(- 18 ) BRISEIS&BRÀN ζ Our first sunday

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Invité


Should I wake him up?
Bràn & Briseis
Briseis s’était levée depuis un moment. Marchant pieds nus dans l’appartement en duplex, elle était descendue à la cuisine. Parfois, elle observait la terrasse en se demandant pourquoi l’architecte en avait prévu une. Le temps irlandais était souvent pluvieux, alors autant dire qu’ils n’en profiteraient que très rarement. Buvant une infusion et grignotant un pancake, elle relisait ses notes. Aujourd’hui, ils devaient avoir la journée pour eux. Mais tant qu’il dormait, ça ne comptait pas encore, n’est-ce pas ? La jeune femme observa ses feuilles. Trois fois qu’elle les relisait, ne parvenant pas à se concentrer. Bon. Manifestement, mieux valait arrêter. Elle posa sa tasse et alla ranger ses cours. Si jamais le loup se levait et la trouvait avec, il pourrait bien se vexer. Avalant la dernière gorgée, elle posa la tasse dans l’évier et sortit une glacière qu’elle avait achetée la veille. Il y avait un parc national pas loin où ce serait probablement agréable de manger tout en marchant dans une nature sauvage. C’était impressionnant pour Briseis de découvrir des vestiges à chaque coin de rue. Et elle n’avait certainement pas encore mesuré à quel point l’Irlande était un pays magique pour ses études. L’énorme quantité de sites archéologiques, d’églises des premiers chrétiens qui tenaient parfois à peine debout. Des lieux chargés en histoire, mystiques. C’était tout à fait différent de New-York et un enchantement qui ne cesserait jamais de l’atteindre. Glissant les petits pains irlandais et les fruits, elle songea qu’il valait rajouter le reste avant de partir. Ils repasseraient de toute façon ici après la messe. Elle ajouta les couverts et les serviettes, ainsi que la couverture. Quand elle leva les yeux, elle s’aperçut qu’il allait falloir réveiller Bràn s’il ne voulait pas rater la cérémonie religieuse. Contrariée, elle leva la tête vers les escaliers.

Ce n’était pas vraiment facile pour elle de retourner là-haut pour le réveiller. Elle était vraiment mal à l’aise alors que les souvenirs de la veille lui revenaient en mémoire. Comme elle aurait aimé pouvoir en parler à quelqu’un… D’un côté, elle était contente d’avoir réussi à franchir un cap, de l’autre, elle se sentait encore trahie. Elle pensait qu’il avait compris… Elle fila vers l’évier, comme la veille, pour se laver les mains. Une chose qu’elle faisait encore et encore, ayant l’impression que la sensation était toujours présente. Un frisson lui parcourut l’échine. Pourquoi avait-il fallu qu’il lui fasse faire ça ? C’était… Lui. Comme toujours, il avait annoncé, promis quelque chose pour ensuite outrepasser les règles. Il avait abusé de son ignorance. Encore. Et depuis, elle se sentait mal à l’aise. Encore ces sentiments contradictoires.

Elle n’avait même pas remarqué qu’il avait retiré son jean. La plupart du temps, elle le voyait torse nu. Il aimait bien se balader ainsi, c’était un jeu dont il s’était longtemps amusé parce que dès qu’elle le remarquait, elle évitait soigneusement de le regarder et rougissait bêtement. Avec le temps, elle avait lentement commencé à le trouver… Attrayant d’une certaine manière. Et ça la faisait toujours rougir. Il l’avait embrassé et entremêlé leurs doigts dans une danse distrayante. Oui, Briseis s’était laissée distraire par ces gestes amoureux. Il lui avait assuré que tout irait bien dans le creux de son oreille. Elle l’avait cru. Au début, elle avait seulement touché son torse. Plusieurs fois. Cela n’était pas vraiment facile pour elle mais elle avait bien remarqué les effets alors elle l’avait laissé faire. Et ensuite… Il avait descendu sa main de long de son buste jusqu’à… Jusque-là. Elle avait pâli. Il n’avait pas remarqué. Encore. Et quand il avait amené sa main dans son boxer… Un frisson de peur l’agita encore. C’était toujours présent. Elle s’était même crispée, ce qui aurait pu être dangereux pour la virilité du loup. Elle aurait pu le castrer sans même s’en rendre compte. Mais toujours aussi implacable, il continua à utiliser sa main pour… C’était… Rha ! Elle repassa ses mains sous l’eau alors qu’elle venait tout juste de le faire. Il avait lâché sa main et elle se souvenait alors parfaitement de ses pensées à ce moment-là. « Je dois le faire sinon il va partir ». « Pourquoi j’ai accepté ? ». « Qu’est ce que je dois faire ? », « Si je m’en vais il va m’en vouloir », « Je dois réussir, ce n’est rien ». « Je veux juste en finir ». C’était trop effrayant. Quand il avait lâché sa main, elle s’était d’abord trouvée idiote. Et incapable. Mais il attendrait sûrement quelque chose alors elle reprit les mêmes caresses que celles qu’il lui avait montré, d’abord de façon maladroite qui ne sembla pas le déranger. Elle l’entendit juste soupirer un peu plus. Apparemment, ça lui convenait alors elle eut juste envie que tout ça se termine vite, au point qu’elle accéléra la cadence sans même s’en rendre compte. Et le loup ne put même pas lui dire que c’était peut-être un peu trop rapide parce qu’il se perdait déjà. Et quand il gémit, Briseis ne s’y attendait tellement pas qu’elle sursauta et fit sans le vouloir une pression un peu plus importante. S’apercevant alors de son état de stress, elle essaya de reprendre le contrôle et ralentit ses gestes, essayant de refaire ce qu’il lui avait montré tantôt. Ce fut à ce moment là qu’il reposa une main sur elle. Là encore, la jeune femme tressaillit. Que voulait-il ? Perdait-il encore le contrôle ? Parce qu’il perdait le contrôle. Elle se crispa instinctivement alors qu’il la tenait contre lui.

