticipation, un frisson qui nacquit dans sa nuque pour se propager dans son dos, dans ses bras, dans la main qui tenait toujours le frigo ouvert, dans ses jambes nues… Avant même qu’il ne se glisse derrière elle, tout son corps électrisé avait déjà saisi sa présence. C’était un contact doux, une main sur sa hanche qui déclencha une nouvelle vague de frisson, son front contre son cou, mais c’était tellement violent ce qu’il déclenchait en elle. Une furieuse envie de fuir en courant les sentiments qu’il réveillait mêlée au besoin de se retourner, de presser son corps contre le sien. Et l’incapacité totale à faire ni l’un, ni l’autre. Sa main se crispa autour de la poignée du réfrigérateur pendant qu’elle mettait toute sa volonté à ne pas fléchir, à ne pas laisser ses jambes céder. Il était tout prêt, tout contre elle, et ses mots, son souffle qui parvenait jusqu’à ses oreilles en courant le long de sa peau… La jeune femme ferma les yeux et se mordit les lèvres bien plus fort qu’elle ne l’avait fait jusque là, ravalant ses larmes, luttant contre son corps entier qui lui disait qu’il avait besoin de ce contact. Elle ne pouvait pas. Elle ne pouvait pas se laisser aller dans ses bras, aussi fort soit son désir de le faire, pas quand la dernière fois qu’elle l’avait fait il l’avait laissée tomber.


Malgré toute sa volonté, elle sentit que ses joues devenaient mouillées, les larmes ayant percées la barrière trop faible qu’étaient ses yeux fermés. La brune pouvait endurer une perte. Elle l’avait fait. Elle s’était remise de son emprisonnement et de son absence, de son non-retour. Ça avait mis des mois mais elle avait fini par se dire qu’il ne reviendrait pas et qu’elle avait beau l’aimer comme on aime un premier amour - aussi fort et éternellement - il ne reviendrait pas, il ne serait plus jamais à elle. Aussi douloureux que ce soit, aussi violents que soient les coups apportés à ses belles illusions, elle s’était relevée et avait fini par l’accepter, même si ça n’avait pas voulu dire qu’elle avait été capable de retrouver une vraie relation avec lui, loin de là. Elle avait fait pareil avec ses parents. Et Seeley. Alexis avait fini par faire son deuil, sans oublier, sans pour autant tourner complètement la page, un petit morceau de papier restant coincé dans sa main. Elle avait affronté ce qu’il suffisait de peine pour pouvoir continuer à marcher, même si ça n’était pas suffisant, même si elle n’avait jamais regardé en face tout ce qu’elle cachait. Mais ce qu’elle pouvait faire une fois, la Samson se savait incapable de le faire une seconde. Alors qu’elle avait définitivement admis que Maverick ne ferait plus jamais partie de sa vie, il était réapparu, différent et pourtant toujours pareil. Et elle lui avait ouvert la porte, elle s’était jetée dans ses bras, parce qu’elle ne pouvait pas faire autrement, parce que c’était lui, parce que c’était elle, et qu’il ne pouvait en aller autrement. Et lui il avait fuit. Sa main se resserra un peu sur la poigné du frigo. Elle n’avait pas posé de question, elle ne l’avait pas jugé, elle se fichait pas mal de ce qu’il avait fait, tout ce qui comptait c’était qu’il était là, le reste ils pourraient passer au dessus, et il avait fuit, simplement. Comme si elle ne pouvait pas comprendre, comme si elle ne méritait pas de savoir, comme s’il ne pouvait pas lui faire confiance pour lui pardonner un geste qu’il n’avait même pas conscience de commettre… C’était pas la première fois qui avait été la pire mais bel et bien cette fois-ci, quand elle s’était sentit plus vivante que jamais depuis ces dernières années et qu’il l’avait simplement laissée derrière. Alors, quelque soit la force avec laquelle son corps criait qu’il le voulait, qu’il avait besoin de lui, elle ne pouvait pas, pas alors qu’il pouvait simplement l’abandonner une nouvelle fois. C’était l’espoir de reconstruire une relation qu’il lui avait fait entrapercevoir avant de le piétiner avec ferveur. Un peu comme si Seeley se réveillait de son coma pour qu’on le tue sous ses yeux.


