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 can't slow down when i'm fallin' {feat. Ksenia

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Quand la nuit commençait à tomber, Sól aimait bien remonter à vélo jusqu'à Carp View et se faire un tour de la ville pour n'arriver chez lui qu'à la nuit. Ce quartier était ravagé et avait une odeur de fin du monde, il ne s'y attardait jamais. En revanche, il adorait Eagle Street. Il admirait la façade du musée, regardait les superbe maisons défiler les unes après les autres. En arrivant au niveau de la plage il ralentissait à chaque fois, ce soir là il s'était même arrêté pour se brûler les yeux le temps d'une cigarette en fixant l'horizon embrasé, la mer presque calme qui engloutissait lentement le soleil. Quand c'était fait, il passait devant les restaurants, échangeait des regards avec ces gens qui avaient déjà bu du vin tout l'après-midi et s'engagea dans une ruelle, et de ruelle en ruelle, jusqu'à échouer devant le Green Fairy. La rue était déjà animée, on entendait de la musique venant du bar, les gens sur l'asphalte riaient à gorge déployée. Mais il n'allait pas s'arrêter en si bon chemin, il se remit à pédaler.
Il finit par reconnaître la route si familière de Dragon Alley. On disait du quartier qu'il était mal famé, lui l'aimait bien. Les lampadaires s'allumaient un par un comme pour lui indiquer avec leur lumière jaune le chemin à suivre, son vélo louvoyait sur le trottoir en grinçant, les papillons de nuit semblaient le suivre. Des filles sortaient de l'ombre et tracèrent leur chemin rapidement, comme si elles étaient attendues ailleurs. Une avait des cheveux roses et semblait déjà moins pressée, elle s'arrêta là. Skjeggestad la regardait, il haussa un sourcil, s'interrogea sur la couleur d'origine de sa crinière et se vautra. Ce fut aussi simple que ça. Cette fois il n'avait pas eu le réflexe de se rattraper, il s'était juste étalé en se mangeant un coup de roue en pleine poire. Comment était-ce possible ? Nul ne le saura jamais. Une pluie fine tombait, Sól qui avait atterrit sur le dos se redressa doucement, la bruine se calmant à mesure qu'il respirait plus lentement. Il avait mal au crâne, il leva ses yeux comme des billes vers la jeune femme et se releva à la hâte, ce qui n'était pas une brillante idée en soi. Il essuya son front poisseux et empoigna sa bicyclette. C'était la deuxième chute en peu de temps, il s'en achèterai une neuve dès qu'il aurait suffisamment d'argent. Il valait mieux qu'il s'en aille avant que celle qui avait assisté à sa chute glorieuse n'ait le temps de s'inquiéter.
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T'aimes beaucoup la nuit, pas vrai Barbie? T'avais l'habitude d'en avoir peur, autrefois. De ne pas sortir après le coucher du soleil, comme si tu croyais toutes les histoires monstrueuses que ton père te racontait pour te faire peur et que tu sois obéissante, quand t'étais encore qu'une petite fée à la découverte de ses ailes. T'y croyais pas, mais tu savais que t'étais pas en sécurité. On t'avait dit, en fait, que tu serais pas en sécurité. Si t'essayais de partir alors que ta place était à la maison. C'aurait été idiot de tenter ta chance. Mais maintenant ... Maintenant tu l'aimes, cette vie nocturne. Les premières nuits, ça n'avait pas été simple. Vagabonder seule sur les trottoirs, trop peu habillée pour que tu te sentes complètement à l'aise, à supporter les regards lourds de sous entendus d'hommes avinés qui n'étaient de toute manière pas assez riches pour se payer tes services. En plus de ça, fallait que tu aies assez d'esprit pour éviter les patrouilles de flics, parce que sinon, c'était Stanislas qui risquait d'être ton monstre nocturne. Tu ne l'as jamais vu en colère, et ça ne t'a jamais vraiment tenté, t'essaies d'ignorer les bleus sur les autres filles, quand tu les regardes assez longtemps pour les remarquer. C'est peut-être pour ça qu'elles t'aiment pas, parce que ta peau est aussi blanche que le jour où t'es arrivée. Même ton sourire a pas disparu. Le leur, tu l'as jamais vu, pourtant.