Si pour Bràn, son attitude était loin d’être menaçante, pour Briseis, tous ses sens étaient en alerte. Elle se sentait prise au piège. C’était terrible. Toute cette peur et ces doutes se mêlaient en une tornade destructrice en son sein. Son cœur battait bien trop vite. Elle avait voulu essayer. Elle ne pourrait pas le blâmer cette fois. Et une part d’elle était vraiment contente de pouvoir lui faire cet effet. Elle n’aurait jamais cru en être capable. Mais l’autre… Celle qui essayait de guérir avait l’impression de revivre la même chose. Et une croyance était vraiment sur le point de s’ancrer en elle : l’amour n’était pas partage. Ce n’était qu’une perte de contrôle où l’autre finissait par imposer ses désirs, oubliant de faire attention aux ressentis de son partenaire. Ou sa partenaire. Ou bien était-ce juste Bràn. Le loup avait toujours été égoïste, elle le savait. Même s’il changeait sur beaucoup d’aspects, sa nature profonde était toujours là. Il prenait et elle avait tellement peur de le perdre qu’elle n’osait pas l’arrêter et lui dire non. Et elle savait aussi qu’elle devait surmonter ses peurs. Il l’aimait. Il n’avait encore rien fait de mal et pourtant elle lui en voulait déjà. Ou encore. Le fond du problème était peut-être là : Briseis ne lui avait pas vraiment pardonné. Elle prétendait le contraire, essayant sûrement de s’en convaincre mais au fond, elle faisait tout pour l’éviter depuis. Au point que le loup avait dû intervenir pour lui rappeler qu’ils étaient un couple et qu’ils devaient avoir un peu de temps ensemble. Elle l’avait bien vu contrarié quand elle avait annoncé que ses cours prendraient plusieurs années. Lui aussi faisait des efforts. Elle se raisonnait la plupart du temps ainsi, valorisant tout ce qu’ils faisaient pour se prouver qu’elle avait raison de ne pas tout abandonner. Il lui avait repris la main et ce fut quelque chose de très angoissant pour elle qui arriva : sa main venait de recevoir quelque chose d’inconnu. Tétanisée, elle ne faisait plus un seul mouvement par elle-même. Ce ne fut que le baiser de Bràn qui la sortit de sa torpeur. Elle y répondit rapidement et il retomba sur le matelas. Et il ne parla plus. D’ailleurs, il s’était endormi.

Briseis s’était éloignée de lui dans le lit et mit du temps à trouver le sommeil. Ce fut un rayon de soleil qui avait percé à travers les rideaux qui l’avait éveillée. Elle s’était alors levée, avait attrapé des vêtements et depuis, elle tournait plus ou moins en rond dans la cuisine. Habillée d’une robe blanche estivale, elle attendait, craignant le face à face. Comme l’autre fois. Chassant tout ça de son esprit, elle essaya de se concentrer sur la journée à venir. Ce serait l’église, puis un pique-nique dans les montagnes. Ils seraient bien, profiteraient du beau temps exceptionnel et rentreraient ici assez tôt pour reprendre le travail le lendemain. Et ensuite, elle aurait la paix pour la semaine. Mais le loup, lui dormait toujours. Si elle faisait tomber quelque chose ? C’était puéril. Et il accourrait en pensant qu’elle s’était fait mal. Ou bien il ne se réveillerait pas. Non. Il fallait qu’elle y aille.

Elle gravit les marches et entra dans la chambre. Le rythme régulier de sa respiration lui confirma qu’il était toujours dans les bras de Morphée. Détaillant les traits réguliers de son visage, elle ne le percevait pas comme un danger, là comme ça. Elle tendit la main vers lui et lui secoua l’épaule. Il ne sentirait pas ses cheveux glisser jusqu’à son bras parce qu’elle les avait attaché avec une pince. « Bràn, si tu veux aller à l’église il faut te lever… ». Le ton bas de sa voix devait lui permettre un réveil des plus doux.


BY PHANTASMAGORIA

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