Sentant qu’il faisait pression sur sa hanche pour qu’elle se retourne, elle lutta quelques secondes, refusant de montrer ses joues baignées de larmes silencieuses, refusant de croiser son regard, refusant d’être face à lui, si proche, avec son être entier lui hurlait qu’il avait envie de se lover contre son corps. Mais force était de constater qu’il avait grandit et qu’il s’était musclé en dix ans parce qu’il n’eut aucun mal à la faire pivoter, même avec un seul bras. Sa main repoussa la porte du frigo pour qu’elle se referme et alors qu’il prenait son menton entre ses doigts, plantant son regard dans le sien, elle fit exactement ce qu’il l’implorait de ne pas faire, baissant les yeux pour fixer ses pieds nus. Elle frissonna et recula d’un pas, son dos collé contre le frigo quand il posa son front contre le sien, son souffle jouant sur ses lèvres. « Je ne peux pas… » murmura-t-elle, se raccrochant à ces mots pour ne pas céder à la folie des émotions qui battaient en elle à folle allure. Elle ne pouvait pas plus reculer et il était si proche, trop proche pour sa raison à elle. Et tout son corps qui lui disait de céder, de se laisser aller, qu’elle en avait besoin, qu’il lui fallait cela, et sa raison qui lui soufflait qu’elle perdrait à ce jeu là, qu’elle ne s’en remettrait pas, qu’il l’avait déjà quitté deux fois et qu’une troisième fois serait fatale. Et puis l’image de lui et Niamh dans le même lit, deux corps dévêtus sous des draps, ça lui suffit pour relever la tête, se débarasser du poids accablant des sentiments, un instant du moins, et le faire reculer, lui laissant enfin l’espace salvateur dont elle avait tellement besoin. Cependant, ça lui déchira le coeur qu’il s’éloigne, même si c’était si peu que ça. Mais toujours cette image qui s’imposait à elle et qui lui rappelait par où ils étaient passés. Elle pouvait pardonner l’étranglement et l’absence de réponse des jours qui avaient suivis. Elle avait ses torts, elle en avait parfaitement conscience, et elle se serait excusée sincèrement d’avoir fait ça, de l’avoir blessé, malgré qu’elle ai eu besoin de compagnie pour oublier qu’il n’était pas là, elle regrettait quand même. Mais jamais, jamais elle n’avait fait ça pour se venger. Et lui, il avait occulté le fait qu’elle venait de voir un ami mourir sous ses yeux pour l’enfoncer plus bas que terre et la laisser dévastée en pleine rue puis il était aller courir auprès de sa meilleure amie. Ça lui restait en travers de la gorge qu’il ai sciemment pu vouloir la faire souffrir à ce point là, profitant de sa faiblesse et du fait que Niamh était amnésique pour lui enfoncer un couteau en plein coeur et le retourner, encore et encore. Elle savait qu’il avait changé, ils avaient tous les deux changés, mais pas au point d’être consciemment méchant avec elle. C’était bien quelque chose qu’il n’avait jamais fait et qu’elle ne savait pas comment gérer. Et ses mots, toujours ses mots, il avait le don pour lui faire retourner le coeur, que ce soit pas des mots acides et haineux ou pleins d’excuses. Alexis resta un long moment silencieuse, ses yeux fixés sur lui mais ne voyant que le vide, avant d’abdiquer. Elle ne pouvait pas rester dans le néant encore plus longtemps, il fallait qu’elle affronte tout ça, cette situation qui pourrissait à l’intérieur, c’était ça qui la clouait au lit et l’empêchait de résoudre le reste. La brune raffermit sa voix, refusant que les larmes présente sur ses joues débordent dans sa voix. « T'as pas le droit de revenir vers moi pour me fuir à la moindre contrariété. T'as pas le droit de me reprocher dix années où tu n'étais pas là. Je m'étais faite à l'idée que tu ne reviendrais jamais, que notre histoire était terminée, mais tu es revenu. T'as repris le peu que j'avais réussis à construire, le peu de chemin que j'avais réussis à faire. Pour fuir à nouveau et écraser tous les espoirs que t'avais ramenés avec toi. C'est pas juste, Maverick, de débarquer dans la vie des gens comme ça si c'est pour les abandonner quand ça devient un petit peu dur. Et c'est encore moins juste de leur reprocher ensuite d'avoir essayé de ne pas sombrer. T'étais parti. T'étais plus là, du jour au lendemain, j'ai plus jamais eu de nouvelles et t'es réapparu, t'as ramené trop de choses avec toi, et t'as fuit, t'as fuit ! » Les mots se coincèrent dans sa gorge. Elle ravala les sanglots et continua, des reproches dans la voix. « Puis tu m'as reproché de chercher à me protéger des dégâts que toi tu avais causés. C'est pas le passé le problème, arrête de te cacher derrière, c'est le présent le problème. Juste le présent. »