Mais c'est différent maintenant, ta vision du monde une fois l'obscurité ayant tout recouvert. Maintenant, les zones d'ombre, ce sont devenues tes amies. Tu te sens plus sans défense face aux recoins obscurs, face aux regards que tu sens sur ta nuque. Tu apprécies marcher seule, sans réel but, puisque tu dois rester dans ta zone. Tu as le temps d'observer. De lever les yeux vers le ciel, quand tout est silencieux, quand aucune lumière n'est allumée, qu'aucun homme susceptible de te faire gagner ton salaire ne pointe le bout de son nez, pour observer les étoiles, ces petits bouts d'âme, certaines, la plupart, déjà mortes sans que tu ne le saches, mais brillant encore pour toi. ça remet tout en perspective, les étoiles. T'aurais été assez intelligente, tu les aurais étudié. Mais pour toi, t'en as jamais eu les capacités. T'es douée en peinture, t'es douée dans ton métier, peut-être même un peu trop pour ta propre sécurité, t'es douée en danse. Mais la théorie, tout ce qui ne se fait pas par instinct ... T'as jamais su. T'es même pas capable de retenir le prénom des foutus sept nains, alors celui des constellations, on en parle même pas.

Tes pensées s'effilent pour disparaître lorsque le bruit caractéristique d'un vélo, et l'apparition des lumières te déconcentrent. Tu tournes les yeux vers l'homme qui manie l'engin, et pendant quelques secondes, vos regards se croisent. Tu aimes regarder les gens, tu les regardes tout le temps. Rares sont ceux qui te rendent la pareille en même temps que toi, cela dit. Mais tu n'as même pas le temps de te demander quelle curiosité peut lui passer par la tête alors que toi tu te poses toujours des tonnes de questions sur ceux qui t'entourent, que tu le vois tomber. Il ne tarde pas à se relever, mais la scène t'a tellement surprise que tu t'es arrêtée non loin. Après un moment d'arrêt, ton rire éclate dans la nuit. Parfois, tu peux être une vraie enfant, toujours à ne pas pouvoir te contrôler en voyant une chute, quand bien même tu t'inquiéterais ensuite. Tu ne fis pas vraiment attention à la pluie, alors même que quelques minutes plus tôt, le ciel était partiellement dégagé, et penchait la tête sur le côté, jugeant de l'état de l'équilibriste.

" Regarder devant soi, c'est un talent qui aide, parfois."

Tu n'es pas moqueuse, simplement amusée. C'est ta façon d'être, tu n'y peux rien. Mais tu n'es pas non plus sans coeur, tu te demandes s'il s'est blessé. Tu pourrais peut-être arranger ça, si tu n'avais pas peur de l'effet que tes pouvoirs avaient sur les gens qui ne les comprenait pas.

" Vous ne vous êtes pas fait mal? Désolée d'avoir ri, c'était plus fort que moi... Pitié, dites moi que vous n'avez pas un membre cassé, que je n'aille pas en enfer pour ma réaction. "

Tu grimaces quand même un petit peu dans l'attente de sa réponse, parce que tu te dis que vu de l'extérieur, ta réaction devait être peut-être un brin cruelle, lorsque l'on ne te connaissait pas assez pour voir que tu étais bien trop naïve pour être méchante.
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C'est fou ce que quelque chose d'aussi simple que rester debout pouvait demander comme efforts. Pas que la chute fut si spectaculaire, mais il était fatigué et l'atterrissage n'était pas optimal. Alors ce rire frais, ce rire d'enfant, le seul son à déchirer la nuit entre les crissements du vélo, ça l'a presque fait sursauter. Ç'aurait été impoli de partir, à présent. Il ne pleuvait plus, n'est-ce pas ? Ses cheveux étaient déjà humides. Sól reporta son attention sur la demoiselle, elle semblait faire partie du décor, à moitié avalée par les ombres. Ses larges mains éraflées étaient crispées sur le guidon corrodé, il regardait la fille d’Ève dont les lèvres remuaient en rythme. Faisait-elle de l'humour ? Il n'avait pas écouté. Il plissa les yeux avant de revenir s'asseoir sur le trottoir. Il l'entendait se perdre en excuses, elle paraissait craindre d’atterrir en enfer pour avoir ri du pauvre bougre. Encore un trait d'esprit ? Il était moins sûr sur ce coup là.

