Awkward ft. Sol

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Il avait mal dormi, le danseur. Il avait fait un mauvais rêve qui tenait d'ailleurs plus de la réminiscence que du songe. C'était des bribes, un patchwork d'images floues qui toutes ensembles n'avaient pas vraiment de sens mais ramenaient pourtant au même souvenir. Une rue pavée, deux parapluies. Des toits noirs, un chocolat chaud. Une sonate au piano. Ça sentait la pluie. C'était l'Autriche. Parfois ça lui prenait, il en rêvait de cette époque où ses seuls soucis étaient globalement la raideur de ses genoux, les coupures de courant et Elle. Alors ces nuits là comme cette nuit là, il se levait, buvait un verre d'eau et tentait de se rendormir. Échec. Les souvenirs affluaient les uns après les autres, revivre quatre ans en une nuit c'était épuisant. Se souvenir d'Elle, c'était épuisant. C'était il y a si longtemps, mais de nombreuses questions subsistaient encore, la plus véhémente restant "pourquoi ?"
Enfin, le jour se levait, l'aube rose, il fallait être productif, il fallait passer le temps. Le programme du jour était de bousculer ses habitudes ! Il ira à pied jusqu'à Carp View et il ne fumera pas sa clope sur la plage mais dans le parc. Pas de grands changements en somme, il allait à Carp View presque tous les matins, mais c'était déjà un petit effort dont il n'était pas peu fier. Cependant, avant ça, il ne s'était jamais rendu compte d'à quel point la route depuis Dragon Alley était longue. Et quand il arrivait finalement, la matinée était déjà bien entamée, des enfants couraient déjà dans le parc, lui roulait déjà sa cigarette en marchant sur un des petits chemins de terre.

Là, c'est la chute. Littéralement. La gravité doit avoir une dent contre lui. Quand il rouvre les paupières, Skjeggestad est allongé sur le dos, des membres étrangers emmêlés aux siens. Ça ne le surprenait même plus, il lâcha juste un long soupir, tout de même soulagé que son crâne n'ait pris qu'en dernier. Il lève la tête. Elle s'éloigne. Des excuses, encore. Il la regarde dans les yeux, les siens s'ouvrent encore plus grand. Il prit une grande inspiration. Relativiser. De toute évidence, celle là est bien trop jeune pour être Elle. Sól haussa les épaules comme unique réponse, n'ayant pas le courage de lui adresser le moindre mot. Il se releva, jeta un regard sur sa cigarette éventrée par terre, grommela quelque juron en norvégien, essuya ses paumes sur ses cuisses et tendit enfin une main palote et éraflée à la demoiselle.
Le truc, c'est qu'il avait la trouille de lui parler, qu'elle Lui ressemblait beaucoup trop, que si elle parlait allemand sa voix aurait probablement les mêmes intonations. Il avait presque envie de lui demander "t'as vécu en Autriche il y a, quoi, dix-sept ans ? Car j'y ai connu quelqu'un qui te ressemblait beaucoup !" Mais il ne le fit pas. Trop peur de la réponse. Lui qui d'habitude était si rationnel commençait à envisager la moindre hypothèse pouvant justifier cette ressemblance des plus troublantes, même les plus saugrenues d'entre toutes. Elle aussi avait l'air troublée, était-ce pour les mêmes raisons que lui ou juste parce qu'elle s'était fait mal ? Il était plus nerveux qu'à l'accoutumée, il avait probablement l'air d'un con, debout comme ça, les mâchoires contractées, sa main trop grande pointée plus ou moins vers le sol. Allait-elle comprendre qu'il proposait de l'aider à se relever ? Il avait l'impression d'avoir quinze ans, c'était ridicule au possible.
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L'imprudente se releva enfin et elle avait vraiment de toutes petites mains comparées à celles de Skjeggestad. Elle le remercia d'avoir amorti sa chute, tentative inefficace de faire de l'humour à laquelle le tempestaire ne répondit que par un sourire un peu forcé. Ses sourcils étaient froncés. Il serra sa main, avec peut-être un peu trop de fermeté, il ne se rendait pas vraiment compte. Alors elle se présenta enfin. Cassidy. Ce n'était pas Elle. Son visage s’adoucit, lui donnant un air peut-être plus sympathique. Il était aussi soulagé que déçu ; ce n'était donc pas un fantôme du passé qui lui était littéralement tombé dessus mais un parfait hasard génétique. Il aurait possiblement été heureux de revoir son Autrichienne de jadis mais il l'était sans doute encore plus de s'être trompé. Faut dire qu'il n'avait aucune idée de quelle aurait été sa réaction s'il s'était retrouvé face à Elle. Après tant d'années, ç'aurait été ni joli, ni émouvant.