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Ton corps qui se fige, alors que ses mots sortent, finalement libéré. Une partie de moi voudrais partir, sortir, qu’il n’y as plus rien à sauvé ici, plus rien à faire de la catastrophe que nous sommes devenu, mais ses mots résonne en moi. J’avais fuit, lâchement fuit, mais je ne savais plus comment réagir. J’avais l’habitude de me battre avec des armes, de tuer mes ennemis, mais les mots, les mots étaient différents, ils blessaient autant qu’ils soignaient, donnaient autant qu’ils prenaient. Et dans mon être, dans mon âme, alors que je m’étais vu, ma main autour de son coup, sa vie quittant lentement son corps, quand j’avais repris conscience, réalisant les dommages que je causais, j’avais fuit. Au départ en me disant qu’elle était mieux sans moi, qu’elle était mieux sans les dégâts que je causais invariablement autour de moi, pour finalement réaliser que malgré tout, si elle pouvait pardonner l’impardonnable, peut-être, peut-être pouvait-elle comprendre, peut-être pouvait-elle continuer à m’aimer malgré tout. “J’ai… Je suis seul depuis dix ans, dix ans que je n’ai personne pour me soutenir, donne moi du temps, du temps pour revenir, du temps pour comprendre que peu importe ce qui arrive, tu sera là. Dix ans que les doutes, les remords, me gruge, jusqu’à n’être plus rien. J’ai perdu une partie de moi cette dernière décennie, Alexis, mentalement et physiquement, et je suis perdu, je n’ai plus de repères, je ne sais plus rien. Ce qui était vrai ne l’est plus, ce qui était vérité absolue est devenu obsolète, il n’y avait que toi, ou du moins l’idée de toi. Tout ce que je t’ai dit, je n’en parle jamais, enfoncé en moi mais sans que jamais je n’arrive à l’oublier. Et j’en ai honte, tellement honte. De qui je suis, de ce que j’ai fait, parce que mes mains sont tachées et je n’arrive pas à y enlever le sang. Je ne voulais pas que tu me regarde comme tu me regarde aujourd’hui, je voulais pas voir le dégoût dans ton regard. Et pour toi, ce n’est pas le passé le problème, mais pour moi, le passé est entremêlé avec le présent, il ne fait qu’un. Parce que le passé ne m’as jamais réellement quitté.” Tu vivais avec quotidiennement, la nuit, quand tu arrivais à dormir, le jour, lorsqu’un bruit brusque te faisait perdre le contrôle, tu vivais dans la peur. Cette peur qui te prenais l’estomac et ne te lâchais pas. Et tu faisais comme si de rien était, comme si rien de mal ne pouvait t’arriver, tout pour garder cette apparence de parfaite indifférence alors que ton âme explosait de douleur, que ton être se cachait, terrifié. Tu n’avais plus rien du Maverick que tu avais un jour été. “J’ai jamais voulu t’abandonner, Alexis, je voulais… j’avais seulement besoin de quelques jours pour mettre mes idées en place, pour classer une décennie de souvenirs et de cauchemars avant de revenir. Ce qui c’est passé dans ta chambre, pendant un instant j’était de retour en Afghanistan, pendant un instant tu n’étais plus Alexis, tu n’étais plus la femme que j’aime, et je t’ai blessé. Comment voulais-tu que je te regarde dans les yeux alors que je suis incapable de croiser mon reflet? J’avais seulement besoin de temps, un peu de temps.” Et puis tu avais vu l’article dans le journal et tes pensées avaient échappé à ton contrôle. Tu n’avais vu que la rage, que cette partie de toi qui se brisait, tu avais vu tes espoirs partir, tu avais vu ta dernière vérité s’effondrer. Elle ne t’avais pas attendu. Elle avait attendu dix ans, mais elle ne pouvait attendre quelques jours de plus.