« A mon humble avis, t'as de bien meilleures raisons que ça d'aller en enfer. » croassa-t-il avant de hausser un sourcil. « Normalement rien de cassé, j'ai même l'air plutôt vivant. » Il marqua une pause. « Mais je m'avance peut-être un peu trop. »

Il esquissa un sourire. La malheureuse semblait sincèrement se faire du souci, autant la rassurer. Faire ami-ami avec une prostituée était peut-être la dernière chose qu'il s'attendait à faire en venant en Irlande mais, quelque part, ça ne l'étonnait pas plus que ça. Sól sortit son paquet de tabac d'une des poches de son manteau trop grand et se roula une cigarette avant de faire signe à la demoiselle de s'asseoir avec lui. Elle avait bien un moment à lui accorder, non ? Le quartier était désert quand il est arrivé, elle n'aurait pas de client de si tôt et lui s'ennuyait. Qu'est-ce qu'il pouvait s'ennuyer par ici ! Faut dire qu'il n'avait pas vraiment d'amis dans le coin. Pas vraiment du tout. Pourtant d'après sa sœur, un de ses cousins, le plus con d'entre tous – du moins selon les critères absolument pas objectifs du tempestaire, avait débarqué récemment. Bah, au moins ça lui faisait quelqu'un à qui quémander des sous en cas de besoin.

Il alluma sa clope et jeta un œil à sa bicyclette qu'il avait abandonnée en plein milieu de la route. La pauvre chose n'aura pas survécu à sa chute, c'était la fin de l'ère Skjeggestad-A-Vélo. C'est con, il aimait pédaler depuis qu'il était gosse, quand il allait sans but d'une colline à l'autre. Restait plus qu'à économiser jusqu'à avoir assez pour acheter un nouveau vélo. Ou taxer de l'argent au cousin légèrement moins fauché que lui. Il se rappela soudain qu'il n'était pas seul, mira la jeune femme. Elle avait vraiment un faciès de gentille fille, il commençait à se demander ce qu'elle foutait là, avec ce métier là. N'osant pas même demander son nom, il se contenta d'un sobre « Tu peux m'appeler Sól, si ça t'intéresse. » à peine articulé.
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Tu restes à observer cet homme, qui n'a pas vraiment l'air en pleine forme. Ton fou rire s'est évanoui aussi vite qu'il est venu, mais tu gardes toujours un sourire sur les lèvres. Il est rare que celui-ci disparaisse, même si tu n'as, a priori, aucune raison de rire. Certains diraient que cela fait partie de ton charme, toi tu n'y prêtes pas réellement attention, tu es seulement ainsi, c'est comme ça. Analyser la moindre de tes réactions en te demandant ce qu'il est socialement acceptable que tu fasses ou pas n'a jamais été ton truc, et c'est pour cette raison que tu dois souvent paraître inconvenante et un peu rude, même si jamais vraiment méchante. N'importe qui te regardant un petit peu pouvait voir que tu étais bien trop dans ton monde pour cela. C'était assez paradoxal, compte tenu du métier que tu faisais. L'homme aux cheveux poivre et sel te rassura cependant très vite, et tu hocha la tête. Il semblait un peu secoué, peut-être fatigué, tu ne savais pas trop, mais pas vraiment blessé. C'était l'essentiel, en vérité.


" Tant que c'est pas pour ça, ça me va." Tu continuais de l'observer pendant que tu allais t'asseoir à ses côtés. La rue était morte de toute façon, c'était peine perdue d'espérer un client ce soir, et si ton métier ne te dérangeait pas, tu ne l'exerçais pas non plus comme un plaisir quotidien, Stanislas pourrait bien dire ce qu'il veut. " Ce serait quand même une mort un peu débile, accident de vélo sur une rue déserte."