Il se contenta d'un sobre « Sól. » Pas envie de se présenter par son premier prénom comme il le faisait encore quinze ans en arrière. Pas envie de lui apprendre à prononcer Torgeir. Sól c'était simple, une seule syllabe, ronde et douce, qui faisait amplement office d'introduction. Torgeir, avec l'accent de Bergen, sonnait nettement plus agressif, lui évoquait le combat entre le dieu du Tonnerre et le Serpent de Midgard qu'il se sentait obligé d'expliquer à chaque fois, lui promettait de sempiternels "es-tu Suédois ?" qui l'épuisaient au plus haut point. Skjeggestad lâcha enfin sa main pour saisir son paquet de tabac dans une de ses poches et se rouler une cigarette. Dire qu'il fumait ses émotions est assez proche de la vérité, il se plaisait à imaginer ses chocs, ses tracas, s'envoler en légères volutes translucides.

Comme il farfouillait à la recherche d'un briquet, sa clope entre les lèvres, il risqua un « Vous avez de la famille en Autriche ? » qu'il regretta presque aussitôt. Ce n'était pas une question qu'on pose à une inconnue. A nouveau mal à l'aise, son cœur battant un peu trop vite, attrapant enfin son tempête, il alluma nerveusement sa cigarette. En temps normal, avec une jeune femme lambda, il aurait suggéré de laisser tomber les patins à roulette pour tenter quelque chose de plus stable comme la marche à pied et serait reparti en souriant. Mais faut croire que ce n'était pas une jeune femme lambda, qu'il se sentait obligé de rester. Son regard voletait, il la scrutait, cherchant inconsciemment une preuve, un détail qui prouverait qu'il s'agit bien d'Elle, souhaitant en secret n'en trouver aucun.
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Skjeggestad était si nerveux qu'il avait presque honte. Allons, tant d'émotions juste pour une femme de hasard ? Ridicule. Affligeant. Il plissa les yeux, ébloui. Le soleil dardait encore de ses rayons. Au moins, il n'était pas stressé au point de faire tomber la pluie, ce qui était déjà un bon point car il ne se serait pas non plus senti d'expliquer un orage intempestif. La cendre au bout de sa cigarette tomba sur sa chaussure. Elle réfléchit, elle hésite. Elle semble chercher un souvenir, l'effleurer du bout des doigts sans jamais réussir à le saisir pleinement. Et lui de s'interroger. Les fées étaient-elles dotées d'une exceptionnelle longévité ? Cassidy ressemblait trait pour trait à celle qui l'avait abandonné, mais il y avait quelque chose de différent, une nuance infime qui avait pourtant beaucoup trop d'importance. Il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, ça le frustrait.