Tu n’avais pas réfléchit plus loin, ton être trop douloureux pour voir, pour penser à elle avant toi. Et dans ton esprit, tu ne revoyais que Nathalie, que les mercenaires, et l’une l’autre c’était interposé, jusqu’à ce que finalement elles ne fassent qu’une. Ta haine pour l’une amplifiant celle pour l’autre. “Quand on c’est croisé, ce n’était plus toi que je voyais, c’était Nathalie, et le même scénario qui recommençait, encore et encore. J’avais mal, j’avais l’impression que tu avais trahis l’idée même de nous, que ma dernière vérité s’effondrait. Tu m’as blessé, plus que tu n’aurais pu le croire vraiment, et c’est de ma faute parce que je ne t’ai jamais parlé de ce qui c’est passé ces dix dernières années, tu ne pouvais pas savoir. Mais avec lui, et puis avec Castiel, comme si je n’étais rien, comme si je ne valais rien pour toi. Et ce n’est peut-être pas ce que tu as voulu faire, ce n’étais probablement pas ton but, mais tu as brisé la seule chose en moi qui me gardait encore entier, la seule partie de moi qui existait encore.” Tu t’approchais à nouveau, ton corps entier réclamant son besoin d’elle, désirant son contact, son amour. Ta main contre sa joue, caressant sa peau, essuyant une larmes qui avait fait son chemin sur son visage. Tu avais tellement besoin de voir que son regard n’avait pas changé, que le dégoût n’avait pas fait sa place sur son visage, que peut-être, peut-être il y avait encore une chance, que peut-être tout n’était pas perdu. Tu avais tellement rêvé de ce contact, de ce simple petit contact électrisant, de ceux qui te font retourné à l’adolescence, les papillons dans le ventre et cette ultime attente ingérable. Mais cette fois, c’était plus qu’une simple amourette d’adolescent, ce ne l’avait jamais vraiment été en fait. Elle et toi, cela avait toujours été plus fort, plus profond qu’une amourette, ça ne pouvait pas terminé comme ça, ça ne pouvait pas être détruit par des paroles ou des gestes, pas alors que vous étiez passez au travers de pire, pas alors que vous veniez de vous retrouver après une décennie. “Regarde moi, s’il te plait” Une pause, un instant, restant dans ta position, parce que même si elle ne voulais pas de ton contact, tu avais besoin d’elle, besoin de sa peau contre la tienne pour te reconstruire, pour refaire ce qui avait été détruit. “J’ai l’air bien comme ça, tout sourire, le premier à rire, le premier à sortir une blague, le premier à vivre, mais je…” Tes yeux qui se ferme, réfléchissant aux mots qui ne voulaient pas sortir, aux mots qui ne voulaient pas être, avant de les ouvrir à nouveau “Je suis brisé, Alexis. Tu n’avais pas tord, quand tu disais ne plus me reconnaître, parce que je ne suis plus rien. Qu’un ramassis de poussière au fond de mon corps. Je n’ai pas envie de répété la scène dans la rue Alexis, j’en ai pas la force. Je sort le drapeau blanc, peu importe. Mais j’ai besoin de toi…” Une dernière caresse sur sa joue, alors que tu laisse retomber ton bras près de ton corps, te battant contre la moindre fibre de ton être qui te criait de la prendre dans tes bras, de sentir son parfum près de toi, tu avais envie de croire que vous aviez une chance, envie de croire que peut-être, peut-être tout n’était pas perdu pour toi.
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Comme pour se protéger de cette discussion, des mots, toujours les mots, se protéger de ce qu’ils étaient devenus, Alexis, toujours adossée contre le frigo, coinça ses mains sous ses bras, le regard fuyant toujours celui de Maverick. Mais quelque soit la posture qu’elle adopterait, quelque soit la manière dont elle chercherait à fuir le moindre contact avec la jeune homme, rien n’était en mesure de la protéger contre les mots. Si tranchants, ils blessaient plus sûrement que n’importe quelle arme. Et, actuellement, qu’ils soient plein de haine ou débordant d’amour, plein de colère ou de supplication, ça ne changeait rien, ils la blessaient tout aussi sûrement que si on lui enfonçait un couteau dans le coeur en prenant grand soin de le retourner, encore et encore, afin que la plaie ne se referme jamais. C’était l’impression qu’elle avait depuis des jours, d’être une plaie béante constamment ravivée, comme si on prenait plaisir à lui jeter de l’alcool dessus pour exciter la douleur et l’empêcher de se refermer. Et ses mots, toujours ses mots, ses mots à lui, mille fois plus blessants que ceux de n’importe qui d’autre. Le seul qui pouvait l’atteindre aussi profondément, là où elle cachait tout ce qu’elle voulait oublier, le seul qui y parvenait, qui réussissait à tout faire remonter, bon comme plus mauvais, c’était lui. Ses mots qui trouvaient écho en elle. Ils étaient tellement semblables, tellement liés, que c’était pour cela qu’ils arrivaient aussi facilement à se détruire. Parce que le moindre geste, le moindre mot, le moindre regard de l’autre avait un pouvoir sur soi que même la pire des tortures ne pouvait atteindre. Elle