En le voyant se faire une cigarette, tu sors toi-même ton paquet pour en porter une à ta bouche. Tu fumes beaucoup, c'est un fait, mais tu t'entêtes à te dire qu'il faut bien au moins une addiction dans la vie, et que c'est la meilleure que t'aies trouvé. Tu étends tes jambes devant toi, un peu comme le ferait une enfant, parce que le contraste entre ce que tu es et le métier que t'exerces n'a pas seulement l'air fort, il l'est. Mis à part tes vêtements, un peu trop légers, un peu trop suggestifs, personne ne pourrait s'imaginer que tu es payée pour ton corps. Même toi, tu n'y aurais pas cru si on te l'avait dit quelques mois plus tôt. Toi qui n'avait jamais connu d'autres hommes que Lui, te voilà maîtresse de tous, l'ironie est assez forte quand on y pense. Parfois tu te demandes ce que serait ta vie si tu n'avais pas décidé de tout envoyer chier, si tu étais restée dans ta petite ville qui n'était pas loin de rendre l'âme, si tu n'avais jamais quitté l'Ukraine. Et quelque part, tu préfères encore ta vie actuelle que l'image que cette idée te renvoyait. Tu ne t'étais peut-être pas totalement plantée, en fin de compte.

Tu observes la lueur de ta cigarette alors que ta nouvelle connaissance semble perdu dans ses pensées. Tu n'as rien contre le silence, en vérité, donc ça ne te dérange pas vraiment. Tu es plutôt du genre bavarde, pourtant, mais pas n'importe quand, pas tout le temps. La nuit t'apaise très souvent, l'air frais, la pluie qui semble s'être calmée mais ayant apporté assez de fraîcheur pour que tu croises les bras sur ta petite veste, espérant qu'elle t'apporte assez de chaleur. Tu souris. " C'est original, Sòl, comme prénom. T'as pas dû avoir de surnom quand t'étais petit." Parce que toi ça te fait marrer d'essayer de savoir. Toi on t'appelait Nana, en général. Ta meilleure amie le faisait toujours les dernières fois où tu l'as vue, d'ailleurs. ça ne t'a jamais vraiment plu, comme tu ne l'as jamais détesté, c'était comme ça, c'était tout. " Moi c'est Ksenia."
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Une mort débile. C'était le moins que l'on puisse dire, surtout que depuis le temps qu'il se le traînait, ce vélo, il avait eu tout le temps du monde pour en changer. Mais il ne l'a jamais fait, il n'aurait jamais abandonné cet unique vestige de ses plus jeunes années. Son regard était posé sur le visage de son interlocutrice et il ne put s'empêcher de laisser échapper un petit rire quand elle qualifia son prénom d'original. Beaucoup de gens portent des noms issus de la mythologie, c'était par exemple le cas d'une fille à qui il a donné un cours de danse et ça ne l'avait pas choqué le moins du monde. Enfin, peut-être qu'en Irlande c'était moins courant de croiser des gosses qui s'appellent Thor ou Sigurd que ça ne l'était en Norvège.

« Ça m'arrange bien, de toute façon je n'aime pas ça, les surnoms. » Il se garda d'ajouter qu'en plus de ça, quand il était petit, on ne l'appelait pas Sól. « Et puis si tu m'en donnes un je m'en vais tout de suite. » Il fit craquer sa nuque après qu'elle ait annoncé son prénom puis il la regarda de nouveau. « Ksenia. C'est slave, Ksenia, non ? » Il connaissait, à Bergen, une Polonaise particulièrement insupportable avec laquelle il était obligé de jouer le désintérêt poli puisqu'il s'agissait d'une amie d'amis. Avec le recul, il regrettait de ne jamais avoir signalé explicitement qu'il ne l'appréciait pas.