Elle s'était donc déjà rendue en Autriche. C'était de pire en pire, des pièces d'un puzzle mal découpé. « Pourquoi cette question ? » Il haussa un sourcil. Elle avait raison. Pourquoi cette question ? Sól n'était pas un fin menteur mais il savait au moins esquiver les questions auxquelles il ne préférait pas répondre. Il baissa les yeux, tira longuement sur sa clope. « J'y ai vécu quelques années. A Salzbourg, précisément. D'ailleurs, comme à l'époque je jouais du violon, j'apprenais des morceaux de Mozart pour impressionner mes camarades, tenir le rôle de l'étranger qui connait mieux le pays que les natifs eux-mêmes … » Il laissa échapper un rire légèrement enfumé et légèrement amer à l'évocation de cette anecdote. Il regrettait d'avoir vendu son violon. Depuis le temps, c'était certain qu'il ne savait plus jouer la moindre note. « Et puis à l'époque … » Il soupira et bien qu'il tentât de la regarder tout droit, il n'arrivait pas à empêcher son regard de passer d'un œil à l'autre. Gauche. Droite. Gauche. Droite. L'un était plus petit que l'autre. Ou était-ce l'inclinaison de ses sourcils qui donnait cette impression d’asymétrie ? Il regarda sa bouche.

« C'est ridicule, je parle comme un vieillard. Pour dire des choses bêtes, en plus. » Ça ne servait à rien de poursuivre. Il l'importunait. Il se faisait du mal. Cassidy était Cassidy et Cassidy n'était pas son Souvenir. Alors il profitait de ce hasard, de la présence de cette femme de hasard déposée là pour lui rappeler à quel point il était con de stagner comme ça, de perdre son temps à ruminer des vieilles histoires. Il fit un nouveau sourire à la jeune femme, bien plus franc que le premier. Il bafouilla un « Je ne voudrais pas vous déranger plus longtemps. » martelé par son accent, déformé par l'émotion, puis prit une dernière bouffé sur sa cigarette avant de jeter le mégot au sol. Il recula d'un pas. Juste un. Comme ses jambes ne semblaient pas décidées à se déplacer, ses yeux restaient rivés sur cette silhouette des plus familières.
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Ce n'était pas ridicule ? Ce n'était pas bête ? Son cœur manqua un battement quand elle mentionna un certain ami qui jouait du violon. « C'est vrai que c'est un bel instrument... » ajouta-t-il sans conviction. Il esquissa un sourire quand elle lui proposa d'aller dans un café et Sól sentit ses joues tiédir alors qu'elle sourit à son tour. « Mais je connais un endroit sympa par là bas. » Il désigna du menton une direction aléatoire qui n'était autre que l'entrée du parc et attendit qu'elle défasse ses patins, ne pouvant s'empêcher de gigoter. Une fois cela fait il commença à avancer, s'assurant qu'elle le suivait. Il était dégueulasse, ce parc. Les incendies, ça ne pardonne pas.

Il sentait comme une orgue entre ses côtes. Et enfin, alors que ses pas l'avaient guidé hors de ce fichu parc, que ses talons cognaient sur du dur, il se risquait à jeter quelques coups d’œil en arrière, la regarder marcher. Il manqua encore de trébucher, alors il regardait à nouveau droit devant lui, marchant sans objectif précis, excepté peut-être celui de tomber sur un café. Toujours plus nerveux, Skjeggestad surveillait le ciel malgré lui. Précautions inutiles, aux vues du soleil éclatant qui lui tapait sur le crâne il y avait très peu de chances que son pouvoir se déclenche. Enfin, le malheureux préférait ne pas prendre de risques. Sait-on jamais.

« Pour être honnête avec vous, l'envie m'est passée de parler de l'Autriche. Si ça vous aurait réellement fait plaisir, j'en suis navré. » Ils étaient assis l'un en face de l'autre dans un café des plus banals. Sól avait marqué une pause pour allumer une cigarette, probablement aussi pour ajouter au côté dramatique. Il regarda Cassidy dans les yeux, en travers de la fumée. C'était un regard froid, une expression neutre. Il voulait se redonner une contenance, placer aussi une certaine distance. Du surnaturel il en avait vu au long de sa vie et cette histoire là ne sentait pas vraiment la normalité. Il reprit : « En réalité, j'aimerais savoir qui vous êtes. Plus précisément ce que vous êtes. Les coïncidences c'est bien joli, mais il y a tout de même une limite. » Il fit tomber sa cendre par terre. Ce n'était pas très malin et même un peu dangereux de poser une telle question de but en blanc. Faut croire que Skjeggestad en avait assez de rester dans le silence et l'hésitation.
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Awkward