aussi elle avait tout enfoncé au fond d’elle, au plus profond de son être, cherchant à oublier les rires, les baisers, la joie d’être avec lui, parce qu’y repenser alors qu’elle n’y avait plus le droit, ça faisait trop mal. Elle aussi elle avait tout enfoncé au fond d’elle, refoulant la perte de sa famille entière, les rares piliers qui lui restaient, au fin fond de son âme. On avait cru qu’elle avait fait le deuil rapidement, elle avait juste décider de ne plus penser à la réalité. Une semaine pour se perdre dans la douleur, c’était tout ce qu’elle s’était accordé, et elle avait refermé cette porte derrière elle pour ne plus jamais l’ouvrir. Jusqu’à aujourd’hui. « J’étais prête à te donner tout le temps qu’il te fallait. » C’était vrai. Elle lui aurait donné des années si ça avait signifié l’avoir auprès d’elle pour le reste de leur vie. Elle lui aurait laissé l’espace dont il avait besoin pour se reconstruire, l’aidant du mieux qu’elle aurait pu. Elle était prête à tout mais elle ne savait pas si elle l’était encore. Ou, du moins, si elle était capable de s’abandonner une nouvelle, une troisième fois, entièrement et complètement à lui, à lui donner les clefs de son être tout entier, acceptant à nouveau qu’il puisse la détruire par un simple silence. Et ce sang dont il parlait, elle le voyait sur ses mains, elle le voyait même alors qu’elle avait les yeux fermés. Il était différent, ça n’était pas du tout le même sang, elle comprenait l’horreur qu’il y avait sur le sien, la culpabilité aussi. Elle était prete à les laver avec lui, à effacer ce rouge qui semblait ne jamais vouloir partir. Et quand elle aurait eu besoin de lui, quand elle aurait eu besoin qu’il fasse de même avec ses avants-bras rouges du sang d’Eldarion, un rouge qui lui vrillait les yeux, qui l’empêchait de dormir, il avait simplement craché toute la haine qu’elle lui inspirait. « Mon regard, il a rien à voir avec tout ça. Ce que t’as fais, les choses horribles dont tu es coupable et victime, j’en savais rien jusqu’à ce que tu me les crache à la figure comme un serpent crache du venin, jusqu’à ce que tu t’en serves pour me faire mal, me montrer que t’étais différent, plus le même. Ça a à voir avec ça. Juste ça… J’avais compris que tu avais souffert, qu’une partie de toi manquait à l’appel parce qu’elle était en mille morceaux, je l’avais compris, accepté, j’étais prête à mettre tout ce que j’avais pour t’aider, te réparer, effacer les cauchemars de tes yeux. Mais ça. Le plaisir que tu as pris à me cracher ta haine au visage. L’indifférence face à ma douleur… Je suis censée faire quoi ? Dis-moi ?! T’attendre, attendre que tu ailles mieux, attendre que tu effaces la honte, les remords, le passé, attendre et accepter que, pendant ce temps, tu me prennes pour ton punching-ball ? Attendre que tu comprennes que, quoique tu fasses ou aies fais, je serais là et accepter que, pendant ce temps, toi tu n’en fasses pas de même avec moi ? » Une nouvelle fois, sa voix s’étrangla dans sa gorge, coupée par l’émotion qui montait, par les larmes qui, incapables de se déverser à travers ses mots, coulaient le long de ses joues, sortant de sous ses paupières toujours closes. Elle avait essayé de ne pas se laisser entraîner par le tourbillon de ses sentiments, elle avait essayé de ne pas se noyer dedans, mais c’était un bel échec et elle sentait déjà la douleur, la colère liées à tout l’amour qu’elle portait toujours à Maverick revenir en force.


La jeune femme était capable de bien des choses, encore plus quand il s’agissait du seul homme qu’elle avait jamais aimé, mais elle était pourtant parfaitement incapable de se lancer dans quelque chose qui n’irait qu’à sens unique. Elle avait toujours connu la parfaite relation avec Maverick, adolescents, ils n’avaient cure de tout ce pour quoi les adultes se prennent la tête, mais il avait toujours été là pour elle et la réciproque était vraie. Sauf qu’aujourd’hui, elle ne pouvait pas se tenir présente pour quelqu’un qui fuyait et ne la soutenait pas. Là où elle n’avait pas chercher à en savoir plus sur dix années, là où elle n’avait pas demandé plus de comptes que ça alors qu’il avait tué un autre être humain, là où elle l’acceptait tout entier sans conditions, aussi dur que soit l’idée qu’il n’était plus tout à fait le même, il ne voyait que dix années d’égarement dans le lits d’autres hommes. Dans le lit de Castiel. « Et moi seulement besoin d’un message. Un message qui me disait le dixième de ce que tu me dis là, même pas. Pas des excuses, pas des explications, juste un message pour me dire qu’il te fallait du temps, juste un putain de message. » La brune n’aurait peut-être pas pris la nouvelle avec sourire et bonne humeur mais elle aurait attendu. Elle savait qu’elle l’aurait fait, comment aurait-il pu en être autrement quand son corps entier lui hurlait son besoin de lui ? S’il lui avait envoyé un seul signe de vie au lieu de l’ignorer superbement, elle