Skjeggestad sourit à la jeune femme, un sourire presque spontané, un sourire qu'il n'avait pas l'habitude d'adresser à un bipède lambda. Elle était attachante, cette petite, elle avait un quelque chose d'innocent, de frais, comme si elle avait été posée sur ce trottoir par erreur, la poupée favorite qu'une enfant aurait égarée là. Ça le choquait presque de la voir fumer à côté de lui, il avait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal en allumant sa cigarette devant elle. Cette petite chose aux cheveux comme de la barbe-à-papa et à la risette plus que sincère, pourquoi s'enfumait-elle ?

Il aurait pu soupirer et baisser les yeux, retourner dans son habituelle léthargie silencieuse. Il aurait pu lui souhaiter une bonne soirée sans attendre sa réponse et finir sa route à pied, traînant derrière lui son vieux vélo, sans regarder en arrière. Et pourtant il voulait en savoir plus. Il était avide de rencontres, elle l'intriguait. Mille questions se bousculaient au bord de ses lèvres. Était-ce impoli d'être si curieux ? En avait-il réellement quelque chose à faire, de la brusquer ? Alors il aligna un « Pourquoi tu fais ça ? » mal prononcé, assorti d'un vague geste de la main vers le corps de Ksenia. Ça sonnait peut-être légèrement condescendant, il s'en rendit compte sur le coup et bafouilla un « Enfin, t'as compris ce que je voulais dire » quasi-inaudible, histoire de.
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T'aimes la nuit. ça te prend souvent de rêver devant les étoiles, de regarder autour de toi pendant des heures. Ton environnement, il est le même que pendant la journée, et pourtant, t'as l'impression que tout prend une autre intensité, en pleine nuit. Que tout possède un sens différent. Le silence apparaît plus profond, plus compréhensible. Tu n'aimes pas le soleil intense, les nuages qui donnent à ton humeur des teintes grises. Tu aimes la neige mais ici, tu n'en as pas encore vu la couleur. Tu es là depuis trop peu de temps pour que ça te soit arrivé, il faut être honnête. Tu n'as jamais été partisane de la chaleur intense. Mais en Irlande, il n'y a jamais vraiment de canicule, ou alors tu ne l'as pas encore vécue. Peut-être pour cela que Stanislas a voulu s'installer ici plutôt qu'en France ou en Espagne. Tu l'en félicites intérieurement, tu n'aurais pas vraiment apprécié mourir de chaleur.

Tu souris à côté de l'homme. Les surnoms, ça a toujours été pour toi une façon de te rapprocher des autres. T'aimes bien donner des surnoms ridicules aux gens qui t'entourent, c'est une autre sorte d'intimité. " Je t'en donnerais un dans ma tête alors. Histoire que tu ne partes pas en courant. " Tu acquiesces. Ton prénom laisse rarement de place au doute, ou alors à des gens qui ne se sont jamais renseignés sur rien. La plupart du temps, on capte très vite que tu ne viens pas d'ici, par ton accent, ton prénom, ou simplement toi. Tu ne sembles pas te rapprocher des habitants de cette ville par ce que tu es. Tu n'es pas moins bien, tu ne l'es pas plus, t'es juste différente. Tous ceux que tu rencontraient pouvaient dire au bout de deux minutes que tu ne venais pas d'ici. " Je suis ukrainienne. Enfin, une part de moi est sans doute allemande, j'ai un arbre généalogique assez flou. " Pour ne pas dire que ça t'a posé des problèmes quand t'étais gamine et que l'occupation allemande était encore un sujet sensible d'où tu venais.

Tu souriais. Tu souriais tout le temps. Ton sourire, c'est la seule arme qui te restait lorsque tout allait de travers, et t'étais d'un optimisme presque affolant. Tu arrivais à oublier tout ce que t'avais vécu avant, tout ce qui t'avait mené à Bray, et encore plus, t'arrivais à oublier ce que tu faisais pour pouvoir y rester. T'étais comme ça,  à voir les bonnes choses plutôt que les mauvaises. Tu le regardais, à tes côtés, et tu repensais à toutes les bonnes personnes qui avaient croisé ton chemin. Lana, pour première. Ton coup de foudre amical, ta licorne à toi. Cette fille qui était comme toi, un peu moins blessée, peut être, mais comme toi. Puis Briséis, cette serveuse un peu timide que t'a aidé alors qu'elle en avait besoin. Le moment où ton métier était devenu légitime pour expliquer ton expérience. Puis lui. Qui semblait seul, Sòl. Mais qui voulait lui parler, tout en sachant ce que t'étais. Et ce n'était pas si courant, pas vrai?