We were both young when I first saw you.I close my eyes and the flashback starts: I'm standing there on a balcony in summer air. See the lights, see the party, the ball gowns, see you make your way through the crowd and say, "Hello "Little did I know... –Love Story, Taylor Swift-
Cassidy & Sol


Sans vraiment se méfier, elle avait suivi l’homme pas à pas. Normalement il ne faut pas faire confiance à des inconnus, mais après tout ils parlaient depuis un moment déjà et il ne semblait pas menaçant. Il n’avait posé aucun geste suspicieux et au contraire il semblait en quelque sorte aussi confus qu’elle. C’est son instinct qui l’avait poussé à le suivre sans hésitation. Il est vrai que normalement elle n’est pas du genre à prendre beaucoup de précautions, mais elle faisait étrangement réellement confiance à Sol, comme une personne que l’on connait depuis longtemps. Il est vrai qu’il arrive souvent que l’on croise quelqu’un que l’on a déjà rencontré alors que ce n’est pas le cas, mais normalement cette impression disparaît généralement au bout de quelques secondes. Dans ce cas-ci pourtant c’était le contraire, plus elle passait du temps avec ce presque inconnu et plus elle avait l’impression de le connaître.

Plongée dans ses pensées, elle s’est à peine rendue compte qu’ils étaient arrivés au café. Elle s’assoit alors en face de l’homme et fronce légèrement les sourcils quand il refuse de parler de ce pays. Y a-t-il vécu de mauvais souvenirs? En fait maintenant qu’elle y pense il semble plutôt morose depuis leur rencontre… Toutefois elle ignore s’il est toujours ainsi ou bien si c’est sa présence qui le gênait. Mais après tout, si c’était le cas il n’aurait pas accepté de prendre un café avec elle non? « Oh non ce n’est rien, je comprends parfaitement. Je ne crois pas que ce sera si difficile de trouver un autre sujet de conversation.» Elle lui sourit alors pour le rassurer. D’ailleurs, pourquoi a-t-il accepté de venir ici avec une parfaite inconnue? Elle ne tarde pas à comprendre quand c’est finalement lui qui la questionne à son tour :  «En réalité, j'aimerais savoir qui vous êtes. Plus précisément ce que vous êtes. Les coïncidences c'est bien joli, mais il y a tout de même une limite. » Ah, il semble effectivement avoir réussi à trouver un autre sujet de conversation même si ce n’est pas le sujet préféré de la jeune femme. En fait, elle n’est pas tout à fait certaine si elle comprend bien le sens de la question. Quand on demande à quelqu’un qui elle est, elle dit son nom, son métier et ce qu’elle aime dans la vie, ce genre de choses quoi. Cependant, le fait qu’il avait reformulé sa question semblait donner un tout autre sens. Elle prit la peine de se concentrer un moment sur l’énergie que dégage son interlocuteur. En sentant une magie étrange se dégager de lui elle comprend alors le sens de sa question. Un petit sourire étire alors le coin de ses lèvres et elle se met à parler à voix basses pour que les autres clients du café n’entendent pas leur discussion particulière. «Vous êtes plutôt perspicace à ce que je vois… Je suis une pauvre génie coincée sur terre par les malheurs du destin…Ai-je le droit de vous renvoyer la question?» Il est plutôt rare qu’elle ait la chance de discuter avec des êtres surnaturels en dehors de l’OBCM. Il est alors étrange pour elle d’avoir une conversation banale avec un inconnu d’origine magique, surtout que son instinct ne cesse de lui répéter qu’elle l’a déjà croisé auparavant. L’aurait-elle vue à l’organisation? Si c’était le cas, alors pourquoi l’Autriche semble être une information si importante?

HRP: profondément pardon pour le retard, je sais que ce lien est important pour toi




© Grey WIND.
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