ne serait pas aller chez Eldarion, il ne serait pas mort sous ses yeux, elle n’aurait pas appelé Castiel à l’aide… Elle lui en voulait, il n’était pas coupable de tout, mais même contre toute logique elle lui en voulait pour tout ça, elle lui en voulait de l’avoir poussé à se réfugier une nouvelle fois dans l’oubli que le sexe procure pour l’oublier, lui, encore, elle lui en voulait de l’avoir amené à y retourner alors qu’elle pensait l’avoir retrouvé, lui. « J’avais même pas besoin que tu fasses le premier pas, je t’ai envoyé des messages, je voulais juste une réponse. Une seule réponse et tu ne pouvais même pas donner ça. Encore une fois, je n’ai eu le droit qu’à ton silence. Dix ans de silence putain, tu reviens, tu rentres dans ma vie comme une tornade et tu ne laisses derrière toi que le silence. J’ai pas le droit de t’en vouloir pour ça ? J’ai pas le droit d’être en colère ? » Le droit ou pas, elle l’était, elle bouillonnait de colère. La jeune femme était d’un naturel susceptible, prompte à se mettre à bouder mais la rancune, ça non, elle oubliait ses griefs aussi vite qu’on revenait vers elle avec un grand sourire, un câlin ou du chocolat. Pourtant ça la bouffait, ça la dévorait toute entière. Elle pensait sincèrement s’être faite à l’idée qu’il avait disparu pendant dix ans, mais avec tout ça, elle ressassait son abandon, le premier et le second, elle tournait et retournait la colère et la rancoeur, et ça la rongeait comme de l’acide. Alexis n’avait pas eu de coupable à blâmer pour la disparition de Maverick, pas d’autre coupable que lui du moins, pas de coupable connu pour la mort de ses parents, elle n’avait pas pu mettre toute sa colère contre quelqu’un, et même maintenant, elle ne parvenait pas à accabler totalement le jeune homme, sachant pertinnement sa part de torts, alors ça la dévorait de l’intérieur, ça lui rongeait l’estomac, le coeur, l’esprit, cette colère et cette douleur qui ne la lâchait pas, elle voulait s’en défaire sans trouver le moyen d’y parvenir. Et quand il parlait de cette femme, Nathalie, d’une autre femme qu’il avait aimé, suffisamment pour la superposer à elle, c’était comme des griffes qui lui ouvraient la peau, qui entaillait jusqu’à l’intérieur de son corps et qui venaient remuer toute cette rage, cette peine. Elle lui en voulait pour cette femme, elle lui en voulait tellement, et les larmes qui coulaient toujours plus nombreuses, elle lui en voulait même en temps elle se détestait, sachant qu’elle l’avait blessé aussi, sachant que Castiel était la pire chose qu’elle pouvait faire, ou la meilleure, si le but était de lui faire mal. Une petite voix démoniaque lui soufflait que c’était un prêté pour un rendu mais elle n’avait jamais fonctionné comme ça, elle n’était pas d’un naturel méchant et vengeur. C’était pour ça que le fait qu’il soit allé se venger dans le lit de Niamh était encore plus douloureux. « Comment est-ce que tu peux dire ça alors que moi, dans aucune de ces relations qui te font tellement de mal, il n’y avait le moindre sentiment amoureux. Tu veux savoir ? Je suis sortie avec Castiel, on a été un couple, pas longtemps, parce qu’on a vite compris qu’on était tout, sauf un couple, que ce qui nous liait c’était pas de l’amour, pas cet amour là en tout cas. Et j’avais jamais, jamais recouché avec lui avant cette fois. Et Eldarion… ah ! si j’avais du tomber amoureuse de lui je l’aurais été depuis longtemps mais je voulais me convaincre que c’était possible, que je pouvais reconstruire une véritable relation après toi. C’est pas le cas, ça l’est toujours pas, et tu viens avec tes grands airs me reprocher que je t’ai trahi, blessé, détruis, alors que toi, toi tu en as aimé une autre, toi tu ne t’es pas contenté de coucher à droite à gauche. C’est peut-être pire pour toi, dans mon cas c’est l’inverse. » La jeune femme avait rouvert les yeux mais continuait de fixer un peu tout et n’importe quoi sauf ses yeux à lui, se concentrant sur sa bouche, son nez, son front, incapable d’affronter son regard. « Je suis désolée de t’avoir brisé. Désolé d’avoir cassé ce qui te retenait à… à je ne sais quoi. Mais si tu regardes un peu plus attentivement, t’es pas le seul à être brisé. Si tu regardes un peu plus attentivement, juste sous tes yeux, si tu arrivais seulement à oublier les choses si horribles que j’ai faites, tu verrais que je suis en mille morceaux moi aussi et qu’en réapparaissant, tu m’as donné l’espoir de croire que je parviendrais à me rassembler, les pièces ont commencé à se rassembler, puis t’as juste donné un énorme coup de pied sur tout ça et c’est plus que des miettes. » Et alors qu’il s’approchait, caressant sa joue, sa peau, si près, trop près, elle décolla son dos du frigo et rompit le contact en le forçant à s’écarter pour qu’elle sorte de la cuisine, espace trop réduit pour contenir tout ce qu’elle ressentait, lui tournant le dos, s’éloignant, obéissant à la moitié qui refusait tout