Tu aurais pu être offusquée. Enervée, même si ça t'arrives peu. T'aurais pu lui répondre brusquement, lui dire que ça ne le regardait pas. Mais tu comprenais pourquoi tous ceux que tu croisais se posaient cette question. Toi aussi tu te la posais, parfois. Alors que ça ne te plaisait pas vraiment. Pas que ça te dégoûte, mais ça ne te plaisait pas. Tu le faisais parce que tu devais, pas parce que tu voulais. Comme toutes celles de ton groupe, comme toutes celles qui appartenaient à Stanislas. Tu réfléchis quelques secondes. Tu soupires. Tu aimerais pouvoir donner une bonne réponse, mais est-ce que tu peux vraiment réussir à les faire voir par tes yeux? " J'avais besoin d'un ticket de sortie. Et c'est pas si pire. Je me sens jamais vraiment seule. " Tu prends une pause. Tu sais pas vraiment comment faire comprendre ce que tu ressens. " Et j'ai trop vécu dans la solitude. Je crois que j'y arriverais plus. " Mais c'est pas comme si tu pouvais partir, maintenant. T'es un peu piégée, même si tu préfères pas voir les choses comme ça.
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Un surnom dans sa tête ? Elle aurait du mal à en inventer un pour un nom en une seule syllabe. Et puis, Sól, ça ressemblait déjà à un surnom, non ? Il trouvait ça bête, les surnoms. Si les choses et les gens portent chacun un nom précis c'est pour une raison, certainement pas pour qu'on les affuble d'un quelconque sobriquet. Il avait donc à ses côtés une Ukrainienne avec d'éventuelles origines allemandes. C'était intéressant, du moins historiquement parlant. Peut-être que ça l'était moins dans la vraie vie. Il acquiesça lentement alors qu'elle achevait ses explications et jugea nécessaire de révéler d'où il venait. De toute façon, avec l'accent qu'il se traînait c'était plus qu'évident que l'anglais n'était pas sa langue maternelle. « Quant à moi, je suis Norvégien, tout ce qu'il y a de plus banal, j'y suis né et j'y ai grandi. Plus ou moins Danois du côté de ma mère, mais je crois que je suis encore dans le déni. » Il laissa échapper un tout petit rire. Le Danemark et la Norvège, c'était encore une longue histoire et puis il est de notoriété locale que les Norvégiens sont bien meilleurs que les Danois en tout point.

Sól écrasa son mégot contre le bitume et se contenta d'un hochement de tête poli quand elle évoqua son ticket de sortie. Craignant qu'elle soit l'innocente -car cette petite était forcément innocente, il ne pouvait se figurer la chose autrement- victime d'une mafia quelle qu'elle soit, il préférait ne plus poser de questions, ne pas prendre le moindre risque pour elle comme pour lui. Chacun avait ses raisons de quitter chez soi et de tout laisser derrière, qu'elles soient bonnes ou mauvaises. Lui était parti pour vivre un rêve et c'était certainement aussi le cas pour Ksenia, mais elle semblait s'être embourbée dans quelque chose de trop gros pour elle. En bon défaitiste, il craignait qu'elle ne se sorte jamais de cette situation. Il prit une inspiration. « Ça te fait peur, la solitude ? Avant je regardais les étoiles, maintenant je n'ai plus peur. » En réalité, il n'a jamais vraiment craint sa solitude. Peut-être voulait-il seulement la rassurer, lui dire qu'elle n'était pas seule au monde. Sur ces mots il leva la tête comme pour planter son nez dans des astres inexistants, son sourire s'effaça aussitôt. « Mais tu ne trouves pas le ciel affreux, ici ? Il y a trop de lumière, on ne voit rien. Pas la moindre étoile. »  
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