contact. Les lumières qu’elle avait mis tant de force à allumer quand elle était rentrée, après le braquage, lui brûlaient désormais les yeux, et si elle avait été seule elle aurait sûrement cédé à la frénésie de tout éteindre avant de faire exactement l’inverse, trop oppressée par l’obscurité. Sa demande la fit se retourner et elle se força à planter ses yeux brillants de larmes dans ceux de Maverick, le regardant sans trop le voir. « Pourquoi ? Puisque tu ne vois que dégoût dans mon regard, pour vouloir tant que je te regarde ? » Et alors qu’elle avait les yeux grands ouverts, c’était lui qui les fermait. Il n’était pas sur la même longueur d’onde, en constant décalage. « Je ne te trouve personnellement pas plein de vie depuis que tu es revenu. » Elle savait qu’elle n’avait pas tort, elle le savait bien. Et elle non plus ne voulait pas revivre une dispute aussi dévastatrice. « On ne revivra pas la même scène. J’ai plus rien à t’opposer de toute façon. Si tu veux t’amuser, me balancer une nouvelle fois ta haine, fais le, j’aurais plus la force de t’opposer quoique ce soit. » Et cette qui l’enveloppait, il disait être brisé, elle aurait voulu le prendre dans ses bras, lui dire qu’elle était là, qu’elle l’aiderait, mais elle ne pouvait pas, pas quand elle même ressemblait à un vase qu’on avait fait tomber. « Je suis désolée. » Sa voix, ses lèvres qui tremblent. « Je ne peux pas. » Elle aurait tellement voulu pouvoir, être celle qui le reconstruirait, mais après tout ça, elle n’avait même plus la force de se relever elle, préférant s’enfermer à double tour dans sa maison, entourée de lumières croyant qu’elles feraient fuir les ténèbres, plutôt que d’affronter l’extérieur. Elle était forte, elle l’avait été pendant des années, mais là, elle ne pouvait juste pas tout lui donner une nouvelle fois avec cette peur tenace qui la faisait trembler, cette peur qu’il reparte. Elle était déjà trop fragile pour supporter ça. « T’es pas le seul brisé, mais tu le vois même pas. Tu vois même pas que la mort d’Eldarion m’a porté aux limites de la folie, que c’est grâce à Castiel, et je suis désolée si ça te déplaît, que j’ai pu enfouir tout ça, tu vois pas que la ruelle, Niamh, Nathalie, c’était un coup de plus sur une surface qui ne demandait que ça pour se fendre, tu sais même pas que la banque, et lui qui est mort, et... » Sa voix se brisa sur les sanglots qui sortirent de sa gorge et elle se détourna, ridicule puisqu’il pouvait l’entendre et qu’elle pleurait depuis le début. Torturée entre tout ce qui lui faisait si mal et l’impression d’être une impostrice, après tout il avait fait la guerre, perdu son bras, c’était quoi ses blessures à côté des siennes ?
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You will hold me in the depths of my despair
Alexis & Maverick
Tu avais merdé Maverick, pour une fois tu pouvais te regarder dans le miroir et le dire à voix haute, tu pouvais relever le menton et le crier, tu avais merdé et pas qu’un peu. Tu avais passé ton temps à te regarder toi, à regarder ta douleur, ressasser ton passé, tes erreurs, mais t’avais oublié de voir plus loin, t’avais oublié de voir sa douleur à elle, trop concentré par ton nombril pour voir le reste. Ou peut-être était-ce parce que tu ne pouvais pas regarder sa douleur à elle, parce qu’elle se répercutait sur la tienne, déculpait la tienne, t’enfonçant dans un nuage de culpabilité, de haine envers toi-même. Tu ne pouvais pas regarder sa douleur sans y trouver la propre trace de ta stupidité, de ton incompétence. Tu avais été un lâche Maverick, un putain de lâche, parce que tu avais préféré ne jamais revenir, tu avais préféré ne pas avoir mal à nouveau, tu avais préféré partir et ne jamais revenir, sauf que tu étais revenu. Toute ses années à se cacher, pour finalement replonger dans son regard, pour retrouver ce sentiment que tu avais enfoui pendant des années, que tu avais évité pour ne pas souffrir. Mais tu étais là maintenant, tu étais là. Tu avais pensé à fuir à nouveau, après la ruelle, mais tu n’avais pas pu, tu n’avais pas pu parce qu’elle avait fait une marque sur ton âme, sur ton coeur, tu savais que tu n’avais aucune chance de survivre loin d’elle. Tu n’avais jamais eu de chance. Et ses mots, tout ses mots, alors qu’elle s’éloignait de toi, te repoussant une nouvelle fois, ils se plantaient dans ton âme tel des couteaux, te forçant à voir la réalité en face, te forçant à regarder ta stupidité, ton égoïsme, le regarder dans le blanc des yeux, à contempler la merde que t’avais créé depuis ton retour. Tellement concentré sur tes problèmes que t’avais oublié que tu en causais d’autre, tellement concentré sur ta vie que tu avais oublié que tu la blessait elle. Elle que tu n’avais jamais voulu blesser, elle que tu n’avais jamais voulu voir pleurer, elle que tu avais toujours essayé de protéger de la douleur, finalement, tu en était la cause, tu étais celui qui n’avait fait qu’empirer le tout.


C’est peut-être parce qu’elle était si semblable à toi qu’elle connaissait ses mots qui faisait souffrir, ses mots qui blessaient, ses mots qui perce le coeur et empoigne l’âme. Et tu restais silencieux, tu ne disait rien, laissant ses mots s’enfoncer en toi, laissant ses mots se répandre en toi, creuser ce chemin dans ton âme, creuser cette douleur dans ta vie. Elle avait le droit d’être en colère, elle avait le droit de t’en vouloir, parce que tu avais merdé, Maverick, encore et encore et encore. Tu avais oublié que tu n’étais plus seul, tu avais oublié que tes actes pouvaient en blesser d’autres, que tes paroles pouvait détruire ceux qui comptait pour toi. Tu avais été seul si longtemps que tu avais oublié c’était quoi de ne plus l’être, tu avais oublié comment agir avec ceux qui comptait pour toi. Castiel, ses mots s’enfonçant en toi, se creusant un trou dans ton âme alors qu’elle disait avoir sortie avec lui, avec celui que tu considérais comme ton meilleur ami quand tu vivais encore à Bray, la trahison s’enfonçant dans ton âme, la douleur te tordant l’intérieur de l’être. Comme s’il n’avait qu’attendu que tu parte pour prendre ta place, comme si tu n’avais jamais été, mais ses mots son remplacé, parlant de Nathalie, de cette femme que tu avais cru aimer, te faisant momentanément oublier Castiel, non, en fait, tu ne voulais même pas y penser, tu ne voulais même pas les imaginer une nouvelle fois ensemble, tu ne voulais rien savoir de tout cela. Tu faisais bien l’autruche, Maverick, met ta tête dans le sable pour ne pas voir les problèmes, ça l’as toujours bien fonctionné, non? “Je ne l’ai jamais aimé, Alexis. J’ai voulu y croire, j’ai voulu croire qu’elle pouvait te remplacer, mais je n’ai jamais rien ressenti pour elle autre que du désir.” Tes premiers mots depuis un long moment, parce que tu ne sais plus comment les dire, parce que parmi tout ce qu’elle t’as dit, tout ce qu’elle te jette au visage, tu ne peux pas lui laisser croire que tu l’as remplacé, qu’une autre à pris sa place dans ton coeur, parce que ce n’est pas le cas. Et ses mots, toujours ses mots, qui te blesse, se déchargeant de leurs colère sur toi, mais tu l’as laisse faire, tu l’as laisse crier sa haine de toi, parce que tu ne peux pas faire mieux, parce que tu ne peux pas voir autre chose que la douleur de ses mots contre toi, parce que tu ne peux pas voir autre chose que ses mots qui perce la vérité, t’enlevant la tête du sol, te forçant à voir la réalité en face. “Parce que j’ai encore espoir…” Tu voulais voir qu’elle t’aimais encore, que le dégoût n’était qu’une illusion, que tu n’était pas encore mort à ses yeux, tu voulais garder espoir, une partie de toi voulais croire. Mais elle évite ton regard, s’éloigne de toi à nouveau, ses mots à nouveau enfoncé dans ton être, dans ton âme, tel des coups de couteaux sans fin. Et alors qu’elle s’étouffait dans un sanglot, tu n’entendis pas ses derniers mots, les oubliant aussitôt qu’ils furent sortit, trop pertubé par ses pleurs, par ses sanglots, et tu le fis une nouvelle fois, t’approchant, la retournant avant de la prendre dans tes bras, avant d’enfoncer ta main dans ses cheveux, la tête dans son cou, tu ne voulais pas la voir pleurer, tu ne voulais pas la voir souffrir. “J’ai merdé Alex, tellement merdé… mais on as pas besoin d’être seul, tu n’as pas besoin d’être seule. Je suis là, je part pas…” Et pour une fois, tu avais clairement l’intention de tenir parole, tu n’allais pas partir, pas une nouvelle fois, pas une troisième fois.
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